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SIXIEME ANNÉE N°3227

 

266ème jour de l'année

   


Dimanche
23
Septembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LE DOCTEUR LAPORTE

LE DOCTEUR LAPORTE

LA JUSTICE ET LA MORT
DE MADAME FRESQUET

Portrait à la plume – Timidité et hésitations – L'accusation et la défense – L'aiguille à matelas – Les experts légistes.

Le docteur Laporte est grand, sec, nerveux, la face mangée de tics. Il a une longue figure blême de Christ brun, de grands yeux qui clignotent, une bouche qui se crispe en un sourire et en une grimace inconscients. Il est vêtu, le plus honorablement du monde, d'une redingote noire ; son linge est impeccable. C'est un médecin des plus sortables.

La physionomie de cet homme est intelligente. Quand elle reste au repos, ce qui ne lui arrive pas plus d'une minute, elle apparaît celle d'un homme fort bien équilibré et qui « réfléchit ». Mais, soudain, les tics reprennent : l'arcade sourcilière décrit des zigzags, le front se ride, le nez remue, la bouche s'ouvre obliquement, et tout semble chavirer en lui.

En même temps, son attitude manque de netteté. Il marque, dans son geste, comme dans ses paroles, la plus grande hésitation. Il hésite à se remuer et il se remue mal; il hésite à parler et il parle mal. Le docteur Laporte est un inquiet.

L'inquiétude n'est pas précisément la qualité des accoucheurs c'est un défaut qui peut leur être fatal. Elle aura été fatale à celui-ci plus qu'à tout autre. Mais, de l'inquiétude au crime, il y a un abîme, et toute la question est de savoir si le docteur Laporte l'a franchi.

Un crime est beaucoup dire. Pour parler plus judiciairement, il ne s'agit que d'un délit. Le docteur Laporte était poursuivi, hier, devant la neuvième chambre correctionnelle, pour homicide par imprudence. Nous avons publié, ici même, les articles les plus complets sur le cas du docteur Laporte, et chacun sait ce que le parquet lui reproche, c'est-à-dire des imprudences graves dans l'exercice de sa profession, des négligences coupables, une opération pratiquée avec des instruments qui n'avaient rien de chirurgical et qu'il n'avait pas pris la peine d'antiseptiser.

Le docteur Laporte aurait, en effet, négligé de rendre aseptique l'aiguille à matelas dont il se servit pour délivrer Mme Fresquet en pratiquant sur le fœtus la craniotomie jugée par lui nécessaire. Mme Fresquet en serait morte.

L'audience.

Le tribunal est présidé par M. le président Richard, qui, dès le commencement de l'audience, a recours aux renseignements de police pour nous faire connaître le passé et l'honorabilité du docteur Laporte. On n'a absolument rien relevé de défavorable sur son compte, si ce n'est qu'il fut dans la gêne et en proie à des besoins d'argent assez pressants.

Cela, en justice, est toujours une mauvaise note. Il faut payer son propriétaire régulièrement, surtout quand la location de l'appartement ne dépasse pas 360 francs. Au point de vue physique et psychique, le docteur Laporte est représenté comme un nerveux et un être des plus excitables, susceptible de ressentir les sentiments et les passions les plus extrêmes.

Le docteur Laporte proteste, trouve que l'on exagère son cas. Mais, eu réalité, il suffit de voir cet homme et de l'entendre pour regretter qu'il ait marché dans une voie où l'on a besoin, pour peu que l'on veuille s'y maintenir, de quelque sang-froid. On sent tout de suite qu'il doit prendre difficilement une décision. Devant ses juges, il n'en a pas encore pris, et sa défense flageole.

Le président rappelle les faits :

— Vous fûtes appelé, comme médecin de l'Assistance publique, à donner des soins à Mme Fresquet, qui allait accoucher. Elle en est morte. Le mari vous rend responsable de sa mort.

Ici, le président explique l'« esprit » de la poursuite.

« Vos examens et vos brevets vous donnent des droits que les autres citoyens n'ont point. Mais votre responsabilité n'en existe pas moins. Au-dessus des brevets et des diplômes, au-dessus du médecin qui soigne son malade, il y a l'homme, qui ne doit point se rendre coupable d'une négligence telle qu'il mette la vie de ses semblables en danger.

Médecin et accoucheur.

