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Nouvelles diverses
 vol à l'américaine

Le service de la Sûreté a procédé hier à l'arrestation de, deux individus, nommés Joseph Dôandréa, sujet italien, établi marchand de vin, 12 rue de Châlons, et Annibale Vercesi, habitant 75, rue du Temple. Ces deux personnages exploitaient depuis longtemps les émigrants qu'ils rencontraient aux abords des gares de Lyon et Saint-Lazare.
Leur dernière victime est un de leurs malheureux compatriotes, nommé. Zaniuo, auquel ils ont fait le coup du « vol à l'américaine ».

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation Le docteur Osip Promechlanski

Le docteur Osip Promechlanski, de nationalité russe, docteur en médecine, de passage à Paris, visitait, avant-hier après midi, l'hôtel des Invalides. Quant il sortit, avec plusieurs autres personnes, de la crypte où se trouve le tombeau de Napoléon 1er, il constata la disparition de sa montre et de sa chaîne. Le docteur ayant aperçu à quelques pas de lui un individu à mine patibulaire qui cherchait à se dissimuler dans la foule pensa, avec quelque raison peut-être, qu'il était l'auteur du vol. Il le signala aux gardiens du monument, mais ceux-ci se refusèrent à l'arrêter. M. Promechlanski courut alors avertir le concierge. Ce fut peine perdue, l'homme quitta l'hôtel par la porte donnant sur la place Vauban.
Le docteur a donc dû se contenter d'aller prévenir M. Brongniard, commissaire de police, du vol dont il venait d'être victime.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation DEUX AMIES

DEUX AMIES

M. Charles D. représentant de commerce, demeurant rue du Rocher, a une très jolie femme. Sa femme a une amie non moins jolie, Mme Emma P. qui habite rue d'Alésia. Comme Mme P. est veuve, Charles D. profite des courses que lui impose sa profession pour aller lui tenir compagnie deux ou trois heures chaque jour.

Hier, il était parti de bon matin, annonçant qu'obligé d'aller assez loin, il ne rentrerait que pour dîner.

— Tiens, se dit Mme P. si j'allais demander à déjeuner à Emma.

Et la voilà partie pour la rue d'Alésia. En qualité d'amie, elle monte, ouvre la porta et se trouve en face de son mari attablé avec la veuve !

On voit d'ici la scène. Après le premier moment de stupeur, Mme D. s'empara d'un couteau et en porta à sa rivale deux coups, l'un à la figure, l'autre au-dessus du sein gauche. Mme P. s'enfuit dans la rue en criant à l'assassin et les gardiens de la paix, intervenant à temps, menèrent tout le monde au bureau de M. Baissac, commissaire de police.

Là, après procès-verbal, Mme P. dont les blessures sont légères, a refusé de porter plainte. M. D. a juré à sa femme de ne plus retourner rue d'Alésia.

Le Figaro — 12 juin 1897
Séparation Les infortunes de Gravelot

Les infortunes de Gravelot.

De son métier, Constant Gravelot est cocher de maison bourgeoise. Il habite ordinairement Château-Thierry et il était arrivé hier à Paris pour se rendre à la gare Montparnasse, où il devait prendre le train pour Parthenay. C'est, en effet, dans cette ville que son livret militaire lui ordonnait d'aller faire ses vingt-huit jours.

Il ne fut pas plus tôt dans la salle des Pas-perdus de la gare Montparnasse qu'il fut accosté par un jeune homme aux manières distinguées qui n'eut pas de peine à obtenir de lui des indications sur le but de son déplacement.

L'inconnu déclara que lui aussi allait dans les Deux-Sèvres et proposa de faire le voyagé de compagnie, Gravelot accepte la proposition et offrit à son nouvel ami de prendre une consommation au café voisin.

Ils se trouvaient depuis quelques instants dans le café quand un troisième individu vint les rejoindre.

C'était, affirmait l'ami du cocher, un Russe très riche, venu pour affaires en France.

Au moment de payer, Gravelot tira son portefeuille renfermant cinq billets de cent francs. Le Russe saisit le portefeuille en disant :

— Pardon: c'est moi qui paie.

Puis il le rendit à son propriétaire allégé des cinq billets de banque. Gravelot, qui n'avait rien vu, remit tranquillement le portefeuille dans sa poche.

Les deux filous saisirent alors un prétexte quelconque pour quitter le cocher et ne reparurent plus.

