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SIXIEME ANNÉE N°2981

 

20ème jour de l'année

   


Samedi
20
Janvier 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le corset de Paris

Le « Corset » de Paris

Les fortifications inutiles — On va démolir —Le génie militaire consent.

Les fortifications de Paris sont définitivement condamnées. Le « corset » de Paris, suivant une pittoresque expression, n'empêchera plus la capitale de s'étendre. Le génie militaire, qui, jusqu'ici, avait fait une opposition intransigeante au démantèlement de Paris, ne s'oppose plus, du moins dans une certaine mesure, a la démolition des fortifications.

Il a compris enfin qu'elles ne servaient en rien la défense de Paris et que ce large fossé de 28 kilomètres dé longueur n'empêcherait pas les obus d'entrer. L'expérience avait été douloureusement, faite en 1871. Aujourd'hui, Paris est protégé par une ceinture de forts. Néanmoins; le génie militaire ne veut pas abandonner complètement les fortifications. Il n'accepte la démolition que de la porte de Saint-Ouen à la porte de Saint-Cloud.

Toute cette partie de Paris est suffisamment protégée par la boucle de la Seine. Malgré cela, le génie réclamait encore la construction de fortifications: au delà, d'Asnières. Mais il renonce à cette inutile garantie de sécurité.

Les discussions qui ont lieu en ce moment entre les représentants de la guerre et les représentants de la ville de Paris ne portent plus que sur le prix des terrains. Les fortifications appartiennent, en effet, à l'État, et, si on les démolit, la ville de Paris devra acquérir ce terrain.

Dans la dernière séance qui a eu lieu cette semaine, on n'a fait qu'échanger des vues sur ce point. L'État prétend que le terrain occupé par les fortifications de la porte de Saint-Ouen à la porte de Saint-Cloud, vaut 110 millions la Ville répond qu'il ne vaut que 20 millions. On est encore loin de s'entendre. Les prétentions du génie militaire sont exagérées celles de la Ville évidemment insuffisantes.

A la prochaine séance, qui aura lieu la semaine prochaine, les deux parties examineront la valeur exacte d'après des documents sérieux. Il est certain que l'on finira par s'entendre sur ce point en somme secondaire.

Les matériaux dés fortifications n'ont pas une grande valeur.

Plusieurs entrepreneurs ont offert à la Ville de procéder à la démolition et au nivèlement à leurs frais en gardant ces matériaux pour prix dé leur travail.

Avant de terminer ses travaux, la commission examinera une question importante l'expropriation de la zone, afin d'éviter que cette opération ne serve de prétexte à des trafics de terrains. Les terres de la zone, inutilisables, puisqu'on n'y peut construire, prendront, en 'effet, une grande valeur, dès que les fortifications disparaîtront.

Mais on n'est pas encore là; et pour aujourd'hui on n'a à enregistrer que le consentement du génie militaire. C'est déjà beaucoup que le principe soit admis. Ce résultat est dû en grande partie à M. Paul Brousse, conseiller municipal, qui depuis de longues années s'est, consacré à cette tâche.

Le Matin

18 février 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V - Le Gaulois cf. 920

LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V

Tentative de meurtre et suicide

Au mois de janvier dernier, M. Brigot vendait à M. Eugène Bouly son magasin de parfumerie en gros, situé 2, rue Charles-V (quatrième arrondissement).

Son employé, M. Jacob, poussait activement Bouly à l'achat de la maison. Des pourparlers s'engagèrent et aboutirent à la vente moyennant une somme de trente mille francs.

Bouly garda comme employé et associé M. Jacob. Mais au bout de quelques mois, la maison périclita et Bouly reprochait avec véhémence à Jacob de lui avoir fait faire ce marché.

Des scènes violentes éclataient chaque jour entre les deux associés. Bouly était d'une humeur acariâtre. Il souffrait en effet d'une maladie d'estomac et songeait au suicide.

Tout compte fait, i] devait à son prédécesseur une somme de dix-huit mille francs.

Hier, il achetait un revolver de gros calibre, et dans une longue lettre au commissaire de police du quartier de l'Arsenal, il annonçait à ce magistrat qu'il avait résolu de se tuer et le priait de prévenir de sa mort une jeune femme avec qui il entretenait des relations.

