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SIXIEME ANNÉE N°2619

 

23ème jour de l'année

   


Lundi
23
Janvier 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Les Causes de l’Anthropophagie - 1897

Les Causes de l’Anthropophagie

Les savants ont longuement recherché en ces dernières années quelles étaient les causes et les origines de l'anthropophagie, dont les horribles coutumes subsistent encore puisque, il y a deux ou trois ans, un de nos compatriotes était dévoré par les indigènes de la côte de Guinée.

L'anthropophagie est-elle une manière d'honorer les morts et de s'assurer par l'absorption de leurs restes l'héritage des vertus guerrières dont ils ont fait preuve ? Ou ne faut-il voir en cet usage qu'une coutume où la gourmandise seule trouve son compte Les deux opinions ont été détendues.

Voici qu'un égyptologue anglais de grand renom, M. Flinders Petrie, apporte une intéressante contribution à l'étude de cette question. Dans un article que reproduit la Revue des Revues, il invoque le témoignage d'un document vieux de trois mille ans, exhumé d'une nécropole non loin du Caire, qui montre que le cannibalisme était pratiqué par les habitants du pays.

En des festins funèbres, on mangeait les bras et les jambes de ceux que l'on voulait honorer. Cette cérémonie que plusieurs Pharaons s'efforcèrent d'interdire se maintint longtemps en Égypte malgré les peines qui frappaient ceux qui y participaient.

Ce fait s'ajoute à nombre d'autres desquels on peut inférer qu'une véritable psychologie se liait aux actes d'anthropophagie et que ceux-ci n'étaient pas toujours dictés par un grossier matérialisme. Lorsqu’un grand guerrier mourait dans un combat, les survivants, les vainqueurs, estimaient que l'occasion était bonne de s'approprier son courage en mangeant sa chair et en buvant son sang. Dans certaines tribus de la Polynésie, on considérait que manger ses parents c'était leur faire des funérailles plus honorables un rite religieux s'associait ainsi au cannibalisme, et les vieillards très résignés annonçaient eux-mêmes les agapes pieuses où se disperseraient leurs dépouilles. Peut-être ces pratiques se sont-elles maintenues dans quelques îles perdues de l'océan Pacifique.

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M. Flinders Pétrie nous assure que les sauvages de l'Amérique du Sud disent encore : « II vaut mieux finir dans le ventre d'un ami qu'englouti dans la terre froide. Dans nos régions glaciaires, les Ostiak et les Samoyèdes pensent que les anciens auront une vie future plus douce et plus heureuse si on les mange auparavant. C'est aussi l'opinion de quelques Thibétains. C'était dans l'antiquité celle des Massagètes qui d'après Strabon, « aimaient mieux, mander leurs parents ou leurs amis devenus vieux que les abandonner à la morsure des vers ».

Il est constant que la plupart des anthropophages ne mangent nullement de la chair humaine poussés par le besoin. On peut citer à ce propos les Cafres, qui se livraient à leurs sanglantes hécatombes au milieu de l'abondance et sous un climat fertile. Chez eux, l'anthropophagie parait avoir été représailles de guerre ; peut-être entendaient-ils enlever aux vaincus même l'honneur de la sépulture.

Maintenant, il est indéniable qu'en certaines contrées les festins de chair humaine n'ont pas d'autre cause que la gourmandise. C'est, notamment, une nourriture usuelle dans quelques tribus congolaises voisines de nos possessions ou résidant même sur notre territoire. On se rappelle qu'il y a sept ou huit ans les cannibales du Haut-Oubanghi ont massacré et mangé un sous-officier français et les dix noirs qu'il commandait.

Dans l'Oubanghi, il ne se passe pas de jour que l'un ou l'autre village n'immole une victime destinée à faire les frais d'un repas. C'est tantôt la mort d'un chef qui sert de prétexte, tantôt la glorification d'une victoire, tantôt l'annonce d'une bonne nouvelle c'est aussi la jalousie et l'orgueil qui s'en mêlent, et tel chef luttera contre tel autre roitelet de village pour avoir la renommée d'immoler le plus grand nombre d'esclaves.

