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SIXIEME ANNÉE N°3423

 

97ème jour de l'année

   


Dimanche
6
Avril 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA CIRCULATION PARISIENNE

LA CIRCULATION PARISIENNE

L'ordonnance relative à la circulation dans les rues de Paris des voitures, des tramways, des automobiles et des bicyclettes vient d'être publiée par les soins de la Préfecture de police. Toutes les ordonnances relatives à la circulation des voitures dans les rues constituant un si inextricable fouillis qu'il était fort difficile aux agents de l'autorité de s'y reconnaître pour l'application des contraventions, M. Lépine avait, il y a deux ans, désigné, pour la préparation d'une ordonnance plus compréhensible, une commission comprenant un certain nombre de conseillers municipaux, de fonctionnaires, de professionnels et d'amateurs.

Cette commission avait pour mission de revoir toutes les ordonnances, d'en élaguer ce qui était suranné et de refondre en une ordonnance nouvelle les principes destinés à assurer la bonne et rapide circulation des véhicules dans les rues de Paris, circulation qui, avec l'augmentation toujours croissante des tramways, des omnibus, des voitures, des automobiles, des camions et des charrettes, menaçait de devenir prochainement à peu près impossible.

Au sujet des voitures à traction animale, les innovations de l'ordonnance préfectorale sont peu nombreuses. Comme par le passé, il est recommandé aux cochers de fiacre d'avoir des chevaux bien attelés, pas blessés, des voitures propres, sans odeur désagréable, une tenue décente, etc.

Pour les automobiles, les prescriptions de l'ordonnance sont déjà connues. Bornons nous à rappeler que ces véhicules, avant d'être admis à circuler, doivent présenter toutes les garanties désirables de sécurité et que, de même, les personnes qui les dirigent dans les rues de Paris doivent prouver qu'elles ont les aptitudes nécessaires.

En ce qui concerne la vitesse des automobiles et des trains-tramways dans les rues de Paris, l'ordonnance la fixe à vingt kilomètres au maximum. Cette vitesse sera réduite à huit kilomètres dans les traverses, aux croisements et sur les pentes.

Quant aux bicyclistes, ils doivent, comme par le passé, avoir un avertisseur et, le soir, une lanterne allumée. Ils ne peuvent former de groupes dans les rues. Il leur est interdit de couper les cortèges, les convois, les troupes et les files de jeunes écoliers qui traversent la chaussée. En cas d'embarras, ils sont tenus de mettre pied à terre. Ils sont également tenus de s'arrêter lorsqu'à leur approche des chevaux manifestent des signes de frayeur. Enfin, il leur est interdit de lutter de vitesse dans les rues.

Le Figaro — 29 août 1897

L'actualité dramatique

 DRAME DE LA MISÈRE - Le Figaro - 27 déc.1897

DRAME DE LA MISÈRE

M. Pelatan, commissaire de police du quartier Saint-Fargeau, était requis, hier, par le patron d'un hôtel situé au n° 14 du passage Julien-Lacroix, de venir constater le suicide d'une de ses locataires, Léonie Lamy, courtilière, âgée de dix-neuf ans, qui avait entraîné avec elle dans la mort son petit garçon, âgé de quatorze mois.

Le logeur raconta au magistrat qu'il avait dû enfoncer la porte de sa locataire qui avait l'habitude de déjeuner avec lui et dont l'absence lui avait paru singulière. De fortes émanations d'acide carbonique ne lui avaient laissé aucun doute sur le drame qui venait de se produire. Il savait, ajouta-t-il, que Léonie Lamy avait été abandonnée par son amant qui l'avait laissée sans ressources. Accompagné d'un médecin, M. Pélatan se rendit rue Julien-Lacroix. Le praticien, au cours de son examen, reconnut que la couturière donnait encore de très faibles signes de vie. A l'aide d'inhalations, il réussit à la rappeler à la vie et la fit transporter à l'hôpital Tenon. Le bébé était mort.

Malgré l'extrême gravité de son état, la malheureuse couturière a pu reprocher à ses sauveurs de l'avoir ranimée.

J'ai dépensé mes quatre derniers sous pour l'achat d'un boisseau de charbon. Si je reviens à la santé, que ferai-je maintenant ?

Le Figaro - 27 déc.1897

 Désespoir d'artiste

Désespoir d'artiste.

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland, descendant d'une ancienne famille française que la révocation de l'édit. de Nantes obligea à se réfugier en Autriche.

M. Jules Moland était venu à Paris, il y a environ deux ans, pour s'initier à l'art français ; il s'était installé dans un appartement luxueux, trop même, au n° 14 de la rue Gaillon.

