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SIXIEME ANNÉE N°3906

 

214ème jour de l'année

   


Dimanche
2
Août 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA CIRCULATION PARISIENNE

LA CIRCULATION PARISIENNE

L'ordonnance relative à la circulation dans les rues de Paris des voitures, des tramways, des automobiles et des bicyclettes vient d'être publiée par les soins de la Préfecture de police. Toutes les ordonnances relatives à la circulation des voitures dans les rues constituant un si inextricable fouillis qu'il était fort difficile aux agents de l'autorité de s'y reconnaître pour l'application des contraventions, M. Lépine avait, il y a deux ans, désigné, pour la préparation d'une ordonnance plus compréhensible, une commission comprenant un certain nombre de conseillers municipaux, de fonctionnaires, de professionnels et d'amateurs.

Cette commission avait pour mission de revoir toutes les ordonnances, d'en élaguer ce qui était suranné et de refondre en une ordonnance nouvelle les principes destinés à assurer la bonne et rapide circulation des véhicules dans les rues de Paris, circulation qui, avec l'augmentation toujours croissante des tramways, des omnibus, des voitures, des automobiles, des camions et des charrettes, menaçait de devenir prochainement à peu près impossible.

Au sujet des voitures à traction animale, les innovations de l'ordonnance préfectorale sont peu nombreuses. Comme par le passé, il est recommandé aux cochers de fiacre d'avoir des chevaux bien attelés, pas blessés, des voitures propres, sans odeur désagréable, une tenue décente, etc.

Pour les automobiles, les prescriptions de l'ordonnance sont déjà connues. Bornons nous à rappeler que ces véhicules, avant d'être admis à circuler, doivent présenter toutes les garanties désirables de sécurité et que, de même, les personnes qui les dirigent dans les rues de Paris doivent prouver qu'elles ont les aptitudes nécessaires.

En ce qui concerne la vitesse des automobiles et des trains-tramways dans les rues de Paris, l'ordonnance la fixe à vingt kilomètres au maximum. Cette vitesse sera réduite à huit kilomètres dans les traverses, aux croisements et sur les pentes.

Quant aux bicyclistes, ils doivent, comme par le passé, avoir un avertisseur et, le soir, une lanterne allumée. Ils ne peuvent former de groupes dans les rues. Il leur est interdit de couper les cortèges, les convois, les troupes et les files de jeunes écoliers qui traversent la chaussée. En cas d'embarras, ils sont tenus de mettre pied à terre. Ils sont également tenus de s'arrêter lorsqu'à leur approche des chevaux manifestent des signes de frayeur. Enfin, il leur est interdit de lutter de vitesse dans les rues.

Le Figaro — 29 août 1897

L'actualité dramatique

 Un drame rue Charles V

Un drame rue Charles V

Un terrible drame s'est passé hier, 2, rue Charles V, à la fabrique de parfums Brigot et Cie.

Cette maison de commerce avait été achetée au mois de janvier dernier par M. Eugène Bouly, âgé de trente-sept ans, demeurant, 20, boulevard Saint-Marcel. En prenant la direction de la maison, Bouly avait conservé l'ancien associé de M. Brigot, M. Charles Jacob, âgé de cinquante et un ans, demeurant, 50, avenue Ledru-Rollin.

La bonne intelligence ne dura pas longtemps entre les deux associés. M. Jacob reprochait à M. Bouly de ne pas être sérieux et de s'occuper beaucoup plus de ses plaisirs que de ses affaires. A chaque règlement de compte, c'est-à-dire à chaque fin de mois, les discussions recommençaient plus âpres et finissaient par se changer en véritables disputes.

Hier, 1er septembre, à trois heures de l'après-midi, Bouly était dans son bureau, lorsque Jacob arriva. Ils échangèrent quelques paroles au sujet de la balance du mois d'août, et, comme d'habitude, Jacob, constatant qu'elle était de moins en moins satisfaisante, s'emporta en reproches contre son associé :

— Comment voulez-vous que ça marche ? lui dit-il. Vous faites une noce carabinée au lieu de vous occuper de la maison. Ça ne peut pas durer comme ça

— Eh bien non, ça ne durera pas !... répliqua Bouly avec colère.