» Quand vous vous êtes trouvé en face de Mme Fresquet, la sage-femme vous a signalé les difficultés de l'opération. Que n'avez-vous envoyé la malade à l'hôpital ?

— La malade n'a point voulu s'y laisser conduire.

Le président demande au docteur Laporte quelques détails sur son passé de médecin accoucheur.

— Je n'étais pas médecin accoucheur, interrompt timidement l'inculpé, j'étais médecin et accoucheur.

Ce n'est pas, en effet, la même chose. Le docteur Laporte a à son actif quelques accouchements qui se sont passés fort régulièrement.

— Quels instruments apportiez-vous pour accoucher Mme Fresquet ?

— Un forceps ?

— C'est tout ?

— C'est tout. Les trois quarts des médecins ne sont pas mieux armés que moi pour faire des accouchements.

L'inculpé a évidemment raison quand il émet cet argument; on ne lui reproche que de l'émettre avec son éternelle hésitation, avec une timidité qui ne le quitte pas. Le président ne lui tient pas compte de l'émotion profonde dans laquelle il se trouve, et il le pousse, l'accable de la déposition des témoins

— Vous avez appliqué trois fois le forceps mais, de l'avis de ceux qui étaient là, vous n'avez pas pris les précautions nécessaires.

— Ceux qui étaient là n'étaient pas susceptibles de critiquer ma manière de faire. Et puis tout cela, c'est des histoires. Est-ce qu'ils n'ont pas dit que mon forceps était rouillé ? Il ne l'était pas du tout, l'enquête l'a démontré.

On passe ensuite à l'opération de la craniotomie. Le fœtus ne donnait plus signe de vie. Le docteur, pour sauver la mère, résolut de vider le crâne de l'enfant et de la délivrer ensuite du fœtus.

La grosse affaire.

Pour perforer le crâne, il n'avait pas d'instruments spéciaux. Il prit une aiguille à matelas

— Vous ne l'avez pas plongée dans l'eau bouillante ?

— Mais si !

— Les témoins affirment que non. Ils disent même que vous l'avez ramassée par terre ?

— Non, non.

— Comment avez-vous pu vous servir d'un instrument aussi sommaire ?

— Tous mes confrères eussent fait de même à ma place.

Le docteur commence prendre un peu d'assurance. Il se défend avec plus de suite.

— Tous les manuels vous disent que cette aiguille suffisait. L'aiguille n'a pas produit de perforation. C’est le crâne qui a perforé la vessie.

C'est ici que nous arrivons aux fameux coups de marteau.

— Comme vous ne réussissiez pas à perforer le crâne, vous avez pris un marteau et vous avez frappé sur le crâne. Ça, monsieur, c'est une œuvre de boucher !

Le docteur a repris, décidément, quelque sang-froid.

— J'ai frappé du marteau sur l'aiguille sans brutalité, désireux de produire la perforation. Il n'y eut aucune lésion interne sur le passage des instruments dont je me suis servi. Le crâne du fœtus vidé, j'ai retiré le fœtus avec le forceps. Puis, je me suis parti après avoir fait les dernières recommandations à la sage-femme. Je ne suis pas retourné le lendemain vers la malade, selon la coutume des médecins qui sont appelés en service de nuit.

Les témoins.

L'interrogatoire est terminé. C'est le tour des témoins. Le principal, d'abord, le mari, qui prétend avoir été tellement frappé de la brutalité du médecin qu’il lui arracha le marteau des mains.

Le docteur Laporte :

— Un mari est toujours frappé de la brutalité avec laquelle on opère sa femme.

La femme Harbert, qui était présente à l'accouchement, affirme sous la foi du serment que nulle précaution n'a été prise, que l'aiguille n'a pas été guidée par la main gauche et qu'elle n'a pas été trempée dans l'eau bouillante.

En revanche, la sage-femme, Mme Maîtrepierre, croit bien que le docteur a dirigé les instruments.

— Le docteur était très nerveux. Il m'a ait « Je suis ému ! »

— N'a-t-il pas dit : « Je suis au bout de mon rouleau » ?

Plusieurs fois, monsieur le président. Les médecins légistes, MM. Socquet et Maygrier, viennent expliquer leur rapport, qui n'est point favorable, comme chacun sait, à l'inculpé.

