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SIXIEME ANNÉE N°3375

 

49ème jour de l'année

   


Lundi
18
Février 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Les femmes aux colonies - Le Figaro – 13 janvier 1897

Les femmes aux colonies.

Un discours de M. d'Haussonville

C'est une idée généreuse qui réunissait les participants et les amis de l'Union coloniale française à la conférence faite hier soir dans la salle de la Société de géographie par M. Chailley- Bert, sous la présidence de notre éminent collaborateur, M. le comte d'Haussonville, de l'Académie française.

Assurer la vitalité, la prospérité de notre domaine d'outre-mer par l'émigration des femmes aux colonies telle était la thèse. Elle fut brillamment soutenue. Je ne veux point la discuter aujourd'hui. Ceci est un article de reportage.

Après avoir exposé avec bonne humeur « qu'il ne pouvait s'empêcher de nourrir dans son esprit récalcitrant quelques objections à l'opportunité d'une politique dont il ne méconnaît pas la grandeur, dont il comprend les mirages », M. d'Haussonville s'est déclaré d'accord avec les coloniaux sur deux points :

Le premier, a-t-il dit, c'est que le pays est aujourd'hui engagé trop avant dans cette voie pour qu'il soit possible de revenir en arrière. Du moment que l'œuvre coloniale a été entreprise, il faut qu'elle réussisse. Il y va non seulement de l'intérêt, mais du bon renom et de l'honneur de la France.

Le second point sur lequel je suis d'accord, c'est que l'œuvre coloniale, pour réussir, doit être une œuvre nationale. J'entends par là qu'aucun bon citoyen n'en doit demeurer exclu en raison des opinions qu'il professe ou de l'habit qu'il porte, et que, sur ces plages lointaines où la patrie absente n'est représentée que par un drapeau, il ne saurait plus être question de ces suspicions ni de ces intolérances qui tendent à faire d'un certain nombre de Français non pas des émigrés, mais des proscrits à l'intérieur. Je sais, messieurs les membres de l'Union coloniale, que ces idées larges et libérales sont les vôtres et que vous avez voulu en témoigner publiquement en appelant à la présidence de cette réunion quelqu'un qui n'a pas craint ces années dernières de se compromettre par une politique un peu ardente et qui, pour s'imposer aujourd'hui une certaine réserve, n'a point changé et ne changera jamais de conviction ni d'espérance.

Ombre de Paul Bert !... M. Chailley- Bert, lui, ne bronchait pas. Il n'est plus que colonial. La politique du beau-père n'eut jamais supporté semblable chose. L'économie politique du gendre, de l'ancien collaborateur, sait se plier aux circonstances par dévouement à la cause coloniale, s'entend.

M. le comte d'Haussonville égratigne ensuite, en passant, les « féministes » qui « ont fait tant de mal à la cause des femmes » il dit en quelques mots la triste situation faite dans la métropole aux jeunes filles intelligentes, instruites, mais pauvres. Eh bien si ce qu'on a dit à l’éminent académicien est vrai pour ces jeunes filles, dans des colonies telles que la Nouvelle-Calédonie, la Tunisie, le Tonkin, n'y aurait-il point des places et… des maris ?

En effet, dit-il, d'après ce qui m'a été rapporté, sauf quelques exceptions très honorables, mais trop peu nombreuses, il n'existe quant à présent aux colonies que deux catégories de femmes bien distinctes les femmes de fonctionnaires, épouses dévouées, admirables, mais qui, généralement, auraient souhaité voir leurs maris nommés partout ailleurs, et les divettes de café-concert, qui, après avoir échoué d'abord à Paris, puis en province, ont, avec trop de succès, emporté leur répertoire là-bas, La catégorie intermédiaire, et en particulier celle des jeunes filles à marier, ferait complètement défaut.

Il y a bien aussi les congrégations. Il y a ces saintes filles qui vont partout où il y a quelque bien à faire, quelques misères à soulager et dont la cornette, si bien portée, ne fait pas moins d'honneur à la France par delà les mers que le képi de nos petits soldats. Dieu sait si elles sont utiles là-bas. Mais, si, lorsqu'il s'agit du soin des malades ou de l'éducation des enfants, les Sœurs sont admirables et peut-être irremplaçables, lorsqu'il s'agit de mariage ce n'est plus la même chose, et c'est décidément à des laïques qu'il faut s'adresser. Or, point de mariages, point de familles, et point de familles, point non plus de colonies d'avenir.