Souvent, un esclave est acheté par le chef, nourri, engraissé à grand renfort de bananes et de manioc, pour servir à un festin public. Dans le village, chacun s'intéresse à ce prisonnier dont la valeur gastronomique est pendant longtemps l'objet des conversations : « Vraiment, sa peau est brillante, ses muscles sont fermes, il n'y a pas trace d'ulcères la chair paraît bonne ; ce sera un fin régal », disent les commères. C'est ainsi que dans nos famille villageoises on engraisse le porc, et lorsqu'on le tue vers la Noël c'est fête pour la famille et les amis.

De l'avis des cannibales, la chair humaine constitue un manger fort délicat et possède une saveur supérieure à celle des animaux. Les Bassas de Sumatra disaient à Marsden (History of Sumatra) que la plante des pieds et la paume des mains, grillées, étaient particulièrement excellentes, parce qu'il y a beaucoup de parties tendineuses, comme dans les pieds des jeunes chameaux. D'autres anthropophages ont avoué leur préférence pour les morceaux de la cuisse et de l'épaule. Quand la victime est un blanc, la joie est à son comble dans la bande des convives. « La chair de l'homme blanc a un goût de banane mûre », disait un Polynésien, grand amateur de noces et festins. Un chef Catta avouait en ces termes à un missionnaire sa passion pour cette sorte de nourriture : « Dis tout ce que tu voudras, dis que c'est horrible, inhumain, atroce, mais ne dis pas que c'est mauvais. »

Juvénal n'a-t-il pas consigné lui-même dans ses écrits une opinion analogue et n'a-t-on pas vu, au temps de l'empereur Commode, des Romains raffinés dam le luxe de la gourmandise pousser la passion jusqu'à goûter de la chair humaine ? Cela se passait dans cette même époque où Vedius Pollion faisait engraisser les murènes de ses viviers avec la chair des esclaves qu'il condamnait à mort. Par perversion, on peut donc revenir aux pratiques du cannibalisme. On prétendait, récemment, qu'il y avait beaucoup de cannibales ignorés parmi les habitants du Brésil : un de ces anthropophages de race blanche était condamné à mort pour de nombreux meurtres par le Tribunal de Minas-Geraes il y a quelques années.

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L'anthropophagie n’est pas particulière à telle ou telle race. Elle a régné chez toutes les races d'hommes noires ou blanches, basanées ou cuivrées. Dans notre pays, de nombreuses traces de cannibalisme ont été observées par les savants au milieu des débris de l'âge de bronze. C'est à des actes d'anthropophage qu'ils attribuent la présence d'ossements humains fracturés et brisés dans les grottes de l'Ariège, de l'Ardèche, dans les stations lacustres de Hobenbausen et de Saint Aubin en Suisse, dans les cavernes du Portugal et de l'Espagne, etc.

« Avec nos anthropologistes et ethnographes contemporains, dit M. La Bonnardière, il faut s'habituer à l'idée que nos premiers ancêtres ont pu pousser la sauvagerie jusqu'à l'anthropophagie et convenir avec MM. Gérard de Rialle et Carl Vogt que l'anthropophagie indique chez les peuples primitifs une culture relative. D'après Carl Vogt, l'anthropophagie est un de ces usages qui forment un passage général et par conséquent nécessaire de tout développement de la civilisation humaine, et les tribus adonnées au cannibalisme sont en général plus avancées dans l'agriculture, les arts, la législation, que les tribus qui repoussent ces horreurs.

Des vestiges de la coutume anthropophagique se retrouvent ainsi chez presque tous les peuples du Nord. Pline la signalait chez les Scythes et les Sarmates Strabon, chez les Massagètes. Diodore de Sicile accuse les Bretons habitant l'Irlande de partager le même goût pour la chair humaine. Une horde d'Anglais qui envahit la Gaule au quatrième siècle observait encore le vieil usage.

Valensol.

Le Petit Parisien - 28 juillet 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE SAINT-MAUR

LE DRAME DE LA RUE SAINT-MAUR

Assassin de sa fille

Un drame terrible, sur les causes duquel la police n’est pas encore fixée, s’est déroulé l’avant-dernière nuit, 210, rue Saint-Maur. Un père a tué sa fille à coups de revolver et, son crime commis, a essayé de se trancher la gorge à coups de rasoir.

Le père assassin est un nommé Eugène Lamarre, âgé de quarante-deux ans, ouvrier en stores, qui habitait depuis six mois, avec sa fille Marthe, âgée de dix-sept ans, un petit logement situé au troisième étage.

