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Nouvelles diverses
 Le drame de l'avenue de la République -- Le Matin 15 juin

Le drame de l'avenue de la République.

Un drame de la jalousie s'est déroulé, hier, vers quatre heures dix de l'aprèsmidi, sur l'avenue de la République, en face le n° 1, à la station des tramways électriques de Romainviile. Un sieur Jean Vibert, âgé de quarante-sept ans, ouvrier plombier, demeurant 77, rue Julien-Lacroix, a tiré quatre coups de revolver sur un conducteur de tramways, Jules Herschenez, âgé de vingt-neuf ans, demeurant 37, rue Carnot, à Romainville.

Vibert, qui est marié à une femme de dix ans plus jeune que lui, avait souvent remarqué que Herschenez avait pour elle des attentions un peu trop particulières. Il lui en avait fait l'observation mais le conducteur de tramways avait répondu qu'il connaissait Mme Vibert depuis longtemps et que, s'il lui parlait parfois, c'était simplement en ami.

Le plombier prévint alors le conducteur que, s'il ne cessait pas de courtiser sa femme il lui ferait un mauvais parti. Une lettre anonyme ne tarda pas à réveiller la jalousie de Vibert, qui décida de mettre sa menace à exécution.

Il se rendait, hier, vers quatre heures, avenue de la République et faisait les cent pas devant la station. Quand la voiture que conduisait Herschenez arriva, il s'avança vers le véhicule, tira un revolver de sa poche et, profitant d'un moment où le conducteur était occupé à faire virer sa voiture sur la plaque tournante, il flt feu quatre fois de suite sur le malheureux. Vibert, désarmé, fut aussitôt conduit chez M. Daltroff, commissaire de, police, auquel il déclara ne regretter nullement son crime. Quant à la victime, elle a été transportée à l'hôpital Saint-Louis. Son état est grave.

Le Matin — 15 juin 1897
Séparation Jalousie de femme.

Jalousie de femme.

Une femme de mœurs extrêmement légères, 1res connue à Montmartre sous le simple prénom d'Andréa, et demeurant, 36, rue Pigalle, avait commis l'imprudence de répondre aux galantes avances d'un .nommé Arthur X… exerçant une profession des plus douteuses. Cet Arthur était l'amant d'une autre femme de Montmartre, extrêmement répandue dans les sous-sols plus ou moins artistiques du quartier et qui répondait, au surnom de la Bordelaise.

La Bordelaise en question ne tarda pas à apprendre que son cher Arthur — un Arthur professionnel, -dit-on — s'était abandonné aux tendresses de l'Andréa de la rue Pigalle. La redoutable Bordelaise jura de se venger de sa rivale.

Hier soit, vers onze heures et demie, la noble dame de Bordeaux rencontrait La volage Andréa au coin de la rue Pigalle et de la rue La Rochefoucauld.

— Tu m'as pris mon amant !

— Non !

— Si. Tu vas me le payer.

Et, sur ces mots, la Bordelaise s'arma d'un couteau et en larda littéralement sa rivale.

Andréa tomba, la poitrine transpercée. Des passants mirent fin à cette scène tragique en désarmant la Bordelaise, qui fut conduite au .poste de police voisin.

Andréa été transportée à l'hôpital Lariboisière dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin – 24 juin 1897

Séparation L'affaire du lac Saint-Fargeau

L'affaire du lac Saint-Fargeau.

Le cadavre d'un individu paraissant âgé d'une cinquantaine d'années était découvert, hier après midi, au milieu de hautes herbes, dans un terrain vague situé 68, avenue Gambetta, au coin de la rue Pelleport. Le défunt était couvert de sang ; il portait au sein gauche une large blessure faite par un instrument tranchant. De l'avis des médecins, la victime avait dû succomber à une hémorragie, car la blessure, quoique intéressant le poumon gauche, n'était pas mortelle.

