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SIXIEME ANNÉE N°3990

 

298ème jour de l'année

   


Dimanche
25
Octobre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 L’amélioration des jolies femmes

L’amélioration des jolies femmes

Il faut aller en Amérique pour voir de ces choses-là. On vient en effet d'ouvrir à New-York une école spéciale privée bien entendu pour améliorer les jolies femmes et rendre moins laides les disgraciées de la nature. Mme Alberti, qui en est la directrice, estime en effet que tout dans les femmes est perfectible et que leur beauté ou gentillesse résulte de mille riens auxquels elles ne font pas attention. Développer ces petits détails, atténuer les petits défauts, apprendre l'art de plaire, de se tenir en société, d'avoir des mouvements gracieux, tel est le but des cours de Mme Alberti, qui laissent bien loin derrière eux, les leçons de maintien fort estimées autrefois, mais aujourd'hui, si je ne m'abuse, un peu délaissées. Les yeux étant ou devant être le miroir de l'âme, Mme Alberti leur donne toute son attention. Il est de fait que beaucoup de femmes aux yeux fort jolis ne savent pas s'en servir. Regardez autour de vous et vous serez certainement étonnés de cette remarque. Connaissez-vous beaucoup de femmes sachant faire les yeux bons ? La plupart de celles qui veulent se livrer à cet exercice arrivent au total à faire une affreuse grimace ou, plus souvent, à prendre « l'air bête ». Cela tient à leur manque d'éducation et de critique. Il est difficile de se faire les yeux bons soi-même devant la glace quant aux petites amies », neuf fois sur dix, elles vous donnent des renseignements plutôt trompeurs, dans la crainte de susciter une rivale.

On comprend toute la gravité de cet état de choses et il ne fallait pas moins de toute la sollicitude d'une Yankee pour y porter remède. Tout un cours est consacré au regard; on y apprend à mouvoir les yeux, à droite, à gauche, en bas, en haut, tout cela sans brusquerie, avec grâce et éloquence, et surtout à adapter ces mouvements à ce que l'on dit. Cette harmonie n'est pas facile à obtenir, comme bien l'on pense. Rendre à propos les yeux mélancoliques ou rieurs, langoureux ou timides, rêveurs ou extatiques, on comprend combien Mme Alberti doit se donner de mal pour y arriver. Mais aussi combien heureuses celles qui possèdent ces talents elles sont bien armées pour la lutte pour la vie. Savoir faire la cuisine, raccommoder le linge, tenir une maison, soigner les enfants, tout cela n'est rien à côté de la science du regard et les maris ne manquent pas d'affluer autour d'une perle pareille.

Après l'éloquence des yeux, il faut penser à l'éloquence du nez.

Cela vous fait rire ? Le nez est beaucoup plus mobile que vous ne le croyez. Pour vous en convaincre, vous n'avez qu'à regarder un cadavre il diffère d'une personne endormie par l'immobilité des ailes du nez. Mme Alberti a remarqué que les femmes passionnées avaient un nez très dilatable..Des ailes légèrement frémissantes donnent à la physionomie un piquant très agréable.

C'est à cette tâche de rendre ce frémissement adéquat et séduisant que Mme Alberti donne tous ses soins, rarement couronnés de succès, il faut bien l'avouer à la honte du sexe faible.

Quant à la bouche, c'est toute une histoire pour lui donner une expression sélect. Il faut des mois pour y arriver et, dans ce but, prononcer, plusieurs centaines de fois de suite, des phrases ou des mots spéciaux qui assouplissent les lèvres et finissent par leur donner « une savoureuse expression ». A cet égard, les mots prunes, prismes, potatoes jouissent d'une véritable propriété merveilleuse. En répétant ces mots cabalistiques pendant des journées entières, on peut espérer acquérir une jolie bouche expressive. à moins qu'on ne devienne fou.

Ce n'est pas tout que de penser au détail. Il faut encore songer à l'ensemble, à l'expression générale. Mme Alberti n'a rien trouvé de mieux pour l'harmoniser que de faire appel à la musique. Elle a même fait à ce sujet une remarque intéressante qui prouve qu'elle est doublée d'un psychologue. Elle a constaté que les mélodies de Chopin font valoir les blondes en illuminant et intellectualisant le nez et les lèvres. La musique de Wagner, au contraire, exalte la beauté des brunes en exagérant les tendances tragiques et artistiques de leur visage. Quant à la musique de Verdi, comme le salon de M. Prudhomme, elle convient aussi bien aux unes qu'aux autres, en éveillant les aspirations à la rêverie et en agrandissant les yeux dont le regard semble dès lors perdu dans un lointain idéal.

Une autre série de leçons apprend au cou à être flexible et à onduler avec grâce, au front à être songeur et intellectuel, au menton à bien vibrer à l'unisson avec la bouche, par exemple à ne pas rire quand les lèvres font la moue.

Il y a même des cours pour apprendre à dormir. Mme Alberti, peu flatteuse pour ses sœurs, déclare que la plupart des femmes « dorment comme des paquets », ce qui retentit sur elles au réveil.

Tout cela part d'un bon naturel, quoique plutôt un peu frivole. Mais, en somme, la coquetterie du corps et du visage vaut bien celle des toilettes. Avouons, cependant, que nous vivons dans un drôle de siècle!

Victor de Clèves.
Le Figaro – 5 octobre 1897

L'actualité dramatique

 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

 DRAME CONJUGAL

DRAME CONJUGAL

II y a deux ans environ, un menuisier, nommé Alfred Martinet, abandonnait sa femme et ses deux enfants pour aller vivre avec une ouvrière dont il avait fait la connaissance.

Ces jours-ci, une rupture se produisait dans le faux ménage, et Martinet, recherchant sa femme, apprit qu'elle demeurait rue de la Chapelle, 72. II s'y présenta le soir et frappa à sa porte. Ce fut un homme qui vint lui ouvrir, car sa femme lui avait donné un successeur.

Martinet réclama sa femme et ses enfants mais son remplaçant pour toute réponse le jeta à la porte.

Furieux, Martinet s'empara d'un ciseau à froid et en porta plusieurs coups au pauvre diable qui tomba baigné dans son sang. II allait pénétrer dans le logement pour frapper également sa femme, mais il en fut empêché par des voisins qui le remirent entre les mains des gardiens de la paix.

M. Demarquay, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt et a fait transporter le blessé, un peintre en bâtiments du nom d'Eugène C… à l'hôpital Lariboisière.

Le Gaulois — 28 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
sans titre 1
Le prince Nicolas de Monténégro a quitté hier Baden-Baden, où il vient de passer quelques jours, pour se rendre à Darmstadt.
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Ce n'est pas très bien d'être l'amant de la femme de son ami. Certes ! Mais c'est plus commode que d'être l'amant de la femme inconnue ! Cela évite des dérangements !


350. Sur le rapport de M. Himly, l'Académie des sciences morales et politiques décernait le 17 juillet 1897 à M. Savorgnan de Brazza le prix Audiffred, de la valeur de 15,000 francs, destiné « à récompenser les plus beaux, les plus grands dévouements, de quelque nature qu'ils soient ».
La Société suisse d'assurances générales sur la vie humaine, de Zurich, vient d'installer une agence à Paris, rue Saint-Lazare, en face des bureaux du P.-L.-M. Mutuelle par excellence, cette société, fondée en 1857, présente des avantages exceptionnels de garanties, de tarifs et de conditions, qui, sans aucun doute, lui permettront de rivaliser avec nos meilleures compagnies, tant pour les assurances-vie que pour les rentes viagères.
 Un garçon de recettes disparu - les aveux

Un garçon de recettes disparu

Les aveux des assassins

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 La Migration de Paris.

La Migration de Paris.

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Le Crime de la rue Pierre-le-Grand

Le service de la Sûreté ne possède aucune piste sérieuse au sujet de l'assassinat dont a été victime Joséphine Bigot, la femme galante qui demeurait au numéro 3 de la rue Pierre-le-Grand.

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Un drame rue Charles V

n terrible drame s'est passé hier, 2, rue Charles V, à la fabrique de parfums Brigot et Cie.

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 La vieillesse supprimée

LA VIEILLESSE SUPPRIMÉE

Pour l'homme, il n'y a plus de vieillesse,

S'il sait, par un plaisir nouveau

Retremper ses sens en détresse

Dans les doux parfums du Congo

Dr Lébélé, de Paris, à V. Vaissier

Nouvelles à la main

 Exposition de Cercle

Exposition de Cercle

UNE JEUNE FILLE. — Quel joli tableau Ce sont des fiancés… C'est un mariage d'inclination !

LE PÈRE. — Mais non, c'est un mariage de raison, regarde ce qu'il y a sur le cadre : Vendu !

Les enfants  Madame

Les enfants

Madame. Henri m'a empêché de faire la moindre chose cet après-midi.

Monsieur. Il a été plus bruyant que jamais, je parie ?

Madame. Non, au contraire. Il a été si tranquille que j'ai cru qu'il était malade !...

 Bonnes amies

Bonnes amies

— Mme X…. dit qu'elle a vingt-cinq ans, mais elle en a certainement trente-cinq !... C'est facile à lire entre les lignes…

— Quelles lignes?...

— Celles de sa figure !...

Entre demi-mondaines

Entre demi-mondaines, à propos de l'enquête relative aux « choses de théâtre »
— Et toi, es-tu pour le spectacle coupé ?
— Ma chère, si on m'offrait le coupé, je me passerais facilement du spectacle.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 CANOTAGE AÉRIEN - 1897

CANOTAGE AÉRIEN

Avec les beaux jours vont recommencer les parties nautiques aussi bien dans l'espace qu'au fil de la rivière, au grand dol des imprudents et des inexpérimentés.
On se souvient du triple naufrage aérien de l'an dernier et qui causa mort d'homme. Or, voici que le 14 Juillet a ouvert pour cette année la sombre série.
AAfin d'éviter le périodique retour de ces catastrophes, la Société française de navigation aérienne, qui a formé toute une pépinière d'aéronautes scientifiquement et pratiquement instruits, vient d'adresser à tous les maires une circulaire les mettant en garde contre les faux aéronautes et les suppliant de n'accorder de permis d'ascension qu'à ceux dont l'expérience et les connaissances techniques sont dûment établies par le témoignage écrit des maîtres ès aérostation. On pourra donc ainsi goûter les joies du plein air sans risquer d'être envoyé dans l'autre monde.

