Menu haut

SIXIEME ANNÉE N°3665

 

339ème jour de l'année

   


Jeudi
4
Décembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 RUE RÉAUMUR

RUE RÉAUMUR

INAUGURATION PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

M. Baudin à droite – M. de Selves à gauche – Pour plaire à l'inventeur d'un thermomètre – Projetée par Haussmann – La rue de la concentration.


Les cérémonies officielles ont leur public spécial, la foule de leurs fidèles qui ne manquent ni une inauguration, ni un défilé, ni un discours au pied d'une statue, ni une allocution à l'occasion d'un buste. C'est dire que l'inauguration d'une voie aussi importante que la rue Réaumur, avec déploiement de police et de troupe, groupes Protocolesques, ministres et président de la République, était pour eux une fête rare à laquelle chacun se faisait un devoir d'assister. Aussi, dès dix heures du matin, les rues voisines de la Bourse, tous les passages aboutissant à la rue Réaumur et les monuments, les bâtisses, situées sur le passage du cortège officiel- étaient-ils déjà envahis de curieux, qui attendaient patiemment l'heure où il leur serait permis de voir passer quelque chose.

La décoration était suffisante. Les mâts, où claquaient les oriflammes, reliés entre eux de guirlandes de feuillage, écussonnées des armes de la Ville, se dressaient sur la place, au pied des tribunes, qui regorgeaient de monde. De chaque côté de la nouvelle rue, deux estrades avaient été érigées. Dans l'une se tenaient les enfants des écoles du deuxième arrondissement; dans l'autre, les invités de la municipalité. À l'angle de la place de la Bourse, face à la rue Réaumur, s'élevait la tribune officielle, décorée presque luxueusement. À deux heures, les balcons, les échafaudages, les fenêtres béantes des maisons en démolition se chargeaient de groupes et des têtes apparaissaient, surgissaient des cheminées, ne perdant rien du spectacle qui ne méritait peut-être pas tant d'audace et d'ingéniosité.

Des gardes républicains défilent au galop, les agents bousculent les invités, des coudes s'enfoncent dans les côtes c'est le président !

A la barbe du protocole.

Ayant à sa droite M. Pierre Baudin, président du conseil municipal; M. Barthou, ministre de l'intérieur; M. Chautemps, député du troisième arrondissement; à sa gauche, M. de Selves, préfet de la Seine; M. Gervais, président du conseil général M. Mesureur, député du deuxième arrondissement, M. Félix Faure, ganté de blanc, tête nue sans pardessus par quatre degrés Réaumur, vient inaugurer la rue du même nom. Il se dirige vers la tribune officielle, où avaient déjà pris place nombre de conseillers municipaux et généraux et de hauts fonctionnaires de la municipalité. M. Bartbou avait, comme le président, des gants blancs. Mais MM. Baudin et de Selves avaient les mains nues et le pardessus boutonné jusqu'à la cravate blanche. Par un sentiment de haute courtoisie et que tout le monde comprendra, M. le préfet de la Seine, ne voulant pas éclipser M. le président du conseil municipal, n'avait pas revêtu son uniforme.

Tous-les yeux sont fixés sur la droite du président, où M. Baudin tient enfin cette fameuse place qui donna tant de tintouin au protocole, la présidence, au gouvernement et à la Ville. Il la tient et ne semble pas près de la lâcher, à ce que nous pouvons en juger par le volumineux cahier qu'il exhibe à l'assemblée et qu'il se dispose lui lire. Longuement M. Baudin discourt, le premier. Il doit dire des choses fort intéressantes, car le président, le préfet et le ministre sourient souvent. Mais les spectateurs des tribunes, n'entendant rien, en sont réduits à contempler le visage présidentiel, spectacle qui est parfois fort intéressant. Ils suivent le doigt blanc de M. Félix Faure, qui se pose incessamment sur ses lèvres rait pas aimable pour M. Baudin et ce qui serait injuste, car le discours du président du conseil municipal est plein d'enseignements.

