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SIXIEME ANNÉE N°3626

 

300ème jour de l'année

   


Dimanche
26
Octobre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le corset de Paris

Le « Corset » de Paris

Les fortifications inutiles — On va démolir —Le génie militaire consent.

Les fortifications de Paris sont définitivement condamnées. Le « corset » de Paris, suivant une pittoresque expression, n'empêchera plus la capitale de s'étendre. Le génie militaire, qui, jusqu'ici, avait fait une opposition intransigeante au démantèlement de Paris, ne s'oppose plus, du moins dans une certaine mesure, a la démolition des fortifications.

Il a compris enfin qu'elles ne servaient en rien la défense de Paris et que ce large fossé de 28 kilomètres dé longueur n'empêcherait pas les obus d'entrer. L'expérience avait été douloureusement, faite en 1871. Aujourd'hui, Paris est protégé par une ceinture de forts. Néanmoins; le génie militaire ne veut pas abandonner complètement les fortifications. Il n'accepte la démolition que de la porte de Saint-Ouen à la porte de Saint-Cloud.

Toute cette partie de Paris est suffisamment protégée par la boucle de la Seine. Malgré cela, le génie réclamait encore la construction de fortifications: au delà, d'Asnières. Mais il renonce à cette inutile garantie de sécurité.

Les discussions qui ont lieu en ce moment entre les représentants de la guerre et les représentants de la ville de Paris ne portent plus que sur le prix des terrains. Les fortifications appartiennent, en effet, à l'État, et, si on les démolit, la ville de Paris devra acquérir ce terrain.

Dans la dernière séance qui a eu lieu cette semaine, on n'a fait qu'échanger des vues sur ce point. L'État prétend que le terrain occupé par les fortifications de la porte de Saint-Ouen à la porte de Saint-Cloud, vaut 110 millions la Ville répond qu'il ne vaut que 20 millions. On est encore loin de s'entendre. Les prétentions du génie militaire sont exagérées celles de la Ville évidemment insuffisantes.

A la prochaine séance, qui aura lieu la semaine prochaine, les deux parties examineront la valeur exacte d'après des documents sérieux. Il est certain que l'on finira par s'entendre sur ce point en somme secondaire.

Les matériaux dés fortifications n'ont pas une grande valeur.

Plusieurs entrepreneurs ont offert à la Ville de procéder à la démolition et au nivèlement à leurs frais en gardant ces matériaux pour prix dé leur travail.

Avant de terminer ses travaux, la commission examinera une question importante l'expropriation de la zone, afin d'éviter que cette opération ne serve de prétexte à des trafics de terrains. Les terres de la zone, inutilisables, puisqu'on n'y peut construire, prendront, en 'effet, une grande valeur, dès que les fortifications disparaîtront.

Mais on n'est pas encore là; et pour aujourd'hui on n'a à enregistrer que le consentement du génie militaire. C'est déjà beaucoup que le principe soit admis. Ce résultat est dû en grande partie à M. Paul Brousse, conseiller municipal, qui depuis de longues années s'est, consacré à cette tâche.

Le Matin

18 février 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

Les frères Amédée et Léopold Lafare, galochers, qui habitent, depuis quelques mois, 50, rue de la Réunion, à Charonne. un petit logement au quatrième étage, vivaient en mauvaise intelligence avec leurs Voisins, les époux Gagnot, journaliers.

Hier soir, à la suite d'une discussion plus violente que de coutume, Gagnot prit un bâton, résolu à infliger une correction à Léopold Lafare qui, dans la journée, avait injurié sa femme. Mais les deux frères, pour se défendre, s'armèrent de marteaux, et une mêlée terrible s'ensuivit.

Tout à coup, les cris « Au secours, à l'assassin » retentissaient dans la maison, et une femme, couverte de sang, tombait sans connaissance sur le palier de l'escalier. C'était Mme Gagnot, qui avait été frappée à la tête d'un coup de marteau par. Léopold Lafare.