Et M. d'Haussonville voudrait des colonies françaises d'avenir, avec des familles françaises.

C'est au milieu des applaudissements de l'assemblée qu'il a terminé son discours, rendant quelque peu difficile la tâche au conférencier.

Mais le gendre et l'ancien collaborateur de Paul Bert, bien que le sujet parût à première vue un peu en dehors de ses habituelles préoccupations d'économiste, a su intéresser.

Il nous a dépeint la vie coloniale actuelle sous les plus sombres et les plus tristes couleurs. « L'élément féminin y manque. La vie de famille n'existe presque nulle part; et, là où elle existe, elle est menacée. » Le célibataire colonial est en effet un être redoutable.

Et M. Chailley-Bert s'est mis en tête de procurer des femmes aux colonies. Ne souriez point. Cela se fait en Angleterre.

Il s'y est fondé des Sociétés d'émigration féminine, telle, par exemple, cette United British Women's Emigration Association, dirigée si brillamment par sa secrétaire générale, Miss Lefroy, dont le but est de servir d'intermédiaire entre la colonie qui manque de femmes et les femmes de la métropole qui manquent de moyens d'existence. Cette Société rassemble, de tous les coins du royaume, des jeunes filles ou jeunes femmes (dix-huit à quarante ans) méritantes et désireuses d'émigrer elle les réunit à Londres, les loge, les patronne, les groupe, les conduit au port d'embarquement, les fait accompagner durant le voyage par une matrone d'expérience et de moralité connues, leur procure des emplois, les surveille, les soutient, les assiste et ne les abandonne à elles-mêmes qu'au bout de plusieurs années, quand elles ont trouvé une situation et, le plus souvent, un foyer. Car le mariage, qui n'est pas le motif déterminant ni le but principal de cette entreprise (la Société refuserait d'aider une jeune fille qui avouerait trop ouvertement qu'elle émigre en vue non pas de gagner sa vie, mais de chercher un mari), est du moins l'événement final entrevu, désiré, préparé.

Il y a là un moyen qu'on pourrait peut-être, dans l'intérêt de nos Colonies, non pas copier mais imiter en l'adaptant à nos mœurs. Et M. Chailley-Bert a développé le plan et les moyens d'action de la Société à créer. « Cette Société que l'Union coloniale prendra sous son patronage, s'efforcera de développer par des conférences, des brochures, etc., le goût des femmes pour la vie coloniale. Elle fournira de plus à celles qui l'ont déjà (et elles sont plus nombreuses qu'on ne croit) les moyens de se fixer dans nos colonies les plus saines, Tunisie, Nouvelle-Calédonie, Indo-Chine. Dans chacune d'elles, elle constituera un Comité local, composé des femmes les plus en vue (femmes des gouverneurs, des résidents, des officiers supérieurs, des principaux colons, etc.), chargé de recevoir, de guider la nouvelle arrivante.»

Il y a là, dit en terminant M. Chailley- Bert, un programme très séduisant. D'accord. Mais pour séduisant qu'il soit, il n'en appelle pas moins la critique. Jusqu'à présent, l'«Union coloniale», servant les intérêts de ses membres sociétaires (cotisation annuelle de mille francs), a pu, suivant les promesses de son prospectus, « être un intermédiaire disposant d'une influence considérable pour les faire aboutir, par une intervention soit auprès du ministère des colonies, soit auprès du département des affaires étrangères, soit auprès des administrateurs de nos colonies, naturellement plus accessibles aux démarches émanant d'une collectivité autorisée qu'aux sollicitations individuelles ». Mais elle s'attaque aujourd'hui à des lois moins flexibles que les lois humaines. Il ne suffit pas d'avoir de l'influence dans les ministères pour résoudre le problème du peuplement de nos colonies par l'acclimatation de la famille française. Le problème est plus vaste. J'y reviendrai.

Jean Hess.