Et, fouillant dans un tiroir tout ouvert, il en sortit un revolver de gros calibre (12 millimètres) et fit feu trois fois sur son associé. L'une des balles alla se loger au plafond, une autre dans le mur, à hauteur d'homme. La troisième atteignit Jacob à la joue, au-dessous de la tempe et traversa le visage. Puis il se tira une seule balle qui entra par une tempe et sortit par l'autre.

Les deux hommes furent portés à l'Hôtel-Dieu. M. Jacob est salle Saint-Landry. Son état est très grave. Quant à Bouly, il est mort un quart d'heure après son arrivée. D'après les papiers trouvés sur Bouly, il avait l'intention de se suicider.

On a trouvé sur son bureau plusieurs lettres adressées à des amis et dans lesquelles il leur faisait ses adieux. A l'Hôtel-Dieu on a retiré de la poche de sa redingote une lettre de vingt pages expliquant longuement les raisons pour lesquelles il se décidait à mourir. Cette lettre a été remise à M. Briy, commissaire de police remplaçant M. Carlier, commissaire du quartier. Il avait préparé son revolver pour se tuer quand il aurait fini d'écrire. La fatalité a voulu que M. Jacob arrivât à ce moment et fut la première victime du drame qui se préparait.

Les scellés ont été apposés sur le bureau par le juge de paix de l'arrondissement.

Le Figaro — 2 septembre 1897

 Le suicide impossible

Le suicide impossible

Une jeune femme, Mlle Marie-Louise P..., demeurant rue de La Rochefoucauld, apprenait avec désespoir ces jours-ci le mariage de son ami, M. Alfred M...

— Tu m’abandonnes, lui écrivait-elle, le soir même. Je ne me sens plus le courage de vivre. Poison ou revolver, demain je serai morte.

M. M…, en recevant cette lettre, courut chez la jeune femme et eut avec elle une dernière entrevue au cours de laquelle il réussit à substituer des car touches à blanc à celles dont le revolver de Mlle P... était chargé.

Il alla ensuite chez le pharmacien de la désespérée et le pria de ne lui délivrer aucun médicament dangereux.

Or, hier, Mlle P.... se rendait chez le pharmacien et lui demandait du chlorhydrate de morphine. On lui remit une fiole contenant de l’eau distillée. Mlle P... l’avala en toute confiance, mais, rentrée chez elle, voyant que cela ne lui faisait aucun effet, elle se tira deux coups de revolver à la tète.

On juge de son étonnement en constatant qu’elle n’était pas blessée. Une heure après, M. Cornette, commissaire de police, qui avait été prévenu de ses essais de suicide obtenait la promesse qu’elle ne recommencerait plus ses dangereuses tentatives.

Le Gaulois — 18 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash janvier

Dans l'actualité du ...

 7 février

Dimanche
7 février 1897

Le comte de Munster a reçu hier matin un télégramme de l'empereur d'Allemagne lui ordonnant de se présenter chez le général de Galliffet dont il avait appris la maladie.

Aux termes de la dépêche du souverain, l'ambassadeur devait se rendre chez le général de Galliffet «pour prendre de ses nouvelles et lui porter l'expression des vœux de l'Empereur pour son prompt rétablissement ».

Haute et flatteuse courtoisie entre deux soldats.

Le comte de Munster s'est acquitté dès la première heure de l'après-midi de cette mission.

Ajoutons que le général de Galliffet est tout à fait hors de danger, mais son rétablissement nécessite encore un repos de plusieurs semaines.


C'est ce soir que M. Berteaux, l'agent de change socialiste bien connu, donne, à l'hôtel Continental, ce grand banquet où le radicalisme triomphant doit célébrer, sous la présidence de M. Léon Bourgeois, la grande victoire des élections municipale.

On nous annonçait une manifestation monstre ; on nous disait « Vous verrez là des hommes dont la présence vous surprendra. » Mais il en est de ce festin comme du festin ridicule on n'aura ni Lambert ni Molière. Ils seront remplacés par les Baduel, les Isambert, les Bérard et autres Mesureurs.

Tout compté, on sera, tant sénateurs que députés, cent cinquante à table.