Lamarre avait perdu sa, femme, il y a un an, et depuis lors, racontent les voisins, se livrait à la boisson.

Est-ce dans un accès d’ivresse que Lamarre a accompli son crime. On l’ignore, la jeune fille étant morte et le meurtrier n’ayant pas encore pu prononcer une parole.

— J’ai été réveillé en sursaut, a déclaré un voisin, au milieu de la nuit, par les cris d’appel de la jeune Marthe. Comme je me précipitais vers la porte du logement de mon voisin, j’entendis plusieurs détonations.

»En même temps que moi arrivaient d’autres per-, sonnes. On fit sauter la porte d’un coup d’épaule.

» Dans la chambre, un spectacle horrible s’offrit aux regards des arrivants. Dans une mare de sang, gisait le corps de Marthe. La malheureuse avait été atteinte de trois coups à la tête.

» A côté d’elle, son père, la gorge à moitié tranchée par un- coup de rasoir. »

Marthe est morte pendant qu’on la transportait à l’hôpital Saint-Louis. Quant au meurtrier, son état est désespéré.

Le Gaulois — 4 avril 1897

 Un drame de la jalousie

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse, fit à celle-ci des remontrances qui furent assez mal accueillies.

— C'est bien, dit-il à Eugénie, je vais te surveiller et si je te trouve en défaut je te tuerai.

Il acquit sans nul doute la preuve de la trahison de sa compagne, car avant-hier, en rentrant vers minuit, il lui reprocha en termes violents sa conduite. Comme la malheureuse ne se défendait que par des injures, Moynet, exaspéré, s'arma d'un couteau qui se trouvait sur la table et en frappa sa maîtresse à coups redoublés. En voyant le sang couler des multiples blessures qu'il venait de faire à sa victime, il prit la fuite en criant dans l'escalier

— Je l'ai tuée je l'ai tuée

Des voisins se portèrent aussitôt au secours de la pauvre femme, mais tous les soins demeurèrent sans effet, elle rendit bientôt le dernier soupir.

On envoya chercher M. Duponnois, commissaire de police, qui, tout en procédant aux premières constatations, s'empressa d'aviser le service de la Sûreté de la fuite de Moynet. Des agents se mirent de suite à sa recherche. Ils ne l'ont trouvé qu'hier matin dans un débit de vins du voisinage. Le corps de la femme Bossin a été transporté à la Morgue pour que l'autopsie en soit faite par un médecin légiste.

Le Figaro - 24 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 21 janvier

Jeudi
21 janvier 1897

BOUM ET BALOU

Du Gaulois.

Les amis de Boum et de Balou n'apprendront pas sans une certaine satisfaction que la santé des deux intéressants pensionnaires du Jardin des Plantes n'offre plus les mêmes, inquiétudes que ces jours derniers. Boum, le chimpanzé mâle est désormais hors de danger. C'est la juste récompense de la docilité exemplaire qu'il a montrée au cours de sa maladie. Il ne s'est dérobé à aucune potion, si amère fût-elle et le voilà maintenant -rendu à ses chères habitudes.

Quant à Balou, .la compagne de Boum, elle fait preuve d'un déplorable entêtement. Les gardiens doivent se mettre à cinq pour lui faire ingurgiter une simple tasse de sirop. Et gare aux morsures ! car Balou est sans pitié pour ses bienfaiteurs. Néanmoins elle va mieux. « Voyez-vous, nous disait hier le gardien, je comprends bien que la pauvre bête n'est pas encore complètement guérie. Quand je lui demandera « Veux-tu- fumer, Balou ? »

elle détourne tristement la tête. Tout au plus accepte-t-elle quelques menues friandises. »

Ça c'est un signe car griller de temps à autre une cigarette était le péché mignon de Balou,


Hier, à trois heures après-midi, le président de la République, accompagné du général Tournier et du. lieutenant-colonel Ménétrez, a visité l'exposition annuelle de peinture et de sculpture du Cercle de la rue M. Paul Tillier, président du Cercle, les membres du bureau et de la commission .artistique ont reçu M. Félix 'Faure à son arrivée et l'ont conduit travers les salles. Le président, qui n'a pas ménagé ses félicitations aux' artistes, s'est surtout arrêté devant le Docteur Peyrot, de Bonnat; Lord Dufferin, de Benjamin Constant; le Portrait de Mme L. de Jules Lefebvre M. Brisson, de Weerts l'Yvonne, de Bouguereau; la' Nuit de Noël, d'Adrien Demont le buste de son père, par Alfred Boucher, et celui de Mme J. -de Denys Puech.


