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SIXIEME ANNÉE N°2823

 

227ème jour de l'année

   


Mardi
15
Août 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LE DOCTEUR LAPORTE

LE DOCTEUR LAPORTE

LA JUSTICE ET LA MORT
DE MADAME FRESQUET

Portrait à la plume – Timidité et hésitations – L'accusation et la défense – L'aiguille à matelas – Les experts légistes.

Le docteur Laporte est grand, sec, nerveux, la face mangée de tics. Il a une longue figure blême de Christ brun, de grands yeux qui clignotent, une bouche qui se crispe en un sourire et en une grimace inconscients. Il est vêtu, le plus honorablement du monde, d'une redingote noire ; son linge est impeccable. C'est un médecin des plus sortables.

La physionomie de cet homme est intelligente. Quand elle reste au repos, ce qui ne lui arrive pas plus d'une minute, elle apparaît celle d'un homme fort bien équilibré et qui « réfléchit ». Mais, soudain, les tics reprennent : l'arcade sourcilière décrit des zigzags, le front se ride, le nez remue, la bouche s'ouvre obliquement, et tout semble chavirer en lui.

En même temps, son attitude manque de netteté. Il marque, dans son geste, comme dans ses paroles, la plus grande hésitation. Il hésite à se remuer et il se remue mal; il hésite à parler et il parle mal. Le docteur Laporte est un inquiet.

L'inquiétude n'est pas précisément la qualité des accoucheurs c'est un défaut qui peut leur être fatal. Elle aura été fatale à celui-ci plus qu'à tout autre. Mais, de l'inquiétude au crime, il y a un abîme, et toute la question est de savoir si le docteur Laporte l'a franchi.

Un crime est beaucoup dire. Pour parler plus judiciairement, il ne s'agit que d'un délit. Le docteur Laporte était poursuivi, hier, devant la neuvième chambre correctionnelle, pour homicide par imprudence. Nous avons publié, ici même, les articles les plus complets sur le cas du docteur Laporte, et chacun sait ce que le parquet lui reproche, c'est-à-dire des imprudences graves dans l'exercice de sa profession, des négligences coupables, une opération pratiquée avec des instruments qui n'avaient rien de chirurgical et qu'il n'avait pas pris la peine d'antiseptiser.

Le docteur Laporte aurait, en effet, négligé de rendre aseptique l'aiguille à matelas dont il se servit pour délivrer Mme Fresquet en pratiquant sur le fœtus la craniotomie jugée par lui nécessaire. Mme Fresquet en serait morte.

L'audience.

Le tribunal est présidé par M. le président Richard, qui, dès le commencement de l'audience, a recours aux renseignements de police pour nous faire connaître le passé et l'honorabilité du docteur Laporte. On n'a absolument rien relevé de défavorable sur son compte, si ce n'est qu'il fut dans la gêne et en proie à des besoins d'argent assez pressants.

Cela, en justice, est toujours une mauvaise note. Il faut payer son propriétaire régulièrement, surtout quand la location de l'appartement ne dépasse pas 360 francs. Au point de vue physique et psychique, le docteur Laporte est représenté comme un nerveux et un être des plus excitables, susceptible de ressentir les sentiments et les passions les plus extrêmes.

Le docteur Laporte proteste, trouve que l'on exagère son cas. Mais, eu réalité, il suffit de voir cet homme et de l'entendre pour regretter qu'il ait marché dans une voie où l'on a besoin, pour peu que l'on veuille s'y maintenir, de quelque sang-froid. On sent tout de suite qu'il doit prendre difficilement une décision. Devant ses juges, il n'en a pas encore pris, et sa défense flageole.

Le président rappelle les faits :

— Vous fûtes appelé, comme médecin de l'Assistance publique, à donner des soins à Mme Fresquet, qui allait accoucher. Elle en est morte. Le mari vous rend responsable de sa mort.

Ici, le président explique l'« esprit » de la poursuite.

