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SIXIEME ANNÉE N°3283

 

322ème jour de l'année

   


Dimanche
18
Novembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 La physiologie du cheveu

La physiologie du cheveu. — Brunes et Blondes 

Les physiologistes, très friands de tous les signes extérieurs pouvant indiquer des différences de tempérament, ont toujours attaché une grande importance au cheveu. Non seulement sa couleur, mais encore et surtout son calibre, leur semble révélateur de la force ou de la faiblesse intellectuelle et morale de l’individu. Cheveux plats et fins, disent-ils, intelligence élevée ; spiritualisme; cheveux gros et crépus, intelligence lente, nature gourmande. Cheveux fins, courts et bouclant naturellement, aptitudes artistiques, facilité d’assimilation remarquable. Cheveux longs, abondants et fins, imagination, aptitudes littéraires. Cheveux rudes, caractère méchant ; cheveux soyeux et doux, nature aimable. Que de choses dans un cheveu!

Ce n’est pas impossible, après tout ; le léger fil, blond ou brun est une chose vivante, moins destructible et plus fluide que la chair ; plus magnétique aussi. Nous le comprenons inconsciemment puisque la piété du souvenir le conserve et que les expériences somnambuliques l’emploient.

Le cheveu supporte le contre coup de toutes nos émotions morales. Il blanchit dans le chagrin, tombe dans le surmenage, se hérisse dans l’épouvante, se ternit dans la maladie, brille dans la santé, s’électrise quand on le caresse. Il semble préposé à la respiration fluidique du cerveau. Si réellement ce rôle est le sien, il n’est pas surprenant qu’il change d’aspect et de couleur d’après le contenu des têtes qu’il couvre.

Une des questions les plus controversées a été de savoir lequel, du type blond ou du type brun, valait mieux moralement et intellectuellement.

Tout d’abord, il faut remarquer que la coloration du cheveu, comme celle des corolles, relève beaucoup de la lumière solaire.

Les corps qui reçoivent les rayons obliquement sont de teinte - forte et moins chaude que ceux qui les reçoivent en droite ligne. Le blond domine dans le nord, le brun dans le midi. Cette réserve générale faite, on ne peut nier que certaines formes de tempéraments et par conséquent d’attitudes morales, ne soient liés à certaines couleurs, à certaines présentations du cheveu.

 Les lymphatiques sont généralement blonds ; les sanguins sont généralement bruns. On assure que les femmes blondes ont moins de courage, de dévouement quotidien et de désintéressement que les brunes. En revanche, elles ont plus de charme câlin, plus de faiblesse féminine. Beaucoup de femmes que la chronique des siècles précédents cite comme frivoles ou dangereuses furent blondes. Cependant, Sainte Geneviève et Jeanne d’Arc avaient des cheveux d’or. Un grand nombre de brunes forment la liste glorieuse des héroïnes antiques : Pénélope, Niobé, Iphigénie, Monime, Cornélie, Eponine, Aria. Nous y voyons aussi des muses, Sapho, Clémence, Isaure. Une grande artiste, sainte Cécile ; un chef d’État, Marie-Thérèse saluée « roi » par son peuple.

Un préjugé stigmatise la couleur rousse. Ils sont, dit le proverbe populaire, ou tous bons ou tous méchants. Ce qui le prouve, c’est qu’en feuilletant le catalogue des chevelures rousses, nous trouvons Cléopâtre qui ne valait pas grand chose et sainte Madeleine que Jésus transforma.

La physiologie, d’ailleurs, attache moins d’importance à la .nuance du cheveu qu’’à sa contexture. Sur ce dernier sujet, elle se croit précise et donne ses conclusions comme absolues. Elle a divisé la grande famille humaine en sept castes ou degrés d’évaluation d’après la façon dont le cheveu, coupé horizontalement, se présente au microscope. C’est un peu tiré par les cheveux cette façon de juger les gens, cependant elle constitue un moyen d’investigation mentale qui n’est pas à dédaigner. J’en ai moi-même fait quelquefois l’expérience. Lorsque je parle à un individu dont les cheveux sont crêpelés ou frisés, je cherche à l’intéresser par des images sensibles, vivantes, mouvementées ; l’exposé des idées et des théories me suffira pour captiver l’homme à cheveux plats et fins. Si je souhaite l’amitié d’un enfant frisé comme un caniche, j’offre des bonbons, car il est gourmand ; si j’ai affaire à un bambin aux cheveux de soie, je donne des livres ou des images: il est intellectuel.

