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SIXIEME ANNÉE N°2889

 

293ème jour de l'année

   


Vendredi
20
Octobre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 L’avenir de la Bicyclette - APL mars 97

L’avenir de la Bicyclette

Cela devait arriver. Il est même surprenant que cela ne soit pas arrivé plus tôt. On a donc vu, un jour de cette semaine, une noce se rendre à la mairie ou à l'église — je ne sais plus au juste, — à bicyclette. Les futurs époux, venus chacun sur sa machine, sont repartis, la cérémonie achevée, en tandem. Les invités ont suivi les demoiselles d'honneur botte à botte avec leurs garçons d'honneur.

Il est écrit que la bicyclette se fera dans notre vie une place de plus en plus envahissante. On l'a employée d'abord pour le plaisir. Puis, sont venues des applications industrielles : le facteur rural et le garçon de magasin. Viennent maintenant les applications sentimentales. On se marie à bicyclette ! Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? — fait observer ces jours-ci un humoriste du Temps. — Il n'est aucun acte de la vie qui ne puisse désormais s'accomplir ainsi. Il suffira d'adaptations intelligentes, que le génie des inventeurs et l'instinct des masses sauront bien trouver.

La jeune mère allaitera son bébé, tout en couvrant des kilomètres. Un strapontin, habilement disposé, lui permettra de l'emmener partout avec elle, dès l'âge le plus tendre. Du reste, vers dix-huit mois, l'enfant aura sa petite machine à lui. Je me souviens d'en avoir vu une, qui était exposée à une devanture, avec une pancarte indiquant qu'elle avait servi à un moutard de trois ans, pour aller de Paris à Maisons-Laffitte. Il est bien possible que, depuis, un autre marmot ait battu ce record.

Nés, nourris, élevés à bicyclette, les Français pourraient également y être instruits. Dès à présent, il ne manque pas de maîtres distingués qui donneraient volontiers leurs leçons sur les routes, en puisant largement au grand livre de la nature. D'autres maîtres conféreraient, dans les mêmes conditions, le baccalauréat, dont l'épreuve principale serait nécessairement un match de vitesse ou d'endurance. Voilà notre sujet arrivé à l'âge du service militaire : c'est alors qu'il donnera toute sa mesure comme coureur ! Son congé terminé, il n'aura que l'embarras du choix entre les professions qui comportent l'usage constant de la bécane. Dans la société de demain, l'administration, la justice, toutes les principales fonctions de la vie nationale s'accompliront à bicyclette. Époux, il achètera un tandem. Père, il guidera les premiers balbutiements de ses rejetons dans le cyclisme. Grand-père, le solide et confortable tricycle lui ménagera des jouissances proportionnées à ses forces déclinantes. Et, quand enfin il lui faudra quitter cette vie, je ne vois pas pourquoi une automobile — ce vélo des morts — ne lui servirait pas de corbillard. Ainsi, toute sa destinée aurait tenu entre quelques paires de pneus...

Revenons à des pensées plus folâtres. Le mariage à bicyclette, qui a été en somme le point de départ du rêve où je me suis laissé entraîner, aura du moins l'avantage d'obliger MM. les officiers municipaux à renouveler quelques-unes des métaphores les plus éculées dont ils fleurissaient jusqu'ici leurs discours.

On ne les entendra plus dire aux futurs époux que l'idéal du mariage est de marcher à deux sur le chemin de la vie, la main dans la main, chacun prenant souci d'écarter l'obstacle devant les pas de l'autre, etc. Ils diront, entraînés à leur tour par le mouvement qui emporte la société française tout entière, et auquel ils se reprocheraient de demeurer étrangers, ils diront :

— Montez, madame et monsieur, montez avec confiance sur le tandem qui vous attend à cette porte, et où je vois un symbole, plus encore qu'un véhicule. Vous, monsieur, que votre thorax s'incline toujours fidèlement vers les omoplates de votre femme ; vous, madame, tenez toujours d'une main menue mais vigilante le guidon, d'où dépend votre salut et celui de votre époux. A ce prix, vous fournirez ensemble, sur la piste de l'existence, une course modèle. Et si quelque vieille tête de clou vient à crever vos pneumatiques, vous serez deux à pomper, ce qui est beaucoup moins fatigant que d'être tout seul. Pédaler à deux, dans la bonne fortune, pomper à deux, dans la mauvaise et ne jamais ramasser de pelles, n'est-ce pas le secret du bonheur, et, pour parler comme Bossuet, le tout de la vie humaine ?

