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SIXIEME ANNÉE N°4237

 

180ème jour de l'année

   


Mardi
29
Juin 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le Massacre des Champs-Élysées - Le Figaro 12 mars 1897

Le Massacre des Champs-Élysées

On a raison de protester contre l'établissement, vraiment absurde, du tramway à traction mécanique qui effectuera prochainement le trajet entre la porte d'Orléans et la place Saint-Philippe-du-Roule. Ce tramway, c'est à peine croyable, traversera l'avenue des Champs-Élysées, où son passage sera à la fois une horreur et un danger !

A la tête des protestataires se trouve M. Quentin-Bauchart, le dévoué conseiller municipal du quartier des Champs-Élysées. Il nous a exprimé hier son mécontentement et celui de ses électeurs.

— II est inouï, nous a-t-il dit, que l'édilité parisienne n'ait éprouvé aucune honte à déshonorer, par le passage de ces lourdes et vilaines voitures mécaniques servant aux transports en commun la voie triomphale de Paris. Passe encore, si l'on avait l'excuse d'une impérieuse nécessité Mais non ! le tramway, qui s'arrêtera à Saint-Philippe-du-Roule, pouvait tout aussi bien avoir son point terminus en deçà de l'avenue des Champs-Élysées.

» C'est ce que j'ai dit l'an dernier au Conseil, quand a été discuté rétablissement de la ligne « Porte d'Orléans-Saint Philippe-du-Roule». J'ai dit aussi que la traversée, par un tramway, de l'avenue des Champs-Élysées, où défilent toute la journée des équipages aux chevaux fougueux, ne manquerait point de provoquer de nombreux accidents. Mais j'étais seul à élever la voix; le Conseil a passé outre. Et aujourd'hui nous nous trouvons en face d'un fait accompli, ou sur le point de l'être.

» Jusqu'au dernier moment, j'avais espéré que la Préfecture de police s'opposerait à ce qu'un tramway mécanique traversât l'avenue des Champs-Élysées, en raison du danger qui doit en résulter; mais mon espoir a été déçu. Les ouvriers, en effet, accomplissent leur tâche, et dans quelques jours, mettons quelques semaines, des véhicules-mastodontes arrêteront les files des fringants équipages, au risque des plus grands dangers.

» Peut-être, pourrai-je diminuer les chances de danger, en obtenant la substitution de la traction animale à la traction mécanique pour le tramway de la porte d'Orléans. Mais, hélas ! même si j'obtiens cette concession, je serai impuissant à écarter un danger plus grand dont est menacé notre quartier je veux parler de l'émigration des riches étrangers et peut-être aussi des riches Parisiens.

» On m'accusera sans doute de me montrer trop pessimiste; il est facile cependant de prouver que mes craintes sont fondées. Par qui est habité le quartier des Champs-Élysées ? Par des gens riches évidemment, parisiens et étrangers, qui ont tous, ou presque tous, chevaux et voitures. Quand ces gens riches auront été victimes d'accidents de voiture, provoqués par le passage d'un tramway, ils déserteront le quartier et peut-être Paris. Cette éventualité est d'autant plus à redouter, que le Conseil municipal est disposé, paraît-il, à laisser transformer en tramway mécanique l'omnibus « Trocadéro-Gare de l'Est », qui traverse l'avenue des Champs-Élysées à la hauteur de la rue Pierre-Charron.

» Certes, conclut M. Quentin-Bauchart, je protesterai de toute mon énergie contre la réalisation d’un tel projet mais il est peu probable que mes protestations soient entendues. »

Puissent les arguments sérieux du conseiller des Champs-Élysées ramener nos édiles à de meilleurs sentiments !

G. Davenay.

Le Figaro – 12 mars 1897


L'actualité dramatique

 UN DRAME AU VITRIOL - La Matin – 6 janvier 1897

UN DRAME AU VITRIOL

A Neuilly — Après la séparation — A la recherche du mari.

