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SIXIEME ANNÉE N°3542

 

216ème jour de l'année

   


Dimanche
3
Août 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA BOMBE DU MYSTÈRE
LA BOMBE DU MYSTÈRE

LA MARMITE ROUILLÉE
DU PALAIS DE L'ÉLYSÉE

Où est la vérité ? – Versions contradictoires – Poudre verte ou poudre d'escampette ? – La tenancière du chalet – Et la surveillance ?

Encore une bombe ! Est-elle beaucoup plus sérieuse que les autres? Le mystère dont on s'est plu, à la préfecture, à entourer le nouvel engin lui donne momentanément une importance qu'il n'aurait peut-être pas eue si l'on s'était résolu à nous dire simplement la vérité.

Voici, malgré les inutiles cachotteries de la préfecture, les renseignements bien précis que nous avons recueillis.

Hier matin, vers quatre heures, un canonnier apercevait, sous le compteur à gaz du chalet de nécessité situé dans une allée des Champs-Élysées allant de l'avenue Gabriel à la place de la Concorde, un paquet enveloppé de papier d'emballage gris. Il prévint la tenancière du chalet, qui n'y attacha aucune importance; pourtant, d'autres personnes, ayant vu le paquet, avertirent deux gardiens de la paix du huitième arrondissement, qui déchirèrent l'enveloppe et mirent à jour une marmite rouillée système Japy, d'une contenance de trois quarts de litre, et du couvercle de laquelle émergeait une mèche en cordonnet. Ils la soulevèrent.

La marmite était lourde. Comme elle était ficelée, ils ne crurent pas devoir l'ouvrir et prévinrent leur officier de paix, qui fit avertir M. Gavrelle, commissaire de police de la rue d'Astorg.

M. Girard, chef du laboratoire municipal, arriva sur les lieux à sept heures vingt et fit transporter l'engin au boulevard Murat, où il fut déchargé.

Deux opinions.

L'examen auquel on put alors se livrer semble avoir abouti à deux résultats diamétralement opposés. A moins que la préfecture n'ait trouvé un intérêt quelconque à nous tromper, elle se dit persuadée, d'ores et déjà, que cette bombe ne contenait que du sable et du papier.

Tel n'est point l'avis de M. Bertulus, qui dit que l'engin contenait de la poudre chloratée, dite poudre verte.

Le bruit de la découverte de l'engin se répandit avec assez de rapidité mais, par suite d'un mot d'ordre parti, dit-on, de la présidence, l'existence de l'engin fut d'abord énergiquement démentie dans tous les milieux officiels, et tous les fonctionnaires donnèrent leur parole d'honneur que la bombe n'existait que dans l'imagination des propagateurs de fausses nouvelles. Mais la tenancière du chalet, que nous avons interrogée, nous a dit textuellement :

« — En effet, on a découvert sous le compteur à gaz de mon établissement une petite marmite et deux lettres, que les gardiens de la paix ont remise à des agents en bourgeois. Les agents, après avoir lu les lettres, se sont consultés et ont dit « C'est le même. Cet engin rappelle les autres bombes. » D'après ce que l'on a raconté après qu'elle a été enlevée, la bombe était des plus dangereuses. »

A deux heures de l'après-midi, la marmite a été remise à M. Bertulus, juge d'instruction, qui est allé la montrer au procureur général, auquel il aurait déclaré, comme nous l'avons dit plus haut, qu'elle contenait de la poudre chloratée. M. Bertulus est resté jusqu'à huit heures du soir à son cabinet, où il a fait mander M. André, chef de la brigade spéciale de surveillance des anarchistes.

Comme d'habitude.

La préfecture de police, qui, jusqu'à six heures du soir, avait nié l'existence de la bombe, a avoué enfin, dans la soirée, « qu'un engin comme on en trouve tous les jours dans Paris avait été découvert près de l'avenue Gabriel et qu'il contenait du sable et du papier. Aucune lettre, prétend toujours la préfecture, n'a été ramassée près du faux engin. L'auteur de cette mauvaise plaisanterie est activement recherché. »

Et, pendant que la préfecture de police se décide à faire ces timides aveux, MM. Girard, Gavrelle et André continuent à nier d'une façon absolue l'existence d'une bombe, de quelque nature qu'elle soit.

Nos renseignements particuliers nous permettent d'affirmer que la découverte de cette nouvelle bombe a produit d'autant plus d'émotion dans les milieux officiels qu'à la suite des attentats du bois de Boulogne et de la place de la Concorde le service de surveillance autour de l'Élysée a été triplé. Or l'individu, anarchiste ou fumiste, qui a déposé l'engin a donc pu se promener au milieu des agents et se débarrasser de sa marmite sans être ni inquiété ni même aperçu.

Le Matin - 28 juin 1897


L'actualité dramatique

 Le drame de Villejuif

Le drame de Villejuif

Dans notre dernière heure nous relations, hier, le meurtre commis à Villejuif par un aliéné nommé Emile Belin sur un autre fou, Charles Pringot, sous-prétexte que celui-ci empêchait son voisin de salle de dormir.

La nouvelle de ce drame a naturellement produit une grosse emotion à la préfecture de la Seine, et l'on s'est demandé s'il n'était pas dû surtout à un défaut de surveillancede la part du personnel de l’établissement de Villejuif.

M. Lefilliâtre, ancien interne de l'asile départemental, est d'avis que la responsabilité de l'événement incombe non pas aux employés mais bien à l'administration.

« L'asile de Villejuif, dit-il, compte en temps ordinaire de 12 à 1,500 malades. Il est divisé en sept quartiers, plus une infirmerie. Le jour, il y a un infirmier seulement pour une quinzaine d'hospitalisés et un médecin seulement pour 5 à 600 malades. La nuit, le nombre des veilleurs est infime. L'hospice étant divisé en sept quartiers et une infirmerie, il y a un veilleur pour les quatre premiers quartiers et un veilleur pour les trois autres quartiers et l'infirmerie.

» Or chaque quartier est séparé et se compose de trois salles qui renferment chacune une cinquantaine de malades. Lorsque le veilleur est, par exemple, dans lu quartier n° 1, il est dans l'ignorance complète et il ne peut rien entendre de ce qui se passe au quartier n° 4.

» C'est ce qui s'est passé hier. Le veilleur du quartier n°7 est un très brave garçon, très actif, qui est à l'asile depuis la fondation de celui-ci. Je le connais très bien. Il'est incapable d'avoir commis une infraction dans son service. Les explications qu'il donne, sont, du reste, parfaitement plausibles. Il faisait sa tournée et se trouvait dans un quartier éloigné lorsque Belin, saisissant, je crois, des cordons de caleçon, qu'il avait pu ramasser on ne sait où, s'est jeté sur son voisin et l'a étranglé.

» En somme, la responsabilité tout entière de ce triste événement incombe à l'administration. Le service de surveillance est tout à fait insuffisant, le jour comme la nuit. Quant au service médical, il est plus qu'insuffisant, un médecin qui a cinq ou six cents malades à soigner ne pouvant absolument pas les connaître tous. »

A la préfecture de la Seine, on dit que Charles Pringot, qui était paralytique, a été tué dans l'intervalle de deux rondes et que les surveillants de nuit ne sauraient en aucune façon être rendus responsables de ce meurtre.

Le Matin — 31 août 1897

 DRAME CONJUGAL

DRAME CONJUGAL

II y a deux ans environ, un menuisier, nommé Alfred Martinet, abandonnait sa femme et ses deux enfants pour aller vivre avec une ouvrière dont il avait fait la connaissance.

Ces jours-ci, une rupture se produisait dans le faux ménage, et Martinet, recherchant sa femme, apprit qu'elle demeurait rue de la Chapelle, 72. II s'y présenta le soir et frappa à sa porte. Ce fut un homme qui vint lui ouvrir, car sa femme lui avait donné un successeur.

Martinet réclama sa femme et ses enfants mais son remplaçant pour toute réponse le jeta à la porte.

Furieux, Martinet s'empara d'un ciseau à froid et en porta plusieurs coups au pauvre diable qui tomba baigné dans son sang. II allait pénétrer dans le logement pour frapper également sa femme, mais il en fut empêché par des voisins qui le remirent entre les mains des gardiens de la paix.

