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SIXIEME ANNÉE N°3867

 

175ème jour de l'année

   


Mercredi
24
Juin 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

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En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA TÉLÉGRAPHIE SANS FILS

LA TÉLÉGRAPHIE SANS FILS

Supposez qu'au siècle dernier quelqu'un fût venu dire, non pas même au premier venu de nos pères, mais à d'Alembert, à Diderot, ou à tel autre de ces encyclopédistes dont le prodigieux cerveau portait en germe la prescience divinatoire de toutes les possibilités futures, qu'un jour viendrait où rien qu'avec une mince tige de métal tendue sur des poteaux, on pourrait correspondre instantanément de ville à ville et échanger à distance, en quelques minutes, avec précision et sûreté, des nouvelles ou des ordres il y a tout lieu de croire que cet utopiste eût été pris pour un mystificateur ou pour un fou.

Cependant, la prédiction s'est réalisée, l'utopie est devenue un service public, et nous trouvons tout simple aujourd'hui que non seulement les signaux télégraphiques, mais la voix téléphonée, c'est-à-dire la parole elle-même, avec ses nuances, ses inflexions, son timbre, tout ce qui lui donne la personnalité, circulent couramment sur fils à travers le monde.

Ce miracle, qui laisse si bas au-dessous de lui les plus audacieuses conceptions des thaumaturges et des magiciens, est si bien entré dans nos mœurs, que nous en usons, avec la sérénité de l'habitude, comme d'une chose due, comme d'un rouage normal et nécessaire de notre civilisation compliquée (laquelle, du reste, ne saurait plus s'en passer), et que, blasés sur son invraisemblance, nous cherchons sans cesse à lui trouver des perfectionnements plus invraisemblables encore.

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Si scabreux, cependant, qu'il soit d'expliquer la façon dont ce je ne sais quoi d'indivisible et d'impondérable qui est l'électricité peut être véhiculé, avec la rapidité de l'éclair, sans se perdre ni s'égarer en route, le long d'un brin de fer, de cuivre ou de bronze, ce fil constituait encore, tout de même, un lien matériel où raccrocher notre compréhension désorientée comme qui dirait le point d'appui dont Archimède prétendait avoir besoin pour soulever l'univers.

Mais voici qu'à présent un jeune ingénieur de vingt-deux ans, ce Marconi dont le nom est sur toutes les lèvres, se fait fort de transmettre électriquement n'importe quel message sans avoir recours au vague et fragile intermédiaire de ce fil ténu qui semblait jusqu'ici l'itinéraire obligé de tous les télégrammes. Et les retentissantes expériences instituées en Italie, en Angleterre, en Allemagne, en Amérique, sont là pour attester que Marconi n'a pas chanté plus haut que la lyre. C'est bel et bien à travers l'espace vide et nu, sans guide ni relai d'aucune sorte, comme qui dirait par un sortilège télépathique, ou plutôt par l'opération du Saint-Esprit, que les points et les traits de l'alphabet Morse se peuvent désormais propager de l'appareil transmetteur à l'appareil récepteur, en dépit des obstacles interposés, éveillant ainsi la pensée à distance, en vertu d'une suggestion mystérieuse analogue à celle qui fait détoner — par sympathie — deux cartouches de dynamite.

Nous sommes, à ce qu'il semble, en pleine sorcellerie. Ce n'est, cependant, qu'une apparence, et, si inattendue, si extraordinaire qu'elle soit, la découverte de Marconi n'a rien de surnaturel. Ella est même pour peu qu'on la dégage de la gangue des complications secondaires qui en obnubilent le principe -relativement assez facile à expliquer.

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Au fond, ce nouveau système de télégraphie sans fils — infiniment supérieur aux tentatives plus ou moins ingénieuses de Bourbouze, de Blake, de Rathenau, de Somzée, de Preece — n'est qu'un avatar original de la télégraphie… optique. Il n'y a pas là-dedans l'ombre d'un paradoxe: c'est l'expression — indirecte, peut-être, et un peu cherchée, mais exacte — de la réalité.