Une pensée de l'empire.

Citons ces quelques passages :

Le baron Haussmann, dit M. Baudin avait compris la percée de la rue Réaumur dans un programme qu'il définissait ainsi devant la commission municipale :

« Ce n'est pas dans la seule pensée d'embellir ni même d'assainir Paris que, depuis plusieurs années, vous avez résolument entrepris, sous l'influence d'une auguste pensée, l'ouverture de-larges voies de communication.

» Vous avez été frappés tout d'abord de la nécessité de mettre la capitale de la France, à l'abri des entreprises des fauteurs de troubles, qui, encouragés par une étude savante des vieux quartiers, transformaient le centre de Paris et diverses parties des faubourgs en autant de citadelles périodiquement fortifiées par l'émeute.

» Traverser de part en part ces groupes serrés de maisons malsaines, où fermentaient à la fois la fièvre, la misère et trop souvent les passions anarchiques, dégager largement les Tuileries, l'Hôtel de Ville, éternels objets d'attaque pour les factieux, ménager aux forées militaires un accès facile et de vastes emplacements sur les points dangereux, telle a été votre première préoccupation. »

Dirigée contre l'Hôtel de Ville, reprend l'orateur, la rue Réaumur est aujourd'hui inaugurée par l'Hôtel de Ville. Conçue par l'empire pour malaxer Paris en brisant les bornes de ses carrefours, première tribune ders orateurs populaires en le démantelant par la démolition de ses vieilles maisons, d'où surgissaient soudain, à l'appel de la liberté, l'esprit de la Fronde et de la Révolution, voilà que la République poursuit et achève la rue Réaumur pour doter la cité d'une voie indispensable à sa circulation, pour l'accroître en salubrité, et je dirais même en beauté, si je ne craignais d'offenser ces ruines encore vivantes de tant de souvenirs. Ne trouvez-vous pas, messieurs, qu'il se dégage de cette comparaison une suggestive moralité ? Nous faisons souvent ce que faisaient nos adversaires; seulement, c'est pour d’autres raisons.

Cette suggestive moralité, M. Félix Faure, pas plus que M. Barthou n'ont l'air de la beaucoup goûter. Aussi le doigt blanc du président de la République s'appuie-t-il de plus en plus sur sa lèvre rosé, mais M. Baudin ne semblé pas -voir ces signes désespérés et continue :

La seule crainte qu'on pût raisonnablement concevoir était que l'exécution des travaux n'occasionnât une dépense excessive. Or la rue Réaumur n'a pas épuisé la dotation de 50 millions que le conseil municipal lui avait affectée.

Nous entrons ensuite dans l'historique de la rue Réaumur et nous assistons à toutes les transformations du quartier. Nous avons une petite conférence sur la cour des Miracles.

Cette conférence touchant de moins près à la politique du conseil municipal, la figure du président devint soudain agréablement souriante et le doigt blanc, glissant des lèvres ; caresse maintenant le menton.

Deux augures.

M. Baudin a fini, il s'assied» Sa physionomie est sévère, les traits sont tirés ;  de l'autre côté, la mine de M. de Selves est également rébarbative. Constatons que la victoire et la défaite peuvent laisser les mêmes impressions sur les figures des combattants. Quand M. Baudin s'assied, le public des tribunes comme celui des fenêtres, qui n’a rien entendu, manifeste fort, irrévérencieusement sa joie de voir l'orateur replier ses feuillets. Mais la tribune officielle applaudit chaleureusement.

Poignée de main du président à l’orateur. À ce moment critique, M. Félix Faure a mis son monocle dans l’œil droit.

Puis M. de Selves se lève. On l'entend un peu mieux que M. Baudin. Avec lui, du reste, c'est vite fait, et il faut l'en remercier.

Le conseil municipal, dit en terminant M. de Selves, toujours étroitement uni pour tout ce qui touche à Paris-et peut ajouter à sa gloire ou à sa beauté, ne nous marchandera jamais son précieux concours.

