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SIXIEME ANNÉE N°4198

 

141ème jour de l'année

   


Vendredi
21
Mai 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 A L'HÔPITAL BOUCICAUT

Une répétition générale


A L'HÔPITAL BOUCICAUT

J'ai assisté ces jours-ci à l'arrivée des premiers malades de l'hôpital Boucicaut. Ainsi que nous l'avons dit, cet hôpital sera inauguré demain par le Président de la République.

C'est donc à une répétition générale qu'il nous a été permis d'assister. Profitons-en pour commettre, avant la première, quelques indiscrétions sur l'organisation de cet établissement luxueux, pour la construction duquel architectes et médecins ont pu, grâce à la libéralité de la généreuse donatrice, donner libre cours à leurs désirs de perfectionnements et de modernisme.

 

Le très aimable directeur nous détaille les merveilles réalisées dans l'hôpital :

— Jusqu'à présent, nous dit-Il, l’antisepsie avait été appliquée à la chirurgie seulement nous voulons l'appliquer aussi à la médecine, et c'est là une des principales nouveautés de notre établissement.

Dès l'arrivée dans la cour, ou plutôt le jardin central, je suis saisi par le luxe inaccoutumé des bâtiments. On se croirait plutôt dans une exposition que dans un hôpital.

Ces bâtiments en briquets colorées, avec leurs immenses verrières; ces baies, derrière lesquelles apparaissent des plantes vertes ces jardins sablés, la tonalité tendre de toutes les peintures; tout cela vous a un aspect élégant, nouveau style, gracieux, qui charme, séduit, égaye le visiteur, comme le malade.

Un pavillon central en rotonde est réservé spécialement aux malades du Bon Marché qui veulent y passer leurs récréations. C'est un salon-fumoir qui ne déparerait pas l'hôtel le plus luxueux; seize malades seulement auront le droit d'y entrer.

 

Ceci a été une petite folie, nous dit-on, mais il y avait tant d'argent Nous voici maintenant dans la salle d'admission une dizaine de malades attendent leur tour. Ce sont des ouvriers, des gens du peuple qui jettent autour d'eux des regards émerveillés.

 

Ils n'osent pas marcher sur ces carreaux si blancs, s'assoir sur ces banquettes rembourrées, et le contraste de tout ce luxe avec leur aspect misérable est curieux.

 

Le médecin nous dit :

— Tout malade doit entrer propre dans une salle propre ; aussi allons-nous procéder à la désinfection de ceux-ci.

» A cet effet, on étudie leurs feuilles d'entrée et, suivant leur maladie, si leur état le permet, on les fait passera la salle de bain. Leurs vêtements sont jetés dans des trémies qui les amènent aux sous-sols, où sont les étuves. A sa sortie du bain, le malade est habillé avec un uniforme spécial; il reçoit une brosse à dents, des serviettes, un savon, une lime à ongles, objets dont on lui imposera journellement l'usage, car, nous dit-on, l'hôpital doit être en même temps une école d'hygiène. »

Suivons ensuite le malade dans les salles. Ce sont des pièces voûtées, très grandes pour le nombre restreint de lits qu'elles contiennent, aussi le cubage de l'air y est-il particulièrement satisfaisant. Chaque malade dispose au moins de 80 à 90 mètres cubes d'air, tandis que dans la plupart des hôpitaux actuels on n'a pu en fournir que 45 à 50 par tête.

Les fenêtres tiennent toute la hauteur des pièces ; le sol est en faïence, les murs laqués pas de parquets, pas de recoins, aucun endroit obscur.

Je remarque partout sur les murs des pancartes portant l'inscription suivante, qui semble être la devise de la maison : Ni balais ni plumeaux. Tous les nettoyages doivent être faits à grande eau, les murailles sont essuyées avec des linges humides, pour éviter la danse des microbes. Dans le fond de chaque salle est installée une espèce de serre à vitraux colorés dans laquelle s'épanouissent des fleurs, des plantes vertes, donnant ainsi aux malades une illusion de campagne et de fraîcheur.

A la tête de chaque lit, une lampe électrique, une table de nuit à étagères de porcelaine et un crachoir auto-désinfectant.

La surveillante a une chambre à part, séparée de celle des malades par une immense glace sans tain, qui lui permet de voir continuellement dans la salle. Cette chambre est meublée avec une baignoire, un bureau et un fauteuil. Le téléphone est installé dans chaque appartement de surveillante.

En passant, je cause avec un malade qu'on vient de coucher. C'est un menuisier de Grenelle ; il me dit avec un soupir de bien-être :

— Alors, c'est ça, un hôpital ?. Et moi qui ne voulais pas y venir

Parlons un peu, maintenant, des infirmières qui sont, elles aussi, règlementées suivant les nouveaux principes.

Mme Boucicaut a stipulé que les surveillantes devaient être des religieuses, et cette prétention a failli, paraît-il, faire refuser le legs. Il y a en tout, dans l'établissement, huit Sœurs qui, certes, auront de quoi s'occuper ; elles sont secondées par dix-sept infirmiers et onze infirmières. La « maternité » est entièrement laïque.

Chaque infirmière, religieuse ou civile, doit subir, à son entrée, un examen médical elles sont, de plus, astreintes à des précautions très minutieuses.

Ainsi, elles ne peuvent pénétrer dans les salles qu'après s'être lavé les mains et avoir endossé des blouses ou des tabliers, dits vêtements hygiéniques. De plus, elles doivent prendra chaque semaine un certain nombre de bains, contrôlés sur des carnets spéciaux.

De là l'utilité de la baignoire installée dans chaque chambre.

Si nous passons maintenant aux dépendances, nous verrons que tout a été prévu les remises, les garages de bicyclettes, les réservoirs contenant l'eau chirurgicale stérilisée, et même le transport des cadavres.

Le pavillon des internes fait la joie de ces messieurs, peu habitués jusqu'à maintenant à un semblable luxe. Ils ont, en effet, des appartements de petites maîtresses, avec rideaux « liberty », bureaux et toilettes genre anglais, aussi commodes qu'élégants.

Je n'entreprendrai pas de vous décrire les sous-sols, par lesquels se fait toute la circulation ils sont aussi somptueux que le reste. Des voiturettes à roues caoutchoutées transportent aux réfectoires les aliments contenus dans des récipients hermétiquement clos. Pour donner une idée des largesses qui ont été faites dans l'installation de cette merveille d'hôpital, je signalerai la construction de huit ascenseurs destinés uniquement à desservir en tout quatorze lits, et montant à un premier étage seulement.

Par contre, on a oublié le service hydrothérapique et la crèche indispensable à tout hôpital mais il est à prévoir que ces lacunes seront rapidement comblées, car il est impossible qu'on ne complète pas de manière à le rendre parfait ce luxueux établissement, destiné à être visité par les médecins étrangers comme étant le modèle définitif de l'hôpital moderne.

Au moment de sortir, je remarque, devant la porte de la rue, un rassemblement d'ouvriers et de pauvres diables qui jettent à travers la grille entr'ouverte des regards curieux et envieux. Un malheureux, âgé, figure flétrie et fatiguée, s'écrie :

— Dire que j'aurai pas la veine de venir claquer dans cette boîte-là !

Jules Chancel
Le Figaro – 30 novembre 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

Les frères Amédée et Léopold Lafare, galochers, qui habitent, depuis quelques mois, 50, rue de la Réunion, à Charonne. un petit logement au quatrième étage, vivaient en mauvaise intelligence avec leurs Voisins, les époux Gagnot, journaliers.

Hier soir, à la suite d'une discussion plus violente que de coutume, Gagnot prit un bâton, résolu à infliger une correction à Léopold Lafare qui, dans la journée, avait injurié sa femme. Mais les deux frères, pour se défendre, s'armèrent de marteaux, et une mêlée terrible s'ensuivit.

