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Nouvelles diverses
 On n'est pas plus naïf !

On n'est pas plus naïf !

Les époux G. concierges rue Lafayette, recevaient, il y a quelques jours, la visite d'un individu qui leur dit qu'ayant appris qu'ils allaient se retirer la carapagne, il venait leur proposer d'élever un enfant naturel.

— Vous serez très largement rémunérés, ajouta cet homme, et, pour que vous n'ayez aucune crainte à ce sujet, je vous remets une somme de 20,000 francs, représentée par des titres que voici.

Et il étala rapidement sous les yeux des époux G. une liasse de titres de premier ordre, assura-t-il.

— C'est pour vous une bonne fortune et vous me devez bien quelque chose. Donnez-moi 1,000 francs pour ma commission et demain je vous amènerai l'enfant, fit-il, en leur remettant les valeurs.

Les braves concierges, tout heureux de cette bonne aubaine, s'exécutèrent, se confondant en remerciements. Mais hier, ne voyant arriver ni l'homme ni l'enfant, ils pensèrent qu’ils avaient été la dupe d'un escroc. Ils ne s'étaient pas trompés. Les titres n'avaient aucune espèce de valeur.

Le Figaro — 12 juin 1897
Séparation Jalousie de femme.

Jalousie de femme.

Une femme de mœurs extrêmement légères, 1res connue à Montmartre sous le simple prénom d'Andréa, et demeurant, 36, rue Pigalle, avait commis l'imprudence de répondre aux galantes avances d'un .nommé Arthur X… exerçant une profession des plus douteuses. Cet Arthur était l'amant d'une autre femme de Montmartre, extrêmement répandue dans les sous-sols plus ou moins artistiques du quartier et qui répondait, au surnom de la Bordelaise.

La Bordelaise en question ne tarda pas à apprendre que son cher Arthur — un Arthur professionnel, -dit-on — s'était abandonné aux tendresses de l'Andréa de la rue Pigalle. La redoutable Bordelaise jura de se venger de sa rivale.

Hier soit, vers onze heures et demie, la noble dame de Bordeaux rencontrait La volage Andréa au coin de la rue Pigalle et de la rue La Rochefoucauld.

— Tu m'as pris mon amant !

— Non !

— Si. Tu vas me le payer.

Et, sur ces mots, la Bordelaise s'arma d'un couteau et en larda littéralement sa rivale.

Andréa tomba, la poitrine transpercée. Des passants mirent fin à cette scène tragique en désarmant la Bordelaise, qui fut conduite au .poste de police voisin.

Andréa été transportée à l'hôpital Lariboisière dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin – 24 juin 1897

Séparation Jetée dans le fossé

Jetée dans le fossé

Des gardiens de la paix ont trouvé, hier matin, à quatre heures, dans le fossé des fortifications, en face de la rue du Château-des Rentiers, une femme Augustine Jourdan, âgée de trente-huit ans, demeurant avenue d'Italie. Cette femme a dit, d'abord, aux agents qu'elle avait fait une chute accidentelle puis, se ravisant, elle a déclaré qu'elle avait été précipitée dans le fossé par deux hommes et une femme parce qu'elle avait refusé de leur donner l'argent qu'elle avait sur elle.

La femme Jourdan qui se plaignait de vives douleurs internes a été conduite à l'hôpital Cochin.

Le Figaro - 19 juin 1897
Séparation Un escroc

Un escroc

Nous avons tout récemment raconté plusieurs prouesses d'un jeune homme qui, se donnant comme le neveu de Son Em. le Cardinal-Archevêque de Paris avait réussi à exploiter, dans de larges proportions, la bonne foi de nombre de fidèles, de dames pieuses surtout.

Cet escroc vient encore de faire parler de lui.

Locataire d'une dame B. qui tient une maison meublée rue Geoffroy-Saint-Hilaire, il réussit à capter sa confiance. Il lui raconta qu'il était momentanément en désaccord avec son oncle le Cardinal, à propos d'un héritage assez important qui lui était échu au mois de juillet dernier. Mais il ajouta que des amis communs s'occupaient d'arranger l'affaire et qu'il venait d'être avisé d'une prochaine réconciliation. Enfin, il enjôla si bien la naïve hôtelière que celle-ci consentit à lui avancer 2,000 fr. sur son futur héritage. Une heure plus tard, l'éhonté filou avait quitté la maison pour n'y plus revenir. A l'Archevêché, où elle est allée aux renseignements, on a naturellement répondu à la pauvre Mme B. qu'elle avait été la dupe d'un escroc.