« Vos examens et vos brevets vous donnent des droits que les autres citoyens n'ont point. Mais votre responsabilité n'en existe pas moins. Au-dessus des brevets et des diplômes, au-dessus du médecin qui soigne son malade, il y a l'homme, qui ne doit point se rendre coupable d'une négligence telle qu'il mette la vie de ses semblables en danger.

Médecin et accoucheur.

» Quand vous vous êtes trouvé en face de Mme Fresquet, la sage-femme vous a signalé les difficultés de l'opération. Que n'avez-vous envoyé la malade à l'hôpital ?

— La malade n'a point voulu s'y laisser conduire.

Le président demande au docteur Laporte quelques détails sur son passé de médecin accoucheur.

— Je n'étais pas médecin accoucheur, interrompt timidement l'inculpé, j'étais médecin et accoucheur.

Ce n'est pas, en effet, la même chose. Le docteur Laporte a à son actif quelques accouchements qui se sont passés fort régulièrement.

— Quels instruments apportiez-vous pour accoucher Mme Fresquet ?

— Un forceps ?

— C'est tout ?

— C'est tout. Les trois quarts des médecins ne sont pas mieux armés que moi pour faire des accouchements.

L'inculpé a évidemment raison quand il émet cet argument; on ne lui reproche que de l'émettre avec son éternelle hésitation, avec une timidité qui ne le quitte pas. Le président ne lui tient pas compte de l'émotion profonde dans laquelle il se trouve, et il le pousse, l'accable de la déposition des témoins

— Vous avez appliqué trois fois le forceps mais, de l'avis de ceux qui étaient là, vous n'avez pas pris les précautions nécessaires.

— Ceux qui étaient là n'étaient pas susceptibles de critiquer ma manière de faire. Et puis tout cela, c'est des histoires. Est-ce qu'ils n'ont pas dit que mon forceps était rouillé ? Il ne l'était pas du tout, l'enquête l'a démontré.

On passe ensuite à l'opération de la craniotomie. Le fœtus ne donnait plus signe de vie. Le docteur, pour sauver la mère, résolut de vider le crâne de l'enfant et de la délivrer ensuite du fœtus.

La grosse affaire.

Pour perforer le crâne, il n'avait pas d'instruments spéciaux. Il prit une aiguille à matelas

— Vous ne l'avez pas plongée dans l'eau bouillante ?

— Mais si !

— Les témoins affirment que non. Ils disent même que vous l'avez ramassée par terre ?

— Non, non.

— Comment avez-vous pu vous servir d'un instrument aussi sommaire ?

— Tous mes confrères eussent fait de même à ma place.

Le docteur commence prendre un peu d'assurance. Il se défend avec plus de suite.

— Tous les manuels vous disent que cette aiguille suffisait. L'aiguille n'a pas produit de perforation. C’est le crâne qui a perforé la vessie.

C'est ici que nous arrivons aux fameux coups de marteau.

— Comme vous ne réussissiez pas à perforer le crâne, vous avez pris un marteau et vous avez frappé sur le crâne. Ça, monsieur, c'est une œuvre de boucher !

Le docteur a repris, décidément, quelque sang-froid.

— J'ai frappé du marteau sur l'aiguille sans brutalité, désireux de produire la perforation. Il n'y eut aucune lésion interne sur le passage des instruments dont je me suis servi. Le crâne du fœtus vidé, j'ai retiré le fœtus avec le forceps. Puis, je me suis parti après avoir fait les dernières recommandations à la sage-femme. Je ne suis pas retourné le lendemain vers la malade, selon la coutume des médecins qui sont appelés en service de nuit.

Les témoins.

L'interrogatoire est terminé. C'est le tour des témoins. Le principal, d'abord, le mari, qui prétend avoir été tellement frappé de la brutalité du médecin qu’il lui arracha le marteau des mains.

Le docteur Laporte :

— Un mari est toujours frappé de la brutalité avec laquelle on opère sa femme.

La femme Harbert, qui était présente à l'accouchement, affirme sous la foi du serment que nulle précaution n'a été prise, que l'aiguille n'a pas été guidée par la main gauche et qu'elle n'a pas été trempée dans l'eau bouillante.

En revanche, la sage-femme, Mme Maîtrepierre, croit bien que le docteur a dirigé les instruments.

