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SIXIEME ANNÉE N°3354

 

28ème jour de l'année

   


Lundi
28
Janvier 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA VIE DANS LA LUNE

LA VIE DANS LA LUNE

OÙ EN SONT LES EXPLORATIONS DES SAVANTS ?

La mode n'y est plus – Cartes et instruments incomplets – Les progrès de la photographie – Existence de la vie organique.

Pendant un certain temps, on ne s'occupait que de la lune c'était à l'époque où il s'agissait de la rapprocher de nous à tel point que nous n'aurions plus eu qu'à tendre la main pour la toucher. Puis le silence. La lune avait passé de mode. A peine quelques sélénographes obstinés avaient continué à étudier la face visible de notre satellite, fixant les moindres détails de sa topographie avec une minutieuse exactitude. Malgré l'imperfection relative des instruments, ils crurent alors rencontrer la présence de l'eau dans certaines cavités, parfois même le retour périodique, sur certains points, d'une vague végétation et, tout au moins, une activité volcanique encore persistante.

Or la vérité est que là lune nous est très incomplètement connue. Notre meilleure carte de la surface visible, si précise soit-elle, n'est qu'au 1,780,000è. C'est insuffisant. En effet, nous savons que, sur notre globe, des changements se produisent dans la forme des montagnes, dans la direction des cours d'eau, changements fort appréciables et qui, cependant, ne sauraient être relevés sur des cartes d'une échelle aussi réduite. Aujourd'hui même, avec le télescope de Lick, dont la lentille a trente-six pouces de diamètre, avec l'admirable télescope de notre Observatoire, dont la lentille a vingt-quatre pouces, nous ne pouvons apercevoir des mouvements de terrain, collines ou vallées, ayant moins de à l,000 pieds de large. Si bien qu'un observateur lunaire examinant la Terre avec des instrumentes semblables à ceux qui nous servent à observer la lune déclarerait certainement que notre planète est un astre mort et ne porte aucune trace de végétation ni de vie.

Telle est la question qu'étudie le prince Kropotkine. Cette recherche nouvelle est, du reste, admirablement servie par les progrès de la photographie, venus au secours de l'observation télescopique. Sur les épreuves photographiques, les montagnes, les plaines, les cirques apparaissent avec une précision dont les meilleures cartes lunaires ne sauraient donner une idée. Et, pourtant, les obstacles à vaincre sont encore considérables. Les mouvements propres de la lune sont si irréguliers, la transparence de l'atmosphère si variable, les dimensions des épreuves si insuffisantes, que la photographie n'a pas encore rendu tous les services qu'on est en droit d'attendre d'elle. Cependant, certains négatifs de l'Observatoire de Paris ont atteint une netteté telle qu'on a pu les examiner au microscope. Cette étude a permis à MM. Lœvy et Puiseux d'instituer une théorie nouvelle sur les crevasses partielles qui se montrent à la surface de la lune.

Son atmosphère.

La lune est de proportions sensiblement moindres que la Terre. Elle ne pèse que 1/81 de son poids. En conséquence, la force d'attraction est considérablement moindre à sa surface, et, en supposant qu'elle possède une atmosphère de la même composition que la nôtre, sa densité, dans les parties les plus basses, serait de trente à cinquante fois plus faible que la densité de la nôtre prise au niveau de la mer.

Mais il résulte des recherches du docteur Johnstone Stoney que, si, à une certaine époque de son existence, la lune avait été enveloppée d'une masse gazeuse composée d'oxygène, d'azote et de vapeur d'eau, elle n'en aurait guère conservé à l'heure actuelle. On sait que les gaz sont formés de molécule, emportées dans tous les sens à des vitesses effrayantes. Au moment où cette vitesse, pour une molécule arrivée près des limites extérieures de l'atmosphère, dépasserait, pour la lune, 3,500 mètres par seconde, elle pourrait échapper à la sphère d'attraction de la planète. Molécule par molécule, le gaz irait se perdre dans l'espace interplanétaire. Cela explique pourquoi notre atmosphère ne peut pas conserver d'hydrogène libre et pourquoi celle de la lune ne peut garder ni air ni vapeur d'eau.