M. Baduel ne pouvait se consoler d'avoir perdu son fauteuil et, depuis qu'il ne présidait plus la gauche démocratique, son visage, autrefois radieux, était comme voilé d'un crêpe. Cet homme, invariablement satisfait et content de soi-même, devenait morose et lugubre. Ce ne fut, par bonheur, qu'une éclipse. Le voilà redevenu souriant; sa joue est de nouveau fleurie et son œil, qui s'éteignait, se rallume. Il ne préside plus la gauche démocratique, c'est vrai; mais le Club des 100 kilos vient de l'élire président d'honneur.


Parmi les nominations au grade de chevalier de la Légion d'honneur du ministère de l'instruction publique, figurait le nom de J.-H. Rosny. Comme ce nom étiquette la collaboration des deux frères Rosny, nous avons demandé auquel des deux était attribué le ruban rouge.

L'un des Rosny nous répond « A l'aîné. »

C'est parfait. Mais le mystère n'est pas éclairci pour cela. Quel est l'aîné des deux? celui qu'on connaît ou l'autre?


Une délicate attention de l'empereur et de l'impératrice de Russie.

Les seize jeunes filles qui prirent part à la pose de la première pierre du pont Alexandre-III et offrirent aux souverains russes, au nom du haut commerce parisien, un magnifique vase ciselé rempli de fleurs, viennent de recevoir chacune la photographie de la famille impériale dans un superbe cadre aux armes de la Russie.


Une rencontre au pistolet a eu lieu hier, dans les environs de Paris, entre MM. Marcel Proust et Jean Lorrain, à la suite d'un article publié par ce dernier sous la signature Raitif de La Bretonne. Deux balles ont été échangées sans résultat. Les témoins de M. Marcel Proust étaient MM. Gustave de Borda et Jean Béraud ceux de M. Jean Lorrain, MM. Octave Uzanne et Paul Adam.


L'arme la plus puissante pour combattre la pléthore abdominale est la célèbre eau de Carabana. Prendre tous les matins à jeun, immédiatement avant le petit déjeuner, un verre de cette eau salutaire, c'est acquérir une sorte d'immunité contre les maladies de l'estomac.


La jolie salle de spectacle de la Maison d'Art, du boulevard de Clichy, prête en ce moment ses murs aux paysages de M. Beauverie. Toute la journée et le soir, c'est un défilé de connaisseurs qui applaudissent à l'œuvre de l'artiste, et qui, en descendant, s'arrêtent longuement dans les salles de cette parisienne institution, particulièrement à l'exposition des tableaux sans cadres, une idée que Louis Levens est en train de faire triompher.


Bien qu'à l'exemple de toutes les stations hivernales, Dax ait été quelque peu troublé par les intempéries, le mouvement des étrangers qui viennent demander la santé aux Grands Thermes ne laisse pas d'être satisfaisant. Au surplus, on sait quelles ingénieuses précautions sont prises pour protéger les hôtes de cet établissement contre les secousses climatériques. Les Grands Thermes sont un modèle en ce genre, et un modèle unique.

sans titre 1
Flash janvier
Ce qui fait le désespoir de l'un fait le bonheur de l'autre.
L'absentéisme parisien qui, en ces mois de vacances, préjudicie tant d'industries, amène au contraire dans d'autres un énorme surcroît d'affaires. Tel est le cas d'un de nos plus grands tailleurs dont les élégants complets à 69 fr. 50 sur mesure, pour les voyages, la plage, les sports, le casino, etc., font florès On a reconnu High Life Tailor, rue Richelieu (coin du boulevard).
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Un homme parti de zéro pour n'arriver à rien n'a de merci à dire à personne.


285. Le 29 avril 1897, le président Félix Faure a reçu le grand-duc Nicolas oncle du Tsar Nicolas II.
The great season bat son plein, à Cauterets. Jamais pareille activité n'anima ce coin exquis de nos gracieuses Pyrénées. Sportsmen, mondains et malades s'extasient devant la troupe théâtrale si habilement recrutée par la direction du Casino. Et chaque jour augmente le nombre des hôtes élégants de ce nid délicieux.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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Tombolas anglaises

Le commerce parisien est le point de mire des escrocs anglais, aussi bien que des espagnols.
Il y a un mois, un fabricant de corsets de Paris, M. X. recevait de Londres une circulaire de la manufacture The Nubiene, dirigée par M. Geo Bornett.