Le Figaro – 13 janvier 1897

L'actualité dramatique

 Terrible accident

Terrible accident.

Un malheureux accident, qui a causé la mort de deux personnes, est survenu, hier soir, à sept heures et demie, rue de l'Université.

M. Charlet, qui gère un établissement de vin au numéro 127 de cette rue, faisait brûler de la paille dans les water-closets afin, disait-il, de détruire les miasmes. A quelques mètres de là, le concierge de l'immeuble, M. Lédard, âgé de quarante et un ans, et sa fille Marcelle, âgée de cinq ans, suivaient l'opération ; ils s'étaient placés sur la trappe même qui recouvre la fosse d'aisances.

La paille flambait joyeusement et des flammèches voltigeaient dans tous les sens, quand soudain une violente explosion se produisit. La trappe de la fosse fut violemment soulevée et M. Lédard, ainsi que sa fille, tombèrent dans le trou béant et nauséabond.

Le bruit de la détonation fut entendu de très loin ; des voisins, puis des passants accoururent.

Le gardien de la paix Baurie, du septième arrondissement, qui habite l'immeuble et qui était en train de s'habiller pour aller prendre son service, se rendit en toute hâte dans la cour et se dirigea vers la fosse où déjà des voisins avaient descendu des échelles. Le gardien Baurie se hasarda dans le trou, saisit le corps de Lédard et le remonta-à l'air libre.

Hélas ! l'infortuné concierge avait été asphyxié par les gaz délétères. Son cadavre fut transporté dans la loge. Le gardien de la paix Baurie. s'évanouit à son tour. On le conduisit aussitôt dans une pharmacie, où des soins énergiques lui furent donnés, puis on le remonta chez lui.

Bientôt arrivaient rue de l'Université MM. Danjou, commissaire de police ; Kuntzler, officier de paix, et les pompiers du poste dela rue des Entrepreneurs. On dut faire évacuer l'immeuble par les curieux qui avaient envahi la cour et le couloir et qui gênaient les opérations de sauvetage.

A huit heures seulement, un sapeur descendait dans la fosse, d'où les gaz morbidiques s'étaient évaporés, et pouvait sans danger remonter le cadavre de l'infortunée petite Marcelle.

Les corps du père, et de l'enfant portent de légères blessures. La trappe de la fosse a été brisée par la violence de l'explosion.

L'émotion soulevée dans le quartier par l'accident a été d'autant plus vive qu'au début, on a cru, naturellement, à un attentat anarchiste.

L'enquête à laquelle procèdera M. Danjou, permettra de fixer les responsabilités.

Le Matin — 31 août 1897

 Un rusé pêcheur

Un rusé pêcheur

Ferdinand Paulmier a déjà subi de nombreuses condamnations pour délits de pêche, et, il n'y a pas plus d'un mois, le Tribunal correctionnel de la Seine appliquait une nouvelle peine d'emprisonnement à ce pêcheur incorrigible. Comme il avait comparu devant ses juges en prévenu libre, il n'avait qu'à attendre que le Parquet l'invitât à se constituer prisonnier. Mais c'est en vain que cet avis lui parvint. Paulmier fit la sourde oreille et continua de plus belle son métier de braconnier. Des agents reçurent alors mission de l'arrêter. Ils le recherchaient, lorsque, hier matin, ils l'aperçurent taquinant le goujon sur le quai de Bercy. Ils s'approchèrent de lui et l'engagèrent à les suivre.

— Je suis à vous, messieurs, dit très poliment Paulmier. Le temps seulement de plier ma ligne.

Et, déposant sa gaule sur la berge, il piqua une tête dans la Seine et disparut sous l'eau. Une minute plus tard, un des agents, qui avait sauté dans une barque pour se mettre à sa poursuite, vit sa blouse qui s'en allait à la dérive. On le croyait noyé, et déjà des mariniers se préparaient à aller à la découverte de son cadavre, lorsque l'autre agent, resté sur la berge, aperçut le rusé pêcheur qui faisait le tour d'une péniche derrière le gouvernail de laquelle il s'était caché, et s'apprêtant à reprendre pied. Le policier se dissimula derrière un tas de planches et saisit Paulmier au moment où, croyant tout danger passé, il sortait de l'eau. On put alors l'emmener, tout penaud, au poste le plus proche.

—Ma ruse n'a pas réussi, a-t-il dit aux agents. Je croyais bien qu'en me débarrassant de ma blouse, vous penseriez que je m'étais noyé. J'ai perdu, à moi de payer.

Le Figaro - 24 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 16 février

Mardi
16 février 1897

Il règne en ce moment à la Société des missions évangéliques de Paris une activité fiévreuse pour envoyer à Madagascar le plus grand nombre possible de pasteurs, de professeurs et d'instituteurs français, chargés de seconder les missionnaires anglais et norvégiens et, dans certaines régions, de se substituer à eux. Parmi les prochains partants se trouve un élève de l'École normale supérieure qui s'est senti subitement une vocation missionnaire et qui s'occupera spécialement d'organiser l'enseignement du français dans les écoles supérieures malgaches.

Il est possible, et même probable, que M. le pasteur Lauga, qui vient de passer neuf mois à Madagascar, y soit appelé à nouveau pour prendre la haute main de toute l'œuvre protestante française poursuivie dans l'île. Ce serait un évêque protestant, moins le titre.


Ainsi que nous l'avions annoncé le mois dernier, M. de Hegermann-Lindencrone, ministre plénipotentiaire de Danemark à Stockholm, est nommé en la même qualité à Paris, en remplacement de M. le comte de Moltke-Hvitfeldt, récemment décédé.

Cette nouvelle est, depuis hier, absolument officielle.


M. François Arago, secrétaire d'ambassade, fils d'Emmanuel Arago récemment décédé, est fiancé depuis hier à Mlle Marie Dupuy, fille de M. Jean Dupuy, sénateur des Hautes-Pyrénées, directeur du Petit Parisien.


Grâce à une libéralité. du prince Roland Bonaparte, MM. Gustave Hermite et Georges Besançon vont pouvoir tenter, à l'aide du ballon-sonde l'Aérophile, la septième exploration française des hautes régions de l'atmosphère. Ces opérations aérostatiques, dont les résultats scientifiques sont jusqu'à présent si importants, ont été réglées conformément à l'avis de la Commission scientifique d'aérostation de Paris, de concert avec la Commission aéronautique internationale. Le lancer de l'Aérophile aura lieu après-demain jeudi à dix heures du matin, à l'usine à gaz de La Villette.


A l'heure où George Sand et Alfred de Musset rentrent, par la publication de leurs lettres, dans la pleine lumière de l'actualité, un homme qui joua auprès d'eux un rôle bien modeste leur cuisinier vient de s'éteindre.

Après une vie mouvementée, ce brave homme, nommé Balségur, s'était retiré il y a quelques années à Tarascon, dans l'Ariège, où il s'était établi. Ses affaires n'ayant pas réussi, c'est à l'hospice qu'il est mort vendredi dernier, à l'âge de quatre-vingts ans.


Autrefois, toutes les classes de la société avaient le culte du beau linge. C'était une des richesses et une des gloires de la maison. Cette tradition, quelque peu délaissée, la Grande Maison de Blanc l'a reprise à l'occasion des nombreux trousseaux qu'elle confectionne. Les mères de famille qui savent compter trouvent à la Grande Maison de Blanc, à des prix abordables pour tous, la lingerie qui fera honneur et profit à leur intérieur, et aussi celle dont il faut doter la jeune fille dont le mariage est prochain.

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 17 février

Mercredi
17 février 1897

ÉCHOS DU MATIN

Par les soins de la- direction des Beaux-Arts, l'Institut vient d'entrer en possession d'un buste en marbre d'Ambroise Thomas, œuvre du statuaire Lafont.


Le tsarevitch, au cours du voyage qu'il va entreprendre dans la. Méditerranée, demeurera assez longtemps à Alger, dont le séjour déjà lui fut si favorable.


L'amélioration constatée dans l'état de Santé de M. Le Royer se poursuit.

Après une nuit des plus calmes, le malade  passé hier une journée excellente.


Le beau drame de Jean Richepin, le Chemineau, représenté, en ce moment au théâtre de l'Odéon et qui paraît chez l'éditeur Fasquelle, présente un grand charme à la lecture.


La reine Nathalie de Serbie, venant de Biarritz, est attendue à Paris, où elle va passer quelques jours auprès de sa sœur, la princesse Ghika.

Elle a fait annoncer son arrivée à Belgrade pour mardi prochain février.


L'adjudication des fondations du grand palais des Champs-Élysées, dont les plans ont été approuvés, comme nous l'avons dit, par le ministre du commerce, aura lieu avant le 15 mars. Elle formera un lot unique d'une mise à prix de 550,000 francs.


En l'absence du président de la République empêché, MM. Rambaud, ministre de l'instruction publique, et Lebon, ministre des colonies, ont inauguré, hier, rue Laffitte, la quatrième exposition des peintres orientalistes

Ils ont été reçus et conduits par MM. Roujon, directeur des Beaux-Arts, Bénédite, directeur du musée du Luxembourg, et par les membres du comité, MM. Gérôme et 'Benjamin-Constant en tête.


Mme Julie Chiquet, née à Aulnay-sur-Marne, et qui habite depuis de longues années la commune de Tours-sur-Marne, dans le département de la Marne, accomplit aujourd'hui sa centième année, étant née le 17 février 1797.

La vieillesse est d'ailleurs héréditaire dans cette famille la nouvelle centenaire avait une tante qui est morte à cent trois ans sa grand'mère a vécu cent un ans, et sa sœur est âgée de quatre-vingt-quatorze ans.


Napoléon et sa famille le nouvel ouvrage de M. Frédéric Masson, dont le premier volume parait chez Ollendorff, est la continuation des études dont Napoléon et les Femmes a marqué le début. Si différent que paraisse le sujet, le nouveau livre de M. Frédéric Masson est aussi neuf, aussi documenté, aussi curieux et aussi amusant que le premier. Il apporte, sur l'histoire de Napoléon, une lumière inattendue et les détails piquants n'y manquent point.


NÉCROLOGIE

On annonce la mort de lady Wallace, veuve de sir Richard Wallace, le grand philanthrope ami de la France, qui, pendant le siège de Paris, contribua, par son inépuisable bienfaisance, à soulager les souffrances de la population pauvre, et fut fait commandeur de la Légion d'honneur, le 16 juin 1871.

Lady Wallace, qui a succombé, hier matin, était la fille du général français Castelnau.

Suivant son dernier désir, son corps sera ramené à Paris, où ses obsèques seront célébrées, probablement, samedi.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Si le nez de Cléopâtre avait été moins long, sa face, à elle, aurait été changé, bien avant celle du monde.


313. Le 7 décembre 1897, on apprenait à Paris, par une dépêche venant de Bruxelles, le massacre de l’expédition Marchand. Mais c’était une fausse nouvelle.
Un journal anglais fait remarquer combien le chapeau haut de forme est en faveur cette saison; nous en avons demandé le motif aux plus compétents de nos chapeliers c'est, paraît-il, aux perfectionnements apportés dans l'industrie de la peluche que nous devons ce résultat; MM. Guillaume fils aîné et Chavant ont, en effet, obtenu une peluche d'un noir et d'un éclat inconnus à ce jour. Nous avions été du reste, il y a quelque temps, les premiers à en prédire le succès.
 Pourquoi les femmes vivent-elles

Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps que les hommes ?

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la statistique des centenaires pour être frappé de l'écrasante supériorité dont jouit le sexe féminin.

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 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

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Un drame montmartrois

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

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Une bande de malfaiteurs sous les verrous

Le service de la Sûreté procédait, aux mois de juillet et août derniers, à l'arrestation d'une bande de malfaiteurs qui s'étaient rendus coupables, à Neuilly-sur-Seine, à Courbevoie, à Clichy et à Levallois-Perret, d'agressions nocturnes et de vols à main armée,

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 LE CHOIX D

LE CHOIX D’UNE MÉNAGÈRE

N’épousez qu’une femme à mine propre et nette,

C’est de là que dépend le bonheur du foyer ;

Celle qui se parfume au savon de Vaissier

Sera certainement une épouse parfaite .

Daniel Blanc au créateur du Congo.

Nouvelles à la main

Un jeune homme qui promet

Un jeune homme qui promet.
On a donné un gâteau à Paul et à sa petite sœur.
Paul ne fait qu'une bouchée du sien, et, tout bas, à sa mère
— Dis à Jeanne de me donner son reste pour lui apprendre à avoir bon cœur !

A la brasserie. Un consommateur est assis à une table.

A la brasserie.
Un consommateur est assis à une table. Entre un ami.
— Veux-tu prendre un bock ? dit le premier.
— Volontiers. Garçon, un demi.

 Les mots de bohème sont à la mode

Les mots de bohème sont à la mode.
Un vieil étudiant, en se penchant pour ramasser son journal, entendit un déchirement sinistre. C'était son pantalon qui craquait un peu plus bas que le dos
— C'est inouï, fait-il, un pantalon qui s'était si bien conduit durant dix ans

Une demi-mondaine déjà mûre est

Une demi-mondaine déjà mûre est assise aux Champs-Elysées, avec un petit chien sur les genoux. Passent deux gavroches après lesquels aboie le toutou.
— Tiens, dit l'un, c'est pourtant pas un chien de garde ?
— Mais si, réplique l'autre; c'est même un chien de vieille garde !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Listes électorales - Deibler - 1897

Listes électorales

Relevé sur les listes électorales du seizième arrondissement closes ces jours derniers, les deux noms qui suivent

DEIBLER, Louis, né à Dijon le 16 février 1825, rentier, rue de Billancourt.

DEIBLER, Anatole-Joseph-François, né à Rennes le 29 novembre 1863, employé d'administration, rue de Billancourt.

Ces deux électeurs, est-il besoin de le dire, ne sont autres que l'exécuteur des hautes œuvres et son fils, qui remplit auprès de lui les fonctions de premier aide adjoint. Jadis, M. Deibler mettait sur ses cartes de visite le titre d'ingénieur-mécanicien il s'intitule maintenant, non sans vanité, rentier, comme pour proclamer que le métier a du bon Quoi qu'il en soit, le bourreau est fort jaloux de ses droits électoraux et ne manque jamais, chaque année, de s'assurer que son nom figure bien sur les listes de son arrondissement. Non moins régulièrement, à chaque élection, il va déposer son bulletin dans l'urne. Ce n'est pas un abstentionniste.

Son rejeton, Anatole Deibler, est le seul fils de bourreau ayant régulièrement accompli son service militaire. Immatriculé au 1er bureau de recrutement de la Seine sous le n° 171 de la classe 1883, il a fait son temps de service dans un régiment d'infanterie et ne s'est pas prévalu de l'ordonnance rendue par Louis XVIII, qui dispensait de tout service les fils des exécuteurs des hautes œuvres, ordonnance dont les derniers bénéficiaires furent les trois fils de Roch.

Ajoutons cependant que le fils Deibler a été dispensé de faire ses vingt-huit jours et que cette dispense lui sera continuée dans la territoriale où il entre cette année.

Le Figaro - 17 février 1897

 Un exemple à suivre - Fig. 15 mai 1897

UN. EXEMPLE A SUIVRE

Le maire de Courbevoie, M. Boursier, vient d'avoir une idée très heureuse et il serait à désirer que ses collègues des autres communes suburbaines de Paris suivissent son exemple.
M. Boursier a fait installer une « chambre de secours a dans les locaux nouvellement aménagés du commissariat de police. Le but poursuivi est d'y recevoir les personnes blessées sur la voie publique et de leur donner les premiers soins qu’exige leur état. Si la blessure ne présente qu'une gravité relative, les soins sont donnés à la victime par les agents du commissariat, dont le docteur Ramonat, de la Société de sauvetage, a fait d'excellents infirmiers. En revanche, le cas est-il très sérieux, on appelle par téléphone un médecin et, s'il y a lieu, une voiture des Ambulances urbaines pour transporter le malade à l'hôpital ou chez lui, s'il le demande. Inutile d'ajouter que l'aménagement de cette « chambre de secours » a été combiné de la façon la plus intelligente et dans des conditions d'hygiène ne laissant aucune place à la critique.
La municipalité peut être fière de cette œuvre appelée à rendre de si grands services à la population.

Le Figaro - 15 mai 1897

 LA VOITURE ARTICULÉE POUR ENFANTS - 1897

UNE NOUVELLE INVENTION

LA VOITURE ARTICULÉE
POUR ENFANTS

La locomotion, qui subit, depuis quelques années, les transformations les plus imprévues, nous ménage chaque jour une nouvelle surprise. Après la bicyclette, après les automobiles, voici maintenant que les enfants prennent leur part à cette évolution scientifique, car nos ingénieurs, toujours à la recherche du progrès et du confortable, viennent de bouleverser les systèmes jusqu'ici employés pour le transport de ces frêles mais intéressantes créatures, en mettant au monde un nouveau véhicule la Voiture articulée.
De tout temps, les médecins ont, avec raison, protesté contre l'incommode, lourde et encombrante voiture actuellement en usage. N'encaissez pas l'enfant, disaient-ils ; pas de voitures à coussins ! le bébé s'échauffe dans ce réduit étroit où les fonctions respiratoires de la peau ne peuvent s'opérer : Pas davantage de charrette anglaise ce véhicule est trop cahoteux Que MM. les médecins, que les mères se rassurent ! leurs vœux sont exaucés.
Aujourd'hui la voiture d'enfant est devenue un véritable jouet, s'ouvrant, se fermant à volonté comme un parapluie.
L' «Articulée » est une merveille mécanique par sa simplicité et son extrême solidité. Sa construction en métal recouvert d'une sangle riche, de couleurs variées et charmantes, en fait un véhicule essentiellement hygiénique, si gracieux, si élégant, qu'il arrache à tous les spectateurs un cri d'admiration. Aussi les ateliers du 28, avenue de Saint-Ouen, à Paris, siège de l' « Articulée », regorgent-ils d'acheteurs qui emportent par surcroît, pour leurs parents, leurs amis, la notice que la direction de l' « Articulée » envoie, du reste, gratuitement à toutes les personnes qui en font la demande.
Cette intéressante invention, toute française, prendra dans notre pays la plus grande extension, car nous savons que de nombreux négociants désirent la propager et se font inscrire afin d'en obtenir le dépôt. A l'étranger, on n'est pas moins ému ; les propositions les plus avantageuses émanent de tous les pays, et bientôt, sans doute, la voiture articulée aura fait le tour du monde. Quelle joie pour la famille ! La mère peut maintenant gravir les étages, monter en fiacre, en chemin de fer, parcourir les magasins, sa voiture d'une main et Bébé de l'autre Et pour justifier la popularité qui l'a accueillie, la Voiture articulée qui, fermée, est devenue si petite qu'elle a, 0m 15 d'épaisseur, s'est mise aussi à la portée de toutes les bourses, défiant ainsi toute rivalité par la modicité de son prix, sa commodité, ses qualités hygiéniques, sa rigidité, et enfin par son élégance.

Paul Bernier.

Le Figaro - 23 mars 1897

 A quoi tiennent les légendes. - 1897

A quoi tiennent les légendes.

Au château de Chillon, sur les bords du lac de Genève, il y a un caveau noir qui attire tous les ans nombre d'étrangers et dans lequel le noble Bonivard est resté enchaîné durant quatre ans sur les dalles du caveau on peut voir les traces de ses pieds.
Or, tout récemment, ces traces ont subitement disparu ; cette disparition mystérieuse a causé dans la région une émotion telle qu'un député, M. Paul Vuillet, a cru devoir interpeller le gouvernement. L'interpellation est venue devant le Conseil lundi dernier. M. Vicquerat, conseiller d'Etat, se basant sur le rapport de l'architecte chargé de l'entretien du château, a déclaré que ces traces n'ont jamais existé, mais que pour donner satisfaction aux étrangers, on les « crée » tous les ans au moyen d'un grattoir. Cette année, on a eu .le tort de s'atteler trop tard à cette remise à neuf. Mais que les Anglais se rassurent l'année prochaine, ils pourront contempler à nouveau les traces historiques.

Le Figaro – 18 novembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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