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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

A l'école Estienne, en 1896, l'enseignement y est gratuit ; la cantine scolaire, qui fournit aux enfants le déjeuner et le goûter, est également gratuite pour les élèves habitant Paris. Les élèves de la banlieue peuvent apporter leur déjeuner ; ils peuvent aussi prendre leur repas à la cantine, sauf à payer une rémunération fixée par le règlement intérieur.


En 1877, il fut décidé que le nouveau marché aux chevaux reprendrait la place de l'ancien (auparavant transféré sur le boulevard d’Enfer), ce fut M. Magne,architecte, qui fut chargé de la direction des travaux.
Il a fallu faire d'immenses travaux de consolidation et de soutènement pour profiter de l'îlot escarpé et montueux compris entre le boulevard Saint-Marcel et celui de l'Hôpital.
La porte principale du marché, flanquée de deux forts jolis pavillons, s’élevait boulevard de l’Hôpital, tandis qu’un mur défendu par des grilles en fer s’étendait sur le boulevard Saint-Marcel.


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

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C'est arrivé dans le 13ème

 Accident de la rue - 1931

Accident de la rue

Le Petit-Parisien ― 7 janvier 1931

Circulant à motocyclette porte d'Italie, le garçon de café Georges Waster , trente-trois ans, demeurant 11, rue du Moulinet, renverse le brigadier d’octroi Robert Charles, quarante-sept ans, demeurant 15,  rue des Cinq-Diamants, qui, grièvement blessé, succombe deux heures après son admission à la Pitié.


 Accident - 1911

Accident

Le Matin — 4 octobre 1911

En voulant monter dans tramway en marche, place d'Italie, M. Eugène Bourguignon, soixante-trois ans, demeurant 9, rue Barbette, tombe et se brise les deux jambes. A la Pitié.


LIEUX DU TREIZIÈME

 Le Cabaret des Peupliers - Huysmans 1880

Le Cabaret des Peupliers

J.K. Huysmans — Croquis parisiens — 1880

Le plaine s’étend, aride et morne. Les grandes cultures des orties et des chardons la couvrent, rompues, çà et là, par les mares séchées de la Bièvre morte.

Le bout d’un étang scintille, à gauche, au soleil comme un éclat de verre, le reste moisit, glacé de vert pistache par les lentilles d’eau.

Au loin, une ou deux cabanes branlantes avec des matelas pendus aux fenêtres et des fleurs plantées dans des boîtes au lait et dans de vieilles marmites ; des arbres aux sèves affaiblies siègent à d’inégales distances, montrant comme des mendiants leurs bras paralysés, hochant des têtes qui bégaient dans le vent, courbant des troncs, chétivement nourris par la lésine d’un incurable sol.

Le long de cette plaine, à droite, la rivière coule en un mince ruban, bordant la route qui s’engage sous une arche de pont jusqu’à la poterne ouverte dans les remparts. Des cultures maraîchères verdoient par places dans une terre moins pauvre, huit vigoureux peupliers éventent une maisonnette dont les murs se dressent, mettant les jolies taches de leur crépi rose sous la guipure jaune et verte des feuilles. On lit, en haut, près du toit, cette inscription : « Débit de vins » et devant cette coquetterie de couleurs, devant ces tonnelles qui se penchent sur l’eau, l’on songe involontairement au plaisant décor des auberges de théâtre ; malgré soi, l’on songe aussi à une salle poudrée de grès, à une armoire de noyer, ornée de ferrures, de pichets d’étain, de vaisselles à coqs et à fleurs ; l’on se dit qu’il serait bon de boire sur un coin de table le petit vin suret, de couper une vaste miche dans le pain rond de ménage, de manger, tout en l’arrosant d’amples rasades, de solides omelettes, persillées de petite ciboule ou bardées de lard.

Puis on s’approche, on franchit l’immobile rivière sur une passerelle, et alors ce cabaret si pimpant et si bonhomme s’assombrit comme un repaire, comme un coupe-gorge.

Le sourire de ses murs roses a fui ; une vieillesse hâtive et ignoble a voûté les chevrons et courbé le toit. Le teint éraillé est d’un rouge atroce. On pense immédiatement devant cette cahute à une épouvantable pierreuse qui détrousse et surine dès que la nuit tombe.

Des tatouages de peinture noire apparaissent sous l’horrible épiderme du plâtre meurtri, des lettres mangées par le passage des saisons, faisant des mots intelligibles encore : « Lapins sautés, bières et vins, au rendez-vous des peupliers. » — Un silence inquiétant plane au-dessus du bouge, les vieux réverbères à poulies qui pendent le long de la route prennent des allures lugubres et louches ; l’on frissonne à l’idée qu’on pourrait se trouver attardé là, tout seul, un soir.

Assis sous une tonnelle, devant une table bâtie avec une planche posée sur quatre lattes, vous voyez, après des appels furieux, une servante poindre au bout de l’allée, le ventre en avant, la tête embobinée de linge, les yeux caves, les joues vides et tachées de son.

Elle apporte, après avoir consulté la patronne qui hésite, défiante, craignant la rousse, des verres massifs gardant encore des places mal essuyées de bouches. Elle verse le pissat d’âne fabriqué dans cette immense bâtisse qui s’élève au-dessus de la plaine, la brasserie de l’ancienne barrière Blanche et l’on découvre, si l’on suit le regard de cette fille, au travers des feuilles, dans un bosquet voisin, un ouvrier qui dort, la chemise de percale ouverte au cou et bouffant de la culotte serrée à la taille par une ceinture de cuir. Il se retourne sacrant après les mouches et un hideux côté de visage se montre, barbouillé comme les murs du bouge d’une large tache de lie de vin et de sang.

Aucune carriole et aucun haquet ne passent, troublant le repos de la ruelle déserte ; le roulement du chemin de fer retentit, seul, par instants ; des flocons de vapeurs blanches s’envolent et viennent nicher dans le plafond de la tonnelle, un coq claironne, agitant son rouge cimier, brandissant le panache de sa queue, plumée de vert bouteille et d’or, une troupe de canards se précipite avec d’affreux couins-couins dans la Bièvre qui se réveille et souffle son haleine de purin gâté ; alors si, vous tournant vers les remparts, vous contemplez l’horizon rayé par la voie de ceinture, d’inconsolantes et de salutaires pensées vous viennent.

En haut, tout en haut, couvrant le ciel, Bicêtre dresse sa masse énorme, dominant tout Paris comme une menace, rappelant aux factices énergies de nos sens surmenés, aux dépenses inconsidérées de nos cervelles, aux douleurs de nos amitiés et de nos ambitions déçues, la fin désastreuse qui les attend.

Bouée formidable et grandiose, signalant les brisants de la ville, Bicêtre complète cette désolante image de la vie, qu’évoque déjà en nous la Bièvre, si joyeuse et si bleue à Buc, plus malingre, plus noire à mesure qu’elle s’avance, épuisée par les constants labeurs qu’on lui inflige, impotente et putride alors qu’ayant terminé sa lourde tâche, elle tombe, exténuée, dans l’égout qui l’aspire d’un trait et va la recracher au loin, dans un coin perdu de Seine.

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