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SIXIEME ANNÉE N°2580

 

349ème jour de l'année

   


Jeudi
15
Décembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Les téléphones numéro à compter du 1er février 1897

LES TÉLÉPHONES

LE NOM ET LE NUMÉRO

Chacun se sert du téléphone, mais tout le monde, plus ou moins, s'est plaint de son fonctionnement. On a, en premier lieu, accusé la Compagnie qui en fut d'abord propriétaire ; on s'en est pris ensuite à l'administration de l'État qui s'est rendu acquéreur des téléphones et aussi à la « demoiselle du téléphone » qu'une pièce de mon excellent ami Maurice Desvallières a rendue à jamais populaire. Nous avons pesté contré le directeur ou le sous-secrétaire d'État des postes et télégraphes qui les dirigeaient,- nous avons ri de la « demoiselle » préposée aux communications, et nous l'avons accablée de tous les péchés d'Israël.

Une enquête s'imposait, au moment où M. Delpeuch, le sous-secrétaire d'État actuel des postes, trouvait que tout n'était pas pour le mieux dans le régime des téléphones, et décidait que les appels à l'avenir seraient faits en donnant le numéro de l'abonné avec lequel on désirait « causer », et non plus le nom de la personne avec qui on voulait s'entretenir. Là-dessus quelques confrères se sont récriés. Pourquoi changer les habitudes ? Pourquoi ne pas demeurer dans le statu quo? Pourquoi? Nous allons le voir.

M. de Selves, avant d'être nommé préfet de la Seine, dirigeait les postes, et l'administration des téléphones était placée sous ses ordres. Hier matin, je lui faisais donc passer ma carte, afin de me documenter auprès de lui. C'était un des jours de réception du préfet, et le cabinet d'attente était naturellement rempli. Quand je fus reçu chez M. de Selves, le vingtième de la série, l'heure du déjeuner avait sonné. Néanmoins, le très aimable fonctionnaire voulut bien se mettre à ma disposition. Quand il connut l'objet de ma visite, il me dit :

— Surtout pas d'interview sur ce sujet des téléphones. Je les ai beaucoup oubliés, ces téléphones, quoique je m'en serve tous les jours.

— Mais votre opinion sur la réforme de M. Delpeuch, ne pouvez-vous me la confier ?

— Je la trouve excellente en principe, et moi-même j'avais pensé à la réaliser, quand j'étais directeur des postes, mais on ne fait pas toujours ce qu'on désire. Une réforme a besoin de mûrir pour qu'elle soit bien appliquée et qu'elle produise les résultats qu'on en attend. Je ne puis que féliciter mon successeur du parti qu'il a pris. »

J'aurais été heureux d'avoir de la bouche de M. de Selves des explications sur le fonctionnement des téléphones avec l'appel au nom et l'appel au numéro, mais il m'interrompit :

— Je n'aime pas, me déclara-t-il, marcher sur les plates-bandes du voisin. » Mais il me donna une précieuse indication en me désignant M. Darcq, un ingénieur qui occupe aux postes et télégraphes, rue de Grenelle, la haute fonction d'inspecteur général des téléphones, comme l'homme le mieux à même de diriger mes pas.

— Mais n'oubliez point, ajouta-t-il, de vous rendre ensuite au poste central des téléphones, rue Gutenberg, pour juger par vous-même. »

J'en pris bonne note et j'allai voir M. Darcq. M. Darcq venait de lire l'opinion du Figaro, parue dans notre numéro d'hier, sur la réforme de M. Delpeuch et m'en exprima sa vive satisfaction. Il me parla ainsi :

— Remarquez bien que la réforme a été faite en vue d'être agréable au public. Celui-ci se plaint souvent de ne pas avoir les communications avec assez de promptitude. Si, au lieu de demander la nom de la personne, ce qui nécessite pour la demoiselle qui est au bureau une recherche, il donne le nom du numéro sous lequel est inscrit le téléphone de son correspondant, la communication sera pour ainsi dire immédiate, surtout avec les nouveaux appareils — les multiples — dont l'administration dispose aujourd'hui. Le jour où ce nouveau système fonctionnera partout à Paris, tout le monde s'en louera.