Le rayon lumineux, qui est l'unique instrument de la télégraphie optique, n'a pas besoin, lui non plus, de fils conducteurs. C'est tout seul, de par l'énergie sui generis qui lui est propre, et conformément aux lois qui régissent la propagation des ondes vibratoires, qu'il franchit l'espace et s'en va frapper au loin l'œil du guetteur, dans des conditions particulières et suivant des règles préétablies dont on a tôt fait de déchiffrer le sens conventionnel. Pourquoi ne ferait-on pas aussi bien avec les radiations électriques ce qu'on fait ainsi couramment avec les radiations lumineuses ?

En réalité, il n'y a pas entre la lumière et l'électricité de différences fondamentales. Toutes les formes de l'énergie, d'ailleurs — ceci est aujourd'hui de notoriété classique — sont non seulement parentes et solidaires, mais convertibles et réciproquement transmuables. On peut les considérer comme des modalités diverses d'une seule et unique force toujours de l’éther qui vibre, en fin de compte, sous les espèces et apparences d'ondulations ne se distinguant guère entre elles que par le rythme, l'amplitude, la fréquence ou la rapidité, et susceptibles de se substituer, le cas échéant, les unes aux autres.

Indiscutable en ce qui concerne les relations mutuelles de la chaleur, de la lumière, du magnétisme, de l'électricité, de l'affinité chimique, sinon même de la force vitale, cette doctrine est encore plus vraie, si l'on peut dire, au point de vue spécial de la comparaison des ondes électriques et des ondes lumineuses, dont le célèbre physicien allemand Herz ne pas confondre avec Cornelius! a démontré naguère l'absolue identité, déjà pressentie par Maxwell et Faraday. Non seulement, les ondes électriques sont animées de la même vitesse — 186,400 milles (75,000 lieues) par seconde — que les ondes lumineuses, mais leur réflexion, leur réfraction, leur polarisation, leurs interférences, etc., relèvent des mêmes lois et se manifestent par d'identiques phénomènes. Tant et si bien qu'on peut, sinon les confondre, au moins les assimiler : c'est une seule fée en deux personnes.

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Dès lors, l'obscur problème s'élucide, et le paradoxe tourne au truisme. La télégraphie électrique sans fils ne diffère de la télégraphie optique vulgaire que parce que les rayons lumineux visibles y sont remplacés par des rayons électriques invisibles. C'est simple comme bonjour… en théorie. En pratique, par exemple, il n'en va pas tout à fait de même, et ce n'est pas un mince mérite d'avoir su rendre la découverte industrielle.

Le Figaro n'étant pas un journal illustré, il m'est impossible de décrire complètement ici les appareils délicats à l'aida desquels s'obtiennent ces résultats merveilleux. Je me bornerai donc à en donner un aperçu schématique, en quelque sorte, exempt à la fois des détails trop arides et des explications trop fastidieuses.

Tout d'abord, le transmetteur ce n'est qu'un radiateur de Herz. Imaginez deux grosses sphères de cuivre fixées diamétralement dans une boîte étanche pleine d'huile, chacune étant respectivement en regard d'une autre boule de cuivre plus petite, à la distance de quelques millimètres. Le tout est relié, d'une part à une batterie de piles, d'autre part à un manipulateur Morse, permettant d'ouvrir et de fermer tour à tour le circuit avec un simple mouvement de doigt. Lorsque le circuit est fermé, de fortes étincelles jaillissent entre les grosses et les petites sphères de cuivre, autour desquelles se forme, ipso facto, ce qu'on appelle un « champ électrique », c'est-à-dire une série d'ondes concentriques qui s'étalent à perte de vue, tout à fait de la même façon que les vagues et vaguelettes provoquées par la chute d'une pierre à la surface d'un lac. Ces ondes suivent la fortune de la source d'énergie qui les déchaîne, et dont elles subissent les variations périodiques. C'est-à-dire que, si les étincelles cessent de jaillir, il n'y aura plus de « champ électrique», et les ondes cesseront de se produire, pour reparaître aussitôt que, le circuit étant refermé, le radiateur va recommencer à manifester son influence.

