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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

Le dernier étang du quartier de la Glacière fut comblé en août 1881 et sur son emplacement, on construisit une gare de marchandise connue sous le nom de gare de Rungis.


L'hôpital de Lourcine (111 rue de Lourcine) était consacré au traitement des femmes atteintes de maladies secrètes et comptait 276 lits. Des consultations gratuites étaient données de 8 à 9 heures les mardis, jeudis et samedis.


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

menu-nouveautés Article - inclus

Noté dans la presse...

1897

La villa des chiffonniers

Il faudrait battre longtemps Paris pour y trouver quelqu\'un de comparable à M. Enfert, qui vient de faire bénir, à la Maison-Blanche, une nouvelle œuvre.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Le manchot avait les doigts crochus - 1932

Le manchot avait les doigts crochus !

Le Journal ―11 août 1932

Mme Jeanne Vitrang, blanchisseuse 53, avenue de Choisy, constatait hier en rentrant du lavoir, que la porte de son domicile avait été fracturée et son logement cambriolé. Une montre, des billets de banque et du linge, le tout représentant environ 2.000 francs, avaient disparu. Ayant appris par des voisins qu'on avait vu rôder aux abords de la maison un manchot, la blanchisseuse rendit au commissariat de police du quartier Maison-Blanche pour y porter plainte.

Des recherches furent entreprises aussitôt et bientôt on retrouvait le voleur Léon Courtais, 60 ans, pensionnaire de l'hospice d'Ivry, fort occupé, dans un débit voisin du lieu de ses exploits, « liquider » la partie monnayée de son butin.


 Discussion dangereuse - 1897

Discussion dangereuse.

Le Journal — 20 mars 1897

Réunis dans un débit de vins de l'avenue des Gobelins, une douzaine d'Italiens discutaient politique, hier soir. Calmes d'abord, les discoureurs ne tardèrent pas à s'échauffer, et bientôt plusieurs d'entre eux se levaient de table pour en venir aux mains. Une bagarre générale se produisit et, comme entre Italiens le couteau est facile, deux des combattants tombèrent presque aussitôt dangereusement blessés.

L'arrivée des agents mit fin à la rixe. Tout le monde s'enfuit, sauf Jules Rossi et Etienne Zanelli — les deux blessés — qui ont été transportés à la Pitié.


Faits divers

 Le proces du drame de la rue du Tage - 1935

Le drame de la rue du Tage

Le jeune parricide Robert Sorel condamné à 5 ans de réclusion

Le Populaire — 3 janvier 1935

Lorsque tout allait bien, avant la crise, avant le chômage, la famille Sorel habitait à Belleville où elle a laissé de bons souvenirs. Belleville, pour eux tous, c'était une sorte de paradis. François, le père, et Robert, le fils, tous deux fumistes, travaillaient de concert et « faisaient de bonnes journées ». Une seule ombre au tableau : l'ivresse, qui parfois, d'ailleurs rarement, les sortait d'eux-mêmes et les rendait violents.

Mais les mauvais jours sont venus ! Les Sorel ont abandonné le clair logis de Belleville et sont allés vivre, à l'autre bout de Paris, rue du Tage, près de la porte d'Ivry, dans un petit hôtel. Le fils, Robert, séparé des siens, préféra aller giter — de force plus que de gré —  rue Blanqui, sur la zone. Il y a là, à chaque numéro, un amoncellement d'innombrables baraques, cagnas et taudis, wagons et buvettes. C'est ainsi que le jeune homme fit la connaissance de mauvais garnements, qui l'entraînèrent à voler. Oui, deux fois de suite, il a commis d'authentiques cambriolages, allant dans un magasin jusqu'à s'emparer de phonographes. Il se fit condamner, et rendu à la liberté, devint rémouleur : il gagnait un ou deux francs lorsqu'il parvenait à trouver quelques couteaux à aiguiser !

Mais quelle école de perversion que celle de l'oisiveté, de la prison et de la zone ! Robert Sorel se mit à boire davantage. Son père aussi. Et lorsque, rue du Tage, des scènes de violence se produisaient, lorsque François Sorel battait sa femme, on courait chercher le fils exilé rue Blanqui, et il venait protéger sa mère. Oui, on en était tombé là !