Cependant, ni ces déductions, malgré leur apparente logique, ni les calculs antérieurs de Bessel n'ont pu convaincre les astronomes delà non-existence d'une atmosphère autour de la lune. On constate, en effet, autour de notre satellite, la présence d'un faible crépuscule, et l'on- sait que le crépuscule est causé par la réfraction de la lumière à travers l'enveloppe gazeuse. On a, en outre, remarqué depuis longtemps, à Greenwich, que les astres qui sont couverts par la lune au cours de son évolution restent visibles deux secondes au moins de plus qu'ils ne devraient le faire si leurs rayons n'étaient pas légèrement infléchis au moment où ils passent près de la surface de la lune. On a conclu, en conséquence, que la lune devait avoir une atmosphère deux cents fois plus légère que la nôtre. Cette atmosphère, atteignant son maximum de densité dans les profondeurs comme les cirques des montagnes, serait à peu près imperceptible autour des sommets. Elle n'en jouerait pas moins, comme l'a montré Nelson, un rôle important dans l'économie de la vie à la surface de la lune.

Un crépuscule.

Les observations faites à Lick, à Paris et à Arequipa confirment pleinement cette théorie. Il est certain qu'un crépuscule est nettement visible vers les bords du croissant de la lune, principalement autour du premier et du dernier quartier. Ce reflet parait prolonger les bords du croissant d'environ 60 secondes, et cela indique la présence d'une atmosphère ayant, à la surface do la lune, la même densité que notre atmosphère à une hauteur de 55 kilomètres. On a obtenu le même résultat sur Jupiter au moment où la planète va être occultée par la lune ou émerge de derrière elle. Une pareille atmosphère est certainement bien insignifiante; mais on a également observé une bande sombre apparaissant entre Jupiter et la lune au moment de l'occultation. Et le professeur Pickering ne trouve pas à ce phénomène d'autre explication que l'existence d'une buée légère, partiellement due à la vapeur d'eau, qui s'élèverait à quelques milles au-dessus de la surface de la lune quand celle-ci est frappée par les rayons du soleil.

Il y a quelques années encore, on n'aurait pas accueilli sans défiance une semblable supposition. Mais on comprend aujourd'hui que, en certains endroits au moins, l'existence d'une buée produite par la vapeur d'eau est la seule explication admissible de certains phénomènes constatés. Ainsi, en 1774, Eysenhard, un élève de Lambert, aperçut distinctement sur' la ligne d'ombre traversant une des plaines (mare Crisium) un mouvement ondulatoire qui dura deux heures et fut observé par trois personnes différentes. Ces ondulations, qui parcoururent une distance de 120 kilomètres à une vitesse de 400 mètres par seconde, ne pouvaient être causées, comme le remarque le docteur Sarling, que par des vapeurs flottant sur la plaine. A plusieurs reprises, on a vu l'intérieur des profonds cirques lunaires s'emplir, au soleil levant, d'une sorte de brouillard qui tantôt disparaissait, quand le soleil montait sur le cirque, et tantôt persistait longtemps encore, quoique les objets environnants apparussent avec une parfaite netteté. La température de la surface de la lune étant très près du point de congélation, l'évaporation de cette eau sous l'effet des rayons solaires n'est pas du tout improbable.

Les cratères.

Il reste, naturellement, à examiner si, dans certains cas, cette buée n'est pas due à de l'eau projetée par des volcans ou des geysers, d'autant plus qu'il semble encore exister une certaine activité volcanique. Certains astronomes admettent l'existence d'un cratère lunaire, de trois milles de diamètre, qui serait de formation récente. Ce fut le docteur Klein qui le découvrit le premier, en 1876, dans la plaine nommée mare Vaporum, après avoir, ainsi que ses confrères, examiné maintes fois le même lieu sans en trouver de traces. En outre, les apparitions et les disparitions successives d'un autre cratère, le Linné, qui a près de six kilomètres de diamètre, ne sauraient être expliquées si l'on se refusait à admettre que ce cratère est parfois caché par les vapeurs même qu'il dégage. Quant aux changements observés dans la forme des petits volcans lunaires, ils sont trop nombreux pour être dus exclusivement à des erreurs d'observation.

Si l'eau existe encore aujourd'hui à la surface de la lune ou si elle a existé à une période relativement récente, on est amené à se demander si elle n'a pas laissé quelque trace de son activité. Jusqu'en ces derniers temps, la majorité des astronomes résolvait cette question par la négative. On a reconnu que les prétendues mers des anciens sélénographes n'étaient que des plaines et ne présentaient pas la moindre trace de l'action de l'eau, en outre que les crevasses avaient été produites dans une surface solide.