Avec lui, confondus dès lors dans un même amour de la grande cité, nous travaillerons avec joie, monsieur le président, à préparer à la France et au monde, qui se plaît à y venir, les éléments d'un Paris plus salubre, plus conforme aux exigences du siècle qui s'approche, mais aussi toujours plus resplendissant de beauté et de charme.

L'heure a sonné des récompenses.

MM. Caron, conseiller municipal, et Ristelhueber, chef du secrétariat du conseil, municipal, sont nommés officiers de la Légion d'honneur.

M. Rissler, maire du septième arrondissement, est nommé chevalier.

C'est aux applaudissements de l'assistance que le président de la République donne l’accolade aux nouveaux dignitaires.

M. Félix Faure remet ensuite la rosette d'officier de l'instruction publique à MM, Bonnevalle, chef de bureau à la préfecture de la Seine; Lyon-Caen, délégué cantonal; docteur Picard, médecin des enfants assistés du premier âge.

Les palmes académiques à MM. Bigorgne, Simonnet et Bonne, conducteurs des travaux de la ville de Paris; Guillot, directeur et fondateur de la Boule de Neige; Mme Feron, directrice d'école; MM. Orsatti, commissaire de police; Duvivier, officier de paix.

Puis des médailles d'honneur à de nombreux agents et à un sous-officier de pompiers.

Quand la distribution des récompenses, est close, le président se dispose à gagner le fond de la tribune où l'on a aménagé un buffet. C'est là que l'on va boire le verre de Champagne de rigueur.

Équilibre instable.

Mais voyez ce à quoi peut exposer un verre de Champagne ! M. le président se tournant a, par le fait de cette conversion, M. de Selves à sa droite et M. Baudin à sa gauche. M. Baudin, qui ne quitte pas des yeux la main droite du président, maintenant qu'il ne lit plus et qu'elle ne saurait l'inviter à moins de loquacité, M. Baudin suit le mouvement et vient se heurter contre M. de Selves qui comprend, sourit finement et reprend la gauche.

On arrive dans cet ordre devant le buffet. Nouvelle conversion. Tout se passe dans l'ordre, chacun est à sa place. On présente le dos au buffet. C'est alors que l'on verse le champagne inaugurateur dans les coupes. Le président se retourne pour prendre son verre. Mouvement fatal ! qui pour effet de faire perdre encore la droite à M. Baudin. Le président s'en est aperçu. Il se retourne vivement et le conflit est encore une fois évité. Mais chaque fois que M. Félix Faute veut prendre son verre, il se voit maintenant dans la nécessité de se livrer à une petite gymnastique du bras fort incommode. Il se tourne à peine de quart, prend derrière lui son verre sans remuer le buste et conserve ainsi les trois quarts de sa droite à M. Baudin ! Satisfait, cette fois-ci, M. Baudin choque son verre contre celui de M. Félix Faure, et, d'un trait, le vide ! À trois heures, le président quitte la tribune officielle et monte dans son landau. Il est acclamé et de nombreux cris de « Vive Félix Faure ! » retentissent.

Un peloton de cuirassiers précède le landau. Le cortège suit. On se rend à la mairie du deuxième arrondissement, où des discours sont encore prononcés. Présentations et délégations. Puis, le cortège reprend son essor, enfile toute la rue Réaumur, qu'il suit jusqu'au Temple, parmi les acclamations des nombreux curieux massés le long du parcours. On arrive ainsi à la mairie du troisième arrondissement. Dans le landau présidentiel, à la droite du président, M. Barthou, ministre de l'intérieur, qui ne paraît pas s'amuser follement. Et, sur la banquette de devant, réunis, ces deux pouvoirs faites pour s'entendre le président du conseil municipal et le préfet de la Seine

On discourt encore, on se présente, on se salue, on se souhaite un tas de félicités et l'on se congratule de remerciements. Et puis, c'est fini !

Le Matin - 8 février 1897

L'actualité dramatique

 UN DRAME AU VITRIOL - La Matin – 6 janvier 1897

UN DRAME AU VITRIOL

A Neuilly — Après la séparation — A la recherche du mari.

