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SIXIEME ANNÉE N°3074

 

113ème jour de l'année

   


Lundi
23
Avril 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LES MISÈRES DE L'OCTROI

LES MISÈRES DE L'OCTROI

Lorsque, l'année dernière, M. Émile Zola signala le zèle excessif des agents de l'octroi qui, après avoir sans scrupules essuyé leurs mains à ses chemises et à ses chaussettes, avaient été sur le point de les tremper dans son bocal de cornichons, l'administration protesta contre la susceptibilité irréfléchie du célèbre écrivain. On formulait bien un regret courtois qu'un gabelou; peut-être désireux de connaître les dessous de son auteur favori, n'eût pas apporté plus de discrétion dans l'accomplissement de ses devoirs. Mais on fit remarquer que l'administration, également préoccupée de la tranquillité du public et de la sauvegarde de ses droits, avait adopté pour règle de ne visiter que deux ou trois valises choisies au hasard, à l'arrivée de chaque train. Dans ces conditions, il était nécessaire d'entretenir une crainte salutaire dans l'âme des fraudeurs et d'explorer les colis avec une minutie dont les victimes devaient se consoler en songeant qu'elles payaient pour les autres.

Si ces libérales instructions ont existé, elles ont été singulièrement modifiées. Je rentrais l'autre jour de Bruxelles par l'express qui arrive à Paris vers six heures du matin. Nous étions une trentaine de voyageurs n'ayant que des bagages portés à la main. Pas une valise n'a échappé à la visite. Deux dames ont dû ouvrir un de ces sacs en maroquin gros comme un dictionnaire qui contiennent juste un nécessaire de toilette. Et quelle visite ! Le contenu de ma valise était réduit au strict minimum: un costume de rechange, un nécessaire de toilette, des chaussures et très peu de linge. Pas une boîte, pas le moindre paquet pouvant paraître suspect. Si, un seul, composé par quatre volumes de Bœdecker. Non content de retourner chemises, gants, chaussettes, de sonder mes bottines, le gabelou m'a obligé à sortir ces bouquins de leur enveloppe il avait flairé du bœuf fumé!

Tout le monde a dû subir des investigations semblables. Et comme la Compagnie du Nord, ne prévoyant pas ce zèle, a placé à cette sortie une banquette sur laquelle tiennent à peine quatre valises, les trois quarts des voyageurs en sont réduits à étaler leurs bagages à terre.

— Ce n'est point notre faute, nous avons des ordres, me fit observer très poliment un douanier, tandis que son chef traitait avec beaucoup moins de courtoisie les nombreuses femmes, peu expertes en distinctions fiscales, étonnées d'avoir à supporter les vexations de l'octroi après avoir été si libéralement traitées par la douane.

Car une comparaison s'impose. L'homme distingué qui se trouve à la tête de l'administration des douanes, tout en défendant, comme il convient, les intérêts du Trésor, a su mettre ses agents en garde contre les tracasseries inutiles. M. Pallain croit inutile de molester tous les Français qui se présentent à la frontière dans l'espoir d'augmenter les recettes du Trésor de quelques pauvres billets de mille francs. A l'octroi de Paris, on a une théorie contraire tout agent qui ne dresse pas un nombre minimum de procès-verbaux est mal noté.

Résultat on cherche dans les sacs à parapluies des touristes un saucisson qu'on n'y trouve jamais. En revanche, nous apprenons périodiquement l'arrestation d'un industriel qui fraudait l'octroi depuis plusieurs années pour des centaines de mille francs.

Les ronds-de-cuir qui sont à la tête de l'octroi de Paris imprimeront peut-être une nouvelle direction à leurs agents le jour où ceux-ci auront eu la maladresse de pincer un conseiller municipal.

Fernand Honoré
Le Figaro — 20 septembre 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE SAINT-MAUR

LE DRAME DE LA RUE SAINT-MAUR

Assassin de sa fille

Un drame terrible, sur les causes duquel la police n’est pas encore fixée, s’est déroulé l’avant-dernière nuit, 210, rue Saint-Maur. Un père a tué sa fille à coups de revolver et, son crime commis, a essayé de se trancher la gorge à coups de rasoir.

