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SIXIEME ANNÉE N°2772

 

176ème jour de l'année

   


Dimanche
25
Juin 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le mariage du sauveteur Picquet

Le mariage du sauveteur Picquet.

Un dernier écho de la catastrophe du Bazar de la charité.

Le sauveteur Picquet, dont le courage a déjà été récompensé de façons diverses, vient de convoler en justes noces. Son mariage, avec Mlle Marie Viey, a été célébré, hier matin, à onze heures, à la mairie du quatorzième arrondissement.

Pour cette circonstance solennelle, Picquet avait endossé une redingote toute neuve et portait, épinglées sur la poitrine, les médailles qui lui furent décernées en récompense de ses actes de dévouement. Au premier rang resplendissait la médaille d'honneur en or qui lui fut remise par le ministre de l'intérieur. La mariée était tout à fait charmante dans sa robe de soie noire rehaussée, au col, d'une fraise de dentelle blanche. Les témoins étaient des gardes municipaux.

Les jeunes époux ont été unis par M. Pannetier, adjoint au maire, qui, après les formules sacramentelles, a prononcé une allocution que l'assistance, peu nombreuse, a particulièrement goûtée. Voici en quels termes l'honorable adjoint s'est exprimé

Monsieur Picquet, il y a un instant, en vous lisant les articles du code civil concernant le mariage, je vous indiquais les devoirs de l'époux envers l'épouse. Permettez que je rappelle comment vous comprenez les devoirs envers l'humanité. Nous n'avons pas oublié, à la municipalité du quatorzième arrondissement, que vous êtes un des héros du Bazar de la charité nous avons admiré en vous l'homme du peuple pour lequel la vie ne compte plus quand il voit des victimes à sauver. En ce jour inoubliable, qui mit tant de familles en deuil, vous fîtes l'admiration non seulement de la France entière, mais de toute l'humanité. Combien de deuils avez-vous évités ? Combien de vies chères il. leur famille avez-vous arrachées au fléau ?

Puis, se tournant vers la jeune épouse, il a ajouté:

Madame, l'époux auquel vous venez de consentir a unir votre existence a prouvé comment il comprenait l'abnégation. Vous pouvez donc être certaine que, désormais, s'inspirant des devoirs matrimoniaux comme il s'est inspiré des devoirs envers l'humanité, il voudra vous rendre heureuse. Pour peu que vous l'y aidiez en lui rendant la tache facile, les vœux que je fais jour votre bonheur commun seront facilement réalisables.

Des murmures d'approbation ont accueilli ce petit speech. La cérémonie religieuse a été célébrée à l'église Notre-Dame de Plaisance, décorée de drapeaux tricolores. La soirée s'est terminée par une fête donnée aux jeunes époux dans un établissement de Plaisance et dont la Société des sauveteurs de la Seine a fait les frais.

Le Matin – 26 sept. 1897

L'actualité dramatique

 Un drame rue Charles V

Un drame rue Charles V

Un terrible drame s'est passé hier, 2, rue Charles V, à la fabrique de parfums Brigot et Cie.

Cette maison de commerce avait été achetée au mois de janvier dernier par M. Eugène Bouly, âgé de trente-sept ans, demeurant, 20, boulevard Saint-Marcel. En prenant la direction de la maison, Bouly avait conservé l'ancien associé de M. Brigot, M. Charles Jacob, âgé de cinquante et un ans, demeurant, 50, avenue Ledru-Rollin.

La bonne intelligence ne dura pas longtemps entre les deux associés. M. Jacob reprochait à M. Bouly de ne pas être sérieux et de s'occuper beaucoup plus de ses plaisirs que de ses affaires. A chaque règlement de compte, c'est-à-dire à chaque fin de mois, les discussions recommençaient plus âpres et finissaient par se changer en véritables disputes.

Hier, 1er septembre, à trois heures de l'après-midi, Bouly était dans son bureau, lorsque Jacob arriva. Ils échangèrent quelques paroles au sujet de la balance du mois d'août, et, comme d'habitude, Jacob, constatant qu'elle était de moins en moins satisfaisante, s'emporta en reproches contre son associé :

— Comment voulez-vous que ça marche ? lui dit-il. Vous faites une noce carabinée au lieu de vous occuper de la maison. Ça ne peut pas durer comme ça

— Eh bien non, ça ne durera pas !... répliqua Bouly avec colère.

Et, fouillant dans un tiroir tout ouvert, il en sortit un revolver de gros calibre (12 millimètres) et fit feu trois fois sur son associé. L'une des balles alla se loger au plafond, une autre dans le mur, à hauteur d'homme. La troisième atteignit Jacob à la joue, au-dessous de la tempe et traversa le visage. Puis il se tira une seule balle qui entra par une tempe et sortit par l'autre.

