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SIXIEME ANNÉE N°3480

 

154ème jour de l'année

   


Lundi
2
Juin 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LE JUGE FRAPPEUR

LE SCANDALE DE BAYEUX
ou
LE JUGE FRAPPEUR

(DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL)

Bayeux, 2 janvier 1897,

L'antique cité de Bayeux en Calvados était déjà célèbre, non seulement par sa fameuse tapisserie de 70 mètres de long, datant du onzième siècle et attribuée à la reine Mathilde, mais aussi par la façon toute spéciale dont les contribuables tiennent leurs chiens en laisse quand intervient, d'aventure, quelque arrêté préfectoral les astreignant à cette corvée. Jusqu'à présent, et depuis les temps les plus reculés, les habitants de Bayeux ont protesté contre l'usage de la laisse, et quand ils sortent leurs chiens en temps d'épidémie rabique… ils les tiennent par la queue !

Ceci n'est pas une légende.

Ce qui n'est pas une légende, non plus, c'est l'aventure tout à fait extraordinaire qui m'amène ici.

Il manquait quelque chose à la gloire de Bayeux quelque chose de moderne et de bien fin de siècle comme, pair exemple, un magistrat unique, étrange, stupéfiant. Cette curiosité, Bayeux la possède maintenant. Le fait a été révélé par Je Bonhomme Normand du 1er  janvier, en ces termes laconiques :

Ô JUSTICE ! —  Le juge d'instruction accusé d'avoir frappé des prévenus est M. Duc, juge à Bayeux. Un décret le relève de ses fonctions de juge d'instruction. Que de pauvres diables ont été condamnés à la prison pour beaucoup moins ? Ô justice !

Quel était donc ce mystère ?

Que signifiaient ces lignes qui en disent trop ou pas assez ?

Le Figaro, toujours très curieux et fureteur, a voulu le savoir. Et voici pourquoi je suis venu ici où j'ai appris les choses surprenantes qui suivent :

Le 28 novembre dernier comparaissait à l'audience correctionnelle présidée par M. Gailliot, président du Tribunal, un nommé Marie, dit Huet, journalier à Saint-Martin-des-Entrées, petit hameau voisin de Bayeux.

Huet n'était pas un inconnu pour ses juges. Plusieurs .fois déjà, il avait eu maille à partir avec la justice pour délits divers, mais principalement pour braconnage.

Ce n'était pas un malfaiteur bien dangereux c'était simplement ce qu'on appelle, dans le pays normand, « une pratique ».

Or, ce 28 novembre, Huet avait à répondre d'un certain vol de poules, commis au préjudice de son propre beau-père, habitant, lui aussi, à Saint-Martin-des-Entrées.

Le prévenu était assisté, ce jour-là, par Me Lamy, le sympathique avocat de Bayeux.

La question qui divisait le Tribunal et la défense était celle-ci Huet avait-il été voleur ou simplement receleur ?

Huet soutenait qu'il n'avait été que receleur des volailles soustraites :

— II est bien curieux, fit soudain remarquer le président, que vous prétendiez ici avoir été simple receleur, alors que, devant M. le juge d'instruction Duc, vous avez reconnu avoir été l'auteur principal de ce vol.

A ces mots, Huet se redresse, de toute sa haute taille d'hercule normand :

— Ah c'est comme ça ? s'écrie-t-il, eh ben ! j'vas tout dire. Oui, j'ai dit à M. Duc que j'avais été le voleur des poules… Ou plutôt non, je ne l'ai pas dit, mais on me l'a fait signer... Et j'ai signé. pour ne pas être bourré de coups de poing!...

Dans tout autre Tribunal, ailleurs qu'ici, les paroles du prévenu Huet eussent été prises pour une calomnie de récidiviste endurci.

Les juges de Baveux, ayant sans doute quelque raison intime pour cela, ordonnèrent à Huet de vouloir bien préciser.

Que signifiaient ces paroles du prévenu ?

— C'est bien simple, répliqua Huet, d'une voix de stentor… Je dis que, l'autre jour , dans la chambre d'instruction, en présence, de M. le greffier Tréfaux, M. Duc m'a flanqué un coup de poing en pleine figure, même que j'ai saigné le long du mur. Et tout ça parce que je ne voulais pas reconnaître avoir chipé les volailles à mon beau-frère !

