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Nouvelles diverses
 Déplorable méprise

Déplorable méprise

Un négociant de Saint-Denis, M. Henri Delmas, vient d'être victime d'une déplorable méprise, causée par une similitude de noms, Le Parquet de Rouen avait décerné, le 4 juin 1896, un mandat d'amener contre un sieur Henri Dalmas, âgé de trente-cinq ans, voyageur de commerce, inculpé d'abus de confiance, pour avoir vendu une bague en or ornée d'un diamant, que lui avait confiée un de ses collègues. Dalmas ne fut pas retrouvé, mais, le 16 avril dernier, M. Delmas était arrêté, et, malgré ses protestations, maintenu en prison pendant cinq jours.
C’était déjà trop, mais ce n'était pas encore fini le 29 avril dernier, M. Delmas recevait avis de se rendre à Rouen pour « voir statuer sur l'opposition qu'il avait formée au jugement rendu contre lui par défaut ». Il eût pu répondre qu'aucun jugement n'avait pu être rendu, puisque ce n'était pas lui qui était l'inculpé. Voulant pousser jusqu'au bout la déférence pour la justice, il se présenta devant le Tribunal. Mais le plaignant n'étant pas venu, il lui fallut encore retourner à Rouen le 16 juin, pour voir proclamer enfin son innocence.
Ajoutons que M. Delmas est sous-officier dans la réserve de l'armée territoriale et que l'autorité militaire, sans autre informé, l'a cassé de son grade.

Le Figaro - 19 juin 1897

Séparation LES ROSIÈRES DE NEUILLY

LES ROSIÈRES DE NEUILLY

Pendant que se courait le Grand Prix et que, dans Paris, on s'entretenait des détails de l'attentat commis contre le Président, la ville de Neuilly couronnait ses rosières. Nous disons « ses », car il y en a deux, récompensées par deux prix différents fondés par M. Perret et Mme veuve Letort. Ils consistent en deux sommes d'argent de 200 et 500 francs.
Les titulaires pour l'année 1897 étaient Mlles Rosalie Boissier et Camille Belin. La fête, tout intime, a eu lieu à l'hôtel de ville. Vu le deuil récent de Mlle Boissier, qui a perdu son père, la somme ordinaire consacrée au banquet, 400 francs, a été, cette année, partagée entre les deux rosières.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation Jalousie de femme.

Jalousie de femme.

Une femme de mœurs extrêmement légères, 1res connue à Montmartre sous le simple prénom d'Andréa, et demeurant, 36, rue Pigalle, avait commis l'imprudence de répondre aux galantes avances d'un .nommé Arthur X… exerçant une profession des plus douteuses. Cet Arthur était l'amant d'une autre femme de Montmartre, extrêmement répandue dans les sous-sols plus ou moins artistiques du quartier et qui répondait, au surnom de la Bordelaise.

La Bordelaise en question ne tarda pas à apprendre que son cher Arthur — un Arthur professionnel, -dit-on — s'était abandonné aux tendresses de l'Andréa de la rue Pigalle. La redoutable Bordelaise jura de se venger de sa rivale.

Hier soit, vers onze heures et demie, la noble dame de Bordeaux rencontrait La volage Andréa au coin de la rue Pigalle et de la rue La Rochefoucauld.

— Tu m'as pris mon amant !

— Non !

— Si. Tu vas me le payer.

Et, sur ces mots, la Bordelaise s'arma d'un couteau et en larda littéralement sa rivale.

Andréa tomba, la poitrine transpercée. Des passants mirent fin à cette scène tragique en désarmant la Bordelaise, qui fut conduite au .poste de police voisin.

Andréa été transportée à l'hôpital Lariboisière dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin – 24 juin 1897

Séparation Et s'il n'en reste qu'un.

Et s'il n'en reste qu'un.

Avenue de Clichy, à l'angle de la rue Hélène, sur un vaste emplacement où s'élevaient, tout récemment encore, des maisonnettes semi-citadines semi-rustiques où vécurent des générations de Batignollais, une société commerciale doit édifier un immense bazar.

Les maisonnettes ont été jetées bas à la suite d'expropriations consenties par leurs habitants.

Une seule est restée debout au milieu du terrain vague, où elle se dresse comme un donjon menaçant.