—Mais il existe encore d'anciens appareils.

— Oui, mais même avec ceux-là l'appel au numéro sera un progrès. D'ailleurs ils sont bien peu nombreux, et dans six mois ils auront à peu près disparu et seront remplacés par les derniers modèles. Le 1er février prochain, qui marquera le début du nouveau régime, il y aura une proportion de 12,000 abonnés contre 4,000 qui seront desservis par les appareils nouveaux...»

J'ai tenu à contrôler ces affirmations moi-même, et, sur les conseils de M. Darcq comme sur ceux de M. de Selves, je suis allé à l'hôtel des téléphones, rue Gutenberg. Là, sous la conduite du chef du bureau central, M. Godefroy, et du chef du bureau des correspondances téléphoniques, de la rue de Grenelle, j'ai examiné dans tous.ses détails l'installation de notre réseau téléphonique.

Ce qui importe surtout au public, c'est de savoir le cas qu'on fait de ses appels, la promptitude plus ou moins grande avec laquelle on y répond.

*
*    *

Transportons-nous donc dans les deux grandes salles où se trouvent les téléphonistes. Très attentives, nullement distraites par l'arrivée des visiteurs, elles sont là, sur leurs chaises, en face des « multiples» avec leurs récepteurs et leurs transmetteurs. On entendrait voler une mouche et cependant elles sont nombreuses, ces dames et ces demoiselles.

Chacune d'elles a devant les yeux tous les abonnés du multiple, 6,000, 9,000, selon les cas, ou plutôt les numéros des téléphones des abonnés, et en revanche chacune ne peut-être appelée que par quatre-vingts d'entre eux.

Quand un de ces quatre-vingts abonnés appelle, un petit volet tombe. Aussitôt la préposée au téléphone enfonce une fiche dans Jack de réponse, et abaisse la clef d'écoute. Jack, c'est une petite ouverture qui est réservée aux abonnés. Chacun a la sienne; elle porte le nom de son inventeur.

Cette opération terminée, la téléphoniste se trouve en communication avec l'abonné et, si elle observe le règlement, elle doit prononcer ce mot « J'écoute. » Sur ce point, il est évident, n'est-ce pas ? qu'elle ne respecte pas souvent le règlement. Enfin, nous sommes prévenus maintenant qu'elle doit nous faire cette déclaration de principe. L'abonné lui indique alors un numéro. Elle l'a devant les yeux, ce numéro, comme je le disais plus haut, et elle n'a qu'à enfoncer l'autre extrémité de la fiche dans le Jack général, celui par lequel on appelle. Elle demande le correspondant, et, si il répond, les abonnés se trouvent en communication.

Voilà comment fonctionnera le nouveau régime. Avec ce régime, déjà adopté par un certain nombre de commerçants et d’industriels, il ne faut pas plus d'une minute pour obtenir une communication. Mais si on demande le nom, la demoiselle du téléphone est obligée de faire des recherches dans un livre, où sont inscrits beaucoup de noms ajoutés au crayon ou à la plume, et ces recherches prennent à elles seules en moyenne deux ou trois minutes, quand elles aboutissent.

Car souvent la téléphoniste se trompe de nom, quand elle est dans son travail le plus actif, entre dix heures et midi principalement, et alors l'abonné s'impatiente, rattache les récepteurs et sonne. C'est une nouvelle perte de temps que lui cause son impatience. Car la même opération que nous avons analysée se renouvelle. La téléphoniste vous prie d'épeler le nom. Elle le cherche de nouveau et le trouve au bout de quelques minutes seulement.

Il y a donc, par le fait de demander le nom, une prolongation d'attente. Avec l'appel au numéro, économie de temps et d'impatience des deux côtés, et erreurs presque impossibles. C'est ce que j'ai pu constater, au cours de la longue visite que j'ai faite rue Gutenberg. Ce sont là d'heureuses perspectives pour les abonnés.