Voilà comment on prend les gens aux cheveux.

Georges de Beauchamp
Les veillées des chaumières - 2 avril 1898

L'actualité dramatique

 Un drame rue Charles V

Un drame rue Charles V

Un terrible drame s'est passé hier, 2, rue Charles V, à la fabrique de parfums Brigot et Cie.

Cette maison de commerce avait été achetée au mois de janvier dernier par M. Eugène Bouly, âgé de trente-sept ans, demeurant, 20, boulevard Saint-Marcel. En prenant la direction de la maison, Bouly avait conservé l'ancien associé de M. Brigot, M. Charles Jacob, âgé de cinquante et un ans, demeurant, 50, avenue Ledru-Rollin.

La bonne intelligence ne dura pas longtemps entre les deux associés. M. Jacob reprochait à M. Bouly de ne pas être sérieux et de s'occuper beaucoup plus de ses plaisirs que de ses affaires. A chaque règlement de compte, c'est-à-dire à chaque fin de mois, les discussions recommençaient plus âpres et finissaient par se changer en véritables disputes.

Hier, 1er septembre, à trois heures de l'après-midi, Bouly était dans son bureau, lorsque Jacob arriva. Ils échangèrent quelques paroles au sujet de la balance du mois d'août, et, comme d'habitude, Jacob, constatant qu'elle était de moins en moins satisfaisante, s'emporta en reproches contre son associé :

— Comment voulez-vous que ça marche ? lui dit-il. Vous faites une noce carabinée au lieu de vous occuper de la maison. Ça ne peut pas durer comme ça

— Eh bien non, ça ne durera pas !... répliqua Bouly avec colère.

Et, fouillant dans un tiroir tout ouvert, il en sortit un revolver de gros calibre (12 millimètres) et fit feu trois fois sur son associé. L'une des balles alla se loger au plafond, une autre dans le mur, à hauteur d'homme. La troisième atteignit Jacob à la joue, au-dessous de la tempe et traversa le visage. Puis il se tira une seule balle qui entra par une tempe et sortit par l'autre.

Les deux hommes furent portés à l'Hôtel-Dieu. M. Jacob est salle Saint-Landry. Son état est très grave. Quant à Bouly, il est mort un quart d'heure après son arrivée. D'après les papiers trouvés sur Bouly, il avait l'intention de se suicider.

On a trouvé sur son bureau plusieurs lettres adressées à des amis et dans lesquelles il leur faisait ses adieux. A l'Hôtel-Dieu on a retiré de la poche de sa redingote une lettre de vingt pages expliquant longuement les raisons pour lesquelles il se décidait à mourir. Cette lettre a été remise à M. Briy, commissaire de police remplaçant M. Carlier, commissaire du quartier. Il avait préparé son revolver pour se tuer quand il aurait fini d'écrire. La fatalité a voulu que M. Jacob arrivât à ce moment et fut la première victime du drame qui se préparait.

Les scellés ont été apposés sur le bureau par le juge de paix de l'arrondissement.

Le Figaro — 2 septembre 1897

 UN BANQUEROUTIER PRUSSIEN

UN BANQUEROUTIER PRUSSIEN

La police de Sûreté recherchait, depuis quelques jours, un nommé Pierre Corivet, dont le gouvernement allemand avait demandé l'extradition. Cet individu, qui était banquier à Berlin, où il occupait une situation importante, s'était enfui, au mois de juin dernier, en laissant derrière lui un passif considérable.
Pierre Corivet, qui était venu se cacher à Paris, y a été découvert, hier, et arrêté aussitôt par les soins de M. Hamard, sous-chef de la Sûreté. Le banqueroutier allemand a été écroué au Dépôt où il va attendre l'accomplissement des démarches nécessitées par les formalités de l'extradition.

Le Figaro - 2 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash novembre

Dans l'actualité du ...

