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SIXIEME ANNÉE N°3805

 

113ème jour de l'année

   


Jeudi
23
Avril 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LE CRIME DE LA RUE PIERRE-LE-GRAND

LE CRIME DE LA RUE PIERRE-LE-GRAND

Assassinat d’une fille galante

Un crime-mystérieux a été découvert, hier, 3, rue 9 Pierre-le-Grand, à deux pas de l'église russe de la rue Daru, dans la maison même du consulat de Siam. La victime est une femme galante nommée Joséphine-Marie Bigot, âgée de trente-sept ans, née à Hennebont(Morbihan).

Le meurtrier a pris la fuite, et on ne possède aucune indication de nature à permettre de retrouver sa trace. Le vol est le mobile de ce crime qui rappelle par plus d'un point les assassinats commis il y a quelques années rue Bergère, rue Saint-Lazare et rue Taitbout, assassinats demeurés impunis.

Joséphine Bigot, malgré ses trente-sept ans, paraissait très jeune encore: brune, les cheveux teinta au henné, d'assez forte corpulence, .très élégante et très coquette, elle était connue dans le monde galant sous les noms de la vicomtesse de Balagny, de Marie Duc, de Marie Senart, qu'elle avait pris tour à tour. Elle se disait commissionnaire en champagne, mais personne ne se méprenait sur son véritable métier. Elle avait obtenu autrefois un brevet supérieur d'enseignement primaire.

Elle a habité successivement 37, rue de Moscou ; 2, rue Crétet ; 19, rue Victor-Masse, et c'est seulement depuis dix-huit mois qu'elle était venue habiter 3, rue Pierre-le-Grand, au rez-de-chaussée, un petit appartement moyennant un loyer annuel de sept cents francs.

Joséphine Bigot se trouvait en effet depuis lors dans une situation moins prospère. Elle avait dû congédier sa domestique et faisait faire son ménage par la nièce de sa concierge, une jeune fille de vingt-quatre ans, Mlle Heurtaux.

Joséphine Bigot possédait cependant encore quelques économies, notamment des titres de rentes s’élevant à environ quinze cents francs et une petite maison à la campagne, non loin de Paris, où elle allait souvent se reposer durant trois ou quatre jours des fatigues de son existence.

— J'ai plein le dos de la vie, avait-elle souvent l'habitude de dire, et je ne serai heureuse que lorsque je serai toute l'année à la campagne.

L'appartement qu'elle occupait rue Pierre-le-Grand se trouve au pied du grand escalier de la maison. Pour y accéder, il faut avoir traversé un vestibule et laissé à gauche la loge de la concierge. Il est composé d'une cuisine, d'une salle à manger meublé de chaises en cuir de Cordoue, d'un buffet et d'une table en chêne sculpté, d'une chambre à coucher assez vaste où le lit est placé au milieu de la pièce, entre une armoire à glace et une table. Au fond de la chambre à coucher une dernière pièce, servant de cabinet de toilette et encombrée de malles et de robes. Joséphine Bigot ne mangeait jamais chez elle et prenait ses repas dans les restaurants des boulevards. La plupart du temps, elle rentrait accompagnée. Souvent, elle ne rentrait pas du tout, et pendant deux ou trois jours, on ne la voyait pas.

Elle avait l'habitude de laisser croire qu'elle « arrivait de la campagne »

Dernièrement, elle avait été mandée à la préfecture de police, à propos de certaines cartes de visite qu'elle avait fait distribuer à domicile et où elle se donnait le titre de « professeur de langues vivantes ». Elle avait même fait insérer une annonce analogue dans un journal du matin.

Découverte du crime

Le 19 de ce mois, Joséphine Bigot rentrait chez elle après trois jours d'absence.

— Votre nièce peut-elle venir faire tout de suite mon ménage, dit-elle, à la concierge ?

Et comme Mlle Heurtaux s'était rendue à la demande :

— J'aurai encore besoin de vous à une heure, lui dit-elle, pour faire un ourlet à ma robe de chambre qui est trop longue. J'attends quelqu'un après déjeuner.