M, Pélatan, commissaire de police du quartier Saint-Fargeau, vint procéder à une enquête et fit fouiller le cadavre, sur lequel on trouva des papiers au nom de Jean- Baptiste-Émile Thiéry, âgé de cinquante sans, journalier, sans domicile. On apprit peu après que cet individu était recherché par la police pour avoir tenté d'assassiner sa maîtresse, la fille Barré, à laquelle il avait porté plusieurs coups de hachette sur la: tête, il y a un mois.

Le cadavre fut transporté à la Morgue et examiné à nouveau. On constata, dans la blessure, des tampons de .papier. On suppose qu'au cours de sa longue agonie le malheureux a essayé d'arrêter lui-même le sang qui s'échappait à flots en obturant l'orifice de la plaie avec des fragments de journal roulés en boule.

M. Cochefert, chef de la sûreté, prévenu par le parquet, se rendit avenue Gambetta et assista M. Pélatan dans ses investigations.

Il constata tout d'abord qu'une planche de la clôture .du terrain vague avait dû être arrachée et qu'elle avait ensuite été reclouée, de l'extérieur. Des maçons travaillant à une maison en construction contigüe au terrain donnèrent au magistrat l'explication du mystère en racontant qu'ils sortaient tous les jours par le numéro 68 de l'avenue Gambetta et remettaient en place la planche qui leur livrait passage.

Thiéry avait donc pénétré dans le terrain avant la sortie des ouvriers.

La déposition d'un locataire du n° 103 de la rue des Partants, située près de là, permit ensuite de connaître la vérité.

Voici ce qui s'était passé :

Thiéry avait rencontré, avenue Gambetta, un sieur Henri Gounellieux, cordonnier, âgé de trente-sept ans, qui rentrait chez lui, 103, rue des Partants, en compagnie d'une fille Thiéry, portant le même nom que la victime. Cette fille Thiéry avait été la maîtresse d'un sieur Roche, frère utérin de la fille Barré, ancienne maîtresse d'Émile Thiéry.

Émile Thiéry accompagna le couple rue des Partants et, là, demanda à Gounellieux de lui prêter un tranchet pour lui permettre de tuer la fille Barré, qui, d'après lui, l'avait dénoncé. Le cordonnier refusa. Les deux hommes burent-de l'absinthe, et, vers trois heures de l'après-midi, à la suite d'une discussion ayant encore trait à la fille Barré, Gounellieux reçut un coup de poing de Thiéry. Le cordonnier saisit alors le tranchet qu'il avait sur lui et sa frappa son adversaire.

Thièry, grièvement blessé, se réfugia dans le terrain vague où il expira quelques heures plus tard.

Gounellieux et la fille Thiéry ont été arrêtés et envoyés au Dépôt.

Le Matin – 16 juin 1897
Séparation Les voleurs de grands magasins

Les voleurs de grands magasins

Un sieur Lucien Léraud, âgé de trente ans, dont l'unique profession était de pratiquer des vols dans les grands magasins, a été arrêté, hier, sur la dénonciation d'une jeune femme avec laquelle il vivait et qui était chargée de vendre le produit de ses vols. Léraud avait connu naguère Émilie Bolard et l'avait installée dans ses meubles, dans le quartier de l'IIe-Saint-Louis; mais, un beau jour, il s'était lassé de la vie commune et était parti pour ne plus revenir.

Depuis, la jeune fille abandonnée s'était mise à sa recherche. Elle le rencontrait, hier matin, rue de Rivoli, et le mettait en demeure de réintégrer son domicile.

Comme Léraud s'y refusait :

— Tu l'auras voulu Tant pis ! puisque je serai vengée.

Et elle appela deux gardiens de la paix et leur dit :

— Arrêtez-nous, nous sommes des voleurs !

Au commissariat du quartier de l'Arsenal, elle a énuméré tous les vols commis par Léraud.

Le Gaulois — 30 septembre 1897
SéparationA Spa l'affluence est énorme. La fameuse ville d'eaux belge, remise décidément à la mode, traverse une période de prospérité inouïe. Tout le littoral mondain est à Spa, et l'on retrouve dans les salons du Casino les clubmen les plus en vue et les plus jolies Parisiennes.Séparation La folie

La folie

Il y avait foule, hier matin, dans le square du Roule, autour d'une jeune femme qui, montée sur une échelle accrochée à un candélabre à gaz, haranguait les personnes qui se pressaient au pied de cette tribune improvisée.

