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Nouvelles diverses
 Une pauvresse

Une pauvresse.

Une malheureuse femme, Mme veuve Huve, âgée de quarante-huit ans et domiciliée en dernier lieu rue de Flandre, est atteinte, depuis près d'un an, d'ataxie locomotrice. Comme elle se trouve dans l'impossibilité de gagner sa vie, elle s'était fait conduire, hier, à l'hôpital Laennec mais, malgré ses supplications, on refusa de la recevoir, et le cocher qui l'avait amenée alla la déposer au bureau de M. Belouino, commissaire de police, à qui elle raconta son histoire.

C'est au cours de l'été dernier qu'elle avait ressenti les premières atteintes de son mal; elle continua néanmoins à travailler de son métier de porteuse de pain, puis, quand elle dut garder la chambre, comme couturière. Voyant son mal s'aggraver, elle voulut entrer à l'hôpital Lariboisière on refusa de la recevoir.

Elle adressa une demande à l'Assistance publique à l'effet d'être admise à la Salpêtrière. Au bout de quelques jours, un inspecteur de l'Assistance se présenta chez elle, lui déclara qu'il n'y avait pas de place à la Salpêtrière, mais qu'on avait pris bonne note de sa demande. Avant de se retirer, il ajouta qu'il lui ferait allouer un secours de 5 francs: qu'elle devrait, aller toucher elle-même au bureau de bienfaisance.

Ces jours derniers, comme elle ne pouvait plus travailler, que toutes ses ressources étaient épuisées et qu'elle se trouvait dans l'impossibilité de payer sa chambre, elle résolut de faire une dernière tentative pour entrer à l'hôpital. Nous avons dit qu'elle fut conduite.

M. Belouino a envoyé la malade à l'infirmerie du Dépôt et a adressé un rapport au préfet de police sur le cas de cette malheureuse.

Le Matin – 27 juin 1897

Séparation Un nommé Crété, dit Coco

Une affaire rappelant celle qui s'est passée il y a quelques mois, et qui avait eu pour épilogue la mort d'Eugène Devergramme, tué par un gardien de la paix se défendant contre plusieurs malfaiteurs, vient d'avoir lieu encore à Grenelle.

Avant-hier soir, vers dix heures, un nommé Crété, dit Coco, débardeur, causait un tel scandale dans la salle du bal Guillemot, rue des Entrepreneurs, que les gardes municipaux de service se virent dans la nécessité d'expulser le perturbateur. Une fois dans la rue, Coco ne trouva rien de mieux que de se venger sur un gardien de la paix de la mesure dont il venait d'être l'objet. Il porta à l'agent un violent coup de pied dans les jambes. Aidé d'un de ses collègues, le gardien emmena au poste la brute avinée. Mais, chemin faisant, rue de Lourmel, les agents furent tout à coup assaillis par plusieurs camarades de Crété qui cherchèrent à le délivrer. Un des gardiens, nommé Thomas, fut culbuté d'un coup de tête dans la poitrine.

Ses agresseurs lui enlevèrent son sabre et se disposaient à l'en frapper, quand son compagnon, lâchant le prisonnier, arriva à son secours. Coco s'empressa de détaler, bien entendu. Néanmoins un des assaillants a pu être arrêté. Il se nomme Devergramme. Il est âgé de vingt-sept ans. C'est le frère d'Eugène. Il a été écroué au Dépôt. Ses complices sont recherchés.

Le Figaro - 1er juin 1897
Séparation LE FEU

LE FEU

Le feu a pris, hier matin, vers trois heures, chez M. Pierre Montet, brocanteur, 38 et 40, rue de Seine, à Alfortville, Grâce à la grande quantité de marchandises diverses entassées dans les magasins de M. Montet, l'incendie, trouvant un aliment facile, s'est rapidement propagé et a pris en peu d'instants d'inquiétantes proportions. Les immeubles avoisinants étaient fort menacés par les flammes quand les pompiers de la localité et des communes voisines sont arrivés sur le lieu du sinistre. Au bout d'une heure d'efforts, les sauveteurs avaient pu circonscrite le foyer de l'incendie et tout danger était conjuré.
On n'a eu à déplorer aucun accident de personnes. Les pertes sont très importantes.

Le Figaro - 19 juin 1897

Séparation L'accident de la rue Lafayette

L'accident de la rue Lafayette.

Une dame, âgée d'une quarantaine d'années, montait, hier, vers midi, sur l'impériale de l'omnibus gare du Nord-place de l'Alma, dans la rue Lafayette, au carrefour de la rue Cadet. Elle longeait la balustrade pour aller s'asseoir près du cocher quand un heurt violent, causé par un rail de tramway, lui fit perdre l'équilibre. La pauvre femme tomba la tête la première sur la chaussée et resta sans mouvement, à quelques millimètres seulement de la roue d'un autre véhicule, suivant l'omnibus. Les témoins de l'accident poussèrent un cri d'effroi, et la circulation fut interrompue.