Le premier témoin à décharge est M. le docteur Pinard. Il déclare que le docteur Laporte n'a fait preuve ni d'ignorance, ni de négligence coupable, mais bien, au contraire, d'un zèle et d'un dévouement louables dans l'accomplissement d'un devoir ingrat et pénible.

Puis on entend MM. les docteurs Lutaud, médecin légiste, Berthod, président du syndicat des médecins de la Seine; le docteur Ducos, secrétaire général du syndicat et des sociétés médicales de médecine du dix-septième arrondissement, et le docteur Seignette, agrégé de l'Université, chevalier de la Légion d'honneur. Ce dernier déclare connaître le docteur Laporte depuis vingt ans. Il affirme que l'accusé est un homme très intelligent, un peu taciturne, mais d'une valeur scientifique indiscutable. M. le docteur Paul Lafitte, médecin du neuvième arrondissement, déclare qu'il a été dans plusieurs occasions remplacé dans son service par le docteur Laporte, dont il fait le plus grand éloge.

La parole est ensuite donnée à M. le substitut Brouchot, qui prononce son réquisitoire, roulant presque entièrement sur les conclusions du rapport du docteur Socquet.

L'audience est renvoyée à aujourd'hui.

A la sortie du Palais, le docteur Laporte est accueilli par une manifestation sympathique.

GASTON LEROUX.

Le Matin — 20 octobre 1897

L'actualité dramatique

 Le drame de la rue d'Angoulême

Le drame de la rue d'Angoulême.

Un terrible drame de la misère s'est déroulé hier, 37, rue d'Angoulême.

A cette adresse habitaient M. Jules Fourneau, âgé de quarante-sept ans, garçon coiffeur, et sa belle-mère, Mme veuve Astier, âgée de soixante-onze ans.

Le gendre et la belle-mère étaient venus habiter rue d'Angoulême à la suite du décès de Mme Fourneau.

Il y a quelque temps, Mme veuve Astier tombait gravement malade et se trouvait dans l'impossibilité de travailler.

Peu après, le garçon coiffeur perdait son emploi et ne parvenait pas à trouver une nouvelle place.

Bref, ces jours derniers, les deux malheureux ne pouvaient payer leur terme et se trouvaient sans un sou pour vivre. Ils résolurent alors de se tuer.

Le 13 courant, ils s'enfermaient dans leur chambre, dînaient confortablement, puis absorbaient de l'acide sulfurique mélangé à une infusion de camomille. Ils fixaient ensuite une corde aux triangles des rideaux de deux fenêtres se faisant vis-à-vis, et se pendaient.

Hier après-midi, les voisins, ne les voyant pas sortir, prévinrent M. Daltroff, commissaire de police, qui fit ouvrir la porte par un serrurier et trouva les deux cadavres pendus en face l'un de l'autre, dans un état de décomposition déjà avancé.

Fourneau et la veuve Astier avaient écrit avant de mourir, un billet dans lequel ils déclaraient qu'ils se suicidaient pour échapper à la terrible misère qui les étreignait.

Le Matin — 17 avril 1897

 DRAME CONJUGAL

DRAME CONJUGAL

II y a deux ans environ, un menuisier, nommé Alfred Martinet, abandonnait sa femme et ses deux enfants pour aller vivre avec une ouvrière dont il avait fait la connaissance.

Ces jours-ci, une rupture se produisait dans le faux ménage, et Martinet, recherchant sa femme, apprit qu'elle demeurait rue de la Chapelle, 72. II s'y présenta le soir et frappa à sa porte. Ce fut un homme qui vint lui ouvrir, car sa femme lui avait donné un successeur.

Martinet réclama sa femme et ses enfants mais son remplaçant pour toute réponse le jeta à la porte.

Furieux, Martinet s'empara d'un ciseau à froid et en porta plusieurs coups au pauvre diable qui tomba baigné dans son sang. II allait pénétrer dans le logement pour frapper également sa femme, mais il en fut empêché par des voisins qui le remirent entre les mains des gardiens de la paix.

M. Demarquay, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt et a fait transporter le blessé, un peintre en bâtiments du nom d'Eugène C… à l'hôpital Lariboisière.

Le Gaulois — 28 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 21 septembre

Mardi
21 septembre 1897

Le président de la République n'a pas séjourné longtemps à l'Élysée. Rentré du Havre dimanche soir, à cinq heures, il a quitté Paris hier matin, par le train de neuf heures, à la gare de l’Est, pour faire à Nangis, avec M. Hanotaux, le comte de Montebello et un officier de sa maison militaire, l'ouverture de la chasse au faisan.