Le Figaro - 18 juillet 1897

 Votre peinture était à l'envers- APL 14/02/97

Petite nouvelle de l'étranger...

Sir Henry Irving, le célèbre tragédien du Lyceum, est, tout comme Coquelin, grand amateur de peinture. Il a rassemblé, dans son hôtel de Londres, une collection de tableaux signés de nos plus illustres contemporains et montre avec orgueil, parmi d'autres chefs-d’œuvre, deux paysages de M. Whistler. Il y a quelques semaines (nous dit le Journal des Débats), il réunissait à dîner des littérateurs et des artistes; le peintre des Nocturnes était au nombre des invités. A peine assis, M. Whistler commença de manifester une certaine inquiétude. Deux des toiles accrochées aux murs attiraient irrésistiblement son attention. C'étaient deux peintures délicates, d'une harmonie subtile, mais dont la composition présentait je ne sais quoi d'indistinct et de paradoxal. L'artiste, visiblement intrigué, ne pouvait en détourner ses regards ; plusieurs fois même, au cours du dîner, il se leva et, quittant la table, s'avança vers le mur pour les considérer de plus près. Enfin, après un dernier et plus long examen :
— Irving! Irving! s'écria-t-il d'un ton de douloureux reproche, qu'avez-vous fait?
— Et qu'y a-t-il ? demanda le tragédien.
— Ce qu'il y a ? malheureux ! mais il y a que mes tableaux sont pendus à l'envers et que vous ne vous en êtes même pas aperçu ! Et voilà plusieurs mois, peut-être, qu'il en est ainsi !
Irving, un instant, resta songeur ; puis, avec le plus grand calme :
— C'est possible, après tout. On peut s'y tromper. Il vous a bien fallu une heure pour découvrir que votre peinture était à l'envers.

APL – 14 février 1897

 Dentiste - Fig. 24/05/97

Nous avons signalé, ces jours derniers, la démonstration faite 21, rue Lauriston, devant un groupe de médecins, par un dentiste américain. Ajoutons que cette expérience est parfaitement concluante et que le docteur américain Sylvestre est le seul de tous les dentistes qui pose les dents artificielles directement sur la gencive, sans attache ni racine. Cette opération est faite sans la moindre douleur et les dents posées par ce procédé sont d'un naturel qui défie l'examen le plus méticuleux. C'est véritablement une invention merveilleuse et, inappréciable au point de vue de la beauté comme de la santé.

Le Figaro - 24 mai 1897

 L'escroquerie au trésor caché - 1897

L'escroquerie au trésor caché

La Sûreté générale vient de prendre la peine, une fois de plus, de mettre le public en garde contre une certaine escroquerie devenue légendaire, et que l'on cultive particulièrement en Espagne. De temps en temps vous arrive de ce charmant pays une lettre chargée, fortement timbrée, aux allures pesantes et cossues, qui vous annonce qu'un trésor est caché dans quelque coin d'Andalousie, que l'on connaît l'endroit exact de la cachette, mais qu'on ne peut procéder aux fouilles qu'après des formalités préalables qui nécessitent une certaine somme d'argent.
Vous devinez le reste. Le mystérieux correspondant vous demande la somme d'argent et en échange s'engage à partage le trésor avec vous. C'est tout à fait enfantin, n'est-ce pas? J'oserai même dire parfaitement idiot; Eh bien! le nombre de gens qui s'y laissent prendre est incalculable., La somme qu'on leur demande est; d'ailleurs, minime. Une centaine de francs : pour gagner un trésor! On peut bien risquer 1 aventure. J'ai une vieille tante à qui l'on a soutiré ainsi près de 500 francs qu'elle aurait mieux fait de perdre en me les donnant. Cela n'a pas altéré sa confiance elle attend toujours ses châteaux en Espagne !
Et croyez bien qu'elle n'est pas seule en son genre. La race des gogos s'étend à l'infini. On en trouvera toujours pour toutes les bizarreries, pour toutes, les extravagances, pour toutes les opérations qui se passent dans la lune. Quoi de plus banal, de plus connu que le vol classique à l'américaine ? Il fait chaque jour, cependant, de nouvelles victimes. Le vol à l'espagnole continuera d'avoir le même succès, et toutes les circulaires de police n'y changeront rien. On peut, à la rigueur, garder les gens des sottises d'autrui on ne les garde pas de leur propre sottise !

Le Figaro - 8 sept. 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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