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SIXIEME ANNÉE N°2916

 

320ème jour de l'année

   


Jeudi
16
Novembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 La physiologie du cheveu

La physiologie du cheveu. — Brunes et Blondes 

Les physiologistes, très friands de tous les signes extérieurs pouvant indiquer des différences de tempérament, ont toujours attaché une grande importance au cheveu. Non seulement sa couleur, mais encore et surtout son calibre, leur semble révélateur de la force ou de la faiblesse intellectuelle et morale de l’individu. Cheveux plats et fins, disent-ils, intelligence élevée ; spiritualisme; cheveux gros et crépus, intelligence lente, nature gourmande. Cheveux fins, courts et bouclant naturellement, aptitudes artistiques, facilité d’assimilation remarquable. Cheveux longs, abondants et fins, imagination, aptitudes littéraires. Cheveux rudes, caractère méchant ; cheveux soyeux et doux, nature aimable. Que de choses dans un cheveu!

Ce n’est pas impossible, après tout ; le léger fil, blond ou brun est une chose vivante, moins destructible et plus fluide que la chair ; plus magnétique aussi. Nous le comprenons inconsciemment puisque la piété du souvenir le conserve et que les expériences somnambuliques l’emploient.

Le cheveu supporte le contre coup de toutes nos émotions morales. Il blanchit dans le chagrin, tombe dans le surmenage, se hérisse dans l’épouvante, se ternit dans la maladie, brille dans la santé, s’électrise quand on le caresse. Il semble préposé à la respiration fluidique du cerveau. Si réellement ce rôle est le sien, il n’est pas surprenant qu’il change d’aspect et de couleur d’après le contenu des têtes qu’il couvre.

Une des questions les plus controversées a été de savoir lequel, du type blond ou du type brun, valait mieux moralement et intellectuellement.

Tout d’abord, il faut remarquer que la coloration du cheveu, comme celle des corolles, relève beaucoup de la lumière solaire.

Les corps qui reçoivent les rayons obliquement sont de teinte - forte et moins chaude que ceux qui les reçoivent en droite ligne. Le blond domine dans le nord, le brun dans le midi. Cette réserve générale faite, on ne peut nier que certaines formes de tempéraments et par conséquent d’attitudes morales, ne soient liés à certaines couleurs, à certaines présentations du cheveu.

 Les lymphatiques sont généralement blonds ; les sanguins sont généralement bruns. On assure que les femmes blondes ont moins de courage, de dévouement quotidien et de désintéressement que les brunes. En revanche, elles ont plus de charme câlin, plus de faiblesse féminine. Beaucoup de femmes que la chronique des siècles précédents cite comme frivoles ou dangereuses furent blondes. Cependant, Sainte Geneviève et Jeanne d’Arc avaient des cheveux d’or. Un grand nombre de brunes forment la liste glorieuse des héroïnes antiques : Pénélope, Niobé, Iphigénie, Monime, Cornélie, Eponine, Aria. Nous y voyons aussi des muses, Sapho, Clémence, Isaure. Une grande artiste, sainte Cécile ; un chef d’État, Marie-Thérèse saluée « roi » par son peuple.

Un préjugé stigmatise la couleur rousse. Ils sont, dit le proverbe populaire, ou tous bons ou tous méchants. Ce qui le prouve, c’est qu’en feuilletant le catalogue des chevelures rousses, nous trouvons Cléopâtre qui ne valait pas grand chose et sainte Madeleine que Jésus transforma.

La physiologie, d’ailleurs, attache moins d’importance à la .nuance du cheveu qu’’à sa contexture. Sur ce dernier sujet, elle se croit précise et donne ses conclusions comme absolues. Elle a divisé la grande famille humaine en sept castes ou degrés d’évaluation d’après la façon dont le cheveu, coupé horizontalement, se présente au microscope. C’est un peu tiré par les cheveux cette façon de juger les gens, cependant elle constitue un moyen d’investigation mentale qui n’est pas à dédaigner. J’en ai moi-même fait quelquefois l’expérience. Lorsque je parle à un individu dont les cheveux sont crêpelés ou frisés, je cherche à l’intéresser par des images sensibles, vivantes, mouvementées ; l’exposé des idées et des théories me suffira pour captiver l’homme à cheveux plats et fins. Si je souhaite l’amitié d’un enfant frisé comme un caniche, j’offre des bonbons, car il est gourmand ; si j’ai affaire à un bambin aux cheveux de soie, je donne des livres ou des images: il est intellectuel.

