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SIXIEME ANNÉE N°2949

 

353ème jour de l'année

   


Mardi
19
Décembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA BOMBE DU MYSTÈRE
LA BOMBE DU MYSTÈRE

LA MARMITE ROUILLÉE
DU PALAIS DE L'ÉLYSÉE

Où est la vérité ? – Versions contradictoires – Poudre verte ou poudre d'escampette ? – La tenancière du chalet – Et la surveillance ?

Encore une bombe ! Est-elle beaucoup plus sérieuse que les autres? Le mystère dont on s'est plu, à la préfecture, à entourer le nouvel engin lui donne momentanément une importance qu'il n'aurait peut-être pas eue si l'on s'était résolu à nous dire simplement la vérité.

Voici, malgré les inutiles cachotteries de la préfecture, les renseignements bien précis que nous avons recueillis.

Hier matin, vers quatre heures, un canonnier apercevait, sous le compteur à gaz du chalet de nécessité situé dans une allée des Champs-Élysées allant de l'avenue Gabriel à la place de la Concorde, un paquet enveloppé de papier d'emballage gris. Il prévint la tenancière du chalet, qui n'y attacha aucune importance; pourtant, d'autres personnes, ayant vu le paquet, avertirent deux gardiens de la paix du huitième arrondissement, qui déchirèrent l'enveloppe et mirent à jour une marmite rouillée système Japy, d'une contenance de trois quarts de litre, et du couvercle de laquelle émergeait une mèche en cordonnet. Ils la soulevèrent.

La marmite était lourde. Comme elle était ficelée, ils ne crurent pas devoir l'ouvrir et prévinrent leur officier de paix, qui fit avertir M. Gavrelle, commissaire de police de la rue d'Astorg.

M. Girard, chef du laboratoire municipal, arriva sur les lieux à sept heures vingt et fit transporter l'engin au boulevard Murat, où il fut déchargé.

Deux opinions.

L'examen auquel on put alors se livrer semble avoir abouti à deux résultats diamétralement opposés. A moins que la préfecture n'ait trouvé un intérêt quelconque à nous tromper, elle se dit persuadée, d'ores et déjà, que cette bombe ne contenait que du sable et du papier.

Tel n'est point l'avis de M. Bertulus, qui dit que l'engin contenait de la poudre chloratée, dite poudre verte.

Le bruit de la découverte de l'engin se répandit avec assez de rapidité mais, par suite d'un mot d'ordre parti, dit-on, de la présidence, l'existence de l'engin fut d'abord énergiquement démentie dans tous les milieux officiels, et tous les fonctionnaires donnèrent leur parole d'honneur que la bombe n'existait que dans l'imagination des propagateurs de fausses nouvelles. Mais la tenancière du chalet, que nous avons interrogée, nous a dit textuellement :

« — En effet, on a découvert sous le compteur à gaz de mon établissement une petite marmite et deux lettres, que les gardiens de la paix ont remise à des agents en bourgeois. Les agents, après avoir lu les lettres, se sont consultés et ont dit « C'est le même. Cet engin rappelle les autres bombes. » D'après ce que l'on a raconté après qu'elle a été enlevée, la bombe était des plus dangereuses. »

A deux heures de l'après-midi, la marmite a été remise à M. Bertulus, juge d'instruction, qui est allé la montrer au procureur général, auquel il aurait déclaré, comme nous l'avons dit plus haut, qu'elle contenait de la poudre chloratée. M. Bertulus est resté jusqu'à huit heures du soir à son cabinet, où il a fait mander M. André, chef de la brigade spéciale de surveillance des anarchistes.

Comme d'habitude.

La préfecture de police, qui, jusqu'à six heures du soir, avait nié l'existence de la bombe, a avoué enfin, dans la soirée, « qu'un engin comme on en trouve tous les jours dans Paris avait été découvert près de l'avenue Gabriel et qu'il contenait du sable et du papier. Aucune lettre, prétend toujours la préfecture, n'a été ramassée près du faux engin. L'auteur de cette mauvaise plaisanterie est activement recherché. »

Et, pendant que la préfecture de police se décide à faire ces timides aveux, MM. Girard, Gavrelle et André continuent à nier d'une façon absolue l'existence d'une bombe, de quelque nature qu'elle soit.

Nos renseignements particuliers nous permettent d'affirmer que la découverte de cette nouvelle bombe a produit d'autant plus d'émotion dans les milieux officiels qu'à la suite des attentats du bois de Boulogne et de la place de la Concorde le service de surveillance autour de l'Élysée a été triplé. Or l'individu, anarchiste ou fumiste, qui a déposé l'engin a donc pu se promener au milieu des agents et se débarrasser de sa marmite sans être ni inquiété ni même aperçu.

