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Nouvelles diverses
 Jetée dans le fossé

Jetée dans le fossé

Des gardiens de la paix ont trouvé, hier matin, à quatre heures, dans le fossé des fortifications, en face de la rue du Château-des Rentiers, une femme Augustine Jourdan, âgée de trente-huit ans, demeurant avenue d'Italie. Cette femme a dit, d'abord, aux agents qu'elle avait fait une chute accidentelle puis, se ravisant, elle a déclaré qu'elle avait été précipitée dans le fossé par deux hommes et une femme parce qu'elle avait refusé de leur donner l'argent qu'elle avait sur elle.

La femme Jourdan qui se plaignait de vives douleurs internes a été conduite à l'hôpital Cochin.

Le Figaro - 19 juin 1897
Séparation Jalousie de femme.

Jalousie de femme.

Une femme de mœurs extrêmement légères, 1res connue à Montmartre sous le simple prénom d'Andréa, et demeurant, 36, rue Pigalle, avait commis l'imprudence de répondre aux galantes avances d'un .nommé Arthur X… exerçant une profession des plus douteuses. Cet Arthur était l'amant d'une autre femme de Montmartre, extrêmement répandue dans les sous-sols plus ou moins artistiques du quartier et qui répondait, au surnom de la Bordelaise.

La Bordelaise en question ne tarda pas à apprendre que son cher Arthur — un Arthur professionnel, -dit-on — s'était abandonné aux tendresses de l'Andréa de la rue Pigalle. La redoutable Bordelaise jura de se venger de sa rivale.

Hier soit, vers onze heures et demie, la noble dame de Bordeaux rencontrait La volage Andréa au coin de la rue Pigalle et de la rue La Rochefoucauld.

— Tu m'as pris mon amant !

— Non !

— Si. Tu vas me le payer.

Et, sur ces mots, la Bordelaise s'arma d'un couteau et en larda littéralement sa rivale.

Andréa tomba, la poitrine transpercée. Des passants mirent fin à cette scène tragique en désarmant la Bordelaise, qui fut conduite au .poste de police voisin.

Andréa été transportée à l'hôpital Lariboisière dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin – 24 juin 1897

Séparation MARIAGES DE FORÇATS

MARIAGES DE FORÇATS

Tout récemment la Cour d'assises de la Seine condamnait des malfaiteurs composant la bande a-des Sacristains », les uns à la prison, les autres aux travaux forcés.

Deux des condamnés de cette dernière catégorie, Cachet et Steinlen, avaient sollicité et obtenu l'autorisation d'épouser leurs maitresses, avant d'être embarqués pour la Nouvelle-Calédonie. Cette double union a eu lieu, samedi dernier, à la mairie du onzième arrondissement.

La cérémonie terminée, les mariés et leurs témoins ont été conduits dans une des petites salles de la mairie où ils sont, restés quelques instants. Puis les nouveaux époux ont été réintégrés dans .leurs cellules respectives. Mmes Gachet et Steinlen iront plus tard rejoindre leurs maris à Nouméa, lorsque ceux-ci auront donné à l'administration des gages certains de leur bonne conduite.

Le Figaro - 1er juin 1897
Séparation Le coup du placard

Le coup du placard

M. Émile G. âgé de cinquante et un ans, petit commerçant du dix-septième arrondissement, revenait avant-hier soir, vers-huit heures, de Saint-Maur-les-Fossés, par le chemin de fer de Vincennes.

Dans le train, il lia connaissance avec une jeune femme qui lui déclara se nommer Victoire Chauvin, âgée de vingt-sept ans, femme d'un employé de chemin de fer, demeurant rue de Charenton.

En arrivant à Paris, elle accepta le diner que lui offrit le commerçant. Durant le repas, elle lui raconta qu'elle avait été mariée contre gré et avait reçu une excellente éducation, mais que des revers de fortune ̃l’avaient obligée à épouser M. Chauvin, modeste employé, très brutal et excessivement jaloux.

Le commerçant, à qui elle était fort sympathique, proposa à la jeune femme de l'accompagner chez elle.

— Je veux bien, répondit-elle après s'être fait prier longtemps ; mais j'ai toujours peur de voir rentrer mon mari, bien que je sache qu'il doit partir ce soir pour accompagner un train.

