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SIXIEME ANNÉE N°4280

 

223ème jour de l'année

   


Mercredi
11
Août 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 VANDALES PARISIENS

VANDALES PARISIENS

UN TRAMWAY A VAPEUR
AUX CHAMPS-ÉLYSÉES

La Ville et le ministre — Les droits de l'une et le devoir de l'autre — Nouveaux tramways en perspective — Les précédents — Contrat violé

Le bouleversement des Champs-Élysées pour l'installation des rails du tramway de la Porte d'Orléans à Saint-Philippe-du-Roule ne passionne plus seulement les habitants du quartier.

Tous les Parisiens, tous les véritables amis de Paris, tous ceux qui ont souci de sa beauté, qui sont jaloux de conserver cette admirable avenue, la plus jolie du monde entier; se sont émus à l'annonce qu'un tramway, ou pour mieux dire des trains de deux, trois, quatre et même cinq voitures, allaient traverser à toute vapeur le rond-point du Cirque.

Certes, les dangers que ces convois feront courir aux voitures innombrables montant ou descendant l'avenue, dangers dont seront même menacés les enfants qui jouent sur les allées-trottoirs, comme les piétons, les promeneurs, car souvent des chevaux effrayés par le bruit des machines, par les coups de sifflet stridents, s'emporteront et pourront venir s'abattre sur les allées, ces dangers sont pour l'opposition manifestée contre le futur tramway.

Mais, sans s'arrêter à ces considérations d'ordre négligeable depuis l'extension de la manie de l'automobilisme, on peut défendre les Champs-Élysées contre le véritable acte de vandalisme décrété par le conseil municipal de Paris.

Ce que nos édiles, dans une heure d'inconscience, ont fait, le ministre des travaux publics peut fort heureusement le défaire.

C'est à tort que l'on a annoncé que l'affaire étant essentiellement municipale, le ministre ne pouvait intervenir.

Si le conseil municipal a le droit d'ouvrir toutes les lignes d'omnibus qu'il lui convient, il ne peut concéder de lignes de tramway.

Les lignes de tramways sont des voies ferrées et, à ce titre, relèvent exclusivement du ministre des travaux publics.

Qu'il s'agisse d'une voie locale ou d'une route nationale, les droits de l'État sont les mêmes.

N'est-ce pas le ministre des travaux publics qui a concédé la ligne de tramways Louvre-Vincennes, la ligne Louvre-Sèvres, celle de Boulogne, etc.-?

 

Rendons à César…

Et on serait mal fondé à prétendre qu'il s'agissait là de lignes d'intérêt intercommunal, et non de lignes essentiellement parisiennes. Car c'est encore le ministre des travaux publics qui a concédé au département de la Seine, à charge par lui de la rétrocéder à M. Loubat, la ligne de tramways de Montrouge à la gare de l'Est. Cette ligne ne sort pas de Paris. Il en est de même pour toutes les autres lignes ferrées Villette-Trocadéro, Muette-Taitbout, Bastille-Saint-Ouen, La Chapelle-Montrouge, etc., concédées par le ministre au conseil général, à charge de les rétrocéder à la Compagnie générale des omnibus.

Plus récemment, c'était encore le ministre des travaux publics qui concédait à la Société Claret le tramway de la place de la République à Romainville.

Enfin, le funiculaire de Montmartre, bien local cependant, puisqu'il aura pour mission de transporter les voyageurs de la place Cadet à l’extrémité nord de la butte Montmartre, n'a pu être concédé par la Ville, et c'est le ministre des travaux publics qui a signé une concession rapportée depuis et toujours en instance dans ses bureaux.

Ce droit est si net, si indiscutable que la Ville a dû le reconnaître dans le traité qu'elle passa le 18 juin 1860 avec la Compagnie générale des omnibus, la véritable charte sur laquelle on s'appuie pour toutes les questions de transport en commun dans Paris.