Le Matin - 28 juin 1897


L'actualité dramatique

 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

 UN BANQUEROUTIER PRUSSIEN

UN BANQUEROUTIER PRUSSIEN

La police de Sûreté recherchait, depuis quelques jours, un nommé Pierre Corivet, dont le gouvernement allemand avait demandé l'extradition. Cet individu, qui était banquier à Berlin, où il occupait une situation importante, s'était enfui, au mois de juin dernier, en laissant derrière lui un passif considérable.
Pierre Corivet, qui était venu se cacher à Paris, y a été découvert, hier, et arrêté aussitôt par les soins de M. Hamard, sous-chef de la Sûreté. Le banqueroutier allemand a été écroué au Dépôt où il va attendre l'accomplissement des démarches nécessitées par les formalités de l'extradition.

Le Figaro - 2 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 17 décembre

Vendredi
17 décembre 1897

MORT DE DAUDET

M. Alphonse Daudet est mort subitement, hier soir, à huit heures, dans le domicile qu'il occupait depuis peu, 41, rue de l'Université. La nouvelle de ce deuil fut connue vers dix heures dans quelques théâtres et sur le boulevard. On n'y voulait pas croire d'abord, et chacun pensait que le maître avait été frappé par une de ces crises qui, depuis quelques années, étaient venues déjà si gravement compromettre son organisme et l'affaiblir. Mais on ne pouvait supposer qu'ainsi, d'un coup imprévu, il eût été terrassé mortellement.

La nouvelle était cependant vraie, et la mort avait, en deux secondes, brutalement anéanti, d'un choc foudroyant, ce merveilleux esprit.


Le prince Roland Bonaparte vient d'être élu membre correspondant de l'Académie des sciences de Lisbonne et de l'Académie des sciences de Bologne, en remplacement du regretté M. Daubrée, membre de l'Institut.


NOUVEL AN ! ÉTRENNES !!

A côté de l'élégant coffret genre Watteau dont le succès a été tel, l'année dernière, que la grande distillerie Cusenier s'est vue obligée d'en faire cette année une seconde édition, cette maison a monté, pour les étrennes de 1898, un article nouveau appelé à plus de retentissement encore; nous voulons parler de la valise Cusenier avec sa prime « Luciphore ! »

En osier tressé, très solide, cette valise, qui se prête ensuite à mille usages comme élégant panier de voyage, contient six, huit ou douze bouteilles des plus exquises liqueurs et des plus fins cognacs qui ont valu à la grande distillerie Cusenier d'être réputée aujourd'hui, dans le domaine de la distillerie, comme la « première marque du monde ».

Ses prix réduits, 25, 40 et 60 francs, rendue a domicile, absolument franche de tous frais ou droits, font de la valise Cusenier le plus économique, le plus utile et le mieux accueilli de tous les cadeaux. Mandat-poste, 226, boulevard Voltaire, Paris. Grande distillerie Cusenier.

Les numéros 2 et 3 sont, en outre, pourvus, à titre de prime, d'un petit appareil original, le « Luciphore », enflammant automatiquement toutes les allumettes même celles de la régie !


On ne sait pas assez que Monaco, tout en étant le rendez-vous préféré de l'aristocratie et de l'élite mondaine et le centre des élégances et des plaisirs sur la Côte d'Azur, est en même temps une véritable station climatérique et le coin du littoral le plus propice aux guérisons et aux convalescences, grâce à sa température plus douce, à son aération plus favorable, à la pureté de son atmosphère et à son assainissement parfait. Monaco est l'endroit « aseptique » par excellence.

A cette vertu naturelle de la principauté s'ajoute l'efficacité du grand établissement thermal d'hydrothérapie et d'électrothérapie médicales que dirige M. le docteur Guimbail, et où les externes et les pensionnaires trouvent, à côté d'une installation luxueuse, tous les traitements dé la médecine moderne, et notamment les bains et douches, traitements marins et salins, eaux mères, hammam médical, inhalations, oxygène, ozone, électrothérapie complète, transfusions, massage, gymnastique, radiographie.

L'aménagement des « Thermes Valentia » comporte des salons de réunion, un billard, c'est-à-dire l'agréable à côté de l'utile, et les distractions variées alternant avec les médications les plus complètes.


Il faut croire que le rhumatisme et la névralgie sont des maladies distinguées, car aux Grands Thermes de Dax, où elles sont admirablement soignées, on ne rencontre guère que des personnes appartenant au meilleur monde, armée, grand commerce, diplomatie, haute société étrangère. C'est même un des principaux caractères de cette maison, excellente à tant de titres.

