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SIXIEME ANNÉE N°3757

 

65ème jour de l'année

   


Vendredi
6
Mars 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le musée d

Le musée d’assainissement
de la ville de Paris

La plupart des Parisiens ignorent certainement que la Ville est dotée d'un musée d'assainissement qui résume en lui toutes les découvertes et les inventions dont l'hygiène a bénéficié depuis quelques années, notamment en ce qui concerne les maisons d'habitation. Il a fallu que la Préfecture de la Seine s'avisât de demander au Conseil municipal des locaux plus centraux et-mieux appropriés à cette installation pour que le musée lui-même sortît des profondeurs du néant, où il semblait englouti, et se révélât comme un véritable établissement d'utilité publique.

Savez-vous où nous sommes allé, pour notre part, le découvrir, ce fameux musée dont quelques habitants du quartier à peine connaissent l’existence ?

C'est à côté du marché aux bestiaux, au fond d'une impasse derrière le dépotoir, qu'a été reléguée cette intéressante exposition, sous un hangar que l'intelligence pratique de M. Masson, ingénieur des ponts et chaussées, a transformé en un pavillon à peu prés habitable. Au moment où, devant la menace d'une nouvelle épidémie, lès règles de l'hygiène et de la salubrité doivent être l'objet des préoccupations de tout le monde, une visite à ce musée s'imposait.

Un certain nombre de planches, de modèles et d'appareils qui y figurent avaient déjà été exposés en 1889 au palais dès Arts libéraux depuis, on a complété les collections suivant la marche des découvertes et les expériences, concluantes faites par les ingénieurs et les techniciens qui s'occupent plus particulièrement des services d'hygiène.

L'histoire de l'assainissement des habitations parisiennes est à coup sûr d'un captivant intérêt. Sous nos yeux apparaît une série de cartes et de dessins coloriés reproduisant tout d'abord l'intérieur des anciennes maisons de Paris. On y voit des puits mis en contact presque direct avec les fosses d'aisances, on y perçoit les dangers de la contamination' résultant d'infiltrations de toutes sortes, de la disjonction des tuyaux, des odeurs elles-mêmes refoulées par les conduites, dangers permanents d'épidémie, véhicules certains de la fièvre typhoïde et autres maladies contagieuses.

Peu à peu l'administration a fait modifier les anciens systèmes pour arriver au « Tout à l'égout » qui réalise le type le plus conforme aux lois de l'hygiène moderne. Les collections d'appareils sont assez nombreuses, ce sont de nouveaux modèles de siphons, de réservoirs de chasse, d'appareils automatiques qui garantissent non seulement l'évacuation des eaux et des matières, mais encore l'aération et la ventilation des conduites. Le visiteur peut d'ailleurs suivre les progrès de l'assainissement en consultant les planches qui marquent toutes les étapes franchies depuis le douzième siècle. Puis ce sont des modèles de chalets ambulants construits sur roues, des appareils pour élever les eaux de pluie et les eaux de rivière. Une des pièces du musée, est réservée aux propriétaires et architectes qui désirent expérimenter leurs achats et ont besoin de conseils. La dernière partie, vraiment curieuse et instructive, est réservée aux services des eaux d'égout. Celles-ci sont réunies, comme on sait, à l'usine de Clichy où de puissantes machines les refoulent sur les terrains irrigables de Gennevilliers et .de Colombes. Là, une deuxième usine les prend pour les remonter sur les coteaux d'Herblay d'où elles partent, en traversant la Seine, pour aller irriguer Achères. En ce moment, on construit à Pierrelaye une usine qui reprendra à son tour les eaux d'égout pour les déverser du côté de Noisy (Oise).