Cependant Gravelot était revenu à la gare portant sa valise, qu'il déposa à côté de lui, devant le guichet, pour prendre son ticket. On conçoit sa stupéfaction quand il voulut payer et ne retrouva plus ses billets de banque.

Pendant qu'il se lamentait et demandait au préposé comment, sans argent, il se rendrait à Parthenay, un troisième filou lui subtilisa sa valise avec tous ses effets.

Le malheureux cocher est allé conter ses mésaventures à M. Girard, commissaire de police, qui a ouvert une enquête.

Gravelot a dû télégraphier à sa famille pour qu'on lui envoie des fonds. Il arrivera sans doute à Parthenay vingt-quatre heures en retard, et les huit jours de salle de police qui lui seront octroyés mettront le comble a l'infortune du pauvre Gravelot.

Le Matin – 26 sept. 1897
SéparationA Spa l'affluence est énorme. La fameuse ville d'eaux belge, remise décidément à la mode, traverse une période de prospérité inouïe. Tout le littoral mondain est à Spa, et l'on retrouve dans les salons du Casino les clubmen les plus en vue et les plus jolies Parisiennes.Séparation UNE FEMME ANTHROPOPHAGE

Uune femme anthropophage

Hier soir, à neuf heures, un rassemblement se formait devant l'asile de nuit, situé 255, rue Saint-Jacques, autour d'une femme ivre, misérablement vêtue, qui invectivait grossièrement le personnel de l'asile dans lequel on ne voulait pas la laisser pénétrer. Deux gardiens de la paix, intervenant, voulurent emmener l'ivrognesse, mais celle-ci, devenant furieuse, se précipita sur les agents et s'acharna particulièrement sur l'un d'eux, Burchel, à qui, à coups de dents, elle arracha l'oreille gauche, enleva la moitié du nez et coupa un doigt.

On dut ficeler la forcenée pour l'emmener au poste de police, où elle a déclaré se nommer Elisabeth Devaisse, âgée de quarante-deux ans, sortie la veille de la maison d'arrêt d'Orléans où elle purgeait sa septième condamnation pour vol, coups et blessures. M. Lanet, commissaire de police du quartier, a envoyé l'anthropophage au Dépôt. L'agent Burchel est soigné à son domicile.

Le Figaro — 14 septembre 1897
Séparation LE DOSSIER DU BAZAR DE LA CHARITE

LE DOSSIER DU BAZAR DE LA CHARITÉ

Les « pièces à conviction transférées au greffe criminel.

Les trois cents objets non réclamés trouvés dans les décombres du Bazar de la charité et exposés pendant quelque temps dans une salle spéciale du greffe correctionnel viennent d'être transférés au greffé delà cour d'appel. Ces objets, assimilés, comme on sait, à des pièces à conviction, ont suivi le dossier de l'affaire d'homicides par imprudence de la catastrophe de la rue Jean Goujon, dossier arrivé au greffe criminel depuis deux jours.

Ces trois cents objets resteront au greffe criminel non seulement jusqu'au jour où l'affaire de MM. de Mackau, Bailac et Bagrachoff aura reçu une solution définitive, mais encore durant une période de six mois à partir de l'arrêt prononcé. Ce n'est qu'alors que le greffe de la cour remettra les pièces à conviction entre les mains du receveur des domaines, avec charge de procéder à leur vente aux enchères pour le prix en provenant être déposé à la Caisse des dépôts et consignations pendant trente ans. Passé ce délai, le produit de la vente appartiendra au trésor public.

Parmi ces objets-pièces à conviction se trouvent des bijoux pour une valeur de 30 à735,000 francs. Les pièces d'or et d'argent ramassées çà et là sur le théâtre de la catastrophe, et dont le montant s'élève à près de 10,000 francs, seront également remises entre les mains du receveur des domaines. Quant à la recette de 5 à 6,000 francs du Bazar de la charité pendant la journée du 4 mai, recette renfermée dans un tiroir en métal, qui a résisté à l'action du feu, nul doute qu'elle ne fasse l'objet d'une très légitime revendication de la part de l'œuvre du Bazar de la charité.

Le Matin — 11 septembre 1897
Séparation Un drame de la jalousie

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse, fit à celle-ci des remontrances qui furent assez mal accueillies.

— C'est bien, dit-il à Eugénie, je vais te surveiller et si je te trouve en défaut je te tuerai.