Les époux Victor Droguers, demeurant, 109, boulevard Bineau, à Neuilly, se séparaient aimablement, il y a quelque temps, pour cause d'incompatibilité d'humeur. Le mari continuait à habiter Neuilly et la femme allait demeurer, 20, rue Lécuyer, à Montmartre.

Hier matin, Mme Droguers venait retrouver son mari pour régler avec lui diverses questions d'intérêt.

Malheureusement, Victor Droguers n'avait pas accepté la séparation de gaîté de cœur. Une vive discussion surgit entre les deux époux. Le mari supplia sa femme de reprendre la vie commune, la menaçant, si elle refusait, de la tuer et de se jeter ensuite dans la Seine. La femme resta inébranlable dans sa résolution. M. Droguers sortit alors de sa poche un flacon de vitriol et en jeta le contenu au visage de sa femme; puis, affolé par l'acte qu'il venait de commettre, il prit la fuite.

Aux cris poussés par la victime, des voisins accoururent.

Mme Droguers fut transportée à l'hôpital Beaujon, où l'on constata qu'elle avait l'œil gauche perdu. Elle est, en outre, complètement défigurée.

Quant au mari, il a disparu; on craint qu'il n'ait mis son projet de suicide à exécution, et des recherches vont être faites dans la Seine pour découvrir son cadavre.

La Matin – 6 janvier 1897

 Claude Robin ouvrier couvreur

Claude Robin ouvrier couvreur, avait passé toute la soirée de dimanche avec sa maîtresse, Marie Jacques, dans un débit de vins d'Aubervilliers. Tous les deux avaient beaucoup bu, Robin surtout qui avait à faire à Marie une confidence pénible. Il y avait quatre ans qu'ils vivaient maritalement mais Claude avait assez de cette existence et il voulait rompre avec sa compagne. Vers une heure du matin, il s'ouvrit de ce beau projet à Marie. Il n'avait pas encore déduit toutes les raisons militant, d'après lui, en faveur de cette détermination de sa part, dure mais nécessaire, qu'il tombait frappé d'un coup de couteau en pleine poitrine.
Pendant qu'on s'empressait auprès du blessé, la meurtrière prenait la fuite. On n'a pu l'arrêter qu'hier matin, chez elle, rue de l'Union.
Claude Robin dont l'état est très grave a été transporté à l'hôpital Lariboisière.

Le Figaro - 3 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 3 décembre

Vendredi
3 décembre 1897

LA QUESTION DREYFUS

BERNE, 2 décembre. -Les journaux suisses rapportent que le colonel de Schwarzkoppen eut une conversation sur l'affaire Dreyfus, aux manœuvres françaises en 1895, avec- le lieutenant-colonel Chauvet, qui y représentait la Suisse.
Dans cette conversation, l'attaché militaire allemand aurait dit au- colonel Chauvet qu'il était personnellement convaincu de l'innocence du capitaine Dreyfus.


De Londres

« Après avoir passé une quinzaine de jours au Savoy Hotel, LL. AA. RR. le duc et la duchesse d'Orléans partent aujourd'hui pour Sandringham, où ils seront les hôtes du prince et de la princesse de Galles jusqu'à vendredi. »


La reine d'Angleterre vient de faire venir au château de. Windsor un phonographe qui sera certainement un des plus curieux souvenirs historiques de ce siècle,
Ce précieux appareil est destiné à recueillir de la bouche de Her Gracious Majesty quelques messages parlés dont les générations futures pourront prendre connaissance au British Muséum qui aura la garde du phonographe.
Si l'exemple de la reine Victoria trouvait des imitateurs, la besogne des historiens du dix-neuvième siècle serait singulièrement facilitée, mais le calme des bibliothèques en pâtirait.


C'est une mode aujourd'hui de déjeuner à l'eau d'Évian, source Cachât, et de réserver le vin pour le repas du soir. Les personnes chargées d'affaires ou de soucis se trouvent particulièrement bien de ce régime qui leur laisse la tête libre, le raisonnement clair et l'esprit dispos.