Ce traité dit :

« La présente concession ne fait pas obstacle au droit que possède le gouvernement d'autoriser, soit toute autre entreprise de transport usant de la voie ordinaire, soit l'établissement de nouvelles voies ferrées s'embranchant sur celle déjà autorisée, ou toutes autres qui seraient concédées. » Le conseil municipal, d'ailleurs, ne récuse pas sérieusement ce droit au ministre des travaux publics, puisque, constamment, pour la concession Claret, comme pour le funiculaire de Belleville, comme pour celui de Montmartre, lorsqu'il heurte les intérêts de la Compagnie générale des omnibus et veut créer une nouvelle ligne ferrée, sans cette Compagnie, c'est à l'État qu'il s'adresse.

 

La place de l'Opéra.

Depuis le percement de la rue Réaumur, il est question de prolonger, jusqu'à la gare Saint-Lazare, la ligne Romainville-Place de la République, en passant par les rues Turbigo, Réaumur, du Quatre-Septembre, la place de l'Opéra et le boulevard Haussmann.

Ce projet a soulevé de légitimes susceptibilités. On craint de traverser la place de l'Opéra, les grands boulevards, de contourner l'Opéra avec un tramway mécanique. On met en avant la beauté de Paris, en même temps que les dangers que les trains feraient courir aux voitures et aux piétons. On a déjà implicitement décidé que l'on, s'arrêterait à l'extrémité de la rue du 4-Septembre.

Il est fâcheux que les mêmes raisonnements n'aient pas prévalu l'an dernier à l'Hôtel de Ville, lorsque l'on a décidé. de traverser les Champs-Élysées. En ce qui concerne les Champs-Élysées, la ville de Paris, ou mieux, son conseil municipal, a manqué aux engagements pris par lui.

Les Champs-Élysées étaient des terrains nationaux. Ils ont été cédés à la Ville par l'État, sans qu'ils fussent payés. Cette cession a été approuvée, avec ses conditions, car le conseil général de la Seine, le 8 juin 1827.

Voici les clauses de la cession qui comportent quelques obligations pour la Ville :

La concession de la jouissance entière, comme indéfinie, absolue et à perpétuité des Champs-Élysées et de la place Louis-XVI, avec toutes leurs circonstances et dépendances, etc., est acceptée par la ville de Paris, à l'effet par elle d'en disposer à ces titres avec ses produits et revenus sous les conditions qu'elle s'impose :

1° De conserver à perpétuité les lieux concédés à leur destination actuelle, sans pouvoir les, en distraire sous quelque prétexte que ce soit ;

2° D'acquitter les frais de leur surveillance et de leur entretien ;

3° De faire dans lesdites localités, des travaux d'embellissement et d'y affecter jusque concurrence d'une somme de 2,230,000 francs,

Les Champs-Élysées rapportent à la ville de Paris près de 300,000 francs par an (exactement 295,606 fr. 98) pour location de différentes concessions.

N'est-ce pas violer .le contrat intervenu entre l'État et la Ville, et qui vise l'embellissement de la promenade, et s'exposer à perdre ce bénéfice, que d'autoriser l’établissement d'un tramway ?

 

La parole au ministre.

Nous sommes convaincu que M. le ministre des travaux publics, plus soucieux des intérêts de Paris que le conseil municipal, n'autorisera pas l'ouverture de cette ligne. Il est suffisamment armé, puisque lui seul peut donner des concessions ferrées.

M. Georges Berger, qui est un véritable Parisien de Paris, a donc eu raison de prendre la défense des Champs-Élysées contre les Normands, les Bas-Bretons et les Auvergnats du conseil municipal parisien. L'honorable député du neuvième arrondissement n'aura pas de peine à démontrer au ministre qu'il a non seulement le droit, mais le devoir d'intervenir et de sauver les Champs-Élysées.

Le Matin – 13 mars 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

Les frères Amédée et Léopold Lafare, galochers, qui habitent, depuis quelques mois, 50, rue de la Réunion, à Charonne. un petit logement au quatrième étage, vivaient en mauvaise intelligence avec leurs Voisins, les époux Gagnot, journaliers.