Les rivières.

Cependant, en dehors de ces surfaces, on a constaté l'existence de raies plus fines oui, après un minutieux examen, avaient tous les aspects du lit d'une rivière. Elles ne sont pas tracées en ligne droite, mais serpentent, au contraire, comme le font les rivières sur nos cartes terrestres. Elles se bifurquent, elles sont plus larges à une extrémité qu'à l'autre. Le professeur W. Pickering, qui les a soigneusement étudiées, en a classé trente-cinq de dimensions différentes. Cependant, il se place ici une particularité curieuse. Contrairement aux rivières terrestres, ces rivières lunaires ont leur partie la plus large au point d'origine, qui est toujours situé près d'un pic ou d'un cratère. Il est vrai que certaines rivières de l'Asie centrale et de l'Amérique méridionale offrent la même singularité. Elles sortent d'un lac et deviennent de plus en plus étroites, à mesure que leur cours s'allonge sur les plaines arides. L'une d'elles, par exemple, qui a 80 kilomètres de longueur, sort d'un cratère de 700 mètres de diamètre, puis sa largeur tombe à 300 mètres, et elle finit par se perdre dans la plaigne. D'autres, au contraire, se comportent exactement comme nos rivières terrestres. Une d'elles prend sa source dans les montagnes extrêmement étroite à l'origine, elle va s'élargissant graduellement, reçoit un affluent; une autre est bifurquée dans sa partie la plus haute. En un mot, on peut aujourd'hui considérer comme certain qu'il existe des lits de rivière offrant toutes les apparences d'une origine aquatique; mais ils sont si étroits que, même s'ils contenaient encore de l'eau, nous ne pourrions pas l'apercevoir.

Cela une fois acquis, on se demande si l'on ne pourrait pas découvrir quelques traces de végétation. Dans la planète Mars, nous voyons, chaque année, la neige recouvrir la région circumpolaire; puis, plus tard, de grands courants apparaissent, et la neige fond pour produire de l'eau. On a même constaté l'existence de nuages. De larges espaces changent complètement de couleur, ce que nous pouvons attribuer la végétation. 11 y a des probabilités, en effets eu faveur de plantes ou de quelque chose d'analogue.

La végétation.

Les grands cirques lunaires atteignent, on le sait, des dimensions colossales. Les plus grands d'entre eux ont de 130 à 160 kilomètres de diamètre et leur sol intérieur est sensiblement uni. On a remarqué que certaines taches grises, presque noires, apparaissent dans plusieurs de ces cratères à la pleine lune, pour disparaître bientôt après. Contrairement à toute attente; ces taches deviennent plus foncées immédiatement après la pleine lune, c'est-à-dire au moment où le soleil éclaire pleinement la partie visible de la lune et où il est, par conséquent, géométriquement impossible qu'aucune ombre soit visible. Quelques savants inclinent attribuer ces changements à la végétation. Ce ne sont point, en effet, des phénomènes accidentels. Ils apparaissent dans toutes les plaines, sauf une, et, dans deux d'entre elles, ils semblent couvrir tout le sol, au point d'être parfois presque visibles à l'œil nu. Ces taches sont, en général, d'un gris sombre, mais dans un cas, au moins, une d'elles, examinée avec un télescope d'une grande puissance, apparut d'une couleur jaune prononcée, avec un soupçon de vert.

Dans ces dernières années, on a accumulé un grand nombre de données, toutes tendant à prouver qu'il était imprudent de décrire la surface de la lune comme entièrement privée de vie. Il paraît très probable, au contraire, que les éruptions volcaniques continuent à se produire dans la lune beaucoup plus violemment que sur la Terre et que, malgré des conditions extrêmement défavorables, la vie organique y existe, sur. une si petite échelle que ce soit.

Le Matin - 28 juin 1897


L'actualité dramatique

 Un drame de la jalousie

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse, fit à celle-ci des remontrances qui furent assez mal accueillies.

— C'est bien, dit-il à Eugénie, je vais te surveiller et si je te trouve en défaut je te tuerai.