— Le docteur était très nerveux. Il m'a ait « Je suis ému ! »

— N'a-t-il pas dit : « Je suis au bout de mon rouleau » ?

Plusieurs fois, monsieur le président. Les médecins légistes, MM. Socquet et Maygrier, viennent expliquer leur rapport, qui n'est point favorable, comme chacun sait, à l'inculpé.

Le premier témoin à décharge est M. le docteur Pinard. Il déclare que le docteur Laporte n'a fait preuve ni d'ignorance, ni de négligence coupable, mais bien, au contraire, d'un zèle et d'un dévouement louables dans l'accomplissement d'un devoir ingrat et pénible.

Puis on entend MM. les docteurs Lutaud, médecin légiste, Berthod, président du syndicat des médecins de la Seine; le docteur Ducos, secrétaire général du syndicat et des sociétés médicales de médecine du dix-septième arrondissement, et le docteur Seignette, agrégé de l'Université, chevalier de la Légion d'honneur. Ce dernier déclare connaître le docteur Laporte depuis vingt ans. Il affirme que l'accusé est un homme très intelligent, un peu taciturne, mais d'une valeur scientifique indiscutable. M. le docteur Paul Lafitte, médecin du neuvième arrondissement, déclare qu'il a été dans plusieurs occasions remplacé dans son service par le docteur Laporte, dont il fait le plus grand éloge.

La parole est ensuite donnée à M. le substitut Brouchot, qui prononce son réquisitoire, roulant presque entièrement sur les conclusions du rapport du docteur Socquet.

L'audience est renvoyée à aujourd'hui.

A la sortie du Palais, le docteur Laporte est accueilli par une manifestation sympathique.

GASTON LEROUX.

Le Matin — 20 octobre 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

M. Pierre Sollinger habitant 18 bis rue du Rhin, était, il y a quelques jours encore, chef cantonnier de la ville de Paris. Ses chefs, MM. Paul Hervé, conducteur des ponts et chaussées, et Louis Fleury, piqueur de la Ville, avaient, depuis quelque temps déjà, à se plaindre de son inexactitude et résolurent de sévir; et, sur un rapport de M. Paul Hervé, le chef cantonnier fut révoqué.

Sollinger jura de se venger et se plaignit partout d'être la victime d'une injustice insigne. Il était, d'ailieurs, du fait de sa révocation, réduit à la misère, à soixante-deux ans.

On avertit MM. Paul Hervé et Louis Fleury des menaces que proférait contre eux leur ancien employé ils crurent que ce n'étaient là que des fanfaronnades et ne prirent aucune précaution.

Hier, les deux fonctionnaires sortaient ensemble de leurs bureaux, rue de Crimée, 220, lorsque M. Sollinger, qui les attendait, s'avança vers eux, tira de sa poche deux revolvers et, des deux armes, fit feu à plusieurs reprises, à bout portant, sur les deux hommes. M. Paul Hervé fut atteint en pleine poitrine, du côté du poumon gauche; il s'affaissa, au milieu d'une mare de sang, tandis que M. Fleury, atteint à l'aisselle gauche, s'enfuyait en criant.

A ses cris, dos passants accoururent, .qui s'emparèrent du meurtrier celui-ci, d'ailleurs, ne nt aucune résistance. Il répétait

— Justice est faite.

Au moment de son arrestation, Sollinger avait sur lui, outre les deux revolvers dont il a fait usage, une canne à épée.

— Si je les avais manqués, a-t-il déclarée je les aurais bien attrapés avec ça.

Les deux blessés ont été transportés à l'hôpital Tenon. L'état de M. Hervé est assez inquiétant la guérison de M. FIeury n'est qu'une affaire de quelques jours.

M. de Selves, préfet de la Seine, s'est rendu, hier, a l'hôpital Tenon, où il a visité ses deux employés blessés.

Le Gaulois — 22 décembre 1897

 Terrible accident

Terrible accident.

Un malheureux accident, qui a causé la mort de deux personnes, est survenu, hier soir, à sept heures et demie, rue de l'Université.

