entete


UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Le Rassemblement National Populaire, parti fasciste créé par Marcel Déat en 1941 avait son siège dans une boutique du 14 boulevard Auguste Blanqui. Ce local servait aussi de siège à la Légion des Volontaires contre le communisme.


Les batiments anciens de la gare d'Austerlitz ont été construits en 1867 sous la direction de l'architecte Renault.


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

menu-nouveautés sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Une bande de voleurs - 1912

Une bande de voleurs

Le Journal — 20 septembre 1912

M. Niclausse, sous-chef de la Sûreté, vient d'arrêter trois individus qui avaient commis, notamment dans le treizième arrondissement, une quantité de vols de bicyclettes, de motocyclettes et d'accessoires d'automobiles.

Le chef de la bande est un nommé Louis-Léon Labbaye, dit Martin, né à Paris en 1874, exerçant parfois la profession de photographe, et qui habitait en garni 46 rue du Moulin-de-la-Pointe,

Ses complices sont Joseph Maniardi, né à Bottola (Italie), en 1870, cordonnier, habitant 51, avenue de Choisy, et Emile-Joseph Nedrecor, né à Paris en 1873, cordonnier, domicilié à Ivry, 51, rue de Choisy.

M. Niclausse a perquisitionné chez les trois voleurs; il a retrouvé quantité d'objets et notamment, chez Nedrecor, une motocyclette qui fut volée en juillet dernier chez M. Chaulange, 19, rue Fagon. Labbaye, qui a déjà subi dix condamnations, a opposé une résistance désespérée lorsqu'on l'a capturé et a tenté de poignarder l'inspecteur Lallemand. Ce bandit, lors d'une de ses arrestations précédentes, en 1911, avait gravement blessé deux agents.


 Vengeance d'amazone. - 1905

Vengeance d'amazone.

Le Rappel — 8 juin 1905

Une ménagère, Mme Mélanie Compagnier, demeurant 58, rue Clisson, en voulait depuis un temps immémorial à une couturière, Mme Louise Leprince, 21 ans, domiciliée dans la même maison. Hier. matin, vers 2 h., comme la couturière rentrait chez elle, la vindicative femme, qui la guettait dans l'escalier, se précipita sur elle et la frappa de quatre coups de couteau dans la poitrine. La blessée, dont l'état parait des plus graves, a été transportée à Cochin. La coupable à réussi à prendre la fuite.


LIEUX DU TREIZIÈME

 La ruelle des Reculettes et la Bièvre + 1914

La ruelle des Reculettes et la Bièvre

Le Journal des débats politiques et littéraires — 25 avril 1914

« Un jour de cave descend par une boutique de marchand de vin, à la mine pluvieuse, à la devanture éraillée, frippée de pochons de fange puis l'on arrive à une porte à moitié fermée et sur le fronton de laquelle on lit en caractères effacés ces mots « Respect à la loi et aux propriétés. »

Ainsi débute Huysmans dans le récit de la piquante promenade à la ruelle des Reculettes.

La pittoresque voie est condamnée à disparaître prochainement, nous apprend le Bulletin municipal, la Ville vient d'acquérir une partie des immeubles qui la bordent, et une voie nouvelle va être tracée à travers les vieux logis et les arbres sauvages de ce coin typique des Gobelins.

« Mais si on lève la tête, poursuit l'auteur de La Bièvre et Saint-Séverin, on aperçoit au-dessus des murailles de vieux arbres, et par le judas d'une ouverture condamnée, des fossés de verdure, des fouillis de sorbiers et des lilas, des platanes et des trembles ; pas un bruit dans cet enclos retourné à l'état de nature, mais une odeur de terre humide, un souffle froid de marécage…, un nouveau coude, la sente s'élargit et s'éclaire... c'est la ruelle des Reculettes, un vieux passage de l'ancien Paris, un passage habité par les ouvriers des peausseries et des teintures. Aux fenêtres, des femmes dépoitraillées, les cheveux dans les yeux, vous épient et vous braquent ; sur le pas des portes à loquet, des vieillards se retournent qui lient des ceps de vignes serpentant le long des bâtisses en pisé dont on voit les poutres. La ruelle se meurt, ajoute Huysmans, rue Croulebarbe, dans un délicieux paysage où l'un des bras demeurés libres de la Bièvre paraît…»

Presque intact existe encore ce joli tableau si finement brossé par le pur Parisien qu'était l'auteur de la cathédrale et l'on retrouve alors les lilas et les trembles, et les gitanes et les vieillards travaillant la vigne ! Seule, la pauvre Bièvre se dissimule, honteuse, semble-t-il, et désolée, de sa fin prochaine.