Les visiteurs de Joséphine Bigot n'avaient pas l'habitude de la demander à la concierge. C'étaient toujours des hommes, jamais des femmes, et quand la concierge leur demandait par hasard où ils allaient

— Nous le savons, disaient-ils, nous avons une carte... au rez-de-chaussée à droite.

Quand Mlle Heurtaux revint à une heure, comme le lui avait demandé Joséphine, elle sonna et fut tout étonnée de ne pas recevoir de réponse. Néanmoins, elle n'insista pas.

A trois heures, le même jour, le facteur apporta une lettre pour Mlle Bigot. Mlle Heurtaux ayant sonné de nouveau et n'ayant, pas davantage reçu de réponse, passa la lettre sous la porte comme elle en avait l'habitude.

— Mlle Bigot, dit-elle à sa tante, est sortie de nouveau sans nous prévenir.

Elle sera repartie pour la campagne.

Et on ne s'inquiéta pas de la locataire. Mais hier matin, un ami de la jeune femme, qui était déjà venu deux fois avant-hier, insista, et Mlle Heurtaux finit par s'inquiéter. Elle courut prévenir le commissaire de police. Ce magistrat après avoir essayé, mais en vain, de pénétrer par la porte, qui se trouvait fermée à double tour, exerça de l'extérieur une pesée sur les volets de la fenêtre, qui cédèrent à la pression, cassa un carreau, et faisant jouer l'espagnolette, ouvrit la croisée et pénétra dans l'appartement.

Un spectacle horrible s'offrit alors aux regards des assistants.

Au pied de son lit, étendu sur le ventre, gisait le cadavre de Joséphine Bigot. La malheureuse qui n'était vêtue que d'une chemise en foulard violet orné de fleurs mauves, avait été tuée d'un seul coup. Elle n'avait pas eu le temps de pousser un cri.

L'assassin, avec une habileté consommée, lui avait porté dans la boite crânienne, à la hauteur du cervelet un coup de poinçon qui, en pénétrant dans la masse cérébrale, avait déterminé un épanchement et la mort immédiate. Le misérable .avait frappé sa victime alors qu'elle lui tournait le dos. Il n'y avait pas eu lutte. C'est à peine si quelques gouttes de sang avaient été répandues sur le tapis de la chambre et sur un oreiller placé au milieu du lit.

Son crime commis, l'assassin avait ouvert et fouillé l'armoire à glace, mais il avait eu la prudence de ne prendre que l'argent qui s'y trouvait. Il avait trouvé trop compromettant de s'emparer des titres de rente de Joséphine Bigot.

Il n'avait pas davantage voulu prendre une montre en or et une montre en argent qui se trouvaient en évidence sur une table placée près de la fenêtre dont les rideaux étaient, ouverts. Les montres avaient des numéros et pouvaient le faire reconnaître. Sur un canapé, Joséphine avait laissé son jupon de soie et elle s'était déshabillée dans son cabinet de toilette. Le meurtrier avait ouvert la porte de ce cabinet, fouillé dans une armoire qui s'y trouvait, et volé dans la poche de sa victime son porte-monnaie. Il avait dédaigné de prendre une petite chaîne en or et une bague sans valeur; Puis il avait fui sans avoir été vu.

L’enquête

II résulte de l'enquête, menée activement par M. Cochefert, chef de la Sûreté et M. Louiche, juge d'instruction, que le crime a été commis entre midi et demi et une heure, le 19 novembre. A une heure, en effet, nous l'avons dit, Mlle Heurtaux a frappé à la porte de Mlle Bigot et n'a pu se faire ouvrir.

Joséphine Bigot jouait aux courses : on a retrouvé, en effet, dans son armoire à glace des tickets du pari mutuel. Est-ce du côté du monde spécial qui fréquente nos hippodromes qu'on doit chercher l'assassin ? M. Cochefert a trouvé au pied du lit de la victime une enveloppe encore fermée, portant l'adresse de Joséphine Bigot, écrite au crayon. Détail curieux, cette enveloppe qui n'avait pas été ouverte ne contenait que du papier blanc.