Quelques observations encore sont utiles on est surpris, en appelant au numéro, de recevoir quelquefois, presque au même moment où on le demande, la réponse suivante :

— « Déjà en communication. »

On s'imagine que la téléphoniste se débarrasse ainsi de son client et ne veut pas le mettre en communication. La vérité, la voici à l'instant où l'employée a enfoncé la fiche dans le Jack général, elle a entendu un bruit dans son récepteur qui lui prouve que la ligne est occupée. Elle est donc tout de suite renseignée, et vous renseigne à son tour presque immédiatement.

Autre remarque, et tout à fait essentielle, sur laquelle insiste l'administration, et avec raison. Une fois que les abonnés sont en rapport, la téléphoniste relève la clef d'écoute. Elle n'écoute plus et les abonnés ont intérêt à l'avertir, quand ils ont fini de parler, en appuyant à fond une fois ou deux sur le bouton d'appel pour faire tomber le signal de fin de conversation.

S'ils négligent ce détail, ils risquent soit d'être appelés à tort, soit de ne pas être rappelés, si on les demande, la téléphoniste croyant la ligne occupée. L'administration ne s'imagine pas que du 1er février datera l'âge d'or des communications téléphoniques il y aura encore des réclamations, elle désire même qu'il y en ait pour remédier aux imperfections du service. Mais, dès à présent, elle est convaincue qu'à partir du 1er février le public s'apercevra d'une réelle amélioration.

Je le crois comme elle, après avoir vu et comparé dans la pratique le système ancien et le système nouveau.

En ce qui concerne le personnel, il est dévoué, m'ont affirmé ses chefs, et il m'a, en effet, paru tel. Ces demoiselles, si on y réfléchit, ont des trésors de patience, et l'abonné en manque quelquefois, sachons le reconnaître.

D'ailleurs, il semble dès maintenant certain qu'il sera servi bientôt avec toute la rapidité désirable. C'est ce qu'il veut. Il sera donc satisfait et l'administration ne le sera pas moins.

Paris, la Ville-Lumière, pourra se vanter d'être dotée d'une réforme réalisée déjà non seulement dans les grandes villes de l'étranger, mais en province, cette malheureuse province qu'on traite de retardataire, à Bordeaux, à Marseille, un peu partout…

Maurice Leudet.

Le Figaro — 24 janvier 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

Les frères Amédée et Léopold Lafare, galochers, qui habitent, depuis quelques mois, 50, rue de la Réunion, à Charonne. un petit logement au quatrième étage, vivaient en mauvaise intelligence avec leurs Voisins, les époux Gagnot, journaliers.

Hier soir, à la suite d'une discussion plus violente que de coutume, Gagnot prit un bâton, résolu à infliger une correction à Léopold Lafare qui, dans la journée, avait injurié sa femme. Mais les deux frères, pour se défendre, s'armèrent de marteaux, et une mêlée terrible s'ensuivit.

Tout à coup, les cris « Au secours, à l'assassin » retentissaient dans la maison, et une femme, couverte de sang, tombait sans connaissance sur le palier de l'escalier. C'était Mme Gagnot, qui avait été frappée à la tête d'un coup de marteau par. Léopold Lafare.

Les deux frères s'étaient réfugiés dans leur chambre où ils s'étaient barricadés. Il a fallu huit agents pour s'en rendre maîtres.

Mme Gagnot a été transportée à l'hôpital Tenon.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

 Accident de pêche

Accident de pêche

Deux habitants de Paris, MM. Célestin Araudel, bijoutier, rue Tiquetonne, et JosephClerc, employé au Crédit lyonnais, s'étaient rendus, avant-hier, à Villeneuve-Saint-Georges pour se livrer aux douceurs de la pêche a la ligne. Ils se trouvaient dans un bachot, vers deux heures de l'après-midi, en face du hameau des Chalets, lorsqu'ils virent arriver dans leur direction le bateau parisien n° 32, faisant le trajet de Paris à Corbeil.

C'est en vain que les deux pêcheurs, peu expérimentés dans l'art de manœuvrer une embarcation, cherchèrent à éviter le bateau à vapeur. Leur barque fut coupée en deux et les deux hommes furent précipités dans la Seine.