M. Charlet, qui gère un établissement de vin au numéro 127 de cette rue, faisait brûler de la paille dans les water-closets afin, disait-il, de détruire les miasmes. A quelques mètres de là, le concierge de l'immeuble, M. Lédard, âgé de quarante et un ans, et sa fille Marcelle, âgée de cinq ans, suivaient l'opération ; ils s'étaient placés sur la trappe même qui recouvre la fosse d'aisances.

La paille flambait joyeusement et des flammèches voltigeaient dans tous les sens, quand soudain une violente explosion se produisit. La trappe de la fosse fut violemment soulevée et M. Lédard, ainsi que sa fille, tombèrent dans le trou béant et nauséabond.

Le bruit de la détonation fut entendu de très loin ; des voisins, puis des passants accoururent.

Le gardien de la paix Baurie, du septième arrondissement, qui habite l'immeuble et qui était en train de s'habiller pour aller prendre son service, se rendit en toute hâte dans la cour et se dirigea vers la fosse où déjà des voisins avaient descendu des échelles. Le gardien Baurie se hasarda dans le trou, saisit le corps de Lédard et le remonta-à l'air libre.

Hélas ! l'infortuné concierge avait été asphyxié par les gaz délétères. Son cadavre fut transporté dans la loge. Le gardien de la paix Baurie. s'évanouit à son tour. On le conduisit aussitôt dans une pharmacie, où des soins énergiques lui furent donnés, puis on le remonta chez lui.

Bientôt arrivaient rue de l'Université MM. Danjou, commissaire de police ; Kuntzler, officier de paix, et les pompiers du poste dela rue des Entrepreneurs. On dut faire évacuer l'immeuble par les curieux qui avaient envahi la cour et le couloir et qui gênaient les opérations de sauvetage.

A huit heures seulement, un sapeur descendait dans la fosse, d'où les gaz morbidiques s'étaient évaporés, et pouvait sans danger remonter le cadavre de l'infortunée petite Marcelle.

Les corps du père, et de l'enfant portent de légères blessures. La trappe de la fosse a été brisée par la violence de l'explosion.

L'émotion soulevée dans le quartier par l'accident a été d'autant plus vive qu'au début, on a cru, naturellement, à un attentat anarchiste.

L'enquête à laquelle procèdera M. Danjou, permettra de fixer les responsabilités.

Le Matin — 31 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash janvier

Dans l'actualité du ...

 16 janvier

Samedi
16 janvier 1897

LE CÈDRE DE L'AVENUE D'ORLÉANS

Un centenaire gênant – Sous la hache – Transport trop coûteux.

Les Parisiens qui voudront contempler une dernière fois le cèdre de l'avenue d'Orléans feront bien de se presser. Aujourd'hui même il tombera sous la hache des démolisseurs, comme une vulgaire bâtisse. Ce cèdre, plus que centenaire, devait être transporté au parc Montsouris. M. Dubois, conseiller municipal du quartier de la Santé, à la disposition de qui le propriétaire l'avait mis, avait obtenu un vote-favorable du conseil. Malheureusement il a été reconnu que le transfert était impossible. Une commission de jardiniers a examiné ce magnifique arbre. De son étude il résulte que le cèdre ne survivrait pas à ce déménagement. Son agonie ne lui-permet pas un tel vagabondage. Or, comme il n'en coûterait pas moins de 20,000 francs, il a été décidé qu'on l'abandonnerait à son funeste sort. Il gêne les maisons qui viennent de s'élever autour de lui. Demain, il deviendra fagots.


Le 15 janvier 1895, il y eut hier deux ans, M. Casirnir-Perier, président de la République, donnait sa démission.

Aujourd'hui, le prédécesseur de M. Félix Faure se console de la politique en faisant de la bicyclette.

C'est ainsi qu'il y a quelques jours, on pouvait voir deux cyclistes, l'insigne du TouringClub à la boutonnière, dans une petite guinguette de la forêt de Montmorency Ces deux touristes, d'ailleurs doués d'un fort bel appétit, étaient M. Casimir-Perier et son fils.


