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SIXIEME ANNÉE N°2647

 

51ème jour de l'année

   


Lundi
20
Février 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac


L'actualité dramatique

 UN DRAME AU VITRIOL - La Matin – 6 janvier 1897

UN DRAME AU VITRIOL

A Neuilly — Après la séparation — A la recherche du mari.

Les époux Victor Droguers, demeurant, 109, boulevard Bineau, à Neuilly, se séparaient aimablement, il y a quelque temps, pour cause d'incompatibilité d'humeur. Le mari continuait à habiter Neuilly et la femme allait demeurer, 20, rue Lécuyer, à Montmartre.

Hier matin, Mme Droguers venait retrouver son mari pour régler avec lui diverses questions d'intérêt.

Malheureusement, Victor Droguers n'avait pas accepté la séparation de gaîté de cœur. Une vive discussion surgit entre les deux époux. Le mari supplia sa femme de reprendre la vie commune, la menaçant, si elle refusait, de la tuer et de se jeter ensuite dans la Seine. La femme resta inébranlable dans sa résolution. M. Droguers sortit alors de sa poche un flacon de vitriol et en jeta le contenu au visage de sa femme; puis, affolé par l'acte qu'il venait de commettre, il prit la fuite.

Aux cris poussés par la victime, des voisins accoururent.

Mme Droguers fut transportée à l'hôpital Beaujon, où l'on constata qu'elle avait l'œil gauche perdu. Elle est, en outre, complètement défigurée.

Quant au mari, il a disparu; on craint qu'il n'ait mis son projet de suicide à exécution, et des recherches vont être faites dans la Seine pour découvrir son cadavre.

La Matin – 6 janvier 1897

 LA PETITE JEANNETTE

LA PETITE JEANNETTE

Jeanne Brémoncourt, surnommée la petite Jeannette, âgée de vingt ans, demeurant, 1, rue Broca, se voyait, il y a quelques jours, souffler son amant par une de ses amies. Elle en conçut un violent dépit. Hier soir, elle se rendit chez un marchand de vins où sa rivale avait coutume de dîner, afin de la souffleter.

La bataille fut chaude. Les chignons furent ̃consciencieusement crêpés; mais le résultat fut contraire aux espérances de la petite Jeannette, qui reçut une maîtresse volée. Folle de douleur et de rage, elle tira un flacon de chlorydrate de morphine de sa poche et en absorba entièrement le contenu. Elle a été transportée mourante à l'hôpital Cochin.

Le Figaro - 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 18 février

Jeudi
18 février 1897

Ce soir, dîner suivi de réception au mini stère de l'intérieur.


Le comte Albert de Mun, député du Finistère, a été reçu, hier, en audience par le Pape. 


LE CRIME D'AUTEUIL

La Sûreté a continué son enquête sur Roubertout, l'assassin du garçon de café Pic, tue dans sa chambre, à Auteuil, dans la nuit du 6 au 7 février. L'inculpe était constamment à la recherche du « coup à faire ». Il y a quelques mois, en effet, il servait, à Montmartre, dans un café tenu par une femme, Mme X…

Un soir, à la fermeture de cet établissement, il chercha querelle à sa patronne, et, fermant brusquement la porte, tenta de frapper Mme X... qui, heureusement, très forte, réussit à le chasser. On croit, maintenant, que Roubertout avait, conçu le projet de tuer Mme X… pour s'emparer de la recette de la journée.


MANIFESTATION D'ÉTUDIANTS

Une manifestation d'étudiants a eu lieu hier soir à Paris en faveur delà Grèce. Deux ou trois cents jeunes gens, qui déjà dans la journée avaient essayé de se former en monôme au quartier Latin, ont franchi les ponts et sont parvenus jusqu'au boulevard Montmartre, où ils ont crié « Vive la Grèce ! A bas les Turcs »

Rue de la Grande-Truanderie, la police avait déjà dispersé ces quelques manifestants. Ils avaient néanmoins réussi à se reformer.

Boulevard Montmartre, quelques agents les ont refoulés et la manifestation s'est littéralement évanouie.


LE RECORD DE L'ARRESTATION

Une vieille femme, sans domicile et sans emploi, était arrêtée, hier, par les agents de service aux Halles.

— Je me nomme Julienne Dusser, dit-elle au secrétaire du commissaire de police qui l'interrogeait, et j'ai voulu fêter ma patronne en me faisant envoyer au Dépôt

» C'est la. quarante-huitième fois qu'on m'amène en prison depuis trente-deux ans.