Grâce au courageux dévouement de deux passagers du bateau parisien, MM. Raguin et Sandoz, M. Araudel put être sauvé. Son compagnon, Clerc, fut moins heureux et ce n'est qu'après trois heures de recherches qu'on a retrouvé son cadavre.

Une enquête a été aussitôt ouverte pour établir à qui incombe la responsabilité de ce déplorable accident.

Le Figaro — 31 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 13 décembre

Lundi
13 décembre 1897

Le baron de Mohrenheim, auquel les charges de la nouvelle dignité conférée par l'Empereur ne permettent plus de rester, à la tête de l'ambassade de Russie en France, résigne ses fonctions et est remplacé à Paris par le comte Ouroussoff.

Personne n'apprendra sans regret cette détermination du baron de Mohrenheim; quelle que soit la sympathie qui s'attache à son successeur.

M. de Mohrenhein, en effet, n'était pas seulement aux yeux des Parisiens le représentant du gouvernement impérial, c'est-à-dire du gouvernement « ami et allié », il était l'homme qui, pour nous, personnifiait le mieux cette amitié et cette alliance, parce qu'il en avait été, aux heures confuses, dans notre monde politique et diplomatique aussi bien que dans les salons, l'opiniâtre et clairvoyant ouvrier.

Il va maintenant, dans les conseils privés de <hr>, apporter l'expérience que lui donnent douze années d'une pareille mission en France et cinquante-deux années de brillants services rendus à la Russie. Quant à nous, nous n'oublierons pas qu'il nous quitte dans l'apothéose de Cronstadt, de Peterhof et de Pétersbourg.

Le prince Ouroussoff, ministre de Russie en Belgique, arrivera le mois prochain à Paris.


Avis aux Parisiens

La petite réclamation que nous transmettions dernièrement aux services de la voie publique, au sujet de cette boursoufflure du sol qui, devant la station des omnibus de la Madeleine, avait causé quelques légers accidents, a été entendue, et on y a fait droit le jour même.

La chaussée, en effet, a été réparée aussitôt en cet endroit et il convient de féliciter une fois de plus de son empressement à satisfaire le public M. Defrance, directeur des travaux de la Ville.


PRAGUE, 13 décembre. On a trouvé, pendant la représentation au théâtre national allemand, suspendu au bouton de la porte de sortie de ce théâtre, un engin fabriqué à l'aide d'une boîte en fer-blanc remplie de poudre et munie d'une mèche allumée. La mèche été éteinte.

Au dire des experts, la bombe aurait pu causer des dégâts importants. Des mesures très rigoureuses sont prises en vue de la surveillance à exercer dans les deux théâtres allemands de Prague.


Madrid, 13 décembre. – Le général Weyler n'est pas sorti aujourd'hui. Il a reçu la visite de plusieurs notabilités, du parti conservateur.


Quelques jours encore et les fêtes de Christmas sonneront, précédant de bien peu celles de fin d'année. Noël et le jour de l'an deux époques fertiles en réceptions de toutes sortes, où les soupers succèdent aux dîners, sans souci des pauvres estomacs surmenés. Pour prévenir les lendemains fâcheux, rien ne vaut l'excellente eau de Saint-Galmier, qui permettra d'affronter sans danger tant d'agapes trop souvent inévitables.


LE GRAND BAZAR MÉTROPOLE ET LES ÉTRENNES

On annonce pour demain dimanche l'ouverture de l'exposition des étrennes au grand bazar Métropole, 16 et 18, faubourg Montmartre.

Cette maison étant de création récente offre à sa clientèle des marchandises de première fraîcheur.

On ne trouvera nulle part un plus beau choix de jouets, livres et articles d'étrennes utiles. La circulation est libre aux trois étages de ce bel établissement ; tous les articles sont marqués en chiffres connus.

sans titre 1

 14 décembre

Mardi
14 décembre 1897

L’ASSASSINAT DE LA RUE PIERRE-LE-GRAND

L'instruction de l'assassinat de Marie Bigot, la fille galante de la rue Pierre-Le-Grand, n'a donné jusqu'ici aucun résultat.