SUR UN GLAÇON

New-York, 15 janvier. Par câble au « Matin ». Un glaçon sur lequel se trouvait une quarantaine de personnes 's'est subitement détaché des 'bords du lac Marinette (Wisconsin) et a été entraîné au large par l'ouragan. On craint qu'il ne se brise rapidement pendant la tempête. Des sauveteurs sont partis à sa poursuite.


LE PARLEMENT ANGLAIS

LONDRES, 15 janvier.- Par, fil spécial. Le conseil privé de la reine a tenu aujourd'hui, à Windsor, sous la présidence, de Sa Majesté, une réunion préliminaire à la réouverture du Parlement, qui aura lieu mardi prochain.


Le premier bal de l'Élysée aura lieu dans la seconde quinzaine de février, et le second- quinze jours après, c'est-à-dire au commencement de mars.


À la retraite.

M. Charles de la Londe, le sympathique commissaire de police du quartier de la place Vendôme, quitte l'administration. Ayant obtenu un poste important dans la principauté de Monaco, il a demandé la liquidation de sa pension de retraite. Jeudi prochain, les habitants du quartier Vendôme auront un nouveau commissaire de police.


UN CENTENAIRE

Le chapeau haut de forme – Une date mémorable.

Londres, 15 janvier. –Par fil spécial. Quelques journaux rappellent que c'est aujourd'hui le centenaire du chapeau haut de forme.

C'est, en effet, le 15 janvier 1797 que le « tuyau de poêle » fit son apparition à Londres, sur la tête de John Hetherington, un mercier du Strand. L'inventeur de ce modèle de coiffure, destinée à révolutionner le monde, sortit dans la rue, devant sa boutique, et aussitôt la foule de se rassembler. Il y eut des bousculades. Finalement, John Hetherington fut poursuivi devant le tribunal du lord-maire, sous l'inculpation d'avoir troublé la paix publique. Il déclara pour sa défense qu'un citoyen anglais a le droit de se coiffer comme bon lui semble.

Le Times, dans un article en date du 16 janvier 1797, rend compte de ce procès et déclare que John Hetherington est dans son droit.

Quelques excentriques adoptèrent la nouvelle coiffure. Un membre de la famille royale ayant trouvé le chapeau à son goût, le « tuyau de poêle »H devint à la mode. De l'Angleterre, il passa sur le continent. On sait le reste.

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sans titre 1
Flash janvier sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 C’est quand on serre une femme de trop près qu’elle trouve qu’on va trop loin.


262. L'inauguration du phare d'Eckmühl avait été initialement fixxée au 78 octobre 1897 mais qu'elle avait été retardée car celle date était aussi celle de la grande foire annuelle de Pont-l'Abbé.

LA SOMATOSE

On confond bien souvent les fortifiants avec les excitants l'effet produit par ces derniers est presque immédiat mais éphémère, tandis que la «Somatose», extraite des albumoses de viande, c'est- à-dire de la partie essentiellement nutritive, constitue un véritable reconstituant durable. C'est le remède souverain, que l'on trouve dans toutes les pharmacies, contre l'anémie, la tuberculose et la débilité en général.
 Un garçon de recettes disparu - les aveux

Un garçon de recettes disparu

Les aveux des assassins

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 Les foins Theuriet

Les foins

par M. André Theuriet
de l'Académie Française

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Désespoir d'artiste

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland.

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Les infortunes de Gravelot.

De son métier, Constant Gravelot est cocher de maison bourgeoise. Il habite ordinairement Château-Thierry et il était arrivé hier à Paris pour se rendre à la gare Montparnasse, où il devait prendre le train pour Parthenay.

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 REINE QUAND MÊME

REINE QUAND MÊME

La femme a beau vouloir de l’homme être l’égale,

Elle sera toujours la reine de nos cœurs,

Tant que le Congo fin aux exquises senteurs,

Mettra sur son beau corps la couronne idéale.