Les deux frères s'étaient réfugiés dans leur chambre où ils s'étaient barricadés. Il a fallu huit agents pour s'en rendre maîtres.

Mme Gagnot a été transportée à l'hôpital Tenon.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

 Le crime de la rue Basfroi

Le crime de la rue Basfroi

Avant-hier, c'était un amant qui tuait sa maîtresse qu'il soupçonnait de trahison, aujourd'hui c'est un mari qui assassine l'amant de sa femme.

L'assassin se nomme Charles Jacquerey. II est âgé de trente-deux ans et travaillait en qualité de chauffeur chez MM. André et Cie, peaussiers, 87, rue Alexandre-Dumas. Il habitait avec sa femme et ses quatre enfants rue de Charonne, 147. Très bon ouvrier, mais n'ayant aucun sentiment de ses devoirs de père de famille, il ne rapportait à la maison qu'une faible partie de sa paye. Le reste, il le laissait dans les débits de vins.

Samedi dernier, il avait touché 30 francs. Quand il rentra, il n'avait plus en sa possession que 13 francs. Sa femme lui fit des reproches.

— Ah ! c'est ainsi, fit-il; eh bien au revoir.

Et il partit en remettant dans son portemonnaie les quelques francs qu'il venait de montrer, sans s'occuper si les siens n'allaient t pas mourir de faim. C'est ce qui serait peut- être arrivé, si sa femme n'était allée demander aide et secours à son parent Édouard Lauwers, qui avait quarante-cinq ans et habitait rue Basfroi, 46 ; Lauwers était ouvrier polisseur ; d'aucuns prétendent, dans le quartier mais rien n'est moins prouvé qu'il avait existé entre eux d'intimes relations avant le mariage de Jacquerey. Celui-ci avait-il eu vent de cette histoire ? On assure encore qu'il savait à quoi s'en tenir à ce sujet et, que, se bouchant les yeux pour ne rien voir, il laissait à sa femme toute liberté d'allure. Quoi qu'il en pût être, Jacquerey ne s'était montré jusqu'à présent, vis-à-vis de la mère de ses enfants, ni plus ni moins prévenant que ne le sont d'habitude les ouvriers pour lesquels le cabaret a plus d'attrait que l'intérieur familial. Il travaillait et buvait beaucoup, il ne désirait rien de plus.

Abandonnée à elle-même, la pauvre femme, entendant ses enfants crier famine, s'adressa à Lauwers à celui qui toujours s'était montré si bon, si affectueux pour elle et ses bébés. Que seraient-ils devenus sans lui ? Jacquerey ne reparaissait plus ; il s'inquiétait bien d'eux, vraiment !

Hier matin, vers cinq heures, Lauwers, avant de se rendre à son atelier, était monté chez la femme Jacquerey. Il lui apportait un peu d'argent.

Au moment où il s'en allait, la porte s'ouvrit brusquement, livrant passage à Jacquerey qui, ivre de vin et de fureur, s'élança vers sa femme en lui faisant les plus terribles menaces. Lauwers se jeta entre eux. Le malheureux a payé de sa vie sa généreuse intervention. Jacquerey sortit un couteau de sa poche et en frappa au défaut de l'épaule celui qu'à tort ou à raison il considérait comme son rival.

— Je suis blessé à mort s'écria l'ouvrier polisseur en s'adressant à la femme Jacquerey. Fuyez ! fuyez !... il vous tuera vous et vos enfants !...

Et il tomba sur le parquet, pour ne plus se relever. Quelques instants plus tard, en effet, il rendait le dernier soupir à l'hôpital Saint-Antoine où on l'avait transporté.

Quant à l'assassin qui était tranquillement sorti de la maison sans que personne osât lui barrer le chemin, il a été arrêté rue Alexandre-Dumas.

M. Le Jaïn, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt, en même temps qu'il faisait transporter à la Morgue le corps de la victime.

Le Figaro — 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 10 janvier

Dimanche
10 janvier 1897

La peur des mots.