Les annales politiques et littéraires  - mars 1897

L'actualité dramatique

 DRAME DE LA MISÈRE - Le Figaro - 27 déc.1897

DRAME DE LA MISÈRE

M. Pelatan, commissaire de police du quartier Saint-Fargeau, était requis, hier, par le patron d'un hôtel situé au n° 14 du passage Julien-Lacroix, de venir constater le suicide d'une de ses locataires, Léonie Lamy, courtilière, âgée de dix-neuf ans, qui avait entraîné avec elle dans la mort son petit garçon, âgé de quatorze mois.

Le logeur raconta au magistrat qu'il avait dû enfoncer la porte de sa locataire qui avait l'habitude de déjeuner avec lui et dont l'absence lui avait paru singulière. De fortes émanations d'acide carbonique ne lui avaient laissé aucun doute sur le drame qui venait de se produire. Il savait, ajouta-t-il, que Léonie Lamy avait été abandonnée par son amant qui l'avait laissée sans ressources. Accompagné d'un médecin, M. Pélatan se rendit rue Julien-Lacroix. Le praticien, au cours de son examen, reconnut que la couturière donnait encore de très faibles signes de vie. A l'aide d'inhalations, il réussit à la rappeler à la vie et la fit transporter à l'hôpital Tenon. Le bébé était mort.

Malgré l'extrême gravité de son état, la malheureuse couturière a pu reprocher à ses sauveurs de l'avoir ranimée.

J'ai dépensé mes quatre derniers sous pour l'achat d'un boisseau de charbon. Si je reviens à la santé, que ferai-je maintenant ?

Le Figaro - 27 déc.1897

 UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

L'abbé en était arrivé au moment de l'élévation lorsqu'un individu, vêtu misérablement d'un veston et d'un pantalon noirs, les cheveux et la barbe incultes, les yeux sortant des orbites, ayant à la main gauche un rouleau de papier, et qui s'était tenu depuis le commencement de l'office à proximité du maître-autel, se précipita sur le prêtre en bousculant les enfants de chœur, saisit le calice et le brisa sur le marbre en criant :

— En voilà assez de ces errements

M. le chapelain Girard repoussa violemment le profanateur qui s'apprêtait à lire aux fidèles un factum composé de seize pages.

Le suisse et les enfants de chœur se saisirent de lui et l'entraînaient dehors, quand on s'aperçut que le vin consacré s'était répandu sur ses vêtements. En conformité des lois de l'Église, on emmena Thomas à la sacristie et on lui enleva son veston, qui fut purifié. Pendant que s'accomplissait cette opération, l'abbé Girard prononçait des prières de réparation et continuait sa messe en se servant d'un autre calice. L'hostie n'avait été ni brisée ni souillée et, après un court instant d'émotion, tous les fidèles avaient regagné leurs chaises. La messe se termina donc au milieu d'un recueillement profond.

Des agents furent alors mandés et appréhendèrent Thomas que des fidèles houspillèrent à sa sortie de l'église.

— Je vous en supplie, messieurs les agents, implorait celui qu'on emmenait, protégez-moi, car ils vont m'écharper.

Débarrassé de cette crainte, après avoir franchi l'enceinte de la basilique, Thomas reprit toute son assurance.

Escorté par une centaine de badauds, Thomas arriva au commissariat de M. Dupuis, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières, qui procéda aussitôt à son interrogatoire.

Monsieur le commissaire, commença emphatiquement le déséquilibré, je suis l'auteur de la nouvelle doctrine vérithodiste et intégrale, ainsi que de nombreux autres systèmes destinés à empêcher le genre humain de continuer à perpétrer d'une façon calme et sereine les errements religieux dans lesquels il patauge (sic). Ma doctrine à moi est la véritable. Elle se résume en ceci: « Aimez-vous les uns les autres dans un but de vérité.- Ennemi de l'anarchie, je, vois d'un assez bon œil la' doctrine ecclésiastique qui est assez belle, mais je suis l'ennemi déclaré de l'erreur. Je veux suivre le Code qui dit « Jurez » de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »

Et Thomas continua pendant une demi- heure à déclamer ses théories toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Le commissaire a envoyé l'aliéné à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Entre temps, on avait informé Mgr Richard, cardinal-archevêque de Paris, de ce qui s'était passé. Sur son ordre, le Parce et le Miserere ont été chantés dans la basilique, pendant l'office de trois heures, en signe de « réconciliation ».