On aura ainsi une succession d'intermittences faciles à métamorphoser, sous forme de traits ou de points, de longues ou de brèves, en signaux conventionnels, et tout à fait semblables aux éclats et aux éclipses du foyer lumineux de la télégraphie optique.

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Malheureusement, ces signaux ne sont pas, comme les signaux lumineux, perceptibles à l'œil et pas plus à l'œil armé d'une lunette qu’a l'œil nu. Il a fallu, pour les recueillir, créer artificiellement un nouveau sens, dont Marconi a dû emprunter l'organe au physicien français Branly.

C'est le récepteur — qu'on appelle aussi cohéreur on saura tout à l'heure pourquoi.

Il consiste essentiellement en un petit tube de verre où l'on a fait le vide, et qui renferme en son milieu, entre deux plaques métalliques, une pincée de poussière de nickel et d'argent, avec des traces de mercure. A l'état normal, cette poussière, dont les particules sont en désordre, peut être considérée comme isolante, c'est-à-dire qu'elle laisse malaisément passer un courant électrique. Qu'elle vienne, par contre, à être impressionnée par une de ces radiations électriques dont je viens de parler, immédiatement les molécules s'ordonnent, se pressent, .« cohérent », et, devenues du coup conductrices, se laissent traverser par un faible courant.

Dès lors, l'affaire est dans le sac. Le « cohéreur », en effet, est placé dans le circuit local d'une pile qui commande un relai télégraphique. Quand il est frappé par les ondulations intermittentes irradiées par les sphères de cuivre, le courant passe, le relai télégraphique est influencé et le signal recueilli. Et, comme en même temps un petit marteau heurte le tube de verre et « décohère » le métal pulvérulent, le récepteur dont la sensibilité est calculée de façon à s'harmoniser, à s'accorder, avec la puissance du radiateur est immédiatement paré pour recevoir une nouvelle onde électrique, partant un nouveau signal, et ainsi de suite…

Cela fait l'effet — pour en revenir à ma comparaison favorite avec la télégraphie optique —  d'un œil dont la lumière commanderait à distance, et juste à point, le clignotement opportun.

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Telle est l'essence intégrale du télégraphe sans fils de Marconi.

Cet appareil magique ne porte encore qu'à 15 kilomètres, mais il n'y a pas de raison raisonnable pour qu'on ne puisse pas espérer en allonger indéfiniment la portée. Et déjà l'Américain Nicholas Tesla — un autre « voyant » de géante envergure — parle d'essais réussis à 32 kilomètres. En tout cas, la télégraphie sans fils ne redoute ni la pluie, ni le vent, ni la neige, ni l'orage. Elle n'est arrêtée par aucun obstacle, les ondes électriques épousant au plus près, à ce qu'il paraît, les sinuosités du sol. Marconi va même jusqu'à affirmer qu'il peut faire passer ses impalpables dépêches à travers les portes les mieux closes ce qui, somme toute, après les rayons Roentgen, n'a plus rien d'inadmissible.

Tout arrive, en effet, au siècle où nous sommes, tout et même mieux encore !

Émile Gautier.
Le Figaro — 22 septembre 1897

L'actualité dramatique

 Le drame de la place des Vosges

Le drame de la place des Vosges.

C'est à un sentiment de jalousie rétrospective qu'a obéi M. François Béchet, ouvrier bijoutier, demeurant, rue Saint-Martin, en cherchant à attenter aux jours de M. Louis Portal, courtier en vins, domicilié, 19, place des Vosges.