Un coup de poing de plus ou de moins, assurément, ce n'était pas une affaire pour le, prévenu Huet qui en avait sans doute reçu et donné bien d'autres. Aussi n’insista t-il pas outre mesure. Il voulait seulement faire savoir au Tribunal qu'il avait été frappé par un magistrat dans l'exercice de ses fonctions, et il savait bien, le madré Normand, qu'il levait un lièvre de belle taille! Il n'en récolta pas moins, d'ailleurs, ses deux mois de prison pour avoir recélé

Bref, à la suite de cette audience sensationnelle, une enquête fut ouverte par les magistrats, contre un magistrat — chose rare…

Depuis longtemps, à vrai dire, dans Bayeux on soupçonnait fortement le juge d'instruction d'être un personnage trop à poigne. Une locution courante parmi le gibier de correctionnelle était celle-ci quand on parlait du terrible juge :

— Malheur à qui tombe sous sa patte !

Ceci suppose un certain nombre de passages à tabac inconnus.

L'enquête — et je parle de l'enquête officielle — a fait découvrir des choses bien extraordinaires, et, sans m'attarder aux potins qui courent la rue Saint-Lô, boulevard des gens de Bayeux, je citerai la réponse faite par M. Manoury, qui cumule les délicates fonctions de président du Tribunal de commerce de Baveux et celles, non moins délicates, de pharmacien de première classe aux abords du Palais de justice.

M. Manoury, en sa qualité de pharmacien le plus voisin du Palais de justice, avait été appelé plusieurs fois chez le concierge dudit Palais « afin, a-t-il dit, de donner des soins à des personnes qui sortaient de chez M. le juge d'instruction ».

Les personnes en question étaient des servantes de ferme appelées à l'instruction soit comme témoins, soit comme prévenues.

Vraisemblablement, elles avaient eu à subir le courroux du Terrible Juge, car, sans cela, les soins empressés du pharmacien Manoury eussent été superflus.

… Et c'est à la suite de cette enquête ordonnée par le Parquet général de Caen que l'illustre magistrat de Bayeux a, suivant le langage administratif du Journal Officiel, cessé les fonctions de l'instruction.

On remarquera qu'il n'est nullement question de révocation. Le décret dit simplement que M. Duc cessera d'instruire.

La cessation des fonctions de l'instruction n'implique nullement la révocation.

Dans l'esprit de la population de Bayeux, ce n'est là qu'une demi-mesure.

Je n'ai pas à entrer dans ces considérations locales. J'estime seulement avec mes confrères normands qui, dans toute cette affaire, se sont montrés d'une discrétion superbe qu'il sera difficile — oh oui — à l'honorable juge de rester dans la magistrature surtout à Bayeux.

Mais ceci n'est pas mon affaire.

Dans le pays, on réclamait la lumière sur cette aventure. Le Figaro l'a faite avec toute l'impartialité possible.

Mais j'ai gardé pour la fin le trait le plus amusant.

On m'affirme ici que jamais ce scandale n'eût éclaté si un journal, voulant paraître mieux informé que ses confrères, n'avait attribué les hauts faits du juge d'instruction dé Baveux au juge d'instruction de Caen. Ce dernier, furieux de se voir en proie à la chronique, exigea que tout fût tiré au clair.

Sans cet incident, qui sait si Huet et ses congénères n'eussent pas continué à être bourrés de coups de poing ?

Louis Coudurier

Le Figaro – 4 janvier 1897


L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

Les frères Amédée et Léopold Lafare, galochers, qui habitent, depuis quelques mois, 50, rue de la Réunion, à Charonne. un petit logement au quatrième étage, vivaient en mauvaise intelligence avec leurs Voisins, les époux Gagnot, journaliers.

Hier soir, à la suite d'une discussion plus violente que de coutume, Gagnot prit un bâton, résolu à infliger une correction à Léopold Lafare qui, dans la journée, avait injurié sa femme. Mais les deux frères, pour se défendre, s'armèrent de marteaux, et une mêlée terrible s'ensuivit.

Tout à coup, les cris « Au secours, à l'assassin » retentissaient dans la maison, et une femme, couverte de sang, tombait sans connaissance sur le palier de l'escalier. C'était Mme Gagnot, qui avait été frappée à la tête d'un coup de marteau par. Léopold Lafare.

Les deux frères s'étaient réfugiés dans leur chambre où ils s'étaient barricadés. Il a fallu huit agents pour s'en rendre maîtres.