On suppose que c'est l'assassin qui, en entrant, l'avait présentée à sa future victime, pour se donner le prétexte d'entrer chez elle. Mais alors, ce ne serait pas la personne qu'attendait Joséphine et dont elle avait annoncé la venue à Mlle Heurtaux ?

Autant d'hypothèses que cherche à résoudre l'habile chef de la Sûreté, qui a passé la soirée hier à dépouiller la correspondance volumineuse de Joséphine Bigot. M. Cochefert espère beaucoup dans ces lettres pour retrouver l'assassin qui serait, croit-on, un habitué de la maison.

Le cadavre de la victime a été transporté hier à la Morgue. Il n'est pas dans un état avancé de décomposition, à cause du froid rigoureux de ces joucs-ci.

Le Gaulois — 29 novembre 1897
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L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V - Le Gaulois cf. 920

LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V

Tentative de meurtre et suicide

Au mois de janvier dernier, M. Brigot vendait à M. Eugène Bouly son magasin de parfumerie en gros, situé 2, rue Charles-V (quatrième arrondissement).

Son employé, M. Jacob, poussait activement Bouly à l'achat de la maison. Des pourparlers s'engagèrent et aboutirent à la vente moyennant une somme de trente mille francs.

Bouly garda comme employé et associé M. Jacob. Mais au bout de quelques mois, la maison périclita et Bouly reprochait avec véhémence à Jacob de lui avoir fait faire ce marché.

Des scènes violentes éclataient chaque jour entre les deux associés. Bouly était d'une humeur acariâtre. Il souffrait en effet d'une maladie d'estomac et songeait au suicide.

Tout compte fait, i] devait à son prédécesseur une somme de dix-huit mille francs.

Hier, il achetait un revolver de gros calibre, et dans une longue lettre au commissaire de police du quartier de l'Arsenal, il annonçait à ce magistrat qu'il avait résolu de se tuer et le priait de prévenir de sa mort une jeune femme avec qui il entretenait des relations.

Vers deux heures de l'après-midi, Bouly prenait son revolver pour se brûler la cervelle, lorsque soudain Jacob entra dans la pièce où il se trouvait. Une dernière discussion éclate entre les deux hommes. Tout à coup, Bouly, au paroxysme de la fureur, dirigea son arme contre son associe et fit feu à trois reprises différentes.

Deux balles se perdirent. La troisième atteignit Jacob à la mâchoire inférieure.

Croyant avoir tué son adversaire, Bouly dirigea son arme contre lui-même et se logea une balle dans la tempe droite.

Transporté à l'Hôtel-Dieu, il y expirait dix minutes après son arrivée.

La blessure de M. Jacob, bien que présentant une certaine gravité, ne met pas sa vie en danger.

Le Gaulois — 2 septembre 1897

 Le drame de la rue Gros

Le drame de la rue Gros

Une blanchisseuse, Mlle Adèle R..., quittait ces jours-ci, à la suite d’une violente discussion, un ouvrier serrurier, Amédée P..., avec lequel elle vivait, et la jeune femme venait s’établir chez sa mère, rue Gros, à Auteuil.

Amédée P... se mettait à sa recherche, et hier, en état d’ivresse il se présentait rue Gros, chez Mlle Adèle R..., la suppliant de reprendre la vie commune.

Comme Adèle R... refusait de se rendre â ses objurgations, Amédée P... se mit à l’injurier et à la menacer de mort.

Mlle R..., qui habite au rez-de-chaussée, eut le temps de s’enfermer chez elle, mais l’ivrogne brisa la fenêtre à coups de pied. Il allait pénétrer dans la chambre, lorsqu’il perdit l’équilibre, et en tombant se blessa grièvement.

Des agents, accourus aux cris poussés par la jeune femme, transportèrent le blessé dans une pharmacie voisine où il reçut les soins que comportait son état.