La Sainte-Agnès, qui tombe aujourd'hui, est une des fêtes du calendrier le plus impatiemment attendues par les jeunes filles.

La légende veut, en effet, que, dans la nuit qui précède cette fête, les jeunes filles votent en rêve le jeune homme qu'elles épouseront dans l'année. Lorsque Symphronius, préfet de Rome, traînait Agnès en prison et la menaçait des supplices les plus atroces si elle ne consentait point à épouser son fils, la vierge répondait «Je me suis déjà fiancée à un époux plus noble et plus beau que votre fils et qui m'a promis des présents plus magnifiques que les vôtres. Je me suis vouée à lui sans réserve et je lui garde ma foi. »

Cette foi que la sainte gardait au Seigneur, les jeunes filles, dit la légende, doivent également la garder au fiancé que le « rêve de sainte Agnès » leur a montré.

Allons, mesdemoiselles, dites à vos mères à qui vous avez rêvé cette nuit !


UN NOUVEAU LAROUSSE

Le Grand Dictionnaire Universel de Pierre Larousse, en 17 volumes, dont la célébrité est proverbiale dans le monde entier et qui jouit d'une si légitime autorité», est le type par excellence des Dictionnaires encyclopédiques. Malheureusement, ses dimensions colossales et, par suite, son prix élevé, n'en permettent pas l'acquisition à tous ceux qui voudraient posséder ce répertoire des connaissances humaines.

Des ouvrages de moindre étendue ont été publiés, mais ils sont loin de satisfaire aux exigences de notre époque, et on peut dire qu'il n'existe pas jusqu'ici, en France, de Dictionnaire encyclopédique contenant, sous une forme concise, tout ce qui est du domaine d'un esprit cultivé ou simplement curieux.

Celui que la Librairie Larousse mettra prochainement en vente et que nous annonçons d'autre part répond donc à un impérieux besoin. Un immense succès lui est assuré. Les éditeurs ont d'ailleurs eu l'excellente idée d'en fractionner le paiement en mensualités très modiques, de manière à mettre ce magnifique ouvrage à la portée de toutes les bourses.

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 22 janvier

Vendredi
22 janvier 1897

Blessé par un bicycliste.

Un jeune homme de dix-neuf ans, M. Pierre Lobersky, traversait, hier matin, la place Saint-Michel, lorsque, eu voulant se garer d'un omnibus, il fut renversé par un bicycliste qui venait en sens inverse. M. Lobersky fit une chute si malheureuse qu'il se fractura la jambe. On a dû le transporter à l'Hôtel-Dieu.

Le procès-verbal d'usage a été dressé contre l'auteur de l'accident.


Le Président de la République a beaucoup admiré, on le sait, l'aquarelle de M. Édouard Detaille sur la Revue de Châlons, lorsqu'elle lui fut présentée à l'Élysée avant d'être expédiée à Saint-Pétersbourg.

Très sensible à l'admiration présidentielle, M. Édouard Detaille a voulu que M. Félix Faure possédât un souvenir de lui, et il lui a fait parvenir un magnifique « chasseur ».

Mais ce chasseur-là ne fera pas concurrence au Président de la République dans les tirés de Marly c'est un chasseur alpin, bien campé, martial, comme Detaille les sait faire.


Lutter contre la dépression des forces et la mollesse des fonctions, voilà le labeur ordinaire de l'art médical, surtout pendant la saison froide et humide. Les corps savants ont, actuellement, en grande faveur l'emploi du Vin Bravais, parce que ce vin n'est point un stimulant banal, à action fugace et transitoire mais un tonique à longue portée, dont le pouvoir reconstituant s'exerce à la fois sur le sang, sur la nutrition, sur les muscles et sur les nerfs.