Le calice brisé par Thomas avait été offert aux Pères oblats par un vénérable prêtre de quatre-vingt-quinze ans, M. l'abbé Cornu, qui, malgré son grand âge, vient encore de temps en temps dire sa messe au Sacré-Cœur.

Le Figaro - 2 aout 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 18 octobre

Lundi 18 octobre 1897

À l'heure présente fait route vers la Russie un volumineux bagage de souvenirs destinés par le président de la République à ceux des sujets du tsar qui l'ont comblé, là-bas, de présents et de gracieusetés.

Les hommes recevront la photographie de M. Félix Faure, soulignée d'un fac-simile de sa signature; les dames, des broches en fil contenues dans des écrins de velours timbrés aux initiales F. F, avec l'ancre de marine.


FRANÇOIS-JOSEPH A BUDAPEST

Budapest, 18 octobre. L’empereur-roi a reçu aujourd'hui une délégation de la ville de Budapest, qui lui a exprimé la gratitude respectueuse de la ville pour sa décision d'ériger à Budapest dix monuments à des Hongrois célèbres.


LORD SALISBURY

Londres, 18 octobre. Le Daily Chronicle croit à un prochain remaniement ministériel, lord Salisbury désirant se retirer pour des motifs de santé.


Londres, 18 octobre. Une note officieuse communiquée aux journaux dément la nouvelle, publiée aujourd'hui par le Daily Chronicle, suivant laquelle le marquis de Salisbury allait donner sa démission par suite du mauvais état de sa santé.

Cette assertion est complètement dénuée de fondement.


M. COCHERY A BRUXELLES

Bruxelles, 18 octobre. Au cours du séjour à Bruxelles du ministre des finances de France, le roi a invité M. Cochery à dîner au palais royal.

Le roi a saisi cette occasion pour dire de nouveau au ministre français qu'il conservait de l'accueil qu'il avait reçu dernièrement à Paris le souvenir le plus agréable.

M. Cochery, avant de repartir pour Paris a longuement visité, ce matin, l'Hôtel de Ville.


CHOULALONGKORN A MADRID

MADRID, 18 octobre. Un concert en l'honneur du roi de Siam a lieu, ce soir, au palais royal.


Un fou rue Montmartre

La rue Montmartre était mise en émoi, hier matin, vers dix heures plusieurs détonations retentissaient au sixième étage du numéro 132, et un chat éventré venait s'abattre sur la chaussée.'

Les gardiens de la paix pénétraient dans l’immeuble et arrêtaient un sieur Paul Flament, employé de commerce, qui ne se résolut à quitter son logement qu'armé d'un revolver et d'un sabre de cavalerie. Flament fut conduit au commissariat, de police de la rue d'Aboukir.

Il raconta à M. Landel, commissaire, que son chat avait avalé, il y quinze jours, un « graphophone » et que, depuis lors, il se permettait, grâce au maudit instrumentas t'injurier et de lui rappeler des choses, fort désagréables.

M. Landel a conseillé à l'employé d'aller consulter M. Bertillon, et le fou est monté dans un fiacre, qui l'a conduit à l'infirmerie du Dépôt.


Un brave commissionnaire de la rue Notre-Dame-de-Nazareth, le père Grosset, demeurant au numéro 16 de la rue, s'est donné la mort, hier, en se pendant au ciel de son lit. Pourquoi ? On l'ignore !


Le baron de Courcel, ambassadeur de France à Londres, est allé, avant-hier soir, à Rambouillet, pour rendre visite au Président de la République, qui l'a retenu à dîner.

M. Félix Faure a donné hier une chasse, dans les tirés de Rambouillet, aux officiers supérieurs de la garnison.


LES CAFÉS CARVALHO

Nous sommes au siècle des falsifications il faut donc signaler les produits sains et purs, surtout quand ils font partie de l'alimentation universelle.,

Les cafés Carvalho, livrés en boites cachetées, sont de ces produits-là, on ne saurait trop le répéter arome exquis, pureté absolue, ce sont leurs principales qualités. Bien exiger le nom et la signature sur chaque boîte.