Il acquit sans nul doute la preuve de la trahison de sa compagne, car avant-hier, en rentrant vers minuit, il lui reprocha en termes violents sa conduite. Comme la malheureuse ne se défendait que par des injures, Moynet, exaspéré, s'arma d'un couteau qui se trouvait sur la table et en frappa sa maîtresse à coups redoublés. En voyant le sang couler des multiples blessures qu'il venait de faire à sa victime, il prit la fuite en criant dans l'escalier

— Je l'ai tuée je l'ai tuée

Des voisins se portèrent aussitôt au secours de la pauvre femme, mais tous les soins demeurèrent sans effet, elle rendit bientôt le dernier soupir.

On envoya chercher M. Duponnois, commissaire de police, qui, tout en procédant aux premières constatations, s'empressa d'aviser le service de la Sûreté de la fuite de Moynet. Des agents se mirent de suite à sa recherche. Ils ne l'ont trouvé qu'hier matin dans un débit de vins du voisinage. Le corps de la femme Bossin a été transporté à la Morgue pour que l'autopsie en soit faite par un médecin légiste.

Le Figaro - 24 août 1897
Séparation Le traitement des névroses

Le traitement des névroses

La principale indication à remplir dans le traitement des névroses, c'est d'amener le calme et l'harmonie dans les centres nerveux et de diminuer l'impressionnabilité. On n'y parvient ni par les antispasmodiques ni par les narcotiques, mais plutôt par les reconstituants, qui stimulent les vibrations moléculaires et sont capables d'accélérer la nutrition ralentie.
Le vin Désiles, par sa composition complexe, répond parfaitement à ce programme de stimulation. Il augmente la contractilité musculaire, fait disparaître les troubles vasomoteurs et névralgiques, la migraine et l'insomnie, ces produits du surmenage intellectuel. Il prévient l'atrophie de la cellule nerveuse et agit énergiquement contre la dégénérescence des tissus nobles. C'est grâce surtout à ses éléments tanniques iodo-phosphatés qu'il contribue à ce relèvement de bon augure.
Grâce aux principes dynamophores qu'il renferme (kola, coca, quinquina, cacao), le vin Désiles accélère le pouls, augmente l'urée et l'acide carbonique, possède sur la sphère cérébro-médullaire une action excito-motrice en même temps qu'une action d'épargne, grâce à l'influence que possèdent les agents nervins sur le système du grand sympatique. Tonique et fébrifuge, le vin Désiles supprime les vertiges, les exagérations de l'excitabilité réflexe, empêche l'affaiblissement du muscle cardiaque et la diminution du pouvoir oxydant du sang. Or, l'on sait à quel degré les troubles de la sanguification retentissent sur le système nerveux. Ce retentissement n'a-t-il pas été résumé éloquemment dans cet axiomeantique si souvent cité Sanguis moderator nervorum (un sang riche est le meilleur calmant des nerfs) ?

Dr Cendre

Séparation Un gardien de la paix se trouvan

Un gardien de la paix se trouvant, avant-hier, dans le vestibule de la mairie du sixième arrondissement, vit venir à lui un homme d'une cinquantaine d'années, assez misérablement vêtu.
— Je suis le gouverneur de Paris, dit-il à l'agent, et j'ai droit, par conséquent, aux honneurs militaires.
— Dans ce cas, mon général, répliqua le gardien, qui vit de suite à qui il avait affaire, je vous prie de vouloir bien me suivre et de venir inspecter le poste de garde.
L'aliéné suivit l'agent. Pendant qu'on allait prévenir M. Lagaillarde, commissaire de police, le pauvre fou distribua des grades et des décorations à tous les agents.
Ce malheureux, un nommé Alexandre Bourbier, ouvrier maçon, sans travail et sans domicile, a été immédiatement conduit à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Le Figaro - 2 août 1897

Séparation Le crime de la rue Basfroi

Le crime de la rue Basfroi

Avant-hier, c'était un amant qui tuait sa maîtresse qu'il soupçonnait de trahison, aujourd'hui c'est un mari qui assassine l'amant de sa femme.

L'assassin se nomme Charles Jacquerey. II est âgé de trente-deux ans et travaillait en qualité de chauffeur chez MM. André et Cie, peaussiers, 87, rue Alexandre-Dumas. Il habitait avec sa femme et ses quatre enfants rue de Charonne, 147. Très bon ouvrier, mais n'ayant aucun sentiment de ses devoirs de père de famille, il ne rapportait à la maison qu'une faible partie de sa paye. Le reste, il le laissait dans les débits de vins.