Il acquit sans nul doute la preuve de la trahison de sa compagne, car avant-hier, en rentrant vers minuit, il lui reprocha en termes violents sa conduite. Comme la malheureuse ne se défendait que par des injures, Moynet, exaspéré, s'arma d'un couteau qui se trouvait sur la table et en frappa sa maîtresse à coups redoublés. En voyant le sang couler des multiples blessures qu'il venait de faire à sa victime, il prit la fuite en criant dans l'escalier

— Je l'ai tuée je l'ai tuée

Des voisins se portèrent aussitôt au secours de la pauvre femme, mais tous les soins demeurèrent sans effet, elle rendit bientôt le dernier soupir.

On envoya chercher M. Duponnois, commissaire de police, qui, tout en procédant aux premières constatations, s'empressa d'aviser le service de la Sûreté de la fuite de Moynet. Des agents se mirent de suite à sa recherche. Ils ne l'ont trouvé qu'hier matin dans un débit de vins du voisinage. Le corps de la femme Bossin a été transporté à la Morgue pour que l'autopsie en soit faite par un médecin légiste.

Le Figaro - 24 août 1897

 Le suicide impossible

Le suicide impossible

Une jeune femme, Mlle Marie-Louise P..., demeurant rue de La Rochefoucauld, apprenait avec désespoir ces jours-ci le mariage de son ami, M. Alfred M...

— Tu m’abandonnes, lui écrivait-elle, le soir même. Je ne me sens plus le courage de vivre. Poison ou revolver, demain je serai morte.

M. M…, en recevant cette lettre, courut chez la jeune femme et eut avec elle une dernière entrevue au cours de laquelle il réussit à substituer des car touches à blanc à celles dont le revolver de Mlle P... était chargé.

Il alla ensuite chez le pharmacien de la désespérée et le pria de ne lui délivrer aucun médicament dangereux.

Or, hier, Mlle P.... se rendait chez le pharmacien et lui demandait du chlorhydrate de morphine. On lui remit une fiole contenant de l’eau distillée. Mlle P... l’avala en toute confiance, mais, rentrée chez elle, voyant que cela ne lui faisait aucun effet, elle se tira deux coups de revolver à la tète.

On juge de son étonnement en constatant qu’elle n’était pas blessée. Une heure après, M. Cornette, commissaire de police, qui avait été prévenu de ses essais de suicide obtenait la promesse qu’elle ne recommencerait plus ses dangereuses tentatives.

Le Gaulois — 18 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 26 janvier

Mardi
26 janvier 1897

De notre correspondant de Florence Le prince royal d'Italie et le général de Boisdeffre, chef de l'état-major général de l'armée, se sont rencontrés, comme l'on sait, aux fêtes du couronnement de l'empereur Nicolas II à Moscou.

Il faut croire qu'ils se sont mutuellement appréciés et ont gardé un bon souvenir de ces passagères relations, car ils viennent d'échanger, à l'occasion du jour de l'an, leurs photographies, par l'entremise du colonel Panizzardi, aide de camp du roi Humbert et attaché militaire en France.


De Monte-Carlo

Une saison culinaire vraiment organisée en vue de la grande clientèle internationale, c'est celle du restaurant du Grand-Hôtel auquel président MM. Noël et Pattard. Il y a là un chef russe pour les potages comme le « zakouski » et le « coulibiac » ; un autrichien pour les «gulyas» et les entremets; un indien pour les « curries », et un algérien pour le café arabe. Tout cela joint aux recettes de la cuisine française, où MM. Noël et Pattard sont passés maîtres, constitue une table de premier ordre, curieuse, succulente et rare.


Parmi les récentes arrivées à l'hôtel International de Brindisi, nous remarquons celle du général Baldissera, commandant des troupes italiennes en Afrique.

Il fut un temps où personne ne s'arrêtait à Brindisi, faute d'un établissement en rapport avec les exigences modernes. Depuis la création de l'hôtel International par la Société des Grands Hôtels, Brindisi a une « liste des étrangers » comme en ont les stations hivernales à la mode.


Du Gaulois

BIGAME

Un sieur Georges Meyer, cocher à Montbéliard, transportait les voyageurs de la gare à la ville et ce genre de travail le mettait en relation avec nombre de voyageurs et de voyageuses.

Meyer était un mari infidèle qui comptait fleurette à toutes les femmes qui lui plaisaient.