Une grande carte reproduit tout le travail des eaux d'égout aux environs de la capitale. A côté, c'est le plan de la maison de détention de Nanterre avec son agencement moderne. Les eaux et les matières provenant de cet établissement sont amenées à une usine de refoulement qui les envoie sur un terrain où l'administration cultive des légumes et des fruits d'un rapport d'environ 6,000 francs. A la Ville-Evrard, le même système a produit les meilleurs résultats. Une autre planche nous montre dans leurs détails les travaux d'irrigation à Gennevilliers. A côté est un magnifique jardin qui a bénéficié largement de ce bienfaisant engrais. On y aperçoit d'énormes carrés de choux et de superbes champs de pommes de terre. Un des avantages de cet épandage des eaux d'égout c'est de restreindre de plus en plus l'envoi de ces eaux dans la Seine. Quand les travaux actuellement entrepris seront terminés, le fleuve ne recevra plus toutes les matières organiques et les immondices qui créent sur certains points, notamment du côté d'Asnières, de perpétuels foyers d'infection. Ce jour-là, Paris commencera seulement à s'assainir.

Voilà la morale qui se dégage d'une visite à ce musée municipal.

Jean Pauwels

Le Figaro — 2 février 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

M. Pierre Sollinger habitant 18 bis rue du Rhin, était, il y a quelques jours encore, chef cantonnier de la ville de Paris. Ses chefs, MM. Paul Hervé, conducteur des ponts et chaussées, et Louis Fleury, piqueur de la Ville, avaient, depuis quelque temps déjà, à se plaindre de son inexactitude et résolurent de sévir; et, sur un rapport de M. Paul Hervé, le chef cantonnier fut révoqué.

Sollinger jura de se venger et se plaignit partout d'être la victime d'une injustice insigne. Il était, d'ailieurs, du fait de sa révocation, réduit à la misère, à soixante-deux ans.

On avertit MM. Paul Hervé et Louis Fleury des menaces que proférait contre eux leur ancien employé ils crurent que ce n'étaient là que des fanfaronnades et ne prirent aucune précaution.

Hier, les deux fonctionnaires sortaient ensemble de leurs bureaux, rue de Crimée, 220, lorsque M. Sollinger, qui les attendait, s'avança vers eux, tira de sa poche deux revolvers et, des deux armes, fit feu à plusieurs reprises, à bout portant, sur les deux hommes. M. Paul Hervé fut atteint en pleine poitrine, du côté du poumon gauche; il s'affaissa, au milieu d'une mare de sang, tandis que M. Fleury, atteint à l'aisselle gauche, s'enfuyait en criant.

A ses cris, dos passants accoururent, .qui s'emparèrent du meurtrier celui-ci, d'ailleurs, ne nt aucune résistance. Il répétait

— Justice est faite.

Au moment de son arrestation, Sollinger avait sur lui, outre les deux revolvers dont il a fait usage, une canne à épée.

— Si je les avais manqués, a-t-il déclarée je les aurais bien attrapés avec ça.

Les deux blessés ont été transportés à l'hôpital Tenon. L'état de M. Hervé est assez inquiétant la guérison de M. FIeury n'est qu'une affaire de quelques jours.

M. de Selves, préfet de la Seine, s'est rendu, hier, a l'hôpital Tenon, où il a visité ses deux employés blessés.

Le Gaulois — 22 décembre 1897

 Le crime de la rue Basfroi

Le crime de la rue Basfroi

Avant-hier, c'était un amant qui tuait sa maîtresse qu'il soupçonnait de trahison, aujourd'hui c'est un mari qui assassine l'amant de sa femme.

L'assassin se nomme Charles Jacquerey. II est âgé de trente-deux ans et travaillait en qualité de chauffeur chez MM. André et Cie, peaussiers, 87, rue Alexandre-Dumas. Il habitait avec sa femme et ses quatre enfants rue de Charonne, 147. Très bon ouvrier, mais n'ayant aucun sentiment de ses devoirs de père de famille, il ne rapportait à la maison qu'une faible partie de sa paye. Le reste, il le laissait dans les débits de vins.

Samedi dernier, il avait touché 30 francs. Quand il rentra, il n'avait plus en sa possession que 13 francs. Sa femme lui fit des reproches.

— Ah ! c'est ainsi, fit-il; eh bien au revoir.