Voilà comment on prend les gens aux cheveux.

Georges de Beauchamp
Les veillées des chaumières - 2 avril 1898

L'actualité dramatique

 Un drame rue Charles V

Un drame rue Charles V

Un terrible drame s'est passé hier, 2, rue Charles V, à la fabrique de parfums Brigot et Cie.

Cette maison de commerce avait été achetée au mois de janvier dernier par M. Eugène Bouly, âgé de trente-sept ans, demeurant, 20, boulevard Saint-Marcel. En prenant la direction de la maison, Bouly avait conservé l'ancien associé de M. Brigot, M. Charles Jacob, âgé de cinquante et un ans, demeurant, 50, avenue Ledru-Rollin.

La bonne intelligence ne dura pas longtemps entre les deux associés. M. Jacob reprochait à M. Bouly de ne pas être sérieux et de s'occuper beaucoup plus de ses plaisirs que de ses affaires. A chaque règlement de compte, c'est-à-dire à chaque fin de mois, les discussions recommençaient plus âpres et finissaient par se changer en véritables disputes.

Hier, 1er septembre, à trois heures de l'après-midi, Bouly était dans son bureau, lorsque Jacob arriva. Ils échangèrent quelques paroles au sujet de la balance du mois d'août, et, comme d'habitude, Jacob, constatant qu'elle était de moins en moins satisfaisante, s'emporta en reproches contre son associé :

— Comment voulez-vous que ça marche ? lui dit-il. Vous faites une noce carabinée au lieu de vous occuper de la maison. Ça ne peut pas durer comme ça

— Eh bien non, ça ne durera pas !... répliqua Bouly avec colère.

Et, fouillant dans un tiroir tout ouvert, il en sortit un revolver de gros calibre (12 millimètres) et fit feu trois fois sur son associé. L'une des balles alla se loger au plafond, une autre dans le mur, à hauteur d'homme. La troisième atteignit Jacob à la joue, au-dessous de la tempe et traversa le visage. Puis il se tira une seule balle qui entra par une tempe et sortit par l'autre.

Les deux hommes furent portés à l'Hôtel-Dieu. M. Jacob est salle Saint-Landry. Son état est très grave. Quant à Bouly, il est mort un quart d'heure après son arrivée. D'après les papiers trouvés sur Bouly, il avait l'intention de se suicider.

On a trouvé sur son bureau plusieurs lettres adressées à des amis et dans lesquelles il leur faisait ses adieux. A l'Hôtel-Dieu on a retiré de la poche de sa redingote une lettre de vingt pages expliquant longuement les raisons pour lesquelles il se décidait à mourir. Cette lettre a été remise à M. Briy, commissaire de police remplaçant M. Carlier, commissaire du quartier. Il avait préparé son revolver pour se tuer quand il aurait fini d'écrire. La fatalité a voulu que M. Jacob arrivât à ce moment et fut la première victime du drame qui se préparait.

Les scellés ont été apposés sur le bureau par le juge de paix de l'arrondissement.

Le Figaro — 2 septembre 1897

 Le suicide impossible

Le suicide impossible

Une jeune femme, Mlle Marie-Louise P..., demeurant rue de La Rochefoucauld, apprenait avec désespoir ces jours-ci le mariage de son ami, M. Alfred M...

— Tu m’abandonnes, lui écrivait-elle, le soir même. Je ne me sens plus le courage de vivre. Poison ou revolver, demain je serai morte.

M. M…, en recevant cette lettre, courut chez la jeune femme et eut avec elle une dernière entrevue au cours de laquelle il réussit à substituer des car touches à blanc à celles dont le revolver de Mlle P... était chargé.

Il alla ensuite chez le pharmacien de la désespérée et le pria de ne lui délivrer aucun médicament dangereux.

Or, hier, Mlle P.... se rendait chez le pharmacien et lui demandait du chlorhydrate de morphine. On lui remit une fiole contenant de l’eau distillée. Mlle P... l’avala en toute confiance, mais, rentrée chez elle, voyant que cela ne lui faisait aucun effet, elle se tira deux coups de revolver à la tète.