Tout à coup, les cris « Au secours, à l'assassin » retentissaient dans la maison, et une femme, couverte de sang, tombait sans connaissance sur le palier de l'escalier. C'était Mme Gagnot, qui avait été frappée à la tête d'un coup de marteau par. Léopold Lafare.

Les deux frères s'étaient réfugiés dans leur chambre où ils s'étaient barricadés. Il a fallu huit agents pour s'en rendre maîtres.

Mme Gagnot a été transportée à l'hôpital Tenon.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

 VOYAGE INTERROMPU  Deux gamins o

VOYAGE INTERROMPU

Deux gamins ont été arrêtés, hier, à la gare Saint-Lazare, par les soins de M. Escourrou, commissaire spécial, au moment où ils prenaient leurs tickets pour Le Havre. Voici à la suite de quelles circonstances a été opérée cette double arrestation.

M. A. commissionnaire en marchandises, rue Bergère, avait confié à son plus jeune employé, Félix P. âgé de quatorze ans, 2,400 francs en billets de banque pour les porter chez un fournisseur. Se voyant en possession d'une pareille somme qu'il considéra, de suite, comme une fortune, Félix oublia complètement la mission dont son patron l'avait chargé et, rêva de voyages lointains. Il irait avec son frère, plus jeune que lui de deux ans, au pays de l'or, et, dans quelques années, ils reviendraient tous les deux en France, fiers des millions qu'ils auraient gagnés. Alors il rembourserait au centuple son patron et les gazettes chanteraient ses louanges. Le frère, mis dans la confidence de ces beaux projets, en accepta avec enthousiasme le programme et il fut décidé qu'ils ne partiraient pour Le Havre que le lendemain. Ils ne pouvaient pas décemment quitter Paris sans faire un peu la fête.

Après avoir dîne dans une brasserie à femmes, ils allèrent au théâtre et achevèrent la nuit aux Halles. Hélas ! tous ces châteaux en Espagne n'ont pas tardé à s'écrouler. Leur signalement avait été donné à la Préfecture de police tant par M. A. que par la famille des deux petits polissons et leur rêve s'est évanoui au moment où il allait recevoir un commencement d'exécution.

M. Escourrou les a vertement admonestés et ils ont été rendus, tout penauds, à leur père qui s'est empressé de restituer à M. A. les cent francs qu'ils avaient prélevés pour faire la fête.

Le Figaro - 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 30 mars Mardi

Mardi
30 mars 1897

Dans l'après-midi d'hier, à quatre heures, le président de la République a reçu le duc de Cambridge, cousin de la reine d'Angleterre, et lui a rendu sa visite à cinq' heures et demie.

 

Entre temps, MM. Édouard Hervé, directeur, Anatole France, chancelier, et Gaston Boissier, secrétaire perpétuel de l'Académie française, avaient présenté à M. Félix Faure le marquis Costa de Beauregard, élu membre de la Compagnie le 28 février dernier.


Si les rois, jadis, épousaient des bergères, les. princesses, aujourd'hui, préfèrent les Millionnaires.

D'après le World, il serait question, à Londres, d'un prochain mariage entre la princesse Victoria, seconde fille du prince de Galles, seule de ses enfants qui ne soit pas mariée, et le richissime Américain, M. William Astor, propriétaire de la Pall Mall Gazette, lequel serait, pour l'occasion, créé duc.

Le nouvel époux deviendrait ainsi le beau-frère du duc de Fife, marié à l'aînée des filles du « Prince of Wales », qui descendant d'une famille Duff, ne fut créé comte du Royaume-Uni qu'en 1885 et, duc qu'eu 1889.


Plus que jamais Madagascar est d'actualité. L'exil de la reine, les complots anglo-protestants, le débat engagé devant les Chambres, rendent indispensable la lecture du curieux et précieux volume de notre confrère Émile Blavet « Au Pays malgache », qui continue à s'enlever en librairie.


Par décret du mikado, empereur du Japon le président de la République reçoit le grand-cordon de l'ordre du Chrysanthème; M. Hanotaux, l'amiral de Beaumont, commandant, l'escadre française d'Extrême-Orient, et le général de Boisdeffre sont nommés grand-croix du Soleil levant, et, enfin, l'amiral Sallandrouze de Lamornaix grand-cordon du Trésor sacré.


La route de Madagascar.

Des dépêches du parquet de Charleville signalent aux commissaires spéciaux des gares de chemins de fer A Paris la fugue de deux collégiens appartenant à d'honorables familles de cette ville.

Ces deux jeunes gens, André Siméoni, dix-sept ans, et Louis Becquart, quinze ans, ont réussi, on ne sait comment, à se procurer une somme de 500 francs et, avant de partir, samedi soir, ont raconté qu'ils avaient l'intention d'aller s'embarquer a Marseille à destination de Madagascar.

sans titre 1
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Il y a des hauts et des bas dans la vie, comme disait le groom de l'ascenseur.


297. La section de Tarentaise du Club alpin français a offert un piolet d’honneur au Président Félix Faure, président de la République, en souvenir de sa traversée du col de la Vanoise au cours de l’été 1897.
La maison de Vertus sœurs vient de créer un nouveau corset dont il est beaucoup parlé en ce moment.
En .délicieux satin .broché, semé de bouquets pompadour sur fond de guipure d'Alençon, il forme avec le jupon assorti un ensemble merveilleux indispensable à toute dame élégante soucieuse de la richesse de sa toilette.
12, rue Auber.
 L’invasion des femmes

L’invasion des femmes

Nous avons eu, il y a quinze siècles, l'invasion des Barbares nous avons aujourd'hui l'invasion des femmes, avec des Attilas en corset et des Alarics en jupons.

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 LES SENSATIONS D'UN PENDU

Les sensations d'un pendu

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L'art de se meubler gratuitement

Deux corrects gentlemen se présentaient, il y a quelques jours, chez un marchand de meubles de la rue de Charenton, M. Hermann et exprimaient le désir de faire l'acquisition de deux mobiliers de chambre à coucher.

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Ivry contre les Deux-Moulins.

Il y a quelque temps, les gars des Deux-Moulins, quartier de la Gare, enlevaient aux joyeux d'Ivry une femme très connue des bandes de rôdeurs qui infestent ce coin de Paris.

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 VOULOIR, C'EST POUVOIR - l'univers illustré 1895

VOULOIR, C'EST POUVOIR

Ce qu'on souhaite bien toujours se réalise :

Un muet désirait acheter du Congo,

Savon qu'il savait pur et de douceur exquise ;

Il fil un effort tel qu'il prononça ce mot.

Un témoin, au Savonnier Victor Vaissier.

Nouvelles à la main

Hier soir

Hier soir, rue Le Peletier, une bonne femme à lunettes bleues, n'ayant qu'un bras, accostait les passants
— N'oubliez pas, mon bon monsieur, une pauvre femme affligée de la vue et d'un bras !
— Affligée d'un bras s'écrie S… en entendant cette requête, eh bien et moi donc qui en ai deux !

 Dans un salon

Dans un salon, un calamiteux bavard se cramponne au bras d'un monsieur et, interminablement, l'assomme de banalités sentencieuses :

— Voyez-vous, poursuit-il, la vie est une partie de cartes. Si l'on n'a pas beaucoup d'atouts, il faut au moins se garder à carreau.

— Et écarter les importuns achève brusquement la victime à bout de patience, en saluant et en gagnant le large.

 Un jeune homme demande la main d

Un jeune homme demande la main de sa fille à M. Calino, qui refuse net.
— Laissez-moi espérer, implore l’amoureux, que votre décision n'est pas irrévocable.
Calino, d'un ton ferme :
— Elle est irrévocable tout au moins provisoirement!

Un maire de campagne vient d

Un maire de campagne vient d’avoir les palmes académiques.
— Les palmes académiques !... lui dit un jaloux; qu’est-ce que vous avez donc écrit pour avoir cela
— Une lettre à not’ député !répond le brave homme...

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Voici à nouveau les garçons de - APL 24 janvier 1897

Voici à nouveau les garçons de café partis en guerre pour obtenir le droit au port de la barbe, ce plus bel ornement du sexe fort.
L'aube de 1897 devait être, pour la corporation, l'heure de la délivrance, et l'époque des étrennes passée les garçons entendaient
laisser croitre à leur guise barbe et moustache.
Hélas ! ils ne touchent pas encore au terme de leur désir !
En 1891, on s'en souvient encore, un premier mouvement de révolte se produisit. Il y eut de nombreuses réunions dont une présidée par M. Marguery, président du syndicat de l'alimentation, et le restaurateur promit son dévoué concours aux garçons de café.
Dès lors, ils crurent avoir cause gagnée et trop tôt chantèrent victoire. Des clients réclamèrent le retour aux anciens usages, ne pouvant se faire à l'idée de voir leur chateaubriand servi par des visages barbus; des défections se produisirent, et les vingt mille garçons de café de Paris durent, à leur grand désespoir, raser leur moustache naissante.
L'opposition des grands cafés et des grands restaurants n'a pas voulu jusqu'à présent se laisser fléchir.
Et savez-vous quel est le motif de cette opiniâtre résistance ?
C'est M. Marguery lui-même qui va nous la donner :
— Les garçons, fait remarquer l'inventeur de la fameuse sole Sarcey, ont l'habitude de gouter aux plats qu'ils servent aux clients. Lorsqu'ils sont fraichement rasés, ils peuvent prestement s'essuyer la bouche d'un revers de main, tandis qu'avec une barbe de sapeur ou une luxuriante moustache, il est à craindre que des traces accusatrices ne viennent révéler au client l'indiscrétion commise.
Cette explication en vaut bien une autre ; elle a, dans tous les cas, l'avantage de rassurer le client contre toute tentative d'empoisonnement.
La galerie suivra avec intérêt la lutte qui vient de s'engager entre garçons et patrons, mais serait beaucoup plus disposée, croyons- nous, à donner son approbation à une autre réforme : la suppression du pourboire.

APL 24 janvier 1897

 UN DESCENDANT DE VIRGILE - Le Temps – 9 janvier 1897

UN DESCENDANT DE VIRGILE.

Quatre ou cinq personnes suivaient hier un corbillard qui, sortant de l'église Saint-Germain-des-Prés, se rendait à Bagneux. Les passants auraient éprouvé une certaine surprise, si on leur avait appris que le mort que l'on conduisait si modestement au cimetière, était un descendant de Virgile.
Charles Maron, en effet, né en 1817, à Nevers, se disait originaire d'un petit village des environs de Mantoue, et affirmait, non sans orgueil, que Publius Virgilius Maro était un de ses ancêtres.
Frère d'Eugène Maron, le secrétaire de Lamennais, et l'auteur de plusieurs ouvrages estimés sur l'histoire de la Révolution, Charles Maron était lui-même un lettré et un érudit fort distingué. Il avait été bibliothécaire de la ville d'Autun, et rédacteur en chef d'un journal qui eut quelque importance au commencement.de l'empire.
Venu à Paris vers 1854, il collabora à la rédaction du Magasin pittoresque pendant plus de vingt ans. Ses recherches se portèrent surtout sur l'histoire de l'architecture et de la sculpture française. Il laisse, sur ce sujet, le manuscrit d'un ouvrage qui doit paraître en quatre volumes in-8°.
Ces dernières années, dans les cafés du quartier Latin, on pouvait voir souvent ce grand vieillard maigre, aux allures d'officier retraité, à la même table que Paul Verlaine et Paul Arène. Les conversations étaient alors fort gaies, car C. Maron savait parler avec beaucoup d'esprit, et avait gardé dans sa mémoire mille anecdotes sur presque toutes les célébrités contemporaines. Il était précieux aux jeunes journalistes en quête de sujets « d'échos ». Chaque année, au 1er janvier, il recevait une lettre assez curieuse Les habitants du hameau mantouin, dont il était originaire, portent tous le nom de Maro. Ils considéraient le mort d'hier comme le doyen de leur famille et ne manquaient jamais de venir annuellement lui exprimer leurs vœux dans un patois qui n'avait que de vagues rapports avec la langue des Géorgiques.

Le Temps – 9 janvier 1897

 Écrevisses d'Amérique - 1897

Écrevisses d'Amérique. On sait que, depuis plusieurs années, une maladie a sévi, dans les rivières françaises, sur les écrevisses. Elles n'en mouraient pas toutes mais la race menaçait de s'éteindre, au grand effroi des restaurateurs parisiens.
De récentes expériences faites par un pisciculteur allemand auraient démontré qu'une certaine espèce de crustacés, le cambarus affinis était réfractaire à l'épidémie. Mais le cambarus affinis vit en Amérique, et, jusqu'ici, tous les efforts tentés pour en faire venir des spécimens vivants en France avaient échoué.
Le directeur de la station agricole du Nid-de-Verdier, à Fécamp, a été assez heureux pour recevoir, ces jours derniers, une quantité considérable de ces crustacés, en parfait état de santé, et il se propose d'en acclimater la race dans notre pays.
Les cambarus diffèrent de nos écrevisses en ce que leur appareil respiratoire, au lieu de présenter 36 branches, n'en présente que 34. Ils sont en outre d'une plus grande dimension. Les plus petits mesurent 14 centimètres de l'extrémité du rostre à celle de l'abdomen. Ils pèsent en moyennent 70 grammes. La cuisson leur donne une magnifique couleur rouge, et ils ont une chair fort délicate.

Le Temps – 9 janvier 1897

 POUR LES PHOTOGRAPHES

POUR LES PHOTOGRAPHES

Les bagages et les rayons X — Un cas intéressant — Légitime préoccupation.

Nous avons annoncé qu'à la suite d'expériences faites à la gare du Nord, l'administration se montrerait décidée à installer dans les gares des appareils destinés à l'examen des colis au moyen des rayons X. Un de nos lecteurs, M. Charles Mendel, de la Photo-Revue, nous écrit pour nous signaler que ce système d'exploration du bagage deviendra le point de départ de préjudices toujours considérables pour les personnes qui s'occupent, de photographie. Les plaques sensibles sont très vivement impressionnées par les rayons Rœntgen, et,. pour peu qu'un colis renfermant de ces plaques soit suspecté de contenir des marchandises autres que celles désignées par l'expéditeur, -il sera aussitôt soumis aux expériences investigatrices,: et les plaques sensibles qu'il contient seront irrémissiblement perdues. J'ai donc pensé, monsieur et cher confrère, qu'il était de notre devoir de signaler à qui de droit le danger que peut présenter l'emploi trop généralisé l'instrument dont il s'agit, et j'ai cru bien faire en vous priant de vous joindre moi pour demander, par la voie de votre journal:

1° Qu'un laboratoire éclairé à la lumière rouge soit établi le plus tôt possible dans les gares où s'effectuent les visites et examens dont il s'agit

2° Que tout colis portant d'une façon apparente l'indication « Plaques photographiques » soit écarté soigneusement de la zone d'influence de l'ampoule et, s'il y a lieu, à l’examen, transporté dans le laboratoire rouge, ouvert par un employé compétent avec toutes les précautions d'usage, soigneusement refermé ensuite et réexpédié dans l'état de conservation où il se trouvait avant l'ouverture

3° Qu'il en soit de même pour tout bagage, tout colis porté à la main par le voyageur si celui-ci déclare qu'il contient des plaques sensibles.

Renvoyée qui de droit, cette demande, qui sera appuyée par tous les photographes amateurs.

Le Matin — 19 août 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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