 16 novembre

Mardi
16 novembre 1897

Le Président pour tous.

Nous allons voir sur les murs de Paris, dans quelques jours, M. Félix Faure lui-même, principal sujet d'une nouvelle grande affiche en couleurs.

L'affiche, destinée à prôner naturellement les mérites d'un nouveau produit alimentaire, représente M. Félix Faure dans l'attitude d'une bonne digestion bourgeoise.

L'imprimeur, se méfiant des susceptibilités du protocole, crut devoir demander à l'Élysée une autorisation. La maison du président bien qu'il y eût un précédent cette affiche que tout Paris connaît et qui montre le chef de l'État debout, le verre en main, dégustant était disposée à faire interdire cette réclame nouvelle. Mais M. Félix Faure s'est fait apporter une épreuve il a ri de la pose que lui avait donnée l'auteur, donc il était désarmé

Il a demandé seulement que l'artiste retouchât la figure.

« Au moins, faites-moi ressemblant!» a dit le Président.


Les buveuses de sang.

Ceci n'est pas un titre sensationnel de roman feuilleton, c'est une catégorie de Parisiennes, peu nombreuses, à la vérité, qui ont failli se ressentir de la grève des abatteurs.

Le matin, on peut voir, à la première heure, une théorie de jeunes personnes, à la figure anémiée, qui bravement, sans apparence de dégoût, pénètrent dans les échaudoirs de La Villette et absorbent un verre de «  rouge liqueur » absolument comme si c'était un verre de quinquina ou de lait mousseux.

Ce breuvage peu ragoûtant, ordonné dans certains cas, par les médecins, a-t-il vraiment quelque efficacité sur la santé des personnes malades ?

La question a été souvent discutée elle n'a jamais été résolue d'une manière positive, mais tout porte à croire que le principal avantage du traitement est de forcer les jeunes personnes à un exercice quotidien et matinal !


Le président de la République a reçu, hier, entre autres visiteurs, M. Cambon, ambassadeur à Washington, et le lieutenant-colonel de Schwartzkoppen, qui quitte, comme on le sait, l'ambassade d'Allemagne.


L'hôpital Boucicaut.

Nous avons visité hier le nouvel hôpital dont nous annoncions la prochaine inauguration. Il est situé tout là-bas, à Javel, de l'autre côté du Pont Mirabeau, rue de la Convention. C'est le dernier cri de l'architecture moderne, il comprend cinq vastes corps de bâtiments construits en briques rosés. Les salles, en forme de coque de navire, sont pourvues.de chaque côté, de hautes fenêtres qui s'ouvrent sur un jardin semé d'arbustes et de parterres fleuris; les murs sont tapissés de feuilles de liège afin d'éviter l'humidité à l'extrémité de chaque salle se trouve une sorte de serre où de hauts palmiers et autres plantes vertes sont disposés avec beaucoup de goût. Les réfectoires, les salles de bains sont remarquablement agencés. Les deux grandes chambres réservées au premier étage aux employés du Bon Marché sont desservies par un ascenseur d'un type nouveau ajoutez à cela une installation électrique irréprochable, et vous aurez peut-être une idée du luxe qui a été déployé pour l'aménagement de cet hôpital modèle.


M. Félix Faure visitera, probablement aujourd'hui, accompagné du ministre du commerce, les chantiers de l'Exposition et assistera, le 1er décembre, à l'inauguration de l'hôpital Boucicaut.


Vol dans un bureau de poste

M. Chassagne, facteur des postes, demeurant, 26, rue des Mignottes, se trouvait, hier soir, dans le bureau situé, rue des Pyrénées, lorsqu'il dut s'absenter quelques secondes. Quand il revint à sa place, il s'aperçut de la disparition d'une montre d'une valeur de 200 francs qu'il avait déposée sur une planchette, près de sa chaise.


La librairie Larousse ne s'endort pas sur ses lauriers. Elle commencera après-demain samedi la publication, par fascicules à soixante centimes, d'un Atlas illustré dont on dit merveille et qui sera tout à la fois un ouvrage de luxe d'un caractère réellement artistique et un livre de fonds présentant un tableau d'ensemble absolument unique de la géographie du monde entier.