Vers deux heures de l'après-midi, Bouly prenait son revolver pour se brûler la cervelle, lorsque soudain Jacob entra dans la pièce où il se trouvait. Une dernière discussion éclate entre les deux hommes. Tout à coup, Bouly, au paroxysme de la fureur, dirigea son arme contre son associe et fit feu à trois reprises différentes.

Deux balles se perdirent. La troisième atteignit Jacob à la mâchoire inférieure.

Croyant avoir tué son adversaire, Bouly dirigea son arme contre lui-même et se logea une balle dans la tempe droite.

Transporté à l'Hôtel-Dieu, il y expirait dix minutes après son arrivée.

La blessure de M. Jacob, bien que présentant une certaine gravité, ne met pas sa vie en danger.

Le Gaulois — 2 septembre 1897

 DRAME CONJUGAL

DRAME CONJUGAL

II y a deux ans environ, un menuisier, nommé Alfred Martinet, abandonnait sa femme et ses deux enfants pour aller vivre avec une ouvrière dont il avait fait la connaissance.

Ces jours-ci, une rupture se produisait dans le faux ménage, et Martinet, recherchant sa femme, apprit qu'elle demeurait rue de la Chapelle, 72. II s'y présenta le soir et frappa à sa porte. Ce fut un homme qui vint lui ouvrir, car sa femme lui avait donné un successeur.

Martinet réclama sa femme et ses enfants mais son remplaçant pour toute réponse le jeta à la porte.

Furieux, Martinet s'empara d'un ciseau à froid et en porta plusieurs coups au pauvre diable qui tomba baigné dans son sang. II allait pénétrer dans le logement pour frapper également sa femme, mais il en fut empêché par des voisins qui le remirent entre les mains des gardiens de la paix.

M. Demarquay, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt et a fait transporter le blessé, un peintre en bâtiments du nom d'Eugène C… à l'hôpital Lariboisière.

Le Gaulois — 28 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 18 janvier

Mardi
18 janvier 1897

Mme Félix Faure a failli être victime, hier soir, d'un accident de voiture. Comme elle se rendait, vers neuf heures et demie, au théâtre de l'Ambigu, sa voiture fut violemment heurtée par un fiacre de la Compagnie générale et l'une des lanternes du landau de la Présidence fut brisée.

Les dégâts, fort heureusement, se bornèrent à cette casse insignifiante et Mme Félix Faure put continuer sa route, n'ayant point à redouter de contravention pour défaut d'éclairage.

On nous assure que Mme Félix Faure a réservé toute son émotion pour la représentation des Deux Gosses, à laquelle elle a pris un vif intérêt.


Il n'est bruit, depuis quelques jours, dans le monde spécial des électriciens, que d'une nouvelle pile impolarisable, supérieure à tout ce qu'on connaissait jusqu'ici en fait de batteries électriques et d'accumulateurs puisqu'elle serait capable de fournir, pendant 32 heures consécutives, avec seulement 125 grammes du liquide excitateur, un courant constant de 25 ampères, avec un potentiel de 2 volts.

C'est-à-dire que pour avoir un cheval de force, il suffirait de 4 à 5 litres de ce précieux électrolyte.

Ce serait la réalisation, tant de fois escomptée en vain, du rêve de Galvani et de Volta, toute une révolution dont les machines à vapeur et les dynamos, reléguées au rang de simples curiosités, feraient les frais.

Nous y reviendrons, le cas échéant, en détail.


On a de meilleures nouvelles de la santé de M. Paul de Rémusat, sénateur de la Haute-Garonne.

La nuit et la journée d'hier ont été relativement bonnes.


C'est samedi prochain 23 janvier, qu'aura lieu, à l'hôtel Continental, le bal annuel de l'Association amicale des anciens élèves de l'École polytechnique, auquel le président de la République a promis d'assister.


Ont été nommés, pour 1897, membres du bureau de la commission centrale de la Société de géographie président,, le prince Roland Bonaparte; vice-présidents* MM. Le Myre de Vilers, député; Gabriel Marcel, conservateur adjoint à la Bibliothèque nationale secrétaire général, le baron Hulot; secrétaire adjoint, M. Jules Girard secrétaire général honoraire, M» Ch. Maunoir,


Le président de la République a chassé, hier, à Rambouillet, en compagnie de MM. Cavaignac, Léon Bonnat, Dubosçq, Fould, Guignard, Gérôme et du général Tournier.

Un déjeuner a été servi au château, auquel assistait Mlle Lucie Faure.