Le Figaro — 22 septembre 1897
Séparation

Vichy

Qui aurait cru, il y a quelques années, pouvoir emporter toute une caisse d'eau minérale dans une bonbonnière ! C'est pourtant le miracle réalisé aujourd'hui par tous les chasseurs, touristes ou autres voyageurs en emportant sur soi un flacon de ces comprimés de Vichy si peu volumineux et si commodes pour transformer en un clin d'œil toute eau potable ordinaire en une excellente eau digestive gazeuse.Séparation Une femme brûlée vive

Une femme brûlée vive.

Beaucoup de femmes ont la fâcheuse coutume de se laver la chevelure avec du pétrole. Il en résulte des accidents extrêmement graves lorsque les personnes en question ne prennent pas de minutieuses précautions.

C'est ainsi que Mme veuve Rambaud-Delmothe, demeurant à Courbevoie, 7, rue Saint-Lazare, après s'être imbibé la tête de pétrole, commit' l'imprudence de s'approcher d'un bec de gaz. Aussitôt, le feu prit à sa chevelure, et la malheureuse femme, ne tarda pas à être environnée de flammes.

Aux cris qu'elle poussa, des voisins accoururent. L'un d'eux lui lança Sur la tête une couverture de lainé, avec laquelle il réussit à éteindre les flammes. Mais déjà la pauvre femme, avait été grièvement brûlée sur tout le corps.

Elle a été transportée à l'hôpital Beaujon dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin - 13 septembre 1897
Séparation LE DRAME DE JAVEL

LE DRAME DE JAVEL

L'amant qui tue le mari – Deux cyniques – Scènes de ménage – Le crime.

Un crime a été commis, avant-hier soir, rue Sainte-Lucie, dans le quartier de Javel. Un employé qui était l'amant de la femme de son patron a tué ce dernier d'un coup de couteau.

Ce tragique évènement n'a été connu qu'hier matin, l'assassin et sa complice, deux monstres de cynisme, ayant continué de vaquer paisiblement à leurs occupations après l'accomplissement de leur forfait.

Au n°13 de la rue Sainte-Lucie habitaient les époux Guillet, marchands de fruits et de légumes. Le mari, Alphonse Guillet, âgé-de trente et un ans, avait 'épousé, il y a douze ans, une demoiselle Marie Ladouce, aujourd'hui âgée de trente-quatre ans. De cette union naquirent deux enfants une petite fille Alphonsine,- âgée aujourd'hui de onze ans et un petit garçon, mort depuis trois ans.

Le commerce des époux Guillet était très prospère. Tous les jours, le mari et la femme se rendaient aux Halles, où ils achetaient en gros des légumes, qu'ils revendaient en détail au marche couvert de Grenelle; ils possédaient un cheval et une voiture, et le local qu'ils occupaient rue Sainte-Lucie était assez vaste. Il se composait d'un rez-de-chaussée, où se trouvaient la chambre à coucher, une autre chambre et une-cuisine, d'un magasin, d'une; écurie et d'une remise pour la voiture, le tout donnant sur une cour.

Les nécessités de son commerce obligeait M. Guillet à fréquenter d'une façon un peu trop assidue peut-être les débits de vin c'est la qu'il traitait ses affaires. II rentrait souvent ivre à la maison, et sa femme ne manquait, pas de lui adresser de vifs reproches. Mme Guillet avait appris, en outre, que son mari ne dédaignait pas de se commettre de temps à autre avec les bonnes du quartier.

L'année dernière, M. Guillet prit à son service un nomme Jules-Frédéric Delapierre, âgé de vingt et un ans, qui ne tarda pas à s'insinuer profondément — trop même — dans les bonnes grâces de la patronne. A partir de ce moment, le ménage Guillet devint un véritable enfer chaque jour, c'était au numéro 13 de la rue Sainte-Lucie, des scènes épouvantables qui ameutaient tout le quartier.

Le-jour de Noël, la suite d'une discussion plus violente que les autres, le patron frappa son employé d'un coup de couteau. Delapierre ne porta pas plainte.

Coup de couteau.

Samedi soir, à huit heures, le mari et l'amant se prirent de querelle, et Guillet expulsa de chez lui son employé. Delapierre parcouru la rue Sainte-Lucie, en déclarant aux voisins qu'il allait « crever » Guillet. Il tira un couteau de sa poche, l'aiguisa sur une pierre devant le débit de boissons Chèze, situé au numéro 13, le planta dans la devanture pour s'assurer de la solidité de la lame, puis il alla frapper à la- porte de son patron.