Les époux Victor Droguers, demeurant, 109, boulevard Bineau, à Neuilly, se séparaient aimablement, il y a quelque temps, pour cause d'incompatibilité d'humeur. Le mari continuait à habiter Neuilly et la femme allait demeurer, 20, rue Lécuyer, à Montmartre.

Hier matin, Mme Droguers venait retrouver son mari pour régler avec lui diverses questions d'intérêt.

Malheureusement, Victor Droguers n'avait pas accepté la séparation de gaîté de cœur. Une vive discussion surgit entre les deux époux. Le mari supplia sa femme de reprendre la vie commune, la menaçant, si elle refusait, de la tuer et de se jeter ensuite dans la Seine. La femme resta inébranlable dans sa résolution. M. Droguers sortit alors de sa poche un flacon de vitriol et en jeta le contenu au visage de sa femme; puis, affolé par l'acte qu'il venait de commettre, il prit la fuite.

Aux cris poussés par la victime, des voisins accoururent.

Mme Droguers fut transportée à l'hôpital Beaujon, où l'on constata qu'elle avait l'œil gauche perdu. Elle est, en outre, complètement défigurée.

Quant au mari, il a disparu; on craint qu'il n'ait mis son projet de suicide à exécution, et des recherches vont être faites dans la Seine pour découvrir son cadavre.

La Matin – 6 janvier 1897

 Courageux militaire

Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

— Il doit y avoir quelqu'un chez vous, dit-il à la bonne, allez donc voir.

Celle-ci monta et se trouva en présence d'un cambrioleur très occupé à fouiller ses tiroirs.

— Au voleur au voleur cria-t-elle. Tais-toi ! ou je te tue menaça le malfaiteur qui, d'un coup de poing en plein visage, envoya rouler la pauvre fille dans un coin de la pièce.

Aux cris de sa servante, le capitaine accourut. Il ne put barrer le chemin au cambrioleur qui, le bousculant, descendit deux étages en courant. Mais, là, la retraite lui était barrée. Plusieurs locataires arrivaient. La fenêtre donnant du carré sur la cour était ouverte. Le bandit s'élança et, avec une agilité d'acrobate, il descendit jusqu'au premier étage, en s'aidant du tuyau de descente des eaux. Avant d'atteindre l'entresol, ses forces le trahirent et il tomba lourdement sur les dalles de la cour. Quand on arriva auprès de lui, il se plaignait de vives douleurs internes.

On l'a transporté à Lariboisière. Il a refusé de faire connaître son nom et son adresse.

Le Figaro — 29 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash juin

Dans l'actualité du ...

 27 juin

Santiago du Chili, 27 juin. . Le nouveau cabinet chilien est ainsi constitué :
Intérieur, M. Orrego Huco; affaires étrangères et cultes, M. Morla Vicuna; finances, M. Tocornal; justice et instruction publique, M. Amunategui guerre et marine, M. Vergara; industrie et travaux publics, M. Prats.


Un cheval attelé à une voiture de maître s’est emporté, hier soir, rue de Grenelle, en face du n° 93, et il allait causer de graves accidents lorsque M. le capitaine Dehay, professeur adjoint de l'école militaire de Saint-Cyr, se jeta résolument à la tête de l'animal et parvint à le maîtriser après avoir été traîné sur un parcours d'environ cinquante mètres.


UN MAL SOURNOIS

LA HERNIE

est de toutes les affections graves celle qui fait le plus de victimes, parce qu'elle est celle dont on se méfie le moins. Quand elle n'est pas douloureuse, le malade s'endort facilement dans une trompeuse quiétude, mais l'étranglement le guette et se déclare, inopinément au moment même où il y pense le moins. Que de joyeuses parties de plaisir soudainement interrompues par un de ces accidents tragiques qu'il eût été si facile de prévoir! Est-ce là le seul danger qui menace le hernieux Hélas non ! son mal, en apparence parfois si bénin, jette peu à peu une perturbation profonde dans tout le système vital, et, si le patient n'est pas emporté par une complication intestinale, il peut succomber à une affection de l'estomac où de tout autre organe, maladie dont la cause première n'est autre que ce mal sournois la: Hernie. Et, pourtant, le remède existe et, pour s'en convaincre, il suffit de lire l'ouvrage intitulé Les Hernies et leur Guérison, envoyé franco sous enveloppe fermée contre 45 centimes en timbres-poste adressés à M. le DOCTEUR GERARD, 30 rue Drouot, Paris.