M. Portal, qui est âgé de trente-cinq ans et est très connu Bercy, où sa profession l'appelle quotidiennement, est marié depuis deux ans environ et père d'un bébé de quelques mois. L'appartement qu'il occupe, place des Vosges, est des plus luxueux; il paie, d'ailleurs, un loyer annuel de six mille francs. Il parait qu'avant de convoler en justes noces, M. Portal aurait entretenu d'intimes relations avec une de ses petites cousines, mariée depuis à M. Béchet. Sa conduite à l'égard de la jeune femme aurait même été des plus incorrectes. Bref, hier matin, vers huit heures, on sonnait fébrilement à la porte de l'appartement de M. Louis Portai. Ce lut la bonne qui vint ouvrir à l'obstiné carillonneur. M. Portal, s'il vous plait, demande le matinal visiteur.

— Monsieur est encore couché, répondit la bonne, et il ne reçoit d'ailleurs personne avant neuf heures. Si vous voulez vous présenter à cette heure-là, monsieur vous recevra.

— Je suis très pressé et ne puis attendre. J'ai une très importante commande à faire et je suis persuadé que, si vous faites part à votre maître du but de ma visite, il me recevra aussitôt.

En même temps le visiteur sortit un portefeuille de sa poche et en tira une carte de visite portant le nom suivant: « François Béchet, ouvrier bijoutier. »

La bonne prit la carte qui lui était tendue et alla prévenir M. Portal. Quelques secondes après, elle revenait, priant M. Béchet d'attendre quelques instants. M. Portal passa à la hâte son pantalon et une jaquette et vint au-devant de son prétendu client.

— Je vous prie de m'excuser, lui dit-il, de vous avoir fait attendre; vous désireriez, m'a-t-on dit, faire, une commande de vins.

— Oui, déclara M. Béchet qui, regardant alors bien en face le négociant en vins, lui dit: « C'est bien à M. Portai lui-même que j'ai l'honneur de parler ? »

— A lui-même, répondit simplement le négociant.

Béchet s'arma alors de son revolver et fit feu à trois reprises sur le courtier en vins M. Portai fut atteint au bras gauche, le second projectile l'effleura au côté droit et la troisième balle ne fit que lui enlever un petit lambeau d'oreille.

M. Portai conserva son sang-froid il courut à sa chambre à coucher et prit son revolver pour riposter à l'agression dont il venait d'être victime. Quand il revint dans son antichambre, François Béchet avait disparu. Dans sa précipitation, celui-ci avait laissé chez le courtier en vins son chapeau et son revolver.

M. Carlier, commissaire de police du quartier de l'Arsenal, prévenu du drame qui venait de se dérouler, se rendit au n° 19 de la place des Vosges, et saisit l'arme et la coiffure du meurtrier.

En même temps- M. Carlier télégraphiait au service de Sûreté et des agents de M. Cochefert étaient aussitôt envoyés à la recherche de l'ouvrier bijoutier.

D'ailleurs, on n'eut pas la peine d'arrêter François Béchet; il vint lui-même se constituer prisonnier dans l'après-midi au service de Sûreté.

Il résulte de l'enquête à laquelle s'est livré M. Cochefert, que l'ouvrier bijoutier n'ignorait pas les relations ayant existé jadis entre M. Portai et sa femme. Celle-ci, au cours d'une scène de jalousie, aurait même avoué à son mari qu'elle aimait toujours le courtier en vins. D'où la colère de François Béchet.

Bref, les causes de ce drame sont tellement délicates, que nous n'y insisterons pas davantage.

Les blessures de M. Portal sont peu graves. Quant à l'ouvrier bijoutier, il a été gardé à la disposition de la justice.

Le Matin — 14 avril 1897

 Courageux militaire

Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

— Il doit y avoir quelqu'un chez vous, dit-il à la bonne, allez donc voir.

Celle-ci monta et se trouva en présence d'un cambrioleur très occupé à fouiller ses tiroirs.