Mme Gagnot a été transportée à l'hôpital Tenon.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

 Une femme pauvrement vêtue --- P13

Une femme pauvrement vêtue, ayant un bébé dans ses bras, tombait évanouie, avant-hier soir, sur l'avenue des Gobelins. A la pharmacie où on la transporta, on reconnut qu'elle s'était empoisonnée avec du phosphore. Après avoir reçu des soins, elle a été conduite à l'hôpital Cochin.

Cette malheureuse, qui se nomme Marie Ollivier, est âgée de vingt-sept ans. Fille de cultivateurs aisés de la Bretagne, elle suivit à Paris un voyageur de commerce. Il y a huit mois, elle devint mère. Son amant l'avait abandonnée le mois dernier, la laissant sans ressources. Mourant de faim, menacée d'être expulsée de la chambre qu'elle occupait rue de Patay, la pauvre femme résolut de se tuer.

On pense pouvoir la sauver.

Le Figaro - 24 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash juin

Dans l'actualité du ...

 22 janvier

Vendredi
22 janvier 1897

Blessé par un bicycliste.

Un jeune homme de dix-neuf ans, M. Pierre Lobersky, traversait, hier matin, la place Saint-Michel, lorsque, eu voulant se garer d'un omnibus, il fut renversé par un bicycliste qui venait en sens inverse. M. Lobersky fit une chute si malheureuse qu'il se fractura la jambe. On a dû le transporter à l'Hôtel-Dieu.

Le procès-verbal d'usage a été dressé contre l'auteur de l'accident.


Le Président de la République a beaucoup admiré, on le sait, l'aquarelle de M. Édouard Detaille sur la Revue de Châlons, lorsqu'elle lui fut présentée à l'Élysée avant d'être expédiée à Saint-Pétersbourg.

Très sensible à l'admiration présidentielle, M. Édouard Detaille a voulu que M. Félix Faure possédât un souvenir de lui, et il lui a fait parvenir un magnifique « chasseur ».

Mais ce chasseur-là ne fera pas concurrence au Président de la République dans les tirés de Marly c'est un chasseur alpin, bien campé, martial, comme Detaille les sait faire.


Lutter contre la dépression des forces et la mollesse des fonctions, voilà le labeur ordinaire de l'art médical, surtout pendant la saison froide et humide. Les corps savants ont, actuellement, en grande faveur l'emploi du Vin Bravais, parce que ce vin n'est point un stimulant banal, à action fugace et transitoire mais un tonique à longue portée, dont le pouvoir reconstituant s'exerce à la fois sur le sang, sur la nutrition, sur les muscles et sur les nerfs.


De Nice

Grâce au Riviera-Palace, voilà Cimiez définitivement classé non seulement comme station climatérique, mais aussi comme station élégante. Et cette fois la mode est complètement d'accord avec la raison et l'hygiène. La situation du Riviera-Palace ni trop près de la ville ni trop avant dans la montagne et les innombrables ressources hospitalières dont il dispose font rechercher ce magnifique établissement de tous les hiverneurs intransigeants sur le chapitre du confortable.


Les services de luxe organisés par la Compagnie internationale des Wagons-Lits avec le concours du Nord, du P.-L.-M. ou des Compagnies étrangères tels le Calais-Méditerranée-Express, le Méditerranée-Express et le Vienne-Nice -Express sont dans leur pleine saison. A ajouter à cette liste le Marseille-Nice-Express, qui fonctionne depuis quelques jours pour la plus grande commodité des amis du littoral.

sans titre 1
Flash juin sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Le comble du cynisme? - Assassiner la nuit un boutiquier et déposer sur la devanture un écriteau: «Fermé pour cause de décès»!


321. Le 14 mars 1897, on apprenait que la grève des doubleuses de la maison Vandenberghe, à Tourcoing, était terminée.
Les variations tout à fait extraordinaires de la température actuelle réveillent bien des indispositions que l'on croyait finies avec l'été. De même qu'en août, on boit n'importe quoi, et l'on paye cher cette insouciance. Il serait si simple de ne jamais oublier la reine des eaux de table, la délicieuse eau de Saint-Galmier, dont la réputation demi-centenaire survit à toutes les concurrences, grâce à ses vertus reconnues.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

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Un fou criminel

Un attentat criminel a été commis hier, en plein jour, rue La Feuillade, près de la place des Victoires. Un jeune homme, le comte Guy de Malmignati, docteur en droit, qui se trouvait à Paris depuis une quinzaine de jours seulement, s'arrêtait là pour lire une des nombreuses affiches qui tapissent la muraille, quand, tout à coup, un individu armé d'un rasoir s'est approché de lui.