M. Félix Faure était de retour par le train de cinq heures vingt-cinq.


C'est probablement demain, mercredi, que Mme Félix Faure partira du Havre pour s'installer au château de Rambouillet.


M. Barthou, ministre de l'intérieur, a accepté la présidence du comice agricole dé Mauléon, qui aura lieu le 10 octobre. De grandes fêtes sont organisées à cette occasion.


Comme quoi l'on peut gagner, tout en se promenant, la forte somme de 17 fr. 55.

Un cultivateur de Macornay, dans le Jura, M. Jean-Baptiste Laurent, a découvert sous une pierre, dans un chemin pierreux que suivent les vaches pour se rendre aux pâturages de la côte de Mancy, cent dix-sept vipereaux, de la grosseur d'un ver de terre et longs de 12 à 15 centimètres.

M. Laurent a fait part de sa trouvaille à qui de droit pour toucher la prime de 0 fr. 15 cent. par tête.


CRANSAC, 21 septembre. La neige a fait sa première apparition dans les régions montagneuses de l'Aveyron. Elle est tombée à Rieupeyroux et dans les environs.


Accident de bicyclette

Un élève en pharmacie, M. François Dumoulin, demeurant rue de la Tour, à Passy, a été victime, avant hier matin, d'un grave accident.

Monté à bicyclette, M. Dumoulin se dirigeait vers le bois de Boulogne, lorsqu'à l'angle des rues de Passy et de Boulainvilliers il fut pris en écharpe par un fiacre et renversé sur le pavé. Les roues du véhicule lui passèrent sur le corps.

M. Dumoulin a été transporté dans un état assez grave à l'hôpital Beaujon. Dans sa chute, il s'était casse l'épaule gauche.


UNE FIANCÉE PRÉCOCE

Le jury autrichien — Verdict sa ns précédent.

VIENNE, 20 septembre. De notre correspondant particulier. Un sieur Heissing, tanneur de son état, passa quelques mois de l'année dernière à Troppau, où il demeura chez une veuve ayant une fille unique, âgée alors de treize ans et trois mois.

Malgré l'âge de l'enfant, Heissing noua avec elle des relations dont la conséquence est que cette jeune personne sera mère à quatorze ans.

Poursuivi pour détournement de mineure, l'accusé, a comparu devant la cour d'assises de Vienne, et il s'est justifié en présentant la petite demoiselle comme sa fiancée qu'il réhabilitera, en l'épousant, allégation qui a été confirmée par la mère, laquelle donne son consentement au mariage.

Satisfait de cette explication, le jury a déclaré le prévenu non coupable a l'unanimité.

Stupéfait de cette réponse, le président de la cour imagina que la question posée au jury avait pu manquer de clarté et la renouvela sous une forme aussi précise que possible. Le jury rendit le même verdict à l'unanimité. En conséquence, la cour n'a eu qu'à prononcer l'acquittement.


UN AVIS PRÉCIEUX

Le professeur H. James Miller vient de s'assurer le monopole exclusif, pour le Louvre dentaire, d'une série de dents artificielles qui laissent bien en arrière tout ce qu'on a fait jusqu'ici. Avec ces dents, plus d'opérations douloureuses, plus de corps étrangers dans la bouche, sur le palais ou les gencives; aucun risque de les casser, car elles sont aussi dures que le diamant. En dehors de la mastication parfaite et de la prononciation facile, elles assurent la fraîcheur de l'haleine et l'hygiène de la bouche. C'est un progrès réel que tout le monde est à même de constater de visu, car M. H. James Miller renseigne gracieusement ceux qui s'adressent à lui, 75, rue, de Rivoli, au Louvre dentaire,

sans titre 1

 22 septembre

Mercredi
22 septembre 1897

Mort du Général Bourbaki

Bayonne, 22 septembre. On espérait encore contre toute espérance, quand, ce matin, le bruit de la mort du général Bourbaki s'est répandu à Bayonne, y causant une douloureuse impression. Si souvent affirmée et démentie depuis quelques jours, cette nouvelle était cette fois malheureusement bien vraie.


Mme et Mlle Félix Faure rentreront ce matin à onze heures à Paris, venant du Havre.