Il était environ onze heures et demie lorsque le couple arriva rue de Charenton.

— C'est là que je demeure, dit la femme. Attendez-moi, je vais d'abord rentrer seule pour m'assurer que mon mari n'est plus là ; je reviendrai vous chercher.

Quelques instants plus tard, en effet, la soi-disant Mme Chauvin venait prendre M. G. qu'elle introduisait chez elle.

Tout à coup, on heurta à la porte. La jeune femme, visiblement troublée, dit :

— C'est mon mari, cachez-vous dans ce placard, ou nous sommes perdus.

Le commerçant suivit ce conseil, laissant dans la chambre son paletot et son gilet. Il perçut bientôt une voix d'homme qui déclarait avoir oublié quelque chose, puis tout rentra dans le silence, et la jeune femme vint le délivrer. Mais elle le supplia de s'en aller sur-le-champ, lui promettant de le revoir bientôt.

M. G. plus mort que vif, accéda à ce désir. Une fois dans la rue, il constata que son porte-monnaie contenant une centaine de francs, sa chaîne et sa montre avaient disparu.

Comprenant qu'il avait été victime d'un guet-apens, il alla faire sa déposition au poste.

Le lendemain matin, M. Labussière, commissaire de police, a mis la voleuse et son complice en état d'arrestation. Ce sont les nommés Victoire Chaumat, ex-institutrice, et Ernest Handly, un déclassé sans profession, âgé de trente-deux ans, ayant subi déjà plusieurs condamnations.

Le Figaro — 2 septembre 1897
SéparationBiarritz. Toujours très brillante, la saison à Biarritz. Les fêtes dans les villas, les diners, les bals se succèdent sans interruption. De plus, on parle beaucoup d'un court séjour que ferait le Roi de Siam dans cette délicieuse station.Séparation La folie

La folie

Il y avait foule, hier matin, dans le square du Roule, autour d'une jeune femme qui, montée sur une échelle accrochée à un candélabre à gaz, haranguait les personnes qui se pressaient au pied de cette tribune improvisée.

Son speech terminé, et quel speech ! la jeune femme entonna l'Hymne russe d'abord, la Marseillaise ensuite.

— Maintenant, peuple de France et de Navarre, s'écria-t-elle, vous allez voir apparaître la Vérité.

Et rapidement elle se dévêtit, jetant jupes et corsage parmi les spectateurs que cette scène peu banale amusait fort. La chemise allait suivre le reste des vêtements quand un gardien de la paix arriva juste à temps pour empêcher le dernier voile de tomber. Mais, quand l'agent voulut faire rhabiller la pauvre folle, on ne trouva plus ses vêtements. Des gamins les avaient emportés. C'est donc en fiacre qu'on dut la conduire au poste le plus proche.

Cette malheureuse, qui se nomme Marie L. et demeure rue des Pyrénées, a été dirigée sur l'infirmerie spéciale du Dépôt.

*
*          *

La veille, au soir, une dame veuve Pinel, arrivant de Saumur où elle venait d'assister au mariage de sa fille, a été subitement prise sur le quai de la gare Montparnasse d'un épouvantable accès de démence. Elle s'est jetée sur des employés de la Compagnie qui ont eu beaucoup de peine à la maîtriser. Elle a été également transportée à l'infirmerie du Dépôt.

Le Figaro — 22 septembre 1897
Séparation Drame de la jalousie

Drame de la jalousie.

Nous en demandons bien pardon à nos lecteurs, mais il s'appelait Cochon, Alfred Cochon, par un o et habitait au n° 14 de la rue Poliveau.

Le susdit Alfred Cochon manifestait de très tendres sentiments pour une jeune femme du nom de Céline Verrier qui ne répondait à sa flamme persistante que par des feux intermittents. Quand Céline n'était pas dans-les bras d’Alfred ; elle se trouvait dans ceux d'autres adorateurs, car il fallait toujours qu'elle fût dans les bras de quelqu'un.

Cependant, dimanche soir, Céline. Verrier avait consenti à suivre Alfred Cochon ; elle le suivit même si loin que, vers minuit, tous deux entraient l'hôtel meublé situé au n° 30 de la rue Laferrière. On présenta aux nouveaux locataires le bulletin traditionnel, qu'Alfred remplit incontinent.