M. Louiche a trouvé cependant dans la correspondance saisie une lettre qui lui a fourni une précieuse indication.

La date des obsèques de Marie Bigot n'est toujours pas fixée. On a dressé, hier, le plan de l'appartement de la victime et apposé ensuite de nouveau les scellés.


Un curieux phonographe

On a installé au Vaudeville, près du vestibule d'entrée, un curieux phonographe, d'invention française, qui fonctionne pendant les entr'actes. C'est le dernier mot de la perfection. Il reproduit absolument la voix humaine avec une netteté et une intensité de son inconnues jusqu'ici. Rien n'est plus amusant à entendre que les scènes typiques du cabaret de Bruant, les chansonnettes les plus en vogue chantées par Nini Buffet et autres.


La Compagnie des chemins de fer d'Orléans va mettre prochainement en service, pour le transport de ses petits colis, une série de tricycles à pétrole remorquant un léger coffre monté sur deux roues.


Les automobiles sont tellement à la mode qu'on ne saurait faire de plus agréable cadeau pour les étrennes qu'une petite voiture à 2 ou 3 places. La maison Parisienne livre instantanément ses voitures «Éclair», qui marchent à la perfection.


Avis

Le ministre de la guerre et Mme Billot recevront, le lundi 20 décembre, à neuf heures et demie, à l'hôtel du ministère.
Les membres du corps diplomatique, les sénateurs, les députés, les personnes occupant une situation officielle, les officiers des armées de terre et de mer et les personnes qui sont en relation avec le général et Mme Billot sont priés de vouloir bien considérer le présent avis comme une invitation pour eux et leurs familles.
Les officiers de réserve et de l'armée territoriale en uniforme seront reçus également sans autre invitation.


ÉTRENNES

Depuis que; grâce aux produits Cusenier, l'usage des liqueurs, au sein des familles, s'est développé au point qu'une table ne peut être considérée comme bien servie si l'on n'y fait suivre le dessert de toute la gamme des peach-brandy, extra-sec curaçao, menthe glaciale,
prunelle, fine champagne de la Couronne, etc., qui ont fait la reptation de cette maison, il n'est pas de cadeau plus utile, ni de mieux accueilli partout, que l'un de ces gracieux paniers fleuris et enrubannés que la Grande Distillerie Cusenier vend tout remplis de ses exquises préparations.
Des articles tout nouveaux sont mis on vente cette année au 226, boulevard Voltaire, et dans les meilleures maisons de comestibles.


PROVISIONS DE POCHE. En ce mois où l'estomac est toujours mis à rude épreuve par les dîners et les soupers, c'est une sage précaution d'avoir sur soi quelque boîte de ces pastilles ou de ces bonbons que la compagnie de Vichy fabrique avec les sels extraits des eaux de l'État Célestins, Hôpital ou Grande-Grille. Les maîtresses de maison n'en sont point choquées ; elles-mêmes donnent l'exemple. EN VENTE PARTOUT

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Une chose facile à avoir en décembre, c'est du sang froid.


257. Le phare d'Eckmühl, qui fut inauguré en 1897, est situé à environ 14 kilomètres de Pont-l'Abbé. La marquise de Blocquevillé, fille du prince d'Eckmühl, avait légué 300,000 francs pour bâtir, en l'un des endroits les plus dangereux de nos côtes, un phare qui porterait le nom glorieux de son père,
Sans avoir recours à l'ange Gabriel, quelques privilégiées viennent d'avoir la bonne fortune de juger les modes de cet hiver : Redfern a, en effet, exposé hier chez lui une superbe collection de toilettes de ville, bal et cour, commandées par une très haute personnalité régnante.
Toutes ces robes sont de véritables merveilles et il est regrettable qu'elles n'aient pu être exposées qu'un jour seulement.
 Trio avorteur

LE TRIO AVORTEUR

(Le jeune officier,
sa sœur, sa maitresse)
par

Gaston LEROUX

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

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Un drame montmartrois

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

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 Réponse bien féminine

RÉPONSE BIEN FÉMININE

― Dans la patrie et la famille

Qu'envisagez-vous de plus beau ?