La petite ville de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs (Isère), dont le maire est un député radical répondant au nom parfaitement inconnu à Paris d'Octave Chenavaz, a eu l'autre jour, comme à peu près partout, sa petite fête au bénéfice des enfants pauvres.

Seulement radicalisme oblige la petite fête qui, partout ailleurs, s'intitulait « arbre de Noël», fut étiquetée, à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, «arbre du jour de l'an ».

C'est ainsi que, à Paris, les étudiants libres penseurs, et aussi, sans doute, quelques étudiants libres farceurs, baptisent « boul' Mich' » le boulevard Saint- Michel et rue Le la rue Monsieur-le- Prince.

Ces fantaisies rappellent un peu avec beaucoup moins d'esprit la réponse d'un ci-devant gentilhomme cité en 1793 devant le Tribunal révolutionnaire.

Comme le président d'assassins — la définition est de Robespierre lui-même — lui demandait son nom et ses qualités, l'accusé répondit :

— Je n'ai pas de nom, je ne suis rien ni personne. Autrefois on m'appelait le comte de Saint-Cyr, mais aujourd'hui il n'y a plus de comte, ni de « de », ni de saint, ni de sire. C'est même assez ennuyeux pour vous, car enfin il vous sera difficile de condamner à mort quelqu'un qui n'existe pas.

Pour en revenir à M. Octave Chenavaz, député radical de l'Isère, qui supprime Noël de son calendrier, cela doit joliment le contrarier d'être maire d'une commune dans le seul nom de laquelle il y a deux saints.

Le Figaro - 10 janvier 1897

Que s'est-il passé entre le président de la république et les représentants de la ville du Havre?

Il est bien difficile de démêler la vérité au milieu des racontars qui vont leur train.

Toujours est-il que le maire, M. Théodule Marais, ainsi que les adjoints et tous les conseillers municipaux, ont cru devoir s'abstenir d'aller saluer M. Félix Faure à son arrivée au Havre et à son départ jeudi dernier.

Cette attitude du conseil municipal du Havre est diversement appréciée.


Hommage à la vertu

Quimper. Un cas curieux, tout à l'honneur de la population presque entièrement maritime de Douarnenez, où il y a eu, en 1896, 416 naissances. Or, parmi ces naissances, on n'en compte pas une seule d'illégitime.

Douarnenez compte près de 8,000 habitants.


Le président de la République a quitté Paris hier soir pour prendre part, aujourd'hui, à une partie de chasse, à titre purement privé.


Le laboratoire radiographique d'un journal de médecine a fait, ce matin, une intéressante opération au moyen des rayons X. Une fillette de quatre ans, qu'on supposait avoir avalé un sou, a été amenée à ce laboratoire et soumise aux rayons X.

L'opération faite par M. Vaillant a duré 6 minutes 23 secondes. Sur le cliché, on a vu très distinctement le sou dans l'œsophage. Il sera retiré lundi.

Le Temps – 10 janvier 1897

Voulez-vous traverser victorieusement les épidémies et, en particulier, la désastreuse influenza ? Suivez le conseil du docteur Burggraëve et tenez-vous le corps libre. Que de maux on évite par le seul emploi du Sedlitz dosimétrique granulé, qu'il faut se garder de confondre avec le sedlitz du commerce. Exigez donc toujours le Sedlitz Numa Chanteaud, avec le portrait du docteur Burggraëve sur le flacon carré (2 fr. le flacon; 1 fr. le demi-flacon).

sans titre 1

 26 octobre

Boulant et Boulant.

On a raconté que M. Boulant, restaurateur, avait été condamné un mois de prison par le tribunal correctionnel pour voies de fait envers un interne de l'hôpital Lariboisière.
M. Boulant, directeur des établissements de ce nom, nous écrit pour nous dire qu'il y a eu confusion, dans l'esprit de beaucoup de personnes, que le condamné n'est point lui, mais un de ses employés qui porte également le nom de Boulant.


Cologne, 26 octobre.