Le père assassin est un nommé Eugène Lamarre, âgé de quarante-deux ans, ouvrier en stores, qui habitait depuis six mois, avec sa fille Marthe, âgée de dix-sept ans, un petit logement situé au troisième étage.

Lamarre avait perdu sa, femme, il y a un an, et depuis lors, racontent les voisins, se livrait à la boisson.

Est-ce dans un accès d’ivresse que Lamarre a accompli son crime. On l’ignore, la jeune fille étant morte et le meurtrier n’ayant pas encore pu prononcer une parole.

— J’ai été réveillé en sursaut, a déclaré un voisin, au milieu de la nuit, par les cris d’appel de la jeune Marthe. Comme je me précipitais vers la porte du logement de mon voisin, j’entendis plusieurs détonations.

»En même temps que moi arrivaient d’autres per-, sonnes. On fit sauter la porte d’un coup d’épaule.

» Dans la chambre, un spectacle horrible s’offrit aux regards des arrivants. Dans une mare de sang, gisait le corps de Marthe. La malheureuse avait été atteinte de trois coups à la tête.

» A côté d’elle, son père, la gorge à moitié tranchée par un- coup de rasoir. »

Marthe est morte pendant qu’on la transportait à l’hôpital Saint-Louis. Quant au meurtrier, son état est désespéré.

Le Gaulois — 4 avril 1897

 Un élève du collège Rollin

Un élève du collège Rollin, Maurice R. âgé de quatorze ans, habitant chez ses parents boulevard Barbes, n'ayant obtenu aucune nomination à la distribution des prix, avait été vivement réprimandé par son père.
Ces reproches l'affectèrent profondément, et il dit à sa mère que, si on lui en adressait encore, il se tuerait. Mme R. promit d'intervenir auprès de son mari mais celui-ci, pendant le dîner, avant-hier soir, raconta que le fils d'un de ses amis avait remporté de nombreux prix et qu'il faisait la joie de ses parents.
Il n'avait pas achevé que Maurice saisissait sur la table un couteau à découper et s'en frappait dans la région du cœur. On s'empressa auprès du pauvre enfant et on courut chercher un médecin. Le docteur a déclaré que, s'il ne survenait pas de complications, la guérison ne se ferait pas attendre.

Le Figaro - 2 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 19 janvier

Mardi
19 janvier

M. Méline, président du conseil offrira, le 13 février prochain, au ministère de l'agriculture un dîner, qui sera suivi do réception, aux présidents des Chambres et à ses collègues du cabinet.


M. Henry Boucher, ministre du commerce, présidera lundi prochain, dans la salle de la Société de géographie, la troisième des conférences de l'Union coloniale française, faite par M. L. Grandeau sur l'agriculture aux colonies


La Société française de secours aux blessés militaires, dont le général duc d'Aumale est le président, ouvrira jeudi prochain 21 courant, trois heures, la série de ses conférences et de ses cours, à son siège central, rue Matignon, 19.


Mme Félix Faure et Mlle Lucie Faure ont visité, hier matin, à onze heures, l'hôpital des enfants tuberculeux, rue La Boétie. Elles ont fait une abondante distribution de jouets et de gâteaux, et ont entendu le compliment d'une fillette qui leur a remis une gerbe de fleurs.


Si le docteur Grenier, le député musulman de Pontarlier, ne trouve pas l'eau de Paris assez pure pour faire ses nombreuses ablutions, nous lui conseillons d'avoir recours à l'Eau de Saint-Galmier, la plus limpide des eaux de table.


Les Contes de la Primevère, par le nouvel académicien André Theuriet, sont empreints de ce charme intime et pénétrant qui a fait la vogue du célèbre auteur des récits forestiers. Ils paraissent chez l'éditeur Fasquelle en un volume de la Bibliothèque Charpentier.


Alerte au café de la Paix.

Le café de la Paix, situé, comme on sait, au coin de la place de l'Opéra et du boulevard des Capucines, loue actuellement au photographe Pirou l'une de ses salles, où se donnent chaque soir des séances de cinématographe.

Cette salle est située dans l'arrière-café, sur le boulevard.

Hier soir, vers onze heures moins le quart, quatre-vingts personnes environ assistaient au spectacle, quand, soudain, par suite du contact de deux fils électriques, une flamme jaillit et communiqua le feu à des tentures. Bientôt, l'incendie se communiqua aux boiseries et au plafond.

