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SIXIEME ANNÉE N°2713

 

117ème jour de l'année

   


Jeudi
27
Avril 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LES MISÈRES DE L'OCTROI

LES MISÈRES DE L'OCTROI

Lorsque, l'année dernière, M. Émile Zola signala le zèle excessif des agents de l'octroi qui, après avoir sans scrupules essuyé leurs mains à ses chemises et à ses chaussettes, avaient été sur le point de les tremper dans son bocal de cornichons, l'administration protesta contre la susceptibilité irréfléchie du célèbre écrivain. On formulait bien un regret courtois qu'un gabelou; peut-être désireux de connaître les dessous de son auteur favori, n'eût pas apporté plus de discrétion dans l'accomplissement de ses devoirs. Mais on fit remarquer que l'administration, également préoccupée de la tranquillité du public et de la sauvegarde de ses droits, avait adopté pour règle de ne visiter que deux ou trois valises choisies au hasard, à l'arrivée de chaque train. Dans ces conditions, il était nécessaire d'entretenir une crainte salutaire dans l'âme des fraudeurs et d'explorer les colis avec une minutie dont les victimes devaient se consoler en songeant qu'elles payaient pour les autres.

Si ces libérales instructions ont existé, elles ont été singulièrement modifiées. Je rentrais l'autre jour de Bruxelles par l'express qui arrive à Paris vers six heures du matin. Nous étions une trentaine de voyageurs n'ayant que des bagages portés à la main. Pas une valise n'a échappé à la visite. Deux dames ont dû ouvrir un de ces sacs en maroquin gros comme un dictionnaire qui contiennent juste un nécessaire de toilette. Et quelle visite ! Le contenu de ma valise était réduit au strict minimum: un costume de rechange, un nécessaire de toilette, des chaussures et très peu de linge. Pas une boîte, pas le moindre paquet pouvant paraître suspect. Si, un seul, composé par quatre volumes de Bœdecker. Non content de retourner chemises, gants, chaussettes, de sonder mes bottines, le gabelou m'a obligé à sortir ces bouquins de leur enveloppe il avait flairé du bœuf fumé!

Tout le monde a dû subir des investigations semblables. Et comme la Compagnie du Nord, ne prévoyant pas ce zèle, a placé à cette sortie une banquette sur laquelle tiennent à peine quatre valises, les trois quarts des voyageurs en sont réduits à étaler leurs bagages à terre.

— Ce n'est point notre faute, nous avons des ordres, me fit observer très poliment un douanier, tandis que son chef traitait avec beaucoup moins de courtoisie les nombreuses femmes, peu expertes en distinctions fiscales, étonnées d'avoir à supporter les vexations de l'octroi après avoir été si libéralement traitées par la douane.

Car une comparaison s'impose. L'homme distingué qui se trouve à la tête de l'administration des douanes, tout en défendant, comme il convient, les intérêts du Trésor, a su mettre ses agents en garde contre les tracasseries inutiles. M. Pallain croit inutile de molester tous les Français qui se présentent à la frontière dans l'espoir d'augmenter les recettes du Trésor de quelques pauvres billets de mille francs. A l'octroi de Paris, on a une théorie contraire tout agent qui ne dresse pas un nombre minimum de procès-verbaux est mal noté.

Résultat on cherche dans les sacs à parapluies des touristes un saucisson qu'on n'y trouve jamais. En revanche, nous apprenons périodiquement l'arrestation d'un industriel qui fraudait l'octroi depuis plusieurs années pour des centaines de mille francs.

Les ronds-de-cuir qui sont à la tête de l'octroi de Paris imprimeront peut-être une nouvelle direction à leurs agents le jour où ceux-ci auront eu la maladresse de pincer un conseiller municipal.

Fernand Honoré
Le Figaro — 20 septembre 1897

L'actualité dramatique

 Le drame de la rue d'Angoulême

Le drame de la rue d'Angoulême.

Un terrible drame de la misère s'est déroulé hier, 37, rue d'Angoulême.

A cette adresse habitaient M. Jules Fourneau, âgé de quarante-sept ans, garçon coiffeur, et sa belle-mère, Mme veuve Astier, âgée de soixante-onze ans.

Le gendre et la belle-mère étaient venus habiter rue d'Angoulême à la suite du décès de Mme Fourneau.

Il y a quelque temps, Mme veuve Astier tombait gravement malade et se trouvait dans l'impossibilité de travailler.