— Au voleur au voleur cria-t-elle. Tais-toi ! ou je te tue menaça le malfaiteur qui, d'un coup de poing en plein visage, envoya rouler la pauvre fille dans un coin de la pièce.

Aux cris de sa servante, le capitaine accourut. Il ne put barrer le chemin au cambrioleur qui, le bousculant, descendit deux étages en courant. Mais, là, la retraite lui était barrée. Plusieurs locataires arrivaient. La fenêtre donnant du carré sur la cour était ouverte. Le bandit s'élança et, avec une agilité d'acrobate, il descendit jusqu'au premier étage, en s'aidant du tuyau de descente des eaux. Avant d'atteindre l'entresol, ses forces le trahirent et il tomba lourdement sur les dalles de la cour. Quand on arriva auprès de lui, il se plaignait de vives douleurs internes.

On l'a transporté à Lariboisière. Il a refusé de faire connaître son nom et son adresse.

Le Figaro — 29 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash juin

Dans l'actualité du ...

 13 janvier

Mercredi
13 janvier 1897

Hier soir, vers quatre heures, un camion lourdement chargé traversait les Champs- Élysées et tournait brusquement à « sa gauche » pour entrer dans la rue Marbeuf. Au même moment un fiacre, descendant à une vive allure l'avenue des Champs-Élysées, venait culbuter contre le camion Le cocher était projeté sur la chaussée, sans se faire grand mal, heureusement. Quant aux voyageurs, une dame et un enfant, on dut, pour les faire sortir du fiacre, les hisser par le vasistas de la portière.

Procès-verbal a été dressé contre le camionneur, et nous espérons qu'une bonne contravention le fera réfléchir sur la nécessité de prendre « sa droite ».


Les méfaits de l'acétylène.

Un épouvantable accident s'est produit, hier matin, dans une fabrique de tuyaux de plomb installée cité Prost.au numéro 28 de la rue Chanzy, dans le quartier Sainte-Marguerite. Cette usine était dirigée par M. Émile Huguet. Ce fabricant avait fait installer récemment, dans son atelier et son appartement une canalisation et des appareils spéciaux pour l'éclairage par le gaz acétylène. Il possédait même, dans un local approprié, un gazomètre où il accumulait lui-même le carbure de calcium nécessaire à la production du gaz qu'il devait utiliser dans, la journée.

Or, à huit heures un quart, une explosion, terrible retentissait; les ouvriers de la fabrique se précipitèrent vers le petit hangar où était installé le fameux gazomètre et trouvèrent leur patron étendu sur le plancher, horriblement défiguré et le crâne fracassée Il avait été tué sur le coup par l'explosion de l'appareil.

M. Huguet n'était âgé, que de trente ans; il laisse une veuve et trois jeunes enfants. Dans l'après-midi, M. Girard, directeur du Laboratoire municipal, s'est rendu cité Prost afin de rechercher les causes de cet affreux accident. On ne sait encore si l'explosion est due à un vice de construction du gazomètre ou à une imprudence de M. Huguet, qui aurait fait flamber une allumette dans le local où il manipulait le carbure de calcium destiné à produire le gaz servant à son éclairage.


A l'occasion du terme, on trouvera des milliers de mobiliers complets, prêts à être livrés et dans des conditions exceptionnelles de bon marché, aux Grands Magasins fayel. Demain jeudi, exposition, concert dans la salle des fêtes. Illumination générale de 5 à 6 heures. Séances du Cinématographe Lumière il sera offert à toute personne entrant au Cinématographe, à titre de souvenir, un flacon de Bénédictine de l'Abbaye de Fécamp et un étui de Suprêmes Pernot.


Le mouvement total par Calais-Douvres pendant l'année 1896, a été de 265,460 passagers, soit une augmentation de 14,136 sur 1895.


LES ANALYSES MÉDICALES sont des opérations très délicates et très difficiles qui exigent un outillage perfectionné et une grande science.
Elles sont exécutées d'une façon tout à fait irréprochable dans le LABORATOIRE MODÈLE de la PHARMACIE NORMALE, 19, rue Drouot, Paris, dirigé par un pharmacien chimiste distingué.