M. Félix Faure et ses invités étaient de retour, le soir, à six heures.

Au tableau : lapins, 137 faisans, 12 perdreaux, 1 chevreuil, 2 canards et 1 écureuil.


De Biarritz

« S. M. l'impératrice Élisabeth d'Autriche a quitté Biarritz aujourd'hui, se rendant au Cap-Martin.

» En remettant à la souveraine une superbe gerbe de fleurs, le maire de Biarritz l'a remerciée du séjour qu'elle avait fait dans cette ville et lui a exprimé les vœux de la population. »


De Madrid

« Le bruit court que l'infante Maria de las Mercédès, princesse des Asturies et sœur aînée du roi Alphonse XIII, qui est aujourd'hui âgée de dix-sept ans, serait fiancée à S. A. R. le comte de Turin, second fils du défunt duc d'Aoste, qui fut roi d'Espagne. »

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 19 janvier

Mardi
19 janvier

M. Méline, président du conseil offrira, le 13 février prochain, au ministère de l'agriculture un dîner, qui sera suivi do réception, aux présidents des Chambres et à ses collègues du cabinet.


M. Henry Boucher, ministre du commerce, présidera lundi prochain, dans la salle de la Société de géographie, la troisième des conférences de l'Union coloniale française, faite par M. L. Grandeau sur l'agriculture aux colonies


La Société française de secours aux blessés militaires, dont le général duc d'Aumale est le président, ouvrira jeudi prochain 21 courant, trois heures, la série de ses conférences et de ses cours, à son siège central, rue Matignon, 19.


Mme Félix Faure et Mlle Lucie Faure ont visité, hier matin, à onze heures, l'hôpital des enfants tuberculeux, rue La Boétie. Elles ont fait une abondante distribution de jouets et de gâteaux, et ont entendu le compliment d'une fillette qui leur a remis une gerbe de fleurs.


Si le docteur Grenier, le député musulman de Pontarlier, ne trouve pas l'eau de Paris assez pure pour faire ses nombreuses ablutions, nous lui conseillons d'avoir recours à l'Eau de Saint-Galmier, la plus limpide des eaux de table.


Les Contes de la Primevère, par le nouvel académicien André Theuriet, sont empreints de ce charme intime et pénétrant qui a fait la vogue du célèbre auteur des récits forestiers. Ils paraissent chez l'éditeur Fasquelle en un volume de la Bibliothèque Charpentier.


Alerte au café de la Paix.

Le café de la Paix, situé, comme on sait, au coin de la place de l'Opéra et du boulevard des Capucines, loue actuellement au photographe Pirou l'une de ses salles, où se donnent chaque soir des séances de cinématographe.

Cette salle est située dans l'arrière-café, sur le boulevard.

Hier soir, vers onze heures moins le quart, quatre-vingts personnes environ assistaient au spectacle, quand, soudain, par suite du contact de deux fils électriques, une flamme jaillit et communiqua le feu à des tentures. Bientôt, l'incendie se communiqua aux boiseries et au plafond.

Une légère panique se produisit parmi les spectateurs ; mais heureusement, grâce au sang-froid du personnel de l'établissement, la salle fut évacuée rapidement et sans incident. Un monsieur seulement a perdu son chapeau, qui a été retrouvé piétiné près de la porte.

Les garçons du café avaient à peu près éteint le feu quand les pompiers du marché Saint-Honoré sont arrivés avec une pompe à vapeur et tout leur matériel de sauvetage.

Les dégâts sont relativement peu importants.

La venue de la pompe à vapeur avait naturellement attiré sur le boulevard une foule énorme.

M. Cornette, commissaire de police du quartier Saint-Georges, a dû, organiser un service d'ordre pour maintenir les curieux à distance.

A minuit la place de l'Opéra avait repris son aspect habituel.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Je ne suis pas le revenu le premier venu, moi ! Comme disait le prétentieux jeune homme qui, invité à dîner en ville, arrivait lorsque tout monde était à table depuis un bon quart d'heure.