Son speech terminé, et quel speech ! la jeune femme entonna l'Hymne russe d'abord, la Marseillaise ensuite.

— Maintenant, peuple de France et de Navarre, s'écria-t-elle, vous allez voir apparaître la Vérité.

Et rapidement elle se dévêtit, jetant jupes et corsage parmi les spectateurs que cette scène peu banale amusait fort. La chemise allait suivre le reste des vêtements quand un gardien de la paix arriva juste à temps pour empêcher le dernier voile de tomber. Mais, quand l'agent voulut faire rhabiller la pauvre folle, on ne trouva plus ses vêtements. Des gamins les avaient emportés. C'est donc en fiacre qu'on dut la conduire au poste le plus proche.

Cette malheureuse, qui se nomme Marie L. et demeure rue des Pyrénées, a été dirigée sur l'infirmerie spéciale du Dépôt.

*
*          *

La veille, au soir, une dame veuve Pinel, arrivant de Saumur où elle venait d'assister au mariage de sa fille, a été subitement prise sur le quai de la gare Montparnasse d'un épouvantable accès de démence. Elle s'est jetée sur des employés de la Compagnie qui ont eu beaucoup de peine à la maîtriser. Elle a été également transportée à l'infirmerie du Dépôt.

Le Figaro — 22 septembre 1897
Séparation La désespérance d'un poète.

La désespérance d'un poète.

Le boulevard des Capucines retentissait, dans la nuit d'hier, des vifs éclats de voix d'un jeune homme paraissant âgé d'une vingtaine d'années. Traversant la chaussée, changeant constamment de trottoir, ses paroles incohérentes eurent vite fait d'attirer l'attention de deux gardiens de la paix de service à cet endroit. S'étant approchés, ils crurent tout d'abord avoir affaire à un joyeux noctambule, quand, tout à coup, celui-ci,- fondant en larmes, poussa ces exclamations:

— Non, c'est trop souffrir ! La désespérance s'est emparée de moi. Je suis irrémédiablement perdu !

Puis, brusquement, passant à un autre ordre d'idées, il se mit à chanter le Biniou, s’accompagnant sur une guitare imaginaire

 

Les douleurs sont des folles,

Et qui les écoute est encore plus fou…

 

Un des agents s'approcha alors :

— Venez, dit-il au pauvre fou nous allons vous mener au temple de l'or. Là, vous trouverez des richesses innombrables et le secret du vrai bonheur.

— Puissiez-vous dire la vérité ! fit le jeune homme, qui n'hésita pas à suivre ses nouvelles connaissances.

Arrivé au poste de police de la rue de Provence, il se jeta à genoux pour réciter une prière avec ferveur, puis il se mit à pleurer à nouveau, cependant qu'on l'interrogeait sur son domicile et son identité.

Ne pouvant obtenir de lui que des sons inarticulés, M. Guénin, commissaire de police, prit le parti-de le fouiller. On trouva sur lui une enveloppe au nom de Jules Morand, demeurant 4, rue de Belleville. Une mélodie signée de lui et ayant pour titre Regrets et Souffrances, était transcrite sur un petit calepin. Nous en ferons grâce à nos lecteurs.