» Condamnée déjà quarante-sept fois, chaque fois j'ai eu à mon service un chef de poste, un inspecteur, un commissaire, une voiture cellulaire, un .garde, un juge, des assesseurs, des greffiers, des directeurs de prison, etc.

» J'ai fait vivre en somme tous ces fonctionnaires, et on comprendra que le jour de ma fête, je tienne de nouveau à leur faire visite. »

Il a été fait droit à la demande de Julienne Dusser, qui a été écrouée au Dépôt.


Le drame de la rue Mouffetard.

Une couturière, âgée de vingt-quatre ans, Mlle Gabrielle Krier, demeurant rue Magendie, passait, hier soir, vers sept heures, dans la rue Mouffetard, lorsque, arrivée devant le numéro 118, elle fut accostée par un individu qui échangea quelques mots avec celle puis, soudain, tirant un revolver de sa poche, fit feu à bout portant sur la jeune femme.

La victime, atteinte au-dessus de l'œil gauche; s'affaissa sur le trottoir.

Relevée et transportée à l'hôpital de la Pitié, elle n'a pas repris connaissance et il a été impossible à M. Lanet, commissaire dé police, de l'interroger. On craint qu'elle ne succombe avant d'avoir pu parler.

Quant au meurtrier, profitant de l'émotion causée par son acte, il s'est empressé de prendre la fuite.


LA CRUE DE LA SEINE

La décroissance du fleuve continue sans interruption et les nouvelles des stations météorologiques sont-des plus rassurantes.. La baisse depuis, dimanche atteint quarante centimètres. Sur la Marne, l'Yonne, la Haute-Seine, une baisse générale des eaux est signalée.

En aval de Paris, la situation reste cependant assez grave. A Argenteuil, plusieurs maisons sont inondées et ont dû être étayées.

A l'inspection de la navigation, on estime que les services de la batellerie pourront être repris dans quatre ou cinq jours, et ceux des bateaux omnibus dimanche ou lundi.


Peste, mon cher, nos restaurateurs ne se refusent plus rien. Le Courrier Français de cette semaine n'annonce-t-il pas qu'il ouvre un concours artistique avec de nombreux prix en espèces pour l'illustration des menus du restaurant Julien, 3, boulevard des Capucines ; Julien était déjà renommé pour sa cuisine parfaite et ses vins excellents. — Il aura donc aussi les menus les plus artistiques. — Que veut-il encore ? — La croix d'honneur ?


Nos viticulteurs apprendront avec joie que le remède contre le phylloxéra, officiellement reconnu efficace par un professeur autorisé, va enfin être exploité sous le nom de Phylloxératoxine, par une Société fondée dans ce but.

sans titre 1

 19 février

Vendredi
19 février 1897

UN INCIDENT A LA CHAMBRE

Un incident s'est produit, hier soir, à la fin de la séance de la Chambre, au moment où M. Georges Berry demandait la mise à l'ordre du jour de sa proposition tendant créer un signe distinctif pour les anciens combattants de 1870.

— Voilà qui retarde de vingt-six ans, fit observer M. Du Perier de Larsan.

—Si vous avez oublié 1870, nous nous en souvenons! répondit M. Marcel Habert. — Cela m'étonne; car, moi, j'y étais, tandis que vous, vous n'y étiez pas ! répliqua le député de la Gironde, qui ajouta « Voilà encore le hanneton qui se remue! »

— Qu'avez-vous dît ? alla alors demander à-M.-de Larsan, le -député de Seine-et-Oise.

— Ce n'est- peut-être pas parlementaire, mais j'ai dit ce qu'il m'a plu, répliqua derechef le député-:de la Gironde.

— Vous êtes un insolent ! s'écrie M. Marcel Habert.

Ajoutons que des amis étant intervenues de part et d'autre, l'incident n'a pas eu de suites.


GUILLAUME II ET LE TSAR

BERLIN, 18 février. D'un correspondant. Dans certains cercles politiques, on dit que l'empereur Guillaume aurait manifesté le désir devoir le tsar. Il se pourrait qu'il vint en mars à Saint-Pétersbourg. Une correspondance active est échangée entre Berlin et Saint-Pétersbourg.


Messidor, le beau drame lyrique d'Émile Zola, -musique, d'Alfred Bruneau, dont la première représentation a lieu ce soir à l’Opéra; paraît aujourd'hui chez l'éditeur Eugène Fasquelle.