C'est au Havre, on le sait, à leur villa de la Côte, que la femme et la fille du Président de la République ont passé toutes leurs vacances. Elles s'y trouvaient pendant le voyage de M. Félix Faure en Russie, et c'est donc une villégiature complète que Mme et Mlle Félix Faure auront faite dans la bonne ville du Havre, où elles se retrouvent toujours avec un réel plaisir.

Leur retour à Paris, d'ailleurs, n'est pas définitif. Mme et Mlle Félix Faure partiront à trois heures avec M. le Président de la République pour Rambouillet, où le chef de l'État va terminer ses vacances, ce qui ne veut pas dire s'y reposer, car, hier encore, M. Félix Faure a quitté Paris à sept heures du matin pour se rendre à Lamotte-Beuvron où il a chassé toute la journée dans une propriété de l'État.


On signalait récemment le passage de Jean Richepin à Tanger. Une lettre de Fez, datée du 12 septembre, nous apprend que l'auteur de la Chanson des Gueux était attendu incessamment dans la capitale du Maroc, où il doit se trouver aujourd'hui.


Rambouillet. Le 29e chasseurs à pied, qui doit faire le service d'escorte du Président de la République, est arrivé cet après-midi.


L'année 1898 s'annonce déjà bien, à en juger par l'Almanach Guillaume qui paraît aujourd'hui. Il faut y savourer, entre autres joyeuses fantaisies, le «Manuel du parfait gaffeur», «Nos Mécènes», les « Erreurs judiciaires » et la série des « Parents terribles ». Une gaieté franche et de bon aloi, assaisonnée de fine raillerie, règne d'un bout à l'autre en ces feuilles légères où le dessinateur si parisien a semé sans compter les traits de son intarissable verve.


Point de morte-saison à Évian. L'hiver dernier, grands travaux de voirie et d'assainissement qui donnent un cachet de modernité si élégante à la station. Cet automne, travaux qui vont relier le quai à la route nationale par une fort belle avenue l'avenue du Général-Dupas, un Eviannais qui figura en bonne place dans l'épopée napoléonienne. Prochainement, installation de la lumière électrique.


Sont actuellement en villégiature à Spa, outre S. M. la reine des Belges et sa fille, la princesse Clémentine, le grand-duc Alexis de Russie, le duc et la duchesse de Leuchtenberg, l'archiduchesse Stéphanie, le baron d'Egloffstein et le comte de Bylandt-Rheydt, secrétaire particulier et aide de camp du grand-duc de Saxe.

La saison est, comme on le voit, très brillante à Spa.


Accident mortel

Au moment où il passait sur le quai du Louvre, le charretier Domergue, qui conduisait un tombereau chargé de charbon, a été, par suite d'un choc, jeté à bas de son siège. Une des roues de la lourde voiture a passé sur la tête du pauvre homme. On n'a relevé qu'un cadavre, la mort avait été instantanée. Le corps du malheureux charretier a été transporté à son domicile, rue de la République, à Charenton. Domergue était marié et père de trois enfants.


Les brusques variations barométriques et les temps orageux déterminent, sur les personnes délicates et nerveuses, des étourdissements, des vertiges, qui vont parfois jusqu'à la syncope ou l'évanouissement. Inutile de chercher à ces « vapeurs » une médication compliquée. Employons la méthode traditionnelle, qui est si simple une petite cuillerée d'eau des Carmes Boyer pure ou sur du sucre réveille les forces vitales elle se propage au loin, relève les forces abattues, stimule et fortifie les centres nerveux déprimés. De là, dérivent la gaieté, le courage, l’entrain et l'activité de l'esprit, signalés par tous les anciens médecins comme les effets de la véritable eau de mélisse.


Spectacles et concerts

La réouverture des Concerts-Colonne s'annonce comme un grand succès.

Outre l'abonnement spécial aux concerts du dimanche au Châtelet et aux matinées du jeudi au Nouveau-Théâtre, abonnement dont le prix est très inférieur au prix du bureau, l'administration met à la disposition du public, des abonnements mixtes à prix réduits pour les concerts du dimanche et du jeudi. S'adresser, pour tous renseignements, au siège de l'administration, 43, rue de Berlin, de 9 à 11 h. et de 3 à 5 h.  

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Une mauvaise idée vaut toujours mieux que pas d'idée du tout.


