entete


UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Le 7 décembre 1930, un beau dimanche, à l'angle de l'avenue des Gobelins et de la rue Philippe- de-Champaigne, le manœuvre géorgien Parmény Tchanoukvadzé, trente-six ans, abattait à coups de pistolet automatique M. Noé Ramichvili, quarante-neuf ans, ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement menchevik de Géorgie, président à Paris du parti Tebanoukvadze social démocrate géorgien, blessant M. Menagarichvili, secrétaire du précédent, qui se portait au secours de son chef.


Le nom d'Émile Deslandres fut donné en juillet 1936 à un tronçon de l'ancien passage Moret pour que cette rue honore l' ancien conseiller municipal qui représenta le 13e à l'Hôtel de Ville pendant près de 30 ans.


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

menu-nouveautés sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Le meurtre de la rue Jeanne d‘Arc - 1905

Le meurtre de la rue Jeanne d‘Arc

Le Figaro — 3 septembre 1905

Un ouvrier cordonnier, Charles Trubert, âgé de quarante-cinq ans, demeurant 73, rue Jeanne-d'Arc, feignait hier soir, à onze heures, de chercher querelle à un militaire retraité, M. Paul Cezille, qui descendait l'escalier de sa maison et qui venait de dîner chez des amis. Tout à coup, après quelques mots échangés, il sortait un couteau de sa poche et en frappait le vieillard dans la région du cœur.

M. Paul Cezille tomba. Il avait été tué, sur le coup. Charles Trubert a été arrêté par M. Yendt, commissaire de police, qui a établi que M. Paul Cezille avait touché 295 francs dans la journée, et que quand on releva son cadavre, il n'avait plus que 20 francs sur lui.

Le vol serait donc le mobile du crime. Trubert a été envoyé au Dépôt ainsi que sa femme et un nommé Mouzol, qu'on suppose complices.


 Vol de poires au jardins des Gobelins - 1873

Vol de poires au jardins des Gobelins

Le Journal des débats politiques et littéraires — 5 septembre 1873

La manufacture nationale des Gobelins a pour annexe un immense jardin avec potager et verger où les fruits sont cultivés cum arte d'après les bonnes traditions et selon la méthode de La Quintinie. Il y a là des pêches qui rivalisent avec celles des fameux espaliers de Montreuil et des poires qui, pour la grosseur et le fondant, n'ont rien de comparable.

L'avant-dernière nuit, des malfaiteurs ont pénétré l'aide d'escalade et d'effraction, dans le verger et l'ont dévalisé. Ils ont emporté notamment 500 poires magnifiques en pleine maturité.

Ces déprédateurs ont causé encore, plus de dommage par ce qu'ils ont brisé et détruit que par ce qu'ils ont emporté.

Le commissaire de police du quartier Croulebarbe a immédiatement commencé une enquête, et les indices recueillis permettent d'espérer que les coupables ne tarderont pas à tomber entre les mains de la justice.


Lu dans la presse...

 La Fondation Singer-Polignac - 1911

Un Problème social

La Fondation Singer-Polignac

Le Figaro — 16 juin 1911

La fondation Singer-Polignac est une maison ouvrière qui sera inaugurée ce matin, en tout petit comité, sous la présidence du comte d'Haussonville. La maison a été construite en un an. Il ya trois mois, une bande de calicot tendue sur la façade annonçait que soixante-quatre logements étaient à louer dans cet immeuble. Deux cent quatre-vingt-dix-sept postulants se présentèrent.

Il y a donc actuellement, au quartier de la Maison-Blanche, deux cent trente-trois ménages en quête d'un logis neuf, et tout prêts à devenir les clients du propriétaire avisé qui viendra construire d'autres maisons ouvrières, autour et sur le modèle de celle-ci.

Les immeubles de la Fondation Singer-Polignac vus de la cour intérieure

Le 72 rue de la Colonie vu de la cour intérieure. Au loin,vers la Butte aux Cailles, l'Eglise Sainte-Anne de la Maison-Blanche

J'appelle ce propriétaire futur une personne avisée; je ne l'appelle pas une personne bienfaisante, ou généreuse. Car il ne saurait être, en cette affaire, question de philanthropie. Et c'est là l'originalité de la fondation nouvelle, et ce qui doit la recommander tout particulièrement à notre attention.