De Nice

Grâce au Riviera-Palace, voilà Cimiez définitivement classé non seulement comme station climatérique, mais aussi comme station élégante. Et cette fois la mode est complètement d'accord avec la raison et l'hygiène. La situation du Riviera-Palace ni trop près de la ville ni trop avant dans la montagne et les innombrables ressources hospitalières dont il dispose font rechercher ce magnifique établissement de tous les hiverneurs intransigeants sur le chapitre du confortable.


Les services de luxe organisés par la Compagnie internationale des Wagons-Lits avec le concours du Nord, du P.-L.-M. ou des Compagnies étrangères tels le Calais-Méditerranée-Express, le Méditerranée-Express et le Vienne-Nice -Express sont dans leur pleine saison. A ajouter à cette liste le Marseille-Nice-Express, qui fonctionne depuis quelques jours pour la plus grande commodité des amis du littoral.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue.


263. Le 13 septembre 1897, commencaient, à la manufacture des allumettes de Pantin, les essais de fabrication d'allumettes sans phosphore.

LA TERRASSE DE POISSY.

Par ces temps caniculaires, une promenade à Poissy et dans la forêt de Saint-Germain est à la fois d'un charme captivant et d'un intérêt suggestif, car il y a, sur la côte de Poissy, à trois minutes de la gare, un superbe domaine attirant une foule de visiteurs, émerveillés par la beauté des sites qui se déroulent à leurs pieds. Ce domaine est en vente à des conditions exceptionnelles, permettant de se créer, à bon compte, une villégiature sans promiscuités fâcheuses cela devient rare.
 Trio avorteur

LE TRIO AVORTEUR

(Le jeune officier,
sa sœur, sa maitresse)
par

Gaston LEROUX

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 la bombe du mystère

La bombe du mystère

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Un scandale au Sacré-Coeur

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

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Terrible accident

Un malheureux accident, qui a causé la mort de deux personnes, est survenu, hier, soir, à sept heures et demie, rue de l'Université.
M. Charlet, qui gère un établissement de vin au numéro 127 de cette rue, faisait brûler de la paille dans les water-closets afin, disait-il, de détruire les miasmes. A quelques mètres de là, le concierge de l'immeuble, M. Lédard, âgé de quarante et un ans, et sa fille Marcelle, âgée de cinq ans, suivaient l'opération.

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 OU LES GOUTS SE RENCONTRENT - l'univers illustré 1895

OÙ LES GOUTS SE RENCONTRENT

L'un préfère la brune et l'autre veut la blonde;

L'or charme celui-ci, cet autre aime le Vin ;

Celui-là court la gloire et les honneurs enfin.

Les savons du Congo plaisent à tout le monde;

Pierre Nix, au Savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

Un boutiquier a une discussion avec son épouse.

Un boutiquier a une discussion avec son épouse. La mère de celle-ci se met de la partie, et il en résulte une dispute violente qui fait arrêter les passants.
Ce que voyant, le commerçant s'empresse de clore les volets, sur lesquels il colle un avis ainsi conçu :
"Fermé pour cause de belle-mère."

Bonnes amies. Mme X... dit qu'elle a vingt-cinq ans

Bonnes amies :
— Mme X... dit qu'elle a vingt-cinq ans, mais elle en a certainement trente-cinq !... C'est facile à lire entre les lignes...
— Quelles lignes ?...
— Celles de sa figure !...

Le docteur X

Le docteur X. a quelquefois le mot plaisant.
Un de ses clients, mari d'une charmante jeune femme, lui disait dernièrement après une consultation
— C'est que, vous savez, je tiens à la vie, je ne veux pas mourir encore…
— Vous avez tort, riposta le docteur. Votre femme ferait une bien jolie veuve !

Entendu ce dialogue

Entendu ce dialogue
— Savez-vous où siègera le député musulman?
— En bonne logique, il devrait siéger sur les plus hauts gradins de l'extrême gauche.
— ?...
— Mahomet n'est-il pas allé à la Montagne?

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Au Mouin Rouge - 1897

Petites nouvelles

Au Moulin Rouge, l'amusante revue, les Caucaseries de la Butte, continue sa brillante carrière. A signaler tout spécialement les scènes des tandemistes, du cycliste militaire, de Lui-Ki Schling, brillamment conduites par l'excellent Gaillard, la suggestive Dickson et la joyeuse Dufresny.