La victime fut relevée et transportée dans une pharmacie voisine, où elle reçut les premiers soins, puis fut dirigée sur l'hôpital Saint-Louis, où on jugea son état désespéré. Sur elle, on avait trouvé une enveloppe de lettre adressée à M. le colonel Marchai, rue de l'Université, 191, mais personne ne crut devoir se déranger pour aller prévenir la famille.

Vers cinq heures, M. le colonel Marchai,, ayant lu un journal du soir qui racontait l'accident, se rendit en toute hâte rue de l'Université, où il trouva ses files en proie aune mortelle inquiétude. Mme Marchai n'était pas rentrée depuis le matin. Le colonel se fit conduire à l'hôpital, Saint-Louis, où il reconnut sa femme dans la victime de l'accident de la rue Lafayette. Mme Marchai, qui était dans un état comateux, n'a pu reconnaitre les siens.

Le Matin - 14 septembre 1897
SéparationLa saison d'automne s'annonce très favorablement pour la jolie station de Rheinfelden, Les nouvelles installations de l'hôtel des Salines réalisent toute la somme de confortable qu'on peut attendre, et les précautions les plus intelligentes y ont été prises pour mettre les baigneurs é l'abri des caprices climatériques.Séparation Jean qui pleure

Jean qui pleure.

Un rassemblement se formait, hier soir, boulevard de Strasbourg, autour d'un gamin d'une dizaine d'années qui pleurait à chaudes larmes, assis sur un banc. On l'interrogea, et il raconta que, chargé d'encaisser une facture de 20 francs pour le compte de son patron, un ferblantier des Lilas, il avait perdu l'argent.

Soudain de la foule sortit une vieille femme qui, mettant une pièce de 2 francs dans la casquette du gamin, fit le tour des assistants, implorant les âmes généreuses afin d'éviter une punition au pauvre petit. En quelques minutes, grâce à l'appoint des consommateurs assis à la terrasse d'un café, elle avait ramassé 27 fr. 50, et elle s'apprêtait à les remettre à l'enfant, lorsque surgit un agent de la sûreté, qui les conduisit, la femme et le jeune garçon, chez M. Tanguy, commissaire de police.

Deux fois déjà dans la soirée, l'agent avait assisté à la petite comédie du jeune pleureur.

Au commissariat, la femme a déclaré se nommer Louise Guibert âgée de cinquante-neuf ans, demeurant 176, rue de Flandre et l'enfant n'était autre que son petit-fils. Tous les deux ont été envoyés au Dépôt.

Le Matin — 4 septembre 1897
Séparation Accident.

Accident

Un tondeur de chiens, du nom de V. Marie, travaillait, hier, vers deux heures, au bas du pont Solferino, lorsque son chapeau tomba à l'eau. Il se pencha pour le rattraper et perdit lui-même l'équilibre.

Le courant l'entraînait. Un ouvrier peintre, occupé aux travaux de réfection du pont, se jeta dans le fleuve et nagea vers le malheureux. Il allait le rejoindre quand des mariniers, qui n'avaient vu que la chute du peintre et croyaient à un accident, se portèrent à son secours et le saisirent pour le remonter dans leur bateau.

Avant qu'il leur eut expliqué ce qui était arrivé, Marie avait disparu. On n'a trouvé son cadavre qu'une heure après.

Le Figaro — 9 septembre 1897
Séparation Le drame de Villejuif

Le drame de Villejuif

Dans notre dernière heure nous relations, hier, le meurtre commis à Villejuif par un aliéné nommé Emile Belin sur un autre fou, Charles Pringot, sous-prétexte que celui-ci empêchait son voisin de salle de dormir.

La nouvelle de ce drame a naturellement produit une grosse emotion à la préfecture de la Seine, et l'on s'est demandé s'il n'était pas dû surtout à un défaut de surveillancede la part du personnel de l’établissement de Villejuif.

M. Lefilliâtre, ancien interne de l'asile départemental, est d'avis que la responsabilité de l'événement incombe non pas aux employés mais bien à l'administration.

« L'asile de Villejuif, dit-il, compte en temps ordinaire de 12 à 1,500 malades. Il est divisé en sept quartiers, plus une infirmerie. Le jour, il y a un infirmier seulement pour une quinzaine d'hospitalisés et un médecin seulement pour 5 à 600 malades. La nuit, le nombre des veilleurs est infime. L'hospice étant divisé en sept quartiers et une infirmerie, il y a un veilleur pour les quatre premiers quartiers et un veilleur pour les trois autres quartiers et l'infirmerie.

» Or chaque quartier est séparé et se compose de trois salles qui renferment chacune une cinquantaine de malades. Lorsque le veilleur est, par exemple, dans lu quartier n° 1, il est dans l'ignorance complète et il ne peut rien entendre de ce qui se passe au quartier n° 4.