Récemment il conduisait à la gare Mlle Clarisse Medelon, domestique, qui rentrait chez elle, à Arthel (Nièvre). Dix minutes de conversation lui suffirent pour faire sa conquête et la domestique ne partit pas.

Quelques jours se passèrent, puis Mlle Medelon voulut rejoindre sa mère à Arthel. Le don Juan n'hésita pas pour la suivre à abandonner sa femme et ses deux enfants.

Le couple arrive donc à Arthel mais là la mère de Medelon intervint pour rompre la liaison, à moins que le maire ne la légitimât.

Meyer ne balança pas; quoique déjà marié, il épousa la domestique. Tous deux vinrent, à Paris. Mais la femme délaissée dénonça son mari et celui-ci a été arrêté hier dans un hôtel de là rue de la Fidélité. Meyer avait, on l'avouera, singulièrement choisi la rue où il était descendu. Son ironie lui a porté malheur.


CHEVAUX EMBALLÉS

M, de Ramel, député du Gard, passait dans l'après-midi en voiture, avec sa femme et son fils, rue Notre-Dame-des-Champs, quand les chevaux de son coupé s'emballèrent et partirent à fond de train dans la direction de la rue de Rennes.

A l'angle de cette rue et de la rue Saint-Placide, la voiture heurta violemment le trottoir et le cocher, Auguste Lechevallier, fut précipité à terre. Il se releva n'ayant que de légères contusions.

M. de Ramel, profitant du court arrêt imprimé à l'allure des chevaux par ce choc, ouvrit la portière, sauta à terre et s'élança à la tête des chevaux qu'il parvint à maîtriser.

Le député du Gard est rentré à pied avec sa famille à son domicile, rue de Bourgogne.


QUESTION SOCIALE RÉSOLUE

La question de la vente directe du producteur au consommateur fait partie de la solution du problème social.

Parmi les syndicats de producteurs organisés dans ce but, la Grande Union Viticole de France tient certainement le premier rang.

Ses chais d'expédition de Bordeaux, Blaye, Beaune, Avignon et Saint-Gilles lui permettent de livrer bon et bon marché. Pour les commandes, s'adresser 85, Rue de Richelieu.

sans titre 1

 27 janvier

Mercredi
27 janvier 1897

Tout le monde sait que le poète Jean Richepin manifeste des goûts très prononcés pour les sports athlétiques. Gymnastique, boxe, chausson, canotage, bicyclette, natation n'ont aucun mystère pour le poète des Touraniens.

Cette passion vient de lui jouer un vilain tour. Il ya environ trois semaines, en esquissant dans le vide quelques magnifiques parades de la jambe, M. Richepin s'est déboîté le genou.

A l'heure qu'il est, il est encore à peu près immobilisé dans une gaine de cuir qui lui serre la jambe. II n'en suit pas moins avec assiduité les répétitions de Chemineau, à l'Odéon mais avec quelle peine il se voit condamné à rester au repos, au lieu de prendre part à la mise en scène active de son drame, on le devine aisément.

Nous souhaitons à notre confrère une prompte guérison, ce qui ne saurait tarder, étant donnée la grande habitude qu'il a du « rétablissement »


La contamination-par la prestation du serment en Angleterre

On sait que tout sujet de la reine Victoria appelé à témoigner devant la justice de son pays doit .prêter le serment de dire « la vérité, toute la vérité », en déposant un baiser sur un exemplaire du Nouveau Testament, spécialement destiné à cet usage. On pense bien que ce volume n'est pas renouvelé après chaque baiser, ni même après chaque audience. Aussi cette cérémonie, qui devrait être solennelle, n'inspire-t-elle que le dégoût aux gens bien élevés. Il est fortement question d'adopter en Angleterre et en Irlande le système employé pour la prestation du serment en Écosse, c'est-à-dire une formule que le témoin récite en tenant la main droite levée.


Un jugement bien intéressant pour tous les Parisiens

Dans son audience du 13 janvier courant, le juge de paix du neuvième arrondissement a jugé que l'on peut monter toutes les fournitures même le charbon à toute heure, par les escaliers de service, quand même le bail contiendrait une clause contraire, laquelle serait abusive.