Samedi dernier, il avait touché 30 francs. Quand il rentra, il n'avait plus en sa possession que 13 francs. Sa femme lui fit des reproches.

— Ah ! c'est ainsi, fit-il; eh bien au revoir.

Et il partit en remettant dans son portemonnaie les quelques francs qu'il venait de montrer, sans s'occuper si les siens n'allaient t pas mourir de faim. C'est ce qui serait peut- être arrivé, si sa femme n'était allée demander aide et secours à son parent Édouard Lauwers, qui avait quarante-cinq ans et habitait rue Basfroi, 46 ; Lauwers était ouvrier polisseur ; d'aucuns prétendent, dans le quartier mais rien n'est moins prouvé qu'il avait existé entre eux d'intimes relations avant le mariage de Jacquerey. Celui-ci avait-il eu vent de cette histoire ? On assure encore qu'il savait à quoi s'en tenir à ce sujet et, que, se bouchant les yeux pour ne rien voir, il laissait à sa femme toute liberté d'allure. Quoi qu'il en pût être, Jacquerey ne s'était montré jusqu'à présent, vis-à-vis de la mère de ses enfants, ni plus ni moins prévenant que ne le sont d'habitude les ouvriers pour lesquels le cabaret a plus d'attrait que l'intérieur familial. Il travaillait et buvait beaucoup, il ne désirait rien de plus.

Abandonnée à elle-même, la pauvre femme, entendant ses enfants crier famine, s'adressa à Lauwers à celui qui toujours s'était montré si bon, si affectueux pour elle et ses bébés. Que seraient-ils devenus sans lui ? Jacquerey ne reparaissait plus ; il s'inquiétait bien d'eux, vraiment !

Hier matin, vers cinq heures, Lauwers, avant de se rendre à son atelier, était monté chez la femme Jacquerey. Il lui apportait un peu d'argent.

Au moment où il s'en allait, la porte s'ouvrit brusquement, livrant passage à Jacquerey qui, ivre de vin et de fureur, s'élança vers sa femme en lui faisant les plus terribles menaces. Lauwers se jeta entre eux. Le malheureux a payé de sa vie sa généreuse intervention. Jacquerey sortit un couteau de sa poche et en frappa au défaut de l'épaule celui qu'à tort ou à raison il considérait comme son rival.

— Je suis blessé à mort s'écria l'ouvrier polisseur en s'adressant à la femme Jacquerey. Fuyez ! fuyez !... il vous tuera vous et vos enfants !...

Et il tomba sur le parquet, pour ne plus se relever. Quelques instants plus tard, en effet, il rendait le dernier soupir à l'hôpital Saint-Antoine où on l'avait transporté.

Quant à l'assassin qui était tranquillement sorti de la maison sans que personne osât lui barrer le chemin, il a été arrêté rue Alexandre-Dumas.

M. Le Jaïn, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt, en même temps qu'il faisait transporter à la Morgue le corps de la victime.

Le Figaro — 25 août 1897
Séparation Odéon - Sarcey

Petit incident, hier, à l'Odéon. M. Francisque Sarcey y faisait une conférence sur l'Heureux Naufrage, de Plaute, lorsqu'au moment où il venait de finir une période sur ces mots appétissants « Est-ce assez fait, la scène que je viens de vous raconter ? Est-ce chic, un premier acte comme celui-là ? » des coups de sifflet se sont fait entendre. Ils partaient des galeries supérieures et du parterre, et une grande partie de la salle se leva pour protester et réclamer l'expulsion des interrupteurs. Au milieu du tapage, on percevait des apostrophes comme celle-ci, adressées au conférencier « Chantez-nous donc l'Aveugle de Bagnolet » etc. Les gardes municipaux durent intervenir pour rétablir l'ordre, et ils firent sortir du parterre l'un des interrupteurs les plus ardents, qui était le dessinateur bien connu, M. Ibels.
L'ordre revenu, M. Sarcey, qui s'était montré très calme sous l'orage, se bornant à dire « Si vous croyez avoir de l'esprit, vous vous trompez », continua sa conférence qui s'acheva, au bout d'une heure dix, dans une chaude ovation.
Il paraît que ce petit scandale est la revanche des admirateurs de M. Becque qui avait été également sifflé par les « philistins », il y a quinze jours.

Fig. 8/01/97


Pastilles Poncelet
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