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 19 octobre

Mardi
19 octobre 1897

Le président de la République quitte Rambouillet ce matin, à six heures, pour rentrer s'installer a l'Élysée. Mme Félix Faure et Mlle Lucie Faure ne partiront que demain.


Nos ministres.

M. Méline, président du conseil, a accepté la présidence d'honneur de la Société des amis de Jules Ferry, constituée à Saint-Dié, dans le but de perpétuer à travers les générations le souvenir de l'ancien ministre de l'instruction publique et d'assurer le dépôt d'un couronne sur sa tombe à chaque anniversaire de sa mort.


A TRAVERS PARIS

L'explosion d'acétylène.

M. Cousin, chez qui s'est produite, à Nogent, l'explosion dont nous avons parlé, nous prie de dire que l'accident est dû à un robinet de l'appareil laissé ouvert par négligence. Une légère explosion s'est produite, sans aucune conséquence, grâce à la bonne confection de cet appareil.


A l'improviste.

Un employé de commerce, M. Renaud, marié depuis peu, accomplit actuellement une période de vingt-huit jours à Beauvais. Dimanche matin, il obtenait une permission de vingt-quatre heures et rentrait à l'improviste chez lui, dans le quartier du Mail. Il trouvait un individu agenouillé aux pieds de sa jeune épouse, et, sans autre forme de procès, sortait un revolver de sa poche et faisait feu sur l'intrus, qu'il blessait à l'épaule gauche.

La victime, un blanchisseur de Vanves, était occupé à compter le linge de la maison. Il a porté plainte contre le mari jaloux, lequel sera poursuivi pour coups et blessures.


Oiseaux au poste.

Plus de quatre cents oiseaux étaient saisis, hier, au marché aux Fleurs, en vertu de l'ordonnance de police sur la chasse qui interdit la vente et le colportage des oiseaux de taille inférieure à celle de la caille, de la grive et du merle, et étaient mis en fourrière au commissariat de police du quartier Saint-Merri.
M. Lawaill, commissaire de police, après avoir verbalisé contre les colporteurs, rendait à la liberté chardonnerets, rossignols et fauvettes, qui se sont réfugiés d'abord sur les arbres du quai de Gesvres, puis ont gagné les vertes campagnes.


Nous croyons être utiles à ceux de nos lecteurs qui sont en voie d'installation par suite de déménagement en leur rappelant qu'ils trouveront dans les immenses agrandissements des grands magasins Dufayel des milliers de mobiliers toujours prêts à être livrés, un grand choix d'étoffes d'ameublement, de tapis, d'articles de chauffage, d'éclairage et de ménage, et une collection magnifique de plats hispano-arabes authentiques.

Demain jeudi, il sera offert à toute personne assistant à une séance du cinématographe Lumière suivie de conférence et d'expériences sur les rayons X, au moyen de la lorgnette humaine de l'ingénieur Séguy; un étui de suprêmes Pernot et un échantillon de Dentol.


De Rome

« La saison a commencé de bonne heure pour le Grand-Hôtel où l'on remarque, à côté de nombreuses familles italiennes, d'aristocratiques étrangers qui s'apprêtent à s'installer pour l'hiver. Parmi les dernières arrivées, M.Vladimir Ratkow, maire de Saint-Pétersbourg, avec toute sa famille. »


De Biarritz :

« C'est une bien heureuse invention que cette passerelle couverte qui relie aux Thermes l'hôtel de Biarritz-Salins Elle rend les communications particulièrement faciles et elle évite aux baigneurs les changements de toilette si nuisibles à l'effet du traitement chloruré sodique.»


Eau de Saint-Galmier

Les variations tout à fait extraordinaires de la température actuelle réveillent bien des indispositions que l'on croyait finies avec l'été. De même qu'en août, on boit n'importe quoi, et l'on paye cher cette insouciance. Il serait si simple de ne jamais oublier la reine des eaux de table, la délicieuse eau de Saint-Galmier, dont la réputation demi-centenaire survit à toutes les concurrences, grâce à ses vertus reconnues.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Les familles, l'été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants. Dans l'espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.