Une légère panique se produisit parmi les spectateurs ; mais heureusement, grâce au sang-froid du personnel de l'établissement, la salle fut évacuée rapidement et sans incident. Un monsieur seulement a perdu son chapeau, qui a été retrouvé piétiné près de la porte.

Les garçons du café avaient à peu près éteint le feu quand les pompiers du marché Saint-Honoré sont arrivés avec une pompe à vapeur et tout leur matériel de sauvetage.

Les dégâts sont relativement peu importants.

La venue de la pompe à vapeur avait naturellement attiré sur le boulevard une foule énorme.

M. Cornette, commissaire de police du quartier Saint-Georges, a dû, organiser un service d'ordre pour maintenir les curieux à distance.

A minuit la place de l'Opéra avait repris son aspect habituel.

sans titre 1
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Je me suis toujours demandé si les gauchers passaient l'arme à droite.


250. Le dimanche 28 mars 1897, Le Gaulois paraissait sur 6 pages au lieu de 4 habituellement.

Vichy

Qui aurait cru, il y a quelques années, pouvoir emporter toute une caisse d'eau minérale dans une bonbonnière ! C'est pourtant le miracle réalisé aujourd'hui par tous les chasseurs, touristes ou autres voyageurs en emportant sur soi un flacon de ces comprimés de Vichy si peu volumineux et si commodes pour transformer en un clin d'œil toute eau potable ordinaire en une excellente eau digestive gazeuse.
 Un garçon de recettes disparu - la reconstitution

L'assassinat du garçon de recettes

Comme nous l'avons annoncé la reconstitution de l'assassinat du garçon de recettes Lamare a été faite, hier matin , à Gentilly.

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 la bombe du mystère

La bombe du mystère

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Les infortunes de Gravelot.

De son métier, Constant Gravelot est cocher de maison bourgeoise. Il habite ordinairement Château-Thierry et il était arrivé hier à Paris pour se rendre à la gare Montparnasse, où il devait prendre le train pour Parthenay.

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L'art de se meubler gratuitement

Deux corrects gentlemen se présentaient, il y a quelques jours, chez un marchand de meubles de la rue de Charenton, M. Hermann et exprimaient le désir de faire l'acquisition de deux mobiliers de chambre à coucher.

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 OU LES GOUTS SE RENCONTRENT - l'univers illustré 1895

OÙ LES GOUTS SE RENCONTRENT

L'un préfère la brune et l'autre veut la blonde;

L'or charme celui-ci, cet autre aime le Vin ;

Celui-là court la gloire et les honneurs enfin.

Les savons du Congo plaisent à tout le monde;

Pierre Nix, au Savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

Les enfants  Madame

Les enfants

Madame. Henri m'a empêché de faire la moindre chose cet après-midi.

Monsieur. Il a été plus bruyant que jamais, je parie ?

Madame. Non, au contraire. Il a été si tranquille que j'ai cru qu'il était malade !...

Deux jeunes mariés achèvent de d

Deux jeunes mariés achèvent de dîner au restaurant et, indifférents à. tout ce qui n'est pas eux, se permettent de menues privautés qui semblent scandaliser fort quelques dames mûres assises aux tables voisines.
Ce que voyant, le gérant, très digne, s'approche du couple
— Je dois prévenir monsieur et madame, dit-il, que s'ils continuent à s'embrasser nous serons obligés de leur appliquer le tarif des cabinets particuliers !

 Dans le monde

Dans le monde.

— Alors M. X. vient de célébrer ses noces d'or ?

— Vous faites erreur. il vient seulement de se marier !

— C'est vrai,  mais sa femme a eu un million de dot !

A la correctionnelle

A la correctionnelle.
Le président, au prévenu :
— Dans quel but avez-vous emporté cette malle ?
— Butte Montmartre, mon président.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Le Départ des Joyeux - 1897

Le Départ des Joyeux

Les différents détachements des jeunes soldats affectés aux compagnies de discipline des bataillons d'Afrique se sont embarqués hier, à 2 h. 20, à la gare de Lyon, au quai de Bercy.