Les deux hommes furent portés à l'Hôtel-Dieu. M. Jacob est salle Saint-Landry. Son état est très grave. Quant à Bouly, il est mort un quart d'heure après son arrivée. D'après les papiers trouvés sur Bouly, il avait l'intention de se suicider.

On a trouvé sur son bureau plusieurs lettres adressées à des amis et dans lesquelles il leur faisait ses adieux. A l'Hôtel-Dieu on a retiré de la poche de sa redingote une lettre de vingt pages expliquant longuement les raisons pour lesquelles il se décidait à mourir. Cette lettre a été remise à M. Briy, commissaire de police remplaçant M. Carlier, commissaire du quartier. Il avait préparé son revolver pour se tuer quand il aurait fini d'écrire. La fatalité a voulu que M. Jacob arrivât à ce moment et fut la première victime du drame qui se préparait.

Les scellés ont été apposés sur le bureau par le juge de paix de l'arrondissement.

Le Figaro — 2 septembre 1897

 Un élève du collège Rollin

Un élève du collège Rollin, Maurice R. âgé de quatorze ans, habitant chez ses parents boulevard Barbes, n'ayant obtenu aucune nomination à la distribution des prix, avait été vivement réprimandé par son père.
Ces reproches l'affectèrent profondément, et il dit à sa mère que, si on lui en adressait encore, il se tuerait. Mme R. promit d'intervenir auprès de son mari mais celui-ci, pendant le dîner, avant-hier soir, raconta que le fils d'un de ses amis avait remporté de nombreux prix et qu'il faisait la joie de ses parents.
Il n'avait pas achevé que Maurice saisissait sur la table un couteau à découper et s'en frappait dans la région du cœur. On s'empressa auprès du pauvre enfant et on courut chercher un médecin. Le docteur a déclaré que, s'il ne survenait pas de complications, la guérison ne se ferait pas attendre.

Le Figaro - 2 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash juin

Dans l'actualité du ...

 23 juin à compléter

Mercredi
23 juin 1897

De Biarritz

« La grande saison, qui s'ouvre le 15 juillet pour finir le 15 octobre, s'annonce sous les meilleurs auspices. Les principales villas sont louées, et pour le reste les demandes affluent. La colonie étrangère, espagnole et russe notamment, promet d'être aussi brillante que nombreuse. Aussi le Comité des fêtes vient-il d'élaborer un programme des plus attrayants et de décider la création d'un orchestre spécial qui se fera entendre plusieurs fois par jour, aux heures du bain, sur les plages de cette merveilleuse station- »


Le préfet de la Seine a demandé à l'Académie de médecine une notice sur plusieurs médecins Villemin, Guérin, Peter, dont les noms seraient attribués à des rues de Paris. Nous lui signalerons celui du célèbre Jean Pidoux, qui, le premier, fit en France, à Pougues, l'application de la douche dont les nombreux fidèles de la source Saint-Léger font chaque année un usage salutaire dans cette coquette et riante station.

sans titre 1
Flash juin

 24 juin

Jeudi
24 juin 1897

Le voyage du Président en Russie.

Du Gaulois

Nous croyons savoir que M. Brisson, président de la Chambre, ferait partie du voyage en Russie.

La chose serait d’ores et déjà décidée.


Bulletins de santé

M. Félix Faure, depuis trois jours, est atteint d’une légère conjonctivite de l’oeil droit, qui sera, croit-on, de peu de durée.


M. François Coppée est tout à fait hors d'affaire et les médecins attendent seulement qu'il soit un peu plus solide pour l'envoyer dans quelque ville d'eaux où il se distraira. Il ne retournera probablement pas à La Fraisière. On exige en ce moment pour le malade beaucoup de repos, et devant cette consigne, M. de Freycinet, qui venait, hier, voir son collègue de l'Académie, s'est retiré discrètement.


Le prince de Sagan fait depuis quelques jours de longues promenades dans son appartement, en attendant mieux. On espère qu'il n'attendra pas ce mieux longtemps. Son état s'améliore de jour en jour.


M. Henri Meilhac se sent un appétit d'ogre et gourmande son interne qui ne lui permet qu'un œuf à la coque ou un blanc de poulet avec un doigt de bordeaux. Il crie à la séquestration et veut sortir

— Si je reste enfermé, a-t-il dit hier à son bourreau, je finirai par me faire des cheveux

Désarmés, ses médecins lui ont promis de le laisser aller la semaine prochaine à Saint-Germain, où il prendra ses quartiers d'été.


Une rencontre à l'épée a eu lieu hier, à Neuilly, entre MM. Félix Gaborit, homme de lettres, et Le Chanteur, officier de cavalerie en non-activité.