Hier soir, à la suite d'une discussion plus violente que de coutume, Gagnot prit un bâton, résolu à infliger une correction à Léopold Lafare qui, dans la journée, avait injurié sa femme. Mais les deux frères, pour se défendre, s'armèrent de marteaux, et une mêlée terrible s'ensuivit.

Tout à coup, les cris « Au secours, à l'assassin » retentissaient dans la maison, et une femme, couverte de sang, tombait sans connaissance sur le palier de l'escalier. C'était Mme Gagnot, qui avait été frappée à la tête d'un coup de marteau par. Léopold Lafare.

Les deux frères s'étaient réfugiés dans leur chambre où ils s'étaient barricadés. Il a fallu huit agents pour s'en rendre maîtres.

Mme Gagnot a été transportée à l'hôpital Tenon.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

 Accident de pêche

Accident de pêche

Deux habitants de Paris, MM. Célestin Araudel, bijoutier, rue Tiquetonne, et JosephClerc, employé au Crédit lyonnais, s'étaient rendus, avant-hier, à Villeneuve-Saint-Georges pour se livrer aux douceurs de la pêche a la ligne. Ils se trouvaient dans un bachot, vers deux heures de l'après-midi, en face du hameau des Chalets, lorsqu'ils virent arriver dans leur direction le bateau parisien n° 32, faisant le trajet de Paris à Corbeil.

C'est en vain que les deux pêcheurs, peu expérimentés dans l'art de manœuvrer une embarcation, cherchèrent à éviter le bateau à vapeur. Leur barque fut coupée en deux et les deux hommes furent précipités dans la Seine.

Grâce au courageux dévouement de deux passagers du bateau parisien, MM. Raguin et Sandoz, M. Araudel put être sauvé. Son compagnon, Clerc, fut moins heureux et ce n'est qu'après trois heures de recherches qu'on a retrouvé son cadavre.

Une enquête a été aussitôt ouverte pour établir à qui incombe la responsabilité de ce déplorable accident.

Le Figaro — 31 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash janvier
sans titre 1
Flash janvier
Par un oukase de l'empereur de Russie au saint-synode, en date du 14 juin, le jour anniversaire de la naissance de S. A. I. la grande-duchesse Tatiana Nicolaïevna sera célébré le 29 mai et sa fête le 12 janvier.
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 La misère a cela de bon qu’elle supprime la crainte des voleurs.


293. Louis Bardoin, artiste peintre qui désespéré du départ de sa femme s’était ouvert la gorge avec un rasoir, mourrait le 7 décembre 1897 après quarante-huit heures de terribles souffrances.
Comme la saison précédente, c'est au Maloja-Palace que les admirateurs de l'Engadine – et l'on sait si le nombre en est grand ! – se donnent rendez-vous pour passer l'été. Le Maloja-Palace est incontestablement un des plus beaux établissements des Alpes Rhétiques. Mais ce n'est pas tout l'administration de la Compagnie internationale des Grands Hôtels lui a donné un cachet d'élégance et de distinction qui ne se rencontre pas toujours à cette altitude. Double raison pour que le succès ne se démente pas.
 Un garçon de recettes disparu - les aveux

Un garçon de recettes disparu

Les aveux des assassins

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 la bombe du mystère

La bombe du mystère

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Un drame montmartrois

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

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Les économies de Jean Jollivet l'ont échappé belle

Jean Jollivet a dix-huit ans ; il exerce la profession de valet de chambre. Actuellement sans place, il flânait, avant-hier, dans le faubourg Montmartre, s'arrêtant devant les vitrines qui attiraient sa curiosité.

