Menu haut

SIXIEME ANNÉE N°2742

 

146ème jour de l'année

   


Vendredi
26
Mai 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 A L'HÔPITAL BOUCICAUT

Une répétition générale


A L'HÔPITAL BOUCICAUT

J'ai assisté ces jours-ci à l'arrivée des premiers malades de l'hôpital Boucicaut. Ainsi que nous l'avons dit, cet hôpital sera inauguré demain par le Président de la République.

C'est donc à une répétition générale qu'il nous a été permis d'assister. Profitons-en pour commettre, avant la première, quelques indiscrétions sur l'organisation de cet établissement luxueux, pour la construction duquel architectes et médecins ont pu, grâce à la libéralité de la généreuse donatrice, donner libre cours à leurs désirs de perfectionnements et de modernisme.

 

Le très aimable directeur nous détaille les merveilles réalisées dans l'hôpital :

— Jusqu'à présent, nous dit-Il, l’antisepsie avait été appliquée à la chirurgie seulement nous voulons l'appliquer aussi à la médecine, et c'est là une des principales nouveautés de notre établissement.

Dès l'arrivée dans la cour, ou plutôt le jardin central, je suis saisi par le luxe inaccoutumé des bâtiments. On se croirait plutôt dans une exposition que dans un hôpital.

Ces bâtiments en briquets colorées, avec leurs immenses verrières; ces baies, derrière lesquelles apparaissent des plantes vertes ces jardins sablés, la tonalité tendre de toutes les peintures; tout cela vous a un aspect élégant, nouveau style, gracieux, qui charme, séduit, égaye le visiteur, comme le malade.

Un pavillon central en rotonde est réservé spécialement aux malades du Bon Marché qui veulent y passer leurs récréations. C'est un salon-fumoir qui ne déparerait pas l'hôtel le plus luxueux; seize malades seulement auront le droit d'y entrer.

 

Ceci a été une petite folie, nous dit-on, mais il y avait tant d'argent Nous voici maintenant dans la salle d'admission une dizaine de malades attendent leur tour. Ce sont des ouvriers, des gens du peuple qui jettent autour d'eux des regards émerveillés.

 

Ils n'osent pas marcher sur ces carreaux si blancs, s'assoir sur ces banquettes rembourrées, et le contraste de tout ce luxe avec leur aspect misérable est curieux.

 

Le médecin nous dit :

— Tout malade doit entrer propre dans une salle propre ; aussi allons-nous procéder à la désinfection de ceux-ci.

» A cet effet, on étudie leurs feuilles d'entrée et, suivant leur maladie, si leur état le permet, on les fait passera la salle de bain. Leurs vêtements sont jetés dans des trémies qui les amènent aux sous-sols, où sont les étuves. A sa sortie du bain, le malade est habillé avec un uniforme spécial; il reçoit une brosse à dents, des serviettes, un savon, une lime à ongles, objets dont on lui imposera journellement l'usage, car, nous dit-on, l'hôpital doit être en même temps une école d'hygiène. »

Suivons ensuite le malade dans les salles. Ce sont des pièces voûtées, très grandes pour le nombre restreint de lits qu'elles contiennent, aussi le cubage de l'air y est-il particulièrement satisfaisant. Chaque malade dispose au moins de 80 à 90 mètres cubes d'air, tandis que dans la plupart des hôpitaux actuels on n'a pu en fournir que 45 à 50 par tête.

Les fenêtres tiennent toute la hauteur des pièces ; le sol est en faïence, les murs laqués pas de parquets, pas de recoins, aucun endroit obscur.

Je remarque partout sur les murs des pancartes portant l'inscription suivante, qui semble être la devise de la maison : Ni balais ni plumeaux. Tous les nettoyages doivent être faits à grande eau, les murailles sont essuyées avec des linges humides, pour éviter la danse des microbes. Dans le fond de chaque salle est installée une espèce de serre à vitraux colorés dans laquelle s'épanouissent des fleurs, des plantes vertes, donnant ainsi aux malades une illusion de campagne et de fraîcheur.

A la tête de chaque lit, une lampe électrique, une table de nuit à étagères de porcelaine et un crachoir auto-désinfectant.

La surveillante a une chambre à part, séparée de celle des malades par une immense glace sans tain, qui lui permet de voir continuellement dans la salle. Cette chambre est meublée avec une baignoire, un bureau et un fauteuil. Le téléphone est installé dans chaque appartement de surveillante.