» C'est ce qui s'est passé hier. Le veilleur du quartier n°7 est un très brave garçon, très actif, qui est à l'asile depuis la fondation de celui-ci. Je le connais très bien. Il'est incapable d'avoir commis une infraction dans son service. Les explications qu'il donne, sont, du reste, parfaitement plausibles. Il faisait sa tournée et se trouvait dans un quartier éloigné lorsque Belin, saisissant, je crois, des cordons de caleçon, qu'il avait pu ramasser on ne sait où, s'est jeté sur son voisin et l'a étranglé.

» En somme, la responsabilité tout entière de ce triste événement incombe à l'administration. Le service de surveillance est tout à fait insuffisant, le jour comme la nuit. Quant au service médical, il est plus qu'insuffisant, un médecin qui a cinq ou six cents malades à soigner ne pouvant absolument pas les connaître tous. »

A la préfecture de la Seine, on dit que Charles Pringot, qui était paralytique, a été tué dans l'intervalle de deux rondes et que les surveillants de nuit ne sauraient en aucune façon être rendus responsables de ce meurtre.

Le Matin — 31 août 1897
Séparation L'ENTÉRITE

L'ENTÉRITE

L'entérite est l'inflammation des intestins toutes les variétés d'entérites ne se traduisent pas par la diarrhée il en est- qui se manifestent par des constipations alternant avec des débâcles glaireuses, membraneuses et hémorragiques. On les observe beaucoup à cette époque de l'année, et ce ne sont pas les moins graves.

Les gaz intestinaux, les coliques, les nausées, la sècheresse de la bouche, les urines sédimenteuses caractérisent ces formes morbides, qui ne résistent guère au judicieux emploi du vin Désiles. Riche en quinquina, kola, coca et combinaison iodotannique phosphatée naturelle, le vin Désiles est le spécifique des entérites. Les crises de douleur et de coliques sont apaisées et retardées, sous réserve, bien entendu, d'un régime alimentaire approprié. Une bonne hygiène de la peau (flanelle, frictions, bains) régularise aussi le vitalisme fonctionnel pour empêcher les complications hémorroïdaires qui en découlent trop fréquemment, surtout chez les rhumatisants et chez les arthritiques, souvent si délicats du côté de l'intestin que leur, muqueuse viscérale ne saurait supporter d'autre tonique que le vin Désiles.

Dr Alèque.
Séparation Claude Robin ouvrier couvreur

Claude Robin ouvrier couvreur, avait passé toute la soirée de dimanche avec sa maîtresse, Marie Jacques, dans un débit de vins d'Aubervilliers. Tous les deux avaient beaucoup bu, Robin surtout qui avait à faire à Marie une confidence pénible. Il y avait quatre ans qu'ils vivaient maritalement mais Claude avait assez de cette existence et il voulait rompre avec sa compagne. Vers une heure du matin, il s'ouvrit de ce beau projet à Marie. Il n'avait pas encore déduit toutes les raisons militant, d'après lui, en faveur de cette détermination de sa part, dure mais nécessaire, qu'il tombait frappé d'un coup de couteau en pleine poitrine.
Pendant qu'on s'empressait auprès du blessé, la meurtrière prenait la fuite. On n'a pu l'arrêter qu'hier matin, chez elle, rue de l'Union.
Claude Robin dont l'état est très grave a été transporté à l'hôpital Lariboisière.

Le Figaro - 3 août 1897

Séparation Un drame de la jalousie

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse, fit à celle-ci des remontrances qui furent assez mal accueillies.

— C'est bien, dit-il à Eugénie, je vais te surveiller et si je te trouve en défaut je te tuerai.

Il acquit sans nul doute la preuve de la trahison de sa compagne, car avant-hier, en rentrant vers minuit, il lui reprocha en termes violents sa conduite. Comme la malheureuse ne se défendait que par des injures, Moynet, exaspéré, s'arma d'un couteau qui se trouvait sur la table et en frappa sa maîtresse à coups redoublés. En voyant le sang couler des multiples blessures qu'il venait de faire à sa victime, il prit la fuite en criant dans l'escalier

— Je l'ai tuée je l'ai tuée

Des voisins se portèrent aussitôt au secours de la pauvre femme, mais tous les soins demeurèrent sans effet, elle rendit bientôt le dernier soupir.

On envoya chercher M. Duponnois, commissaire de police, qui, tout en procédant aux premières constatations, s'empressa d'aviser le service de la Sûreté de la fuite de Moynet. Des agents se mirent de suite à sa recherche. Ils ne l'ont trouvé qu'hier matin dans un débit de vins du voisinage. Le corps de la femme Bossin a été transporté à la Morgue pour que l'autopsie en soit faite par un médecin légiste.

Le Figaro - 24 août 1897
Séparation Bruxelles - Boulanger

De Bruxelles
« La première du drame boulangiste A la
Vie, à la Mort a eu lieu, hier, l'Alcazar devant une salle archicomble où les principales notabilités bruxelloises étaient réunies.
Des cris de « Vive Boulanger », partis des galeries supérieures, ont interrompu plusieurs fois la représentation. Mme Dufrêne, MM. Darmont et Lafeuillade ont remporté un vif succès d'artistes.»

Fig. 23/0397


Pastilles Poncelet
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