Après avoir fréquenté le Louvre pendant plusieurs mois et étudié les maîtres des écoles picturales anciennes et modernes, il s'était jugé suffisamment sûr de lui-même pour produire à son tour une œuvre qui le «lasserait parmi les jeunes peintres actuels dont les noms reviennent le plus souvent sous la plume laudative des critiques d'art. Il se mit courageusement à la tâche, travailla d'arrache-pied des journées entières ; mais, hélas le soir venu, il était obligé de reconnaître que la couleur jetée fébrilement sur la toile était loin de réaliser l'œuvre qu'il portait en son cerveau.

Vingt fois il recommença son tableau et vingt fois il en arriva, à la pénible constatation de son impuissance. Cependant, son dernier effort ne lui avait pas paru être stérile. Pour se convaincre que cette fois, il en était arrivé à quelque chose d'exposable, il s'absenta pondant trois jours et revint devant son œuvre, pensant que l'éloignement lui permettrait de la juger non pas en artiste, mais en critique, « avec les yeux d'un autre », comme disent les peintres. Il trouva son tableau abominable, faux de tons et d'un dessin tout à fait enfantin. Alors une grande désespérance l'envahit, et, se voyant dans l'impossibilité de réaliser matériellement son œuvre idéale, il prit le parti de se donner la mort. M. Jules Moland s'étendit sur son lit, après avoir sabré à grands coups de pinceau son humiliant tableau, et il se tira une balle du revolver dans la tête. Le projectile dévia légèrement et ne lui lit pas la blessure mortelle souhaitée.

L'instinct de la conservation se manifesta- bientôt, et le jeune peintre, la tête ensanglantée, parut à la fenêtre, poussant des appels au secours. La concierge, des voisins, des passants montèrent à son appartement. Ils le trouveront assis dans un fauteuil, non loin de sa toile, affreusement barbouillée. Des soins lui furent prodigués sur place ; puis M. Jules Moland fut transporté à l'hôpital Saint-Louis.

L'état du malheureux, artiste été jugé si grave qu'on ne croit pas qu'il puisse survivre à sa blessure. L'extraction de la balle a été jugée impossible.

M. Péchard, commissaire de police du quartier Gaillon, a informé par dépêche la famille de M. Jules Moland de la tentative désespérée de cet infortuné jeune homme.

Le Matin — 26 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 5 avril

Lundi
5 avril 1897

Du Figaro

A la dernière séance du Sénat, M. Peytral a cru porter une botte très savante  au gouvernement en venant demander, à brûle-pourpoint, au ministre des cultes s'il était vrai que Mgr Coullié, archevêque de Lyon, dût être prochainement élevé à la pourpre cardinalice.

M. Darlan ne s'est pas dérobé à la question, et, très nettement, il a répondu  au sénateur des Bouches-du-Rhône qu'en effet le gouvernement dont deux des candidats — Mgr Labouré, archevêque de Rennes, et Mgr Sourrieu, archevêque de Rouen —avaient été agréés par la Cour de Rome, avait consenti à son tour à agréer Mgr Coullié, candidat du Saint-Père.

M. Peytral n'a pas paru satisfait. Mais tout le monde au Sénat n'était pas de son avis, car, après la séance, les sénateurs du Rhône, qui sont d'excellents républicains et qui ne passent pas, que nous sachions, pour des cléricaux, sont venus féliciter M. Darlan de la décision prise par le gouvernement et ont tenu à rendre témoignage au vénérable archevêque de Lyon pour l'attitude très correcte et très digne qu'il a eue en bien des circonstances, et notamment pour sa noble et patriotique conduite dans une circonstance que les républicains ne devraient pas avoir oubliée l'assassinat du regretté Président Carnot à Lyon.

De tels témoignages étaient bien de nature à consoler le gouvernement de la peine qu'il peut faire à M. Peytral, et l'honorable ministre des cultes n'en doit que se féliciter davantage d'avoir si franchement satisfait à la curiosité du sénateur radical.


Le Conseil municipal, on le sait, a émis la prétention de faire payer un « droit de saillie » à chacune des petites plaques de métal placées sur les maisons parisiennes par les compagnies d'assurance. Et, déjà, nos édiles escomptaient pour une somme assez considérable, dans leur budget des recettes, cette ingénieuse trouvaille de l'un d'eux. 0 déception le nouvel impôt s'évanouit avant même d'être né. La réponse des compagnies d'assurance, en effet, ne s'est pas fait attendre. Depuis quelques jours, des équipes nombreuses d'ouvriers parcourent les rues de Paris, enlevant les petites plaques aux chiffres des diverses compagnies, apposées sur les façades des maisons.