Car, on le sait, elle sera partout enfouie sous terre, sur le territoire de Paris, on ne la verra plus, on ne la sentira plus car le gai ruisselet qui courait en rossignolant, comme disait Benserade, est devenu par le fait des hommes, égout infect, puant, semant la, fièvre et la maladie.

La petite ruelle, à certains endroits n'a que deux mètres de large elle tire son nom d'un lieudit de jadis, des Reculettes. Quelques-uns pensent que le mot a subi des transformations involontaires ou voulues et qu'il s'agirait là d'un petit sentier menant autrefois à quelque terrain appartenant à des Récolettes.

Elle ignore l'éclairage électrique ou les becs de gaz; trois antiques quinquets constituent son maigre éclairage. On arrive, en la suivant, à la vieille rue Croulebarbe, où se voyait encore, en 1840, le fameux moulin de ce nom.

On ne se souvient plus aujourd'hui du drame passionnel qui se déroula là, derrière les palissades en 1827 et qui passionna tout Paris : l'assassinat par jalousie de la bergère d'Ivry.

L'assassin, Honoré Ulbrét (sic), n'avait pas vingt ans ; la bergère en avait dix-sept. Un petit monument commémoratif fut élevé à l'endroit du crime qui disparut avec le temps et fut remplacé par une simple inscription qui se voyait encore, paraît-il, en 1860.

La disparition de la ruelle des Reculettes, l'enfouissement, total de la Bièvre et le tableau aura disparu.

La bergère d'Ivry eut son monument et son inscription qui durèrent plus de 30 années. La Bièvre défunte aura-t-elle sa stèle commémorative, comme le demandait récemment. M. Anatole Béry, dans son petit ouvrage, tout pénétré de fine émotion, intitulé la Bièvre, autrefois et aujourd'hui.

On y pourrait rappeler sa naissance dans la vallée de Trappes, où, fluette, naïade toute petite; elle joue encore- à la poupée sous les saules, comme dit Huysmans, puis son envolée vers Paris, où jadis, liserant les murs et les tours, elle n'entrait point, jouait çà et là sur son parcours avec des petits moulins dont elle se plaisait à tourner les roues puis avec le temps, capturée par les hommes, symbole, ajoute-t-il, de la misérable condition des femmes attirées dans le guet-apens des villes… comme la petite bergère d'Ivry poignardée par Honoré Ulbret.

C. Y.

A lire également

La Bièvre par Joris-Karl Huysmans (1886)

La perdition de la Bièvre Par Adrien Mithouard (1906)

La sente des Reculettes devient une rue … (1932)

sans titre 1

Ailleurs sur Paris-Treizieme

Expulsion de zoniers à la Porte de Gentilly

Espérons que la rudesse et la brutalité avec lesquelles la main de l'autorité militaire vient de s'abattre sur les pauvres zoniers de la porte de Gentilly, aura pour résultat de ramener cette importante question à l'ordre du jour, et de lui faire faire un pas vers une solution impatiemment attendue. (1895)

Lire

La Fondation Singer-Polignac

La fondation Singer-Polignac est une maison ouvrière. La maison a été construite en un an. Il y a trois mois, une bande de calicot tendue sur la façade annonçait que soixante-quatre logements étaient à louer dans cet immeuble. Deux cent quatre-vingt-dix-sept postulants se présentèrent. Il y a donc actuellement, au quartier de la Maison-Blanche, deux cent trente-trois ménages en quête d'un logis neuf. (1911)

Lire

Les fêtes de Jeanne d'Arc dans le 13e

Il semble que dans ce lointain faubourg parisien le peuple ait voulu fleurir avec plus de ferveur la fille du peuple, la petite bergère de Domrémy qui sauva la France. (1913)

Lire

La Butte-aux-Cailles

Situé sur les confins du XIVe et du XIIIe arrondissement, l'ancien quartier de la Glacière est, ou plutôt était, il y a peu de temps, un des côtés les plus curieux du nouveau Paris. Las deux bras de la Bièvre s'enchevêtrant, à peine ombragés par quelques maigres peupliers, dans les replis escarpés de la Butte-aux-Cailles. (1877)

Lire

sans titre 2
sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte