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SIXIEME ANNÉE N°3250

 

289ème jour de l'année

   


Mardi
16
Octobre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le testament de Nobel - Fig 7 janv 1897

Le testament de Nobel

On avait annoncé que l'ingénieur suédois récemment décédé, M. Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, avait légué toute sa fortune à l'Université de Stockholm. Il n'en est rien. En effet, le seul testament valable, écrit et signé à Paris par M. Nobel, le 27 novembre 1895, en présence de quatre de ses compatriotes, a été ouvert à Stockholm le 30 décembre dernier et contient, outre des legs d'un ensemble de deux ou trois millions, institués en faveur d'une vingtaine de personnes, parents, amis et serviteurs du défunt, les dispositions suivantes :

« De tout le restant de ma fortune réalisable, il sera disposé ainsi qu'il suit: le capital réalisé en valeurs sûres par les liquidateurs constituera un fonds dont la rente sera annuellement distribuée à ceux qui, pendant l'année écoulée, auront rendu les plus éminents services à l'humanité.

» La rente sera divisée en cinq parts égales qui seront attribuées

» La première à celui qui, dans le domaine de la physique, aura fait la découverte ou l'invention la plus importante

» La seconde: à celui qui, dans le domaine de la chimie, aura fait la découverte ou l'amélioration la plus importante

» La troisième: à celui qui aura fait la découverte la plus importante dans le domaine de la physiologie ou de la médecine

» La quatrième: à celui qui, dans le domaine des lettres, aura produit l'œuvre la plus haute dans le sens idéal;

» La cinquième: à celui qui aura agi le plus ou le mieux pour la fraternité des peuples, pour la suppression ou la diminution des armées permanentes et pour la constitution ou la propagation des Congrès de la paix.

» Les deux premiers prix (physique et chimie) seront décernés par l'Académie des sciences de Suède celui des travaux physiologiques ou médicaux par l'institut Carolin, de Stockholm le prix littéraire par l'Académie suédoise, et celui pour la propagation de la paix, par une Commission de cinq membres, élus par le Storthing (diète) norvégien.

» C'est ma volonté expresse qu'on ne s'inspire, pour l'attribution de ces prix, d'aucune considération de nationalité, afin que le plus digne reçoive la récompense, qu'il soit scandinave ou non. »

La fortune réalisable de M. Nobel consiste en propriétés à Paris et à San Remo, et, pour la plus grande partie, en valeurs déposées chez des particuliers, au domicile du défunt à Paris et dans des banques à Londres, à Paris, à Berlin, à Saint-Pétersbourg et à Stockholm. Il se passera quelque temps avant que tout soit réglé et qu'on puisse donner le chiffre exact de la fortune laissée par

M. Nobel. Mais on reste certainement au-dessous de la vérité en estimant à près de cinquante millions de francs le capital destiné exclusivement aux magnifiques fondations que nous avons énumérées plus haut. Si ces prévisions sont réalisées, chacun des prix annuels fondés par M. Nobel se monterait donc à près de 300,000 francs.

C'est, comme on le voit, la plus importante récompense que, jusqu'à présent, un homme ait eu, en même temps, la pensée et le pouvoir d'instituer. Le testament, dont nous venons de faire connaître les clauses principales, restera comme un superbe monument d'amour de l'humanité et, à ce titre, garantira contre l'oubli le nom respecté de M. Alfred Nobel.

Le Figaro - 7 janvier 1897

L'actualité dramatique

 Terrible accident

Terrible accident.

Un malheureux accident, qui a causé la mort de deux personnes, est survenu, hier soir, à sept heures et demie, rue de l'Université.

M. Charlet, qui gère un établissement de vin au numéro 127 de cette rue, faisait brûler de la paille dans les water-closets afin, disait-il, de détruire les miasmes. A quelques mètres de là, le concierge de l'immeuble, M. Lédard, âgé de quarante et un ans, et sa fille Marcelle, âgée de cinq ans, suivaient l'opération ; ils s'étaient placés sur la trappe même qui recouvre la fosse d'aisances.

La paille flambait joyeusement et des flammèches voltigeaient dans tous les sens, quand soudain une violente explosion se produisit. La trappe de la fosse fut violemment soulevée et M. Lédard, ainsi que sa fille, tombèrent dans le trou béant et nauséabond.

Le bruit de la détonation fut entendu de très loin ; des voisins, puis des passants accoururent.

Le gardien de la paix Baurie, du septième arrondissement, qui habite l'immeuble et qui était en train de s'habiller pour aller prendre son service, se rendit en toute hâte dans la cour et se dirigea vers la fosse où déjà des voisins avaient descendu des échelles. Le gardien Baurie se hasarda dans le trou, saisit le corps de Lédard et le remonta-à l'air libre.

Hélas ! l'infortuné concierge avait été asphyxié par les gaz délétères. Son cadavre fut transporté dans la loge. Le gardien de la paix Baurie. s'évanouit à son tour. On le conduisit aussitôt dans une pharmacie, où des soins énergiques lui furent donnés, puis on le remonta chez lui.

Bientôt arrivaient rue de l'Université MM. Danjou, commissaire de police ; Kuntzler, officier de paix, et les pompiers du poste dela rue des Entrepreneurs. On dut faire évacuer l'immeuble par les curieux qui avaient envahi la cour et le couloir et qui gênaient les opérations de sauvetage.

A huit heures seulement, un sapeur descendait dans la fosse, d'où les gaz morbidiques s'étaient évaporés, et pouvait sans danger remonter le cadavre de l'infortunée petite Marcelle.

Les corps du père, et de l'enfant portent de légères blessures. La trappe de la fosse a été brisée par la violence de l'explosion.

L'émotion soulevée dans le quartier par l'accident a été d'autant plus vive qu'au début, on a cru, naturellement, à un attentat anarchiste.

L'enquête à laquelle procèdera M. Danjou, permettra de fixer les responsabilités.

Le Matin — 31 août 1897

 Infanticide

Infanticide

Des mariniers retiraient, il y a quelques jours, du canal. Saint-Martin, le cadavre d'un nouveau-né. M. Carpin, commissaire de police, appelé à procéder aux constatations usitées en pareil cas, s'était fait accompagner d'un médecin qui déclara que l'enfant, une .petite fille, avait été étranglée avant d'être jetée à l'eau. Le corps fut transporté à la Morgue.

On recherchait vainement l'auteur de cet infanticide, lorsqu'un renseignement fourni au commissaire de police lui permit d'arrêter la coupable, une jeune fille de vingt et un ans, qui, arrivée à Paris le 26 juillet dernier, était venue se loger dans un hôtel meublé de la rue des Récollets, où elle avait dit s'appeler Alphonsine Neau. Tout le monde, dans la maison, remarqua qu'elle était dans un état de grossesse très avancé. Aussi se montra-t-on fort surpris quand, quelques jours plus tard, on constata qu'elle avait maigri dans des proportions extraordinaires. Cela parut d'autant plus singulier au propriétaire de l'hôtel qu'Alphonsine Neau s'était toujours opposée à ce qu'on entrât dans sa chambre. Il alla faire part des soupçons qu'il avait conçus à M. Carpin, qui fit aussitôt appeler la jeune fille à son cabinet.

Tout d'abord, elle nia avoir accouché clandestinement, mais, en présence de preuves irréfutables, elle finit par avouer que, dans la nuit du 10 au 11 août, elle avait mis au monde une petite fille qu'elle avait étranglée aussitôt sa naissance. Le lendemain, à la tombée de la nuit, elle était allée jeter le cadavre à l'eau. Elle ajouta que son véritable nom était Angèle Nicaise et qu'elle était âgée de seize ans et demi. Avant de venir à Paris, elle était bonne à tout faire chez un habitant de La Chapelle-sur-Cère (Seine-et-Marne). Angèle Nicaise a été envoyée au Dépôt.