Les crises successives que nous traversons ont amené les gens du monde à faire une étude sérieuse de la vie pratique. C'est à la suite de cette enquête fort intelligente que la clientèle des grands tailleurs, dont les notes s'enflent comme la grenouille de la fable, a considérablement diminué, et nous attribuons ce résultat aux efforts des maisons dont High-Life Tailor, 112, rue Richelieu, est le type accompli et qui, pour le prix invariable de 69 fr. 50, livrent des costumes aussi élégants qu'inusables.


Quand il donna l'ordre d'exécuter son roi, Cromwell n'avait pas été à la selle depuis huit jours, et les destinées de l'Angleterre eussent sans doute été tout autres si le farouche protecteur avait connu le rafraîchissant Sedlitz dosimétrique Burggraëve. Exigez le flacon carré avec le portrait du docteur et le nom du préparateur Numa Chanteaud.

sans titre 1

 4 décembre

Samedi
4 décembre 1897

L'ASSASSINAT DE LA RUE PIERRE-LE-GRAND

M. le docteur Vibert a procédé hier matin à l'examen de la blessure ayant provoqué fa mort de Marie Bigot, la femme galante assassinée rue Pierre-le-Grand.

On n'a pu connaître, à l'examen de la blessure, la nature de l'instrument qui a servi à l'assassin. L'arme a perforé la boite crânienne et pénétré sur une longueur de sept centimètres dans le cervelet.

Le rapport de M. le docteur Vibert a été transmis hier à M. le juge d'instruction Louiche. Le cadavre de Marie Bigot a été placé dans l'appareil frigorifique, en vue d'une confrontation, au cas où l'assassin serait arrêté.

On n'a toujours recueilli aucun indice et la police ne suit aucune piste.


Demandez dans tous les restaurants le « Pain Richelieu 1892 ».


DISPARITION
D'UN GARÇON DE RECETTES

M. Augustin-Frédéric Lamarre, âgé de soixante cinq ans, garçon de recettes du Comptoir d'escompte depuis plusieurs années, a disparu depuis mardi sans que les recherches faites pour le retrouver aient abouti.

Lamarre était chargé de la tournée de Villejuif et de Gentilly. Mardi, jour d'échéance, il partit à sept heures, son portefeuille bourré de soixante-cinq mille effets à toucher.

On attendit vainement son retour au Comptoir d'escompte et chez lui, à Malakoff, 7, rue d'Epinay. Retraité de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, Lamarre était d'une probité incontestable et incontestée. L'hypothèse d'un accident paraît inadmissible. On eût transporté le blessé dans un hôpital et l'administration eût été informée.

L'hypothèse d'un assassinat est donc seuls vraisemblable et c'est sur elle que porte l'enquête ouverte par la sûreté.

On parait convaincu que Lamarre a été tué dans une maison où il était allé encaisser ses effets. Il aurait disparu à Bicêtre, après avoir touché une somme de trente mille francs.

Voici le signalement de M. Lamarre taille au-dessus de la moyenne, forte corpulence, teint coloré, cheveux gris abondants, forte moustache grise, vêtements bourgeois dé couleur sombre, chapeau de feutre.


La coquille malencontreuse.

On a pu voir, sur les murs de Paris comme à la porte de toutes les mairies de France, une affiche gigantesque publiant le dernier discours prononcé par le président du Conseil, ministre de l'agriculture, dans les séances des 13-20 novembre dernier.

Ce discours relate, au milieu des ripostes des membres de l'opposition, les débats qui viennent d'avoir lieu à la Chambre des députés, sur les améliorations prochaines de la situation des agriculteurs qui produisent du blé. Or il est question d'une série de mesures qui « feront baisser le prix du blé » Mystère ! Nos agriculteurs se plaignent déjà suffisamment de ne point vendre leur blé assez cher.