« M. et Mme Cochon » écrivit-il. La patronne eut un léger sourire, et donna aux jeunes gens une chambre confortable située au troisième étage.

Une heure de silence.

Brusquement trois détonations d’arme à feu mettaient sens dessus, dessous tout le personnel et tous les locataires de l'hôtel. On grimpa au troisième étage, où les coups de revolver s'étaient, fait entendre ; l’on perçut des râles travers la porte de la Chambre où Alfred Cochon avait abrité ses amours et l'on pensa qu'un drame sanglant venait de s'accomplir là.

L'hôtelier enfonça la porte d'un coup d'épaule, et il se trouva bientôt face à face avec le farouche Cochon, qui tenait à la main un revolver encore fumant. A ses pieds, Céline Verrier gémissait. La pauvre fille avait reçu un projectile dans l'œil gauche, une seconde balle lui avait traversé le bras.

Dans le brouhaha provoqué par l'évènement, le meurtrier avait trouvé moyen de se glisser dans l'escalier et de gagner la rue.

Après avoir reçu des soins dans une pharmacie de la rue Notre-Dame-de-Lorette, Céline Verrier fut envoyée à l'hôpital Lariboisière, où il fut constaté que l'œil gauche était crevé.

M. Cornette, commissaire de police du quartier Saint-Georges, a interrogé très sommairement la victime de ce drame.

L'infortunée jeune fille a déclaré, qu'Alfred Cochon avait tiré sur elle à la suite d'une scène de jalousie.

Le signalement du meurtrier a été transmis au service de sûreté. Il paraît que les mœurs particulières que professe cet individu justifient triplement le nom qu'il porte.

Le Matin – 28 septembre 1897
Séparation Désespoir d'artiste

Désespoir d'artiste.

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland, descendant d'une ancienne famille française que la révocation de l'édit. de Nantes obligea à se réfugier en Autriche.

M. Jules Moland était venu à Paris, il y a environ deux ans, pour s'initier à l'art français ; il s'était installé dans un appartement luxueux, trop même, au n° 14 de la rue Gaillon.

Après avoir fréquenté le Louvre pendant plusieurs mois et étudié les maîtres des écoles picturales anciennes et modernes, il s'était jugé suffisamment sûr de lui-même pour produire à son tour une œuvre qui le «lasserait parmi les jeunes peintres actuels dont les noms reviennent le plus souvent sous la plume laudative des critiques d'art. Il se mit courageusement à la tâche, travailla d'arrache-pied des journées entières ; mais, hélas le soir venu, il était obligé de reconnaître que la couleur jetée fébrilement sur la toile était loin de réaliser l'œuvre qu'il portait en son cerveau.

Vingt fois il recommença son tableau et vingt fois il en arriva, à la pénible constatation de son impuissance. Cependant, son dernier effort ne lui avait pas paru être stérile. Pour se convaincre que cette fois, il en était arrivé à quelque chose d'exposable, il s'absenta pondant trois jours et revint devant son œuvre, pensant que l'éloignement lui permettrait de la juger non pas en artiste, mais en critique, « avec les yeux d'un autre », comme disent les peintres. Il trouva son tableau abominable, faux de tons et d'un dessin tout à fait enfantin. Alors une grande désespérance l'envahit, et, se voyant dans l'impossibilité de réaliser matériellement son œuvre idéale, il prit le parti de se donner la mort. M. Jules Moland s'étendit sur son lit, après avoir sabré à grands coups de pinceau son humiliant tableau, et il se tira une balle du revolver dans la tête. Le projectile dévia légèrement et ne lui lit pas la blessure mortelle souhaitée.

L'instinct de la conservation se manifesta- bientôt, et le jeune peintre, la tête ensanglantée, parut à la fenêtre, poussant des appels au secours. La concierge, des voisins, des passants montèrent à son appartement. Ils le trouveront assis dans un fauteuil, non loin de sa toile, affreusement barbouillée. Des soins lui furent prodigués sur place ; puis M. Jules Moland fut transporté à l'hôpital Saint-Louis.

L'état du malheureux, artiste été jugé si grave qu'on ne croit pas qu'il puisse survivre à sa blessure. L'extraction de la balle a été jugée impossible.