On juge de son étonnement en constatant qu’elle n’était pas blessée. Une heure après, M. Cornette, commissaire de police, qui avait été prévenu de ses essais de suicide obtenait la promesse qu’elle ne recommencerait plus ses dangereuses tentatives.

Le Gaulois — 18 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash novembre

Dans l'actualité du ...

 14 novembre

Dimanche
4 novembre 1897

LA TEMPÉRATURE

Le vent souffle en tempête sur la Baltique et la Scandinavie il est très fort sur la Manche et sur la Bretagne. Des pluies sont signalées sur les pays du Nord. En France, il a plu seulement sur le golfe de Lion.

A Paris, le thermomètre marquait hier dans l'après-midi 14 degrés. Le temps va rester doux. Des pluies sont probables vers le littoral.

Une pluie d'étoiles filantes a commence l'avant-dernière nuit a Paris. Elle aura son maximum la nuit prochaine et on en pourra compter cette fois de cinquante à soixante par heure, de minuit à six heures du matin, La dernière pluie d'étoiles filantes avait eu lieu en 1866.


MADRID, 14 novembre. Les balayeurs de Madrid se sont déclarés en grève.


Lille, 14 novembre. Hier matin descendait à Lille de l'express de Bâle une dame élégamment vêtue, qui se livrait à toutes sortes d'excentricités. Les employés de la gare l'ont conduite au commissariat spécial, où M. Wargnier, commissaire, a essayé de la questionner avec précaution.

Elle a déclaré qu'elle se nommait miss Nichols et qu'elle demeurait à Londres, Ecloston square, 1.

Puis, prise tout à coup d'un accès de folie furieuse, elle s'est jetée sur M. Wargnier et l'a violemment frappé; elle a également craché à la figure d'un agent.

M. le docteur Delaux a déclaré qu'elle était atteinte du délire de la persécution et l'a fait conduire à l'hôpital Saint-Sauveur. Là, elle a été reprise d'un accès de furie et elle a frappé la sœur chargée du service des aliénées.

M. Wargnier a trouvé sur elle des bijoux de très grande valeur, notamment plusieurs bagues ornées de pierres précieuses, une montre en or ciselé, une énorme broche, des chaînes en or, etc., et un porte- monnaie contenant une somme de 89 fr.

Tout cela a été mis sous scellés.

La pauvre femme, qui se rendait de Bâle à Londres, a dû être frappée d'aliénation mentale en route.

M. Wargnier a informé du fait M. Tayor, consul d'Angleterre à Dunkerque.


Réparation d'église.

On va procéder à la réparation de la tour de l'église Saint-Séverin.

Rappelons à ce propos que l'église actuelle date de la fin du onzième siècle elle fut agrandie en 1684.

C'est à Saint-Séverin que furent posées les premières orgues que l'on entendit à Paris. Ce fut dans le cimetière attenant à l'église qu'en janvier 1374, on pratiqua pour la première fois, sur un voleur condamné a mort, l'opération de la pierre. Il guérit. On lui avait promis sa grâce si l'opération réussissait, et il fut mis en liberté dès son complet rétablissement.


Encouragé par son rapide succès, le nouveau propriétaire du Café de la Paix vient de transformer complètement les salons de l'entresol de ce restaurant si parisien.

Aménagés avec un goût parfait, ils se prêtent admirablement aux dîneurs qui veulent s'isoler ou aux groupes qui entendent se réunir autour d'une table bien servie, dans le cadre élégant et discret de cet établissement de premier ordre. Prévenir les désirs de ses clients et leur assurer le plus grand confortable avec des prix raisonnables, telle est la devise de la maison.


A Spa, la température estivale continue à tenir le monde élégant, et on ne se croirait guère en novembre à voir l'animation qui règne dans les salons du Casino. Les concerts-spectacles du Casino réunissent la même foule qu'en été.

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Flash novembre

 15 novembre

Lundi 15 novembre 1897

Le président de la République a chassé, hier, à Marly-le-Roi, en compagnie d'amis personnels et des officiers de sa maison militaire.

A la gare Saint-Lazare, dans la matinée, il a été reçu par MM. Blanc, préfet de police; Viguier, directeur de la sûreté générale, et le haut personnel de la Compagnie de l'Ouest.

Il était de retour à Paris à six heures du soir.


L'hôpital Boucicaut.