249. Le M. Verne, agent de change honoraire, dont on annonçait la mort le 29 août 1897 était le frère du romancier.

NOS AMIS LES RUSSES


Bien avant les diplomates des deux pays, les médecins russes partageaient les vues de leurs collègues français. C'est ainsi qu'après le Dr Pouchet le célèbre professeur Bogoslowsky, professeur de pharmacologie à l'Université impériale de Moscou, proclame dans ses travaux l'excellence de l’Apenta, la célèbre eau purgative.
 Un garçon de recettes disparu - les aveux

Un garçon de recettes disparu

Les aveux des assassins

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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Une mère qui jette son enfant par la fenêtre

Un drame épouvantable de la folie s'est déroulé, hier matin, à Passy. Une mère a précipité son enfant par la fenêtre de son logement, situé au troisième étage, puis s'est, ensuite donné la mort en s'élançant à son tour dans le vide. Elle s'est littéralement écrasée sur le trottoir, près de l'infortune bébé qui, lui, respirait encore.

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L'affaire du lac Saint-Fargeau

Le cadavre d'un individu paraissant âgé d'une cinquantaine d'années était découvert, hier après midi, au milieu de hautes herbes, dans un terrain vague situé 68, avenue Gambetta, au coin de la rue Pelleport. Le défunt était couvert de sang ; il portait au sein gauche une large blessure faite par un instrument tranchant.

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 C

C'était donc lui

Les experts ont trouvé, —la chose est vraiment neuve,

Mais comme ils sont très fons. ils en feront la preuve,

Que tous les vers parus sur le divin Congo

Sont écrits par Dreyfus, qui les vend aux journaux

Un graphologue au savonnier Vaissier.

Nouvelles à la main

Entre jeunes filles

Entre jeunes filles,
— Oui, ma chère maman me conseille d’épouser M. Isidore… tu sais ce grand garçon aux cheveux rouges…
— Je ne te plains pas… Le rouge se porte beaucoup cette année !

 Après la consultation

Après la consultation.

— Docteur, mon pauvre oncle est bien mal, n'est-ce pas ?. Il ne s'en relèvera plus ?

Le docteur, certain de répondre aux espérances secrètes de son interlocuteur :

— Il y a des chances !

Deux ivrognes titubaient hier so

Deux ivrognes titubaient hier soir rue Montmartre
— Pisque j' te dis que c'est moi qui paye.
— Non, j'ai trop bu.
— Malheur ! t'es pas un homme t'as peur du canon.

 Un affreux repris de justice au au directeur de la prison

Un affreux repris de justice au directeur de la prison :

— On m'avait promis un adoucissement de peine si je « mangeais le morceau », et je commence à croire qu'on s'est « payé ma fiole ».

— Continuez à vous bien conduire, mon ami, et à l'expiration de votre temps je tâcherai de vous faire nommer « prisonnier honoraire ».

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Conquêtes féminines. -- Le Gaulois — 17 nov. 1897

Conquêtes féminines.

En France, nous n'avons encore, et c'est presque à titre de phénomènes, que quelques femmes docteurs et une femme... presque avocate. Mais outre-mer ?

Là-bas, si l'on veut, n'importe où, appliquer la vieille formule « Cherchez la femme », on est sûr de la trouver et...

Les femmes ont conquis, aux États-Unis, à la force de leurs petits poignets, toutes les situations, même les fonctions d'État.

Citons seulement, pour nous faire réfléchir préventivement, quelques exemples, dûment établis :

 

A Oklahoma-City, une jeune aile, miss Ada Curnutt, est chef de la police !. Elle a la direction du service des recherches. Miss Rachel Franck, diplômée da collège hébreu de Cincinnati, a obtenu un poste de rabbin. On compte d'ailleurs déjà une dizaine de femmes-pasteurs en Amérique.

Miss Ansan King est une gérante d'immeubles très connue à New-York. Sa sœur dirige une grande entreprise de camionnage.

Dans la magistrature de l'État du Montana, miss Ella Knowies possède le grade élevé d’attorney general !

A Kansas-City, la brigade des pompiers a pour capitaine une femme. C'est encore une femme qui est chef des services de la voirie à Buffalo. Une autre exploite le chemin de fer urbain de New-Hampshire. Quant à l'industrie et au commerce, il y a des milliers de femmes à la tête des maisons.

 

Les hommes ne sont pas encore bonnes d'enfants et blanchisseuses, mais cela ne tardera pas.

Le Gaulois — 17 nov. 1897

 M. Darlan, ministre des cultes - Fig. 14/01/97

Précisions

Plusieurs de nos confrères ont cru pouvoir annoncer que le gouvernement français était « tombé d'accord avec le Saint-Siège pour offrir l'évêché de Rodez à M. l'abbé Hazera, curé de Là Bastide, à Bordeaux ».
Ce qui est vrai, c'est que M. Darlan, ministre des cultes, a l'intention de nommer à cet évêché M. l'abbé Hazera qui est son cousin.
Le choix du ministre est d'ailleurs excellent à tous égards et il est vraisemblable qu'il lui donnera à bref délai les suites nécessaires.
Mais à l'heure actuelle, il n'y a pas eu à ce sujet ombre de pourparlers entre le ministère des cultes et la nonciature.