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Ivry contre les Deux-Moulins.

Il y a quelque temps, les gars des Deux-Moulins, quartier de la Gare, enlevaient aux joyeux d'Ivry une femme très connue des bandes de rôdeurs qui infestent ce coin de Paris.

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 EXCELSIOR

EXCELSIOR !

Las de tous ces potins, de ces honteux ragots

Qui troublent notre esprit de leurs sombres hantises.,

Allons aux purs parfums, aux essences exquises

Nos âmes ont besoin de vous, divins Congos !

Jean des Brettes au savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

 La petite Chose a dîné aux Ambas

La petite Chose a dîné aux Ambassadeurs avec son banquier qui, pour ne pas être vu, a demandé un cabinet.

Au dessert, celui-ci regardant dans la glace :

— Dieu ! que je suis laid ce soir.

La petite Chose, avec son plus charmant sourire :

— Oh ! ces hommes de chiffres !... ils ont la rage de spécifier.

Barbanchu

Barbanchu, roi des raseurs, à son ami Maboulard, après une interminable conversation :

— Les dictionnaires bibliographiques fourmillent d'erreurs ! Ainsi, il en est un qui me fait naître en 1851 au lieu de 1854.

Maboulard, obsédé :

— Et en quelle année vous fait-il mourir ?

 Un jeune homme demande la main d

Un jeune homme demande la main de sa fille à M. Calino, qui refuse net.
— Laissez-moi espérer, implore l’amoureux, que votre décision n'est pas irrévocable.
Calino, d'un ton ferme :
— Elle est irrévocable tout au moins provisoirement!

Comment on se rattrape  — Regard

Comment on se rattrape
— Regardez donc, madame, comme ce monsieur près de la cheminée est laid.
— Comment, monsieur Mais c'est mon mari !
— Ah ! madame, que le proverbe est donc vrai qui dit que les hommes les plus laids ont les plus jolies femmes !...

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 M. Darlan, ministre des cultes - Fig. 14/01/97

Précisions

Plusieurs de nos confrères ont cru pouvoir annoncer que le gouvernement français était « tombé d'accord avec le Saint-Siège pour offrir l'évêché de Rodez à M. l'abbé Hazera, curé de Là Bastide, à Bordeaux ».
Ce qui est vrai, c'est que M. Darlan, ministre des cultes, a l'intention de nommer à cet évêché M. l'abbé Hazera qui est son cousin.
Le choix du ministre est d'ailleurs excellent à tous égards et il est vraisemblable qu'il lui donnera à bref délai les suites nécessaires.
Mais à l'heure actuelle, il n'y a pas eu à ce sujet ombre de pourparlers entre le ministère des cultes et la nonciature.

Le Figaro - 14 janvier 1897

 Votre peinture était à l'envers- APL 14/02/97

Petite nouvelle de l'étranger...

Sir Henry Irving, le célèbre tragédien du Lyceum, est, tout comme Coquelin, grand amateur de peinture. Il a rassemblé, dans son hôtel de Londres, une collection de tableaux signés de nos plus illustres contemporains et montre avec orgueil, parmi d'autres chefs-d’œuvre, deux paysages de M. Whistler. Il y a quelques semaines (nous dit le Journal des Débats), il réunissait à dîner des littérateurs et des artistes; le peintre des Nocturnes était au nombre des invités. A peine assis, M. Whistler commença de manifester une certaine inquiétude. Deux des toiles accrochées aux murs attiraient irrésistiblement son attention. C'étaient deux peintures délicates, d'une harmonie subtile, mais dont la composition présentait je ne sais quoi d'indistinct et de paradoxal. L'artiste, visiblement intrigué, ne pouvait en détourner ses regards ; plusieurs fois même, au cours du dîner, il se leva et, quittant la table, s'avança vers le mur pour les considérer de plus près. Enfin, après un dernier et plus long examen :
— Irving! Irving! s'écria-t-il d'un ton de douloureux reproche, qu'avez-vous fait?
— Et qu'y a-t-il ? demanda le tragédien.
— Ce qu'il y a ? malheureux ! mais il y a que mes tableaux sont pendus à l'envers et que vous ne vous en êtes même pas aperçu ! Et voilà plusieurs mois, peut-être, qu'il en est ainsi !
Irving, un instant, resta songeur ; puis, avec le plus grand calme :
— C'est possible, après tout. On peut s'y tromper. Il vous a bien fallu une heure pour découvrir que votre peinture était à l'envers.

