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SIXIEME ANNÉE N°4926

 

139ème jour de l'année

   


Vendredi
18
Mai 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 EFFROYABLE DRAME

EFFROYABLE DRAME

UNE MÈRE TUE SES FILLES ET SE SUICIDE

Après les jours de bonheur — De spéculations en spéculations — La peur de la misère — Les bols empoisonnés — Le père.

Une mère a eut le criminel courage, de donner la mort à ses deux enfants, deux êtres adorés, et elle a bu ensuite ce qui restait de la coupe empoisonnée. Morte aussi, la mère !

Cette femme n'était point du peuple elle appartenait, au contraire, de par son mariage, à la noblesse provinciale. Causes de ce drame douloureux, la peur de la misère, la crainte de la déchéance sociale avec toutes ses conséquences mesquines et offensantes. Cette mère de famille, jeune encore et d'une santé robuste, aurait pu faire comme ses pareilles de la caste inférieure travailler opiniâtrement pour assurer l'existence de ses enfants et celle de son mari, malade mais elle a préféré s'abstraire violemment d'une humanité où l'effort pour vivre, s'il est souvent pénible, est, du moins, toujours méritoire et souvent glorieux.

Faiblesse de corps et lâcheté d'âme, diront sans doute les chroniqueurs qui, demain, épilogueront sur cet événement tragique, à moins qu'ils ne magnifient l'acte insensé de cette mère qui a préféré se débarrasser de ses enfants, puis disparaître elle-même plutôt que de voir le somptueux mobilier qui servait de cadre à sa jeunesse et à sa beauté tomber aux mains avides des brocanteurs.

C'est à Neuilly que le drame s'est déroulé c'est là que nous sommes allés chercher nos renseignements, et voici ce que nous avons appris.

 

Le ménage Huot de Grancourt.

M. Huot de Grancourt, âgé de quarante et un ans, fils d'un riche propriétaire du département du Nord, habitant Lille, épousait, il y a six ans, une jeune fille de treize ans plus jeune que lui, appartenant à une aristocratique famille du pays, et qui lui apportait une dot des plus respectables. Peu auprès, le père de M. de Grancourt décédait, laissant a son fils une fortune évaluée à douze cent mille francs, représentée surtout par des fermes et des terrains à bâtir situés dans les environs de Lille et dans le voisinage de plusieurs autres villes du département du Nord.

Les premières années du ménage furent heureuses, et M. de Grancourt, en 1893, devint père d'une petite fille, qu'il fit baptiser Edmée, et, en d'une autre fillette, à laquelle on donna le prénom de Jeanne. En M. Huot de Grancourt vint à Paris, où il séjourna pendant quelques mois; puis il alla habiter Neuilly, où il avait loué un très confortable appartement, au n° 106 de l'avenue de Neuilly, au quatrième étage d'un somptueux immeuble moderne. Les habitudes de luxe des époux de Grancourt, les difficultés qu'ils rencontraient pour faire rentrer le produit de leurs fermes obligèrent le mari à chercher des ressources ailleurs. M. de Grancourt tenta quelques opérations de Bourse qui lui réussirent, et il réalisa notamment sur les Mines d'or des gains très appréciables. Grisé par ce premier succès, M. de Grancourt s'aboucha avec des hommes d'affaires, dont les manœuvres entraînèrent bientôt sa ruine.

Après avoir vendu, toutes ses propriétés, il s'engagea dans des spéculations qui le laissèrent sans un sou vaillant.

M. de Grancourt et sa famille habitaient Neuilly depuis six mois l'appartement se composait de cinq pièces. et était d'un loyer annuel de quinze cents francs. Quand il quitta Paris, le ménage ne possédait plus que six mille francs. Le trimestre fut payé d'avance, et M. de Grancourt, espérant toujours se relever, essaya avec ce qui lui restait d'argent de refaire sa fortune.

Hélas la chance l'avait complètement abandonné, et M. de Grancourt dut avouer, un beau matin, sa jeune femme qu'il ne lui restait plus rien… rien !...

La malheureuse femme perdit alors complètement la tète. Elle écrivit à toutes ses amies de pension des lettres désespérées; on lui promit de venir à son aide, et, en effet, elle reçut diverses sommes d'argent, qu'elle dépensa pour tenir son train de maison. Elle dépensa même tant et si bien que le terme d'avril arriva et qu'il lui fut impossible de payer le propriétaire.