Paris compte depuis hier soir une nouvelle association. C'est l'association des « Cent kilos de Paris » [dont nous avons déjà parlé]. Pour en faire partie, il faut peser au moins cent kilos. Les adhérents, au nombre de quarante-six, se sont réunis dans un établissement de la rue de la Folie-Méricourt, sous la présidence d'un commerçant du quartier, M. Flèche, dont le poids est de 160 kilos. Les « Cent kilos » ont jeté les bases de leur nouvelle association et en ont rédigé, séance tenante, les statuts. Parmi eux, se trouve un jeune cuisinier parisien qui s'intitule le plus « gros conscrit de France ».

Olivier Flomont c'est le nom de ce moderne Vatel pèse exactement 155 kilos et mesure 1 m. 51 de tour de taille.

Les femmes seront rigoureusement exclues de cette association originale. Elles ne seront même pas admises aux deux banquets qui auront lieu chaque année.

C'est le cas de répéter, comme dans le Petit Duc « Pas de femmes ! »

Nous ne savons si les « Cent kilos » seront des hommes de jugement. En tout cas, ce seront des hommes de poids.


Conseil pratique

Pour assainir les chambres des malades. Faites des vaporisations avec de l'eau de bi-borax et étendez sur une corde un drap imbibé de cette même solution.

Toutes les expectorations du malade doivent être couvertes de bi-borax en poudre, et les objets dont il s'est servi, trempés, rincés et lavés dans de l'eau chaude contenant du bi-borax (deux cuillerées à bouche par litre). Ce procédé assure une parfaite désinfection, sans aucun des inconvénients de certains antiseptiques.

C'est aujourd'hui qu'a lieu, à la galerie Georges Petit, la vente de la précieuse collection de tableaux modernes provenant de la succession d'un Parisien très connu, récemment décédé.


Les propos du vieux docteur.

« Plethora omnium morborum mater.»

Ainsi parle la science, en latin; en français, nous dirons Toutes les maladies ont pour cause la pléthore abdominale, et, pour les éviter, il faut prendre tous les matins à jeun, immédiatement avant le petit déjeuner, un verre de la bienfaisante eau de Carabana.


Un concours de poésie est ouvert en ce moment, sous les auspices de l'Académie poétique du Midi, 2, rue Sainte-Calixte, à Marseille.

Pour les conditions, demander le programme au président.


Hors Paris

De Budapest:

« Le célèbre littérateur Maurice Jokai vient d'être nommé membre à vie de la Chambre des magnats. »

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 C’est quand on serre une femme de trop près qu’elle trouve qu’on va trop loin.


248. Le 17 septembre 1897, on apprenait dans le Gaulois que par suite d’une assez grave indisposition de la bello Otero, les Folies-Bergère renvoient à mardi prochain, 21 septembre, la soirée de gala qui devait avoir lieu le soir même.

NOS AMIS LES RUSSES


Bien avant les diplomates des deux pays, les médecins russes partageaient les vues de leurs collègues français. C'est ainsi qu'après le Dr Pouchet le célèbre professeur Bogoslowsky, professeur de pharmacologie à l'Université impériale de Moscou, proclame dans ses travaux l'excellence de l’Apenta, la célèbre eau purgative.
 A Montmartre

A Montmartre

Montmartre est au-dessous de ses affaires. On parle d'un huissier qui se disposerait à saisir la Butte.

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 Les foins Theuriet

Les foins

par M. André Theuriet
de l'Académie Française

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Le drame de la rue des Maraichers

Au numéro 48 de la rue des Maraîchers, à Charonne, près de la rue des Pyrénées, contigu à la ligne du chemin de ceinture, existe un vaste terrain qui se loue 1 franc le mètre carré et où se trouvent, semées dans un pittoresque désordre, au milieu de jardins minuscules, des roulotes de forains, des baraques en bois du en pisé, des constructions hétéroclites, abritant les chiffonniers ou les gadouards du quartier.

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La ruse d’un écrivain public

Antoine Deilhès était écrivain public, impasse de Ménilmontant. Sa profession l'avait mis en rapport avec un certain nombre de personnes, parmi lesquelles un adjudant de cavalerie en retraite, nommé Besson, à qui il ressemblait.

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 L'ART DE BIEN VIVRE

L'ART DE BIEN VIVRE

Naitre c'est le bonjour, mourir c'est le bonsoir.

Entre .ces deux saluts, parfumez-vous sans cesse

Au savon du Congo, source de douce ivresse,

Ainsi vous vieillirez sans vous apercevoir.