A la troisième reprise, M. Le Chanteur a été atteint au bras d'une blessure en séton, qui a mis fin au combat. Les témoins de M. Gaborit étaient MM. Gaston Lesaulx et Stéphane Laffarge ceux de M. Le Chanteur, MM. Émile Dumont et Eugène Fontaine.


Vers 1750 existait à Bordeaux une charitable dame, qui préparait et distribuait aux pauvres un cordial, à base d'anis, qu'elle appelait anisette et dont elle tenait la recette de ses parents cette dame s'appelait Marie Brizard. Sa nièce, Mlle Anne Brizard, ayant épousé M. J.-B. Roger, elle s'associa avec eux, fondant ainsi, en 1755, la maison Marie Brizard, dont les marques d'anisettes superfines et « extra-dry» sont aujourd'hui célèbres dans le monde entier.


« Si la contrefaçon n'existait pas, il faudrait l'inventer, a dit un grand économiste c'est la consécration du succès. » Toutes les fois qu'un produit nouveau, qu'une invention nouvelle viennent bouleverser une industrie, les contrefacteurs se lèvent en masse et affirment ainsi par leurs fraudes nombreuses la qualité du produit contrefait.

C'est ce qui arrive pour l'antipyrine du docteur Knorr, produit français, fabriqué à Creil, dans l'Oise, par la Compagnie parisienne de couleurs d'aniline.


Croirait-on qu'il y a encore des monomanes à la recherche de la quadrature du cercle? L'un d'eux prétend même avoir trouvé une solution « Vous êtes obèse, mangez deux fois plus et prenez le matin à jeun un verre à bordeaux d'eau de Garabana, vous maigrissez. »


Le « Pégamoïd» est la nouveauté du jour.

En dehors des qualites spéciales pour la tenture et l’ameublement, il se prête admirablement la confection des articles de luxe et de fantaisie. Les magasins de la Régence, 38, avenue de l’Opéra, ont créé tout un rayón d’albums, buvards, cadres, porte-cartes, qui sont de véritables oeuvres d’art.

Insensible à la température, réfractaire aux acides, toujours tenu neuf par un simple lavage, telles sont les principales qualités du « Pégamoïd ».

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Les tarifs de chemins de fer sont aménagés d'une manière imbécile. On devrait faire payer des suppléments pour les retours... puisque les gens sont forcés de revenir.


307. M. Méline, président du Conseil, devait aller déjeuner le 7 janvier 1897 à l'île Sainte-Marguerite mais le temps ne le permettant pas, le déjeuner a eu lieu à la Réserve.
C’est une erreur de croire qu’en payant ses costumes plus de 69 fr.50, ils sont meilleurs que ceux offerts pour ce prix par High Life Tailor, 17, faubourg Montmartre. Quant à être plus élégants, c’est impossible.
 Un garçon de recettes disparu - les aveux

Un garçon de recettes disparu

Les aveux des assassins

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 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

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Une pauvresse

Une malheureuse femme, Mme veuve Huve, âgée de quarante-huit ans et domiciliée en dernier lieu rue de Flandre, est atteinte, depuis près d'un an, d'ataxie locomotrice. Comme elle se trouve dans l'impossibilité de gagner sa vie, elle s'était fait conduire, hier, à l'hôpital Laennec mais, malgré ses supplications, on refusa de la recevoir.

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Tombolas anglaises

Le commerce parisien est le point de mire des escrocs anglais, aussi bien que des espagnols.
Il y a un mois, un fabricant de corsets de Paris, M. X. recevait de Londres une circulaire de la manufacture The Nubiene, dirigée par M. Geo Bornett.

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 UN SAISISSEUR SAISI

UN SAISISSEUR SAISI.

Un huissier s’apprêtait à faire son profit

Du riche mobilier de la belle Aspasie,

Mais voilà qu’au moment d’opérer la saisie

Le séduisant parfum du Congo le saisit.

Victor Levère au savonnier Victor Vaissier

Nouvelles à la main

Au café- Un monsieur à tournure militaire,

Au café
Un monsieur à tournure militaire, les cheveux ras, la moustache grisonnante et la rosette à la boutonnière, s'assied à une table.
Un garçon se précipite
— Qu'est-ce que monsieur a commandé ?
— Le 9ème dragons, mon ami, répond bienveillamment le monsieur.

 En Cour d'assises.

En Cour d'assises.

Au moment où « maîtresse X », avocate de l'accusé, se lève pour prendre la parole, un juré se penche, vers son voisin :

— Dites-donc, elle est délicieuse, cette petite-là.

— Je vous crois.

— On dit qu'elle a du talent.