Amédée P... a été envoyé â l’infirmerie du dépôt : il sera poursuivi sous l’inculpation de menaces de mort et de violation de domicile.

Le Gaulois — 23 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 11 mars

Jeudi
11 mars 1897

LA REINE D'ANGLETERRE EN FRANCE

La Reine d'Angleterre, qui vient passer quelques semaines à Nice, est arrivée hier soir en rade de Cherbourg à bord du Victoria and Albert.

Le yacht royal était escorté du yacht de l'amirauté Irène et des croiseurs Australia et Galathea.

Le Victoria and Albert est entré directement dans l'arsenal de Cherbourg et s'est amarré au quai Sané.

Une compagnie d'infanterie de marine rangée sur le quai a présenté les armes pendant que la musique entonnait le God save the queen.

La souveraine, qui a passé la nuit à bord de son yacht, n'a reçu personne hier soir, sauf le consul d'Angleterre à Cherbourg et l'aide de camp du préfet maritime.

Mardi, à deux heures cinquante-cinq de l'après-midi, le train de la Reine d'Angleterre a quitté la gare Saint-Lazare et est arrivé à Cherbourg à onze heures du soir.

C'est dans ce train que Sa Majesté prendra place, aujourd'hui, se rendant à Nice par la ligne de l'Ouest jusqu'à la grande ceinture de Paris, à Mantes, qu'.il empruntera jusqu'à la ligne du chemin de fer de P.-L.-M.

Le train royal est aménagé avec un très grand confort; il comprend entre autres deux luxueux salons dont se sert la souveraine à chacun de ses voyages en France. Le départ de Cherbourg est fixé à ce matin dix heures vingt-cinq.

L'entrevue, que nous avons annoncée, de la Reine Victoria avec le président de la république, aura lieu à six heures du soir, au passage du train royal à Noisy-Ie-Sec.

M. Félix Faure, qui quittera Paris ce soir, par train spécial, à cinq heures vingt, ne sera accompagné que du directeur du protocole et des membres de sa maison civile et militaire.

Cette entrevue n'ayant aucun caractère politique et n'étant, par conséquent, qu'un acte de courtoisie comme celui que M. Félix Faure accomplit lors de son entrevue avec l'Impératrice douairière de Russie dans des circonstances analogues, aucun ministre n'accompagnera le Président.

A Noisy-le-Sec, le train royal s'arrêtera quelques instants. La réception de M. Félix Faure aura lieu dans le wagon-salon, que la Reine ne quittera pas.

Ajoutons qu'à l'occasion de cette rencontre, la gare de Noisy-le-Sec a reçu une fort belle décoration florale; des faisceaux de drapeaux français et anglais ont été placés à l'intérieur de la gare.


Vandalisme municipal.

Du Gaulois

C'est avec empressement que nous nous joignons à nos confrères pour protester énergiquement, au nom de tous les Parisiens, contre l'installation d'un tramway mécanique porte d'Orléans Saint- Philippe du-Roule, traversant les Champs-Élysées.

Nous savons sans doute que le devoir d'un conseil municipal qui se respecte est de voter quand même des tramways et de sillonner implacablement de hideux rails le plus grand nombre de voies possible, mais notre devoir à nous, c'est de crier holà à une assemblée chez qui l'esprit utilitaire étouffe tout sens esthétique.

Chacun son métier et les beautés de notre capitale seront bien gardées.

L'avenue des Champs-Élysées est la plus belle promenade du monde, et il importe pour mille raisons de la conserver intacte.

La place Saint-Philippe-du-Roule n'est qu'à quelques centaines de mètres de distance, le point terminus pourra être fixé en deçà de l'avenue du côté de la Seine.

Pour épargner quelques pas aux voyageurs, obligera-t-on les voitures à des arrêts répétés exposera-t-on la foule à des accidents risquera-t-on d'effrayer perpétuellement des chevaux ombrageux ?