Pierre Joyeux au savonnier Victor Vaissier

Nouvelles à la main

 Entendu sur la ligne du Nord

Entendu sur la ligne du Nord, dans le compartiment des, chasseurs avec chiens

— Comment vous ne connaissez pas encore la forêt de Villers-Cotterets ?

— Non. J'ai été invité à y chasser, il y a quatre ou cinq ans, et je ne sais plus quelle circonstance fâcheuse m'en a empêché. Ah ! je me souviens, j'étais en train de me marier

En visite chez des bourgeois

En visite chez des bourgeois, un de nos amis n'est pas peu surpris d'entendre appeler la bonne Rose Pompon.
— Pourquoi ce surnom poétique ? demande-t-il.
— C'est bien simple. Cette fille s'appelle Rose ; nous ajoutons Pompon depuis que nous en ayons trouvé un de Shako dans le potage !

 En omnibus

En omnibus.
Une jeune et jolie femme au conducteur:
— Veuillez arrêter, je vous prie ; je vais descendre.
Le conducteur, galamment :
— Comment, madame, sitôt ?...

 En Cour d'assises.

En Cour d'assises.

Au moment où « maîtresse X », avocate de l'accusé, se lève pour prendre la parole, un juré se penche, vers son voisin :

— Dites-donc, elle est délicieuse, cette petite-là.

— Je vous crois.

— On dit qu'elle a du talent.

— Un talent énorme.

— Vous la .connaissez ?

— C'est ma femme.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Les brouillards de Mars - Le Matin - 2 janvier 1897

Les brouillards de Mars.

La planète Mars, dont la constitution se rapproche si sensiblement de celle de la terre, possède-t elle une atmosphère propre et partant offre-t-elle les conditions nécessaires pour être Habitable?
La. question semble en partie résolue par de. nouvelles et récentes observations dues à M. Flammarion. Le directeur de l'observatoire de Juvisy a constaté, en effet, l'existence de brouillards suspendus sur une large étendue, tout autour de la calotte polaire — accumulations de neige ou de glace — dont est coiffée chaque extrémité de la planète.

Le Matin - 2 janvier 1897

 La maison Boudet - 1897

La maison Boudet, boulevard des Capucines, fait en ce moment une splendide exposition d'articles pour étrennes bijouterie, orfèvrerie, maroquinerie, meubles, bronzes, marbres, objets d'art, etc. Nous avons déjà dit que nous avions eu l'occasion de visiter .cette exposition, qui nous a beaucoup intéressé, et que nous y avons remarqué de très beaux articles à très bas prix. Nous pouvons ajouter que tout y est d'un goût exquis.

Le Figaro - 15 décembre 1897

 Le petit tramway, attelé d'un seul cheval - 1897

Le petit tramway, attelé d'un seul cheval, qui conduit d'Auteuil à Saint- Sulpice fait la joie de tous les boutiquiers qui ont le bonheur d'habiter sur son parcours.
Il leur fournit, sans bourse délier, un si amusant spectacle, se renouvelant une dizaine de fois dans la journée, que les propriétaires parlent vaguement d'une augmentation de loyer.
Lorsque le petit tramway est vide, son fougueux coursier s'élance comme une flèche et dévore l'espace. Mais lorsqu'il est au complet, c'est une autre affaire. Le coursier ne peut plus démarrer et les voyageurs bénévoles se mettent à pousser la voiture devant eux. On se relaye, à tour de rôle, par groupe de cinq ou six, et au bout de quelques heures, on arrive sans autre incident notable à destination.

Le Figaro - 2 aout 1897

 LES ABONNES SECRETS DU TÉLÉPHONE - 1897

LES ABONNES SECRETS
DU TÉLÉPHONE

Du Figaro
On aurait tort de croire que tous les abonnés sont inscrits à l'Annuaire des téléphones plusieurs demandent, au contraire, à ne pas figurer sur les listes. Ils sont une centaine environ qui peuvent communiquer, mais avec lesquels, il est impossible de parler par téléphone si l'on n'est pas appelé par eux, car leur numéro est gardé secret par l'administration.
Ces gens-là ont la sainte terreur des raseurs à domicile qui, éconduits par les domestiqués, trouvent moyen d'exercer leur cruauté par le fil et la sonnerie téléphoniques.

Le Matin – 13 septembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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