M. Péchard, commissaire de police du quartier Gaillon, a informé par dépêche la famille de M. Jules Moland de la tentative désespérée de cet infortuné jeune homme.

Le Matin — 26 août 1897
Séparation DOULEURS ET NÉVRALGIES

DOULEURS ET NÉVRALGIES

Il n'est pas d'affection plus rebelle et plus douloureuse que la névralgie il n'en est pas de plus répandue à l'heure qu'il est, étant donnée la diffusion toujours croissante de l'anémie et de l'arthritisme, causes primordiales des névralgies.
Il n'est pas de médicament unique contre ces affections. On ne réussit à les guérir que par un ensemble de médications. Le groupement connu partout aujourd'hui sous le nom de vin Désiles (quinquina, kola, coca, iode, phosphore, etc.) correspond précisément à la lutte rationnelle contre les affections nerveuses en général. Stimulant et régulateur de l'innervation, le vin Désiles répare les désordres de l'arthritisme, enrichit le sang, augmente la tonicité musculaire et supprime les spasmes douloureux.

Dr Alèque.

Séparation Accident de pêche

Accident de pêche

Deux habitants de Paris, MM. Célestin Araudel, bijoutier, rue Tiquetonne, et JosephClerc, employé au Crédit lyonnais, s'étaient rendus, avant-hier, à Villeneuve-Saint-Georges pour se livrer aux douceurs de la pêche a la ligne. Ils se trouvaient dans un bachot, vers deux heures de l'après-midi, en face du hameau des Chalets, lorsqu'ils virent arriver dans leur direction le bateau parisien n° 32, faisant le trajet de Paris à Corbeil.

C'est en vain que les deux pêcheurs, peu expérimentés dans l'art de manœuvrer une embarcation, cherchèrent à éviter le bateau à vapeur. Leur barque fut coupée en deux et les deux hommes furent précipités dans la Seine.

Grâce au courageux dévouement de deux passagers du bateau parisien, MM. Raguin et Sandoz, M. Araudel put être sauvé. Son compagnon, Clerc, fut moins heureux et ce n'est qu'après trois heures de recherches qu'on a retrouvé son cadavre.

Une enquête a été aussitôt ouverte pour établir à qui incombe la responsabilité de ce déplorable accident.

Le Figaro — 31 août 1897
Séparation Le suicide impossible

Le suicide impossible

Une jeune femme, Mlle Marie-Louise P..., demeurant rue de La Rochefoucauld, apprenait avec désespoir ces jours-ci le mariage de son ami, M. Alfred M...

— Tu m’abandonnes, lui écrivait-elle, le soir même. Je ne me sens plus le courage de vivre. Poison ou revolver, demain je serai morte.

M. M…, en recevant cette lettre, courut chez la jeune femme et eut avec elle une dernière entrevue au cours de laquelle il réussit à substituer des car touches à blanc à celles dont le revolver de Mlle P... était chargé.

Il alla ensuite chez le pharmacien de la désespérée et le pria de ne lui délivrer aucun médicament dangereux.

Or, hier, Mlle P.... se rendait chez le pharmacien et lui demandait du chlorhydrate de morphine. On lui remit une fiole contenant de l’eau distillée. Mlle P... l’avala en toute confiance, mais, rentrée chez elle, voyant que cela ne lui faisait aucun effet, elle se tira deux coups de revolver à la tète.

On juge de son étonnement en constatant qu’elle n’était pas blessée. Une heure après, M. Cornette, commissaire de police, qui avait été prévenu de ses essais de suicide obtenait la promesse qu’elle ne recommencerait plus ses dangereuses tentatives.

Le Gaulois — 18 août 1897
Séparation question des chapeaux au théâtre

Toujours la question des chapeaux au théâtre
M. Jules Claretie vient de recevoir des abonnés et spectateurs des loges une protestation contre les chapeaux arborés au balcon par les spectatrices.
Du fond des loges on entrevoit la scène et l'on voit des chapeaux énormes. Il serait logique que les dames ne fussent reçues au balcon que comme elles le sont à l'orchestre sans chapeaux.
On ne dit pas que les puissances s'occupent encore de la question, mais elle est posée.

Le Figaro - 27/02/97


Pastilles Poncelet
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