sans titre 1
Flash juin

 28 juin

Le ministère du commerce et de l'agriculture de Bulgarie vient de rendre un décret qui entrera en vigueur le 26 septembre prochain et qui prescrit aux employés de l'État; et même aux députés, de ne porter que des vêtements fabriqués et confectionnés en Bulgarie. Tous les vêtements doivent porter une marque spéciale et tout employé qui arbore pour la première, fois un costume neuf est tenu de prévenir son chef hiérarchique qui est chargé d'en contrôler la provenance. Les contrevenants à ce décret seront passibles de peines disciplinaires et d'amendes.
Et l'on accuse M. Méline de protectionnisme !


Les meilleures marques
sont les seules imitées.

Aussi croyons-nous devoir mettre en garde les amis de l'eau Cachat contre les imitations, en les invitant à vérifier si la bouteille d'eau d'Evian qui leur est servie porte bien, sur l'étiquette et sur la capsule, l'indication « Source Cachat ».
Il n'y a qu'une « Source Cachat » au monde.


Au seuil du vingtième siècle, le Guignol des Tuileries a tenu à moderniser sa décoration et il a demandé à son peintre ordinaire de lui brosser un rideau
résumant les grandes découvertes de ce temps.
Dans un coin de l'Orangerie, veuve de ses arbustes, nous avons assisté hier au vernissage de cette œuvre de haute imagination appelée à un très grand succès dans le petit monde théâtreux des Tuileries.
Sur un fond de montagnes, devant un lac que sillonnent des bateaux à hélices dernier modèle, l'artiste a placé une gare de chemin de fer, vivante du mouvement des trains et du va-et-vient des voyageurs aux abords, des bicyclistes pédalent avec rage pour devancer une automobile qui semble narguer les locomotives elles-mêmes; dans les airs, au delà des fils télégraphiques et téléphoniques, un objet nous apparaît comme le fameux ballon dirigeable de demain.
Tout y est, toutes les preuves du progrès et de la civilisation servant de cadre à l'éternelle comédie humaine représentée en raccourci pour les bébés, Guignol voleur, assassin, triomphant de tout, même du diable, et applaudi pour ses prouesses de bandit.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 La médecine n'est pas une affaire de science : c'est une affaire de veine.


271. Le nombre des vélocipèdes soumis à l'impôt se trouvait être au 1er janvier 1897 de 329,816 pour toute la France.

LES CAFÉS CARVALHO

Un gourmet bien connu, qui a pris au boulevard la succession de Monselet, disait hier : é Je peux mourir maintenant j'ai bu du vrai café !é
Ce raffiné faisait allusion aux cafés Carvalho, si purs, si parfumés, si exquis, que l'on trouve en boites cachetées dans toutes les bonnes maisons.
Bien exiger le nom et la signature sur chaque boite.
 A Montmartre

A Montmartre

Montmartre est au-dessous de ses affaires. On parle d'un huissier qui se disposerait à saisir la Butte.

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 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

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Un rusé pêcheur

Ferdinand Paulmier a déjà subi de nombreuses condamnations pour délits de pêche, et, il n'y a pas plus d'un mois, le Tribunal correctionnel de la Seine appliquait une nouvelle peine d'emprisonnement à ce pêcheur incorrigible.

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Un enfant coupé en morceaux.

Un crime horrible, qui a malheureusement des précédents, a été découvert avant-hier soir. On a trouvé dans la lunette d'un chalet de nécessité la tête fraîchement coupée d'un enfant nouveau-né dont le reste du corps a disparu.