En passant, je cause avec un malade qu'on vient de coucher. C'est un menuisier de Grenelle ; il me dit avec un soupir de bien-être :

— Alors, c'est ça, un hôpital ?. Et moi qui ne voulais pas y venir

Parlons un peu, maintenant, des infirmières qui sont, elles aussi, règlementées suivant les nouveaux principes.

Mme Boucicaut a stipulé que les surveillantes devaient être des religieuses, et cette prétention a failli, paraît-il, faire refuser le legs. Il y a en tout, dans l'établissement, huit Sœurs qui, certes, auront de quoi s'occuper ; elles sont secondées par dix-sept infirmiers et onze infirmières. La « maternité » est entièrement laïque.

Chaque infirmière, religieuse ou civile, doit subir, à son entrée, un examen médical elles sont, de plus, astreintes à des précautions très minutieuses.

Ainsi, elles ne peuvent pénétrer dans les salles qu'après s'être lavé les mains et avoir endossé des blouses ou des tabliers, dits vêtements hygiéniques. De plus, elles doivent prendra chaque semaine un certain nombre de bains, contrôlés sur des carnets spéciaux.

De là l'utilité de la baignoire installée dans chaque chambre.

Si nous passons maintenant aux dépendances, nous verrons que tout a été prévu les remises, les garages de bicyclettes, les réservoirs contenant l'eau chirurgicale stérilisée, et même le transport des cadavres.

Le pavillon des internes fait la joie de ces messieurs, peu habitués jusqu'à maintenant à un semblable luxe. Ils ont, en effet, des appartements de petites maîtresses, avec rideaux « liberty », bureaux et toilettes genre anglais, aussi commodes qu'élégants.

Je n'entreprendrai pas de vous décrire les sous-sols, par lesquels se fait toute la circulation ils sont aussi somptueux que le reste. Des voiturettes à roues caoutchoutées transportent aux réfectoires les aliments contenus dans des récipients hermétiquement clos. Pour donner une idée des largesses qui ont été faites dans l'installation de cette merveille d'hôpital, je signalerai la construction de huit ascenseurs destinés uniquement à desservir en tout quatorze lits, et montant à un premier étage seulement.

Par contre, on a oublié le service hydrothérapique et la crèche indispensable à tout hôpital mais il est à prévoir que ces lacunes seront rapidement comblées, car il est impossible qu'on ne complète pas de manière à le rendre parfait ce luxueux établissement, destiné à être visité par les médecins étrangers comme étant le modèle définitif de l'hôpital moderne.

Au moment de sortir, je remarque, devant la porte de la rue, un rassemblement d'ouvriers et de pauvres diables qui jettent à travers la grille entr'ouverte des regards curieux et envieux. Un malheureux, âgé, figure flétrie et fatiguée, s'écrie :

— Dire que j'aurai pas la veine de venir claquer dans cette boîte-là !

Jules Chancel
Le Figaro – 30 novembre 1897

L'actualité dramatique

 Un drame de la jalousie

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse, fit à celle-ci des remontrances qui furent assez mal accueillies.

— C'est bien, dit-il à Eugénie, je vais te surveiller et si je te trouve en défaut je te tuerai.

Il acquit sans nul doute la preuve de la trahison de sa compagne, car avant-hier, en rentrant vers minuit, il lui reprocha en termes violents sa conduite. Comme la malheureuse ne se défendait que par des injures, Moynet, exaspéré, s'arma d'un couteau qui se trouvait sur la table et en frappa sa maîtresse à coups redoublés. En voyant le sang couler des multiples blessures qu'il venait de faire à sa victime, il prit la fuite en criant dans l'escalier

— Je l'ai tuée je l'ai tuée

Des voisins se portèrent aussitôt au secours de la pauvre femme, mais tous les soins demeurèrent sans effet, elle rendit bientôt le dernier soupir.

On envoya chercher M. Duponnois, commissaire de police, qui, tout en procédant aux premières constatations, s'empressa d'aviser le service de la Sûreté de la fuite de Moynet. Des agents se mirent de suite à sa recherche. Ils ne l'ont trouvé qu'hier matin dans un débit de vins du voisinage. Le corps de la femme Bossin a été transporté à la Morgue pour que l'autopsie en soit faite par un médecin légiste.