Une saisie fut opérée, et M. de Grancourt reçut son congé.

 

De l'argent !

A ce moment, la jeune femme s'employa par tous les moyens possibles à trouver de l'argent elle se rendit chez divers amis de la famille et réussit encore à réunir une certaine somme, que le mari risqua dans une spéculation désastreuse.

Pour comble de malheur, M. de Grancourt, sur ces entrefaites, fut pris de douleurs sciatiques et dut garder le lit espérait à ce moment rétablir sa fortune, car il avait été sollicité de prendre la direction d'une importante affaire industrielle. Ce dernier coup du sort désespéra complètement le ménage. Mme de Grancourt persuada à son mari de mourir avec elle; mais; avant, elle se rendit auprès de ses amies afin d'obtenir le placement de ses deux petites filles, dont elle ne rêvait pas encore la mort. On ne lui indiqua que des maisons où le prix de la pension était très élevé. Et l'orgueilleuse mère ne voulut pas avouer quelle n'avait pas d'argent. D'autre part, elle n'aurait jamais consenti à placer ses deux fillettes dans un orphelinat gratuit, elle ne voulait pas qu'Edmée et Jeanne fussent élevées avec des enfants d'ouvriers, qu'elles subissent leur promiscuité !

«J'aime mieux mourir, écrivait-elle, plutôt que mes deux filles soient en proie aux luttes de la vie. » Elle se rendit cependant dans plusieurs établissements où on lui avait promis que ses enfants seraient bien traitées, notamment à l'Enfant-Jésus mais elle ne put se résoudre à accomplir ce sacrifice. Cette fois, elle proposa à son mari de s'asphyxier avec les deux fillettes:

M. de Grancourt temporisa, toujours confiant en l'avenir. Effrayé par les propositions de sa femme, il disait à un ami :

— J'adore Marguerite mais elle-est affolée ; j'ai peur d'un coup de tête. Si j'étais valide, je travaillerais et nous vivrions, modestement sans doute, mais nous vivrions.

Depuis le 15 avril, Mme de Grancourt était dans un état de surexcitation extraordinaire. Elle écrivait à tout le monde, annonçant sa détermination d'en finir avec la vie, et, chaque fois qu'un secours se présentait, elle le refusait, ne voulant pas, disait-elle, accepter d’aumône.

 

Les lettres.

Bref, ce qui devait arriver arriva. Avant-hier soir, Mme Marguerite-Louise de Grancourt s'enferma, vers dix heures et demie, après avoir couché ses enfants, dans son cabinet de toilette, et elle écrivit cinq lettres.

Dans l'une, adressée à son mari, elle disait en substance :

« Pardon, mon pauvre ami mais, après nos efforts pour la lutte, il vaut mieux que nous te quittions tous les trois le fardeau sera moindre. »

Et elle ajoutait : « Nous t'attendons. »

Dans une autre missive, adressée à une amie, elle écrivait :

« Je préfère à la vie horrible qui nous menace, la mort, qui va nous délivrer, mes enfants et moi, des étreintes dé la misère. » Puis, dans une troisième, elle demandait pardon à Dieu et aux hommes d'avoir « assassiné » ses enfants.

Jusqu'à minuit, elle écrivit ainsi. Puis, vers minuit un quart, elle pénétra dans la salle à manger, où dormaient dans leurs berceaux les deux fillettes.

Elle s'avança sur la pointe des pieds, car le père, qui prévoyait le drame et était inerte sur sa couche, surveillait anxieusement la porte de communication.

 

Le drame.

Alors, comme elle faisait tous les soirs, Mme de Grancourt s'approcha d'Edmée, la baisa sur le front et lui demanda, tout bas, bien bas :

— Tu as soif, ma chérie ?

— Oui, maman, répondit l'enfant.

Edmée but et tomba foudroyée sur sa couchette.

La mère venait de lui faire absorber du cyanure potassium.

Puis la mère se dirigea vers le berceau de Jeanne et lui fit également boire le mortel liquide.

Elle embrassa encore une fois les deux petits cadavres, puis absorba elle-même, d'un seul trait, ce qui restait de poison au fond du flacon

Elle poussa un cri terrible et se dirigea, chancelante; vers la chambre à coucher. M. Huot de Grancourt se dressa sur son lit de douleur et vit sa femme s'avancer vers lui, puis s’affaisser, comme une masse sur le parquet, en s'écriant, dans un râle suprême :  — Elles sont mortes !... Je les ai tuées… Pardon !