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Drame d'amour

Deux jeunes gens, un soldat de première classe du 9ème régiment de chasseurs, en garnison à Longwy, Emmanuel Desnoyelles, âgé de vingt-deux ans, et Léonie Poulain, ouvrière, originaire de Saint-Denis, âgée de vingt-six ans, venaient, le 8 de ce mois, louer une chambre à l'hôtel de Paris, 37, rue de Maubeuge.

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 ALLUMEUSES

ALLUMEUSES

L'amuseuse à Paris devient une « allumeuse »

Ça il faut à nos sens la senteur capiteuse

Qu'exhale son corps blanc, lorsque le fin Congo

L'enveloppe d'encens. Gloire à son lavabo !

J. Bellin au savonnier Victor Vaissier

Nouvelles à la main

 Entendu à la Bourse

Entendu à la Bourse.
— Qu'est-ce que vous pensez de X. au point de vue de la probité ?
—Hum! ce que vous me demandez là est bien délicat. Je peux cependant vous dire qu'une fois je l'ai invité à dîner, et qu'après son départ nous avons retrouvé le compte des couverts.

 Dernier écho du réveillon

Dernier écho du réveillon.
On a interrompu la partie, dans un cercle sans préjugés, pour festoyer selon la tradition.
Au Champagne, le doyen des habitués se lève pour porter un toast; puis, après l'avoir vidé, il jette .par-dessus son épaule son verre, qui se brise sur le tapis.
— Ce n'est pas comme en Russie fait observer un ponte à son voisin ; ici, c'est l'habitude de faire sauter la coupe.

 On faisait devant un directeur d

On faisait devant un directeur de théâtre l'énumération de tous les droits qui sévissent sur nos scènes modernes les droits du mari, les droits de la femme, les droits de l'enfant.
— Vous oubliez les droits d'auteur et le droit des pauvres, ceux qui nous touchent le plus et que nous touchons le moins.

 A la Galerie des Machines

A la Galerie des Machines, hier, après l'exécution de la Vie pour le Tsar, un assistant qui n'a pas quitté de l'œil le chef de musique, à son voisin :

— Je n'avais jamais vu battre la mesure en russe… c’est très curieux !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Une sépulture bien gardée - 1897

Une sépulture bien gardée.

Afin de préserver la tombe de M.Pullmann le riche constructeur de wagons, de toute profanation de la part de ceux de ses ouvriers qui pourraient lui garder rancune de son attitude lors de la grève de 1894, le cercueil, hermétiquement clos, a été recouvert d'une couche d'asphalte d'un pouce d'épaisseur. Le tout est entouré d'un système de poutres en acier, boulonnées solidement, et autour desquelles a été coulée une masse épaisse de béton, de sorte que le tout ne forme plus qu'un seul bloc d'une solidité à toute épreuve, inattaquable à la dynamite et capable de résister, assure-t-on, même à un tremblement de terre.
Le créateur des wagons-salons avait doté sa fille, miss Florence, qui fut sur le point d'épouser un prince d'Isemburg-Birstein d'un emploi facile et largement rétribué. Moyennant 50,000 francs par an, elle était chargée de baptiser toutes les voitures sortant des ateliers de la compagnie.

Le Matin – 28 octobre 1898

 La revanche du tablier - 1897

La revanche du tablier.

Mlle Annie Stamp, jeune et jolie soubrette engagée comme domestique à tout faire par M. Fardington, demandait, avant-hier, des dommages-intérêts devant la cour de police de Bow street, à Londres, pour avoir été renvoyée, en l'absence du mari, par sa patronne, qui avait, parait-il, de graves sujets d'en être mécontente.

Sir John Bridge, qui présidait, lui a accordé une forte indemnité, considérant que, le mari étant responsable de l'existence commune et gagnant l'argent du ménage, la femme n'a pas qualité pour rompre un contrat conclu par son seigneur et maître.

Dans la même audience, deux semaines de gages ont été attribuées à Mlle Margaret Dahill, congédiée par sa maîtresse, Mme Franklin, sous prétexte qu'un policeman lui faisait la cour.

Toutes les jeunes filles de cet âge, en service on non, a dit le paternel juge, ont un amoureux. La défenderesse a-t-elle la prétention de n'avoir jamais que des servantes insensibles ?