Le Figaro - 24 août 1897

 Lasse des mauvais traitements qu --- P13

Lasse des mauvais traitements que lui infligeait son mari, Henri Gros, tonnelier, rue de Tolbiac, Mme Gros avait, il y a une dizaine de jours, quitté le domicile conjugal pour se réfugier chez des amis, en banlieue. Gros alla faire une déclaration à M. Rocher, commissaire de police, qui manda Mme Gros et réussit à amener une réconciliation.

Mais la paix ne devait pas durer longtemps. Hier soir, vers sept heures, à la suite d'une nouvelle scène, Mme Gros se jetait par la fenêtre de son logement, situé au troisième étage, et se brisait les deux cuisses. Elle a été portée à l'hôpital de la Pitié.

Le Figaro - 22 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 24 mars

Mercredi
24 mars 1897

Le président du Sénat et Mme Loubet donneront, lundi prochain 29 mars, au Petit-Luxembourg, un bal pour lequel des invitations personnelles ont été envoyées.


Grand déjeuner d'adieu offert hier au restaurant Noël-Peter's, du passage des Princes, à un des plus distingués attachés du Protocole promu à Vienne. Comme témoignage de sympathie, toutes les directions étaient représentées à ce banquet, parfait et réussi de tous points. Au dessert, le nouveau ministre a porté un toast chaleureux à ses chefs et à la réussite de ses amis, dans leur délicate et difficile carrière.


M. Eugène Mir, sénateur de l'Aude, administrateur du Crédit foncier, vient de donner sa démission de président et de membre du conseil d'administration de la Compagnie des chemins de fer départementaux.


Les organisateurs de la vachalcade de Montmartre se sont réunis, hier, pour causer des premières dispositions relatives à la fête qu'ils nous préparent pour la fin de mai.

MM. Willette, et Pelez ont repris la tête du mouvement, et la meilleure entente règne, de nouveau, entre tous les membres du comité.

On commencera à parler groupes et chars dans la séance de mardi prochain.


Un scandale.

Une femme Isabelle Trouvet, âgée de quarante-cinq ans, plumassière, ayant demeuré, 9, rue Godefroy-Cavaignac, s'évanouissait, hier, vers quatre heures de l'après-midi, sur la place Voltaire. Son enfant, âgé de cinq ans, s'agenouillait en pleurant à ses côtés. Les gardiens de la paix la transportèrent au poste et téléphonèrent aux ambulances urbaines à diverses reprises. A cinq heures, ne voyant rien venir, ils conduisirent la malheureuse, revenue à elle, chez M. Leygonie, commissaire de police, qui la fit admettre d'urgence à l'hôpital Saint-Antoine.

Les habitants du quartier témoins du fait sont décidés à adresser une protestation à la direction de l'Assistance publique.


Un drame de la misère.

Mme veuve Huguener, ménagère, âgée de trente-cinq ans, mère de deux enfants, demeurant 32, rue de la Tourtille, se trouvant depuis trois mois sans ouvrage, se calfeutrait, hier après-midi, dans sa chambre, allumait un réchaud de charbon, puis se couchait dans son lit, tenant ses deux enfants dans ses bras.

L'odeur de l'oxyde de carbone donna l'éveil aux voisins, qui enfoncèrent la porte et trouvèrent la malheureuse et ses deux bébés râlant.

M. Girard, commissaire de police, prévenu, fit donner des soins aux victimes, qui ont été transportées à l'hôpital Tenon. Mme veuve Huguener a avoué qu'avant d'allumer le réchaud, elle avait pris de l'absinthe et avait fait absorber à ses enfants une décoction de pavots.


Gentlemen ! hâtez-vous si vous voulez profiter du premier choix des rares et nouvelles étoffes pour costumes 69,50 fr. On se les dispute, dans les somptueux magasins du High Life Tailor, 112, rue Richelieu, Coin du boulevard.


Les arbres bourgeonnent, les hirondelles vont arriver; voici donc le printemps; c'est le moment de surveiller son estomac et de réparer les désordres occasionnés par les réceptions et les diners de l'hiver, en buvant à tous ses repas de l'eau de Saint Galmier, la plus digestive des eaux de table.


L'Argus de la Presse fournit aux artistes, littérateurs, savants, hommes politiques, tout ce qui parait sur leur compte dans les journaux et revues du monde entier.