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 18 décembre

Samedi
18 décembre 1897

On a introduit en ces dernières années dans les cotillons ultra-élégants, la mode des figures allégoriques, des groupements chorégraphiques dont l'ensemble forme de charmants tableaux vivants. En garder l'image et l'offrir en souvenir aux invités, tel est le rêve, le dernier triomphe du maître de la maison.
Rien n'est plus simple à réaliser. Au moment précis, un éclair de magnésium illumine les salons, et le tour est joué. Une photo-jumelle J. Carpentier, montée sur un pied et dissimulée dans un coin de la salle, a saisi la scène grâce aux amplificateurs, elle donnera une image dont toutes les figures seront aisément reconnaissables. Ceux qui ne possèdent point encore de ces merveilleux appareils dont les usages sont infinis, ou cherchent des idées d'étrennes, les trouveront au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch.


FLEURS ET FRUITS

Conversation avec la femme d'un jardinier

D’un de nos correspondants

Un jardin a toujours eu pour moi un charme inexprimable, aussi est-ce avec un plaisir inouï que, sur l'invitation de l'excellent directeur du journal qui récompense toujours mes fleurs de rhétorique, je me suis rendu chez Mme FiIIon, dont le mari est jardinier à Laroche-Migenne (Yonne).
Le jardinier, habitué à vivre au milieu des séductions florales, est presque toujours aimable. Qu'est-il, en effet, de plus adorable que de créer, c'est presque le mot, des variétés de fleurs chaque année ?
C'est ce qui explique que je fus si bien reçu par Mme Fillon. J'avais à l'interroger au sujet des bons résultats par elle obtenus dans l'essai qu'elle avait fait d'un traitement qui lui avait été conseillé. Depuis trois ans, Mme Fillon, une ménagère modèle, avait été atteinte de douleurs rhumatismales articulaires qui avaient presque entièrement interrompu ses travaux domestiques.
Ses jambes, ses genoux, ses chevilles avaient enflé dans des proportions telles qu'elle ne pouvait plus marcher. Les souffrances continuelles qui la torturaient lui avaient enlevé le sommeil et l'appétit. Elle désespérait d'elle, quand elle lut dans un journal (ce doit être celui qui reproduit cet article) que les Pilules Pink pour personnes pâles du docteur Williams avaient, dans des cas semblables~ donné des résultats surprenants.
Elle prit des Pilules Pink, et le fruit de son traitement fut une guérison radicale de ses rhumatismes articulaires. Bien plus, des varices qui l'affligeaient depuis longtemps diminuèrent dans une proportion étonnante. Elle n'en est plus incommodée aujourd'hui.
Ceux qui feront usage des Pilules Pink en obtiendront les meilleurs résultats. Elles sont efficaces pour l'anémie, la paralysie, ataxie locomotrice, rhumatisme, sciatique, névralgie, danse de Saint-Guy, maux de tête, névroses, scrofules, etc.; elles sont un régénérateur du sang et un tonique des nerfs. Elles redonnent de belles couleurs aux teints pâles, agissent dans toutes les phases d'affaiblissement chez la femme et produisent sur les hommes une action efficace contre toutes les maladies causées par le surmenage physique et mental et par les excès. En vente chez tous les pharmaciens, mais on peut se les procurer au dépôt principal, Gablin et Ce, pharmacien de première classe, 3, cité Trévise, Paris, à 3 fr. 50 la boîte ou 17 fr. 50 par six boites, franco, contre mandat-poste.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 La lune est pleine et on ne sait pas qui l'a mise dans cet état.


258. Charles Denis Bourbaki, décédé à Cambo-les-Bains le 22 septembre 1897, était général de division. Son action durant la guerre franco-prussienne de 1870-71 fut plutôt contrroversée.
Lord Russel vient d'annoncer au Parlement anglais qu'un bill viendrait prochainement renforcer le pouvoir des autorités locales sur le contrôle des aliments. Le bon billet qu'ont les Anglais si cela se passe comme chez nous-Il y a longtemps que nous sommes faits, à ces grandes promesses.
Le meilleur contrôle des aliments est encore de s'assurer un bon estomac par l'usage de l'eau de Pougues.
 Léa d'Asco

Léa d'Asco

A propos de sa tentative de suicide

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 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

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Coup de filet policier

Les braconniers d'eau douce donnent, depuis quelques jours, de la besogne aux agents de l'autorité.