Voilà le Conseil municipal bien avancé !


UN EXPLOIT SPORTIF DU PRÉSIDENT

Du journal Tous les Sports

Personne n'ignore que M. Félix Faure est un sportsman émérite, dans la meilleure acception de ce mot. On a parle souvent du chasseur infatigable et du cavalier distingué qu'il était. Mais nous ne croyons pas qu'on ait jamais vanté les talents de nageur de M. le président de la République.

Dans sa jeunesse, le futur chef de l'État a effectué à la nage le parcours du Havre à Trouville, soit une douzaine de kilomètres, il était accompagné par un canot au bordage duquel il se soutenait de temps à autre sans sortir de l'eau. Dans ces courts moments de repos, le bateau stoppait; en sorte que le vaillant nageur accomplit bien, par ses seuls moyens, la traversée entière de l'embouchure de la Seine.


Accident en Seine.

Hier matin, un bateau chargé de mélasse, appartenant à M. Barc, a heurté, une pile du pont de Bercy, en descendant la Seine, L'avant du bateau a été défoncé sur une longueur de 1 mètre 50 au-dessus de, la ligne de flottaison.,

Les pompiers des casernes Jeanne-d'Arc et de. Chaligny, qui avaient été prévenus, ont aidé les mariniers à aveugler la voie d'eau.


Du Gil Blas

Nous constatons, une fois de plus, que la ville de Paris est restée sourde à nos plaintes.

Le boulevard Haussmann va, si cela continue, devenir impraticable pour les voitures. Les rails de tramways, ainsi qne nous l'avons dit, dépassent de 5 centimètres au moins le niveau des pavés et les accidents deviendront de plus en plus fréquents.

La ville de Paris, pourrait il nous semble, faire preuve d'un peu de bonne volonté.


La Canée, 4 avril.

Les négociations pour le désarmement des bachibouzouks ont duré une heure. Leurs chefs réclamaient un ordre du gouverneur et la présence d'Edhem-Pacha.

Le colonel autrichien Couze dirigeait les opérations et avait donné l'ordre de commencer les perquisitions, lorsque Edhcm-Pacha, que le consul d'Autriche était allé chercher au Konak, et qui, sur ses instances énergiques, s'était décidé à intervenir, arriva au village de Kalicni présider au désarmement.

Le cordon des troupes fut alors resserré autour des bachibouzouks qui commencèrent à reudre tranquillement leurs fusils.

 

sans titre 1

 6 avril

Mardi
6 avril 1897

Après M. Gaston Paris, chancelier de l'Académie venu lui annoncé officiellement l'élection de MM. le comte de Mun et Hanotaux, le président de la République a reçu hier les membres de la municipalité dé Rambervillers, présentés par M. Henry Boucher, ministre du commerce, qui lui ont remis une médaille d'or en souvenir de la décoration conférée récemment aux armes de la ville, puis les sénateurs, députés et le préfet de la Haute-Savoie, qui lui ont demandé .de s'arrêter à- Annecy au cours de son prochain voyage dans les Alpes, au mois de septembre.

M, Félix Faure a accepté.


Pas de chance, les numismates

Nous avons dit que l'apparition de la nouvelle monnaie d'or, confiée aux soins de M. Chaplain, allait être retardée de plusieurs mois. Aujourd'hui, voici que le nouveau type des pièces d'argent, que M. Roty s'est charge de graver et qui était terminé il y a un mois environ, va subir une modification importante.

La face, qui représente la République semeuse,, une femme, d'un geste large, jetant une poignée de graines à la terre, sera conservée, Elle est d'ailleurs fort belle et pourra compter parmi les chefs-d'œuvre de notre éminent graveur.

Mais le flambeau dans une branche d'olivier du revers donne moins de satisfaction à l'artiste qui se propose de le supprimer.

Cette modification va forcément retarder un peu la frappe. Les pièces de cinquante centimes, qui doivent être mises en circulation les premières, ne sortiront des presses de la Monnaie que vers la fin de l'année courante, et celles de un franc, de deux francs et de cinq francs ne verront le jour qu'en 1898.

A propos des pièces de cinq francs, le bruit a couru que la mention inscrite jusqu'ici sur la tranche Dieu protège la France, était menacée de disparaître. Nous avons interrogé à ce sujet M. Roty. -Je n'en sais absolument rien, nous a-t-il répondu. Je serais étonné que cette suppression fût faite, car l'administration ne m'a informé de rien.