Les ministres, nous dit-on, sont enchantés de leur séjour sur le littoral méditerranéen. Les réceptions ont été aussi cordiales que chaleureuses et, après chaque repas, on avait coutume de prendre un verre de Lérina, liqueur véritablement monacale devenue très à la mode. On peut la demander aux moines de l'abbaye de Lérins, prés Cannes; au dépôt général, quai de la Pêcherie, 2, à Lyon, et au dépôt de Paris, 18, chaussée d'Antin.

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Flash juin

 23 juin à compléter

Mercredi
23 juin 1897

De Biarritz

« La grande saison, qui s'ouvre le 15 juillet pour finir le 15 octobre, s'annonce sous les meilleurs auspices. Les principales villas sont louées, et pour le reste les demandes affluent. La colonie étrangère, espagnole et russe notamment, promet d'être aussi brillante que nombreuse. Aussi le Comité des fêtes vient-il d'élaborer un programme des plus attrayants et de décider la création d'un orchestre spécial qui se fera entendre plusieurs fois par jour, aux heures du bain, sur les plages de cette merveilleuse station- »


Le préfet de la Seine a demandé à l'Académie de médecine une notice sur plusieurs médecins Villemin, Guérin, Peter, dont les noms seraient attribués à des rues de Paris. Nous lui signalerons celui du célèbre Jean Pidoux, qui, le premier, fit en France, à Pougues, l'application de la douche dont les nombreux fidèles de la source Saint-Léger font chaque année un usage salutaire dans cette coquette et riante station.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Une quantité énorme de fleuves se jettent dans la mer. Celle-ci ne déborde pas car la Providence évite cette catastrophe en y mettant des éponges.


309. Les archiducs Otto et Ferdinand d'Autriche, arrivés le 7 janvier 1897 à Nice, s'embarquaient à cinq heures du soir à bord du Bocognano, se rendant à Ajaccio où Leurs Altesses Impériales devaient rejoindre l'archiduc François-Ferdinand.
La maison de Vertus sœurs vient de créer un nouveau corset dont il est beaucoup parlé en ce moment.
En .délicieux satin .broché, semé de bouquets pompadour sur fond de guipure d'Alençon, il forme avec le jupon assorti un ensemble merveilleux indispensable à toute dame élégante soucieuse de la richesse de sa toilette.
12, rue Auber.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

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Un drame avenue d'Antin

Un drame du revolver, qui a profondément émotionné les habitants de l'avenue d'Antin, s'est déroulé hier matin, vers six heures et demie en face de la maison portant le numéro 30 de cette avenue.

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 La tranquillité des maris

LA TRANQUILLITÉ DES MARIS

Le Congo garantit la paix dans la famille;

Les pères, les maris n'auront plus de souci

S'ils donnent un savon à leur femme à leur fille,

Bien loin de se fâcher, elles diront "Merci !".

Mme Putchra au savonnier Victor. Vaissier

Nouvelles à la main

 A Belleville  Un pauvre diable

A Belleville
Un pauvre diable, taillé en hercule, se présente chez le directeur d'une troupe de saltimbanques et demande à être engagé en qualité d'athlète.
— Avez-sous déjà lutté ? demande le directeur.
— Oh longtemps.
— Où cela ?
— Partout.
— Avec qui ?
— Avec l'adversité.

Le jeune Octave

Le jeune Octave, contemplant une gravure représentant des martyrs dans le cirque, à son oncle le colonel
—Aujourd'hui, n'est-ce pas, il n'y a plus de pays où les chrétiens sont livrés aux bêtes ?
— Oh! non, mon enfant. Et pourtant, il m'est arrivé parfois de coucher dans de sacrés lits d'hôtel.

 Pas nouveau

Pas nouveau

X… — Il parait qu'on vient d'inventer des vêtements sans boutons.