Et il partit en remettant dans son portemonnaie les quelques francs qu'il venait de montrer, sans s'occuper si les siens n'allaient t pas mourir de faim. C'est ce qui serait peut- être arrivé, si sa femme n'était allée demander aide et secours à son parent Édouard Lauwers, qui avait quarante-cinq ans et habitait rue Basfroi, 46 ; Lauwers était ouvrier polisseur ; d'aucuns prétendent, dans le quartier mais rien n'est moins prouvé qu'il avait existé entre eux d'intimes relations avant le mariage de Jacquerey. Celui-ci avait-il eu vent de cette histoire ? On assure encore qu'il savait à quoi s'en tenir à ce sujet et, que, se bouchant les yeux pour ne rien voir, il laissait à sa femme toute liberté d'allure. Quoi qu'il en pût être, Jacquerey ne s'était montré jusqu'à présent, vis-à-vis de la mère de ses enfants, ni plus ni moins prévenant que ne le sont d'habitude les ouvriers pour lesquels le cabaret a plus d'attrait que l'intérieur familial. Il travaillait et buvait beaucoup, il ne désirait rien de plus.

Abandonnée à elle-même, la pauvre femme, entendant ses enfants crier famine, s'adressa à Lauwers à celui qui toujours s'était montré si bon, si affectueux pour elle et ses bébés. Que seraient-ils devenus sans lui ? Jacquerey ne reparaissait plus ; il s'inquiétait bien d'eux, vraiment !

Hier matin, vers cinq heures, Lauwers, avant de se rendre à son atelier, était monté chez la femme Jacquerey. Il lui apportait un peu d'argent.

Au moment où il s'en allait, la porte s'ouvrit brusquement, livrant passage à Jacquerey qui, ivre de vin et de fureur, s'élança vers sa femme en lui faisant les plus terribles menaces. Lauwers se jeta entre eux. Le malheureux a payé de sa vie sa généreuse intervention. Jacquerey sortit un couteau de sa poche et en frappa au défaut de l'épaule celui qu'à tort ou à raison il considérait comme son rival.

— Je suis blessé à mort s'écria l'ouvrier polisseur en s'adressant à la femme Jacquerey. Fuyez ! fuyez !... il vous tuera vous et vos enfants !...

Et il tomba sur le parquet, pour ne plus se relever. Quelques instants plus tard, en effet, il rendait le dernier soupir à l'hôpital Saint-Antoine où on l'avait transporté.

Quant à l'assassin qui était tranquillement sorti de la maison sans que personne osât lui barrer le chemin, il a été arrêté rue Alexandre-Dumas.

M. Le Jaïn, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt, en même temps qu'il faisait transporter à la Morgue le corps de la victime.

Le Figaro — 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 4 mars

Jeudi
4 mars 1897

Le prince Danilo de Monténégro, venant de Baden-Baden, est parti hier soir de Paris pour Cettigne.


MM. Léon Bonnat et Aimé Morol ont remporté, à l'Exposition internationale des Beaux-Arts de Florence, l'un, le premier prix, médaille d'or de l'Académie des beaux-arts, le second, une autre distinction de premier ordre.


L'ambassadeur d'Angleterre et lady Monson ont donné, hier matin, à l'hôtel du faubourg Saint-Honoré, un déjeuner intime en l'honneur du prince de Galles.

M. Hanotaux, ministre des affaires étrangères, et les attachés de l'ambassade étaient exclusivement parmi les invités.


Le dîner que M. Georges Coçhery, ministre des finances, offre mardi prochain aux ambassadeurs et aux membres du cabinet sera suivi d'une soirée avec concert, comédie et ballet.

A cette réception sont conviés les membres du Parlement et leurs familles.

Les autres personnes seront reçues sur Invitations.


Les pétroleurs de Noisy-le-Sec.

Depuis avant-hier soir, Bondy et Noisy-le-Sec ont, moins que jamais, le droit de s'appeler cités-lumières.

Fatiguées de lutter contre les exigences d'une Compagnie qui s'obstinait à vouloir leur faire payer le gaz trente-cinq centimes le mètre cube, les commerçants de ces deux localités, constitués en syndicat, ont fait l'acquisition d'un wagon entier de lampes, de plusieurs tonnes de pétrole et fermé impitoyablement tous les becs de leurs boutiques respectives.