Le Figaro - 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 14 octobre

Jeudi
14 octobre 1897

Le nouveau préfet de police.

Le président de la République a signé le décret nommant le nouveau préfet de police.

Comme nous l'avions fait prévoir hier, c'est M. Charles Blanc, directeur de la Sûreté générale, qui est appelé à succéder à M. Lépine.

Il est lui-même remplacé, comme directeur de la Sûreté générale, par M. Viguié, préfet de la Charente.

M. Charles Blanc, le nouveau préfet de police, est né à Gap (Hautes-Alpes) le 9 février 1857. Il est fils de M. Xavier Blanc, ancien sénateur des Hautes-Alpes, décédé il y a quelques années.

Il était sous-préfet des Sables-d'Olonne, lorsqu'il fut choisi par M. Poubelle, préfet de la Seine, comme chef de son cabinet.

Dans ce poste, il ne cessa d'entretenir les meilleures relations avec le conseil municipal.

En 1894, M. Charles Blanc quittait la direction du cabinet à la préfecture de la Seine pour la préfecture des Deux-Sèvres. Deux ans après, il prenait possession de la Sûreté générale. C'est lui qui régla le service de surveillance pendant le voyage de l'empereur et de l'impératrice de Russie en France à la satisfaction de tous. Il reçut à cette occasion la rosette d'officier de la Légion d'honneur.

Y a-t-il autre chose qu'une coïncidence dans la nomination de M. Blanc le jour même du banquet du commerce ? M. Blanc est gendre, en effet, d'un grand négociant du quartier des Halles.


Le banquet du commerce et de l’industrie

M. Félix Faure arrivera ce soir à sept heures et demie précises et sera reçu par les présidents du tribunal et de la Chambre de commerce. Après le banquet, le Président rentrera dans son salon, puis un large passage aménagé au milieu de la salle par l’enlèvement immédiat des tables, il passera au milieu des souscripteurs groupés en haie.

Voici, à titre de curiosité, le menu du diner :

Bisque de Crevettes perles
Ox-Tail à l’Anglaise

Cassolettes Conti
Bouchées Parisiennes
Truite saumonée glacée sauce française
Quartier de chevreuil Saint-Hubert
Poulardes de Brosse Renaissance
Cailles de vigne en Bellevue
Spooms au vin de Samos
Punch à la Romaine
Faisans truffés rôtis sur croustades
Pains de canetons rouennaise
Salade Potel
Cardons à la moelle
Glaces Demidoff
Gauffrettes
Desserts

Chablis première
Margaux
Champagne en carafe
Château Léoville 1886
Champagne Pommery et Gremo
Fine Champagne 1848
Bénédictine.


BERLIN, 14 octobre. Demain s'ouvre à Berlin, une conférence des fonctionnaires supérieurs des postes de l'empire.

La révision des tarifs, est l'objet exclusif de cette réunion.


LE MOUVEMENT DIPLOMATIQUE

PARIS, 14 octobre. Le mouvement diplomatique précédemment arrêté sera soumis à la signature du président de la République par M. Hanotaux dans le conseil des ministres d'aujourd'hui.

Les nominations que l'on connaît déjà seront complétées par celle d'un nouveau représentant dans la République argentine, en remplacement de M. Marchand, qui doit être ultérieurement appelé à un poste d'Europe.


PARIS, 14 octobre. Un train spécial a conduit, hier matin, à Rambouillet le roi de Siam, accompagné de son frère et de son ministre en France, ainsi que M. Méline, président du conseil.

Les enfants de troupe de l'École préparatoire et une compagnie du 29è bataillon de chasseurs ont rendu les honneurs à l'arrivée et ont été passés en revue par deux personnages de la suite royale et par les commandants Serpette et Bourgois.

Après avoir déjeuné au château, le souverain est rentré à Paris à trois heures.