― C'est répond une jeune fille,

La toilette et le doux Congo

T.-S., institutrice, à Victor Vaissier

Nouvelles à la main

 Entre auteurs dramatiques

Entre auteurs dramatiques, à la sortie de la première du théâtre des Folies-Joyeuses

—Vous me croirez si voulez, mon cher, mais voilà six mois que l'idée de la pièce-que nous venons de voir me trottait en tête.

— Voilà une idée qui a dû bien s'ennuyer toute seule !

Considérations philosophiques su

Considérations philosophiques sur les dernières récoltes
— En somme, les vendanges n'ont pas été belles. Cependant, au printemps, ça promettait. C'est toujours comme ça, d'ailleurs, avec la vigne. Au printemps, les sarments sont superbes et promettent beaucoup de bon vin. Puis crac, la pluie, la grêle, les maladies arrivent, tout dégringole et les pauvres vignerons sont trompés une fois de plus.
— Dame! des sarments d'ivrogne !

Importuné par le tapage que font ses enfants

Importuné par le tapage que font ses enfants, un financier sort de son cabinet pour modérer leurs ébats.
—Et puis, ajoute-t-il, je vous avais défendu de jouer avec Georges, pour le punir de ses mensonges continuels.
—Je vais te dire, papa, explique l'un des enfants. Nous avons inventé un nouveau jeu, le jeu de la Bourse, et Georges est indispensable ; c'est lui qui répand les fausses nouvelles

La jeune et jolie veuve d'un vieux mari

La jeune et jolie veuve d'un vieux mari, retirée à la campagne pour n'être pas distraite de son chagrin, reçoit au bout de quelques jours la visite d'une amie de Paris.
Après les premières effusions :
— Ç'a été pour vous, dit la visiteuse, un coup bien cruel.
— Oh! oui, un gros crève-cœur, je vous assure. Et, changeant brusquement de ton :
— A propos de crève-cœur, venez donc voir mes poules !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Le premier mouchoir de poche - 1897

Le premier mouchoir de poche

A propos des coryzas que déterminent les premiers froids de l'automne, il n'est point sans actualité de parler du mouchoir de poche.

Empruntons quelques détails à l'Echo du Public. Le premier mouchoir de poche connu fut porté en Europe, il y a trois cent cinquante ans. La femme qui fit faire ce grand pas à la civilisation était une belle Vénitienne à laquelle son fazzoletto valut un légitime succès.

L'Italie est donc le berceau des mouchoirs de poche ; bientôt, ils passèrent les Alpes et se répandirent en France, où ils furent adoptés par les seigneurs et les dames de la cour de Henri II.

Le mouchoir de cette époque, fabriqué avec les tissus les plus coûteux, orné de précieuses broderies, était un objet de grand luxe. Sous Henri III, on eut l'idée de le parfumer.

Ce n'est guère qu'en 1580 que l'Allemagne se familiarisa avec cet objet de toilette. Il ne servait qu'aux princes, aux personnes très riches. C'était aussi un cadeau que l'on faisait aux fiancés illustres. Il fut l'objet de lois somptuaires, et un édit, publié à Dresde en 1595, en interdit formellement l'usage aux gens du peuple.

Depuis, il s'est beaucoup vulgarisé, heureusement. Il convient donc, dit notre confrère, de rendre grâces à la belle Vénitienne qui inventa le mouchoir. N'est-il pas pénible, en effet, de songer que les beautés les plus célèbres du moyen âge ne connurent pas cet utile petit morceau d'étoffe, et que la Béatrice de Dante, par exemple, et la Laure de Pétrarque se mouchèrent peut-être dans leurs doigts ?...

APL - 3 octobre 1897

 Vers le pôle Nord.- 1897

Vers le pôle Nord.

L'envoyé spécial d'un journal allemand au Spitzberg raconte, dans une longue dépêche, l'émouvant départ du ballon de M. Andrée pour les régions polaires.

Dimanche dernier, à deux heures de l'après-midi, le vent soufflant du Sud-Ouest, MM. Andrée, Fraenkel et Strindberg sont montés dans la nacelle de l'aérostat, tandis que M. Machuron présidait à terre aux manœuvres du départ. Au commandement de M. Andrée, les cordes ont été coupées et, aux cris de « Vive la Suède! vive la Norvège! » les explorateurs sont montés dans les airs.