Peu après, le garçon coiffeur perdait son emploi et ne parvenait pas à trouver une nouvelle place.

Bref, ces jours derniers, les deux malheureux ne pouvaient payer leur terme et se trouvaient sans un sou pour vivre. Ils résolurent alors de se tuer.

Le 13 courant, ils s'enfermaient dans leur chambre, dînaient confortablement, puis absorbaient de l'acide sulfurique mélangé à une infusion de camomille. Ils fixaient ensuite une corde aux triangles des rideaux de deux fenêtres se faisant vis-à-vis, et se pendaient.

Hier après-midi, les voisins, ne les voyant pas sortir, prévinrent M. Daltroff, commissaire de police, qui fit ouvrir la porte par un serrurier et trouva les deux cadavres pendus en face l'un de l'autre, dans un état de décomposition déjà avancé.

Fourneau et la veuve Astier avaient écrit avant de mourir, un billet dans lequel ils déclaraient qu'ils se suicidaient pour échapper à la terrible misère qui les étreignait.

Le Matin — 17 avril 1897

 Infanticide

Infanticide

Des mariniers retiraient, il y a quelques jours, du canal. Saint-Martin, le cadavre d'un nouveau-né. M. Carpin, commissaire de police, appelé à procéder aux constatations usitées en pareil cas, s'était fait accompagner d'un médecin qui déclara que l'enfant, une .petite fille, avait été étranglée avant d'être jetée à l'eau. Le corps fut transporté à la Morgue.

On recherchait vainement l'auteur de cet infanticide, lorsqu'un renseignement fourni au commissaire de police lui permit d'arrêter la coupable, une jeune fille de vingt et un ans, qui, arrivée à Paris le 26 juillet dernier, était venue se loger dans un hôtel meublé de la rue des Récollets, où elle avait dit s'appeler Alphonsine Neau. Tout le monde, dans la maison, remarqua qu'elle était dans un état de grossesse très avancé. Aussi se montra-t-on fort surpris quand, quelques jours plus tard, on constata qu'elle avait maigri dans des proportions extraordinaires. Cela parut d'autant plus singulier au propriétaire de l'hôtel qu'Alphonsine Neau s'était toujours opposée à ce qu'on entrât dans sa chambre. Il alla faire part des soupçons qu'il avait conçus à M. Carpin, qui fit aussitôt appeler la jeune fille à son cabinet.

Tout d'abord, elle nia avoir accouché clandestinement, mais, en présence de preuves irréfutables, elle finit par avouer que, dans la nuit du 10 au 11 août, elle avait mis au monde une petite fille qu'elle avait étranglée aussitôt sa naissance. Le lendemain, à la tombée de la nuit, elle était allée jeter le cadavre à l'eau. Elle ajouta que son véritable nom était Angèle Nicaise et qu'elle était âgée de seize ans et demi. Avant de venir à Paris, elle était bonne à tout faire chez un habitant de La Chapelle-sur-Cère (Seine-et-Marne). Angèle Nicaise a été envoyée au Dépôt.

Le Figaro - 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 29 janvier

Vendredi
29 janvier 1897

L'album de photographies offert au Tsar par le Président de la République a été expédié hier à Saint-Pétersbourg. Il contient une centaine de photographies qui sont, ou des « instantanés » des vues et des épisodes les plus caractérisa tiques du voyage impérial, depuis l'arrivée à Cherbourg jusqu'à la revue de Châlons, ou des portraits des personnages principaux qui ont pris part à ces inoubliables fêtés. Tous ces clichés ont été exécutés par le photographe de la Présidence, M. Paul Boyer.

L'album est recouvert d'une très belle reliure en maroquin du Levant sur laquelle se détachent les initiales russes des souverains, surmontées de la couronne impériale, eh argent ciselé.

La photographie de M. Félix Faure naturellement dans cette collection ! Le Président l’a signée.


On disait que le vieil usage d'envoyer des cartes de visite à l'occasion du jour de l'an tombait en désuétude et ne tarderait pas à disparaître. Mais la statistique vient à point détruire cette illusion.

Pour la seule recette principale de la Seine, le nombre des cartes de visite manipulées à l'occasion du jour de l'an a été de 18,989,900. Ce chiffre est de 3,133,095 supérieur à celui des cartes de visite de la période correspondante de 1896.

Ce n'est pas précisément ce qu'on peut appeler une décroissance.


