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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

Pour aménager la Place d'Italie, une fois les pavillons Ledoux abattus, il fallut abaisser le niveau d'un des côtés de plus d'un mêtre et exhausser l'autre d'autant.


La société des fourneaux de Saint-Vincent de Paul, le 5 novembre 1897 ouvraient, comme chaque année, ses fourneaux (au nombre de 26 en 1897) qui restèrent ouverts jusqu’au 30 avril 1898, tous les jours non fériés, de huit heures à onze heures du matin. Trois d'entre eux étaient situés dans le 13ème : 45 rue Corvisart, 35 rue de la Glacière et 87 bis rue Jenner.
Avec un bon de dix centimes, les malheureux recevaient une portion de pain, bouillon, viande, légumes, etc. enfin, de quoi se réconforter.
Ces établissements charitables étaient dirigés par les Sœurs.


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

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C'est arrivé dans le 13ème

 Les discussions tragiques

Les discussions tragiques

Le Petit Parisien ― 25 juin 1923

S'étant pris de querelle avec un inconnu, dans un débit de l'avenue des Gobelins, le soldat Indigène Laignaca, trente ans, du 23è colonial, caserné à Lourcine. a été blessé assez grièvement d'un coup de couteau à la tête, et a été transporté au Val-de-Grâce. Son agresseur est recherché.


 Discussion vive rue Vandrezanne - 1888

Discussion vive rue Vandrezanne

Le Petit-Parisien — 24 octobre 1888

Une vive discussion éclatait, hier matin vers onze heures, dans un établissement de bouillon, 10, rue Vandrezanne, entre deux consommateurs nommés Courant, demeurant rue des Malmaisons, 23, et Pigard, demeurant rue Vandrezanne, 9.

Au plus fort de la querelle, Courant saisit un couteau sur une table et se précipitant sur son adversaire, l'en frappa d'un coup au côté droit.

Le meurtrier qui essayait de fuir fut arrêté par un gardien de la paix.

Il a été conduit au bureau de M. Debeury, commissaire de police.

Le blessé après avoir reçu des soins dans une pharmacie a été transporté à son domicile.

L'état de Figard est grave.


LIEUX DU TREIZIÈME

 La capitale démantelée - 1930

LA CAPITALE DÉMANTELÉE

Les survivants

Le Journal — 27 octobre 1930

L'homme était couché sur le dos, dans l'herbe du talus. De sa casquette passaient des mèches grasses. Une barbe naissante estompait ses joues et son menton sous un chiendent bien imité. Près de sa tête un litron aux trois quarts vide était calé de guingois dans la terre molle.

Jambes allongées, bras écartés, l'homme offrait au ciel sa misère insouciante.

A un moment il entr'ouvrit ses paupières rouges, eut un rictus, lâcha un grognement et se retourna sur le flanc. Qu'on démolisse ou « qu'on ne démolisse pas, qu'on construise ou qu'on ne construise pas, celui-là s'en souciait comme de sa première puce.

En somme c'était une manière de mainteneur. Grâce à lui enfin, la vieille tradition des fortifs était sauve. Notez que le hasard faisait bien les choses. Cet estimable clochard, l'un des derniers spécimens de la faune des fortifs, ronflait précisément sur le bastion qu'on ne démolira pas, le bastion 67 bis, au Point-du-Jour, pour vous servir. Il était tranquille pour l'avenir.

Près de là, une ménagère tricotait, assise dans l'herbe ; à côté d'elle, enfermée dans sa cage, une tourterelle, qui sans doute avait besoin de grand air, roucoulait doucement.

Des gamins jouaient sur les talus à demi pelés et d'autres allongés à plat ventre sur la plongée de pierres tavelées regardaient au - dessous d'eux dans le fossé des fillettes qui attisaient Un feu de branches humides.

Des remorqueurs remontaient la Seine. Un train passa sur la rive gauche. Et vers les coteaux de Meudon, des fumées rousses et blanches brouillaient les couleurs cuivrées du couchant C'étaient les machines des chantiers qui fumaient : là-bas, on achevait de démolir le bastion 66, près de la porte du Point-du-Jour, le seul qui pût se targuer de quelque souvenir historique: l'entrée des Versaillais dans Paris communard, le 21 mai 1871.

Mais ici, tranquille ! Car, si la Ville de Paris rase ses fortifs, double presque la largeur cumulée de ses portes, et, au lieu de se contenter des 59 existantes, aménage 189 accès, elle a pensé à la postérité d'une autre manière en décidant que le bastion 67 bis subsisterait à titre de souvenir pour nos petits-neveux.

On abaissera donc le talus du boulevard Murât pour que l'escarpe fasse office de balustrade. On mettra des bancs sous les marronniers.

Et cela deviendra un square reposant. En bas, dans le fossé, on aménagera un tir à l'arc et des pelouses entoureront la pelote basque sur le glacis qui s'achèvera en jardin vers la Seine.

Mais le bon vieux mur costaud demeurera tel quel avec sa vigne vierge pendant comme une chevelure cramoisie au long de son échine grise. Le clochard, pour quelque temps encore, pourra venir dormir comme il faisait ce soir-là.

Une autre chose subsistera ; non point à titre de souvenir, mais parce que sa disposition est telle qu'il paraît difficile de la modifier. C'est la charmante poterne des Peupliers.

Elle est là-bas au bord du boulevard Kellermann, percée dans une butte de glaise impropre à soutenir toute construction. Cette glaise a sauvé la poterne. La courtine surplombe le boulevard ; on y accède par deux rampes en pente douce. Là-dessous finit la rue des Peupliers. Les deux postes d'octroi qui se font face perdent ici leur air maussade. Une mousse légère avive de taches claires leurs murs sombres et leur donne un petit air suranné et délicat. Une tonnelle de vignes légères frissonne contre leur façade. Un enclos étroit les entoure qu'un arbre tutélaire adoucit avec un tapis de feuilles mortes.

Cet air champêtre et doucement mélancolique, près de cette poterne dont l'arcade s'inscrit sur le fond de verdure où déclinent les toits de Gentilly, donne à cet endroit je ne sais quel charme provincial. Cela ne changera pas. Il est d'heureux hasards.

On gardera ces octrois, cette vigne, cette butte, ce morceau de mur. Le glacis forme une espèce de cuvette, car la ligne des fortifs s'exauce et s'avance en redan vers le Kremlin. C'est tout ce fond que l'on garnira de pelouses, de bosquets, et qui offrira aux regards, lorsqu'on le découvrira de la Poterne et des chaussées en terrasse que le dénivellement du sol nécessitera, une véritable mer de verdures fraîches à l'œil et à l'esprit.

Hors ces deux choses, plus rien ne subsistera des fortifs propices aux flâneries et aux amours de barrière. Devant le mur du Point-du-Jour ou à la poterne des Peupliers, des gens viendront qui se conteront de pâles souvenirs. Peut-être que l'un d'eux aura encore quelques vers de Bruant dans un repli de sa mémoire :

Les fortifs… mais c'est la balade
Des Pantinois, où chaqu' lundi,
Les laborieux en rigolade…

…Mais ce sera déjà de l'histoire.

Émile Condroyer.

Voir aussi :

Petit voyage dans la zone - Emile Condroyer - 1931

Le printemps sur la zone - Emile Condroyer - 1933

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