A l'occasion du carnaval, les élèves des lycées et collèges sortiront le samedi 27 février, à trois heures de l'après-midi, et rentreront le mercredi soir 3 mars, à l'heure ordinaire.

Les classes et conférences du mercredi sont reportées suivant l'usage, au jeudi.


Le roi des Belges est attendu, vers la fin du mois, à Villefranche, où viennent de commencer les travaux de clôture de la propriété d'environ .cent mille mètres carrés qu'il a acquise moyennant francs. Les frais de construction du mur d'enceinte seulement s'élèveront à près de cent mille francs.


Le ministre de l'intérieur et M. Louis Barthou ont offert, hier soir; un grand dîner aux ambassadeurs et aux membres du cabinet.

Mme Louis Barthou, qui portait une élégante toilette en satin jaune paille, avec corsage garni de dentelles en vieil Angleterre, diamants et grands papillons ornés de pierreries, avait sa droite le baron de Mohrenheim et à sa gauche le comte de Munster.

Le ministre de l'intérieur avait à sa droite Mme la baronne de Mohrenheim et à sa gauche Mme la comtesse Tornielli.

La musique de la garde républicaine s'est fait entendre pendant le repas, après lequel a eu lieu une très brillante réception.


Au moment où le spiritisme préoccupe à un si haut degré l'opinion publique, ou lés théories contraires sur le sujet déconcertant font verser des flots d'encre et passionnent le lecteur, l'œuvre étrange de Paul Guiraud, la Conversion de Gaston Ferney (roman spirite), nous semble appelée à un immense succès de librairie.


Hier matin a eu lieu, l'usine à gaz: de la Villette, en présence de nombreuses personnalités du monde scientifique, le lancer du ballon-sonde l’Aérophile. Il s’agit, on le sait, d'expériences méthodiques entreprises par MM. Hermite et Besançon en vue de déterminer les conditions physiques des couches les plus élevées de l'atmosphère, celles que la raréfaction de l'air rend inabordables aux aéronautes.

L'ascension d'hier est la troisième du genre. A dix heures douze minutes, l’Aérophile, muni d'une série d'appareils enregistreurs les plus perfectionnées, s'est enleva dans les airs, atteignant, du premier bond une grande hauteur. On pense -qu'il a dû atterrir dans l'après-midi en Allemagne.


LE SPORT DE L'AVENIR

De Nice au Vélo

Cet après-midi, au tournant du boulevard Carnot, près du couvent de Saint-Martin, l'automobile de M. Albert Gauthier filait à toute vitesse dans la descente, qui est fort dangereuse à cet endroit, quand elle est tombée dans un ravin de plusieurs mètres de profondeur.

La cause de cet accident est due à un omnibus qui venait en sens inverse en prenant la droite. Le mécanicien ne put se rendre maître de sa direction et alla heurter contre le parapet

Le mécanicien, qui était seul dans la voiture; a été dangereusement blessé; on craint même pour sa vie, Quant à l'automobile elle est complètement défoncée.


ACCIDENT DE BICYCLETTE

Marseille, 18 février. D'un correspondant. M. Polvi, gendarme en retraite, est mort, aujourd'hui, à la suite d'un accident de bicyclette.

Ce matin, vers dix heures, il approchait du village, des Aygalades, quand sa machine buta contre une grosse pierre. M. Polvi fut projeté à quelques mètres. Son front heurta, violemment contre le sol. La mort a été presque instantanée.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 On sait que les cheveux, considéré au microscope, sont creux, ce qui explique l'expression : un tuyau de poil.


270. M. Méline, Président du Conseil en 1897, était en même temps ministre de l'Agriculture.
La maison de Vertus sœurs vient de créer un nouveau corset dont il est beaucoup parlé en ce moment.
En .délicieux satin .broché, semé de bouquets pompadour sur fond de guipure d'Alençon, il forme avec le jupon assorti un ensemble merveilleux indispensable à toute dame élégante soucieuse de la richesse de sa toilette.
12, rue Auber.
 Un garçon de recettes disparu - les aveux

Un garçon de recettes disparu

Les aveux des assassins

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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Un scandale au Sacré-Coeur

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

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Désespoir d'artiste

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland.

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 Réponse bien féminine

RÉPONSE BIEN FÉMININE

― Dans la patrie et la famille

Qu'envisagez-vous de plus beau ?