Guillet vint ouvrir. Il aperçut son employé, s'élança sur lui et essaya de le repousser sur le trottoir. Une lutte s'engagea entre les deux hommes ; mais Delapierre tira son couteau de sa poche et en porta un violent coup à la tempe gauche du marchand de légumes.

Guillet tomba à la renverse pour ne plus se relever.

La femme Guillet intervint alors la porte fut fermée, et les voisins n'entendirent plus rien.

Une fois seuls, la femme de la victime et l'assassin relevèrent le cadavre, le transportèrent dans le magasin et l'étendirent sur le lit où couchait habituellement Delapierre.

Le cadavre.

Le corps fut entouré de serviettes et de torchons, puis Delapierre sortit et se rendit dans un débit de boissons, rue Saint-Charles, où sa maîtresse ne tarda pas à aller le rejoindre. Ils burent quelques petits verres, puis achetèrent un litre de bière, qu'ils emportèrent. A. trois heures du matin, ils se rendirent, au marché de Grenelle, où ils vendirent pour près de 600 francs, de marchandises.

Mme Guillet, en partant, avait laissé la clef, de la maison à. Mme Chèze, la marchande de vin d'à côté, afin qu'elle la remit à la petite Alphonsine lorsque cette dernière reviendrait de chez son grand-père.

La petite fille pénétra dans le logement, puis retourna chez Mme Chèze, on disant avec effroi :

— Papa est couché sur le lit de Delapierre ; il est plein de sang.

La marchande de vin se transporta dans le magasin et constata que son voisin était mort. Elle fit prévenir Mme Guillet.

La femme se refusa tout d'abord à mander un médecin.

— Mon mari a une simple attaque, dit-elle. Ça lui passera,

Enfin, devant l'insistance des voisins, elle fit avertir M. le docteur Cortot, qui constata le décès et déclara que la mort était due à la blessure que le marchand de légumes portait à la tempe gauche.

Le commissariat de police du quartier de Grenelle fut prévenu, et M. Grabherr, remplaçant M. Guilhen, en congé, vint procéder à l'arrestation de Mme Guillet.

Delapierre, qui se trouvait encore au marché, ayant appris par la rumeur publique la découverte du crime, se rendit au commissariat de la rue Saint-Charles, où il se constitua prisonnier.

Le cadavre de la victime a été transporté à la Morgue.

Pendant toute l'après-midi, une foule énorme n'a cessé de stationner devant la maison où ce drame assez étrange s'est déroulé.

Le Matin - 14 septembre 1897
Séparation Claude Robin ouvrier couvreur

Claude Robin ouvrier couvreur, avait passé toute la soirée de dimanche avec sa maîtresse, Marie Jacques, dans un débit de vins d'Aubervilliers. Tous les deux avaient beaucoup bu, Robin surtout qui avait à faire à Marie une confidence pénible. Il y avait quatre ans qu'ils vivaient maritalement mais Claude avait assez de cette existence et il voulait rompre avec sa compagne. Vers une heure du matin, il s'ouvrit de ce beau projet à Marie. Il n'avait pas encore déduit toutes les raisons militant, d'après lui, en faveur de cette détermination de sa part, dure mais nécessaire, qu'il tombait frappé d'un coup de couteau en pleine poitrine.
Pendant qu'on s'empressait auprès du blessé, la meurtrière prenait la fuite. On n'a pu l'arrêter qu'hier matin, chez elle, rue de l'Union.
Claude Robin dont l'état est très grave a été transporté à l'hôpital Lariboisière.

Le Figaro - 3 août 1897

Séparation DOULEURS ET NÉVRALGIES

DOULEURS ET NÉVRALGIES

Il n'est pas d'affection plus rebelle et plus douloureuse que la névralgie il n'en est pas de plus répandue à l'heure qu'il est, étant donnée la diffusion toujours croissante de l'anémie et de l'arthritisme, causes primordiales des névralgies.
Il n'est pas de médicament unique contre ces affections. On ne réussit à les guérir que par un ensemble de médications. Le groupement connu partout aujourd'hui sous le nom de vin Désiles (quinquina, kola, coca, iode, phosphore, etc.) correspond précisément à la lutte rationnelle contre les affections nerveuses en général. Stimulant et régulateur de l'innervation, le vin Désiles répare les désordres de l'arthritisme, enrichit le sang, augmente la tonicité musculaire et supprime les spasmes douloureux.