Ils espèrent, de cette façon, fermer celui de la Compagnie.


LES SIGNAUX DANS LES RUES

De la Lanterne:

On parle déjà de supprimer les petits bâtons blancs des agents et de les remplacer par des signaux pareils à ceux qui, dans les grandes gares, montrent, de loin, si une voie est libre ou occupée.

Ces signaux ont été déjà essayés à Londres, où l'on a érigé sur quelques carrefours de hauts mâts qui sont reliés par un fil électrique à un poste de surveillance spécial.

En pressant sur un bouton, le surveillant peut faire surgir en haut du mât le signal Stopp! (Arrêtez!) écrit en grosses lettres, et alors les cochers, dans les rues aboutissantes, n'ont qu'a regarder de loin ce signal pour voir s ils peuvent continuer leur course ou s'ils doivent ralentir la marche de leurs chevaux.

Naturellement, le soir, le signal se détache en-lettres transparentes sur l'horizon.


LES PIGEONS VOYAGEURS

Dans la Seine — Les entraînés et les non entraînés.

Le Bulletin municipal a publié, il y a quelques temps, l'avis relatif aux prescriptions de la loi du 22 juillet 1896 sur l'installation des pigeonniers.

A ce sujet, il .n'est pas sans intérêt de connaître le nombre de pigeons voyageurs existant à Paris et dans les communes des arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux.

Conformément au décret du 15 septembre qui prescrit chaque année le recensement des pigeons voyageurs, ce recensement a été opéré en janvier 1896. Le résultat de cette opération vient d'être publié.

A Paris, il y a 16,364 pigeons-voyageurs se décomposant en 8,778 pigeons non entraînés et 7,586 pigeons entrainés et se répartissant entre 828 propriétaires.

Dans l'arrondissement de Saint-Denis, il y a 9,071 pigeons voyageurs 4,854 non entraînés et 4,217 entraînés, se répartissant entre 495 propriétaires.

Dans l'arrondissement de Sceaux, 369 propriétaires possèdent 4,800 pigeons dont 3,033 non entraînés et 1,677 entraînés.

Le département de la Seine possède donc 30,235 pigeons voyageurs, dont 16,665 non entraînés et 13,570 entraînés, appartenant à 1,692 propriétaires. Rappelons que la loi du 22 juillet 1896 substitue à la déclaration pure et simple, exigée sous l'ancienne législation, l'obligation pour toute personne voulant avoir un colombier, d'en obtenir préalablement l'autorisation du préfet, et pour toute personne qui reçoit un pigeon voyageur l'obligation d'en faire la déclaration à la mairie.


Comment échapper à la congestion pulmonaire et aux pneumonies infectieuses, auxquelles nous livre la malencontreuse influenza ?

En fortifiant à la fois le cœur et les poumons, en facilitant la circulation et la nutrition, répondent les docteurs les plus estimés.

C'est pourquoi le Vin Bravais à la kola, coca, guarana et cacao, est actuellement considéré comme le remède sauveur combien de -malades lui doivent leur résurrection !


Les personnes qui vont à la Comédie-Française pour voir la pièce en vogue savent trouver au célèbre restaurant du Bœuf à la mode, rue de Valois, pour ces dîners délicats servis avant le spectacle, les traditions de haute cuisine qui ont consacré la solide réputation de cette vieille et bonne maison située à deux pas de ce théâtre.

sans titre 1

 5 mars

Vendredi
5 mars1897

A compter du 14 de ce mois, le vice-amiral Puech est placé dans la deuxième section de l'état-major général de l'armée navale.


Aujourd'hui vendredi, à huit heures et demie du soir, à la mairie de la rue Drouot, M. Émile Hinzelin fera une conférence sur Erckmann-Chatrian.


On nous prie d'annoncer que les listes d'invitation pour. le second bal du 11 courant, à l'Élysée, sont closes. Les demandes qui seraient adressées maintenant ne pourraient être accueillies.