Presque aussitôt, un coup de venta failli précipiter le ballon dans la mer. On s'est aperçu à ce moment que trois guideropes sur lesquels M. Andrée comptait particulièrement s'étaient détachés pendant l'ascension. Les aéronautes, fort heureusement, en ont d'autres dans la nacelle.

A deux heures et demie, le ballon prenait la direction du Nord. Une demi- heure plus tard, il avait disparu de l'horizon.

Avant le départ, M. Andrée avait adressé à S. M. le roi de Suède la dépêche suivante

« Au moment de leur départ, les membres de l'expédition au pôle Nord prient Votre Majesté d'accepter leurs très humbles salutations et l'expression de leur très vive reconnaissance. ANDRÉE. »

Le Figaro - 18 juillet 1897

 LES OUVRIÈRES ANGLAISES - 1897

LES OUVRIÈRES ANGLAISES

Celles qui travaillent en chambre — Un sinistre tableau.

Leur sort est navrant, vraiment.
A Paris, le gain d'une ouvrière en chambre est déjà terriblement mince ; mais, à Londres et dans les autres grandes cités industrielles du Royaume-Uni, cela descend un niveau qu'on ne voudrait pas croire si les faits ne le prouvaient pas.
Écoutons ce qu'une enquêteuse anglaise, Mlle Irwin, vient de révéler dans le dernier numéro de la Westminster Review :
Une chemisière, par exemple, est payée de 1 à 1,4 denier (10 à 12 1/2 centimes) de l’heure !
Des culottières travaillent à raison de 5 centimes la paire de pantalons ; chaque paire leur prend deux heures, et elles ont à acheter leur fil. Celles qui repassent les culottes pour enfants et y cousent les boutons sont payées à raison de 70 centimes par douzaine, soit un peu moins de 6 centimes par pièce, et il leur faut douze heures pour arriver à deux douzaines. Ensuite, elles ont à dépenser, par jour, cinq sous pour des aiguilles et du charbon à chauffer leurs fers et quatre sous à la porteuse d'atelier qui apporte et rapporte le paquet. Dans ces conditions, leur journée de douze heures revient à 95 centimes.
Et le comble, c'est que ces prix désespérants baissent encore par suite de la surproduction, qui force le vendeur à descendre de plus en plus l'échelle du bon marché, Ainsi, à l'heure actuelle, de bonnes chemises en toile de coton sont livrées aux détaillants à raison de 9 fr. 35 la douzaine; soit 78 centimes pièce !
Mlle Irwin, qui a vu, de ses yeux vu, dit que ces malheureuses, en général, travaillent dans des conditions d'hygiène révoltantes, claquemurées qu'elles sont dans des mansardes infectes, en compagnie de rats, de souris, de toute sorte de vermine, dans une atmosphère de misère impossible à décrire…

Le Matin – 25 décembre 1897

 LA GUERRE SANS EFFUSION DE SANG - 1897

LA GUERRE
SANS EFFUSION DE SANG

De nombreux romanciers écrivant spécialement ad usum juventutis ont souvent fait intervenir, dans le récit d'héroïques combats très invraisemblables, l'usage de gaz soporifiques qui réduisent à l'impuissance l'un ou l'autre des belligérants. Ce rêve serait-il sur le point de devenir une réalité ?
On annonce, en effet, qu'un humble chimiste de Varsovie, nommé Simon Pavlowski, a découvert un nouvel anesthésique jouissant des plus merveilleuses propriétés. L'inventeur assure que lorsque ses obus inoffensifs, à enveloppe de gélatine et chargés de gaz, feront explosion sur un champ de bataille, les combattants tomberont doucement et instantanément sur le sol, en proie , à une profonde léthargie d'où ils ne sortiront qu'au bout de quinze heures, sains et saufs, mais sans armes, sans drapeaux, sans bagages, et prisonniers de leurs adversaires.
Cela ne vaudrait-il pas mieux que la future charcuterie à la mélinite ?

APL - 28 novembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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