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 MA MÈRE ME DISAIT

MA MÈRE ME DISAIT.

« Délicieux parfum, peau blanche, frais visage,

C'est le philtre d'amour qui dans le conjungo

Tient l'époux enchaîné, même le plus volage.

Tu devras ces attraits au savon du Congo.»

Une nouvelle mariée au parfumeur V. Vaissier.

Nouvelles à la main

Calino apprend le suicide d

Calino apprend le suicide d'un de ses amis qui vient de se loger une balle dans la tête.
— C'est terrible, lui dit-on il s'est tué net.
— Ce n'est pas étonnant, hélas! fait Calino. Il était de première force au pistolet !

 Un membre des des « Cent kilos » fait de vains efforts

Un membre des « Cent kilos » fait de vains efforts pour se caser à l'intérieur d'un omnibus : alors, une dame, prise de compassion en voyant son embarras :

— Je vois, monsieur, que vous n'avez pas de quoi vous asseoir.

— Mais si, madame, j'ai bien de quoi, mais je ne sais pas où le mettre.

Une camériste a été envoyée par sa maîtresse

Une camériste a été envoyée par sa maîtresse au cabinet de lecture, pour demander l'ouvrage posthume d'un écrivain dont elle s'est empressée d'ailleurs d'oublier le nom. 
— C'est que, lui dit-on, nous avons des œuvres posthumes de plusieurs auteurs... 
— Ma foi, à tout hasard, donnez-moi toujours ce que vous avez de plus posthume !

 Chez la fleuriste d

Chez la fleuriste d'un petit théâtre.

— Combien cette botte de rosés ?

— Quinze francs.

— Bigre !

— Dans deux heures d'ici, je pourrais vous la donner pour cent sous.

— Vraiment !

— Oui... quand la personne a. qui vous allez l'envoyer me l'aura revendue.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Hommage à la vertu - 1897

Hommage à la vertu

Quimper. Un cas curieux, tout à l'honneur de la population presque entièrement maritime de Douarnenez, où il y a eu, en 1896, 416 naissances. Or, parmi ces naissances, on n'en compte pas une seule d'illégitime.
Douarnenez compte près de 8,000 habitants.

Le Figaro - 10 janvier 1897

 La revanche du tablier - 1897

La revanche du tablier.

Mlle Annie Stamp, jeune et jolie soubrette engagée comme domestique à tout faire par M. Fardington, demandait, avant-hier, des dommages-intérêts devant la cour de police de Bow street, à Londres, pour avoir été renvoyée, en l'absence du mari, par sa patronne, qui avait, parait-il, de graves sujets d'en être mécontente.

Sir John Bridge, qui présidait, lui a accordé une forte indemnité, considérant que, le mari étant responsable de l'existence commune et gagnant l'argent du ménage, la femme n'a pas qualité pour rompre un contrat conclu par son seigneur et maître.

Dans la même audience, deux semaines de gages ont été attribuées à Mlle Margaret Dahill, congédiée par sa maîtresse, Mme Franklin, sous prétexte qu'un policeman lui faisait la cour.

Toutes les jeunes filles de cet âge, en service on non, a dit le paternel juge, ont un amoureux. La défenderesse a-t-elle la prétention de n'avoir jamais que des servantes insensibles ?

Et, comme Mme Franklin alléguait timidement qu'elle avait jadis, dans la cuisine, supporté la présence inflammatoire d'un grenadier rouge, mais qu'elle ne voulait pas d'agent de police

— Préférez-vous, s'est écrié sir John Bridge, que ces demoiselles introduisent chez vous des cambrioleurs ou des pickpockets ! Allez, madame, vous deviez encore vous estimer trop heureuse que cette aimable personne eût porté son choix sur un brave homme qui, après avoir veillé sur sa sécurité publique par devoir, serait encore venu veiller sur votre domicile particulier par amour. »

On pense si les innombrables petites bonnes présentes ont trouvé les deus aventures excellentes.