Guy Duruy, au savonnier V. Vaissier

Nouvelles à la main

Une jeune femme pénètre toute bo

Une jeune femme pénètre toute bouleversée chez sa meilleure amie
— Ah ma chère, si tu savais !...
— Que t'arrive-t-il ?
— Mon mari.
— Eh bien ?
— Nous venons de le surprendre, Raoul et moi, en train de constater que nous le trompions !!...

A la brasserie. Un consommateur est assis à une table.

A la brasserie.
Un consommateur est assis à une table. Entre un ami.
— Veux-tu prendre un bock ? dit le premier.
— Volontiers. Garçon, un demi.

 Nos bons docteurs

Nos bons docteurs.

Le médecin arrive :

— Hé bien ! comment va votre oncle ce matin ?...

Le neveu, un peu triste :

— Docteur, c'est fini… il est mort !...

Le médecin, du ton le plus naturel :

— Alors, j'ai fait pour lui tout ce que je pouvais !...

Bonnes amies : Cette chère Eugénie dit

Bonnes amies :
— Cette chère Eugénie dit que le dernier mot de son mari a été pour elle.
— Le dernier mot ! Allons donc, je suis bien sûr que ce n'est pas lui qui l'a eu ; elle était là quand il est mort.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Au Mouin Rouge - 1897

Petites nouvelles

Au Moulin Rouge, l'amusante revue, les Caucaseries de la Butte, continue sa brillante carrière. A signaler tout spécialement les scènes des tandemistes, du cycliste militaire, de Lui-Ki Schling, brillamment conduites par l'excellent Gaillard, la suggestive Dickson et la joyeuse Dufresny.

Le Figaro - 10 janvier 1897

 VELOCIPEDIE - APL 21/02/97

VELOCIPEDIE

LA BICYCLETTE ET SON DÉVELOPPEMENT

On tend à employer chaque jour des multiplications de plus en plus grandes ce qui n'est pas à la portée de tout le monde. Une machine qui développe 5 mètres par double tour de pédale exige déjà un bon effort dans les côtes et, en dehors des professionnels, nous ne voyons aucun avantage à adopter ces multiplications considérables. La manivelle aussi augmente de longueur ; c'est un tort. On se fatigue vite sur de grandes manivelles. La meilleure dimension est 16 centimètres à 16 centimètres 1/2, à moins d'avoir des jambes de gazelle. Voici quelques chiffres sur les développements usités chez les divers coureurs : Arend emploie une manivelle de 16 et un développement de 6m 30; Beaugé, manivelle 16 1/2, développement 7m 30 ; Champron, 16 et 7m 20 ; Collomb, 16 et 7m 60 ; Deletienne, 17 et 6m 60 ; Fischer, 17 et 8m 20 ; Fossier, 15 et 7m 30 ; Huret, 16 1/2 et 7m 30; Jaap Eden, 16 1/2 et 6m 50 ; Jacquelin, 16 et 6m 50 ; Mac Gregor, 16 1/2 et 6m 60 ; Morin, 16 et 6m 60 ; Nieuport, 16 et 8m 20 ; Taylor, 16 1/2 et 7m50; van den Born, 18 et 8m 30, etc. Le plus grand nombre de nos sprinters ont adopté 6m 60. Quelques-uns ont préféré l'énorme développement de 8 mètres. Les stayers choisissent en moyenne 7m 50. Le nombre de dents le plus généralement préféré pour le pignon d'arrière est de 7. Nous le répétons, ces développements, bons pour les coureurs, seraient excessifs pour des amateurs qui veulent simplement se promener ou même faire de la route.
A moins d'être très grand, la manivelle de 16 à 16 1/2 doit être préférée. Il peut y avoir des inconvénients à augmenter l'amplitude du mouvement des jambes et à les plier beaucoup plusieurs fois par minute. L'intestin grêle qui est logé tout près du pli de l'aine pourrait en témoigner son mécontentement et les muscles qui le retiennent céder un beau jour à ce mouvement exagéré. Donc, restons dans les limites raisonnables de 16 à 17 centimètres au maximum.

HENRI DE PARVILLE.