Ces différents détachements comprenaient ensemble près de 700 hommes, 28 venant de Lille, 12 des prisons centrales, 355 du recrutement de Paris, et 285 des recrutements du Havre et de Rouen.

Le service d'ordre avait été organisé par MM. Bouvier, commissaire divisionnaire, et Maillard, commissaire spécial de la gare de Lyon. sous les ordres desquels étaient placés les 2è et 3è compagnies de réserve, quarante agents du douzième arrondissement et une vingtaine d'inspecteurs de la Sûreté.

En outre, trois compagnies détachées des 82è, 28è et 4è de ligne prêtaient main-forte aux agents de l'autorité.

Les soldats, baïonnette au canon, avaient été placés en double haie encadrant le train spécial destiné aux Joyeux. Ces derniers n'ont d'ailleurs opposé aucune résistance et se sont conduits d’une façon presque correcte.

Mais il n'en a pas été de même de leurs camarades : des sifflets et des huées ont accueilli les agents et soldats à leur arrivée boulevard Diderot. Une cinquantaine de ces gredins ont lapidé la troupe et la police à coups de pierre et n'ont cessé leur mitraillade, assez meurtrière, puisque plusieurs agents, soldats et recrues ont été atteints, que devant l'énergique attitude d'un officier de paix, qui menaça de faire charger.

A deux heures vingt-deux exactement, le train s'ébranlait, emportant vers Marseille les sept cents recrues accompagnées des cadres suivants :

Un capitaine du 82è de ligne, trois lieutenants, deux sous-lieutenants, six adjudants, dix-sept sergents et trente-quatre caporaux et soldats en armes. Un caporal ou un soldat de première classe était chargé d'assurer la police de chaque compartiment.

Le train comportait quatorze voitures : treize de troisième classe et une voiture mixte à l'usage des officiers, sous-officiers et adjudants.

Des cris injurieux ont été poussés par les recrues, au moment où le train s'ébranlait; ils s'adressaient plus particulièrement aux officiers de paix et aux agents, lesquels d'ailleurs s'en souciaient assez peu.

Une douzaine d'arrestations ont été opérée la plupart des individus arrêtés seront poursuivis pour insultes et outrages aux agents de la force publique, les autres pour coups et blessures volontaires.

Le Petit Parisien – 2 décembre 1897

 Le premier mouchoir de poche - 1897

Le premier mouchoir de poche

A propos des coryzas que déterminent les premiers froids de l'automne, il n'est point sans actualité de parler du mouchoir de poche.

Empruntons quelques détails à l'Echo du Public. Le premier mouchoir de poche connu fut porté en Europe, il y a trois cent cinquante ans. La femme qui fit faire ce grand pas à la civilisation était une belle Vénitienne à laquelle son fazzoletto valut un légitime succès.

L'Italie est donc le berceau des mouchoirs de poche ; bientôt, ils passèrent les Alpes et se répandirent en France, où ils furent adoptés par les seigneurs et les dames de la cour de Henri II.

Le mouchoir de cette époque, fabriqué avec les tissus les plus coûteux, orné de précieuses broderies, était un objet de grand luxe. Sous Henri III, on eut l'idée de le parfumer.

Ce n'est guère qu'en 1580 que l'Allemagne se familiarisa avec cet objet de toilette. Il ne servait qu'aux princes, aux personnes très riches. C'était aussi un cadeau que l'on faisait aux fiancés illustres. Il fut l'objet de lois somptuaires, et un édit, publié à Dresde en 1595, en interdit formellement l'usage aux gens du peuple.

Depuis, il s'est beaucoup vulgarisé, heureusement. Il convient donc, dit notre confrère, de rendre grâces à la belle Vénitienne qui inventa le mouchoir. N'est-il pas pénible, en effet, de songer que les beautés les plus célèbres du moyen âge ne connurent pas cet utile petit morceau d'étoffe, et que la Béatrice de Dante, par exemple, et la Laure de Pétrarque se mouchèrent peut-être dans leurs doigts ?...

APL - 3 octobre 1897

 Le jouet de l'année.- 1897

Le jouet de l'année.