Y… —  Oh ! ça n'est pas nouveau ! Moi, je n'en ai jamais eu aux miens depuis que ma femme fait de la bicyclette !...

 Un membre des des « Cent kilos » fait de vains efforts

Un membre des « Cent kilos » fait de vains efforts pour se caser à l'intérieur d'un omnibus : alors, une dame, prise de compassion en voyant son embarras :

— Je vois, monsieur, que vous n'avez pas de quoi vous asseoir.

— Mais si, madame, j'ai bien de quoi, mais je ne sais pas où le mettre.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 AÉRONAUTIQUE  LES PLUS HAUTES ASCENSIONS = PARVILLE 16

AÉRONAUTIQUE

LES PLUS HAUTES ASCENSIONS

Voici, d'après M. Müllenhoff, de Berlin, le relevé des grandes ascensions, avec les hauteurs atteintes d'après les mesures barométriques. M. Müllenhoff les divise en deux séries : ascensions à hauteurs certaines ; ascensions à hauteurs bien moins sûrement déterminées ou suspectes. Voici la première série :
Welsch, 10 novembre 1852 6.987 mètres
Gay-Lussac, 16 septembre 1804. 7.016 —
Barrai et Bixio, 26 juin 1850 7.039 —
Glaisher, 26 juin et 18 août 1862. 7.100 —
Sivel, Crocé-Spinelli, 22 mars 1875 7.300 —
Glaisher, 10 avril 1863 7.300 —
Glaisher, 17 juillet 1862 7.924 —
Gross et Besson, 11 mai 1894 7.950 —
Tissandier, Sivel et Spinelli, 15 avril 1875 8.600 —
Glaisher, 5 septembre 1862 8.838 —
Berson, 4 décembre 1894 9.150 —
Dans la seconde série, on trouve :
Green, 27 septembre 1836 7.430 mètres
M™ Blanchard, 26 avril 1809 7.600 —
Hobard, 9 octobre 1835 7 935 —
Garnerin, 3 octobre 1803 8.186 —
Green et Ruoch, 1838 8.268 —
Cosmachi, 1842 8.474 —
Andréoli, 22 avril 1808 10.000 —
Blanchard, 10 novembre 1785 10.400 —
Glaisher, 5 septembre 1862 11.000 —
 
L'ascension de Besson à 9,150 mètres paraît bien authentique. Cet aéronaute, en inspirant de l'oxygène, a pu combattre l'évanouissement, et son baromètre avait marqué 231 millimètres. Le thermomètre indiquait — 47° 9.

HENRI DE PARVILLE.

Les Annales Politiques et Littéraires – 5 décembre 1897

 Le Départ des Joyeux - 1897

Le Départ des Joyeux

Les différents détachements des jeunes soldats affectés aux compagnies de discipline des bataillons d'Afrique se sont embarqués hier, à 2 h. 20, à la gare de Lyon, au quai de Bercy.

Ces différents détachements comprenaient ensemble près de 700 hommes, 28 venant de Lille, 12 des prisons centrales, 355 du recrutement de Paris, et 285 des recrutements du Havre et de Rouen.

Le service d'ordre avait été organisé par MM. Bouvier, commissaire divisionnaire, et Maillard, commissaire spécial de la gare de Lyon. sous les ordres desquels étaient placés les 2è et 3è compagnies de réserve, quarante agents du douzième arrondissement et une vingtaine d'inspecteurs de la Sûreté.

En outre, trois compagnies détachées des 82è, 28è et 4è de ligne prêtaient main-forte aux agents de l'autorité.

Les soldats, baïonnette au canon, avaient été placés en double haie encadrant le train spécial destiné aux Joyeux. Ces derniers n'ont d'ailleurs opposé aucune résistance et se sont conduits d’une façon presque correcte.