Le Figaro - 10 janvier 1897

 Domestiques Londres - 1897

Angleterre

On ne s'est pas ennuyé, l'autre jour, à la cour de police de Bow-Street, à Londres.
Les bonnes faisaient les frais d'une partie de l'audience, mais ces frais leur ont été remboursés. Notre confrère Montécourt nous nous donne le résumé de ces débats.
L'une, Annie Stamp, engagée par M. Pardrington et renvoyée par madame, en l'absence de son mari, assignait sa maîtresse en dommages-intérêts.
Le juge, sir John Bridge, lui a donné gain de cause.
« Certes, dit son jugement, il semble, à première vue, que le gouvernement intérieur de la maison appartienne à la femme, mais ce n'en est pas moins le mari qui est responsable de l'existence commune et qui gagne l'argent du ménage. A ce titre, il a bien le droit de s'occuper de ce qui s'y passe. Il est, dirai-je, le premier ministre et la femme n'est qu'un sous-secrétaire d'Etat. Elle n'a pas qualité pour rompre un contrat conclu par son mari, et l'engagement d'une domestique est un contrat comme un autre. Jugement et indemnité pour la plaignante. »
Une autre bonne, Margaret Dahill, avait été congédiée par Mme Franklin, sa patronne, parce qu'elle avait un policeman pour amoureux.
- Ce n'est pas là, déclare sir John, un motif suffisant pour renvoyer une domestique.
La défenderesse ne saurait émettre la prétention de n'avoir à son service que des bonnes insensibles à l'amour.
- Nullement, répond Mme Franklin. Ma dernière bonne avait pour amoureux un grenadier rouge et je n'y ai jamais trouvé à redire. Mais je ne veux pas d'un policeman.
- Préférez-vous que vos bonnes introduisent chez vous des cambrioleurs ou des pick-pockets ? Allez, madame, vous devriez encore vous estimer trop heureuse que cette jeune fille eût porté son choix sur un brave homme qui, après avoir veillé sur la sécurité publique par devoir, sera encore venu veiller sur votre domicile particulier par amour.
Et Mme Franklin a été condamnée à payer deux semaines de gages à titre de dommages-intérêts. Autant de gagné pour la dot de Margaret quand elle épousera son policeman.

APL - 3 octobre 1897

 Vers le pôle Nord.- 1897

Vers le pôle Nord.

L'envoyé spécial d'un journal allemand au Spitzberg raconte, dans une longue dépêche, l'émouvant départ du ballon de M. Andrée pour les régions polaires.

Dimanche dernier, à deux heures de l'après-midi, le vent soufflant du Sud-Ouest, MM. Andrée, Fraenkel et Strindberg sont montés dans la nacelle de l'aérostat, tandis que M. Machuron présidait à terre aux manœuvres du départ. Au commandement de M. Andrée, les cordes ont été coupées et, aux cris de « Vive la Suède! vive la Norvège! » les explorateurs sont montés dans les airs.

Presque aussitôt, un coup de venta failli précipiter le ballon dans la mer. On s'est aperçu à ce moment que trois guideropes sur lesquels M. Andrée comptait particulièrement s'étaient détachés pendant l'ascension. Les aéronautes, fort heureusement, en ont d'autres dans la nacelle.

A deux heures et demie, le ballon prenait la direction du Nord. Une demi- heure plus tard, il avait disparu de l'horizon.

Avant le départ, M. Andrée avait adressé à S. M. le roi de Suède la dépêche suivante

« Au moment de leur départ, les membres de l'expédition au pôle Nord prient Votre Majesté d'accepter leurs très humbles salutations et l'expression de leur très vive reconnaissance. ANDRÉE. »

Le Figaro - 18 juillet 1897

 Mme Tarpet - 1897

Mme Tarpet, professeur au Conservatoire, a donné hier (7 janvier 1897) une matinée enfantine qui a fait la joie des bébés.
La troupe Rehm y a inauguré le Petit Châtelet, un théâtre de marionnettes nouvelles qui sont vraiment merveilleuses, même à la lorgnette. On a joué Cendrillon, une féerie lyrique en six tableaux extrêmement machinés.
On y voit un naufrage, un ballet, une apothéose, avec projections électriques. C'était à se croire au Châtelet... de Lilliput.

Le Figaro - 8 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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