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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

La quartier de la Maison Blanche a été tout entier détaché de la commune de Gentilly. On l'appelait le petit Gentilly. La rue Abel Hovelaque portait le nom de rue du petit Gentilly.


L'église Notre-Dame de la gare a été construite en 1855 aux frais de la commune d'Ivry


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

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C'est arrivé dans le 13ème

 Les pruneaux du quartier de la Gare - 1895

Les pruneaux du quartier de la Gare

Le Figaro — 16 janvier 1895

Quand les ménagères du quartier de la Gare entendaient le cri « Pruneaux ! Pruneaux ! » jeté dans la rue par un petit homme grisonnant, poussant devant lui une voiture à bras, elles savaient à quoi s'en tenir et descendaient en hâte.

Car ce n'étaient pas des pruneaux que leur vendait Louis Durand surnommé Pruneau mais des allumettes de contrebande. Arrêté hier, en flagrant délit, il a été conduit au commissariat de M. Bolot où, pour toute défense et sans mot dire, il s'est mis à enflammer ses allumettes, l'une après l'autre. De la première à la dernière, toutes ont flambé, sans un raté.

Malgré l'excellence de ses produits, Pruneau a été envoyé au Dépôt !


 On arrête... - 1916

On arrête...

Le Matin ― 25 janvier 1916

13e arrondissement. On arrête, avenue des Gobelins, Mme Papillon, demeurant route de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre, pour scandale dans une salle de spectacle et outrages aux agents. Elle est envoyée au Dépôt. ― Mme Brillot, demeurant boulevard Victor, est frappée d'un coup de couteau, hier soir, rue du Banquier, par un inconnu. Elle est transportée à la Pitié. ― Boulevard Auguste-Blanqui, au cours d'une discussion, Albert Bouclomot, débardeur, demeurant à Ivry, frappe d'un coup de couteau son adversaire, Léon Raterre, journalier, rue de Charenton, et le blesse grièvement. Il est arrêté et envoyé au Dépôt. Le blessé est transporté à la Pitié.


LIEUX DU TREIZIÈME

 La ruelle des Reculettes et la Bièvre + 1914

La ruelle des Reculettes et la Bièvre

Le Journal des débats politiques et littéraires — 25 avril 1914

« Un jour de cave descend par une boutique de marchand de vin, à la mine pluvieuse, à la devanture éraillée, frippée de pochons de fange puis l'on arrive à une porte à moitié fermée et sur le fronton de laquelle on lit en caractères effacés ces mots « Respect à la loi et aux propriétés. »

Ainsi débute Huysmans dans le récit de la piquante promenade à la ruelle des Reculettes.

La pittoresque voie est condamnée à disparaître prochainement, nous apprend le Bulletin municipal, la Ville vient d'acquérir une partie des immeubles qui la bordent, et une voie nouvelle va être tracée à travers les vieux logis et les arbres sauvages de ce coin typique des Gobelins.

« Mais si on lève la tête, poursuit l'auteur de La Bièvre et Saint-Séverin, on aperçoit au-dessus des murailles de vieux arbres, et par le judas d'une ouverture condamnée, des fossés de verdure, des fouillis de sorbiers et des lilas, des platanes et des trembles ; pas un bruit dans cet enclos retourné à l'état de nature, mais une odeur de terre humide, un souffle froid de marécage…, un nouveau coude, la sente s'élargit et s'éclaire... c'est la ruelle des Reculettes, un vieux passage de l'ancien Paris, un passage habité par les ouvriers des peausseries et des teintures. Aux fenêtres, des femmes dépoitraillées, les cheveux dans les yeux, vous épient et vous braquent ; sur le pas des portes à loquet, des vieillards se retournent qui lient des ceps de vignes serpentant le long des bâtisses en pisé dont on voit les poutres. La ruelle se meurt, ajoute Huysmans, rue Croulebarbe, dans un délicieux paysage où l'un des bras demeurés libres de la Bièvre paraît…»

Presque intact existe encore ce joli tableau si finement brossé par le pur Parisien qu'était l'auteur de la cathédrale et l'on retrouve alors les lilas et les trembles, et les gitanes et les vieillards travaillant la vigne ! Seule, la pauvre Bièvre se dissimule, honteuse, semble-t-il, et désolée, de sa fin prochaine.

Car, on le sait, elle sera partout enfouie sous terre, sur le territoire de Paris, on ne la verra plus, on ne la sentira plus car le gai ruisselet qui courait en rossignolant, comme disait Benserade, est devenu par le fait des hommes, égout infect, puant, semant la, fièvre et la maladie.

La petite ruelle, à certains endroits n'a que deux mètres de large elle tire son nom d'un lieudit de jadis, des Reculettes. Quelques-uns pensent que le mot a subi des transformations involontaires ou voulues et qu'il s'agirait là d'un petit sentier menant autrefois à quelque terrain appartenant à des Récolettes.

Elle ignore l'éclairage électrique ou les becs de gaz; trois antiques quinquets constituent son maigre éclairage. On arrive, en la suivant, à la vieille rue Croulebarbe, où se voyait encore, en 1840, le fameux moulin de ce nom.

On ne se souvient plus aujourd'hui du drame passionnel qui se déroula là, derrière les palissades en 1827 et qui passionna tout Paris : l'assassinat par jalousie de la bergère d'Ivry.

L'assassin, Honoré Ulbrét (sic), n'avait pas vingt ans ; la bergère en avait dix-sept. Un petit monument commémoratif fut élevé à l'endroit du crime qui disparut avec le temps et fut remplacé par une simple inscription qui se voyait encore, paraît-il, en 1860.

La disparition de la ruelle des Reculettes, l'enfouissement, total de la Bièvre et le tableau aura disparu.

La bergère d'Ivry eut son monument et son inscription qui durèrent plus de 30 années. La Bièvre défunte aura-t-elle sa stèle commémorative, comme le demandait récemment. M. Anatole Béry, dans son petit ouvrage, tout pénétré de fine émotion, intitulé la Bièvre, autrefois et aujourd'hui.

On y pourrait rappeler sa naissance dans la vallée de Trappes, où, fluette, naïade toute petite; elle joue encore- à la poupée sous les saules, comme dit Huysmans, puis son envolée vers Paris, où jadis, liserant les murs et les tours, elle n'entrait point, jouait çà et là sur son parcours avec des petits moulins dont elle se plaisait à tourner les roues puis avec le temps, capturée par les hommes, symbole, ajoute-t-il, de la misérable condition des femmes attirées dans le guet-apens des villes… comme la petite bergère d'Ivry poignardée par Honoré Ulbret.

C. Y.

A lire également

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