Nous insistons sur ces derniers arguments ce sont les seuls qui ont quelque chance de toucher nos édiles qui, surabondamment, viennent de prouver qu'ils étaient fermés à tout sentiment artistique.


Le Prince de Galles est arrivé hier au Cap Martin, à midi vingt. Lorsqu'il est entré dans l'hôtel, l'Empereur d'Autriche est venu au-devant de lui et l'a embrassé. Le déjeuner a été servi à midi et demi. Le Prince a pris congé de l'Empereur à deux heures. Le souverain a accompagné le Prince à sa voiture. Le Prince de Galles a rendu visite à l'Impératrice Eugénie puis il est reparti, toujours en voiture, pour Monte-Carlo.

Le Prince de Monaco s'était rendu au Cap Martin n pour rendre visite à l'Empereur d'Autriche m ais l'Empereur étant sorti avec l'Impératrice pour faire une promenade, le Prince a laissé des cartes.


L'heure du mystère dans les bureaux téléphoniques.

Du Matin

On sait qu'à dix heures du soir sonnant, les dames téléphonistes sont remplacées dans leur service par des hommes. Ces messieurs auraient-ils la pensée charitable d'abréger, pour leurs camarades du sexe faible, les longueurs d'un fatigant emploi ? Toujours est-il que, depuis quelque temps, ils arrivent généralement à neuf heures. C'est, alors, un moment d'intimité charmante. Bien plus rapidement —on le pense — qu'entre abonnés, les conversations s'établissent, et jamais le fil n'est coupé quand il est question de mariage.

Apôtres de l'avenir prolifique de la France, ne demandez surtout pas la communication entre neuf et dix heures du soir. 


Mardi-Gras s'en est allé ! Voici les jours de pénitence. Elle sera douce aux croyants dont la table sera servie de délicieuses nouillettes macaronis ou coquilles aux œufs de Rivoire et Carret. dont la réputation va toujours grandissant.


L'eau de Vichy est universellement connue, mais il n'en faut pas moins signaler une fraude assez fréquente qui consiste à donner une eau quiconque avec une étiquette à peu près semblable lorsqu'on demande de l'eau de Vichy sans désigner la source. Les personnes soucieuses de leur santé ont toujours soin d'indiquer le-nom de cette source. Les principales sont Vichy Célestins ou Vichy-Grande-Grille ou Vichy-Hôpital. De même pour les véritables pastilles il faut toujours exiger Pastilles Vichy-État.

sans titre 1
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Dans les milieux littéraires, quand on parle des poètes morts jeunes, ce sont les morts vieux qui se mouchent.


348. Le 26 juillet 1897, le Président de la République, M. Félix Faure, visitait l'asile de vieillards du Havre.
En hiver, un médicament qui empêcherait surement de tousser et de s'enrhumer serait un grand bienfait pour tous. Pour se guérir et se préserver des rhumes, toux, bronchites, catarrhes, asthme, grippe pour se fortifier les bronches, l'estomac et la poitrine, il suffit de prendre à chaque repas deux Gouttes Livoniennes de Trouette-Perret , et ce médicament, si peu coûteux, qui se vend trois francs le flacon de soixante petites capsules dans toutes les bonnes pharmacies, suffit toujours pour enrayer le mal. Bien prendre note que ce médicament ne se détaille pas, et se vend en flacons cachetés, avec le nom Gouttes Livoniennes de Trouette-Perret , et le timbre de garantie de l'Union des fabricants pour la répression de la contrefaçon.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 Le cyclone d'Asnieres

Le cyclone d'Asnières

18 juin 1897

Beaucoup de Parisiens ont maudit l'averse qui les surprenait hier soir à cinq heures. C'est cependant à cette pluie diluvienne que des centaines d'habitants de Colombes et d'Asnières doivent de ne point figurer sur la liste des victimes du cyclone qui s'abattit à la même heure sur la banlieue nord-ouest de Paris, y faisant sur deux cents mètres de large et dix kilomètres de longueur, une traînée de dévastation furieuse.