Demain, samedi et dimanche, de deux heures à six heures après-midi, et de huit heures à dix heures du soir, une vente de charité au profit de l'Union française pour le sauvetage de l'enfance, dont la présidente est Mme Jules Simon, aura lieu dans les salons du ministère de l'instruction .publique.


Mauvaises, nouvelles de l'amiral Vallon, député du Finistère.

L'amélioration n'a eu qu'une durée très courte et la faiblesse augmente d'heure en heure..

Dans l'après-midi d'hier, le malade a reçu les derniers sacrements et le médecin, en le quittant, le soir, vers neuf heures et demie, n'a pas caché à la famille qu'il redoutait, pour la nuit même, un dénouement fatal.


Rappelons que le septième bal annuel de l'Association générale des Étudiants, auquel, on le sait, le président de la République a promis d'assister, aura lieu demain samedi, 55, rue de Ponthieu.

Le bal, organisé sous la présidence de Mme Félix Faure et de Mme la baronne de Mohrenheim, pour objet de réunir les fonds nécessaires à la fondation de la « Maison des Étudiants », le siège actuel étant devenu tout à fait insuffisant.

On dit merveille du cotillon, qui à pour thème « Le Barreau ».


La tranchée récemment ouverte rue Dalayrac; pour la construction d'un égout, vient de mettre à jour le souterrain qui reliait la loge impériale de l'ancien théâtre Italien, aujourd'hui annexe Ventadour de la Banque de France, à une maison de la rue -Sainte-Anne. Presque tous les théâtres subventionnés construits depuis l'attentat de la rue Saint-Nicaise sur le premier consul, qui se rendait. L’Opéra, eurent de pareils dégagements. En cas de danger, cela devait permettre à l'empereur de se retirer secrètement, ou aux troupes de parvenir à l'intérieur de la salle sans être vues de la foule. A fleur de terre, dont il n'est séparé que par la couche de béton sur laquelle repose, l'asphalte, construit en énormes et solides pierres de Bayeux, le souterrain voûté, large d'environ cinq mètres, fut une de ces coûteuses autant qu'inutiles précautions prises- surtout en vue de rassurer le souverain.


Un bœuf fusillé.

Un bœuf appartenant à M. Devaux, commissionnaire en bestiaux, 209, rue d'Allemagne, et conduit par le bouvier Thibault, s'est échappé dans la gare de Bercy-La Râpée et a parcouru furieux cette gare. Les soldats du 103e de ligne, de service à la prison de Mazas, ont été requis et ont abattu l'animal à coups de fusil.


Vols de câbles téléphoniques.

En dépit de la surveillance exercée par les agents du service municipal, voici que recommencent les vols de .câbles téléphoniques dans les égouts de Paris.

Hier matin, dans l'égout de la rue Notre-Dame-des-Champs, un chef de section des téléphones a constaté avec stupeur qu'on avait enlevé pendant la nuit près de cinquante mètres de câbles. Les câbles dérobés .comprennent chacun quatorze fils réunis dans une unique enveloppe de plomb. On ne découvrira sans doute les auteurs de ce vol que lorsqu'on aura trouvé les recéleurs.


Où peut conduire la haine des confetti.

La haine des confetti peut conduire à la prison. C'est ainsi que Martial Maury vient d'être condamné par la neuvième chambre correctionnelle huit jours de cette peine pour n'avoir pas subi avec bonne humeur l'avalanche de confetti qui lui tomba sur la figure, au cours de la cavalcade du Mardi gras. Il sortit son couteau et frappa. Un pardessus fut traversé. Violences et voies de fait. On sait ce qui en est résulté.

M. Martial Maury ferait bien de purger ses huit jours de prison à la Mi-Carême.


Le « pétomane » devant la cour d'appel.

Le « pétomane », dans la vie civile Joseph Pujol, rompait, il y a quelque temps, l'engagement qui le liait à M. Ollier, le directeur du Moulin-Rouge

La cinquième chambre condamnait le musicien fin-de-siècle à. payer au directeur 3,000 fr. de dommages-intérêts. Le musicien fit appel.

