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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

La rue de Lourcine a pris le nom de rue Broca en 1890.


Depuis le lundi 26 août 1935, et dans un premier temps à titre d'essai, la circulation des véhicules s'effectue à sens unique, d'est en ouest, sur chacune des rampes de la voûte dite « Poterne des Peupliers ».


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

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C'est arrivé dans le 13ème

 Un drame boulevard de l’Hôpital - Le Figaro – 5 mars 1897

Un drame boulevard de l’Hôpital

Le Figaro – 5 mars 1897

M. Edmond Laflesselle, employé dans une Compagnie d'assurances, se mariait il y a trois mois avec une jeune fille de dix-huit ans, Juliette Nassot, avec laquelle il entretenait des relations depuis longtemps déjà.

D'un caractère très jaloux, Laflesselle, se croyant trompé, avait averti sa femme qu'il la tuerait si jamais il apprenait… ce qu'il appelait couramment… son malheur.

En fut-il informé? On ne le sait. Toujours est-il que, rencontrant Juliette, hier soir, à neuf heures, en face du n° 119, du boulevard de l'Hôpital, il lui tira deux coups de revolver. Frappée au front, la jeune femme s'affaissa sans proférer un cri. Elle était morte. Le meurtrier se logea ensuite une balle dans la tempe droite. Il est soigné à l'hôpital de la Pitié. Son état est très grave.

Le corps de la défunte a été transporté d'abord a la Morgue, puis, après qu'on eut établi son identité à l'aide des papiers trouvés sur son mari, au domicile de sa mère.


 Le manchot avait les doigts crochus - 1932

Le manchot avait les doigts crochus !

Le Journal ―11 août 1932

Mme Jeanne Vitrang, blanchisseuse 53, avenue de Choisy, constatait hier en rentrant du lavoir, que la porte de son domicile avait été fracturée et son logement cambriolé. Une montre, des billets de banque et du linge, le tout représentant environ 2.000 francs, avaient disparu. Ayant appris par des voisins qu'on avait vu rôder aux abords de la maison un manchot, la blanchisseuse rendit au commissariat de police du quartier Maison-Blanche pour y porter plainte.

Des recherches furent entreprises aussitôt et bientôt on retrouvait le voleur Léon Courtais, 60 ans, pensionnaire de l'hospice d'Ivry, fort occupé, dans un débit voisin du lieu de ses exploits, « liquider » la partie monnayée de son butin.


LIEUX DU TREIZIÈME

 La ruelle des Reculettes et la Bièvre + 1914

La ruelle des Reculettes et la Bièvre

Le Journal des débats politiques et littéraires — 25 avril 1914

« Un jour de cave descend par une boutique de marchand de vin, à la mine pluvieuse, à la devanture éraillée, frippée de pochons de fange puis l'on arrive à une porte à moitié fermée et sur le fronton de laquelle on lit en caractères effacés ces mots « Respect à la loi et aux propriétés. »

Ainsi débute Huysmans dans le récit de la piquante promenade à la ruelle des Reculettes.

La pittoresque voie est condamnée à disparaître prochainement, nous apprend le Bulletin municipal, la Ville vient d'acquérir une partie des immeubles qui la bordent, et une voie nouvelle va être tracée à travers les vieux logis et les arbres sauvages de ce coin typique des Gobelins.

« Mais si on lève la tête, poursuit l'auteur de La Bièvre et Saint-Séverin, on aperçoit au-dessus des murailles de vieux arbres, et par le judas d'une ouverture condamnée, des fossés de verdure, des fouillis de sorbiers et des lilas, des platanes et des trembles ; pas un bruit dans cet enclos retourné à l'état de nature, mais une odeur de terre humide, un souffle froid de marécage…, un nouveau coude, la sente s'élargit et s'éclaire... c'est la ruelle des Reculettes, un vieux passage de l'ancien Paris, un passage habité par les ouvriers des peausseries et des teintures. Aux fenêtres, des femmes dépoitraillées, les cheveux dans les yeux, vous épient et vous braquent ; sur le pas des portes à loquet, des vieillards se retournent qui lient des ceps de vignes serpentant le long des bâtisses en pisé dont on voit les poutres. La ruelle se meurt, ajoute Huysmans, rue Croulebarbe, dans un délicieux paysage où l'un des bras demeurés libres de la Bièvre paraît…»

Presque intact existe encore ce joli tableau si finement brossé par le pur Parisien qu'était l'auteur de la cathédrale et l'on retrouve alors les lilas et les trembles, et les gitanes et les vieillards travaillant la vigne ! Seule, la pauvre Bièvre se dissimule, honteuse, semble-t-il, et désolée, de sa fin prochaine.

Car, on le sait, elle sera partout enfouie sous terre, sur le territoire de Paris, on ne la verra plus, on ne la sentira plus car le gai ruisselet qui courait en rossignolant, comme disait Benserade, est devenu par le fait des hommes, égout infect, puant, semant la, fièvre et la maladie.

La petite ruelle, à certains endroits n'a que deux mètres de large elle tire son nom d'un lieudit de jadis, des Reculettes. Quelques-uns pensent que le mot a subi des transformations involontaires ou voulues et qu'il s'agirait là d'un petit sentier menant autrefois à quelque terrain appartenant à des Récolettes.

Elle ignore l'éclairage électrique ou les becs de gaz; trois antiques quinquets constituent son maigre éclairage. On arrive, en la suivant, à la vieille rue Croulebarbe, où se voyait encore, en 1840, le fameux moulin de ce nom.

On ne se souvient plus aujourd'hui du drame passionnel qui se déroula là, derrière les palissades en 1827 et qui passionna tout Paris : l'assassinat par jalousie de la bergère d'Ivry.

L'assassin, Honoré Ulbrét (sic), n'avait pas vingt ans ; la bergère en avait dix-sept. Un petit monument commémoratif fut élevé à l'endroit du crime qui disparut avec le temps et fut remplacé par une simple inscription qui se voyait encore, paraît-il, en 1860.

La disparition de la ruelle des Reculettes, l'enfouissement, total de la Bièvre et le tableau aura disparu.

La bergère d'Ivry eut son monument et son inscription qui durèrent plus de 30 années. La Bièvre défunte aura-t-elle sa stèle commémorative, comme le demandait récemment. M. Anatole Béry, dans son petit ouvrage, tout pénétré de fine émotion, intitulé la Bièvre, autrefois et aujourd'hui.

On y pourrait rappeler sa naissance dans la vallée de Trappes, où, fluette, naïade toute petite; elle joue encore- à la poupée sous les saules, comme dit Huysmans, puis son envolée vers Paris, où jadis, liserant les murs et les tours, elle n'entrait point, jouait çà et là sur son parcours avec des petits moulins dont elle se plaisait à tourner les roues puis avec le temps, capturée par les hommes, symbole, ajoute-t-il, de la misérable condition des femmes attirées dans le guet-apens des villes… comme la petite bergère d'Ivry poignardée par Honoré Ulbret.

C. Y.

A lire également

La Bièvre par Joris-Karl Huysmans (1886)

La perdition de la Bièvre Par Adrien Mithouard (1906)

La sente des Reculettes devient une rue … (1932)

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