309. Les archiducs Otto et Ferdinand d'Autriche, arrivés le 7 janvier 1897 à Nice, s'embarquaient à cinq heures du soir à bord du Bocognano, se rendant à Ajaccio où Leurs Altesses Impériales devaient rejoindre l'archiduc François-Ferdinand.
Sans avoir recours à l'ange Gabriel, quelques privilégiées viennent d'avoir la bonne fortune de juger les modes de cet hiver : Redfern a, en effet, exposé hier chez lui une superbe collection de toilettes de ville, bal et cour, commandées par une très haute personnalité régnante.
Toutes ces robes sont de véritables merveilles et il est regrettable qu'elles n'aient pu être exposées qu'un jour seulement.
 Trio avorteur

LE TRIO AVORTEUR

(Le jeune officier,
sa sœur, sa maitresse)
par

Gaston LEROUX

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 La Migration de Paris.

La Migration de Paris.

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Le drame de Saint-Denis.

Un drame terrible vient de se passer, rue du Corbillon, à Saint-Denis.
Au n° 11 de cette rue, dans un petit logement composé de trois pièces habitait la famille Charmillon, composée du mari, Émile Charmillon, âgé de trente ans, employé à la Compagnie du Nord ; de sa femme, blanchisseuse, âgée de vingt-sept ans, et de leur fille Blanche, âgée de trois ans.

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Ivry contre les Deux-Moulins.

Il y a quelque temps, les gars des Deux-Moulins, quartier de la Gare, enlevaient aux joyeux d'Ivry une femme très connue des bandes de rôdeurs qui infestent ce coin de Paris.

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 RÉNOVATION

RÉNOVATION

Mon bébé délicat, aux membres si fragiles,

M'apparaît revêtu d'un incarnat nouveau ;

C'est qu'on a supprimé les parfums inutiles

Pour user simplement des produits du Congo.

Mme G. Pancin au savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

En soirée

En soirée.
Un jeune monsieur au chef fortement dénudé, et qui n'a pas toujours le sentiment de cette légère disgrâce, prend à part un ami dans une embrasure :
— Tout à l'heure, quand j'ai salué Mlle de Z. elle a eu un regard ironique. Qu'est-ce que cela signifie?
— Je devine: tu l'auras saluée. trop bas. !...

 Chez la modiste

Chez la modiste

Madame. ― Mon cher ami, de ces deux chapeaux lequel me va le mieux, celui de cent vingt-cinq francs ou celui-ci de cent quatre-vingts francs ?

Monsieur ― Attends un peu que je regarde dans mon porte-monnaie, je me ferai une opinion après !...

Entre demi-mondaines

Entre demi-mondaines, à propos de l'enquête relative aux « choses de théâtre »
— Et toi, es-tu pour le spectacle coupé ?
— Ma chère, si on m'offrait le coupé, je me passerais facilement du spectacle.

Au bal de l'Hôtel de Ville.

Au bal de l'Hôtel de Ville.
Un monsieur met le pied sur la traîne d'une forte dame. Celle-ci se retourne et, devenant pourpre :
— Prenez donc garde, fichu maladroit !
— Madame, répond en s'inclinant l'auteur du délit, croyez que je regrette bien de ne pas l'avoir fait exprès

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Ile Pacifique - Petit Parisien 5/02/97

Il y a, parait-il, dans le Pacifique, une petite ile dont la population est menacée de disparaître à bref délai.
Il ne reste plus, en effet, que des femmes, la mort ayant frappé l'un après l'autre tous les hommes.
Cet état de choses ayant été signalé par un journal de San-Francisco, il s'est formé aussitôt une société ayant pour but de fournir des maris aux veuves et aux filles de l’île en question.
Cette Société, fondée au capital de cent mille francs et qui s'appelle la Fraternité des Iles de la mer du Sud, compte déjà plus de trente adhérents.
Dès qu'on aura atteint la centaine, un navire transportera les futurs maris dans l’île où ils sont attendus comme la manne céleste.

Le Petit Parisien - 5 février 1897

 Oscar Wilde - 1897

De Londres

« Oscar Wilde doit sortir définitivement de la prison de Reading demain matin. Avant d'aller se fixer en Italie, il séjournera pendant quelque temps à Paris où un grand journal lui aurait, parait-il, fait des offres brillantes de collaboration. »
Il est à peine besoin de dire que le grand journal dont il s'agit n'est pas le Figaro.