On mande de Darmstadt à la Gazette de Cologne qu'à propos du refus du Tsar de recevoir le grand-duc de Bade des démarches ont été faites d'ores et déjà, de nature à empêcher tout froissement. Peut-être faut-il rattacher à ce fait le départ du prince Adolphe de Schaumbourg-Lippe pour Bade, qui a eu lieu ce matin.


De Dax

« Quelle ressource que les galeries des Grands Thermes, par ces temps froids qui rendent impossible la promenade à l'air libre Dans ces spacieuses galeries, rhumatisants et névralgiques peuvent prendre sans inconvénient, dans une température chaude et moite, tous les exercices compatibles avec leur état.


Quand il donna l'ordre d'exécuter son roi, Cromwell n'avait pas été à la selle depuis huit jours, et les destinées de l'Angleterre eussent sans doute été tout autres si le farouche protecteur avait connu le rafraîchissant Sedlitz dosimétrique Burggraëve. Exigez le flacon carré avec le portrait du docteur et le nom du préparateur Numa Chanteaud.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Un gentleman est un monsieur qui se sert d'une pince à sucre, même quand il est seul.


363. Le 26 avril 1897, un orage à grêle a traversé toute la France.
Lord Russel vient d'annoncer au Parlement anglais qu'un bill viendrait prochainement renforcer le pouvoir des autorités locales sur le contrôle des aliments. Le bon billet qu'ont les Anglais si cela se passe comme chez nous-Il y a longtemps que nous sommes faits, à ces grandes promesses.
Le meilleur contrôle des aliments est encore de s'assurer un bon estomac par l'usage de l'eau de Pougues.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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La chassse aux morts

Un incident plutôt macabre s'est passé, 34, boulevard de Clichy. Une dame R… occupe, à cette adresse, un appartement au quatrième étage. Alitée depuis prés de deux mois, elle reçoit les soins du docteur X... qui venait, deux fois par jour, lui faire des injections d'un sérum quelconque. Mais ce médecin, ayant une clientèle importante à visiter, avait prié M. Tissot, pharmacien, habitant la maison, de le suppléer, partiellement du moins, dans les soins à donner à la malade.

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Le drame de Saint-Denis.

Un drame terrible vient de se passer, rue du Corbillon, à Saint-Denis.
Au n° 11 de cette rue, dans un petit logement composé de trois pièces habitait la famille Charmillon, composée du mari, Émile Charmillon, âgé de trente ans, employé à la Compagnie du Nord ; de sa femme, blanchisseuse, âgée de vingt-sept ans, et de leur fille Blanche, âgée de trois ans.

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 EXCELSIOR

EXCELSIOR !

Las de tous ces potins, de ces honteux ragots

Qui troublent notre esprit de leurs sombres hantises.,

Allons aux purs parfums, aux essences exquises

Nos âmes ont besoin de vous, divins Congos !

Jean des Brettes au savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

Chez les X

Chez les X. en soirée, on casse gentiment du sucre sur le dos d'un raseur fameux.
Ne m'en parlez pas, s'écrie la maîtresse de la maison; même dans la rue, quand il marche, il rase les maisons.

Bonnes amies : Cette chère Eugénie dit

Bonnes amies :
— Cette chère Eugénie dit que le dernier mot de son mari a été pour elle.
— Le dernier mot ! Allons donc, je suis bien sûr que ce n'est pas lui qui l'a eu ; elle était là quand il est mort.

 Outre-Manche

Outre-Manche:

Madame. — Je crois vraiment qu’on a essayé de s’introduire chez nous cette nuit... J’ai entendu pendant un quart d’heure quelqu’un toucher à la serrure...

Monsieur (la langue épaisse). Ah!... oui... attends un peu... J’ai un vague souvenir de quelque chose comme ça !

 Sur les quais

Sur les quais... encore rive gauche. Un fureteur au bouquiniste :

— Combien ce volume de Ménage ?

— Six francs.

— C'est bien un vrai Ménage, au moins? Parce qu'il y en a tant de faux !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 A la Chambre - Fig 4 /02/97

A la Chambre...