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Les économies de Jean Jollivet l'ont échappé belle

Jean Jollivet a dix-huit ans ; il exerce la profession de valet de chambre. Actuellement sans place, il flânait, avant-hier, dans le faubourg Montmartre, s'arrêtant devant les vitrines qui attiraient sa curiosité.

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 EXCELSIOR

EXCELSIOR !

Las de tous ces potins, de ces honteux ragots

Qui troublent notre esprit de leurs sombres hantises.,

Allons aux purs parfums, aux essences exquises

Nos âmes ont besoin de vous, divins Congos !

Jean des Brettes au savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

Au bal de l'Hôtel de Ville.

Au bal de l'Hôtel de Ville.
Un monsieur met le pied sur la traîne d'une forte dame. Celle-ci se retourne et, devenant pourpre :
— Prenez donc garde, fichu maladroit !
— Madame, répond en s'inclinant l'auteur du délit, croyez que je regrette bien de ne pas l'avoir fait exprès

A la Conciergerie

A la Conciergerie,
Arton met son chapeau, ses gants, prend sa canne, comme un homme qui se dispose à sortir.
Le directeur, naturellement, s'interpose
— Où voulez-vous donc aller ?
— Mais à la Chambre, répond Arton, très correct. Ces messieurs ont bien voulu me faire hier une visite, et il me paraît convenable de la leur rendre.

 Cette folle élucubration nous rappelle les fameuses charades

Cette folle élucubration nous rappelle les fameuses charades dans lesquelles le Victor Hugo des âges pénibles se complaisait
— Mon premier, disait le grand poète, est la réponse d'un client à un menuisier qui lui a compté sur sa facture tes copeaux qu'il n'a point livrés. Mon second est la fin de l'homme, et mon tout un plat fort connu.
Et comme son interlocuteur restait abasourdi, Victor Hugo ajoutait triomphant :
— C'est bifteck aux pommes.
La réponse du client à l'auteur de la facture était en effet: «Biffe tes copeaux ! » s'il faut en croire l'immortel auteur de la Légende des siècles.

 Pensée d'un Alceste de ce temps

Pensée d'un Alceste de ce temps :

— Si un homme veut savoir comme il est peu de chose, combien peu il pèse, il n'a qu'à accompagner sa femme chez la couturière.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 LES BARAQUES - 28-12-1897

LES BARAQUES

Sur les boulevards

Paris a pris aujourd'hui sa physionomie de fin d'année.

Déjà, hier, les baraques, planche par planche, s'édifiaient sur les boulevards et dans les différentes voies où elles se dressent tous les ans.

Dès midi, les devantures se sont levées et les étalages sont apparus aux passants Les plus nombreuses industries qui se pratiquent dans les baraques de fin d'année sont les cartes de visite, la maroquinerie et les jouets.

Un temps admirable a présidé, cet après-midi, à l'inauguration aussi les passants étaient-ils nombreux. D'ailleurs, à cette époque, la population parisienne s'accroît des innombrables provinciaux qui viennent « passer les fêtes dans la capitale. »

Enfin, parmi les petits commerces annuels, il ne faut pas oublier les camelots, qui font le plus de bruit et tiennent le moins de place. Les jouets, questions du jour et devinettes ne se sont guère manifestés encore, mais cela viendra et la Noël n'arrivera pas sans que l'ingéniosité faubourienne nous ait donné quelque petite merveille primesautière et satirique.


Place de la République

Sur la place de la République, la fêté foraine battait également son plein cet après-midi, et la foule y était nombreuse, autour des bonisseurs infatigables et des infatigables chevaux de bois. Une musique endiablée, un charivari de plusieurs orgues jouant sans accord, de bruits de grosse caisse et de la gaieté partout.

C'est la foire.


A Ménilmontant — Aux Halles.

C'est la foire aussi boulevard de Ménilmontant, une des foires faubouriennes des plus réputées, où l'on va un peu comme à Neuilly ou place du Trône.

Enfin, aux alentours des Halles, comme tous les ans, des marchands se sont installés mais c'est toujours la même marchandise qu'à la foire et sur les boulevards, le bruit en moins.

La Presse - 20 décembre 1897

 moeurs électorales - 1897

Un joli trait de mœurs électorales.

