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Nouvelles diverses
 LES ROSIÈRES DE NEUILLY

LES ROSIÈRES DE NEUILLY

Pendant que se courait le Grand Prix et que, dans Paris, on s'entretenait des détails de l'attentat commis contre le Président, la ville de Neuilly couronnait ses rosières. Nous disons « ses », car il y en a deux, récompensées par deux prix différents fondés par M. Perret et Mme veuve Letort. Ils consistent en deux sommes d'argent de 200 et 500 francs.
Les titulaires pour l'année 1897 étaient Mlles Rosalie Boissier et Camille Belin. La fête, tout intime, a eu lieu à l'hôtel de ville. Vu le deuil récent de Mlle Boissier, qui a perdu son père, la somme ordinaire consacrée au banquet, 400 francs, a été, cette année, partagée entre les deux rosières.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation Jalousie de femme.

Jalousie de femme.

Une femme de mœurs extrêmement légères, 1res connue à Montmartre sous le simple prénom d'Andréa, et demeurant, 36, rue Pigalle, avait commis l'imprudence de répondre aux galantes avances d'un .nommé Arthur X… exerçant une profession des plus douteuses. Cet Arthur était l'amant d'une autre femme de Montmartre, extrêmement répandue dans les sous-sols plus ou moins artistiques du quartier et qui répondait, au surnom de la Bordelaise.

La Bordelaise en question ne tarda pas à apprendre que son cher Arthur — un Arthur professionnel, -dit-on — s'était abandonné aux tendresses de l'Andréa de la rue Pigalle. La redoutable Bordelaise jura de se venger de sa rivale.

Hier soit, vers onze heures et demie, la noble dame de Bordeaux rencontrait La volage Andréa au coin de la rue Pigalle et de la rue La Rochefoucauld.

— Tu m'as pris mon amant !

— Non !

— Si. Tu vas me le payer.

Et, sur ces mots, la Bordelaise s'arma d'un couteau et en larda littéralement sa rivale.

Andréa tomba, la poitrine transpercée. Des passants mirent fin à cette scène tragique en désarmant la Bordelaise, qui fut conduite au .poste de police voisin.

Andréa été transportée à l'hôpital Lariboisière dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin – 24 juin 1897

Séparation Comme pour justifier les précautions

A travers Paris

Comme pour justifier les précautions que la Préfecture de police impose aux baraques foraines, un incendie s'est déclaré avant-hier soir, vers onze heures, à la fête des Invalides.

Un manège de « gondoles russes » était en train de marcher, quand tout à coup le feu a pris dans la toiture. On juge de l'épouvante des personnes présentes qui, tout entières encore au souvenir de l'incendie de la rue Jean-Goujon, se sont enfuies précipitamment. Les issues étant libres de tous les côtés, il n'y a heureusement eu aucun accident. Les employés du manège ont pu éteindre l'incendie au moyen d'extincteurs à acide carbonique dont ils étaient pourvus et la bâcha seule a brûlé.

Le feu paraît avoir été mis à cette bâche par des étincelles parties de la machine à vapeur qui actionne le mouvement des gondoles.


Un individu pénétrait hier, au moment de la messe, dans la chapelle des Sœurs de Marie Auxiliatrice, 25, rue de Maubeuge, et allait s'agenouiller à côté d'une des religieuses. II paraissait absorbé par la prière quand, tout à coup, il se leva brusquement et se mit à se déshabiller.

Les Sœurs, épouvantées, s'enfuirent de la chapelle. L'une d'elles, la Sœur Marie Claver, sortit du couvent et alla requérir un gardien de la paix. L'homme .fût arrêté, au moment où il était en train de faire tranquillement ses ablutions dans le bénitier.

Cet homme, qui est évidemment un monomane, a déclaré se nommer Jean Borgarino.»

C'est un Italien, marié et père de famille. II voulait, a-t-il dit, se purifier de ses péchés.

M. Bénézech, commissaire de police l’a envoyé au Dépôt.

Le Figaro - 1er juin 1897
Séparation Une rixe rue de la Huchette

Une rixe rue de la Huchette

Trois individus entraient bruyamment, l'avant-dernière nuit, dans le débit de vins de M. Cannes, rue de la Huchette, et demandèrent des consommations variées. Comme ils étaient ivres, le débitant refusa de les servir. Ce refus les exaspéra. Ils se mirent à injurier M. Cannes et les clients qui se trouvaient dans l'établissement. On voulut alors les expulser, mais ils s'emparèrent de verres et de bouteilles pleines et les lancèrent à la tête des consommateurs. Ceux-ci ripostèrent et une bataille s'engagea.

M. Cannes prit son revolver et, sur le seuil de la porte, tira deux coups en l'air. Des agents accoururent et arrêtèrent un des perturbateurs qui portait à la tête une grave blessure. C'est un nommé Pierre Didier, âgé de quarante et un ans, cordonnier. Ils le conduisirent à l'Hôtel-Dieu où il fut consigné à la disposition du Parquet.