Or la même affiche, placardée dans les campagnes, parle de mesures destinées à faire « hausser le prix du blé ». C'est l'imprimerie de la Chambre des députés qui est fautive. On s'est aperçu de la « coquille » au milieu du tirage de l'affiche. Un ordre venu du ministère a décidé, pour ne pas grever le budget par un nouveau tirage, que les affiches portant « baisser le prix du blé » seraient placardées dans les villes, car on ne les lit pas; les affiches sans faute ont été réservées aux campagnes, où elles sont commentées avec le plus vif intérêt par les cultivateurs.


On lit dans « le Temps »

La maison Félix Potin.

Le bruit s'était répandu à diverses reprises que la maison Félix Potin était devenue, comme d'antres entreprises parisiennes, la propriété d'une Société financière étrangère.

Les récents agrandissements de ses magasins des boulevards de Sébastopol et Malesherbes semblaient avoir rendu à ce bruit quelque consistance.

Nous avons demande aux directeurs de cette importante maison ce qu'il y avait de bien fondé dans ce bruit, qui ne laissait pas d'inquiéter ceux qui, pour l'avenir économique de notre pays, redoutent l'invasion des capitaux étrangers.

Aux bureaux de la direction générale, boulevard de Sébastopol, où nous a fait une réponse catégorique

La maison Félix Potin n'a jamais cessé d'appartenir aux enfants de M. Félix Potin père, son fondateur. »


Les crises successives que nous traversons ont amené les gens du monde à faire une étude sérieuse de la vie pratique. C'est à la suite de cette enquête fort intelligente que la clientèle des grands tailleurs, dont les notes s'enflent comme la grenouille de la fable, a considérablement diminué, et nous attribuons ce résultat aux efforts des maisons dont High-Life Tailor, 112, rue Richelieu, est le type accompli et qui, pour le prix invariable de 69 fr. 50, livrent des costumes aussi élégants qu'inusables.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Les tarifs de chemins de fer sont aménagés d'une manière imbécile. On devrait faire payer des suppléments pour les retours... puisque les gens sont forcés de revenir.


284. Le 24 juin 1897, il faisait 31,7° à Paris.

Conseil pratique


Ne faites point le choix d'une poudre de riz, mesdames, avant d'avoir essayé la poudre de riz « La Madone », la seule poudre donnant au teint le velouté de la pèche, l'éclat des roses et préservant la peau des boutons, tâches et dartres qu'occasionnent parfois les poudres ordinaires. On trouve chez tous les parfumeurs la poudre de riz « La Madone ». Vente en gros, 26, rue d'Enghien.
 Léa d'Asco

Léa d'Asco

A propos de sa tentative de suicide

Lire la suite

 Les foins Theuriet

Les foins

par M. André Theuriet
de l'Académie Française

Lire

Drame d'amour

Deux jeunes gens, un soldat de première classe du 9ème régiment de chasseurs, en garnison à Longwy, Emmanuel Desnoyelles, âgé de vingt-deux ans, et Léonie Poulain, ouvrière, originaire de Saint-Denis, âgée de vingt-six ans, venaient, le 8 de ce mois, louer une chambre à l'hôtel de Paris, 37, rue de Maubeuge.

Lire la suite ...

Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

Lire la suite ...
 DANS L

DANS L'ARÈNE

Les femmes, à Roubaix, jetaient tout dans l'arène

Aux élégants vainqueurs des sauvages taureaux,

Et l'on dut après coup ramasser vingt kilos

De mouchoirs de dentelle embaumant le Congo.

Albéric I… au savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

Taupin, qui n'a pas de famille

Taupin, qui n'a pas de famille, a passé la journée du 1er janvier à tisonner mélancoliquement, en repassant ses vieux souvenirs.
Vers le soir, un camarade frappe à la porte de son atelier.
— Ah mon cher, s'écrie Taupin, ta visite me fait plaisir. Pas un mufle, excepté toi, n'est venu me voir.

 Chez l

Chez l’éditeur.