Dr Alèque.

Séparation Le drame de la rue Gros

Le drame de la rue Gros

Une blanchisseuse, Mlle Adèle R..., quittait ces jours-ci, à la suite d’une violente discussion, un ouvrier serrurier, Amédée P..., avec lequel elle vivait, et la jeune femme venait s’établir chez sa mère, rue Gros, à Auteuil.

Amédée P... se mettait à sa recherche, et hier, en état d’ivresse il se présentait rue Gros, chez Mlle Adèle R..., la suppliant de reprendre la vie commune.

Comme Adèle R... refusait de se rendre â ses objurgations, Amédée P... se mit à l’injurier et à la menacer de mort.

Mlle R..., qui habite au rez-de-chaussée, eut le temps de s’enfermer chez elle, mais l’ivrogne brisa la fenêtre à coups de pied. Il allait pénétrer dans la chambre, lorsqu’il perdit l’équilibre, et en tombant se blessa grièvement.

Des agents, accourus aux cris poussés par la jeune femme, transportèrent le blessé dans une pharmacie voisine où il reçut les soins que comportait son état.

Amédée P... a été envoyé â l’infirmerie du dépôt : il sera poursuivi sous l’inculpation de menaces de mort et de violation de domicile.

Le Gaulois — 23 août 1897
Séparation Désespoir d'artiste

Désespoir d'artiste.

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland, descendant d'une ancienne famille française que la révocation de l'édit. de Nantes obligea à se réfugier en Autriche.

M. Jules Moland était venu à Paris, il y a environ deux ans, pour s'initier à l'art français ; il s'était installé dans un appartement luxueux, trop même, au n° 14 de la rue Gaillon.

Après avoir fréquenté le Louvre pendant plusieurs mois et étudié les maîtres des écoles picturales anciennes et modernes, il s'était jugé suffisamment sûr de lui-même pour produire à son tour une œuvre qui le «lasserait parmi les jeunes peintres actuels dont les noms reviennent le plus souvent sous la plume laudative des critiques d'art. Il se mit courageusement à la tâche, travailla d'arrache-pied des journées entières ; mais, hélas le soir venu, il était obligé de reconnaître que la couleur jetée fébrilement sur la toile était loin de réaliser l'œuvre qu'il portait en son cerveau.

Vingt fois il recommença son tableau et vingt fois il en arriva, à la pénible constatation de son impuissance. Cependant, son dernier effort ne lui avait pas paru être stérile. Pour se convaincre que cette fois, il en était arrivé à quelque chose d'exposable, il s'absenta pondant trois jours et revint devant son œuvre, pensant que l'éloignement lui permettrait de la juger non pas en artiste, mais en critique, « avec les yeux d'un autre », comme disent les peintres. Il trouva son tableau abominable, faux de tons et d'un dessin tout à fait enfantin. Alors une grande désespérance l'envahit, et, se voyant dans l'impossibilité de réaliser matériellement son œuvre idéale, il prit le parti de se donner la mort. M. Jules Moland s'étendit sur son lit, après avoir sabré à grands coups de pinceau son humiliant tableau, et il se tira une balle du revolver dans la tête. Le projectile dévia légèrement et ne lui lit pas la blessure mortelle souhaitée.

L'instinct de la conservation se manifesta- bientôt, et le jeune peintre, la tête ensanglantée, parut à la fenêtre, poussant des appels au secours. La concierge, des voisins, des passants montèrent à son appartement. Ils le trouveront assis dans un fauteuil, non loin de sa toile, affreusement barbouillée. Des soins lui furent prodigués sur place ; puis M. Jules Moland fut transporté à l'hôpital Saint-Louis.

L'état du malheureux, artiste été jugé si grave qu'on ne croit pas qu'il puisse survivre à sa blessure. L'extraction de la balle a été jugée impossible.

M. Péchard, commissaire de police du quartier Gaillon, a informé par dépêche la famille de M. Jules Moland de la tentative désespérée de cet infortuné jeune homme.

Le Matin — 26 août 1897
Séparation Olympia

Ce soir, à l'Olympia, 50e représentation de Tout-Paris à l'Olympia. Yumata Tiero, le célèbre rossignol indien; les 4 Moras, les 6 Juliam's, chanteuses et danseuses anglaises Miss Jenny, avec ses chiens savants, et enfin Degaby, dans-ses poses plastiques, complètent un merveilleux programme que terminent les projections du cinématographe en grandeur nature.

Fig. 17/02/97


Pastilles Poncelet
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