M. Guénin a fait conduire Jules Morand à l'infirmerie spéciale du Dépôt afin qu'il y soit examiné.

Le Matin - 25 septembre 1897
Séparation Un grand entrepreneur de travaux

Un grand entrepreneur de travaux publics du quinzième arrondissement était victime, depuis plusieurs mois, de vols dont se rendaient coupables quelques-uns de ses charretiers qui, détournant des marchandises qu'ils étaient chargés de transporter, les revendaient à des tâcherons Un employé de l'entrepreneur, nommé Firmin Perrot, s'en étant aperçu, signala le fait à son patron. Celui-ci ne voulut pas porte plainte; il se contenta de prendre des mesures pour empêcher désormais lés détournements signalés.
Mais les charretiers apprirent que Perrot les avait dénoncés et ils jurèrent de se venger. Trop lâches pour le faire eux-mêmes, ils confièrent le soin de leur vengeance à des charretiers travaillant chez d'autres entrepreneurs. Ceux-ci, non moins lâches, se mirent à. cinq pour tomber sur le malheureux employé, au moment où il passait rue Péclet, une rue presque toujours déserte. Le pauvre garçon fut mis en piteux état par ces misérables qui s'enfuirent comme une volée d'urubus quand arrivèrent les agents, attirés par les appels de la victime. C'est dans un état très grave que le blessé a été transporté chez lui, rue de Vaugirard.
La police est à la recherche des cinq agresseurs, qui ne tarderont pas à être arrêtés.

Le Figaro - 3 août 1897

Séparation LES AFFECTIONS RHUMATISMALES

LES AFFECTIONS RHUMATISMALES - Gaulois 15/1297

Les états rhumatismaux se réveillent pendant la saison d'automne,- ainsi que les maux de tête, migraines et névralgies faciales. Dans ces cas, il faut se méfier comme traitements des remèdes violents et trop prompts a agir. Il est rare que ces méthodes soient exemptes de tout effet secondaire.

Mieux vaut tonifier l'ensemble de la constitution, pour la mettre indirectement à l'abri des désordres nerveux. Le Vin Désiles, composé des meilleurs agents reconstituants du liquide sanguin, calme le système nerveux en enrichissant le taux globulaire. Dénué de tout danger, il obtient des succès éclatants dans les affections les plus réfractaires aux agents antinerveux ou antirhumatismaux les plus vantés.

L'action du Vin Désiles est essentiellement lente et progressive, mais elle n'est, par contre, jamais fugitive ni temporaire, comme celle des antispasmodiques. Il suffit de le prendre régulièrement, aux repas, pour trouver en lui un remède efficace contre toutes les lésions nerveuses d'origine arthritique.

Le Vin Désiles jouit d'un pouvoir de pénétration fort remarquable dans l'assimilation générale. Il peut être administré pendant très longtemps sans aucun inconvénient. C'est ce qui nous permet de le recommander contre les pesanteurs d'estomac et les malaises d'intestin, si fréquemment constatés chez les goutteux anciens et chez les rhumatisants.

Dr Sandreau
Séparation UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

L'abbé en était arrivé au moment de l'élévation lorsqu'un individu, vêtu misérablement d'un veston et d'un pantalon noirs, les cheveux et la barbe incultes, les yeux sortant des orbites, ayant à la main gauche un rouleau de papier, et qui s'était tenu depuis le commencement de l'office à proximité du maître-autel, se précipita sur le prêtre en bousculant les enfants de chœur, saisit le calice et le brisa sur le marbre en criant :

— En voilà assez de ces errements

M. le chapelain Girard repoussa violemment le profanateur qui s'apprêtait à lire aux fidèles un factum composé de seize pages.

Le suisse et les enfants de chœur se saisirent de lui et l'entraînaient dehors, quand on s'aperçut que le vin consacré s'était répandu sur ses vêtements. En conformité des lois de l'Église, on emmena Thomas à la sacristie et on lui enleva son veston, qui fut purifié. Pendant que s'accomplissait cette opération, l'abbé Girard prononçait des prières de réparation et continuait sa messe en se servant d'un autre calice. L'hostie n'avait été ni brisée ni souillée et, après un court instant d'émotion, tous les fidèles avaient regagné leurs chaises. La messe se termina donc au milieu d'un recueillement profond.

Des agents furent alors mandés et appréhendèrent Thomas que des fidèles houspillèrent à sa sortie de l'église.

— Je vous en supplie, messieurs les agents, implorait celui qu'on emmenait, protégez-moi, car ils vont m'écharper.

Débarrassé de cette crainte, après avoir franchi l'enceinte de la basilique, Thomas reprit toute son assurance.