CERCLES

Demain soir, on entendra dans le salon du cercle de la rue Royale le Chanteur automate, le nouvel appareil phonographique qui a fait ses premières armes au Figaro la semaine dernière.

On exécutera douze morceaux variés (orchestre, chant et dialogue). La séance, qui commencera à dix heures et demie, durera trois quarts d'heure.

 

L'Exposition annuelle de peinture et sculpture au cercle de l'Union artistique sera ouverte au public du 1er  février au 4 mars, de onze heures du matin à quatre heures du soir, les vendredis exceptés qui sont réservés aux familles des membres du cercle.

Dimanche prochain aura lieu le vernissage de ce salon. On y a invité les seuls critiques d'art de la presse parisienne et étrangère.


Saint-Pétersbourg, 28 janvier.

Les Novosti considèrent la visite du comte Mouraview il Paris comme une nouvelle preuve que toutes les tentatives des adversaires de l'alliance franco-russe pour empêcher le développement régulier dans un sens de confiance mutuelle ne sauraient aboutir. Le journal ajoute que c'est aussi une preuve que cette alliance est tellement affermie et que ses racines sont si profondes, que les hommes politiques russes et français peuvent hardiment aller au-devant de l'avenir.


On nous prie de recommander au bon cœur de nos lecteurs une famille dont la situation est digne de sympathie.

M. et Mme Tilmont demeurent, 7, rue de la Ferronnerie. Le mari, malade, ne peut travailler. Ils ont deux enfants l'aîné, âgé de douze ans, est au lit depuis deux ans, le plus jeune est âgé de six mois.

Mme Tilmont, seule, ne peut subvenir aux besoins de tous et cependant la courageuse femme ne demande que du travail, espérant toujours sortir de cette situation terrible. Un secours, quelque minime qu'il fût, l'aiderait à attendre et peut-être à guérir ses deux malades, dont le retour à la santé ramènerait sinon l'aisance, du moins la fin de cette navrante misère.

sans titre 1
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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Il vaut mieux passer à La Poste hériter qu'à la postérité!


270. M. Méline, Président du Conseil en 1897, était en même temps ministre de l'Agriculture.

La consommation de l'alcool à Stockholm.

M. Alphonse Humbert, dans un de ses derniers articles, raconte qu'à Stockholm, ville de plusieurs centaines de mille âmes, grâce à certains moyens intelligents, on est arrivé à enrayer, la consommation de l'alcool, si bien qu'on n'y compte pas actuellement plus de soixante-quatre cabarets, très bien tenus, où seuls sont débités les boissons et apéritifs de premier choix.
Voilà évidemment qui explique le succès qu'y obtient le Quinquina Dubonnet.
 Un garçon de recettes disparu - les aveux

Un garçon de recettes disparu

Les aveux des assassins

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 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

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Drame passionnel

Le passage Verdeau, qui va de la rue Grange-Batelière à la rue du Faubourg-Mont-martre, a été, hier matin, le théâtre d'une scène dramatique

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Le crime de la rue de Miromesnil

Un affreux drame conjugal ayant eu, paraît-il, la jalousie pour mobile, s'est passé, hier, rue de Miromesnil, 42.

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 L'ART DE BIEN VIVRE

L'ART DE BIEN VIVRE

Naitre c'est le bonjour, mourir c'est le bonsoir.

Entre .ces deux saluts, parfumez-vous sans cesse

Au savon du Congo, source de douce ivresse,

Ainsi vous vieillirez sans vous apercevoir.

Pierre Joyeux au savonnier Victor Vaissier

Nouvelles à la main

Taupin, qui n'a pas de famille

Taupin, qui n'a pas de famille, a passé la journée du 1er janvier à tisonner mélancoliquement, en repassant ses vieux souvenirs.
Vers le soir, un camarade frappe à la porte de son atelier.
— Ah mon cher, s'écrie Taupin, ta visite me fait plaisir. Pas un mufle, excepté toi, n'est venu me voir.

 Premiers froids

Premiers froids.
Emmitouflé de fourrures, un monsieur très frileux passe sur le boulevard. Un distributeur de prospectus lui tend un imprimé.
Alors, le monsieur, très poli, sans sortir de ses poches ses mains confortablement gantées :
— Mon ami, je vous remercie. Ayez l'obligeance de jeter vous-même ce papier sur le trottoir.

Perplexités épistolaires.