On n'ajoute aucune foi, à Londres, au bruit publié par un journal suivant lequel le tsar et la tsarine doivent se rendre à Nice pour conférer avec la reine Victoria.


Hier, à midi, les médecins qui soignent M. Tolain, questeur du Sénat, ont signé le bulletin suivant

L'état du poumon et de la plèvre ne s'est pas aggravé, mais la faiblesse est toujours grande et le malade est tourmenté par un hoquet incoercible, résultat de la pleurésie diaphragmatique.

Dans la soirée, l'entourage du malade paraissait de plus en plus rassuré, mais de graves complications sont toujours à redouter.


Un déplacement... bien parisien.

Du Gaulois

C’est vraiment ainsi que l’on peut appeler l’originale excursion dont M. Gaston Duchemin a eu l’idée ! Oyez plutôt.

Le 2 mai prochain, un vaste paquebot quittera Marseille pour une croisière de quinze jours autour de la Crète et de la Grèce.

Ainsi des touristes privilégiés, sans quitter pour ainsi dire leur demeure, parcourront les radieux pays, théâtres des événements qui attirent en ce moment l’attention de toute l’Europe; ils contempleront les flottes réunies des grandes puissances et suivront, selon les circonstances, les opérations navales. Le retour s’effectuera avec escales à Palerme et à Naples.

Un cinématographe vivant, enfin; la question d’Orient chez soi ! C’est le rêve!


Les personnes qui possèdent des objets précieux, tels que bronzes d’art, tapisseries, meubles anciens, porcelaines de Saxe et de Sèvres, même des objets à partir du douzième siècle, trouveront à les céder au comptant et au-dessus de leur valeur, en s’adressant à MM. Seligmann, 2, place Vendôme, qui se dérangeront même, s’il y a lieu.


UN TRAMWAY EN FEU

Un accident bizarre est arrivé hier, à cinq heures de l’après-midi, à un tramway à électricité allant de la Madeleine au pont de Neuilly et à Courbevoie.

On sait que ces tramways fonctionnent depuis quatre ou cinq jours.

A la hauteur du parc. Monceau, le mécanicien s’aperçut que le feu avait pris à sa machiné, il sauta à terre et put, en interrompant le courant électrique, éviter de graves conséquences.

Mais, à l’arrêt brusque de la voiture, les voyageurs avaient été pris de panique et avaient sauté â terre.

La voiture ayant été isolée, le foyer de ce commencement d’incendie fut découvert et promptement éteint. Des chevaux ont ramené le tramway à la Madeleine. Cet accident est dû à la rupture d’un des fils conducteurs de l’électricité.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 C'est un garçon bien élevé, comme disait le campagnard, en désignant son fils en haut du peuplier.


279. Le premier numéro de l’Aurore été publié le 19 octobre 1897.

La Madone


Conversation entendue en wagon : « Par ce temps de hâle, votre teint est toujours aussi frais, aussi pur, aussi rosé. Comment faites- vous, chére amie ? C'est bien simple ! j'ai soin de me poudrer avec la poudre de riz « La Madone », qui est excellente et d'une finesse sans pareille. Je ne saurais plus m'en passer. Où se vend-elle ? Chez n'importe quel parfumeur. La vente en gros est 26, rue d'Enghien. »
 Pourquoi les femmes vivent-elles

Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps que les hommes ?

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la statistique des centenaires pour être frappé de l'écrasante supériorité dont jouit le sexe féminin.

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 LES SENSATIONS D'UN PENDU

Les sensations d'un pendu

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Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse

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Le drame de Javel

Un crime a été commis, avant-hier soir, rue Sainte-Lucie, dans le quartier de Javel. Un employé qui était l'amant de la femme de son patron a tué ce dernier d'un coup de couteau.

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 OU LES GOUTS SE RENCONTRENT - l'univers illustré 1895

OÙ LES GOUTS SE RENCONTRENT

L'un préfère la brune et l'autre veut la blonde;

L'or charme celui-ci, cet autre aime le Vin ;

Celui-là court la gloire et les honneurs enfin.

Les savons du Congo plaisent à tout le monde;

Pierre Nix, au Savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

Un accusé s’attend à une condamnation très sévère

Un accusé s’attend à une condamnation très sévère. Mais le jury a été indulgent et, grâce aux circonstances atténuantes, la cour ne prononce que dix ans de réclusion.
— Dix ans, seulement! s’écrit le condamné tout joyeux. Ah ! - messieurs les jurés, que Dieu vous le rende !