Elle est occupée par un clerc de notaire, M. D. qui, fidèle au toit de ses pères, se refuse absolument à déménager. Du haut de son balcon, il nargue les terrassiers et déclare que la force seule aura raison de sa ténacité.

Les propriétaires du futur bazar ne savent plus à quel saint se vouer, et ils ont demandé vainement, jusqu'à ce jour, à l'arsenal de nos lois des armes pour vaincre les résistances de M. D.

On s'amuse beaucoup de ce petit événement aux Batignolles.

Le Matin - 25 septembre 1897
SéparationLe mois de juillet favorise les premières ascensions aux glaciers et aux pics de l'Engadine. Aussi le Maloja-Palace, devenu le centre élégant de cette splendide nature alpestre, est-il plein de touristes accourus des points les plus opposés. Dans cet établissement modèle, la Compagnie internationale des Grands Hétels offre une hospitalité é laquelle il ne manque rien de ce qui constitue aujourd'hui le vrai confort et le bon gout.
On peut s'y installer pour un ou deux mois, sans regretter jamais le mouvement des villes.Séparation Un concierge maître chanteur

Un concierge maître chanteur.

Une curieuse histoire de chantage nous arrive de Levallois-Perret.

M. X. est plombier dans, cette, localité sa femme tient, rue Marjolin, un petit magasin de fruiterie. Elle est aidée dans son commerce par M. René L. son beau-frère.

Le 15 du présent mois, M, L. congédiait la bonne de la maison, une gamine de seize ans à peine, Marguerite B…, laquelle apportait dans son service une rare négligence. Des idées de vengeance germèrent dans l'esprit de. la petite domestique, qui s'en fut trouver rue Julie ; à Plaisance, un rusé concierge, le père Sacharis, homme d'affaires et agent de recouvrements à ses heures.

— Pendant que j'étais à son service, M. L. a abusé de moi par la violence, dit Marguerite B. au tricoche tire-cordon. S'il ne me donne pas de l'argent, je vais déposer une plainte contre lui.

— Parfaitement, mon enfant, répondit le concierge. Je me charge de la défense de vos intérêts. Si votre ancien maître ne « casque » pas, il ira à Mazas, c'est moi qui vous le dis.

Et Sacharis fit le voyage de Levallois-Pérret.

— Vous avez commis- une faute grave, dit-il à M. L. L'heure est venue de la réparer. Sinon…

Le beau-frère du fruitier ne comprit tout d'abord rien à ce préambule il fallut que le concierge-homme d’affaires lui réclamât forme une somme de six cents francs comme prix de l'outrage brutal fait à la petite bonne pour que ses yeux se dessillassent.

— Revenez demain, dit-il Sacharis.

Et Sacharis revenait le lendemain, à l'heure convenue. Mais, sur ces entrefaites, M.L. avait informé M. Boutineau, commissaire de police, de la tentative de chantage dont il était l'objet, et, sur son conseil, il avait caché deux agents dans le magasin.

Le concierge avait à peine achevé cette phrase « Six cents francs ou la cour d'assises... » que les agents le happaient et l'entraînaient au commissariat de Levallois-Perret.

L'infortuné Sacharis médite en ce moment, dans une cellule du Dépôt, sur les dangers qu'il peut y avoir, même pour un concierge à vouloir faire chanter des gens qui ne sont point musiciens.

Le Matin – 28 septembre 1897
Séparation Au sortir du théâtre.

Au sortir du théâtre.

Deux jeunes gens, les frères Édouard et Auguste Gaulin, assistaient, hier soir, au poulailler du théâtre Montmartre, à la représentation d'un drame noir dont les premiers actes avait paru les intéresser beaucoup. Après un entr’acte, quand ils voulurent regagner leurs places, les frères Gaulin les trouvèrent occupées par deux autres jeunes gens, qui refusèrent obstinément de se lever, s'appuyant sur le dicton populaire « Qui va à la chasse perd sa place ».

Il en résulta, naturellement, une altercation bruyante, qui retarda de quelques minutes le lever du rideau, à la grande fureur des autres spectateurs. Finalement, les deux quidam lurent expulsés, et les frères Gaulin purent se gargariser à l'aise des tirades frissonnantes du traître et des roucoulades indignées de la jeune fille persécutée.