Le jeune auteur. — Ne croyez-vous pas, mon sieur, que tout homme a dans l’âme une certaine somme de poésie ?...

L’éditeur. — Je veux bien.., c’est possible !...

Tout ce que je demande, c’est qu’il la garde !...

 Jugement sévère porté par Chalumeau sur un jeune homme

Jugement sévère porté par Chalumeau sur un jeune homme de sa connaissance:
— Ce garçon-là est la dissimulation en personne. Il a si bien l'art de feindre que jamais on ne s'aperçoit qu'il manque absolument de savoir-vivre !

 A l'école

A l'école

Le professeur.

— Quelle est la plus haute manifestation de la vie animale ?.

Les élèves réfléchissent et se taisent. Le jeune Camus, tout à coup :

– –M'sieu ! c'est la girafe !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 La Flamme et l'Ombre, par Léon Daudet - Fig 15/06/97 - PUB

Au moment où tout le monde prend son vol vers les plages, un roman qui arrive bien à son heure, c'est la Flamme et l'Ombre, par Léon Daudet. C'est un récit d'amour tragique à Venise, qui met en présence un intellectuel et une sensuelle dans le somptueux décor de la ville des lagunes. Ce roman, qui pourrait s'intituler « les Jeux de la fièvre et de la fatalité », paraît chez Fasquelle en un volume de la bibliothèque Charpentier.

 LE PAUVRE MUSÉUM

LE PAUVRE MUSÉUM

Les animaux malades — Anémie et ventre creux — De l'argent, s. v. p. — Tout le monde se plaint.

Depuis quelques mois, les pensionnaires du Jardin des Plantes sont, dans la désolation. Ils ne meurent pas tous, mais tous sont frappés. L'otarie a rendu le dernier soupir, l'hippopotame l'a suivie de près; voici que le tigre et le jaguar quittent ce monde presque simultanément. Quel est donc le fléau qui ravit les hôtes du Muséum à l'admiration des promeneurs dominicaux ? Langueur ? Mal du pays ? Non. Anémie ? Peut-être, car l'on se plaint beaucoup de l'insuffisance de la dotation, et il va sans dire que l'ordinaire en souffre. Quelle que soit la sollicitude dont les entourent les gardiens et les professeurs, nos animaux prennent le chemin de l'infirmerie. Ils sont trop mal nourris pour se bien porter l'argent manque.

Sait-on, par exemple, de quoi est mort le jaguar ? Du charbon. La pauvre bête avait contracté cette maladie en mangeant de la viande pourrie. Oui, ...pourrie, car on est obligé de la donner telle, à moins de décréter le jeûne pour le moins, cinq jours sur sept. Il arrive fréquemment, en effet, qu'en broyant les os, les animaux se font une légère éraflure à la mâchoire. Si la nourriture est saine, c'est là une blessure anodine et vite cicatrisée mais, dans le cas contraire, la contamination suit; puis la mort à brève échéance. Telle fut la fin du jaguar. Les singes ne sont guère mieux traités. La routine consiste à les nourrir de carottes, et cet aliment-est insuffisant. D'aucuns tombent malades faute de s'y pouvoir habituer. Les Anglais, gens plus pratiques, se sont aperçus qu'il était préférable de leur donner de la viande; cela leur évite d'en acheter éternellement de nouveaux pour combler les vides causés par la malade. Il ne faudrait pas croire que, seuls, les animaux souffrent de ce déplorable état de choses. Les habitants des maisons avoisinant la salle de dissection se plaignent, et oici pourquoi les fréquentes autopsies des décédés occasionnent, paraît-il, une puanteur insupportable. On proteste, on est allé jusqu'à accuser les professeurs de vouloir répandre le choléra dans le quartier !  L'autopsie de l'hippopotame, notamment, a fait jeter les hauts cris. Détail curieux à noter on a trouvé dans son estomac un ballon d'enfant qui avait dû y séjourner longtemps, car il était couvert de mousse. On tient l'objet à la disposition de celui qui l'a perdu.