On se rappelle que cet hôpital devait être inauguré par le président de la république en même temps que le pont Mirabeau. Comme les travaux étaient, à cette époque, loin d'être terminés, la date de l'inauguration fut ajournée.

Mais maintenant qu'il ne reste plus que quelques questions de détails à régler, la date de l'inauguration du nouvel hôpital reste subordonnée à l'agrément de M. Félix Faure.

Nous croyons savoir, en effet, que le directeur de l'Assistance publique M. Peyron s'est rendu ces jours derniers à l'Élysée afin de prier le Président d'assister à cette inauguration. M. Félix Faure aurait répondu affirmativement à cette requête, se réservant toutefois d'en fixer la date. Néanmoins nous pouvons affirmer que cette cérémonie aura lieu incessamment, du 25 au 30 novembre, très probablement.


La paroisse de Saint-Eugène a célébré, hier, sa fête patronale avec une pompe inusitée.

Mgr Clari, nonce apostolique, présidait, assisté de Mgr de Belmonte, conseiller, et de Mgr Perri Morosini, secrétaire de la nonciature.

La maîtrise a exécuté, hier matin, la messe de Pimagne, sous la direction de M. l'abbé Ruel, maître de chapelle.

Dans l’après-midi, aux vêpres, le R. P. Finot, prieur des dominicains de Nancy, a prononcé le panégyrique de saint Eugène, et le nonce a béni une nouvelle statue de saint Pierre et donné la bénédiction papale.


Ce soir, mardi, à huit heures trois quarts, au théâtre des Bouffes-Parisiens, première représentation des P'tites Michu, opérette en trois actes; de MM. Albert Vanloo et Georges Duval, musique de M. André Messager.


LE COUP DU FUMISTE

La police recherche doux individus qui, porteurs d'un sac semblant renfermer des outils, se sont présentés dans diverses maisons bourgeoises sous prétexte de ramoner les cheminées.

Une fois dans le salon, s'ils ne sont pas surveillés, ces individus font main basse sur certains bibelots de prix et disparaissent sans avoir été inquiétés. Leur dernier vol a été opéré chez. Mme de V. rue Madame. Ils ont réussi à dérober pour plus de six cents francs, de bijoux placés dans une cassette.


Les journaux de Londres nous apprennent qu'un vétérinaire, très connu, M. Henri Smith, vient de pratiquer une opération unique peut-être en son genre.

Un chien terrier, appartenant M. Wells, de Warwick road, Worthing, eut un œil dangereusement malade, dernièrement. M. Smith, à qui l'animal fut confié, n'hésita pas; il endormit le patient, fit l'ablation de l'organe, qu'il remplaça par un œil de verre.

Aujourd'hui, le chien se porte il merveille.


Qui aurait cru, il y a quelques années, pouvoir emporter toute une caisse d'eau minérale dans une bonbonnière ? C'est pourtant le miracle réalisé aujourd'hui par tous les chasseurs, touristes ou autres voyageurs, en emportant sur soi un flacon de ces comprimés de Vichy si peu volumineux et si commodes pour transformer en un clin d'œil toute eau potable ordinaire en une excellente eau digestive gazeuse.


Les réceptions qui suivent le mariage sont une joie pour la jeune femme qui a su décorer son home et choisir avec goût son ameublement. C'est pour elle un vrai succès, dont le plus souvent elle est redevable à Mercier frères, des collaborateurs précieux en cette matière si délicate.


AUX ANÉMIQUES

La plupart des eaux purgatives amères exercent une action débilitante sur les constitutions faibles. Cet inconvénient, l'Apenta, la célèbre eau minérale hongroise, ne le possède pas. D'après les travaux du docteur Bogoslowsky, professeur à l'Université impériale de Moscou, son emploi modéré et régulier est sans aucun danger pour les anémiques, les enfants et les vieillards.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 La minute de Greenwich correspond assez exactement à soixante de nos secondes françaises.


300. Le 8 décembre 1897, l’assassin de Marie Bigot, la fille galante de la rue Pierre-Legrand, tuée d’un coup de revolver, n’avait toujours pas été arrêté.
LA FRANCE EN RUSSIE. Deux magnifiques voyages, l'un par voie de mer, l'autre par voie de terre, sont organisés pour visiter la Russie et assister aux fêtes de Saint-Pétersbourg. Le nombre des voyageurs étant limité, nous engageons vivement nos lecteurs à s'adresser de suite à la Société française des voyages Duchemin, 20, rue de Grammont, à Paris.
 L’invasion des femmes

L’invasion des femmes

Nous avons eu, il y a quinze siècles, l'invasion des Barbares nous avons aujourd'hui l'invasion des femmes, avec des Attilas en corset et des Alarics en jupons.