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Un drame montmartrois

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

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L'incendie de Maisons-Alfort

Un incendie considérable a éclaté, l'avant-dernière nuit, à Maisons-Alfort, détruisant une usine importante et faisant de nombreuses victimes. L'usine est une distillerie appartenant à M. L. Plasse, fabricant d'absinthe et d'amers, rue de Créteil, en face du pont de Charenton, derrière l'école vétérinaire.

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 TOUJOURS LUI - Echo de Paris 20/12/97

TOUJOURS LUI

On ne peut s'en lasser, car depuis quinze années

Petit Noël toujours vient par les cheminées

Offrir à ceux qu'il aime, en céleste cadeau

Les ravissants écrins des Savons du Congo.

L. Dauriac au parfumeur V. Vaissier

Nouvelles à la main

 Interview d'un mendiant syndiqué.

Interview d'un mendiant syndiqué.
— Maintenant que vous avez un syndicat, qu'allez-vous faire?
— Parbleu, un de ces jours, nous nous mettrons en grève, nous cesserons de mendier.
— Et alors ?...
— Alors, nous travaillerons.

Ces jours derniers

Ces jours derniers, chez un célèbre portraitiste, la sonnerie du téléphone se mit à marcher désespérément. Le maître étant absent, c'est sa femme qui prend l'appareil :
— Allô ! Allo !
Une voix gémit :
— C'est toi, mon ami. Viens vite si tu ne veux pas que je me tue.
Alors, Mme X. de très bonne grâce :
— Ne faites pas cela, malheureuse ! Je vais vous envoyer mon mari.

 Après la consultation

Après la consultation.

— Docteur, mon pauvre oncle est bien mal, n'est-ce pas ?. Il ne s'en relèvera plus ?

Le docteur, certain de répondre aux espérances secrètes de son interlocuteur :

— Il y a des chances !

 Au tribunal correctionnel

Au tribunal correctionnel.

Un mastroquet des boulevards extérieurs est sur la sellette. Le président expose la prévention

Il résulte de nombreux témoignages et des analyses faites par le Laboratoire municipal que, depuis quelque temps, vous ne servez à vos clients que du vin mouillé.

— Mouillé de larmes ! Monsieur le président; je suis veuf depuis un mois.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 La peine de mort - Le gaulois - 4 janvier 1897

La peine de mort.

L'électrocution, n'ayant pas remplacé la potence avec assez d'avantages, une commission a été nommée outre-mer pour rechercher un procédé plus « humain» et plus pratique à la fois. Cette commission, après un an de travaux, vient de se prononcer en faveur de l'asphyxie par le gaz d'éclairage. Un de ses membres déclare que c'est par le gaz seul que l'on peut obtenir les résultats demandés en vain à l'électricité. Certes, la mort ne sera pas instantanée, mais on pourrait exécuter doucettement les assassins dans leur sommeil, sans douleur, sans qu'ils s'en doutent. Nous verrons si ce système « humain» pour les criminels, sera adopté.

Le gaulois - 4 janvier 1897

 Vins artificiels - 1897

Au Sénat

Toujours les vins artificiels.

M. Monis leur reproche de porter une atteinte irréparable à la moralité commerciale, et vous ne devineriez jamais pourquoi? Ceux qui lés fabriquent ne les vendent pas assez cher
Avec M. Turrel, les défenseurs des raisins secs passent un mauvais quart d'heure, et il garde ce coup pour le dernier « C'est la première fois qu'une loi agricole est appuyée par les Bouches-du-Rhône. » Cet argument serait sans réplique si l'on ne pouvait opposer à l'avis favorable de la Chambre d'agriculture provençale l'avis nettement hostile de son voisin le Conseil général.
M. Girault constate qu'il n'a pas entendu (ce qui n'a rien de surprenant) un seul orateur proclamer l'excellence de la loi. Mais, n'étant pas aveugle, il a pu la lire et constater ainsi qu'elle prête à l'arbitraire. D'ailleurs, les vins de raisins secs ne sont pas nuisibles à la santé publique, et il en donne une preuve « J'en bois » Malheureusement, il atténue aussitôt l'effet produit par cet argument « Il est vrai, ajoute-t-il, que je les additionne d'un petit vin de Roussillon. Il termine par cette constatation rassurante « Les viticulteurs qui ont entrepris cette croisade sont précisément ceux qui « améliorent » leurs vins avec de l'acide sulfurique. »
Et M. Fresneau conclut mélancoliquement « Pourquoi interdire les vins artificiels, alors que nous vivons en un temps où tout est artificiel? » Là-dessus, on clôt la discussion générale, et la bataille recommence immédiatement sur l'article premier qui est renvoyé à la Commission.
Cela promet !