Le jour de l'An approche, et depuis longtemps déjà on cherche le fameux « jouet de l'année », le petit joujou accessible à toutes les bourses, c'est-à-dire ne dépassant pas les trente-neuf sous réglementaires, qui sera vendu sur les boulevards pendant le séjour des traditionnelles et encombrantes baraques. Un rédacteur du Gaulois a visité, hier, quelques-unes des grandes manufactures de jouets, et il a constaté douloureusement que plusieurs sont encore indécises sur la « dernière création » à lancer.
— Autant que possible, il faut que le « jouet de l'année » rappelle un fait parisien très récent, lui a-t-on dit ; c'est pour cela que nous attendons le dernier moment. Sait-on jamais ce qui peut arriver d'un jour à l'autre ?
Cependant une des plus importantes manufactures confectionne par milliers..... savez-vous quoi ?... des petits bateaux en fer !
Un coup d'œil vous ferait tout comprendre. Sur la coque, on lit ce mot : Pothuau ; sur le pont, le tsar et M. Félix Faure, entourés d'officiers français et russes, sont représentés la main dans la main...
— Ah ! la fameuse entrevue de...
— Vous y êtes !

Les Annales Politiques et Littéraires – 12 décembre 1897

 Plus de chauves - APL 21 mars 1897

Plus de chauves !...

Rassurez-vous, ce n'est pas une réclame. Il s'agit d'une découverte très sérieuse faite par M. le docteur Sabouraud et communiquée cette semaine à la Société de dermatologie. Le savant docteur serait parvenu, assure-t-on, à déterminer le microbe de la calvitie. Et ledit microbe qui, depuis tant de siècles, se prélassait tranquillement en son repaire et toute la colonie microbienne, qui infestait le follicule de tant de crânes, vont être sommés de déguerpir...

Chauve qui peut !

Jusqu'à présent, l'état de chauve était généralement très mal considéré. Les journalistes blaguaient assez volontiers les « boules de billard » de quelques honorables sénateurs. Les rapins prétendaient que tels de leurs professeurs avaient coutume de se mettre « le genou sur la tête ». Mille plaisanteries sur les porteurs de perruques étaient devenues légendaires.

Il va falloir en rabattre. Tout le monde aura des cheveux désormais. Oui, mesdames ! Des cheveux qu'il ne sera pas nécessaire d'aller emprunter aux Chinoises ou aux Napolitaines. Des cheveux à soi, qu'on n'aura plus crainte de voir s'éclaircir ou disparaître sous l'action des brosses, des fers à friser et des liquides corrosifs de maintes parfumeries.

Adieu les perruques, adieu les nattes fausses, adieu les recettes de toutes sortes qui avaient la prétention de faire pousser des moissons capillaires sur les terrains les plus arides !...

C'est un krach pour les coiffeurs.

Car ce n'est pas d'aujourd'hui que les moins chevelus d'entre eux offrent à leur clientèle des lotions régénératrices de la chevelure. Je retrouve dans mes notes une très vieille ordonnance, déchiffrée autrefois par le professeur Macalisber, de Cambridge, dans un papyrus égyptien. Il s'agit d'une eau destinée à faire repousser les cheveux de la mère d'un roi de la première dynastie égyptienne, qui régna je ne sais combien d'années avant Jésus-Christ.

Voici cette prescription :
- Bourrelets de pieds de chien : 1
- Dattes : 1
- Sabots d'âne :1
Faire bouillir le tout dans l'huile et s'en frotter énergiquement le cuir-chevelu.

Ce remède, après tout, n'était peut-être pas pire que de nombreuses mixtures préconisées depuis.

Mais j'y songe : Quand il sera si facile à tout le monde d'avoir le crâne plus touffu qu'Absalon, la calvitie n'aura-t-elle plus d'adeptes ? Que dis-je ! Elle en aura' plus que jamais. Elle sera la ressource suprême de ceux qui veulent à tout prix se distinguer. Les snobs la mettront à la mode. Les poètes chevelus, ne pouvant plus se faire remarquer autrement et craignant de passer inaperçus, deviendront des poètes chauves. Et j'imagine que, pour réparer le désastre que la science va leur causer, d'ingénieux coiffeurs ne tarderont pas à trouver quelques produits « infaillibles » destinés à combattre, à arrêter même pour toujours la... pousse des cheveux !

Sergines - APL - mars 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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