Le Palais de Cristal, 20, boulevard Montmartre, et 2, rue Drouot, est la maison de tailleur qui fournit le plus beau costume veston pour 75 fr., un superbe pardessus au prix de 65 fr., et un costume habit à 140 fr.


L'épuisement nerveux, grâce à notre vie outrancière, est l'épée de Damoclès qui nous menace tous. Ainsi s'explique la faveur du public pour les préparations capables de fortifier les nerfs, sans les irriter toutefois là est l'écueil de la plupart des remèdes La préparation la plus ancienne et la meilleure de toutes (au dire des principaux médecins), c'est le Vin Bravais, Pedro-Ximenès vieux, riche en kola, coca, guarana, théobromine et cacao, c'est-à-dire en tous principes capables de régénérer les éléments du système nerveux fatigué.

sans titre 1
Flash novembre

 17 novembre

Mercredi
17 novembre 1897

Le président de la république a visité hier les chantiers de l'Exposition de 1900, où il a été reçu par M. Henry Boucher, ministre du commerce, et par M. Alfred Picard; commissaire général, entourés du haut personnel de l'Exposition, MM. Henry Roujon, Bouvard, Delaunay-Belleville, Grison, Stéphane Derville, Huet, Henri Chardon, Victor Legrand, Albert Legrand, etc.

M. Alfred Picard a remercié en quelques mots le Président de sa visite, et on a beaucoup remarqué que le commissaire général insistait sur le caractère aimable et souriant qu'on entend donner à la grande manifestation industrielle, économique et artistique de 1900.

Les présentations des collaborateurs faites, le Président à visité les maquettes des futurs palais des beaux-arts, qu'il a particulièrement admirées, puis les chantiers eux-mêmes de ces palais, le pont Alexandre III et les berges de la Seins jusqu'au pont de l'Alma où il s'est rendu en bateau.

Il a pu se rendre compte que la plus grande activité règne sur les divers chantiers, et d'ailleurs le président de la république a paru emporter de sa visite la meilleure impression.


DÉCLARATION DE L'EMPEREUR D'AUTRICHE

Vienne, 17 novembre. L'Empereur a reçu à midi la Délégation hongroise et à une heure la Délégation autrichienne. Dans sa réponse aux allocutions des présidents, le souverain a exprimé ses remerciements pour les assurances de dévouement qui lui étaient données.


Londres, 17 novembre. Le Standard publie ce matin une note d'allure inspirée, disant que les Français ont occupé sur le bas Niger des positions qui sont incontestablement dans le territoire de la Compagnie du Niger que le gouvernement anglais a appelé l'attention du gouvernement français sur cet empiètement sur le territoire d'une nation voisine et amie, en donnant les preuves de propriété mais que la France n'a pas fait de réponse satisfaisante.


MADRID, 17 novembre. A la suite d'une indisposition du ministre des colonies, le conseil des ministres qui devait avoir lieu ce soir est ajourné.


ACCIDENT DE CHEMIN DE FER

LONDRES, 17 novembre. Un accident de chemin de fer, dû à la rupture de l'essieu d'un wagon-écurie, s'est produit, ce matin, à Luffenham. Plusieurs chevaux de course, qui avaient couru à Leicester la veille, ont été tués. Plusieurs valets d'écurie ont été blessés.
Parmi les chevaux grièvement blessés, on cite Splendour, gagnant d'une course d'hier; Kirschwasser, second dans une autre épreuve le même jour.


Pretoria, 17 novembre. La Gazette officielle d'aujourd'hui publie les déclarations du président Krüger, du général Joubert et de M. Schalk Burger, membre du conseil exécutif, par lesquelles chacun d'eux annonce qu'il posera sa candidature à la prochaine élection présidentielle.
On croit généralement que le général Joubert a perdu toutes chances d'être élu et que toutes ses voix se concentreront sur M. Burger, ci-devant président de la commission industrielle.


Dernier écho de la fête de la Croix-Rouge de Montreuil.