PARIS, 14 octobre. On s'occupe beaucoup, dans le monde politique, du nouvel ouvrage de M. Yves Guyot, la Comédie socialiste, qui vient de paraître chez l'éditeur Fasquelle en un volume de la bibliothèque Charpentier. On commente vivement certaines révélations sur les dissentiments des leaders du parti.


L’une des dernières séances du conseil municipal de Cronstadt, présidée par le maire de cette ville, M. Schebounine, a été consacrée aux réminiscences du voyage présidentiel et de la présence de nos cuirassés dans les eaux russes. A la lecture du rapport mentionnant le don de mille roubles destinés par l’amiral Gervais aux indigents de la ville, l’assistance entière s’est levée afin d’honorer le donateur auquel elle avait récemment décerné le titre de bourgeois honoraire.

sans titre 1

 15 octobre

Vendredi
15 octobre 1897

Le banquet d'hier, destiné à mettre le président de la république en contact avec les représentants du commerce et de l'industrie désireux de lui présenter leurs vœux, leurs félicitations et leurs hommages, s'est passé sans incident.


A propos du dernier discours de M. Poincaré, on n'a pas manqué de rééditer le bruit d'après lequel l'honorable député de la Meuse renoncerait, aux élections prochaines, à briguer un mandat législatif. On a même mis en avant déjà le nom de son successeur, ce qui est toujours un peu prématuré quand il s'agit de questions où le suffrage universel a, lui aussi, à dire son mot.


Léon XIII vient d'envoyer sa photographie, revêtue de sa signature, au roi de Siam.

Sa Majesté, qui conserve le meilleur souvenir de la réception que le Pape lui a faite au cours de son récent voyage à Rome, avait exprimé le désir d'avoir une photographie signée de l'illustre pontife.

Ce désir fut transmis au Saint-Père, qui s'est empressé de l'exaucer.

Cette photographie a été remise hier au roi de Siam avant son départ, par l'intermédiaire de la nonciature.


BRÛLÉE BANS SA BAIGNOIRE

Mme Pauline .Masson, âges de trente-quatre ans, demeurant 3, impasse Rouget, commandait un bain hier dans un établissement du centre de Paris. Mais à peine était-elle dans la cabine que les. baigneurs voisins entendirent des gémissements.- On accourut, et on trouva Mme Masson étendue sans connaissance dans sa baignoire. L'eau chaude qui coulait toujours avait élevé la température du bain à un degré excessif.

Mme Pauline Masson a été transportée dans un état alarmant à l'hôpital Lariboisière.


VOLEUR DE BICYCLETTE

Hier, à quatre heures de l'après-midi, un individu, dont on n'a pu établir l'identité, était surpris par plusieurs passants au moment où il volait une bicyclette à la porte d'un café, rue des Boulets.

Le voleur se réfugia dans une maison et chercha à gagner les toits, mais au moment où il franchissait la balustrade d'une fenêtre, il perdit l'équilibre et tomba dans la cour.

Relevé, il a été transporta mourant à l'hôpital Saint-Antoine, sans qu'on ait pu l'interroger


M. Bouvard, directeur des travaux d'architecture de l'Exposition universelle, et M. Charles Gautier, l'éminent architecte du Palais des Fleurs et des berges de la Seine, sont allés visiter hier la très curieuse réduction que MM. Albert et Henri Guillaume ont construite de leur « Aquarium de Paris », destiné à l'Exposition. Cette maquette, où sont réunies en miniature toutes les féeries du monde sous-marin, fait augurer dès à présent que l'Aquarium de Paris sera l'une des plus merveilleuses attractions de l'Exposition de 1900.


Petite histoire bien parisienne.

Chaque fois qu'une bonne faiseuse a quelques modèles de chapeaux à sensation dans ses vitrines, les concurrents viennent se poster pour les copier. Chez Camille Marchais, rue de la Paix, angle de la rue Daunou, on a trouvé un bon moyen de pincer les corsaires en flagrant délit. Une « fine mouche », placée à quelque distance et munie d'un appareil instantané, photographie tous ceux ou celles qui s'arrêtent et qui prennent des notes ou des croquis.