La cour vient de confirmer le jugement des premiers juges.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Je me suis toujours demandé si les gauchers passaient l'arme à droite.


331. L'ambassadeur de Russie et la baronne de Mohrenheim se rendaient le 1er avril 1897 à la gare du Nord pour recevoir le baron de Korff, frère de l'ambassadrice, qui était venu passer quelques jours à Paris avant de se rendre dans le midi de la France.
C’est une erreur de croire qu’en payant ses costumes plus de 69 fr.50, ils sont meilleurs que ceux offerts pour ce prix par High Life Tailor, 17, faubourg Montmartre. Quant à être plus élégants, c’est impossible.
 L’invasion des femmes

L’invasion des femmes

Nous avons eu, il y a quinze siècles, l'invasion des Barbares nous avons aujourd'hui l'invasion des femmes, avec des Attilas en corset et des Alarics en jupons.

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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La ruse d’un écrivain public

Antoine Deilhès était écrivain public, impasse de Ménilmontant. Sa profession l'avait mis en rapport avec un certain nombre de personnes, parmi lesquelles un adjudant de cavalerie en retraite, nommé Besson, à qui il ressemblait.

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Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

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 C

C'était donc lui

Les experts ont trouvé, —la chose est vraiment neuve,

Mais comme ils sont très fons. ils en feront la preuve,

Que tous les vers parus sur le divin Congo

Sont écrits par Dreyfus, qui les vend aux journaux

Un graphologue au savonnier Vaissier.

Nouvelles à la main

Le père Abraham, dit la Providence des fils de famille

Le père Abraham, dit la Providence des fils de famille décavés, est entré chez un papetier-graveur pour s'approvisionner de papier à lettres et d'enveloppes.
— Quel est votre chiffre ? lui demande le marchand.
— Guarande bour zent !

 Exemple de concrétion grammatica

Exemple de concrétion grammaticale pour exprimer des amours éphémères avec une fille de l'Auvergne :

« — Elle était d'Issoire, et nous nous sommes aimés...  juste autant !»

 M

M. pharmacien à Saint-X. vient réclamer à un client guéri le montant d'une note.

— Hélas répond l'ex-malade, je n'ai pas d'argent..

— Avez-vous au moins gardé les fioles et les bouteilles ?...

— Oui monsieur.

— Ah ! Dieu soit loué ! Alors je ne perds rien !

On parle du voyage du Président

On parle du voyage du Président.
Quel changement s'écrie quelqu'un, quel contraste Parti du Havre (Seine-Inférieure) pour aller au théâtre d'Orange scène supérieure !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 quinquina Dubonnet - Fig 27/02/97

D'après un savant anglais, la proportion des femmes dépassant cent ans est de 43 contre 23 hommes. Cela est dû à la suppression de l'alcool et des apéritifs de l'alimentation des femmes. Non pas qu'elles se privent totalement d'apéritifs, seulement, au lieu d'absinthe et de vermout de mauvaise qualité, elles prennent simplement du quinquina Dubonnet, qui est aussi tonique qu'apéritif.

 Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Il y a quelques jours, un des médecins-chefs de service à l'hôpital de Clerkenwell, à Londres, remarqua, durant sa visite, qu'une des infirmières avait les doigts de la main droite tachés de nicotine, de ces taches particulières aux fumeurs de cigarettes.

Interrogée, la jeune fille répondit qu'en effet elle fumait, mais que c'était seulement en dehors de ses heures de présence dans la salle et dans sa chambre.

Le médecin observa les mains des autres infirmières et put s'assurer que la plupart fumaient la cigarette.

Il signala le fait au Conseil d'administration qui ordonna aux infirmières de renoncer immédiatement au tabac. Toutes répondirent par un refus.

L'enquête faite par le Conseil avait permis de constater qu'aucune des « nurses » ne fumait ailleurs que dans sa chambre.