Il y a en ce moment un siège de député vacant à Aix-en-Provence c'est la grosse question du moment là-bas dans la petite ville d'habitude si paisible. Quelques jours avant l'ouverture de la période électorale, les gros bonnets du parti radical, MM. Bourgeois et Goblet en tête, avaient fait choix, dans le plus grand mystère, d'un candidat aimé dans le pays. C'était un « Homme de talent et d’esprit, juge au Tribunal civil de la Seine, M. Victor Fabre.
Ce candidat, né sous les platanes du cours Mirabeau, avait des chances de rallier tous les suffrages de ses compatriotes. M. Victor Fabre partit donc l'autre soir, ayant en poche un congé régulier. Le lendemain, les membres du Comité l'attendaient à la gare. Compliments, embrassades Monsieur Victor par-ci, par-là « Et maintenant, dit le président, nous allons réunir le congrès des maires.» Stupeur du candidat. «Et pourquoi ? reprit M. Fabre. — Pour le principe. — Alors, de sollicité je deviens solliciteur ? Bonsoir ! »
Et M. Victor Fabre courut embrasser sa vieille mère, reprit le train et rentra à Paris.

Le Figaro - 17 février 1897

 Voici à nouveau les garçons de - APL 24 janvier 1897

Voici à nouveau les garçons de café partis en guerre pour obtenir le droit au port de la barbe, ce plus bel ornement du sexe fort.
L'aube de 1897 devait être, pour la corporation, l'heure de la délivrance, et l'époque des étrennes passée les garçons entendaient
laisser croitre à leur guise barbe et moustache.
Hélas ! ils ne touchent pas encore au terme de leur désir !
En 1891, on s'en souvient encore, un premier mouvement de révolte se produisit. Il y eut de nombreuses réunions dont une présidée par M. Marguery, président du syndicat de l'alimentation, et le restaurateur promit son dévoué concours aux garçons de café.
Dès lors, ils crurent avoir cause gagnée et trop tôt chantèrent victoire. Des clients réclamèrent le retour aux anciens usages, ne pouvant se faire à l'idée de voir leur chateaubriand servi par des visages barbus; des défections se produisirent, et les vingt mille garçons de café de Paris durent, à leur grand désespoir, raser leur moustache naissante.
L'opposition des grands cafés et des grands restaurants n'a pas voulu jusqu'à présent se laisser fléchir.
Et savez-vous quel est le motif de cette opiniâtre résistance ?
C'est M. Marguery lui-même qui va nous la donner :
— Les garçons, fait remarquer l'inventeur de la fameuse sole Sarcey, ont l'habitude de gouter aux plats qu'ils servent aux clients. Lorsqu'ils sont fraichement rasés, ils peuvent prestement s'essuyer la bouche d'un revers de main, tandis qu'avec une barbe de sapeur ou une luxuriante moustache, il est à craindre que des traces accusatrices ne viennent révéler au client l'indiscrétion commise.
Cette explication en vaut bien une autre ; elle a, dans tous les cas, l'avantage de rassurer le client contre toute tentative d'empoisonnement.
La galerie suivra avec intérêt la lutte qui vient de s'engager entre garçons et patrons, mais serait beaucoup plus disposée, croyons- nous, à donner son approbation à une autre réforme : la suppression du pourboire.

APL 24 janvier 1897

 CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

Une idée de M. Méline — Loin des indiscrétions — La préparation des projets.

On ignore généralement qu'en dehors des conseils ordinaires qu'ils tiennent les mardi, jeudi et. samedi de chaque semaine, les ministres, depuis l'avènement du cabinet actuel, ont des réunions non officielles dans lesquelles ils discutent et préparent les affaires qu'ils sont appelés à. résoudre dans les réunions officielles.

Toutefois, les discussions officieuses ont lieu à table, entre la poire et le fromage, pour ainsi dire. M. Méline, en effet, a inauguré ce système il y a un an, en instituant un dîner hebdomadaire qui a lieu le vendredi soir chez chaque ministre à tour de rôle. Comme il y a onze ministres, le tour de chacun d'eux revient tous les trois mois environ. Le président du conseil inaugure chaque série et les autres membres du cabinet continuent suivant un ordre déterminé par les convenances personnelles de chacun d'eux. Ainsi le dernier dîner de ce genre a ou lieu au ministère de la guerre. Là, à l'abri des indiscrétions de la presse, les ministres s'entretiennent dans l'intimité des diverses questions qu'ils traitent et résolvent ensuite officiellement dans les conseils de l'Élysée, sous la présidence de M. Félix Faure. Grâce à ce rapprochement, bien des discussions irritantes, bien des questions personnelles, beaucoup de petits conflits ont pu être prévenus ou heureusement terminés. Seules, les vacances viennent interrompre ces agapes ministérielles c'est ce qui va arriver pendant les vacances de Pâques actuelles.

Ce petit détail de la vie gouvernementale n'avait jamais été révélé jusqu'ici, et il nous a paru assez intéressant pour être signalé au public.

Le Matin — 17 avril 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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