On devait dégringoler encore, et tomber plus bas ! Le soir, comme il ne gagnait guère, et que sa mère avait conservé pour lui une tendresse d'autant plus protectrice et vive, le jeune rémouleur se rendait rue du Tage, où on lui donnait à dîner. Mais sa mère, en réalité — quel coup de sonde dans la vie des déchus ! —  ne le pouvait hospitaliser qu'en cachette, à l'insu du père qui le craignait et le détestait. Il ne s'asseyait pas à la table familiale, mais mangeait seul, comme un pestiféré, dans la pièce d'à côté. Et l'on ne se risquait pas à prononcer son nom ou à faire allusion à sa présence, par peur des cris et des coups !

C'est ainsi qu'un drame d'une indicible tristesse devait se produire le 28 août. Robert affamé, arriva à la nuit tombante, et de la cour intérieure de l'hôtel siffla pour annoncer sa présence. Il en était parfois réduit de cette cour, à gagner par une échelle, la chambre où sa mère le servait, afin de ne pas attirer l'attention du père. Ce soir-là, François Sorel, plus ivre peut-être que d'habitude — il avait fait chaud ! — devina l'approche du fils détesté et se pencha à la fenêtre. Il commença par jeter un pavé à « son garçon » ainsi qu'il disait encore par habitude, puis il lui cria de s'éloigner, de « foutre le camp, et plus vite que ça » ! Il s'empara enfin d'une lime qu'il brandit comme un poignard et descendit afin « d'expulser le clochard »...

Le fils, à ce moment, sans aucun doute, eût dû fuir, quitte à revenir manger plus tard. La colère, l'ivresse quelque orgueil dépravé, peut-être aussi, le retinrent sur place. Son « vieux » s'élança sur lui et le frappa de sa lime, légèrement, c'est certain — !e docteur Paul a constaté quelques égratignures! Alors, tant il avait perdu la notion des choses, Robert Sorel saisit son propre couteau, l'ouvrit, et de trois coups bien portés blessa mortellement le père. On donne ce détail qui fait frémir : lorsqu'on releva l’ivrogne pour le conduire à l'hôpital où il devait succomber, on l'entendit prononcer ces seuls mots textuels et navrants :

— Ça y est, je suis fait ! Il m'a eu, la vache !

On voudrait que cela n'ait pas été dit, tant ces mots révèlent de vilenie. Ce n'est pas à Belleville que le père Sorel se serait ainsi exprimé ! Le vocabulaire se modifie selon les gains, et selon les milieux. Le chômage les avait tous deux atteints, le père et le fils, comme un mal contagieux qui salit, flétrit et délabre tout !

Et pourtant, il n'est pas méchant, ce gosse ! Ou l'a vu hier, à l'audience de la cour d'assises, pleurer et regretter son geste. Le président Fredin lui reprocha « de n'avoir pas d'autre idéal dans la vie que de vider une chopine !» C'est vite dit ! Puis il remarqua :

— Votre père ne vous a pas tué ?

Et l'accusé de répondre à sa façon par ce mot qui explique bien des choses :

— Quand j'ai vu sa tête comme elle était !

Évidemment ! Il faut d'ailleurs, pour être juste, convenir que le président Fredin se montra impartial, et c'est beaucoup. On vit à la barre défiler les deux frères Sorel ainsi que la mère venue vaillamment défendre son fils et dire :

— Ce n'était pas un mauvais gars ! Il n'avait ni travail, ni chômage, et je lui donnais à manger. C'est comme ça que c'est venu...

L'accusateur, un avocat général tout neuf, au visage endimanché comme celui d'un lycéen un jour de rentrée, rappela tout ce qui accablait le meurtrier, ses vols antérieurs, ses fréquentations, son ivresse,, son crime : beaucoup de maux et qui ont pour origine unique la crise et le chômage : mais un magistrat constate et ne remonte pas à la source du mal. La jeune avocate, Me Géorgie Myers, sut par contre retracer l'histoire de cette déchéance et évoquer la peur de l'adolescent battu, exaspéré, et qui s'arme à son tour. Elle réussit de la sorte à regagner beaucoup du terrain perdu. Les jurés, en effet, accordèrent des circonstances atténuantes et déclarèrent, afin de ne pas aggraver le cas, que l'accusé n'était pas le fils de son père. Ce pieux mensonge leur permit de prononcer le minimum de la peine prévue, cinq années de réclusion. C'était là une décision équitable et humaine. Robert Sorel est de ceux qui se peuvent racheter, et l'on n'a pas le droit de rejeter un homme de la société tant que tout espoir n'est, pas perdu !

SYLVESTRE.

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