Mais il n'en a pas été de même de leurs camarades : des sifflets et des huées ont accueilli les agents et soldats à leur arrivée boulevard Diderot. Une cinquantaine de ces gredins ont lapidé la troupe et la police à coups de pierre et n'ont cessé leur mitraillade, assez meurtrière, puisque plusieurs agents, soldats et recrues ont été atteints, que devant l'énergique attitude d'un officier de paix, qui menaça de faire charger.

A deux heures vingt-deux exactement, le train s'ébranlait, emportant vers Marseille les sept cents recrues accompagnées des cadres suivants :

Un capitaine du 82è de ligne, trois lieutenants, deux sous-lieutenants, six adjudants, dix-sept sergents et trente-quatre caporaux et soldats en armes. Un caporal ou un soldat de première classe était chargé d'assurer la police de chaque compartiment.

Le train comportait quatorze voitures : treize de troisième classe et une voiture mixte à l'usage des officiers, sous-officiers et adjudants.

Des cris injurieux ont été poussés par les recrues, au moment où le train s'ébranlait; ils s'adressaient plus particulièrement aux officiers de paix et aux agents, lesquels d'ailleurs s'en souciaient assez peu.

Une douzaine d'arrestations ont été opérée la plupart des individus arrêtés seront poursuivis pour insultes et outrages aux agents de la force publique, les autres pour coups et blessures volontaires.

Le Petit Parisien – 2 décembre 1897

 LES ABONNES SECRETS DU TÉLÉPHONE - 1897

LES ABONNES SECRETS
DU TÉLÉPHONE

Du Figaro
On aurait tort de croire que tous les abonnés sont inscrits à l'Annuaire des téléphones plusieurs demandent, au contraire, à ne pas figurer sur les listes. Ils sont une centaine environ qui peuvent communiquer, mais avec lesquels, il est impossible de parler par téléphone si l'on n'est pas appelé par eux, car leur numéro est gardé secret par l'administration.
Ces gens-là ont la sainte terreur des raseurs à domicile qui, éconduits par les domestiqués, trouvent moyen d'exercer leur cruauté par le fil et la sonnerie téléphoniques.

Le Matin – 13 septembre 1897

 LE BILAN DE LA MORGUE POUR 1896

LE BILAN DE LA MORGUE
POUR 1896

La statistique de la Morgue n'est peut-être pas un document d'une excessive gaieté. Il a cependant ceci de consolant que pendant l'année 1896 le funèbre monument n'a reçu que 846 corps, alors qu'en 1895 il en avait reçu 890. C'est une différence de 44 en moins. Ajoutons que c'est, depuis vingt-six ans, le chiffre le moins élevé.
Ces 846 corps, dont 541 appartiennent au sexe masculin et 305 au sexe féminin, ont donné lieu à 711 reconnaissances, soit par les parents ou les amis des décédés, soit par le fait d'une visite d'un curieux quelconque à la Morgue.
Le corps qui a clos l'inventaire de l'année est celui d'un nommé Bizot, repêché à Pantin, dans le canal, le 31 décembre 1.896, à, sept heures du soir.
Comme toujours, c'est pendant la saison chaude que la Morgue reçoit le plus de corps alors qu'en juillet on y amenait 109 cadavres, en décembre il n'y en avait que 39. Quant aux genres de décès, la submersion continue à tenir la tète sur 816 corps, 213 proviennent de repêchages.
Les dépenses de la Morgue pour 1896 ont été de 89,524 francs. Mais dans ce chiffre est compris le service du Laboratoire de toxicologie.
Et, revenant à ce que nous disions en commençant, si pour la généralité du public la Morgue comporte une idée sinistre, il faut ajouter cependant que c'est pour beaucoup de gens une attraction et un lieu de promenade favori. Enfin, bien mieux encore, l'ancien greffier en chef, l'aimable M. Clovis Pierre, qui, pendant plusieurs années, a dirigé l'établissement, n'a-t-il pas chanté en un volume de vers humoristiques les Gaités de la Morgue ?

Le Figaro – 12 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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