Pour une fois, on s'est occupé, au Palais-Bourbon, d'une question d'actualité.
La Commission de la réforme judiciaire s'est, en effet, réunie et elle a examiné le projet du ministre de la justice, dont l'adoption simplifierait singulièrement les vieux rouages judiciaires qui, par ces temps de bicyclettes et d'automobiles, grincent comme des roues de vieille diligence.

. Darlan, qu'il faut féliciter de s'attacher à ces réformes d'ordre pratique au lieu de se perdre dans les réformes à fracas qui n'aboutissent jamais, a clairement exposé à la Commission les avantages de son projet et les excellentes raisons qu'il a données paraissent avoir très favorablement impressionné les commissaires. Il est donc probable que la réforme aboutira prochainement.
Ce n'est pas les justiciables qui s'en plaindront !

Le Figaro - 4 février 1897

 LES EAUX D'EVIAN - Fig. 24/05/97

LES EAUX D'ÉVIAN. Les Parisiens et les étrangers habitant Paris n'ont pas mis longtemps à apprendre le chemin du nouveau dépôt des eaux d'Évian (source Cachat). Il faut être bien arriéré pour aller encore au boulevard des Italiens où était l'ancien dépôt. Le vrai Parisien va tout droit, sans même consulter son carnet, au 18 de la rue Favart.

 Domestiques Londres - 1897

Angleterre

On ne s'est pas ennuyé, l'autre jour, à la cour de police de Bow-Street, à Londres.
Les bonnes faisaient les frais d'une partie de l'audience, mais ces frais leur ont été remboursés. Notre confrère Montécourt nous nous donne le résumé de ces débats.
L'une, Annie Stamp, engagée par M. Pardrington et renvoyée par madame, en l'absence de son mari, assignait sa maîtresse en dommages-intérêts.
Le juge, sir John Bridge, lui a donné gain de cause.
« Certes, dit son jugement, il semble, à première vue, que le gouvernement intérieur de la maison appartienne à la femme, mais ce n'en est pas moins le mari qui est responsable de l'existence commune et qui gagne l'argent du ménage. A ce titre, il a bien le droit de s'occuper de ce qui s'y passe. Il est, dirai-je, le premier ministre et la femme n'est qu'un sous-secrétaire d'Etat. Elle n'a pas qualité pour rompre un contrat conclu par son mari, et l'engagement d'une domestique est un contrat comme un autre. Jugement et indemnité pour la plaignante. »
Une autre bonne, Margaret Dahill, avait été congédiée par Mme Franklin, sa patronne, parce qu'elle avait un policeman pour amoureux.
- Ce n'est pas là, déclare sir John, un motif suffisant pour renvoyer une domestique.
La défenderesse ne saurait émettre la prétention de n'avoir à son service que des bonnes insensibles à l'amour.
- Nullement, répond Mme Franklin. Ma dernière bonne avait pour amoureux un grenadier rouge et je n'y ai jamais trouvé à redire. Mais je ne veux pas d'un policeman.
- Préférez-vous que vos bonnes introduisent chez vous des cambrioleurs ou des pick-pockets ? Allez, madame, vous devriez encore vous estimer trop heureuse que cette jeune fille eût porté son choix sur un brave homme qui, après avoir veillé sur la sécurité publique par devoir, sera encore venu veiller sur votre domicile particulier par amour.
Et Mme Franklin a été condamnée à payer deux semaines de gages à titre de dommages-intérêts. Autant de gagné pour la dot de Margaret quand elle épousera son policeman.

APL - 3 octobre 1897

 Docteur Ghirelli - Fig. 24/05/97

Nous apprenons avec plaisir que le traitement du docteur Ghirelli, dont la réussite pour la guérison des maladies de poitrine s'affirme de plus en plus, est mis tous les jours à la disposition des malades, rue de La Boëtie.
Les appareils d'inhalation fonctionnent le matin et l'après-midi et peuvent, si on le désire, être transportés ou envoyés au domicile des malades.

Le Figaro - 24 mai 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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