Une jeune femme, Élisa Andrieux, qui avait été assez sérieusement atteinte à la tête et aux mains par des éclats de verre, a été également conduite à l'Hôtel-Dieu.

Le Figaro — 22 septembre 1897
Séparation

Le féminisme.

Le sexe aimable persiste à ambitionner les emplois publics. II a bien tort. La politique de la femme consiste à plaire, et voilà tout. Elle a pour moyens d'action la toilette, les parfums, la poudre de riz « La Madone » qui contribue victorieusement à la rendre séduisante.
Quel besoin dès lors de faire valoir ses droits ?Séparation Accident.

Accident

Un tondeur de chiens, du nom de V. Marie, travaillait, hier, vers deux heures, au bas du pont Solferino, lorsque son chapeau tomba à l'eau. Il se pencha pour le rattraper et perdit lui-même l'équilibre.

Le courant l'entraînait. Un ouvrier peintre, occupé aux travaux de réfection du pont, se jeta dans le fleuve et nagea vers le malheureux. Il allait le rejoindre quand des mariniers, qui n'avaient vu que la chute du peintre et croyaient à un accident, se portèrent à son secours et le saisirent pour le remonter dans leur bateau.

Avant qu'il leur eut expliqué ce qui était arrivé, Marie avait disparu. On n'a trouvé son cadavre qu'une heure après.

Le Figaro — 9 septembre 1897
Séparation RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Séparation Coup de filet policier

Coup de filet policier

Les braconniers d'eau douce donnent, depuis quelques jours, de la besogne aux agents de l'autorité.

Hier matin, deux pêcheurs montés sur un bachot jetaient l'épervier à la hauteur du quai du Louvre. Vinrent à passer un sous-brigadier de gardiens de la paix et deux de ses hommes.

— Vite ! vite ! qu'on s'en empare susurra à l'oreille de ses subordonnés le chef, que sa grandeur attachait au rivage.

Les agents sautèrent dans une barque et appuyèrent une vigoureuse chasse aux braconniers. Mais, peu experts dans l'art de manier la rame, ils furent promptement distancés. Le bachot put aborder sans aucun risque. C'est du moins ce que pensaient les contrevenants, mais ils avaient compté sans le sous-brigadier qui, du haut du quai, surveillait les péripéties de la course. Il se présenta juste à point aux braconniers quand ils sautèrent sur la berge. L'un d'eux pût s'enfuir. L'autre, se voyant pris, n'hésita pas et lança son épervier sur l'agent. Puis il détala, laissant le sous-brigadier se débattre avec fureur sous les mailles du filet. L'agent parvint toutefois à se dégager et s'élança à la poursuite de son ennemi qu'il rejoignit rue des Prêtres-Saint-Germain. A son tour, il jeta l'épervier et le braconnier, mis ainsi dans l'impossibilité de se défendre, se laissa arrêter sans résistance.

Cet homme, qui se nomme Charles Lamoignon, a été conduit au Dépôt.

Le Figaro — 29 août 1897
Séparation L'ENTÉRITE

L'ENTÉRITE

L'entérite est l'inflammation des intestins toutes les variétés d'entérites ne se traduisent pas par la diarrhée il en est- qui se manifestent par des constipations alternant avec des débâcles glaireuses, membraneuses et hémorragiques. On les observe beaucoup à cette époque de l'année, et ce ne sont pas les moins graves.

Les gaz intestinaux, les coliques, les nausées, la sècheresse de la bouche, les urines sédimenteuses caractérisent ces formes morbides, qui ne résistent guère au judicieux emploi du vin Désiles. Riche en quinquina, kola, coca et combinaison iodotannique phosphatée naturelle, le vin Désiles est le spécifique des entérites. Les crises de douleur et de coliques sont apaisées et retardées, sous réserve, bien entendu, d'un régime alimentaire approprié. Une bonne hygiène de la peau (flanelle, frictions, bains) régularise aussi le vitalisme fonctionnel pour empêcher les complications hémorroïdaires qui en découlent trop fréquemment, surtout chez les rhumatisants et chez les arthritiques, souvent si délicats du côté de l'intestin que leur, muqueuse viscérale ne saurait supporter d'autre tonique que le vin Désiles.

Dr Alèque.
Séparation Un drame de la jalousie

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse, fit à celle-ci des remontrances qui furent assez mal accueillies.

— C'est bien, dit-il à Eugénie, je vais te surveiller et si je te trouve en défaut je te tuerai.