APL – 14 février 1897

 Psychologie du coureur bicycliste - 1897

Psychologie du coureur bicycliste

On s'est souvent demandé à quoi pensent les jeunes filles. Voilà qu'un reporter anglais s'est avisé de savoir à quoi pouvait bien penser le coureur bicycliste pendant ses exercices. Le célèbre Michaël a répondu et, comme tout ce qui est sincère et réellement éprouvé, sa réponse est un enseignement. M. Pierre Valdagne nous la donne telle quelle : le coureur velocipédique ne pense à rien.

Quoi! direz-vous, il ne pense même pas à arriver premier? Non... même pas. Il n'y pense pas parce qu'il ne peut pas : l'effort qu'il est obligé de donner absorbe toutes ses facultés musculaires et toutes ses facultés mentales. Vraiment il ne pense à rien.

Quant à ce qu'il éprouve, c'est tout à fait particulier. Le pédalage à haute pression enlève d'abord le sens de l'ouïe. Michaël déclare qu'après quelques tours de piste, il n'entend plus rien... à peine les avertissements de ses entraîneurs. Les cris de la foule, les hourras, les encouragements de la galerie, il les perçoit lointains, comme venant à lui à travers de considérables distances. Du reste, il ne voit rien. Vers le milieu de la course, il perd conscience de la lumière du jour Il lui semble être environné de nuit ; il avance dans l'obscurité la plus dense. Et enfin l'absence complète de renseignements que nous donne le coureur sur les derniers instants de la course nous permet de croire qu'à ce moment-là il n'y a plus, absolument, que ses pieds qui vivent en lui. Il ne reprend conscience de lui-même que peu à peu et longtemps après être descendu de machine.

Ce témoignage me semble d'une capitale importance. Il établit que la gloire et le succès ne s'attachent pas exclusivement aux travaux de l'esprit, et il y a là de quoi consoler bien des gens. On a dit que lorsqu'un peuple devenait trop intellectuel, il n'était pas loin de sa décadence. Rassurons-nous ! Les sports athlétiques, et la bicyclette en particulier, retarderont cette dégringolade. Les impressions d'un coureur sur piste nous donnent sur ce point toute quiétude.

APL - 19 décembre 1897

 La revanche du tablier - 1897

La revanche du tablier.

Mlle Annie Stamp, jeune et jolie soubrette engagée comme domestique à tout faire par M. Fardington, demandait, avant-hier, des dommages-intérêts devant la cour de police de Bow street, à Londres, pour avoir été renvoyée, en l'absence du mari, par sa patronne, qui avait, parait-il, de graves sujets d'en être mécontente.

Sir John Bridge, qui présidait, lui a accordé une forte indemnité, considérant que, le mari étant responsable de l'existence commune et gagnant l'argent du ménage, la femme n'a pas qualité pour rompre un contrat conclu par son seigneur et maître.

Dans la même audience, deux semaines de gages ont été attribuées à Mlle Margaret Dahill, congédiée par sa maîtresse, Mme Franklin, sous prétexte qu'un policeman lui faisait la cour.

Toutes les jeunes filles de cet âge, en service on non, a dit le paternel juge, ont un amoureux. La défenderesse a-t-elle la prétention de n'avoir jamais que des servantes insensibles ?

Et, comme Mme Franklin alléguait timidement qu'elle avait jadis, dans la cuisine, supporté la présence inflammatoire d'un grenadier rouge, mais qu'elle ne voulait pas d'agent de police

— Préférez-vous, s'est écrié sir John Bridge, que ces demoiselles introduisent chez vous des cambrioleurs ou des pickpockets ! Allez, madame, vous deviez encore vous estimer trop heureuse que cette aimable personne eût porté son choix sur un brave homme qui, après avoir veillé sur sa sécurité publique par devoir, serait encore venu veiller sur votre domicile particulier par amour. »

On pense si les innombrables petites bonnes présentes ont trouvé les deus aventures excellentes.

Le Matin – 26 sept. 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

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