Le médecin militaire, délégué par le ministre de la guerre pour faire un rapport sur l'affectation possible en temps de guerre de l'école de Montreuil en hôpital, n'a eu que des éloges à donner à l'installation préparée par le comité des dames de la Croix-Rouge. Il nous est très agréable d'en féliciter ici la distinguée et active présidente du comité des dames, Mme E. de Marsac.


TROIS CONDAMNATIONS A MORT

ALGER, 17 novembre. La cour d'assises a condamné, ce soir, à la peine de mort trois indigènes qui, dans la nuit du 31 octobre 1897, dans le canton de Teniet el Haad, assassinèrent deux autres indigènes dont ils convoitaient les biens.


De Monte-Carlo

« La fête de la Saint-Albert, qui est la fête de S. A. S. le prince de Monaco, a été l'occasion, dans la principauté, de manifestations enthousiastes et de réjouissances populaires dont les étrangers ont admiré la vive gaieté et la parfaite élégance.
» La fête de nuit a été un véritable éblouissement, grâce aux magnifiques illuminations de Monte-Carlo et au feu d'artifice de Ruggieri.
» La fête s'est clôturée par un superbe concert symphonique qui a été pour le maestro Léon Jehin l'occasion de reprendre sa baguette directoriale. Puis on a dansé toute la nuit, sous les lampions… et sous les étoiles des merveilleuses nuits du littoral.


LE CABINET BRÉSILIEN

Rio-de-Janeiro, 17 novembre. M. Sebastiao-Enrico Gonçalves de Lacerda, député de l'État de Rio-de-Janeiro, est nommé ministre des travaux publics, en remplacement de M. Murtaho.


Nous sommes en pleine saison artistique et mondaine, et, pour les étrangers et provinciaux de marque qui viennent se retremper quelques semaines dans l'atmosphère des boulevards, il -n'est guère de séjour plus agréable et d'un plus grand confort que le Grand-Hôtel. S'ils veulent bien demander l'ingénieux plan-tarif que l'administration du Grand-Hôtel envoie franco, ils verront que chacun peut, d'avance, choisir sa chambre, son appartement et régler sa dépense à quelques francs près, et chacun constatera, avec une agréable surprise, que les prix n'ont rien d'excessif.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 On a beau dire, plus ça ira, et moins on rencontrera de gens ayant connu Napoléon.


340. Le 13 juin 1897 était couru le Grand Prix de Paris. Doge a fait encaisser la forte somme aux parieurs. Quant à ceux qui ont joué Palmiste ou Flacon. Ils se sont consolés de leur culotte en prenant force « Dubonnet», mettant en pratique ce vieil adage « Quand on prend du Dubonnet on n'en saurait trop prendre. » C'est d'ailleurs de l'argent bien placé, le quinquina Dubonnet apéritif et tonique rapportant 100% d'appétit et de vigueur à ceux qui le consomment habituellement.
Toutes les bonnes maisons s'empressent de s'approvisionner de cette vaisselle en cuivre et argent purs qui est la vaisselle vraiment hygiénique, et qui, par sa durée et son facile entretien, supprime tous les dangers de l'étamage mêlé de plomb, et revient en somme meilleur marché, au bout d'un certain temps, que la vaisselle étamée ou émaillée. Aussi, les demandes de catalogues affluent de tous les points de la province et de l'étranger, aux magasins du Bi-Métal, 30, boulevard des Capucines.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 LES SENSATIONS D'UN PENDU

Les sensations d'un pendu

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Un enfant coupé en morceaux.

Un crime horrible, qui a malheureusement des précédents, a été découvert avant-hier soir. On a trouvé dans la lunette d'un chalet de nécessité la tête fraîchement coupée d'un enfant nouveau-né dont le reste du corps a disparu.

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Un garçon de recettes disparu

Mardi dernier, un garçon de recettes auxiliaire du Comptoir d'escompte, Augustin-Frédéric Lamare, âgé de soixante-cinq ans, partait de la rue Bergère pour aller encaisser, dans les circonscriptions de Villejuif et de Gentilly, une somme de 65,000 francs représentée par des effets arrivés échéance. Le soir, il ne parut pas à l'administration, pas plus d'ailleurs qu'à son domicile.