Entre époux :

Entre époux :
MONSIEUR. — Il est à remarquer que ce sont les plus grands imbéciles qui épousent les plus jolies femmes...
MADAME, souriante. — Oh !... flatteur !...

Au cercle. Un joueur à son voisin de tapis vert:

Au cercle.
Un joueur à son voisin de tapis vert:
— Prêtez mois dix louis..... Je vous les rendrai demain sans faute.....
Le voisin hésite et après dix secondes de réflexion
— Ma foi! non. fait-il. J’aime mieux les perdre..!.. C'est plus sûr !

 A Montmartre

A Montmartre.

— Hein ! a-t-il de la chance cet animal de Z….

— Pourquoi ?

— Il dit qu'on vend ses tableaux comme du pain.

— II a voulu dire comme des croûtes !...

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Simplicité administrative

Simplicité administrative.

Un médecin a une note de trois francs à toucher à l'administration des ponts et chaussées. Les honoraires du prix d'une visite sont fixés a deux francs, plus vingt-cinq centimes par kilomètre quand l'Esculape est appelé hors de son domicile.

Et voici ce qui se passe suivez-moi bien Le docteur adresse son mémoire au conducteur, qui le transmet à l'ingénieur ordinaire, lequel l'expédie, avec son « rapport », à l'ingénieur en chef, lequel le fait parvenir avec « son avis » au préfet du département, qui l'envoie finalement avec une lettre au ministère.

Le ministère approuve sereinement la dépense de trois francs et le dossier s'en retourne avec la série de lettres, comme il convient, en resaluant au passage préfet, ingénieur en chef, ingénieur ordinaire, conducteur, etc.

Pour trois francs, un fiacre n'en ferait pas tant !

Le Gaulois — 17 nov. 1897

 Le record de la bâtisse Fig 4 janv 97

Le record de la bâtisse.

A peine percée, la rue Réaumur est livrée aux maçons, et voici qu'à l'angle de la nouvelle voie et de la rue Saint-Denis se dresse aujourd'hui un hangar gigantesque dont le faite dépasse de plusieurs mètres tous les immeubles du quartier. Une foule de curieux stationnait hier devant la monumentale charpente qui ne mesure pas moins de 31 mètres de hauteur, 61 mètres de façade et 20 mètres de profondeur. On y pourrait loger une cathédrale et c'est tout simplement, nous a dit l'un des contremaitres des chantiers, pour permettre aux ouvriers de construire vite et à l'abri un vaste immeuble à six étages qu'on vient d'élever ce «parapluie» aux immenses baies vitrées, qui enveloppera en même temps matériaux, véhicules,. machines et travailleurs. A l'intérieur circule sur rails un échafaudage roulant de 22 mètres, monté sur un pont à-5 mètres au-dessus du sous-sol, d'où sortent déjà les fondations. Il faut que l'immeuble à six étages soit habitable dans trois mois environ, et, pour réaliser ce: tour de force, jour. Et nuit, éclairés par trente lampes à arc et plusieurs centaines d'ampoules électriques, deux cents maçons et huit cents à mille charpentiers, menuisiers, serruriers, couvreurs, vitriers, etc., l'effectif de plusieurs régiments sur le pied de paix, hâtent l'achèvement de leur travail babylonien.

Le Figaro - 4 janvier 1897

 Allo! allo ! - 1897

Allo! allo ! !

En vue de donner de nouvelles facilités pour les communications téléphoniques, M. Edouard Delpeuch, sous-secrétaire d'Etat des postes et télégraphes, vient de décider l'établissement d'une cabine téléphonique publique dans chacune des recettes auxiliaires des postes de Paris, situées Avenue Kléber, 93 ; rue des Morillons, 31 ; rue Didot, 95 ; rue Thérèse, 1 ; passage Jouffroy, 7 ; rue Louvois, 8 rue Giffard, 1 ; boulevard des Batignolles, 82 ; rue La Boétie, 17 ; rue-de Tolbiac, 186 ; boulevard de la Chapelle, 14.
Ces cabines seront ouvertes au public, dans les mêmes conditions que celles qui sont installées dans les bureaux de poste et de télégraphe de Paris, c’est-à-dire que le public sera admis à échanger des conversations locales et interurbaines, des messages et à utiliser les cartes d'admission aux cabines payantes ou gratuites.

Le Matin – 14 octobre 1897

 l'or employé pour l'aurification des dents - 1897

Un statisticien américain ces gens sont sans pitié a calculé que l'or employé pour l'aurification des dents aux États-Unis représente la valeur de vingt millions de dollars.
Et dire que tous les dentistes américains sont en Europe !

Le Figaro – 18 juillet 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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