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 Le cyclone d'Asnieres

Le cyclone d'Asnières

18 juin 1897

Beaucoup de Parisiens ont maudit l'averse qui les surprenait hier soir à cinq heures. C'est cependant à cette pluie diluvienne que des centaines d'habitants de Colombes et d'Asnières doivent de ne point figurer sur la liste des victimes du cyclone qui s'abattit à la même heure sur la banlieue nord-ouest de Paris, y faisant sur deux cents mètres de large et dix kilomètres de longueur, une traînée de dévastation furieuse.

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L'affaire du lac Saint-Fargeau

Le cadavre d'un individu paraissant âgé d'une cinquantaine d'années était découvert, hier après midi, au milieu de hautes herbes, dans un terrain vague situé 68, avenue Gambetta, au coin de la rue Pelleport. Le défunt était couvert de sang ; il portait au sein gauche une large blessure faite par un instrument tranchant.

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Ivry contre les Deux-Moulins.

Il y a quelque temps, les gars des Deux-Moulins, quartier de la Gare, enlevaient aux joyeux d'Ivry une femme très connue des bandes de rôdeurs qui infestent ce coin de Paris.

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 Réponse bien féminine

RÉPONSE BIEN FÉMININE

― Dans la patrie et la famille

Qu'envisagez-vous de plus beau ?

― C'est répond une jeune fille,

La toilette et le doux Congo

T.-S., institutrice, à Victor Vaissier

Nouvelles à la main

Entendu le 1er mai

Entendu le 1er mai
— Je ne sais pas ce qu'a ma montre ; je l'ai sans doute achetée chez un horloger socialiste impossible de la faire marcher plus de huit heures par jour.

 Une femme de ménage à un peintre

Une femme de ménage à un peintre de nos amis, à propos de racontars dont elle se prétendait l'objet :

Tout ça, voyez-vous, monsieur, c'est des gens qui vous passent là main dans le dos par devant, et qui vous crachent à la figure par derrière.

Machinchose, vague rimeur

Machinchose, vague rimeur qui végète et mourra dans la bohème finale, lit dans les feuilles que l'administration charitable dont le siège central est rue des Blancs-Manteaux vient d'acheter plusieurs maisons pour agrandir une de ses succursales.
— Alors, conclut-il, le Mont-de-Piété se met dans nos meubles.

Implacable logique

Implacable logique.
Las d'engraisser de sa sueur d'infâmes capitalistes, un brave ouvrier consacre ses économies à l'achat de quelques outils et se met à travailler pour son compte.
Un beau jour il se fait la réflexion qu'étant devenu son propre patron, il s'exploite lui-même.
Or, les exploiteurs, il faut les supprimer.
Alors, il va se pendre.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 RÉVOLUTION PACIFIQUE - 16 décembre 1897

RÉVOLUTION PACIFIQUE

« Bonne santé » c'est le souhait qui s'échange le plus fréquemment, à la Noël, au Jour de l'an. Comme il était ironiquement triste, jusqu'alors, pour les anémiques qu'aucun remède ne pouvait guérir ! Mais en fin de 1897 et commencement de 1898, ce sont précisément aux anémiques qu'on pourra le plus sûrement souhaiter Bonne santé N'ont-ils pas en effet la certitude absolue de guérir, grâce à l'élixir et à la confiture Saint-Vincent-de-Paul, dont la Mère générale supérieure de l'Ordre a autorisé les Filles de la Charité à livrer l'exploitation à la pharmacie ? Pharmacie centrale des grands boulevards et toutes pharmaciens. Se méfier des imitations.