― C'est répond une jeune fille,

La toilette et le doux Congo

T.-S., institutrice, à Victor Vaissier

Nouvelles à la main

Calino critique littéraire

Calino critique littéraire :
Ce qui m'horripile chez cet écrivain, dit-il, c'est sa manie d'employer un tas de néologismes qui n'ont même pas le mérite de l'originalité, car ils sont, depuis longtemps, passés dans la langue.

 Une dame charitable à la petite

Une dame charitable à la petite fille d'une pauvre femme accouchée de la veille :
— Eh bien mon enfant, votre maman vous a acheté un joli petit frère.
— Oh oui, madame. Mais faut croire qu'on lui a fait crédit, car elle n'avait pas d'argent pour le payer comptant !

A la brasserie Un consommateur, furieux, interpelle le garçon

A la brasserie.
Un consommateur, furieux, interpelle le garçon
Ce café est exécrable, il est amer comme chicotin.
Le garçon, conciliant :
— Monsieur, n'exagérons rien. Dites seulement qu'il est amer comme chicorée, et vous serez en plein dans la vérité.

Sur le Pont-Neuf.

Sur le Pont-Neuf. 
Un monsieur passe rapidement, les mains dans ses poches : 
— La charité, mon bon monsieur ? fait le mendiant du coin. 
Le monsieur se fouille, et d'un ton de regret: 
— Désolé, mais je n'ai que des pièces de vingt francs... 
Le mendiant, alors, avec dignité : 
— Je puis vous rendre la monnaie, monsieur...

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Les membres du Club des millionnaires de l'Amérique du Nord - 1897

Les membres du Club des millionnaires de l'Amérique du Nord, club d'accès difficile, les personnes possédant la bagatelle de cinquante millions de francs étant seules admises viennent d'inventer un nouveau sport à côté duquel le cyclisme à pétrole ou à benzine et l'automobilisme sont simples jeux d'enfants.
Ces messieurs se sont improvisés conducteurs de locomotive, mécaniciens si l'on aime mieux.
Le célèbre millionnaire Jacques Astor conduit une fois par semaine le train express du Grand-Central de l'Illinois. De méchantes langues disent que M. Astor est intéressé à surveiller l'exploitation d'une ligne dont presque toutes les actions appartiennent à lui ou à sa famille.
M. George Fould, le fils aîné du célèbre Roi des chemins de fer, conduit lui-même les trains de plaisir qu'il organise hebdomadairement. Le président du Conseil d'administration de l'Union Pacific, M. Clark, fait toutes ses tournées d'inspection comme mécanicien. Son collègue, M. Thompson, du Chemin de fer central de Pennsylvanie, a acquis la réputation d'un habile chauffeur, et M. J. Hill, le principal actionnaire de la Great Northern Co a traversé à plusieurs reprises comme mécanicien, ainsi que ses fils, les États-Unis de l'Atlantique à l'océan Pacifique.
Et l'on parle de snobisme, en France !

Le Figaro - 2 aout 1897

 Académie Française - Emile Zola - Le Matin – 9 janvier 1897

Académie Française

Le Gaulois annonçait, que M. Émile Zola, en posant sa candidature au fauteuil laissé vacant par la mort de M. Challemel-Lacour, sollicitait pour la dix-neuvième fois les suffrages de l'Académie française.

En effet, depuis le 1er mai 1890, M. Zola s'est présenté à toutes les élections, sauf au deuxième scrutin pour la succession de Taine, qui échut à M. Albert Sorel, et, l'élection, du' remplaçant de M. Maxime Du Camp, qui fut M. Paul Bourget.

Les immortels décédés dont M. Zola désirait faire l'éloge sont les suivants :

En 1890, Émile Augier (deux élections), remplacé par M. de Freycinet ; en 1891, Octave Feuillet, remplacé par M. Pierre-Loti ; en 1892, Jurien de La Gravière, remplacé par M. Lavisse en 1893, Xavier Marmier, remplacé par M. de Bornier; Camille Rousset, remplacé par M. Thureau-Dangin Renan (deux élections), remplacé par Challemel-Lacour; John Lemoine, remplacé par M. Brunetière en 1894, de Mazade, remplacé par M. de Heredia , Taine, au premier tour seulement ; Léconte de Lisle, remplacé par M. H.Houssaye ; en 1895, Duruy, remplacé par M. Jules Lemaître; en 1896, de Lesseps, remplacé par M. Anatole France, Camille Doucet, remplacé par M. Costa de Beauregard, Pasteur, remplacé par M. Gaston Paris, Léon Say, remplacé par M. Albert Vandal, et Alexandre Dumas, remplacé par M. André Theuriet.