Ils ne s'attendaient guère à retrouver à la sortie les deux spectateurs évincés. Ceux-ci les suivirent et se jetèrent sur eux au moment où ils venaient de s'engager dans la rue d'Orsel. Une lutte s'engagea, au cours de laquelle Édouard Gaulin fut frappé d'un coup de couteau en pleine poitrine. Il tomba, inanimé sur le trottoir, tandis que les deux agresseurs prenaient la fuite dans la direction du boulevard Rochechouart. Auguste Gaulin se mit à leur poursuite, en criant « A l'assassin Des gardiens de la paix se joignirent à lui, et, après une poursuite acharnée, les fuyardes étaient arrêtes avenue Trudaine.

Conduits devant M. Fédée, commissaire de police du quartier Clignancourt, ils ont dit se nommer Henri Lapin, âgé de dix-sept ans, et René Alier, âgé de seize ans. Ils ont été envoyés au Dépôt.

Édouard Gaulin est en traitement à l'hôpital Lariboisière; les médecins qui le soignent ne répondent point de sa vie.

Le Matin - 25 septembre 1897
Séparation UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

L'abbé en était arrivé au moment de l'élévation lorsqu'un individu, vêtu misérablement d'un veston et d'un pantalon noirs, les cheveux et la barbe incultes, les yeux sortant des orbites, ayant à la main gauche un rouleau de papier, et qui s'était tenu depuis le commencement de l'office à proximité du maître-autel, se précipita sur le prêtre en bousculant les enfants de chœur, saisit le calice et le brisa sur le marbre en criant :

— En voilà assez de ces errements

M. le chapelain Girard repoussa violemment le profanateur qui s'apprêtait à lire aux fidèles un factum composé de seize pages.

Le suisse et les enfants de chœur se saisirent de lui et l'entraînaient dehors, quand on s'aperçut que le vin consacré s'était répandu sur ses vêtements. En conformité des lois de l'Église, on emmena Thomas à la sacristie et on lui enleva son veston, qui fut purifié. Pendant que s'accomplissait cette opération, l'abbé Girard prononçait des prières de réparation et continuait sa messe en se servant d'un autre calice. L'hostie n'avait été ni brisée ni souillée et, après un court instant d'émotion, tous les fidèles avaient regagné leurs chaises. La messe se termina donc au milieu d'un recueillement profond.

Des agents furent alors mandés et appréhendèrent Thomas que des fidèles houspillèrent à sa sortie de l'église.

— Je vous en supplie, messieurs les agents, implorait celui qu'on emmenait, protégez-moi, car ils vont m'écharper.

Débarrassé de cette crainte, après avoir franchi l'enceinte de la basilique, Thomas reprit toute son assurance.

Escorté par une centaine de badauds, Thomas arriva au commissariat de M. Dupuis, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières, qui procéda aussitôt à son interrogatoire.

Monsieur le commissaire, commença emphatiquement le déséquilibré, je suis l'auteur de la nouvelle doctrine vérithodiste et intégrale, ainsi que de nombreux autres systèmes destinés à empêcher le genre humain de continuer à perpétrer d'une façon calme et sereine les errements religieux dans lesquels il patauge (sic). Ma doctrine à moi est la véritable. Elle se résume en ceci: « Aimez-vous les uns les autres dans un but de vérité.- Ennemi de l'anarchie, je, vois d'un assez bon œil la' doctrine ecclésiastique qui est assez belle, mais je suis l'ennemi déclaré de l'erreur. Je veux suivre le Code qui dit « Jurez » de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »

Et Thomas continua pendant une demi- heure à déclamer ses théories toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Le commissaire a envoyé l'aliéné à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Entre temps, on avait informé Mgr Richard, cardinal-archevêque de Paris, de ce qui s'était passé. Sur son ordre, le Parce et le Miserere ont été chantés dans la basilique, pendant l'office de trois heures, en signe de « réconciliation ».

Le calice brisé par Thomas avait été offert aux Pères oblats par un vénérable prêtre de quatre-vingt-quinze ans, M. l'abbé Cornu, qui, malgré son grand âge, vient encore de temps en temps dire sa messe au Sacré-Cœur.