La bonne, qui couche dans une pièce continue à celle de son maître, ayant entendu le cri d'angoisse de la jeune femme, se précipita dans la chambre à coucher et se trouva en présence d'un terrifiant spectacle.

Sa mairesse était étendue au pied du lit. Une écume blanchâtre floconnait aux commissures de ses lèvres, et M. de Grancourt, les yeux agrandis par l'effroi; était penché vers elle, essayant vainement de se soulever sur sa couche de douleur.

Alors ce fut dans la maison un véritable affolement. La bonne se précipita dans l'escalier et appela au secours. Les voisins accoururent et trouvèrent les enfants morts dans leur barcelonnette et la mère inanimée près du mari paralysé par l'horreur.

 

Les constatations.

La concierge et son fils allèrent prévenir M. Cotillon, commissaire de police, qui arriva accompagné des agents du poste, car dans la rue, malgré l'heure tardive, la foule s'attroupait et voulait forcer la porte de la maison pour pénétrer et voir;

Le magistrat a reçu la déposition de M. Huot de Grancourt. Son récit est celui que nous venons de faire nous-même. Le magistrat a pris les lettres écrites par Mme Marguerite de Grancourt et les a expédiées à leurs adresses, puis il s'est retiré.

Quand il- fut seul, M. de Grancourt, toujours immobilisé sur son lit par son mal, voulut contempler les traits des trois êtres qu'il avait adorés. Des voisins apportèrent dans leurs bras les corps des deux fillettes, et les lèvres du malheureux père longuement restèrent collées au front des enfants Puis les deux petites filles ont été replacées chacune dans son berceau, tout proche de leur mère, étendue sur un lit semé de fleurs printanières. Des cierges ont été allumés, puis M. de Grancourt a prié tout le monde de se retirer, et il est reste seul avec ses chères mortes.

 

Douleur poignante.

Le malheureux mari, que nous avons pu voir hier soir, est dans un état d'abattement tel que l'on craint pour sa raison. Il ne sait plus ce qui s'est passé. Il pleure, et ses sanglots sont coupés à chaque instant par des cris que lui arrache la souffrance.

La bonne, très émotionnée par l'événement, est couchée dans sa chambre voisine et est chargée de surveiller l'infortuné mari afin qu'il n'attente pas à ses jours. Une seule personne s'est rendue, hier après midi, 106, avenue de Neuilly mais, sur les conseils mêmes des voisins, elle n'a pas cru devoir monter.

Ce douloureux événement a produit une grosse émotion à Neuilly.

La famille, qui habite, comme nous l'avons dit, le département du Nord, a été prévenue.

La date des obsèques des trois victimes de cet horrible drame ne sera fixée qu'aujourd'hui.

Le Matin — 2 mai 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

M. Pierre Sollinger habitant 18 bis rue du Rhin, était, il y a quelques jours encore, chef cantonnier de la ville de Paris. Ses chefs, MM. Paul Hervé, conducteur des ponts et chaussées, et Louis Fleury, piqueur de la Ville, avaient, depuis quelque temps déjà, à se plaindre de son inexactitude et résolurent de sévir; et, sur un rapport de M. Paul Hervé, le chef cantonnier fut révoqué.

Sollinger jura de se venger et se plaignit partout d'être la victime d'une injustice insigne. Il était, d'ailieurs, du fait de sa révocation, réduit à la misère, à soixante-deux ans.

On avertit MM. Paul Hervé et Louis Fleury des menaces que proférait contre eux leur ancien employé ils crurent que ce n'étaient là que des fanfaronnades et ne prirent aucune précaution.

Hier, les deux fonctionnaires sortaient ensemble de leurs bureaux, rue de Crimée, 220, lorsque M. Sollinger, qui les attendait, s'avança vers eux, tira de sa poche deux revolvers et, des deux armes, fit feu à plusieurs reprises, à bout portant, sur les deux hommes. M. Paul Hervé fut atteint en pleine poitrine, du côté du poumon gauche; il s'affaissa, au milieu d'une mare de sang, tandis que M. Fleury, atteint à l'aisselle gauche, s'enfuyait en criant.

A ses cris, dos passants accoururent, .qui s'emparèrent du meurtrier celui-ci, d'ailleurs, ne nt aucune résistance. Il répétait

— Justice est faite.