Le fauteuil de Challemel-Lacour est donc bien le dix-neuvième auquel aspire M. Émile Zola, et peut-être celui de Jules Simon, également libre, sera-t-il le vingtième.

Dans ces diverses tentatives, le plus grand nombre do voix réunies par M. Zola a été de onze.

Le Matin – 9 janvier 1897

 Voici à nouveau les garçons de - APL 24 janvier 1897

Voici à nouveau les garçons de café partis en guerre pour obtenir le droit au port de la barbe, ce plus bel ornement du sexe fort.
L'aube de 1897 devait être, pour la corporation, l'heure de la délivrance, et l'époque des étrennes passée les garçons entendaient
laisser croitre à leur guise barbe et moustache.
Hélas ! ils ne touchent pas encore au terme de leur désir !
En 1891, on s'en souvient encore, un premier mouvement de révolte se produisit. Il y eut de nombreuses réunions dont une présidée par M. Marguery, président du syndicat de l'alimentation, et le restaurateur promit son dévoué concours aux garçons de café.
Dès lors, ils crurent avoir cause gagnée et trop tôt chantèrent victoire. Des clients réclamèrent le retour aux anciens usages, ne pouvant se faire à l'idée de voir leur chateaubriand servi par des visages barbus; des défections se produisirent, et les vingt mille garçons de café de Paris durent, à leur grand désespoir, raser leur moustache naissante.
L'opposition des grands cafés et des grands restaurants n'a pas voulu jusqu'à présent se laisser fléchir.
Et savez-vous quel est le motif de cette opiniâtre résistance ?
C'est M. Marguery lui-même qui va nous la donner :
— Les garçons, fait remarquer l'inventeur de la fameuse sole Sarcey, ont l'habitude de gouter aux plats qu'ils servent aux clients. Lorsqu'ils sont fraichement rasés, ils peuvent prestement s'essuyer la bouche d'un revers de main, tandis qu'avec une barbe de sapeur ou une luxuriante moustache, il est à craindre que des traces accusatrices ne viennent révéler au client l'indiscrétion commise.
Cette explication en vaut bien une autre ; elle a, dans tous les cas, l'avantage de rassurer le client contre toute tentative d'empoisonnement.
La galerie suivra avec intérêt la lutte qui vient de s'engager entre garçons et patrons, mais serait beaucoup plus disposée, croyons- nous, à donner son approbation à une autre réforme : la suppression du pourboire.

APL 24 janvier 1897

 CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

Une idée de M. Méline — Loin des indiscrétions — La préparation des projets.

On ignore généralement qu'en dehors des conseils ordinaires qu'ils tiennent les mardi, jeudi et. samedi de chaque semaine, les ministres, depuis l'avènement du cabinet actuel, ont des réunions non officielles dans lesquelles ils discutent et préparent les affaires qu'ils sont appelés à. résoudre dans les réunions officielles.

Toutefois, les discussions officieuses ont lieu à table, entre la poire et le fromage, pour ainsi dire. M. Méline, en effet, a inauguré ce système il y a un an, en instituant un dîner hebdomadaire qui a lieu le vendredi soir chez chaque ministre à tour de rôle. Comme il y a onze ministres, le tour de chacun d'eux revient tous les trois mois environ. Le président du conseil inaugure chaque série et les autres membres du cabinet continuent suivant un ordre déterminé par les convenances personnelles de chacun d'eux. Ainsi le dernier dîner de ce genre a ou lieu au ministère de la guerre. Là, à l'abri des indiscrétions de la presse, les ministres s'entretiennent dans l'intimité des diverses questions qu'ils traitent et résolvent ensuite officiellement dans les conseils de l'Élysée, sous la présidence de M. Félix Faure. Grâce à ce rapprochement, bien des discussions irritantes, bien des questions personnelles, beaucoup de petits conflits ont pu être prévenus ou heureusement terminés. Seules, les vacances viennent interrompre ces agapes ministérielles c'est ce qui va arriver pendant les vacances de Pâques actuelles.

Ce petit détail de la vie gouvernementale n'avait jamais été révélé jusqu'ici, et il nous a paru assez intéressant pour être signalé au public.

Le Matin — 17 avril 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

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