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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

La place de Rungis porta un temps le nom de place Barrault.


La rue Edmond Gondinet fut ouverte en 1898 et reçut, en 1899, le nom de ce trop méconnu auteur de comédies qui est aussi l'un des coauteurs du livret de Lakmé, opéra-comique en trois actes créé en 1883, musique de Léo Delibes.


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

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C'est arrivé dans le 13ème

 Une singulière victime

Une singulière victime.

Le Matin ― 25 août 1885

Dans la soirée d'hier, des gardiens de la paix attirés par des cris, trouvèrent, l'angle du boulevard Arago et de la rue de la Glacière, un individu terrassé qu'ils relevèrent et qui déclara avoir été assailli et dévalisé par trois rôdeurs, dont un lui avait porté un coup de couteau dans l'aine gauche.

Les agents requirent une voiture et, après avoir mené cet homme au bureau de M. Perruche, commissaire de police, qui reçut sa déclaration, le transportèrent à la pharmacie Rives.

Puis, sur les conseils du pharmacien, qui trouva la blessure trop grave, ils le conduisirent en voiture à l'hôpital de la Charité, où l'interne de service l'admit d'urgence et lui fit un premier-pansement. Quelques heures plus tard, on s'apercevait que cet homme, qui avait déclaré se nommer Ernest Vigne, âgé de dix-neuf ans, s'était évadé de la salle où il avait été transféré,, et que, pour des raisons particulières il avait cru- devoir prendre la  clef des champs.


 BAGARRE A LA MAISON-BLANCHE - 1897

Bagarre à la Maison-Blanche

Le Gaulois — 23 mars 1897

Une grave bagarre s’est produite, l’avant-dernière nuit, place Jeanne-d’Arc, dans le quartier de la Maison-Blanche : un Alsacien, Louis Klamber, a été à moitié assommé par la foule.

Klamber avait, en effet, infligé dans la soirée une correction violente à un passant qu’il avait pris pour un enfant dont il avait à se plaindre. Le bruit se répandit dans le quartier que « l’Alsacien » venait de tuer un enfant.

Bientôt plus de mille personnes s’amassaient devant le logis de Klamber et une douzaine de justiciers improvisés le frappaient cruellement.

Le pauvre homme allait succomber quand la police intervint. Dix arrestations ont été opérées Klamber a été transporté à l’Hôpital de la Pitié.


LIEUX DU TREIZIÈME

 La « Folie » Neubourg

La « Folie » Neubourg

Le lundi 13 novembre 1747, les Petites Affiches publiaient cette annonce :

« Portion du Clos Payen à vendre, présentement située faubourg Saint-Marcel, au chant de l'Alouette, près le petit Gentilly, attenant la barrière ; elle consiste en une grande cour ayant entrée sur la rue des Angloises, attenant à la barrière, avec un logement pour un portier, et un petit bâtiment, avec un marais, ensuite une autre cour, où il y a plusieurs bâtiments et un grand enclos consistant en étendages, rivière un étang empoissonné, prez, osiers, faulx et différens autres arbres. Il faut s'adresser sur les lieux, à M. Héron, propriétaire dudit Clos à Paris à M. Coquelir, rue des Lions, près Saint-Paul, ou à M. Silvestre, notaire rue Saint-Antoine, près le Petit Saint-Antoine. »

Le Clos-Payen, situé rue du Champ-de l'Alouette, rebaptisée au dix-neuvième siècle du nom moins champêtre de Corvisart, était un vaste ensemble de terrains arrosés par la Bièvre et qui échut, en 1762, à Mme Le Prestre de Neubourg, femme du receveur-général des finances de Caen. Ce dernier, Parisien de vieille roche, avait épousé douze ans auparavant une Angevine, Mlle de Grimaudet de Coatcanton, et elle prélevait sur sa dot 230,000 livres pour la construction d'une « folie » au goût du jour.

Les Neubourg, qui habitaient alors rue Vivienne, en face des Filles-Saint-Thomas, faisaient bâtir également une superbe maison rue des Fossés-Montmartre, non loin de l'hôtel Charrost, où résidait leur oncle, M. Le Prestre de Neubourg, et confiaient à l'architecte Peyre le soin d'établir les plans de leurs futures demeures.