La clientèle ouvrière, malgré le bas prix du loyer, jouira d'un confort et de commodités inconnus dans la plupart des quartiers de l'intérieur

En faisant construire sur un des terrains vagues de la rue de la Colonie un immeuble confortable, aménagé suivant les plus récentes règles de l'hygiène, et du plus élégant aspect; en y installant de modestes ménages dont plusieurs sont chargés d'enfants en fixant à quatre cent dix francs le loyer le plus élevé de ces logements dont plusieurs sont loués deux cent vingt francs (le prix le plus bas) et composent cependant de petits logis propres, très aérés, commodes et complets, la princesse Edmond de Polignac n'a pas le moins du monde — elle le dit, et elle y insiste — entendu faire œuvre de charité. Elle a voulu au contraire — et combien cela est plus intéressant ! — prouver que de telles entreprises sont des « placements » possibles, et qu'un capital peut, actuellement, trouver une rémunération honorable dans la construction de maisons où cependant la clientèle ouvrière, malgré le bas prix du loyer, jouira d'un confort et de commodités inconnus dans la plupart des quartiers de l'intérieur.

À l'acquisition du terrain que couvre la propriété tout entière, et aux frais de constructions, la princesse de Polignac a consacré un capital de 600,000 francs. Le produit des loyers, diminué des charges et des frais d'entretien, sera de 18,000 francs. C'est un placement à trois pour cent, et qui ne comporte aucun aléa. L'empressement que manifesta la population du quartier, dès que s'offrirent à elle ces jolis logements neufs, marque à quel besoin une telle initiative  répond, et de combien l'offre est ici dépassée par la demande. Il y a, à Paris, toute une population de travailleurs honnêtes, et solvables, qui ne rêvent que de fuir les taudis où ils s'entassent, et de se reposer, la journée finie dans un peu d'air respirable et de confort. Les capitalistes qui aideront à cette œuvre de libération physiologique et morale auront fait une bonne action qui ne sera pas une mauvaise affaire ; — qui ne sera pas une aumône, en tout cas.

Et il me semble qu'ils ne sauraient choisir un modèle à la fois plus agréable et plus intéressant que celui-ci. La maison de la rue de la Colonie est le type de l'habitation ouvrière à propager, Elle a été édifiée par un jeune architecte de grand talent, M. Georges Vaudoyer, qui s'est spécialisé en ce genre de constructions, et y apporte, outre sa compétence technique, une sorte d'ardeur d apôtre. M. Vaudoyer a le sentiment qu'il coopère ici à une œuvre dont les conséquences morales peuvent être grandes. Il sait par quels menus arrangements, par quelles commodités de détails par quels agréments de décor, un ménage d'ouvriers peut être retenu chez lui, et sa préoccupation n'est pas seulement de loger les gens, mais de les intéresser, de les attacher à leur logement. Déjà, dans une des plus tristes ruelles de la Montagne-Sainte-Geneviève, rue Laplace, M. Vaudoyer s'était efforcé, tout récemment, de créer la maison ouvrière qu’il rêvait, pour le compte d'une œuvre qu'on appelle le Foyer. Nous avons retrouvé, rue de la Colonie, cette maison-là; mais agrandie, enveloppée de lumière et de verdure, en face du vaste horizon suburbain que limite, au sud, la ligne massive des constructions de Bicêtre.

Un porche trapu, d'un joli dessin; sépare les deux corps de bâtiment qui composent l'immeuble neuf, et donne accès à la vaste cour intérieure égayée de platebandes de gazon. Cette cour s'ouvre sur un décor de campagne. Elle a pour prolongement le terrain découvert où des palissades légères dessinent les clôtures de quarante jardinets.

Des jardinets pour les ménages loués de 20 à 40 francs

Ces jardinets sont loués à des prix divers, — de quarante à vingt francs — aux ménages qui occupent l'immeuble, et tel est l’amour ressenti par le peuple de Paris pour « la campagne » et tout ce qui en évoque les joies, que la plupart des locataires de ces jardinets — quoique la maison de la rue de la Colonie ne doive être occupée par eux que dans quinze jours — ont sollicité, depuis plusieurs semaines, la faveur d'occuper leur jardin, et de le cultiver. Au milieu du terrain se dresse une borne-fontaine où les locataires viennent remplir leurs arrosoirs et déjà sortent de terre, sous l'œil ravi des locataires de la princesse de Polignac, des légumes, des fleurs, de timides pieds de salade. Deux de ces locataires ont déjà construit sur l'emplacement de leur jardinet la maisonnette — joujou où l'on viendra dîner, les soirs d'été.