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 REINE QUAND MÊME

REINE QUAND MÊME

La femme a beau vouloir de l’homme être l’égale,

Elle sera toujours la reine de nos cœurs,

Tant que le Congo fin aux exquises senteurs,

Mettra sur son beau corps la couronne idéale.

Guy Duruy, au savonnier V. Vaissier

Nouvelles à la main

Sur le boulevard  — Adieu

Sur le boulevard
— Adieu, mon bon ami. Je compte partir pour l'étranger et m'y fixer. Tu ne me reverras probablement jamais !
— Alors, prête-moi cinq louis !

 A la Correctionnelle

A la Correctionnelle.

Le président, au prévenu :

— Comment vous appelez-vous ?

Le prévenu, modestement :

— Oh monsieur le président, mon nom ne vous dirait rien !

 Deux ivrognes titubaient hier so

Deux ivrognes titubaient hier soir rue Montmartre

— Pisque j' te dis que c'est moi qui paye.

— Non, j'ai trop bu.

— Malheur ! t'es pas un homme ! t'as peur du canon.

Les façons de parler

Les façons de parler.
— Comment va ton oncle depuis ce terrible accident de chemin de fer ?
— De mieux en mieux, depuis qu'on s'est résigné à l'amputer des deux jambes. Les médecins affirment que dans un mois il sera sur pied !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 PAS DE NÈGRE

PAS DE NÈGRE !

Dans la marine de guerre américaine — Le premier qui ose.

New-York, 16 avril. Par câble au « Matin ».- Un nègre, fera-t-il partie de la marine de guerre américaine'? On se pose la question en ce moment.

Randall Bundy, un jeune nègre qui demeure à Cincinnati, doit, prochainement, passer ses examens à Washington pour être admis à l'École navale d'Annapoiis, où la marine de guerre américaine recrute ses officiers.

Les directeurs de l'École promettent à Bundy toute leur bienveillance; mais les cadets ne se montrent sans doute pas aussi bien disposés que leurs professeurs. Le ministre de la marine reçoit déjà, de tous les points du pays, de nombreuses protestations contre l'admission de Bundy dans le corps des officiers de la marine.

Le Matin — 17 avril 1897

 quinquina Dubonnet - Fig 27/02/97

D'après un savant anglais, la proportion des femmes dépassant cent ans est de 43 contre 23 hommes. Cela est dû à la suppression de l'alcool et des apéritifs de l'alimentation des femmes. Non pas qu'elles se privent totalement d'apéritifs, seulement, au lieu d'absinthe et de vermout de mauvaise qualité, elles prennent simplement du quinquina Dubonnet, qui est aussi tonique qu'apéritif.

 Docteur Ghirelli - Fig. 24/05/97

Nous apprenons avec plaisir que le traitement du docteur Ghirelli, dont la réussite pour la guérison des maladies de poitrine s'affirme de plus en plus, est mis tous les jours à la disposition des malades, rue de La Boëtie.
Les appareils d'inhalation fonctionnent le matin et l'après-midi et peuvent, si on le désire, être transportés ou envoyés au domicile des malades.

Le Figaro - 24 mai 1897

 LA GUERRE SANS EFFUSION DE SANG - 1897

LA GUERRE
SANS EFFUSION DE SANG

De nombreux romanciers écrivant spécialement ad usum juventutis ont souvent fait intervenir, dans le récit d'héroïques combats très invraisemblables, l'usage de gaz soporifiques qui réduisent à l'impuissance l'un ou l'autre des belligérants. Ce rêve serait-il sur le point de devenir une réalité ?
On annonce, en effet, qu'un humble chimiste de Varsovie, nommé Simon Pavlowski, a découvert un nouvel anesthésique jouissant des plus merveilleuses propriétés. L'inventeur assure que lorsque ses obus inoffensifs, à enveloppe de gélatine et chargés de gaz, feront explosion sur un champ de bataille, les combattants tomberont doucement et instantanément sur le sol, en proie , à une profonde léthargie d'où ils ne sortiront qu'au bout de quinze heures, sains et saufs, mais sans armes, sans drapeaux, sans bagages, et prisonniers de leurs adversaires.
Cela ne vaudrait-il pas mieux que la future charcuterie à la mélinite ?

APL - 28 novembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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