Il est le collaborateur indiqué de tous ceux qui préparent un ouvrage, étudient une question, ou s'occupent de statistique.

sans titre 1
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est infiniment plus malin que celui qui se désespère avec la réalité.


285. Le 29 avril 1897, le président Félix Faure a reçu le grand-duc Nicolas oncle du Tsar Nicolas II.
Le café de la Paix vient d'inaugurer les nouveaux soupers-concerts que le Tout-Paris réclamait depuis longtemps. Une musique exquise, des menus excellents et variés, une cave irréprochable et des prix modestes, tel est le problème que M. Ledoyen, le nouveau propriétaire du café de la Paix, a résolu pour la plus grande satisfaction du public élégant.
 L’invasion des femmes

L’invasion des femmes

Nous avons eu, il y a quinze siècles, l'invasion des Barbares nous avons aujourd'hui l'invasion des femmes, avec des Attilas en corset et des Alarics en jupons.

Lire la suite

 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

Lire

L'art de se meubler gratuitement

Deux corrects gentlemen se présentaient, il y a quelques jours, chez un marchand de meubles de la rue de Charenton, M. Hermann et exprimaient le désir de faire l'acquisition de deux mobiliers de chambre à coucher.

Lire la suite ...

Un scandale au Sacré-Coeur

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

Lire la suite ...
 JUGEMENT RÉFORMÉ

JUGEMENT RÉFORMÉ

La femme fut toujours une fleur admirable,

Cent poètes l'ont dit, d'Homère à notre Hugo ;

Mais il faut ajouter qu'elle est plus adorable,

Plus belle que jamais par l'emploi du Congo.

J. Galantin au savonnier Vaissier

Nouvelles à la main

 Un pauvre maître avoué apprend c

Un pauvre maître avoué apprend ce matin qu'il est magistralement trompé et voulant confier sa douleur à un ami, n'a trouvé que cela à lui dire.

« C'est à moi qu'à chu la longue corne. »

A propos de Choulalongkorn, roi de Siam en visite à Paris en septembre 1897

 Un bohème qui a connu des jours

Un bohème qui a connu des jours de splendeur s'arrête devant un marchand de coco et invite l'ami qui l'accompagne à se rafraîchir.

Ils boivent. Alors le bohème, d'un ton plein de superbe :

— Maintenant, l'addition !...

La comtesse de X a invité Boireau

La comtesse de X a invité Boireau à dîner, pour fêter la Saint-Sylvestre, «avec quelques amis ».
Et Boireau, qui ne dédaigne pas un bon dîner, s'est présenté chez la comtesse avec une demi-douzaine de bohèmes de « ses » amis.

 Jugement sévère porté par Chalumeau sur un jeune homme

Jugement sévère porté par Chalumeau sur un jeune homme de sa connaissance:
— Ce garçon-là est la dissimulation en personne. Il a si bien l'art de feindre que jamais on ne s'aperçoit qu'il manque absolument de savoir-vivre !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Conquêtes féminines. -- Le Gaulois — 17 nov. 1897

Conquêtes féminines.

En France, nous n'avons encore, et c'est presque à titre de phénomènes, que quelques femmes docteurs et une femme... presque avocate. Mais outre-mer ?

Là-bas, si l'on veut, n'importe où, appliquer la vieille formule « Cherchez la femme », on est sûr de la trouver et...

Les femmes ont conquis, aux États-Unis, à la force de leurs petits poignets, toutes les situations, même les fonctions d'État.

Citons seulement, pour nous faire réfléchir préventivement, quelques exemples, dûment établis :

 

A Oklahoma-City, une jeune aile, miss Ada Curnutt, est chef de la police !. Elle a la direction du service des recherches. Miss Rachel Franck, diplômée da collège hébreu de Cincinnati, a obtenu un poste de rabbin. On compte d'ailleurs déjà une dizaine de femmes-pasteurs en Amérique.

Miss Ansan King est une gérante d'immeubles très connue à New-York. Sa sœur dirige une grande entreprise de camionnage.

Dans la magistrature de l'État du Montana, miss Ella Knowies possède le grade élevé d’attorney general !

A Kansas-City, la brigade des pompiers a pour capitaine une femme. C'est encore une femme qui est chef des services de la voirie à Buffalo. Une autre exploite le chemin de fer urbain de New-Hampshire. Quant à l'industrie et au commerce, il y a des milliers de femmes à la tête des maisons.