Au moment de son arrestation, Sollinger avait sur lui, outre les deux revolvers dont il a fait usage, une canne à épée.

— Si je les avais manqués, a-t-il déclarée je les aurais bien attrapés avec ça.

Les deux blessés ont été transportés à l'hôpital Tenon. L'état de M. Hervé est assez inquiétant la guérison de M. FIeury n'est qu'une affaire de quelques jours.

M. de Selves, préfet de la Seine, s'est rendu, hier, a l'hôpital Tenon, où il a visité ses deux employés blessés.

Le Gaulois — 22 décembre 1897

 La chassse aux morts

La chassse aux morts

Un incident plutôt macabre s'est passé, 34, boulevard de Clichy.

Une dame R… occupe, à cette adresse, un appartement au quatrième étage. Alitée depuis prés de deux mois, elle reçoit les soins du docteur X... qui venait, deux fois par jour, lui faire des injections d'un sérum quelconque. Mais ce médecin, ayant une clientèle importante à visiter, avait prié M. Tissot, pharmacien, habitant la maison, de le suppléer, partiellement du moins, dans les soins à donner à la malade.

Ces jours derniers, un individu tout de noir vêtu, comme il convient aux employés des entreprises funéraires, se présentait chez le concierge de l'immeuble, priant qu'on lui indiquât l'étage où venait de décéder Mme R…

— Mais, répondit le concierge tout interloqué, cette dame n'est pas morte ! Elle est, au contraire, en voie de guérison.

— Vous ne savez ce que vous dites, mon brave homme. Indiquez-moi l'étage, c'est tout ce que je vous demande.

— Au quatrième, puisque vous y tenez. L'homme gravit les escaliers quatre à. quatre. Le hasard voulut que ce fût M. Tissot qui le reçût.

— C'est bien ici, questionna le funèbre visiteur, qu'il y a une morte ?

— Qu'est-ce que c'est que cette mauvaise plaisanterie ? fit M. Tissot en empêchant d'entrer le visiteur

— Il n'y a pas de mauvaise plaisanterie, reprit celui-ci, et je sais ce que je dis !

Et alors il expliqua qu'appartenant à une agence de transports funèbres il avait été informé, à la mairie de Montmartre, du décès de Mme R... Il venait, en conséquence, faire ses offres de service à la famille ou, à son défaut, aux amis de la défunte.

Indigné, à bon droit, de l'extrême légèreté des employés de l'état civil et de l'incorrecte insistance du macabre courtier, M. Tissot l'engagea, en termes nets, à décamper. L'homme, un nommé P. S..., furieux de voir lui échapper l'aubaine qu'il s'était promise, se montra d'une telle inconvenance que M. Tissot se vit dans l'obligation de le faire conduire par un gardien de la paix chez M. Dupuis, commissaire de police. Là, tout s'expliqua, et l'agent funèbre fut invité à plus de circonspection à l'avenir.

Mais, hélas! L’algarade avait été malheureusement entendue de Mme R... La pauvre femme, vivement impressionnée par cette scène qui n'avait rien de folâtre, s'était évanouie et c'est à grand’ peine qu'on put lui faire reprendre connaissance.

Le Figaro – 19 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 23 mars

Mardi
23 mars 1897

Le président de la République, après avoir arrêté, avec le préfet de la Loire-Intérieure, les détails de son prochain voyage dans la région vendéenne, a accepté hier l'invitation que lui ont faite les représentants de la Savoie de s'arrêter dans le département à son retour de Grenoble.


Un nouvel exemple du sans-gêne de certains bureaux vis-à-vis du public.

Un de nos amis emploie une domestique de nationalité étrangère. La déclaration légale a été faite à la préfecture de police dans les délais règlementaires.

Cependant, il y a quelques jours, cette femme recevait de la préfecture de police un avis par lequel on la priait de passer tel jour, à telle heure, à tel bureau.

Perte de temps. Service d’une maison désorganisé.

Or voici pour quel motif on avait fait venir cette femme du quartier Monceau au boulevard du Palais: but simplement pour savoir si sen nom s’orthographie par ch ou par sch !!!

Assurément la personnalité de M. Lépine est ici hors de cause. Mais n’est-ce pas un exemple typique du sans-gêne avec lequel les bureaux traitent le pauvre monde ?


Du Matin

Gros effarement, hier, chez les membres du conseil de révision du premier arrondissement.

Une masse opaque, que nul rayon Rœntgen n'aurait pu pénétrer, venait d'intercepter brusquement le soleil printanier filtrant à travers les vitres.