335. En avril 1897, M. le capitaine de vaisseau de Bernardières, qui commandait le vaisseau-école le Borda, posait sa candidature à l'Académie des sciences, au siège laissé libre par la mort de M. d'Abbadie, dans la section de géographie et de navigation. M. le commandant de Bernardières, auteur de travaux astronomiques et hydrographiques très estimés, était déjà membre du Bureau des longitudes.
Les personnes qui possèdent des objets précieux, tels que bronzes d'art, tapisseries, meubles anciens, porcelaines de Saxe et de Sèvres, même des objets é partir du douzième siècle, trouveront é les céder au comptant et au-dessus de leur valeur en s'adressant à MM. Seligmann, 33, place Vendôme, qui se dérangeront même, s'il y a lieu.
 A Montmartre

A Montmartre

Montmartre est au-dessous de ses affaires. On parle d'un huissier qui se disposerait à saisir la Butte.

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 La Migration de Paris.

La Migration de Paris.

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L'affaire du lac Saint-Fargeau

Le cadavre d'un individu paraissant âgé d'une cinquantaine d'années était découvert, hier après midi, au milieu de hautes herbes, dans un terrain vague situé 68, avenue Gambetta, au coin de la rue Pelleport. Le défunt était couvert de sang ; il portait au sein gauche une large blessure faite par un instrument tranchant.

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Désespoir d'artiste

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland.

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 MA MÈRE ME DISAIT

MA MÈRE ME DISAIT.

« Délicieux parfum, peau blanche, frais visage,

C'est le philtre d'amour qui dans le conjungo

Tient l'époux enchaîné, même le plus volage.

Tu devras ces attraits au savon du Congo.»

Une nouvelle mariée au parfumeur V. Vaissier.

Nouvelles à la main

Dans un salon. Cette dame me parait bien fière de la pureté de sa noblesse.

Dans un salon.
— Cette dame me parait bien fière de la pureté de sa noblesse.
— Plus que vous ne pensez !... Figurez- vous qu'elle a tellement peur qu'on ne croie qu'il y a eu des marchands dans sa famille, qu'elle a été sur le point de faire un procès a un biographe qui avait imprimé qu'un de ses ancêtres était d'un commerce agréable !

 Les gaiétés de l'omnibus.

Les gaiétés de l'omnibus.
Une dame âgée et sa nièce, délicieuse jeune fille, viennent d'occuper les deux seules places libres. La vieille dame avant de remettre dans sa poche la monnaie que lui rend le conducteur, dit très haut à sa nièce qui devient pourpre sous la douzaine de paires d'yeux braqués sur elle :
— Pendant que j'y pense, Angélina, voici les trente centimes que je te dois pour le chalet de nécessité de tout à l'heure.

Chez le marchand de bric-à-brac

Chez le marchand de bric-à-brac :
— Je vous recommande cette garniture de cheminée le style Empire redevient très la mode.
— Vraiment ?
— A preuve, la publication des lettres de Napoléon Ier  !

Au restaurant, à Montmartre

Au restaurant, à Montmartre

— Comment vous appelez-vous, garçon ?

— Calino, monsieur.

— Fort bien. Alors, Calino, dites-moi si vous êtes sûr que ce que vous m'avez servi soit du canard sauvage.

— Certain, très certain. Et la preuve c'est que je l'ai poursuivi moi-même pendant plus d'une heure dans la basse-cour avant de pouvoir l'attraper.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Diplomatie — 1897

Diplomatie — On vient de faire au ministère des affaires étrangères un relevé curieux c'est celui des lettres reçues ou expédiées par les bureaux du quai d'Orsay pour le service de notre politique extérieure.

Durant l'année 1896 le nombre des lettres tant reçues qu'expédiées s'est élevé à 159,161. D'après les calculs qui sont en cours, ce chiffre dépassera en 1897 le nombre de 170,000. Il y a une corrélation évidente entre le nombre des correspondances échangées et l'activité de notre action diplomatique. C'est à ce point de vue que la statistique en question est intéressante. Les 159,161 lettres correspondant à l'année 1896 se partagent en 75,053 reçues au quai d'Orsay et 84,108 expédiées par le ministère. Les lettres expédiées de Paris sont envoyées par la poste, dans le plus grand nombre des cas. Toutefois, lorsqu'elles ont un caractère confidentiel, elles sont expédiées par valise, et enfin au cas où elles constituent des documents importants, elles sont transportées par des courriers de cabinet. Durant l'année 1896 il a été envoyé 6,220 lettres par les valises diplomatiques et 3,952 par courriers de cabinet.