On a ainsi déjà une collection qui formera un bien curieux album.


Ah ! jeunesse ! Il paraît que le nouveau lord-maire de Londres a l’intention d’inviter au banquet d Mansion House, le 9 novembre prochain, toutes les personnes survivantes qui, avec la Reine, étaient présentes au banquet du 9 novembre 1837, Je ne sais pas si on s’amusera comme de petites folles, mais on fera bien de ne pas se coucher trop tard.


Voir différents intérieurs complètement aménagés, depuis la chaise jusqu’à la cheminée sculptée, e est ce qu’il y a de plus agréable pour qui s’installe. Avec ce système, aucun mécompte, aucune surprise. C’est ce qu’a fort bien compris Louis Malard en organisant ses magasins, rue de Maubeuge, 9 bis. Un seul coup d’œil, on est renseigné... et conquis.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Un ours blanc suivait un ours noir. - Moralité: les ours se suivent et ne se ressemblent pas.


247. Le 17 septembre 1897 les travaux d’installation de l’éclairage électrique à la préfecture de police commençaient par le cabinet de M. Lépine. On disait que la préfecture sera tout entière éclairée à 1’électricite le 15 octobre.
Monselet disait souvent « L'ancienneté d'une maison est pour moi le plus sûr garant de l'excellence de ses produits. » Aussi la maison Marie Brizard et Roger, dont les chefs actuels sont les arrière-petits-neveux et arrière-petits- fils de ceux qui la fondèrent en 1755, avait-elle toute sa confiance et jamais il n'a bu d'autre anisette que l'anisette Marie Brizard et Roger, dont il existe deux qualités, la superfine et l’« extradry », plus corsée et plus sèche.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 La Migration de Paris.

La Migration de Paris.

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L'éternelle histoire

Encore une demoiselle qui a jugé bon de gratifier, d'un coup de revolver le monsieur a qui elle avait donné son cœur mais qui, le considérant sans doute comme un objet trop encombrant, s'en était débarrassé un peu cavalièrement.

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L'incendie de Maisons-Alfort

Un incendie considérable a éclaté, l'avant-dernière nuit, à Maisons-Alfort, détruisant une usine importante et faisant de nombreuses victimes. L'usine est une distillerie appartenant à M. L. Plasse, fabricant d'absinthe et d'amers, rue de Créteil, en face du pont de Charenton, derrière l'école vétérinaire.

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 JUGEMENT RÉFORMÉ

JUGEMENT RÉFORMÉ

La femme fut toujours une fleur admirable,

Cent poètes l'ont dit, d'Homère à notre Hugo ;

Mais il faut ajouter qu'elle est plus adorable,

Plus belle que jamais par l'emploi du Congo.

J. Galantin au savonnier Vaissier

Nouvelles à la main

Petit dialogue dédié à la Commis

Petit dialogue dédié à la Commission spéciale:
— Paris est insupportable, en été, à cause des odeurs.
— J'en sais quelque chose. J'ai sous mes fenêtres un égout qui sent bien mauvais de la bouche !

Z... dîne dans un restaurant du boulevard,

Z... dîne dans un restaurant du boulevard, à côté d'un monsieur énorme qui vient d'allumer un cigare, et dont la fumée forme dans la salle comme un épais nuage.
— Pardon, monsieur, fait Z... poliment, cela ne vous dérange pas que je mange pendant que vous fumez ?

Puisqu'on paraît tenir à réformer l'orthographe

Puisqu'on paraît tenir à réformer l'orthographe, que n'adopte-t-on l'orthographe rationnelle ?
Exemple
« Mes parents me destinaient au barreau, mais je n'en avais pas l'avocation. »

 Invité à une partie de chasse

Invité à une partie de chasse, Boireau est arrivé superbement coiffé d'un feutre à la mousquetaire qui a fait sensation.