M. Demarquay, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt et a fait transporter le blessé, un peintre en bâtiments du nom d'Eugène C… à l'hôpital Lariboisière.

Le Gaulois — 28 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash janvier
sans titre 1
Flash janvier
DERNIERE MINUTE
Bazar de la Charité :
Les deux employées du cinématographe et M. de Mackau, député, organisateur du Bazar, poursuivis.
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Le rire est à l'homme ce que la bière est à la pression.


306. Le Journal Officiel du 7 janvier 1897 publiait un décret par lequel M. Cordelet, sous-préfet de Baugé, était nommé sous-préfet de Saint-Flour.
Tous les gourmets et les soupeurs délicats qui fréquentent chez Maire vont être certainement enchantés de cette nouvelle : c'est le sympathique maître d'hôtel Sibert, dont ils apprécient la haute compétence en matière culinaire, qui devient propriétaire du restaurant Maire. Menus soignés, cuisine exquise, cave authentique et service discret et de gout, voilà ce que nous promet Sibert. Il tiendra parole pour la plus grande joie des gourmands.
 Pourquoi les femmes vivent-elles

Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps que les hommes ?

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la statistique des centenaires pour être frappé de l'écrasante supériorité dont jouit le sexe féminin.

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 la bombe du mystère

La bombe du mystère

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L'art de se meubler gratuitement

Deux corrects gentlemen se présentaient, il y a quelques jours, chez un marchand de meubles de la rue de Charenton, M. Hermann et exprimaient le désir de faire l'acquisition de deux mobiliers de chambre à coucher.

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Le drame de Javel

Un crime a été commis, avant-hier soir, rue Sainte-Lucie, dans le quartier de Javel. Un employé qui était l'amant de la femme de son patron a tué ce dernier d'un coup de couteau.

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 EXCELSIOR

EXCELSIOR !

Las de tous ces potins, de ces honteux ragots

Qui troublent notre esprit de leurs sombres hantises.,

Allons aux purs parfums, aux essences exquises

Nos âmes ont besoin de vous, divins Congos !

Jean des Brettes au savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

 Dialogue cruel entre deux jeunes financiers

Dialogue cruel entre deux jeunes financiers
— Veux-tu que je te dise ce qu'il faut penser de ton père ?
— Tais-toi !... Je le sais.

Signalement

Signalement.
— Comment est-elle, ta belle-mère?
— Elle a la cinquantaine environ, les cheveux très grisonnants, deux verrues sur la figure, et elle porte toute sa barbe !

Propagande coloniale  Francisque

Propagande coloniale
Francisque Sarcey a raison il y aurait des fortunes à faire en échangeant avec les nègres d'Afrique des chaussettes contre de l'ivoire, et il est stupide à nos commerçants de n'en pas profiter…
— Évidemment L'homme absurde est celui qui n'échange jamais !

 On parle de nouvelles prescriptions de police en ce qui concerne

On parle de nouvelles prescriptions de police en ce qui concerne l'hygiène chez les coiffeurs.
— C'est une bonne idée, approuve quelqu'un, car rien ne se transmet plus aisément que les affections du cuir chevelu.
— Vraiment ?
— Ah! Monsieur, c'est au point qu'on a vu des chauves rentrer avec des touffes de cheveux sur le crâne après l'usage de brosses ayant servi pour des têtes bien fournies.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Vins artificiels - 1897

Au Sénat

Toujours les vins artificiels.

M. Monis leur reproche de porter une atteinte irréparable à la moralité commerciale, et vous ne devineriez jamais pourquoi? Ceux qui lés fabriquent ne les vendent pas assez cher
Avec M. Turrel, les défenseurs des raisins secs passent un mauvais quart d'heure, et il garde ce coup pour le dernier « C'est la première fois qu'une loi agricole est appuyée par les Bouches-du-Rhône. » Cet argument serait sans réplique si l'on ne pouvait opposer à l'avis favorable de la Chambre d'agriculture provençale l'avis nettement hostile de son voisin le Conseil général.
M. Girault constate qu'il n'a pas entendu (ce qui n'a rien de surprenant) un seul orateur proclamer l'excellence de la loi. Mais, n'étant pas aveugle, il a pu la lire et constater ainsi qu'elle prête à l'arbitraire. D'ailleurs, les vins de raisins secs ne sont pas nuisibles à la santé publique, et il en donne une preuve « J'en bois » Malheureusement, il atténue aussitôt l'effet produit par cet argument « Il est vrai, ajoute-t-il, que je les additionne d'un petit vin de Roussillon. Il termine par cette constatation rassurante « Les viticulteurs qui ont entrepris cette croisade sont précisément ceux qui « améliorent » leurs vins avec de l'acide sulfurique. »
Et M. Fresneau conclut mélancoliquement « Pourquoi interdire les vins artificiels, alors que nous vivons en un temps où tout est artificiel? » Là-dessus, on clôt la discussion générale, et la bataille recommence immédiatement sur l'article premier qui est renvoyé à la Commission.
Cela promet !

Le Figaro - 17 février 1897

 ALLUMETTES EN PAPIER - Parville - 1897

ALLUMETTES EN PAPIER

Allumettes anglaises! Le bois est rare en Angleterre et le papier commun. Aussi on cherche à remplacer les allumettes en bois par des allumettes en papier, naturellement beaucoup plus économiques. Et l'on en a fabriqué! Elles ont la vogue, parce que c'est « nouveau ». Peut-être les aurons-nous aussi sur le continent; le bon bois à allumettes devient de plus en plus cher. Il y a bel âge que l'on se sert un peu partout de papiers pliés ou roulés pour l'allumage des feux et des lampes. On trouverait encore cette vieille allumette dans beaucoup de villes de nos départements. Pourquoi dépenser tant d'allumettes de la régie ? Une suffit et ensuite le papier rend le même service.

Les nouvelles allumettes sont constituées par un morceau de papier très serré roulé en spirale ; papier fort et poreux. On plonge ce papier dans une dissolution de cire, de stéarine. Alors il ne se déroule plus et brûle avec une flamme brillante et sans odeur. En Angleterre, on prend des bandes de doux centimètres de large, que l'on trempe dans la solution de stéarine ; après quoi, on les fait passer dans une machine spéciale qui les découpe de la longueur des allumettes de bois. Enfin, on enduit leur extrémité de la composition phosphorée. Et l'on empile par boites.

Ces allumettes, paraît-il, prennent feu très facilement, ne pèsent presque rien et ne s'éteignent pas au premier courant d'air comme les allumettes do bois. Voilà un moyen d'utiliser les vieux livres qui n'ont jamais rapporté un penny à leurs auteurs L'éditeur pourra en faire des allumettes... anglaises.

APL - 10 janvier 1897

 La peine de mort - Le gaulois - 4 janvier 1897

La peine de mort.

L'électrocution, n'ayant pas remplacé la potence avec assez d'avantages, une commission a été nommée outre-mer pour rechercher un procédé plus « humain» et plus pratique à la fois. Cette commission, après un an de travaux, vient de se prononcer en faveur de l'asphyxie par le gaz d'éclairage. Un de ses membres déclare que c'est par le gaz seul que l'on peut obtenir les résultats demandés en vain à l'électricité. Certes, la mort ne sera pas instantanée, mais on pourrait exécuter doucettement les assassins dans leur sommeil, sans douleur, sans qu'ils s'en doutent. Nous verrons si ce système « humain» pour les criminels, sera adopté.

Le gaulois - 4 janvier 1897

 M. Darlan, ministre des cultes - Fig. 14/01/97

Précisions

Plusieurs de nos confrères ont cru pouvoir annoncer que le gouvernement français était « tombé d'accord avec le Saint-Siège pour offrir l'évêché de Rodez à M. l'abbé Hazera, curé de Là Bastide, à Bordeaux ».
Ce qui est vrai, c'est que M. Darlan, ministre des cultes, a l'intention de nommer à cet évêché M. l'abbé Hazera qui est son cousin.
Le choix du ministre est d'ailleurs excellent à tous égards et il est vraisemblable qu'il lui donnera à bref délai les suites nécessaires.
Mais à l'heure actuelle, il n'y a pas eu à ce sujet ombre de pourparlers entre le ministère des cultes et la nonciature.

Le Figaro - 14 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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