En vain, les médecins objectèrent-ils que les traces de nicotine laissées sur les doigts des fumeuses pouvaient présenter des inconvénients et offrir des dangers au point de vue de la préparation des médicaments ou simplement du contact. Les infirmières protestèrent qu'aucun de ces inconvénients n'était à redouter chez des femmes obligées, par profession, à se laver les mains, vingt ou trente fois par jour, dans de l'eau phéniquée.

Menacées de révocation, si elles persistaient à fumer, les « nurses » de Clerkenwell ont donné leur démission. Et, dans les autres hôpitaux de Londres, ces demoiselles, parmi lesquelles il est aussi beaucoup de fumeuses, ont organisé la résistance.

C'est la révolution qui s'annonce... Les droits de... la femme, en attendant la Terreur.

Les annales politiques et littéraires

14 novembre 1897

 LES OUVRIÈRES ANGLAISES - 1897

LES OUVRIÈRES ANGLAISES

Celles qui travaillent en chambre — Un sinistre tableau.

Leur sort est navrant, vraiment.
A Paris, le gain d'une ouvrière en chambre est déjà terriblement mince ; mais, à Londres et dans les autres grandes cités industrielles du Royaume-Uni, cela descend un niveau qu'on ne voudrait pas croire si les faits ne le prouvaient pas.
Écoutons ce qu'une enquêteuse anglaise, Mlle Irwin, vient de révéler dans le dernier numéro de la Westminster Review :
Une chemisière, par exemple, est payée de 1 à 1,4 denier (10 à 12 1/2 centimes) de l’heure !
Des culottières travaillent à raison de 5 centimes la paire de pantalons ; chaque paire leur prend deux heures, et elles ont à acheter leur fil. Celles qui repassent les culottes pour enfants et y cousent les boutons sont payées à raison de 70 centimes par douzaine, soit un peu moins de 6 centimes par pièce, et il leur faut douze heures pour arriver à deux douzaines. Ensuite, elles ont à dépenser, par jour, cinq sous pour des aiguilles et du charbon à chauffer leurs fers et quatre sous à la porteuse d'atelier qui apporte et rapporte le paquet. Dans ces conditions, leur journée de douze heures revient à 95 centimes.
Et le comble, c'est que ces prix désespérants baissent encore par suite de la surproduction, qui force le vendeur à descendre de plus en plus l'échelle du bon marché, Ainsi, à l'heure actuelle, de bonnes chemises en toile de coton sont livrées aux détaillants à raison de 9 fr. 35 la douzaine; soit 78 centimes pièce !
Mlle Irwin, qui a vu, de ses yeux vu, dit que ces malheureuses, en général, travaillent dans des conditions d'hygiène révoltantes, claquemurées qu'elles sont dans des mansardes infectes, en compagnie de rats, de souris, de toute sorte de vermine, dans une atmosphère de misère impossible à décrire…

Le Matin – 25 décembre 1897

 météorologie Echo de Paris 7 janv 1897

Le service municipal de météorologie se livre depuis quelque temps à des expériences intéressantes afin de connaitre quelle peut être l’influence du revètement du sol sur la variation de la température. Des types de chaussées analogues à celles de Paris ont été établis dans le laboratoire de Mont-souris. Sur des surfaces égales bitumées, pavées en bois, en grès et sablées, des thermomètres à minima et maxima ont été disposés à cinq centimètres au-dessus du sol.
D’après les observations faites à ce jour, c’est sur le pavage en bois que la température se maintient en général plus élevé ; c’est aussi sur ce pavage que la variation diurne se manifeste davantage. C’est ensuite sur le sol sablé que la température présente les plus grands écarts.
Autres constatations qui méritent d’être signalées: l’influence de la ville a pour effet d’élever la température de près d’un degré, mais seulement peur les quartiers du centre. Dans le square Saint-Jacques, par exemple, la température moyenne annuelle surpasse de près d’un degré la même moyenne déterminée en pleine campagne, à quelques kilomètres de la capitale. A mesure qu’on se rapproche des fortifications, la température s’abaisse. Enfin il est établi que la masse de Paris se refroidit et se réchauffe très lentement.

L'Echo de Paris - 7 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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