Et comme, au déjeuner, on a remarqué qu'il multipliait les rasades, quelqu'un a risqué cette réflexion :

— Ce M. Boireau se coiffe et se verse à larges bords !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 quinquina Dubonnet - Fig 27/02/97

D'après un savant anglais, la proportion des femmes dépassant cent ans est de 43 contre 23 hommes. Cela est dû à la suppression de l'alcool et des apéritifs de l'alimentation des femmes. Non pas qu'elles se privent totalement d'apéritifs, seulement, au lieu d'absinthe et de vermout de mauvaise qualité, elles prennent simplement du quinquina Dubonnet, qui est aussi tonique qu'apéritif.

 Un joli mot de Mgr Fabre - 1897

Un joli mot de Mgr Fabre, l'évêque de de Montréal, qui vient de mourir et qui ne voilait pas ses sentiments très français.
Un jour à la table du gouverneur du Dominion, il dit au courant de la conversation « La France notre mère! »
— La France votre mère interrompit le gouverneur. Mais alors qu'est pour vous l'Angleterre?
— Notre belle-mère, répliqua sans sourciller l'éminent prélat.

Le Figaro - 6 janvier 1897

 M. Darlan, ministre des cultes - Fig. 14/01/97

Précisions

Plusieurs de nos confrères ont cru pouvoir annoncer que le gouvernement français était « tombé d'accord avec le Saint-Siège pour offrir l'évêché de Rodez à M. l'abbé Hazera, curé de Là Bastide, à Bordeaux ».
Ce qui est vrai, c'est que M. Darlan, ministre des cultes, a l'intention de nommer à cet évêché M. l'abbé Hazera qui est son cousin.
Le choix du ministre est d'ailleurs excellent à tous égards et il est vraisemblable qu'il lui donnera à bref délai les suites nécessaires.
Mais à l'heure actuelle, il n'y a pas eu à ce sujet ombre de pourparlers entre le ministère des cultes et la nonciature.

Le Figaro - 14 janvier 1897

 Académie Française - Emile Zola - Le Matin – 9 janvier 1897

Académie Française

Le Gaulois annonçait, que M. Émile Zola, en posant sa candidature au fauteuil laissé vacant par la mort de M. Challemel-Lacour, sollicitait pour la dix-neuvième fois les suffrages de l'Académie française.

En effet, depuis le 1er mai 1890, M. Zola s'est présenté à toutes les élections, sauf au deuxième scrutin pour la succession de Taine, qui échut à M. Albert Sorel, et, l'élection, du' remplaçant de M. Maxime Du Camp, qui fut M. Paul Bourget.

Les immortels décédés dont M. Zola désirait faire l'éloge sont les suivants :

En 1890, Émile Augier (deux élections), remplacé par M. de Freycinet ; en 1891, Octave Feuillet, remplacé par M. Pierre-Loti ; en 1892, Jurien de La Gravière, remplacé par M. Lavisse en 1893, Xavier Marmier, remplacé par M. de Bornier; Camille Rousset, remplacé par M. Thureau-Dangin Renan (deux élections), remplacé par Challemel-Lacour; John Lemoine, remplacé par M. Brunetière en 1894, de Mazade, remplacé par M. de Heredia , Taine, au premier tour seulement ; Léconte de Lisle, remplacé par M. H.Houssaye ; en 1895, Duruy, remplacé par M. Jules Lemaître; en 1896, de Lesseps, remplacé par M. Anatole France, Camille Doucet, remplacé par M. Costa de Beauregard, Pasteur, remplacé par M. Gaston Paris, Léon Say, remplacé par M. Albert Vandal, et Alexandre Dumas, remplacé par M. André Theuriet.

Le fauteuil de Challemel-Lacour est donc bien le dix-neuvième auquel aspire M. Émile Zola, et peut-être celui de Jules Simon, également libre, sera-t-il le vingtième.

Dans ces diverses tentatives, le plus grand nombre do voix réunies par M. Zola a été de onze.

Le Matin – 9 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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