Les ménages qui vont occuper les soixante-quatre logements de la maison qu'on inaugure aujourd'hui se décomposent ainsi :
Ouvriers employés dans le commerce, livreurs, garçons de magasin et de bureau, etc. : 17 ; ouvriers du bâtiment, maçons, serruriers, menuisiers, etc. : 13 ; gardiens de la paix : 7; employés à l'octroi : 5 ; employés au Métropolitain : 4 ; ouvriers industriels, mécaniciens, etc. : 8 ; employés d'administration : 4 ; infirmières, cantinières, ménagères, etc. : 6.

Le recrutement de ces locataires a été fait avec soin. Ils composent une sorte d'élite. Parmi les 297 postulants inscrits, on a choisi les plus intéressants; c'est-à-dire les vieux ménages et les familles chargées de jeunes enfants. Quatre escaliers mènent aux logements dont les plus vastes (410 francs), sont composés d'une entrée, d'une salle à manger-cuisine et de trois chambres. Sur chaque palier est un poste d’eau. Chaque cuisine est approvisionnée d’eau dont un compteur (il faut éviter le gaspillage !) mesure la consommation. Aux murailles, de jolis papiers de tenture un petit balcon, à chaque logement. Toutes les pièces proprement dites, sans exception, s'ouvrent sur la rue ou sur la campagne. Comme dans la maison de la rue Laplace, 1 évacuation des ordures ménagères est assurée, à chaque étage, par une canalisation spéciale c'est une commodité qu'envieraient les cuisinières de nos plus riches maisons. La corvée de la « poubelle » est ignorée des locataires de Mme de Polignac.

Deux sous, la douche

Ce n'est pas tout. Une boulangerie et une épicerie, installées de chaque côté de l'immeubles, sur la rue, fourniront aux ménages l'essentiel de la consommation .domestique, et notamment le pain frais, qu'on aura sous la main. Dans la maison, une buanderie est aménagée, où les ménagères pourront faire leur lessive. On ne leur demande que de fournir le combustible; le matériel est mis gratuitement à leur disposition. Chaque locataire a sa cave. Un garage spacieux assure la sécurité des bicyclettes. Des bains sont installés dans la maison même. Pour cinq sous, rue de la Colonie, on pourra prendre un bain ; pour deux sous, une douche.

Et j'allais oublier de dire que cette admirable habitation est, en outre, fort agréable à regarder. Ce n'est point du tout la « caserne » » ouvrière. Le joli dessin des terrasses et des fenêtres, la pittoresque saillie des petits balcons dispersés sur les façades, et la discrète polychromie de ces façades où le gris-beige, le rose et le vert composent sur la brique les plus gracieux assemblages de tons, parent très heureusement la physionomie de cet immeuble.

La princesse de Polignac donne là un exemple qui devra être suivi. Encore une fois, elle ne convie point le Capital à se montrer généreux. Elle ne lui demande que d'être intelligent. Et une telle œuvre enseigne bien l'avantage qu'il aurait à l'être !

Émile Berr.

A lire également

Inauguration d'habitations à bon marché dans le XIIIè arrondissement (1933)

sans titre 1

Ailleurs sur Paris-Treizieme

Le drame de la rue Brillat-Savarin - 1900

Rue Brillat-Savarin, dans un modeste logement du troisième étage, habitait depuis quelque temps un journalier, Jean Simon, âgé de quarante ans, et sa fille, laquelle fréquentait un employé de commerce, Lucien Grandet, qui venait la voir quotidiennement.

Lire

Le drame de la rue de Tolbiac : un mari qui tue sa femme - 1902

Un drame sanglant s'est déroulé hier soir, vers huit heures et demie, au n°204 de la rue de Tolbiac.
M. André Gastin, âgé de quarante-cinq ans, établi marchand de vins à cette adresse, avait cessé son commerce le mois dernier, mais il continuait d'habiter le rez-de-chaussée de l'immeuble.

Lire

Le drame de la rue de Tolbiac : un commis boucher blesse grièvement sa femme puis se suicide - 1936

Il semble que seule la neurasthénie ait poussé Paul Seguin, quarante-neuf ans, commis boucher, vouloir tuer sa femme pour se loger ensuite une balle dans la tête.

Lire

Le drame de la rue de Tolbiac : Un soldat tire sur sa femme et la blesse mortellement - 1908

Un drame conjugal s'est déroulé, hier soir, 245, rue de Tolbiac.

Lire

Menu article

Lu dans la presse...