Le Figaro - 17 février 1897

 Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Il y a quelques jours, un des médecins-chefs de service à l'hôpital de Clerkenwell, à Londres, remarqua, durant sa visite, qu'une des infirmières avait les doigts de la main droite tachés de nicotine, de ces taches particulières aux fumeurs de cigarettes.

Interrogée, la jeune fille répondit qu'en effet elle fumait, mais que c'était seulement en dehors de ses heures de présence dans la salle et dans sa chambre.

Le médecin observa les mains des autres infirmières et put s'assurer que la plupart fumaient la cigarette.

Il signala le fait au Conseil d'administration qui ordonna aux infirmières de renoncer immédiatement au tabac. Toutes répondirent par un refus.

L'enquête faite par le Conseil avait permis de constater qu'aucune des « nurses » ne fumait ailleurs que dans sa chambre.

En vain, les médecins objectèrent-ils que les traces de nicotine laissées sur les doigts des fumeuses pouvaient présenter des inconvénients et offrir des dangers au point de vue de la préparation des médicaments ou simplement du contact. Les infirmières protestèrent qu'aucun de ces inconvénients n'était à redouter chez des femmes obligées, par profession, à se laver les mains, vingt ou trente fois par jour, dans de l'eau phéniquée.

Menacées de révocation, si elles persistaient à fumer, les « nurses » de Clerkenwell ont donné leur démission. Et, dans les autres hôpitaux de Londres, ces demoiselles, parmi lesquelles il est aussi beaucoup de fumeuses, ont organisé la résistance.

C'est la révolution qui s'annonce... Les droits de... la femme, en attendant la Terreur.

Les annales politiques et littéraires

14 novembre 1897

 Gigotmanie - 1897

Gigotmanie

M. le docteur Cabanès, directeur de la Chronique médicale, poursuit ses recherches sur les infirmités humaines des personnages historiques.

Sa dernière trouvaille concerne Malebranche, le philosophe, qui était fou, archi-fou, _ étant atteint de « gigotmanie », c'est-à-dire qu'il se figurait avoir constamment un gigot de mouton pendu au bout du nez.

Un de ses amis, homme d'esprit, entreprit de le guérir de la manière suivante :

Étant allé voir Malebranche, il s'informa tout de suite de son gigot. Le philosophe, habitué aux railleries et ravi de trouver enfin quelqu'un de compatissant à son mal imaginaire, embrassa avec effusion l'arrivant.

Mais celui-ci se recula en poussant un cri de douleur.

— Je vous ai fait mal ?

— Eh ! certes, votre gigot m'a blessé à l'oeil. Je ne comprends pas que vous n'ayez pas cherché plus tôt à vous débarrasser d'un pareil appendice. N'avez-vous donc pas un rasoir ici ? C'est une opération sans danger.

— Ah ! mon ami ! Je vous devrai le repos de ma vie!...

— Ne bougeons plus !... Tenez ! Voilà qui est fait.

Et l'ami, ayant légèrement entaillé du rasoir le bout du nez de Malebranche, sortait de dessous son manteau un superbe gigot.

— Mais, s'écria soudain le philosophe, il est cuit, ce gigot..

— Je le crois bien, depuis une heure que vous êtes auprès du feu...

APL 19 décembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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