Et, comme Mme Franklin alléguait timidement qu'elle avait jadis, dans la cuisine, supporté la présence inflammatoire d'un grenadier rouge, mais qu'elle ne voulait pas d'agent de police

— Préférez-vous, s'est écrié sir John Bridge, que ces demoiselles introduisent chez vous des cambrioleurs ou des pickpockets ! Allez, madame, vous deviez encore vous estimer trop heureuse que cette aimable personne eût porté son choix sur un brave homme qui, après avoir veillé sur sa sécurité publique par devoir, serait encore venu veiller sur votre domicile particulier par amour. »

On pense si les innombrables petites bonnes présentes ont trouvé les deus aventures excellentes.

Le Matin – 26 sept. 1897

 Abbé Brisset - 1897

A Travers Paris

M. l'abbé Brisset, curé de Saint-Augustin, dont nous avons annoncé la grave maladie, a reçu hier 15 décembre 1897, à trois heures, les derniers sacrements des mains de M. Captier, supérieur général de Saint-Sulpice, assisté de M. l'abbé Picard, premier vicaire, en présence de tout le clergé de la paroisse et de plusieurs amis, parmi lesquels M. Chesnelong.
L'abbé Brisset n'a pas été, comme on l'a dit, victime d'un accident de voiture. Il souffre depuis, trois semaines d'une maladie d'estomac qui l'obligeait il y a dix jours à s'aliter et qui a nécessité une opération extrêmement délicate.
Le cardinal Richard s'est rendu avant- hier au presbytère de l'avenue Portalis et s'est longuement entretenu avec M. Brisset, 'qui avait encore, hier soir, toute sa connaissance, mais dont l'état laisse peu d'espoir.

Le Figaro

 Le Départ des Joyeux - 1897

Le Départ des Joyeux

Les différents détachements des jeunes soldats affectés aux compagnies de discipline des bataillons d'Afrique se sont embarqués hier, à 2 h. 20, à la gare de Lyon, au quai de Bercy.

Ces différents détachements comprenaient ensemble près de 700 hommes, 28 venant de Lille, 12 des prisons centrales, 355 du recrutement de Paris, et 285 des recrutements du Havre et de Rouen.

Le service d'ordre avait été organisé par MM. Bouvier, commissaire divisionnaire, et Maillard, commissaire spécial de la gare de Lyon. sous les ordres desquels étaient placés les 2è et 3è compagnies de réserve, quarante agents du douzième arrondissement et une vingtaine d'inspecteurs de la Sûreté.

En outre, trois compagnies détachées des 82è, 28è et 4è de ligne prêtaient main-forte aux agents de l'autorité.

Les soldats, baïonnette au canon, avaient été placés en double haie encadrant le train spécial destiné aux Joyeux. Ces derniers n'ont d'ailleurs opposé aucune résistance et se sont conduits d’une façon presque correcte.

Mais il n'en a pas été de même de leurs camarades : des sifflets et des huées ont accueilli les agents et soldats à leur arrivée boulevard Diderot. Une cinquantaine de ces gredins ont lapidé la troupe et la police à coups de pierre et n'ont cessé leur mitraillade, assez meurtrière, puisque plusieurs agents, soldats et recrues ont été atteints, que devant l'énergique attitude d'un officier de paix, qui menaça de faire charger.

A deux heures vingt-deux exactement, le train s'ébranlait, emportant vers Marseille les sept cents recrues accompagnées des cadres suivants :

Un capitaine du 82è de ligne, trois lieutenants, deux sous-lieutenants, six adjudants, dix-sept sergents et trente-quatre caporaux et soldats en armes. Un caporal ou un soldat de première classe était chargé d'assurer la police de chaque compartiment.

Le train comportait quatorze voitures : treize de troisième classe et une voiture mixte à l'usage des officiers, sous-officiers et adjudants.

Des cris injurieux ont été poussés par les recrues, au moment où le train s'ébranlait; ils s'adressaient plus particulièrement aux officiers de paix et aux agents, lesquels d'ailleurs s'en souciaient assez peu.

Une douzaine d'arrestations ont été opérée la plupart des individus arrêtés seront poursuivis pour insultes et outrages aux agents de la force publique, les autres pour coups et blessures volontaires.

Le Petit Parisien – 2 décembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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