APL - 21 février 1897

 Académie Française - Emile Zola - Le Matin – 9 janvier 1897

Académie Française

Le Gaulois annonçait, que M. Émile Zola, en posant sa candidature au fauteuil laissé vacant par la mort de M. Challemel-Lacour, sollicitait pour la dix-neuvième fois les suffrages de l'Académie française.

En effet, depuis le 1er mai 1890, M. Zola s'est présenté à toutes les élections, sauf au deuxième scrutin pour la succession de Taine, qui échut à M. Albert Sorel, et, l'élection, du' remplaçant de M. Maxime Du Camp, qui fut M. Paul Bourget.

Les immortels décédés dont M. Zola désirait faire l'éloge sont les suivants :

En 1890, Émile Augier (deux élections), remplacé par M. de Freycinet ; en 1891, Octave Feuillet, remplacé par M. Pierre-Loti ; en 1892, Jurien de La Gravière, remplacé par M. Lavisse en 1893, Xavier Marmier, remplacé par M. de Bornier; Camille Rousset, remplacé par M. Thureau-Dangin Renan (deux élections), remplacé par Challemel-Lacour; John Lemoine, remplacé par M. Brunetière en 1894, de Mazade, remplacé par M. de Heredia , Taine, au premier tour seulement ; Léconte de Lisle, remplacé par M. H.Houssaye ; en 1895, Duruy, remplacé par M. Jules Lemaître; en 1896, de Lesseps, remplacé par M. Anatole France, Camille Doucet, remplacé par M. Costa de Beauregard, Pasteur, remplacé par M. Gaston Paris, Léon Say, remplacé par M. Albert Vandal, et Alexandre Dumas, remplacé par M. André Theuriet.

Le fauteuil de Challemel-Lacour est donc bien le dix-neuvième auquel aspire M. Émile Zola, et peut-être celui de Jules Simon, également libre, sera-t-il le vingtième.

Dans ces diverses tentatives, le plus grand nombre do voix réunies par M. Zola a été de onze.

Le Matin – 9 janvier 1897

 Bicyclisme - 1897

Bicyclisme

On s'est souvent demandé à quoi pensent les jeunes filles. Voilà qu'un reporter anglais s'est avisé de savoir à quoi pouvait bien penser le coureur bicycliste pendant ses exercices. Le célèbre Michaël a répondu et, comme tout ce qui est sincère et réellement éprouvé, sa réponse est un enseignement. M. Pierre Valdagne nous la donne telle quelle : le coureur vélocipédique ne pense à rien.
Quoi ! direz-vous, il ne pense même pas à arriver premier? Non... même pas. Il n'y pense pas parce qu'il ne peut pas : l'effort qu'il est obligé de donner absorbe toutes ses facultés musculaires et toutes ses facultés mentales. Vraiment il ne pense à rien.
Quant à ce qu'il éprouve, c'est tout à fait particulier. Le pédalage à haute pression enlève d'abord le sens de l'ouïe. Michaël déclare qu'après quelques tours de piste, il n'entend plus rien... à peine les avertissements de ses entraîneurs. Les cris de la fouie, les hourras, les encouragements de la galerie, il les perçoit lointains, comme venant à lui à travers de considérables distances. Du reste, il ne voit rien. Vers le milieu de la course, il perd conscience de la lumière du jour Il lui semble être environné de nuit ; il avance dans l'obscurité la plus dense. Et enfin l'absence complète de renseignements que nous donne le coureur sur les derniers instants de la course nous permet de croire qu'à ce moment-là il n'y a plus, absolument, que ses pieds qui vivent en lui. Il ne reprend conscience de lui-même que peu à peu et longtemps après être descendu de machine.
Ce témoignage me semble d'une capitale importance. Il établit que la gloire et le succès ne s'attachent pas exclusivement aux travaux de l'esprit, et il y a là de quoi consoler bien des gens. On a dit que lorsqu'un peuple devenait trop intellectuel, il n'était pas loin de sa décadence. Rassurons-nous ! Les sports athlétiques, et la bicyclette en particulier, retarderont cette dégringolade. Les impressions d'un coureur sur piste nous donnent sur ce point toute quiétude.

Henri de Parville

Les Annales Politiques et Littéraires – 19 décembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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