— Un talent énorme.

— Vous la .connaissez ?

— C'est ma femme.

Une camériste a été envoyée par sa maîtresse

Une camériste a été envoyée par sa maîtresse au cabinet de lecture, pour demander l'ouvrage posthume d'un écrivain dont elle s'est empressée d'ailleurs d'oublier le nom. 
— C'est que, lui dit-on, nous avons des œuvres posthumes de plusieurs auteurs... 
— Ma foi, à tout hasard, donnez-moi toujours ce que vous avez de plus posthume !

Dans une soirée : Un peu ravagée, cette pauvre comtesse

Dans une soirée :
— Un peu ravagée, cette pauvre comtesse, mais quels diamants, son collier surtout !
— Oui, dit Poilras, qui a entendu, c'est comme une lanterne sur des démolitions.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 LES EAUX D'EVIAN - Fig. 24/05/97

LES EAUX D'ÉVIAN. Les Parisiens et les étrangers habitant Paris n'ont pas mis longtemps à apprendre le chemin du nouveau dépôt des eaux d'Évian (source Cachat). Il faut être bien arriéré pour aller encore au boulevard des Italiens où était l'ancien dépôt. Le vrai Parisien va tout droit, sans même consulter son carnet, au 18 de la rue Favart.

 Un toutou philanthrope - 1897

Un toutou philanthrope

Actuellement, à l’Exposition du «Ladies Kennel Club » de Londres, figure, avec tous les honneurs dus à ses vertus, un retriever répondant au nom de Tim.
Ce chien; bien connu des habitués de la ligne du Great Western Railway, arpente sans cesse les quais de la station de Paddington, portant, fixée sur sa tête, une boite en forme de tirelire. Ainsi harnaché, l'intelligent animal va se poster devant chaque personne qui débouche sur la plateforme et solliciter son obole. Les sommes recueillies par- lui sont destinées aux veuves et aux orphelins des employés de la Compagnie. Voici près de cinq années qu’il se livre à cette généreuse occupation et pendant ce laps de temps il a récolté plus de huit mille francs.
Tim semble tout indique pour une médaille d’or !

L'Echo de Paris - 20/12/97

 Le Président de la République à l'hospice de Bicêtre

Le Président de la République à l'hospice de Bicêtre

M. Félix Faure a visité hier, dans l'après-midi, l'hospice de Bicêtre. Soit dit en passant, le Président n'avait pas besoin d'aller aussi loin pour rencontrer des fous.

M. Félix Faure était accompagné de MM. Henri Boucher, ministre du commerce Louis Barthou, ministre de l'intérieur, et le général Hagron, chef de la maison militaire du Président. Il a visité es différents services et a interroge les malades, ceux surtout dont la situation intéressante lui était signalée, afin de faire parvenir des secours à leur famille.

En entrant dans la 5è division, on se trouve l'asile d'aliénés, M. Félix Faure a reçu un bouquet. En même temps, un vieillard hospitalisé lui a lu une pièce de vers. Puis les enfants épileptiques, garçons et filles, réunis dans le gymnase, ont exécuté différents morceaux d'ensemble, puis dansé une polka et une valse aux sons de la musique de l'hospice.

Sa visite terminée, .M. Félix Faure a prononcé, devant tout le personnel réuni, une courte allocution, qu'il a terminée en remerciant au nom de la France le personnel tout entier pour les soins dévoués qui sont prodigués aux hospitalisés et aux aliénés et a versé, entre les mains du directeur, une somme de mille francs pour l'hospice et au président du conseil de surveillance des ateliers une autre somme de mille francs.

Le Gaulois — 18 novembre 1897

 

 Une sépulture bien gardée - 1897

Une sépulture bien gardée.

Afin de préserver la tombe de M.Pullmann le riche constructeur de wagons, de toute profanation de la part de ceux de ses ouvriers qui pourraient lui garder rancune de son attitude lors de la grève de 1894, le cercueil, hermétiquement clos, a été recouvert d'une couche d'asphalte d'un pouce d'épaisseur. Le tout est entouré d'un système de poutres en acier, boulonnées solidement, et autour desquelles a été coulée une masse épaisse de béton, de sorte que le tout ne forme plus qu'un seul bloc d'une solidité à toute épreuve, inattaquable à la dynamite et capable de résister, assure-t-on, même à un tremblement de terre.
Le créateur des wagons-salons avait doté sa fille, miss Florence, qui fut sur le point d'épouser un prince d'Isemburg-Birstein d'un emploi facile et largement rétribué. Moyennant 50,000 francs par an, elle était chargée de baptiser toutes les voitures sortant des ateliers de la compagnie.

Le Matin – 28 octobre 1898

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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