Le Figaro - 16 décembre 1897

 AÉRONAUTIQUE  LES PLUS HAUTES ASCENSIONS = PARVILLE 16

AÉRONAUTIQUE

LES PLUS HAUTES ASCENSIONS

Voici, d'après M. Müllenhoff, de Berlin, le relevé des grandes ascensions, avec les hauteurs atteintes d'après les mesures barométriques. M. Müllenhoff les divise en deux séries : ascensions à hauteurs certaines ; ascensions à hauteurs bien moins sûrement déterminées ou suspectes. Voici la première série :
Welsch, 10 novembre 1852 6.987 mètres
Gay-Lussac, 16 septembre 1804. 7.016 —
Barrai et Bixio, 26 juin 1850 7.039 —
Glaisher, 26 juin et 18 août 1862. 7.100 —
Sivel, Crocé-Spinelli, 22 mars 1875 7.300 —
Glaisher, 10 avril 1863 7.300 —
Glaisher, 17 juillet 1862 7.924 —
Gross et Besson, 11 mai 1894 7.950 —
Tissandier, Sivel et Spinelli, 15 avril 1875 8.600 —
Glaisher, 5 septembre 1862 8.838 —
Berson, 4 décembre 1894 9.150 —
Dans la seconde série, on trouve :
Green, 27 septembre 1836 7.430 mètres
M™ Blanchard, 26 avril 1809 7.600 —
Hobard, 9 octobre 1835 7 935 —
Garnerin, 3 octobre 1803 8.186 —
Green et Ruoch, 1838 8.268 —
Cosmachi, 1842 8.474 —
Andréoli, 22 avril 1808 10.000 —
Blanchard, 10 novembre 1785 10.400 —
Glaisher, 5 septembre 1862 11.000 —
 
L'ascension de Besson à 9,150 mètres paraît bien authentique. Cet aéronaute, en inspirant de l'oxygène, a pu combattre l'évanouissement, et son baromètre avait marqué 231 millimètres. Le thermomètre indiquait — 47° 9.

HENRI DE PARVILLE.

Les Annales Politiques et Littéraires – 5 décembre 1897

 Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Il y a quelques jours, un des médecins-chefs de service à l'hôpital de Clerkenwell, à Londres, remarqua, durant sa visite, qu'une des infirmières avait les doigts de la main droite tachés de nicotine, de ces taches particulières aux fumeurs de cigarettes.
Interrogée, la jeune fille répondit qu'en effet elle fumait, mais que c'était seulement en dehors de ses heures de présence dans la salle et dans sa chambre.
Le médecin observa les mains des autres infirmières et put s'assurer que la plupart fumaient la cigarette.
Il signala le fait au Conseil d'administration qui ordonna aux infirmières de renoncer immédiatement au tabac. Toutes répondirent par un refus.
L'enquête faite par le Conseil avait permis de constater qu'aucune des « nurses » ne fumait ailleurs que dans sa chambre.
En vain, les médecins objectèrent-ils que les traces de nicotine laissées sur les doigts des fumeuses pouvaient présenter des inconvénients et offrir des dangers au point de vue de la préparation des médicaments ou simplement du contact. Les infirmières protestèrent qu'aucun de ces inconvénients n'était à redouter chez des femmes obligées, par profession, à se laver les mains, vingt ou trente fois par jour, dans de l'eau phéniquée.
Menacées de révocation, si elles persistaient à fumer, les « nurses » de Clerkenwell ont donné leur démission. Et, dans les autres hôpitaux de Londres, ces demoiselles, parmi lesquelles il est aussi beaucoup de fumeuses, ont organisé la résistance.
C'est la révolution qui s'annonce... Les droits de... la femme, en attendant la Terreur.

Les annales politiques et littéraires

14 novembre 1897

 La reine Victoria et le chiffre 9 - 1897

La reine Victoria et le chiffre neuf.

Les personnes qui ont la religion des nombres et, particulièrement, celles qui croient aux vertus du chiffre neuf — neuf Muses, neuf planètes — apprendront avec intérêt que le chiffre neuf a joué un grand rôle dans la vie de la reine Victoria.

Le duc de Kent, père de la reine, faisait partie d'une famille de neuf enfants.

La reine est le neuvième souverain de l'Angleterre depuis la révolution de 1688.

Elle est née dans le dix-neuvième siècle, en 1819, date dont les chiffres additionnés font 19.

Elle est montée sur le trône en 1837, date dont les chiffres additionnés font, également 19, et elle avait alors dix-neuf ans.

Son mari était né en 1819.

Elle a eu neuf enfants.

Enfin, son fils aîné, né le 9 novembre, a épousé la fille de Christian IX de Danemark, laquelle avait alors dix-neuf ans.

Les Annales Politiques et Littéraires - juin 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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