 

Les hommes ne sont pas encore bonnes d'enfants et blanchisseuses, mais cela ne tardera pas.

Le Gaulois — 17 nov. 1897

 Le record de la bâtisse Fig 4 janv 97

Le record de la bâtisse.

A peine percée, la rue Réaumur est livrée aux maçons, et voici qu'à l'angle de la nouvelle voie et de la rue Saint-Denis se dresse aujourd'hui un hangar gigantesque dont le faite dépasse de plusieurs mètres tous les immeubles du quartier. Une foule de curieux stationnait hier devant la monumentale charpente qui ne mesure pas moins de 31 mètres de hauteur, 61 mètres de façade et 20 mètres de profondeur. On y pourrait loger une cathédrale et c'est tout simplement, nous a dit l'un des contremaitres des chantiers, pour permettre aux ouvriers de construire vite et à l'abri un vaste immeuble à six étages qu'on vient d'élever ce «parapluie» aux immenses baies vitrées, qui enveloppera en même temps matériaux, véhicules,. machines et travailleurs. A l'intérieur circule sur rails un échafaudage roulant de 22 mètres, monté sur un pont à-5 mètres au-dessus du sous-sol, d'où sortent déjà les fondations. Il faut que l'immeuble à six étages soit habitable dans trois mois environ, et, pour réaliser ce: tour de force, jour. Et nuit, éclairés par trente lampes à arc et plusieurs centaines d'ampoules électriques, deux cents maçons et huit cents à mille charpentiers, menuisiers, serruriers, couvreurs, vitriers, etc., l'effectif de plusieurs régiments sur le pied de paix, hâtent l'achèvement de leur travail babylonien.

Le Figaro - 4 janvier 1897

 Listes électorales - Deibler - 1897

Listes électorales

Relevé sur les listes électorales du seizième arrondissement closes ces jours derniers, les deux noms qui suivent

DEIBLER, Louis, né à Dijon le 16 février 1825, rentier, rue de Billancourt.

DEIBLER, Anatole-Joseph-François, né à Rennes le 29 novembre 1863, employé d'administration, rue de Billancourt.

Ces deux électeurs, est-il besoin de le dire, ne sont autres que l'exécuteur des hautes œuvres et son fils, qui remplit auprès de lui les fonctions de premier aide adjoint. Jadis, M. Deibler mettait sur ses cartes de visite le titre d'ingénieur-mécanicien il s'intitule maintenant, non sans vanité, rentier, comme pour proclamer que le métier a du bon Quoi qu'il en soit, le bourreau est fort jaloux de ses droits électoraux et ne manque jamais, chaque année, de s'assurer que son nom figure bien sur les listes de son arrondissement. Non moins régulièrement, à chaque élection, il va déposer son bulletin dans l'urne. Ce n'est pas un abstentionniste.

Son rejeton, Anatole Deibler, est le seul fils de bourreau ayant régulièrement accompli son service militaire. Immatriculé au 1er bureau de recrutement de la Seine sous le n° 171 de la classe 1883, il a fait son temps de service dans un régiment d'infanterie et ne s'est pas prévalu de l'ordonnance rendue par Louis XVIII, qui dispensait de tout service les fils des exécuteurs des hautes œuvres, ordonnance dont les derniers bénéficiaires furent les trois fils de Roch.

Ajoutons cependant que le fils Deibler a été dispensé de faire ses vingt-huit jours et que cette dispense lui sera continuée dans la territoriale où il entre cette année.

Le Figaro - 17 février 1897

 LES ABONNES SECRETS DU TÉLÉPHONE - 1897

LES ABONNES SECRETS
DU TÉLÉPHONE

Du Figaro
On aurait tort de croire que tous les abonnés sont inscrits à l'Annuaire des téléphones plusieurs demandent, au contraire, à ne pas figurer sur les listes. Ils sont une centaine environ qui peuvent communiquer, mais avec lesquels, il est impossible de parler par téléphone si l'on n'est pas appelé par eux, car leur numéro est gardé secret par l'administration.
Ces gens-là ont la sainte terreur des raseurs à domicile qui, éconduits par les domestiqués, trouvent moyen d'exercer leur cruauté par le fil et la sonnerie téléphoniques.

Le Matin – 13 septembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

menu-bas