Le Matin – 26 sept. 1897

 Le record de la bâtisse Fig 4 janv 97

Le record de la bâtisse.

A peine percée, la rue Réaumur est livrée aux maçons, et voici qu'à l'angle de la nouvelle voie et de la rue Saint-Denis se dresse aujourd'hui un hangar gigantesque dont le faite dépasse de plusieurs mètres tous les immeubles du quartier. Une foule de curieux stationnait hier devant la monumentale charpente qui ne mesure pas moins de 31 mètres de hauteur, 61 mètres de façade et 20 mètres de profondeur. On y pourrait loger une cathédrale et c'est tout simplement, nous a dit l'un des contremaitres des chantiers, pour permettre aux ouvriers de construire vite et à l'abri un vaste immeuble à six étages qu'on vient d'élever ce «parapluie» aux immenses baies vitrées, qui enveloppera en même temps matériaux, véhicules,. machines et travailleurs. A l'intérieur circule sur rails un échafaudage roulant de 22 mètres, monté sur un pont à-5 mètres au-dessus du sous-sol, d'où sortent déjà les fondations. Il faut que l'immeuble à six étages soit habitable dans trois mois environ, et, pour réaliser ce: tour de force, jour. Et nuit, éclairés par trente lampes à arc et plusieurs centaines d'ampoules électriques, deux cents maçons et huit cents à mille charpentiers, menuisiers, serruriers, couvreurs, vitriers, etc., l'effectif de plusieurs régiments sur le pied de paix, hâtent l'achèvement de leur travail babylonien.

Le Figaro - 4 janvier 1897

 Domestiques Londres - 1897

Angleterre

On ne s'est pas ennuyé, l'autre jour, à la cour de police de Bow-Street, à Londres.
Les bonnes faisaient les frais d'une partie de l'audience, mais ces frais leur ont été remboursés. Notre confrère Montécourt nous nous donne le résumé de ces débats.
L'une, Annie Stamp, engagée par M. Pardrington et renvoyée par madame, en l'absence de son mari, assignait sa maîtresse en dommages-intérêts.
Le juge, sir John Bridge, lui a donné gain de cause.
« Certes, dit son jugement, il semble, à première vue, que le gouvernement intérieur de la maison appartienne à la femme, mais ce n'en est pas moins le mari qui est responsable de l'existence commune et qui gagne l'argent du ménage. A ce titre, il a bien le droit de s'occuper de ce qui s'y passe. Il est, dirai-je, le premier ministre et la femme n'est qu'un sous-secrétaire d'Etat. Elle n'a pas qualité pour rompre un contrat conclu par son mari, et l'engagement d'une domestique est un contrat comme un autre. Jugement et indemnité pour la plaignante. »
Une autre bonne, Margaret Dahill, avait été congédiée par Mme Franklin, sa patronne, parce qu'elle avait un policeman pour amoureux.
- Ce n'est pas là, déclare sir John, un motif suffisant pour renvoyer une domestique.
La défenderesse ne saurait émettre la prétention de n'avoir à son service que des bonnes insensibles à l'amour.
- Nullement, répond Mme Franklin. Ma dernière bonne avait pour amoureux un grenadier rouge et je n'y ai jamais trouvé à redire. Mais je ne veux pas d'un policeman.
- Préférez-vous que vos bonnes introduisent chez vous des cambrioleurs ou des pick-pockets ? Allez, madame, vous devriez encore vous estimer trop heureuse que cette jeune fille eût porté son choix sur un brave homme qui, après avoir veillé sur la sécurité publique par devoir, sera encore venu veiller sur votre domicile particulier par amour.
Et Mme Franklin a été condamnée à payer deux semaines de gages à titre de dommages-intérêts. Autant de gagné pour la dot de Margaret quand elle épousera son policeman.

APL - 3 octobre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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