Il acquit sans nul doute la preuve de la trahison de sa compagne, car avant-hier, en rentrant vers minuit, il lui reprocha en termes violents sa conduite. Comme la malheureuse ne se défendait que par des injures, Moynet, exaspéré, s'arma d'un couteau qui se trouvait sur la table et en frappa sa maîtresse à coups redoublés. En voyant le sang couler des multiples blessures qu'il venait de faire à sa victime, il prit la fuite en criant dans l'escalier

— Je l'ai tuée je l'ai tuée

Des voisins se portèrent aussitôt au secours de la pauvre femme, mais tous les soins demeurèrent sans effet, elle rendit bientôt le dernier soupir.

On envoya chercher M. Duponnois, commissaire de police, qui, tout en procédant aux premières constatations, s'empressa d'aviser le service de la Sûreté de la fuite de Moynet. Des agents se mirent de suite à sa recherche. Ils ne l'ont trouvé qu'hier matin dans un débit de vins du voisinage. Le corps de la femme Bossin a été transporté à la Morgue pour que l'autopsie en soit faite par un médecin légiste.

Le Figaro - 24 août 1897
Séparation Accident de pêche

Accident de pêche

Deux habitants de Paris, MM. Célestin Araudel, bijoutier, rue Tiquetonne, et JosephClerc, employé au Crédit lyonnais, s'étaient rendus, avant-hier, à Villeneuve-Saint-Georges pour se livrer aux douceurs de la pêche a la ligne. Ils se trouvaient dans un bachot, vers deux heures de l'après-midi, en face du hameau des Chalets, lorsqu'ils virent arriver dans leur direction le bateau parisien n° 32, faisant le trajet de Paris à Corbeil.

C'est en vain que les deux pêcheurs, peu expérimentés dans l'art de manœuvrer une embarcation, cherchèrent à éviter le bateau à vapeur. Leur barque fut coupée en deux et les deux hommes furent précipités dans la Seine.

Grâce au courageux dévouement de deux passagers du bateau parisien, MM. Raguin et Sandoz, M. Araudel put être sauvé. Son compagnon, Clerc, fut moins heureux et ce n'est qu'après trois heures de recherches qu'on a retrouvé son cadavre.

Une enquête a été aussitôt ouverte pour établir à qui incombe la responsabilité de ce déplorable accident.

Le Figaro — 31 août 1897
Séparation De Monte-Carlo

De Monte-Carlo
« Le Don Juan de Mozart, avec une interprétation magnifique, vient de remporter un succès triomphal. M. Raoul Gunsbourg s'est, en effet, assuré le concours d'artistes de tout premier ordre qu'on ne saurait voir réunis ailleurs.
» Zerline, c'était Mlle Van Zandt; sa voix exquise, d'une si délicieuse fraîcheur, sa finesse et son grand charme ont fait merveille et c'est unanimement qu'on l'a saluée de bravos enthousiastes.
» Mme Marey, en donna Anna, a fait apprécier sa belle voix et sa puissance d'émotion, qui lui ont valu un très brillant succès.
» Mme Raunay, en donnà Elvire, a fait valoir sa voix superbe et donné une attitude de grande dignité à son rôle.
» Pour M. Victor Maurel, il a obtenu un véritable triomphe. Ce remarquable comédien lyrique, qui dans tant d'œuvres se fit admirer pour sa belle voix, son chant très sûr et son art achevé de composition, est, dans le rôle de don Juan, peut-être encore plus admirable que dans les autres. Sa voix, solide et vibrante, toujours jeune, puissante et pénétrante, se déploie superbement dans toute la partition. Et sa grande science du chant, la sûreté et l'habileté de l'émission, la netteté de la diction, font valoir davantage sa voix magnifique. Une acclamation enthousiaste s'est élevée dans toute la salle après la Sérénade que M. Maurel a dû bisser, et dont l'interprétation qu'il en donne est le dernier mot de la perfection. Et, dans tout le rôle, le jeu varié, souple, la haute allure, l'élégance de M. Maurel font de lui un don Juan superbe.
Ce très grand artiste a été très admiré et très applaudi.
M. Vergnet, qui chantait le rôle d'Ottavio, y a été, comme il l'est toujours, le parfait chanteur de voix délicieuse et de méthode admirable.
» M. Isnardon a obtenu, en Leporello, un succès brillant, grâce à ses remarquables qualités de comédien et de chanteur.
» M. Boudouresque père a fait éclater sa superbe voix dans les phrases du Commandeur et M. Albert s'est montré aussi bon chanteur que bon comédien en Mazetto.
» On a remarqué l'excellence, des chœurs, leur précision, leur netteté, leur souplesse de nuances le mérite en revient à M. Silvio Lazzari, le brillant compositeur qui, à Monte-Carlo, préside aux études du chant.
» Quant à l'orchestre, conduit par M. Léon Jehin, il a été parfait selon sa coutume.
» La soirée s'est achevée par une longue ovation à M. Victor Maurel.
» LL. AA. SS. le prince et la princesse de Monaco, qui assistaient à cette magnifique représentation, ont, à diverses reprises, donné le signal des applaudissements. »

Le Figaro - 15 février 1897


Pastilles Poncelet
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