Cet écran difficilement mobile n'était autre que le conscrit Flomont, membre de la Société des cent kilos, faisant craquer le plancher sous le- poids de ses deux cents livres passées et exhibant complaisamment sans corset ses deux mètres de taille. Ajourné jusqu'à ce que cet embonpoint là soit rentré à l'alignement ! tonitrua le major.

Le pauvre garçon, qui rêvait, paraît-il, de lauriers militaires, se retira, tout contrit, tandis qu'un loustic lui conseillait de s'engager, comme volontaire, « en Grèce ».


ÉTOUFFÉ PAR UN CROISSANT

M. Desfrancs, négociant rue Lafayette, 85, confiait hier son enfant, le petit Colas, âgé d’un an à sa domestique pour qu’elle le conduisit au parc Monceau.

Au cours de la promenade, le bébé ayant eu faim, la domestique lui acheta un croissant qu’elle lui donna à manger. .

Tout à coup, sans qu’on puisse s’expliquer comment, un morceau du croissant s’arrêta dans la gorge du petit enfant dont la figure se contracta aussitôt.

On le transporta dans une pharmacie voisine, mais déjà l’asphyxie s’était produite, et l’enfant qui râlait, rendait le dernier soupir avant l’arrivée du médecin.


BAGARRE A LA MAISON-BLANCHE

Une grave bagarre s’est produite, l’avant-dernière nuit, place Jeanne-d’Arc, dans le quartier de la Maison-Blanche : un Alsacien, Louis Klamber, a été à moitié assommé par la foule.

Klamber avait, en effet, infligé dans la soirée une correction violente à un passant qu’il avait pris pour un enfant dont il avait à se plaindre. Le bruit se répandit dans le quartier que « l’Alsacien » venait de tuer un enfant.

Bientôt plus de mille personnes s’amassaient devant le logis de Klamber et une douzaine de justiciers improvisés le frappaient cruellement.

Le pauvre homme allait succomber quand la police intervint. Dix arrestations ont été opérées Klamber a été transporté à l’Hôpital de la Pitié.


LES PÊCHEURS DE TERRE-NEUVE

Saint-Malo, mars. De notre correspondant particulier. Ce matin, les grands transports Notre-Dame-du-Salut et Château-Lafitte sont partis, emmenant deux mille trois cent pêcheurs malouins à Saint-Pierre-Miquelon.

Ils formeront les équipages des goélettes saint-pierraises ou travailleront à terre au séchage de la morue pendant toute la campagne de pêche.

Tout un concours de population assistait au départ en masse des sympathiques pêcheurs de Terre-Neuve.


Conseil pratique

Que les cuisinières se persuadent bien qu'il est impossible de faire de la bonne cuisine sans le jus de viande qui lui donne le corps, l'arome et les qualités nutritives. Or le jus de viande par excellence, c'est l'Extrait de viande Liebig. Parfaitement pur, très concentré, sans aucune addition, il est tiré de la viande de bœuf dont on a éliminé les graisses et les gélatines nuisibles. Son emploi est des plus simples. Nous en reparlerons.


Il y a pour les eaux minérales comme pour les vins, une noblesse d’autant plus respectable pour les premières qu’elle est uniquement fondée sur leurs propriétés et les services rendus. Sous ce rapport, Vichy est privilégié, car ses célèbres sources de l’État : Célestins. Grande-Grille et Hôpital vont de pair  avec les crus les plus en renom de Bourgogne ou du Bordelais. Exigez donc toujours l’une de ces sources méfiez- vous des substitutions souvent nuisibles à la santé.

sans titre 1
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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Je ne suis pas de ceux qui s'imaginent qu'ils ont qu'ils n'ont qu'à ouvrir la bouche pour que les alouettes y tombent toutes rôties. Non, mais tout de même j'ouvre la bouche de temps en temps.


282. 3732 lapins ont été tués lors des chasses présidentielles durant la saison 1897-98.
Biarritz. Toujours très brillante, la saison à Biarritz. Les fêtes dans les villas, les diners, les bals se succèdent sans interruption. De plus, on parle beaucoup d'un court séjour que ferait le Roi de Siam dans cette délicieuse station.
 A Montmartre

A Montmartre

Montmartre est au-dessous de ses affaires. On parle d'un huissier qui se disposerait à saisir la Butte.