Michel-Edmond Le Prestre, seigneur de Neubourg, Vicq, Balzème, Éntraigues et la Moustière, en Berry, avait obtenu son poste de receveur-général à Caen grâce à une cession de l'oncle. Elle valait 600,000 livres et le donateur vendait en même temps à son beau-frère, M. de Pernon, sa charge de « Trésorier ancien des troupes de la Maison du Roi et de l'ordinaire des guerres, moyennant 825,000 livres comptant et 20,000 de rente viagère. C'était un oncle à héritage, plein de bonnes dispositions pour l'héritier de sa race et aimant le faste, bien que l'hôtel Charrost se dressât vis-à-vis de l'égout de la rue des Fossés-Montmartre, et il y avait une fenêtre du salon qui donnait dessus ».

Rue du Champ-de-l'Alouette cet inconvénient n'était pas à craindre. La Bièvre coulait, paisible, au milieu de la verdure, purifiant le voisinage, et bientôt surgissait de terre un élégant pavillon à deux étages, ouvrant sur un. grand perron à double rampe et orné de colonnes. Le péristyle formait terrasse à la hauteur du premier. Des fleurs, des arbustes, des statues l'agrémentaient. Deux avant-corps, couronnés de frontons, complétaient l'ensemble, embelli par un parc anglais.

Cette « folie », où M. et Mme de Neubourg venaient se délasser de la vie fiévreuse menée au centre de la capitale, connut des jours heureux, brusquement assombris par la mort du jeune chevalier de Neubourg, fils unique de ses constructeurs. Son père, partisan du progrès, l'avait fait « inoculer », et le pauvre petit mousquetaire succomba à dix-neuf ans, victime d'une expérience encore à ses débuts. Inconsolables, ses parents lui firent élever un superbe mausolée dans l'église Saint-Hippolyte, maintenant rasée par une opération de voirie, et cherchèrent à se débarrasser d'une propriété qui leur rappelait de trop cruels souvenirs. En 1779, M. de Neubourg est encore dit habiter au « Clos-le-Prestre, ci-devant Clos-Payen, sur le nouveau boulevard faubourg Saint-Marcel », mais, l'année suivante, la « folie » était vendue et Mme de Neubourg, incapable de survivre à son malheur, terminait une vie languissante en mai 1781. Quatre filles perpétuaient la descendance à défaut du nom, et le souvenir du petit oncle », enlevé si tragiquement à l'affection des siens, s'est pieusement conservé chez leurs petits-enfants.

La Révolution qui approchait à grands pas allait du reste momentanément ternir toutes les grâces du siècle finissant. La prison et la guillotine, dépeuplant Paris de l'élite qui faisait sa gloire et son renom dans l'univers, les vainqueurs n'osaient pas parader sans préparation dans les demeures vides de leurs victimes. Une blanchisseuse, moins scrupuleuse, s'installa dans la « folie Neubourg » et les colonnades, si vantées dans les Guides du dix-huitième siècle, servirent à étendre le linge que la Bièvre lavait pour les hospices. La mère Camille se maintint là presque jusqu'à la fin du Second Empire et le bruit courait dans le quartier que Napoléon I" l'avait confirmée dans la propriété du logis. Jusqu'en 1812, l'Empereur se serait, dit-on, servi de l'ancienne « folie » comme d'un rendez-vous de chasse. La chose n'a rien d'impossible en soi. M. de Neubourg était fort lié avec un M. Pivart de Chastulé, parent de Joséphine, auprès de qui il plaça sa fille, la comtesse Alexandre de La Rochefoucauld, en qualité de dame d'honneur, et celui-ci put très bien, en hôte reconnaissant des bons moments passés jadis, indiquer cet agréable site au nouveau maître de la France.

Le 25 mai 1827, Ulbach assassinait une petite bergère d'Ivry qui menait paître ses chèvres dans un pré voisin. Tout Paris s'émut, tandis que huit jours plus tard s'éteignait une des filles de M. de Neubourg, la comtesse de Saint-Belin-Mâlain, dont le mari avait tragiquement péri sur l'échafaud révolutionnaire, trente-trois ans auparavant.

Vétuste, crevassée, la « folie », tombée au rang de buanderie, puis de masure, achevait de s'effondrer au coin de la rue Croulebarbe et du boulevard Auguste Blanqui. Malgré l'abandon, sa façade gardait encore bon air et, de leurs niches, les statues assistaient, muettes, à ce long effritement du passé. En 1913, on la jeta bas et le métro de Corvisart, qui s'ouvre sur ce qui fut peut-être le « jardin-anglais », ne contemple plus qu'une bâtisse moderne.

Ceci a tué cela.

Martial de Pradel de Lamase
Le Gaulois — 7 mars 1929

Folie Neubourg

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