Il faut, nous la répétons, de l'argent, beaucoup d'argent, car, d'une façon générale, la réorganisation du Muséum s'impose. Au lieu de viande avariée, on avait proposé la viande de cheval qui, expérimentée, a donné d'excellents résultats. Seulement, la question de la dépense a fait remettre cette mesure. Plus tard, toujours plus tard, telle est la réponse que l'on fait aux réclamations désespérées des professeurs. Il est temps de les-écouter favorablement, sans quoi la visite du Jardin des Plantes risque de ne devenir intéressante que pour les fabricants de descentes de lit.

Le Matin — 5 avril 1897

 météorologie Echo de Paris 7 janv 1897

Le service municipal de météorologie se livre depuis quelque temps à des expériences intéressantes afin de connaitre quelle peut être l’influence du revètement du sol sur la variation de la température. Des types de chaussées analogues à celles de Paris ont été établis dans le laboratoire de Mont-souris. Sur des surfaces égales bitumées, pavées en bois, en grès et sablées, des thermomètres à minima et maxima ont été disposés à cinq centimètres au-dessus du sol.
D’après les observations faites à ce jour, c’est sur le pavage en bois que la température se maintient en général plus élevé ; c’est aussi sur ce pavage que la variation diurne se manifeste davantage. C’est ensuite sur le sol sablé que la température présente les plus grands écarts.
Autres constatations qui méritent d’être signalées: l’influence de la ville a pour effet d’élever la température de près d’un degré, mais seulement peur les quartiers du centre. Dans le square Saint-Jacques, par exemple, la température moyenne annuelle surpasse de près d’un degré la même moyenne déterminée en pleine campagne, à quelques kilomètres de la capitale. A mesure qu’on se rapproche des fortifications, la température s’abaisse. Enfin il est établi que la masse de Paris se refroidit et se réchauffe très lentement.

L'Echo de Paris - 7 janvier 1897

 POUR LES PHOTOGRAPHES

POUR LES PHOTOGRAPHES

Les bagages et les rayons X — Un cas intéressant — Légitime préoccupation.

Nous avons annoncé qu'à la suite d'expériences faites à la gare du Nord, l'administration se montrerait décidée à installer dans les gares des appareils destinés à l'examen des colis au moyen des rayons X. Un de nos lecteurs, M. Charles Mendel, de la Photo-Revue, nous écrit pour nous signaler que ce système d'exploration du bagage deviendra le point de départ de préjudices toujours considérables pour les personnes qui s'occupent, de photographie. Les plaques sensibles sont très vivement impressionnées par les rayons Rœntgen, et,. pour peu qu'un colis renfermant de ces plaques soit suspecté de contenir des marchandises autres que celles désignées par l'expéditeur, -il sera aussitôt soumis aux expériences investigatrices,: et les plaques sensibles qu'il contient seront irrémissiblement perdues. J'ai donc pensé, monsieur et cher confrère, qu'il était de notre devoir de signaler à qui de droit le danger que peut présenter l'emploi trop généralisé l'instrument dont il s'agit, et j'ai cru bien faire en vous priant de vous joindre moi pour demander, par la voie de votre journal:

1° Qu'un laboratoire éclairé à la lumière rouge soit établi le plus tôt possible dans les gares où s'effectuent les visites et examens dont il s'agit

2° Que tout colis portant d'une façon apparente l'indication « Plaques photographiques » soit écarté soigneusement de la zone d'influence de l'ampoule et, s'il y a lieu, à l’examen, transporté dans le laboratoire rouge, ouvert par un employé compétent avec toutes les précautions d'usage, soigneusement refermé ensuite et réexpédié dans l'état de conservation où il se trouvait avant l'ouverture

3° Qu'il en soit de même pour tout bagage, tout colis porté à la main par le voyageur si celui-ci déclare qu'il contient des plaques sensibles.

Renvoyée qui de droit, cette demande, qui sera appuyée par tous les photographes amateurs.

Le Matin — 19 août 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

menu-bas