Le Figaro - 2 aout 1897
Séparation L’épargne vitale

L’épargne vitale

La médecine contemporaine fait grand cas des agents d’épargne, qui infusent à nos organismes surmenés la surabondance vitale, motrice, intellectuelle et végétative rendue nécessaire par notre vie à la vapeur. Malheureusement, la plupart des agents d’épargne ont de sérieux inconvénients: ils échauffent l’intestin et l’estomac, congestionnent le rein, provoquent l’insomnie. Aussi le public a-t-il fait l’accueil le plus favorable au Vin Désiles, non seulement parce que ce vin représente un dynamophore d’une action constamment fidèle pour ceux qui ont de grandes fatigues à surmonter, mais encore parce qu’il possède une action considérable sur les échanges sanguins et qu’il retarde la dénutrition sans irriter le système nerveux, sans affaiblir l’estomac ni l’intestin.

La raison en est bien simple : au quinquina, à la coca et à la kola, dynamophores éprouvés, le Vin Désiles joint le tanin, l’iode et le phosphore, si précieux pour la trame organique et pour la régularisation nutritive.

Nos lecteurs le savent : la vie n’est qu’une lente oxydation et la santé résulte de la régularité avec laquelle cette oxydation s’opère. Or, l’action dynamique du Vin Désiles s’exerce, au total, sur l’hématose et sur la nutrition moléculaire des tissus nerveux. Son assimilation facile permet aux éléments qui le composent d’arriver aisément au contact de nos cellules et d’exercer ainsi avec une parfaite tolérance son activité curative dans les anémies, le lymphatisme, la débilité générale, les convalescences, etc.

Dr Cendre
Séparation Lasse des mauvais traitements qu --- P13

Lasse des mauvais traitements que lui infligeait son mari, Henri Gros, tonnelier, rue de Tolbiac, Mme Gros avait, il y a une dizaine de jours, quitté le domicile conjugal pour se réfugier chez des amis, en banlieue. Gros alla faire une déclaration à M. Rocher, commissaire de police, qui manda Mme Gros et réussit à amener une réconciliation.

Mais la paix ne devait pas durer longtemps. Hier soir, vers sept heures, à la suite d'une nouvelle scène, Mme Gros se jetait par la fenêtre de son logement, situé au troisième étage, et se brisait les deux cuisses. Elle a été portée à l'hôpital de la Pitié.

Le Figaro - 22 août 1897
Séparation Coup de filet policier

Coup de filet policier

Les braconniers d'eau douce donnent, depuis quelques jours, de la besogne aux agents de l'autorité.

Hier matin, deux pêcheurs montés sur un bachot jetaient l'épervier à la hauteur du quai du Louvre. Vinrent à passer un sous-brigadier de gardiens de la paix et deux de ses hommes.

— Vite ! vite ! qu'on s'en empare susurra à l'oreille de ses subordonnés le chef, que sa grandeur attachait au rivage.

Les agents sautèrent dans une barque et appuyèrent une vigoureuse chasse aux braconniers. Mais, peu experts dans l'art de manier la rame, ils furent promptement distancés. Le bachot put aborder sans aucun risque. C'est du moins ce que pensaient les contrevenants, mais ils avaient compté sans le sous-brigadier qui, du haut du quai, surveillait les péripéties de la course. Il se présenta juste à point aux braconniers quand ils sautèrent sur la berge. L'un d'eux pût s'enfuir. L'autre, se voyant pris, n'hésita pas et lança son épervier sur l'agent. Puis il détala, laissant le sous-brigadier se débattre avec fureur sous les mailles du filet. L'agent parvint toutefois à se dégager et s'élança à la poursuite de son ennemi qu'il rejoignit rue des Prêtres-Saint-Germain. A son tour, il jeta l'épervier et le braconnier, mis ainsi dans l'impossibilité de se défendre, se laissa arrêter sans résistance.

Cet homme, qui se nomme Charles Lamoignon, a été conduit au Dépôt.

Le Figaro — 29 août 1897
Séparation M

M. de Chirac nous prie d'annoncer que le deuxième spectacle du théâtre Chirac, qui se composera de: Amour et Tsigane, revue abracadabrante en trois tableaux, de la comtesse Nunez, et des Voluptueuses, comédie de moeurs en quatre actes, sera donné dans les premiers jours de février. Pour cette représentation prochaine, M. de Chirac s'est assuré le concours désintéressé d'artistes qui lui permettront de tenir ses engagements envers ses souscripteurs.

Le Figaro - 22 janvier 1897


Pastilles Poncelet
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