Le Figaro - 14 janvier 1897

 Voici à nouveau les garçons de - APL 24 janvier 1897

Voici à nouveau les garçons de café partis en guerre pour obtenir le droit au port de la barbe, ce plus bel ornement du sexe fort.
L'aube de 1897 devait être, pour la corporation, l'heure de la délivrance, et l'époque des étrennes passée les garçons entendaient
laisser croitre à leur guise barbe et moustache.
Hélas ! ils ne touchent pas encore au terme de leur désir !
En 1891, on s'en souvient encore, un premier mouvement de révolte se produisit. Il y eut de nombreuses réunions dont une présidée par M. Marguery, président du syndicat de l'alimentation, et le restaurateur promit son dévoué concours aux garçons de café.
Dès lors, ils crurent avoir cause gagnée et trop tôt chantèrent victoire. Des clients réclamèrent le retour aux anciens usages, ne pouvant se faire à l'idée de voir leur chateaubriand servi par des visages barbus; des défections se produisirent, et les vingt mille garçons de café de Paris durent, à leur grand désespoir, raser leur moustache naissante.
L'opposition des grands cafés et des grands restaurants n'a pas voulu jusqu'à présent se laisser fléchir.
Et savez-vous quel est le motif de cette opiniâtre résistance ?
C'est M. Marguery lui-même qui va nous la donner :
— Les garçons, fait remarquer l'inventeur de la fameuse sole Sarcey, ont l'habitude de gouter aux plats qu'ils servent aux clients. Lorsqu'ils sont fraichement rasés, ils peuvent prestement s'essuyer la bouche d'un revers de main, tandis qu'avec une barbe de sapeur ou une luxuriante moustache, il est à craindre que des traces accusatrices ne viennent révéler au client l'indiscrétion commise.
Cette explication en vaut bien une autre ; elle a, dans tous les cas, l'avantage de rassurer le client contre toute tentative d'empoisonnement.
La galerie suivra avec intérêt la lutte qui vient de s'engager entre garçons et patrons, mais serait beaucoup plus disposée, croyons- nous, à donner son approbation à une autre réforme : la suppression du pourboire.

APL 24 janvier 1897

 LE BILAN DE LA MORGUE POUR 1896

LE BILAN DE LA MORGUE
POUR 1896

La statistique de la Morgue n'est peut-être pas un document d'une excessive gaieté. Il a cependant ceci de consolant que pendant l'année 1896 le funèbre monument n'a reçu que 846 corps, alors qu'en 1895 il en avait reçu 890. C'est une différence de 44 en moins. Ajoutons que c'est, depuis vingt-six ans, le chiffre le moins élevé.
Ces 846 corps, dont 541 appartiennent au sexe masculin et 305 au sexe féminin, ont donné lieu à 711 reconnaissances, soit par les parents ou les amis des décédés, soit par le fait d'une visite d'un curieux quelconque à la Morgue.
Le corps qui a clos l'inventaire de l'année est celui d'un nommé Bizot, repêché à Pantin, dans le canal, le 31 décembre 1.896, à, sept heures du soir.
Comme toujours, c'est pendant la saison chaude que la Morgue reçoit le plus de corps alors qu'en juillet on y amenait 109 cadavres, en décembre il n'y en avait que 39. Quant aux genres de décès, la submersion continue à tenir la tète sur 816 corps, 213 proviennent de repêchages.
Les dépenses de la Morgue pour 1896 ont été de 89,524 francs. Mais dans ce chiffre est compris le service du Laboratoire de toxicologie.
Et, revenant à ce que nous disions en commençant, si pour la généralité du public la Morgue comporte une idée sinistre, il faut ajouter cependant que c'est pour beaucoup de gens une attraction et un lieu de promenade favori. Enfin, bien mieux encore, l'ancien greffier en chef, l'aimable M. Clovis Pierre, qui, pendant plusieurs années, a dirigé l'établissement, n'a-t-il pas chanté en un volume de vers humoristiques les Gaités de la Morgue ?

Le Figaro – 12 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

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