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 la bombe du mystère

La bombe du mystère

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Drame avenue de Clichy

Les locataires du n° 34 de l'avenue de Clichy entendaient hier soir mardi, à dix heures et demie, quatre coups successifs de revolver bientôt suivis de cris « Au secours au secours je meurs »

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Les infortunes de Gravelot.

De son métier, Constant Gravelot est cocher de maison bourgeoise. Il habite ordinairement Château-Thierry et il était arrivé hier à Paris pour se rendre à la gare Montparnasse, où il devait prendre le train pour Parthenay.

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 ALLUMEUSES

ALLUMEUSES

L'amuseuse à Paris devient une « allumeuse »

Ça il faut à nos sens la senteur capiteuse

Qu'exhale son corps blanc, lorsque le fin Congo

L'enveloppe d'encens. Gloire à son lavabo !

J. Bellin au savonnier Victor Vaissier

Nouvelles à la main

 Un passant des plus corrects et

Un passant des plus corrects et des plus distingués donne deux sous à un mendiant.

Quelques instants après, celui-ci lui court après, tout effaré :

— Monsieur ! monsieur ! un agent vous a vu me faire l'aumône. Il veut m'arrêter pour mendicité. Le voici qui vient. Sauvez-moi !

— Mais que puis-je faire ? demande le monsieur.

— Il n'y a qu'à lui dire que je vous avais prêté deux sous la semaine dernière, et que vous me les avez rendus !

 Hier soir

Hier soir, rue Le Peletier, une bonne femme à lunettes bleues, n'ayant qu'un bras, accostait les passants

— N'oubliez pas, mon bon monsieur, une pauvre femme affligée de la vue et d'un bras !

— Affligée d'un bras s'écrie S... en entendant cette requête, eh bien et moi donc qui en ai deux !

 Dernier écho du réveillon

Dernier écho du réveillon.
On a interrompu la partie, dans un cercle sans préjugés, pour festoyer selon la tradition.
Au Champagne, le doyen des habitués se lève pour porter un toast; puis, après l'avoir vidé, il jette .par-dessus son épaule son verre, qui se brise sur le tapis.
— Ce n'est pas comme en Russie fait observer un ponte à son voisin ; ici, c'est l'habitude de faire sauter la coupe.

Un paysan dans une gare parisienne

Un paysan dans une gare parisienne :
— Combien, vous dites ?
— Trois francs soixante.
— Trois francs, hein ?
— Trois francs soixante. Dépêchez-vous, le monde attend derrière vous.
C’est trois francs et un fromage. C’est dit ?
— Allez-vous en... circulez ! le monde attend.
— Ah ! ben, vous savez, bonsoir ! Faut pas tant faire le fier ! Y a d’autres gares à Paris !
Et le paysan s’éloigne avec un rire muet.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 La peur des mots - 1897

La peur des mots.

La petite ville de Saint-Etienne-de- Saint-Geoirs (Isère), dont le maire est un député radical répondant au nom parfaitement inconnu à Paris d'Octave Chenavaz, a eu l'autre jour, comme à peu près partout sa petite fête au bénéfice des enfants pauvres.

Seulement radicalisme oblige la petite fête qui, partout ailleurs, s'intitulait « arbre de Noël», fut étiquetée, à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, «arbre du jour de l'an ».

C'est ainsi que, à Paris, les étudiants libres penseurs, et aussi, sans doute, quelques étudiants libres farceurs, baptisent « boul' Mich' » le boulevard Saint- Michel et rue Le la rue Monsieur-le- Prince.

Ces fantaisies rappellent un peu avec beaucoup moins d'esprit la réponse d'un ci-devant gentilhomme cité

en 1793 devant le Tribunal révolutionnaire.

Comme le président d'assassins la définition est de Robespierre lui-même lui demandait son nom et ses qualités, l'accusé répondit :

— Je n'ai pas de nom, je ne suis rien ni personne. Autrefois on m'appelait le comte de Saint-Cyr, mais aujourd'hui il n'y a plus de comte, ni de « de », ni de saint, ni de sire. C'est même assez ennuyeux pour vous, car enfin il vous sera difficile de condamner à mort quelqu'un qui n'existe pas.

Pour en revenir à M. Octave Chenavaz, député radical de l'Isère, qui supprime Noël de son calendrier, cela doit joliment le contrarier d'être maire d'une commune dans le seul nom de laquelle il y a deux saints.