Le Figaro – 15 décembre 1897

 CHEMINS DE FER DE L'OUEST

CHEMINS DE FER DE L’OUEST

La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest a l’honneur d’aviser MM. les voyageurs que, d’accord avec un grand nombre de commerçants parisiens, elle a établi, à la gare St-Lazare, une consigne spécialement affectée au Commerce.

Les personnes qui achètent un objet dans un magasin ayant donné son adhésion à cette combinaison, peuvent retirer rapidement cet objet à la consigne du commerce, avant le départ de leur train, sans antre formalité que la présentation d’un bulletin de dépôt remis à l’acheteur par le vendeur au moment même de la vente.

La liste des maisons ayant donné leur adhésion à la consigne spéciale du commerce, est affichée à la gare St-Lazare, dans la salle des abonnements et des renseignements (galerie supérieure) et sur le bureau de cette consigne (galerie inférieure), entre les bureaux de bagages de la grande ligne et ceux de la banlieue.

Ceux de MM. les voyageurs dont les fournisseurs habituels n’ont pas encore adhéré, trouveront soit au bureau des abonnements et des renseignements, soit à la consigne elle-même, des instructions imprimées qui leur permettront d’éclairer ces fournisseurs sur les avantages offerts, par cette mesure nouvelle, tant au public qu’au commerce.

Prix du dépôt : 0 fr. 05 par colis et par jour — Minimum de perception 0 fr. 10.

 L'ÉTERNEL FÉMININ - 1897

L'ÉTERNEL FÉMININ

Du Passant, dans le Figaro, à propos des femmes-avocates :
On dit que, dans certains procès, la présence d'une femme à la barre pourra être scabreuse. Quels procès ? ceux qui nécessitent le huis-clos ? Mais c'est ceux-là surtout qui sont courus par les femmes on a beau faire évacuer la salle, elles restent fermes au poste, sur leurs chaises. Elles en sont quittes pour écouter derrière leur éventail, comme au théâtre, où elles en entendent d'ailleurs d'aussi raides. Il y aura, malgré tout, des procès où la tâche de l'avocate sera difficile : ces diables d'hommes commettent parfois de ces crimes bien délicats à plaider pour une femme. Ces jours-là, on fera sortir les assistants, et le président pourra reprendre la phrase célèbre : — Maintenant que nous sommes entre hommes, vous pouvez parler, madame…
Dans bien d'autres procès, par contre, il n'y aurait qu'à gagner il être défendu par des femmes. Chaque jour, il se produit entre les deux sexes des malentendus infiniment regrettables : c'est tantôt l'homme -qui- tire un coup de revolver, tantôt la femme qui lance du vitriol. Il y aurait avantage, en cas pareils, à ce que les hommes fussent défendus par des femmes et les femmes par des hommes. Cela ferait -beaucoup pour la pacification. Les jurés se sentiraient plus à l'aise lorsqu'une jolie femme viendrait leur expliquer à la barre qu'il n'y a rien de plus légitime, pou un amant, que d'abandonner sa maîtresse ou, pour un mari, que de tromper sa femme. Ce sont toujours les hommes qui disent ces choses-là : on finit par les croire intéressés. Le jour où les femmes, à leur tour, le diront, il faudra bien qu'on l'admette !

Le Matin – 19 septembre 1897

 Simplicité administrative

Simplicité administrative.

Un médecin a une note de trois francs à toucher à l'administration des ponts et chaussées. Les honoraires du prix d'une visite sont fixés a deux francs, plus vingt-cinq centimes par kilomètre quand l'Esculape est appelé hors de son domicile.

Et voici ce qui se passe suivez-moi bien Le docteur adresse son mémoire au conducteur, qui le transmet à l'ingénieur ordinaire, lequel l'expédie, avec son « rapport », à l'ingénieur en chef, lequel le fait parvenir avec « son avis » au préfet du département, qui l'envoie finalement avec une lettre au ministère.

Le ministère approuve sereinement la dépense de trois francs et le dossier s'en retourne avec la série de lettres, comme il convient, en resaluant au passage préfet, ingénieur en chef, ingénieur ordinaire, conducteur, etc.

Pour trois francs, un fiacre n'en ferait pas tant !

Le Gaulois — 17 nov. 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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