Le Figaro - 4 mai 1897

 LES PIGEONS VOYAGEURS

LES PIGEONS VOYAGEURS

Dans la Seine — Les entraînés et les non entraînés.

Le Bulletin municipal a publié, il y a quelques temps, l'avis relatif aux prescriptions de la loi du 22 juillet 1896 sur l'installation des pigeonniers.

A ce sujet, il .n'est pas sans intérêt de connaître le nombre de pigeons voyageurs existant à Paris et dans les communes des arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux.

Conformément au décret du 15 septembre qui prescrit chaque année le recensement des pigeons voyageurs, ce recensement a été opéré en janvier 1896. Le résultat de cette opération vient d'être publié.

A Paris, il y a 16,364 pigeons-voyageurs se décomposant en 8,778 pigeons non entraînés et 7,586 pigeons entrainés et se répartissant entre 828 propriétaires.

Dans l'arrondissement de Saint-Denis, il y a 9,071 pigeons voyageurs 4,854 non entraînés et 4,217 entraînés, se répartissant entre 495 propriétaires.

Dans l'arrondissement de Sceaux, 369 propriétaires possèdent 4,800 pigeons dont 3,033 non entraînés et 1,677 entraînés.

Le département de la Seine possède donc 30,235 pigeons voyageurs, dont 16,665 non entraînés et 13,570 entraînés, appartenant à 1,692 propriétaires. Rappelons que la loi du 22 juillet 1896 substitue à la déclaration pure et simple, exigée sous l'ancienne législation, l'obligation pour toute personne voulant avoir un colombier, d'en obtenir préalablement l'autorisation du préfet, et pour toute personne qui reçoit un pigeon voyageur l'obligation d'en faire la déclaration à la mairie.

Le Matin — 4 mars 1897

 VELOCIPEDIE - APL 21/02/97

VELOCIPEDIE

LA BICYCLETTE ET SON DÉVELOPPEMENT

On tend à employer chaque jour des multiplications de plus en plus grandes ce qui n'est pas à la portée de tout le monde. Une machine qui développe 5 mètres par double tour de pédale exige déjà un bon effort dans les côtes et, en dehors des professionnels, nous ne voyons aucun avantage à adopter ces multiplications considérables. La manivelle aussi augmente de longueur ; c'est un tort. On se fatigue vite sur de grandes manivelles. La meilleure dimension est 16 centimètres à 16 centimètres 1/2, à moins d'avoir des jambes de gazelle. Voici quelques chiffres sur les développements usités chez les divers coureurs : Arend emploie une manivelle de 16 et un développement de 6m 30; Beaugé, manivelle 16 1/2, développement 7m 30 ; Champron, 16 et 7m 20 ; Collomb, 16 et 7m 60 ; Deletienne, 17 et 6m 60 ; Fischer, 17 et 8m 20 ; Fossier, 15 et 7m 30 ; Huret, 16 1/2 et 7m 30; Jaap Eden, 16 1/2 et 6m 50 ; Jacquelin, 16 et 6m 50 ; Mac Gregor, 16 1/2 et 6m 60 ; Morin, 16 et 6m 60 ; Nieuport, 16 et 8m 20 ; Taylor, 16 1/2 et 7m50; van den Born, 18 et 8m 30, etc. Le plus grand nombre de nos sprinters ont adopté 6m 60. Quelques-uns ont préféré l'énorme développement de 8 mètres. Les stayers choisissent en moyenne 7m 50. Le nombre de dents le plus généralement préféré pour le pignon d'arrière est de 7. Nous le répétons, ces développements, bons pour les coureurs, seraient excessifs pour des amateurs qui veulent simplement se promener ou même faire de la route.
A moins d'être très grand, la manivelle de 16 à 16 1/2 doit être préférée. Il peut y avoir des inconvénients à augmenter l'amplitude du mouvement des jambes et à les plier beaucoup plusieurs fois par minute. L'intestin grêle qui est logé tout près du pli de l'aine pourrait en témoigner son mécontentement et les muscles qui le retiennent céder un beau jour à ce mouvement exagéré. Donc, restons dans les limites raisonnables de 16 à 17 centimètres au maximum.

HENRI DE PARVILLE.

APL - 21 février 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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