Le Figaro - 10 janvier 1897

 LE HOCKEY - 1897

LE HOCKEY

On parle beaucoup du hockey en ce moment ce jeu, qui nous vient d’Angleterre, a donné lieu ces jours derniers à divers matches très animés qui ont fort intéressé le public. Disons tout d'abord quelques mots de la façon dont il se joue.
Deux équipes composées de six, sept ou huit joueurs, selon la place dont on dispose, se placent de chaque côté de la piste de glace, mais en entremêlant leurs joueurs ces équipes, qui ressemblent beaucoup à celles du football, ont un capitaine, un avant, un arrière et un gardien de but. Ce but est figuré par deux poteaux entre lesquels doit passer un palet que les joueurs font glisser en le poussant avec des maillets.
Il s'agit de faire passer le palet entre les deux poteaux du but et, pour rendre ce résultat plus difficile, les joueurs des camps adverses sont entremêlés comme nous l'avons dit plus haut, afin d'empêcher que ceux d'une même équipe ne passent le palet de bout en bout à leurs camarades.,
Il en résulte un chassé-croisé très amusant, et le palet glissant entre les joueurs vire et volte à toute vitesse; ce jeu qui demande beaucoup d'adresse et d'agilité, a obtenu rapidement une grande vogue.
Comme on ne peut le jouer que sur la glace, les emplacements sont forcément limités; mais il sera pour cet hiver, si le gel est assez fort, un des plus grands attraits des fêtes qui pourront se donner sur les lacs du Bois ou des environs de Paris.

Paul Meyan.

Le Figaro – 14 décembre 1897

 Un trait de la jeune reine de Hollande. - 18 nov 1897

Un trait de la jeune reine de Hollande.

On sait que la reine Wilhelmine deviendra majeure le 31 août prochain.
Depuis des mois, les journaux hollandais discutent à perte de vue, quel cadeau il convient d'offrir à la jeune reine à cette occasion. Les uns proposent un cadeau national, d'autres un cadeau par province, il a même été question de cadeaux de sociétés, de cadeaux de corporations, de cadeaux de cercles, voire de cadeaux de personnes privées.
La future reine de Hollande vient de mettre tout le monde d'accord elle a déclaré qu'à l'occasion de son avènement au trône elle n'acceptera aucune espèce de cadeau.
Voilà une résolution qui coupe court à tous les embarras pour le choix des cadeaux.

Le Figaro – 18 novembre 1897

 Académie Française - Emile Zola - Le Matin – 9 janvier 1897

Académie Française

Le Gaulois annonçait, que M. Émile Zola, en posant sa candidature au fauteuil laissé vacant par la mort de M. Challemel-Lacour, sollicitait pour la dix-neuvième fois les suffrages de l'Académie française.

En effet, depuis le 1er mai 1890, M. Zola s'est présenté à toutes les élections, sauf au deuxième scrutin pour la succession de Taine, qui échut à M. Albert Sorel, et, l'élection, du' remplaçant de M. Maxime Du Camp, qui fut M. Paul Bourget.

Les immortels décédés dont M. Zola désirait faire l'éloge sont les suivants :

En 1890, Émile Augier (deux élections), remplacé par M. de Freycinet ; en 1891, Octave Feuillet, remplacé par M. Pierre-Loti ; en 1892, Jurien de La Gravière, remplacé par M. Lavisse en 1893, Xavier Marmier, remplacé par M. de Bornier; Camille Rousset, remplacé par M. Thureau-Dangin Renan (deux élections), remplacé par Challemel-Lacour; John Lemoine, remplacé par M. Brunetière en 1894, de Mazade, remplacé par M. de Heredia , Taine, au premier tour seulement ; Léconte de Lisle, remplacé par M. H.Houssaye ; en 1895, Duruy, remplacé par M. Jules Lemaître; en 1896, de Lesseps, remplacé par M. Anatole France, Camille Doucet, remplacé par M. Costa de Beauregard, Pasteur, remplacé par M. Gaston Paris, Léon Say, remplacé par M. Albert Vandal, et Alexandre Dumas, remplacé par M. André Theuriet.

Le fauteuil de Challemel-Lacour est donc bien le dix-neuvième auquel aspire M. Émile Zola, et peut-être celui de Jules Simon, également libre, sera-t-il le vingtième.

Dans ces diverses tentatives, le plus grand nombre do voix réunies par M. Zola a été de onze.

Le Matin – 9 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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