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 La vieillesse supprimée

LA VIEILLESSE SUPPRIMÉE

Pour l'homme, il n'y a plus de vieillesse,

S'il sait, par un plaisir nouveau

Retremper ses sens en détresse

Dans les doux parfums du Congo

Dr Lébélé, de Paris, à V. Vaissier

Nouvelles à la main

Au tribunal

Au tribunal :
Un président demande à un prévenu ses noms, prénoms et profession ; puis, relevant ses lunettes sur son front :
— Avez-vous déjà été condamné ?
— Non, monsieur le président.
— Parfait ! Eh bien, asseyez-vous, vous allez l'être.

 Un filou du grand monde disait

Un filou du grand monde disait :

— Je vais ce soir au raout de la comtesse de P., mais je suis fatigué, et je n'y resterai pas longtemps. Le temps de prendre le thé.

— Et les petites cuillers, ajoute un plaisant !

Deux gaziers sonnent à la porte

Deux gaziers sonnent à la porte d'un appartement et sollicitent des étrennes.
— Mais, à quel titre?. demande le locataire.
—C'est nous qui sommes venus vous couper le gaz quand vous étiez en retard pour le payement de votre, quittance!

 Une enseigne

Une enseigne, dénuée d’artifice, copiée à la vitrine d’un épicier, dans un village de Seine-et-Marne:

Vins feints et fruits qu’on fit

A la bonne heure ! celui-là., du moins, ne trompe pas son monde.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Un joli mot de Mgr Fabre - 1897

Un joli mot de Mgr Fabre, l'évêque de de Montréal, qui vient de mourir et qui ne voilait pas ses sentiments très français.
Un jour à la table du gouverneur du Dominion, il dit au courant de la conversation « La France notre mère! »
— La France votre mère interrompit le gouverneur. Mais alors qu'est pour vous l'Angleterre?
— Notre belle-mère, répliqua sans sourciller l'éminent prélat.

Le Figaro - 6 janvier 1897

 Mme Tarpet - 1897

Mme Tarpet, professeur au Conservatoire, a donné hier (7 janvier 1897) une matinée enfantine qui a fait la joie des bébés.
La troupe Rehm y a inauguré le Petit Châtelet, un théâtre de marionnettes nouvelles qui sont vraiment merveilleuses, même à la lorgnette. On a joué Cendrillon, une féerie lyrique en six tableaux extrêmement machinés.
On y voit un naufrage, un ballet, une apothéose, avec projections électriques. C'était à se croire au Châtelet... de Lilliput.

Le Figaro - 8 janvier 1897

 Le mouvement féministe s'accentue - Fig. 14/01/97

Le mouvement féministe s'accentue.

Sous la présidence de Mme Pognon -un nom plein de promesses-la Ligue du droit des femmes marche, par étapes successives, à la conquête des pouvoirs publics.
Au cours .de la réunion tenue avant- hier par ces dames, M. Bauquier, député du Doubs, a annoncé que la question de l'électorat pour les femmes aux Tribunaux de commerce était inscrite à l'ordre du jour de la Chambre.
Mais, entre la coupe et les lèvres il y a souvent place pour une déception.

Le Figaro - 14 janvier 1897

 De Vienne - 1897

De Vienne

« Les soldats de la garnison de Vienne, pour peu qu'ils aient la reconnaissance de l'estomac, garderont un excellent souvenir de la journée du 4 janvier prochain, où s'ouvrira la deuxième exposition culi

naire internationale. Le Comité de l'exposition a décidé de prendre à sa charge, ce jour-là, l'entretien des troupes viennoises et de remplacer l'ordinaire par des quantités fantastiques de saucisses, de goulash et autres spécialités de la cuisine austrô-hongroise.

» Il ne sera pas distribué moins de 50,000 paires de saucisses les régiments hongrois recevront des saucisses de Debreczin, et les régiments autrichiens des saucisses de Vienne au raifort. Comme chaque paire de saucisses a au moins une longueur moyenne de 25 centimètres, les 50,000 paires placées bout à bout représenteront une longueur totale de douze kilomètres et demi »

Le Figaro - 17 décembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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