Perplexités épistolaires.
— Comment commencer ma lettre?... En somme, c'est une grosse personnalité... Si je mettais... « Cher et honoré maître? »
— Y penses-tu ?... une fripouille pareille !
— Alors quoi?
— Ecris simplement... « Mon cher confrère ...! »

 En Cour d'assises.

En Cour d'assises.

Au moment où « maîtresse X », avocate de l'accusé, se lève pour prendre la parole, un juré se penche, vers son voisin :

— Dites-donc, elle est délicieuse, cette petite-là.

— Je vous crois.

— On dit qu'elle a du talent.

— Un talent énorme.

— Vous la .connaissez ?

— C'est ma femme.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Vers le pôle Nord.- 1897

Vers le pôle Nord.

L'envoyé spécial d'un journal allemand au Spitzberg raconte, dans une longue dépêche, l'émouvant départ du ballon de M. Andrée pour les régions polaires.

Dimanche dernier, à deux heures de l'après-midi, le vent soufflant du Sud-Ouest, MM. Andrée, Fraenkel et Strindberg sont montés dans la nacelle de l'aérostat, tandis que M. Machuron présidait à terre aux manœuvres du départ. Au commandement de M. Andrée, les cordes ont été coupées et, aux cris de « Vive la Suède! vive la Norvège! » les explorateurs sont montés dans les airs.

Presque aussitôt, un coup de venta failli précipiter le ballon dans la mer. On s'est aperçu à ce moment que trois guideropes sur lesquels M. Andrée comptait particulièrement s'étaient détachés pendant l'ascension. Les aéronautes, fort heureusement, en ont d'autres dans la nacelle.

A deux heures et demie, le ballon prenait la direction du Nord. Une demi- heure plus tard, il avait disparu de l'horizon.

Avant le départ, M. Andrée avait adressé à S. M. le roi de Suède la dépêche suivante

« Au moment de leur départ, les membres de l'expédition au pôle Nord prient Votre Majesté d'accepter leurs très humbles salutations et l'expression de leur très vive reconnaissance. ANDRÉE. »

Le Figaro - 18 juillet 1897

 RÉVOLUTION PACIFIQUE - 16 décembre 1897

RÉVOLUTION PACIFIQUE

« Bonne santé » c'est le souhait qui s'échange le plus fréquemment, à la Noël, au Jour de l'an. Comme il était ironiquement triste, jusqu'alors, pour les anémiques qu'aucun remède ne pouvait guérir ! Mais en fin de 1897 et commencement de 1898, ce sont précisément aux anémiques qu'on pourra le plus sûrement souhaiter Bonne santé N'ont-ils pas en effet la certitude absolue de guérir, grâce à l'élixir et à la confiture Saint-Vincent-de-Paul, dont la Mère générale supérieure de l'Ordre a autorisé les Filles de la Charité à livrer l'exploitation à la pharmacie ? Pharmacie centrale des grands boulevards et toutes pharmaciens. Se méfier des imitations.

Le Figaro - 16 décembre 1897

 PETITE NOUVELLE - CHat noir Fig 1/01/97

PETITE NOUVELLE

Rien de plus agréable que d'aller passer sa soirée au Chien Noir », l'élégant cabaret du Nouveau-Cirque de la rue Samt-Honoré. On y entend les chansonniers Hyspa, Bonnaud, Lemiercier, l'exquis compositeur Paul Delmet, le poète Emile Goudeau disant ses vers hardis et charmeurs, Botrel et ses refrains bretons, et ces trois délicieuses artistes qui ont nom Balfa, Dechamp et Nadine Delpierre.

Le Figaro - 1er janvier 1897

 La peine de mort - Le gaulois - 4 janvier 1897

La peine de mort.

L'électrocution, n'ayant pas remplacé la potence avec assez d'avantages, une commission a été nommée outre-mer pour rechercher un procédé plus « humain» et plus pratique à la fois. Cette commission, après un an de travaux, vient de se prononcer en faveur de l'asphyxie par le gaz d'éclairage. Un de ses membres déclare que c'est par le gaz seul que l'on peut obtenir les résultats demandés en vain à l'électricité. Certes, la mort ne sera pas instantanée, mais on pourrait exécuter doucettement les assassins dans leur sommeil, sans douleur, sans qu'ils s'en doutent. Nous verrons si ce système « humain» pour les criminels, sera adopté.

Le gaulois - 4 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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