Escorté par une centaine de badauds, Thomas arriva au commissariat de M. Dupuis, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières, qui procéda aussitôt à son interrogatoire.

Monsieur le commissaire, commença emphatiquement le déséquilibré, je suis l'auteur de la nouvelle doctrine vérithodiste et intégrale, ainsi que de nombreux autres systèmes destinés à empêcher le genre humain de continuer à perpétrer d'une façon calme et sereine les errements religieux dans lesquels il patauge (sic). Ma doctrine à moi est la véritable. Elle se résume en ceci: « Aimez-vous les uns les autres dans un but de vérité.- Ennemi de l'anarchie, je, vois d'un assez bon œil la' doctrine ecclésiastique qui est assez belle, mais je suis l'ennemi déclaré de l'erreur. Je veux suivre le Code qui dit « Jurez » de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »

Et Thomas continua pendant une demi- heure à déclamer ses théories toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Le commissaire a envoyé l'aliéné à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Entre temps, on avait informé Mgr Richard, cardinal-archevêque de Paris, de ce qui s'était passé. Sur son ordre, le Parce et le Miserere ont été chantés dans la basilique, pendant l'office de trois heures, en signe de « réconciliation ».

Le calice brisé par Thomas avait été offert aux Pères oblats par un vénérable prêtre de quatre-vingt-quinze ans, M. l'abbé Cornu, qui, malgré son grand âge, vient encore de temps en temps dire sa messe au Sacré-Cœur.

Le Figaro - 2 aout 1897
Séparation Courageux militaire

Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

— Il doit y avoir quelqu'un chez vous, dit-il à la bonne, allez donc voir.

Celle-ci monta et se trouva en présence d'un cambrioleur très occupé à fouiller ses tiroirs.

— Au voleur au voleur cria-t-elle. Tais-toi ! ou je te tue menaça le malfaiteur qui, d'un coup de poing en plein visage, envoya rouler la pauvre fille dans un coin de la pièce.

Aux cris de sa servante, le capitaine accourut. Il ne put barrer le chemin au cambrioleur qui, le bousculant, descendit deux étages en courant. Mais, là, la retraite lui était barrée. Plusieurs locataires arrivaient. La fenêtre donnant du carré sur la cour était ouverte. Le bandit s'élança et, avec une agilité d'acrobate, il descendit jusqu'au premier étage, en s'aidant du tuyau de descente des eaux. Avant d'atteindre l'entresol, ses forces le trahirent et il tomba lourdement sur les dalles de la cour. Quand on arriva auprès de lui, il se plaignait de vives douleurs internes.

On l'a transporté à Lariboisière. Il a refusé de faire connaître son nom et son adresse.

Le Figaro — 29 août 1897
Séparation Odéon - Sarcey

Petit incident, hier, à l'Odéon. M. Francisque Sarcey y faisait une conférence sur l'Heureux Naufrage, de Plaute, lorsqu'au moment où il venait de finir une période sur ces mots appétissants « Est-ce assez fait, la scène que je viens de vous raconter ? Est-ce chic, un premier acte comme celui-là ? » des coups de sifflet se sont fait entendre. Ils partaient des galeries supérieures et du parterre, et une grande partie de la salle se leva pour protester et réclamer l'expulsion des interrupteurs. Au milieu du tapage, on percevait des apostrophes comme celle-ci, adressées au conférencier « Chantez-nous donc l'Aveugle de Bagnolet » etc. Les gardes municipaux durent intervenir pour rétablir l'ordre, et ils firent sortir du parterre l'un des interrupteurs les plus ardents, qui était le dessinateur bien connu, M. Ibels.
L'ordre revenu, M. Sarcey, qui s'était montré très calme sous l'orage, se bornant à dire « Si vous croyez avoir de l'esprit, vous vous trompez », continua sa conférence qui s'acheva, au bout d'une heure dix, dans une chaude ovation.
Il paraît que ce petit scandale est la revanche des admirateurs de M. Becque qui avait été également sifflé par les « philistins », il y a quinze jours.

Fig. 8/01/97


Pastilles Poncelet
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