54 habitants de la rue Charles Bertheau sont sans logis

Le quartier de la Gare est en émoi. A la suite de perturbation du sol, peut-être aussi de fissures de conduites d'eau et d'infiltrations, la plupart des immeubles de la rue Charles-Bertheau, dont certains sont neufs, menacent ruine (1937)

Lire


Les sinistrés de la rue Charles-Bertheau attendent en vain un logement et des secours

Les 84 sinistrés de la rue Charles-Bertheau ont manifesté pour obtenir de la ville de Paris des logements ou un secours suffisant. (1937)

Lire


Les Bijoutiers

Savez-vous ce que c'est qu'un Bijoutier ?...
C'est un de ces industriels qui achètent aux laveurs de vaisselle des restaurants les débris de viande cuite jugés indignes d'être offerts à la clientèle, et qui vendent ces débris, connus sous le nom d'arlequins, aux pauvres gens des quartiers populeux.
Or, depuis quelque temps, les étalages des bijoutiers du marché des Gobelins étaient mieux fournis que d'habitude... (1872)

Lire


La Fête Nationale du 30 juin 1878 dans le 13e arrondissement

Il faudrait tout notre journal pour être complet sur le treizième arrondissement. (1878)

Lire


Le bal des Quart'z'Arts

C'est derrière la mairie du treizième arrondissement, dans le vieux marché des Gobelins, que la jeunesse des Beaux-arts avait organisé hier soir le bal annuel des Quat'z'Arts. (1914)

Lire


Des ossements humains découverts par des terrassiers

Une rumeur étonnante et capable d’alimenter toutes les conversations circulait, hier après-midi vers 5 heures, dans le quartier de la Maison-Blanche. Des terrassiers, en creusant pour faire une cour, avaient découvert des ossements... (1923)

Lire


Expulsion de zoniers à la Porte de Gentilly

Espérons que la rudesse et la brutalité avec lesquelles la main de l'autorité militaire vient de s'abattre sur les pauvres zoniers de la porte de Gentilly, aura pour résultat de ramener cette importante question à l'ordre du jour, et de lui faire faire un pas vers une solution impatiemment attendue. (1895)

Lire


La Fondation Singer-Polignac

La fondation Singer-Polignac est une maison ouvrière. La maison a été construite en un an. Il y a trois mois, une bande de calicot tendue sur la façade annonçait que soixante-quatre logements étaient à louer dans cet immeuble. Deux cent quatre-vingt-dix-sept postulants se présentèrent. Il y a donc actuellement, au quartier de la Maison-Blanche, deux cent trente-trois ménages en quête d'un logis neuf. (1911)

Lire


Les fêtes de Jeanne d'Arc dans le 13e

Il semble que dans ce lointain faubourg parisien le peuple ait voulu fleurir avec plus de ferveur la fille du peuple, la petite bergère de Domrémy qui sauva la France. (1913)

Lire


La Butte-aux-Cailles

Situé sur les confins du XIVe et du XIIIe arrondissement, l'ancien quartier de la Glacière est, ou plutôt était, il y a peu de temps, un des côtés les plus curieux du nouveau Paris. Las deux bras de la Bièvre s'enchevêtrant, à peine ombragés par quelques maigres peupliers, dans les replis escarpés de la Butte-aux-Cailles. (1877)

Lire


La Place Paul Verlaine

Une délibération municipale, approuvée par un arrêté préfectoral que ratifia, le 28 juillet dernier, un décret présidentiel, a donné le nom de Paul Verlaine à une place sise à Paris dans le 13e arrondissement, à l'intersection des rues Bobillot, du Moulin-des-Prés et de la Butte-aux-Cailles. (1905)

Lire


Avis à la population

Il est établi dans le 13e arrondissement des cantines pour le service des militaires qui montent la garde sur les remparts. (1870)

Lire


Le futur boulevard Saint-Marcel

Un arrêté du préfet de la Seine vient d'ouvrir une enquête à la mairie du douzième arrondissement pour le percement d'un nouveau tracé qui, sous le nom de boulevard Saint-Marcel, doit relier le boulevard Montparnasse au boulevard de l'Hôpital (1857)

Lire


L'élargissement de la rue Mouffetard et l'aménagement de la place d'Italie

L'administration vient de faire déposer à la mairie du 13e arrondissement le plan parcellaire des propriétés dont la cession est nécessaire en tout ou en partie pour exécuter l'élargissement de la rue Mouffetard et la transformation d ela place d'Italie. ()

Lire


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte