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SIXIEME ANNÉE N°3102

 

141ème jour de l'année

   


Lundi
21
Mai 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 A L'HÔPITAL BOUCICAUT

Une répétition générale


A L'HÔPITAL BOUCICAUT

J'ai assisté ces jours-ci à l'arrivée des premiers malades de l'hôpital Boucicaut. Ainsi que nous l'avons dit, cet hôpital sera inauguré demain par le Président de la République.

C'est donc à une répétition générale qu'il nous a été permis d'assister. Profitons-en pour commettre, avant la première, quelques indiscrétions sur l'organisation de cet établissement luxueux, pour la construction duquel architectes et médecins ont pu, grâce à la libéralité de la généreuse donatrice, donner libre cours à leurs désirs de perfectionnements et de modernisme.

 

Le très aimable directeur nous détaille les merveilles réalisées dans l'hôpital :

— Jusqu'à présent, nous dit-Il, l’antisepsie avait été appliquée à la chirurgie seulement nous voulons l'appliquer aussi à la médecine, et c'est là une des principales nouveautés de notre établissement.

Dès l'arrivée dans la cour, ou plutôt le jardin central, je suis saisi par le luxe inaccoutumé des bâtiments. On se croirait plutôt dans une exposition que dans un hôpital.

Ces bâtiments en briquets colorées, avec leurs immenses verrières; ces baies, derrière lesquelles apparaissent des plantes vertes ces jardins sablés, la tonalité tendre de toutes les peintures; tout cela vous a un aspect élégant, nouveau style, gracieux, qui charme, séduit, égaye le visiteur, comme le malade.

Un pavillon central en rotonde est réservé spécialement aux malades du Bon Marché qui veulent y passer leurs récréations. C'est un salon-fumoir qui ne déparerait pas l'hôtel le plus luxueux; seize malades seulement auront le droit d'y entrer.

 

Ceci a été une petite folie, nous dit-on, mais il y avait tant d'argent Nous voici maintenant dans la salle d'admission une dizaine de malades attendent leur tour. Ce sont des ouvriers, des gens du peuple qui jettent autour d'eux des regards émerveillés.

 

Ils n'osent pas marcher sur ces carreaux si blancs, s'assoir sur ces banquettes rembourrées, et le contraste de tout ce luxe avec leur aspect misérable est curieux.

 

Le médecin nous dit :

— Tout malade doit entrer propre dans une salle propre ; aussi allons-nous procéder à la désinfection de ceux-ci.

» A cet effet, on étudie leurs feuilles d'entrée et, suivant leur maladie, si leur état le permet, on les fait passera la salle de bain. Leurs vêtements sont jetés dans des trémies qui les amènent aux sous-sols, où sont les étuves. A sa sortie du bain, le malade est habillé avec un uniforme spécial; il reçoit une brosse à dents, des serviettes, un savon, une lime à ongles, objets dont on lui imposera journellement l'usage, car, nous dit-on, l'hôpital doit être en même temps une école d'hygiène. »

Suivons ensuite le malade dans les salles. Ce sont des pièces voûtées, très grandes pour le nombre restreint de lits qu'elles contiennent, aussi le cubage de l'air y est-il particulièrement satisfaisant. Chaque malade dispose au moins de 80 à 90 mètres cubes d'air, tandis que dans la plupart des hôpitaux actuels on n'a pu en fournir que 45 à 50 par tête.

Les fenêtres tiennent toute la hauteur des pièces ; le sol est en faïence, les murs laqués pas de parquets, pas de recoins, aucun endroit obscur.

Je remarque partout sur les murs des pancartes portant l'inscription suivante, qui semble être la devise de la maison : Ni balais ni plumeaux. Tous les nettoyages doivent être faits à grande eau, les murailles sont essuyées avec des linges humides, pour éviter la danse des microbes. Dans le fond de chaque salle est installée une espèce de serre à vitraux colorés dans laquelle s'épanouissent des fleurs, des plantes vertes, donnant ainsi aux malades une illusion de campagne et de fraîcheur.

A la tête de chaque lit, une lampe électrique, une table de nuit à étagères de porcelaine et un crachoir auto-désinfectant.

La surveillante a une chambre à part, séparée de celle des malades par une immense glace sans tain, qui lui permet de voir continuellement dans la salle. Cette chambre est meublée avec une baignoire, un bureau et un fauteuil. Le téléphone est installé dans chaque appartement de surveillante.

En passant, je cause avec un malade qu'on vient de coucher. C'est un menuisier de Grenelle ; il me dit avec un soupir de bien-être :

— Alors, c'est ça, un hôpital ?. Et moi qui ne voulais pas y venir

Parlons un peu, maintenant, des infirmières qui sont, elles aussi, règlementées suivant les nouveaux principes.

Mme Boucicaut a stipulé que les surveillantes devaient être des religieuses, et cette prétention a failli, paraît-il, faire refuser le legs. Il y a en tout, dans l'établissement, huit Sœurs qui, certes, auront de quoi s'occuper ; elles sont secondées par dix-sept infirmiers et onze infirmières. La « maternité » est entièrement laïque.

Chaque infirmière, religieuse ou civile, doit subir, à son entrée, un examen médical elles sont, de plus, astreintes à des précautions très minutieuses.

Ainsi, elles ne peuvent pénétrer dans les salles qu'après s'être lavé les mains et avoir endossé des blouses ou des tabliers, dits vêtements hygiéniques. De plus, elles doivent prendra chaque semaine un certain nombre de bains, contrôlés sur des carnets spéciaux.

De là l'utilité de la baignoire installée dans chaque chambre.

Si nous passons maintenant aux dépendances, nous verrons que tout a été prévu les remises, les garages de bicyclettes, les réservoirs contenant l'eau chirurgicale stérilisée, et même le transport des cadavres.

Le pavillon des internes fait la joie de ces messieurs, peu habitués jusqu'à maintenant à un semblable luxe. Ils ont, en effet, des appartements de petites maîtresses, avec rideaux « liberty », bureaux et toilettes genre anglais, aussi commodes qu'élégants.

Je n'entreprendrai pas de vous décrire les sous-sols, par lesquels se fait toute la circulation ils sont aussi somptueux que le reste. Des voiturettes à roues caoutchoutées transportent aux réfectoires les aliments contenus dans des récipients hermétiquement clos. Pour donner une idée des largesses qui ont été faites dans l'installation de cette merveille d'hôpital, je signalerai la construction de huit ascenseurs destinés uniquement à desservir en tout quatorze lits, et montant à un premier étage seulement.

Par contre, on a oublié le service hydrothérapique et la crèche indispensable à tout hôpital mais il est à prévoir que ces lacunes seront rapidement comblées, car il est impossible qu'on ne complète pas de manière à le rendre parfait ce luxueux établissement, destiné à être visité par les médecins étrangers comme étant le modèle définitif de l'hôpital moderne.

Au moment de sortir, je remarque, devant la porte de la rue, un rassemblement d'ouvriers et de pauvres diables qui jettent à travers la grille entr'ouverte des regards curieux et envieux. Un malheureux, âgé, figure flétrie et fatiguée, s'écrie :

— Dire que j'aurai pas la veine de venir claquer dans cette boîte-là !

Jules Chancel
Le Figaro – 30 novembre 1897

L'actualité dramatique

 DRAME DE LA MISÈRE - Le Figaro - 27 déc.1897

DRAME DE LA MISÈRE

M. Pelatan, commissaire de police du quartier Saint-Fargeau, était requis, hier, par le patron d'un hôtel situé au n° 14 du passage Julien-Lacroix, de venir constater le suicide d'une de ses locataires, Léonie Lamy, courtilière, âgée de dix-neuf ans, qui avait entraîné avec elle dans la mort son petit garçon, âgé de quatorze mois.

Le logeur raconta au magistrat qu'il avait dû enfoncer la porte de sa locataire qui avait l'habitude de déjeuner avec lui et dont l'absence lui avait paru singulière. De fortes émanations d'acide carbonique ne lui avaient laissé aucun doute sur le drame qui venait de se produire. Il savait, ajouta-t-il, que Léonie Lamy avait été abandonnée par son amant qui l'avait laissée sans ressources. Accompagné d'un médecin, M. Pélatan se rendit rue Julien-Lacroix. Le praticien, au cours de son examen, reconnut que la couturière donnait encore de très faibles signes de vie. A l'aide d'inhalations, il réussit à la rappeler à la vie et la fit transporter à l'hôpital Tenon. Le bébé était mort.

Malgré l'extrême gravité de son état, la malheureuse couturière a pu reprocher à ses sauveurs de l'avoir ranimée.

J'ai dépensé mes quatre derniers sous pour l'achat d'un boisseau de charbon. Si je reviens à la santé, que ferai-je maintenant ?

Le Figaro - 27 déc.1897

 Coup de filet policier

Coup de filet policier

Les braconniers d'eau douce donnent, depuis quelques jours, de la besogne aux agents de l'autorité.

Hier matin, deux pêcheurs montés sur un bachot jetaient l'épervier à la hauteur du quai du Louvre. Vinrent à passer un sous-brigadier de gardiens de la paix et deux de ses hommes.

— Vite ! vite ! qu'on s'en empare susurra à l'oreille de ses subordonnés le chef, que sa grandeur attachait au rivage.

Les agents sautèrent dans une barque et appuyèrent une vigoureuse chasse aux braconniers. Mais, peu experts dans l'art de manier la rame, ils furent promptement distancés. Le bachot put aborder sans aucun risque. C'est du moins ce que pensaient les contrevenants, mais ils avaient compté sans le sous-brigadier qui, du haut du quai, surveillait les péripéties de la course. Il se présenta juste à point aux braconniers quand ils sautèrent sur la berge. L'un d'eux pût s'enfuir. L'autre, se voyant pris, n'hésita pas et lança son épervier sur l'agent. Puis il détala, laissant le sous-brigadier se débattre avec fureur sous les mailles du filet. L'agent parvint toutefois à se dégager et s'élança à la poursuite de son ennemi qu'il rejoignit rue des Prêtres-Saint-Germain. A son tour, il jeta l'épervier et le braconnier, mis ainsi dans l'impossibilité de se défendre, se laissa arrêter sans résistance.

Cet homme, qui se nomme Charles Lamoignon, a été conduit au Dépôt.

Le Figaro — 29 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 28 mars

Dimanche
28 mars 1897

CONSEIL DES MINISTRES

Le conseil des ministres s'est réuni hier à l'Élysée, sous la présidence de M. Félix Faure.

Le Conseil s'est occupé des diverses affaires intérieures en cours et des discussions qui se poursuivent devant les Chambres. Le ministre des finances a entretenu le conseil des points du budget de 1897 sur lesquels les deux Chambres n'ont pas encore rendu un vote conforme.

M. Hanotaux a rendu compte des allaires d'Orient.


Du Matin

LONDRES, 28 mars. De notre correspondant particulier'. Les journaux de ce matin dimanche, constatant que le blocus de la Crète n'a pas encore donné les résultats désirés, ils sont unanimes à espérer que l'entrevue de lord Salisbury et de M. Hanotaux hâtera la solution de la crise en Orient.

Le Sunday Times se promet beaucoup du concert européen.

L'Observer ne comprend pas que lord Salisbury prenne ses vacances en ce moment il espère que son entrevue avec le ministre français aura les résultats qu'on en attend.

« Il est certain, ajoute l'Observer, que le départ du chef du Foreign Office dans les conjonctures présentes, indique qu'aucun changement n'est à prévoir dans l'attitude d'aucune des six puissances. »


UNE RECRUE POUR LE CYCLISME

Du Gaulois:

M. Gladstone, actuellement à Cannes, publiait dernièrement force lettres et brochure pour faire connaître à l'Europe sa désapprobation de l'attitude de la diplomatie dans la question d'Orient.

Aujourd’hui, le « Grand Old Man » adresse à un de ses compatriotes les lignes suivantes « Je puis dire que je suis complètement maître de ma machine. »

Mais j’oublie de vous dire… M. Gladstone, qui a quatre-vingt-huit ans, apprend à montrer à bicyclette et commence à marcher comme un petit homme.


Le jour même de la visite-du tsar au président de la République, M. Félix Faure commanda à la manufacture de Sèvres un .groupe en biscuit, l'Offrande de l'hymen, destiné à être offert au général baron Freedericksz, aide de camp de l'empereur, premier attaché à l'ambassade de Russie, en reconnaissance des services rendus par lui aux deux pays alliés.

Ce cadeau, accompagné d'une lettre très cordiale du président, visent d'être remis à l'intéressé par M. Hanotaux, ministre des affaires étrangères.


Les Grands Magasins du Louvre, qui tiennent le premier rang pour les Confections de Dames, et dont les splendides salons sont si assidûment fréquentés par le monde élégant, ont voulu donner à leur rayon de Vêtements pour Hommes le même cachet d'élégance, et ont ouvert, au premier étage, une superbe galerie, que nous engageons, tous nos lecteurs à visiter.


ENCORE UNE MARÂTRE

Du Gil Blas

Nîmes, 27 mars.

La femme Laval, habitant Saint-Gilles, a été arrêtée hier par la gendarmerie pour avoir fait subir des traitements atroces à un enfant de onze ans, Victorien Laval, fils de son second mari.

Pendant l'absence du père, cette marâtre frappait le pauvre petit de coups de bâton et lui serrait le cou, où il avait des glandes, afin de le faire souffrir davantage. Elle le faisant souvent coucher sans souper et lui disait : « Il faut que tu meures! »

Ce petit martyr portait des chaussures dans lesquelles les clous sortaient à l'intérieur, lui meurtrissant les pieds.

A la suite des coups et des privations, l'enfant, depuis quelques jours, devenait aveugle.

Après l'arrestation de la femme Laval, l'enfant a été admis à l'hospice de la ville pour recevoir les soins nécessaires.

La femme Laval, qui est née Rouzoul, a déjà été .condamnée en 1891 à deux ans de prison pour avoir noyé dans un puits son enfant nouveau-né.


RETOUR DES COURSES

Les sportsmen viendront au coin du boulevard et de la rue Richelieu prendre le ton de la mode pour la saison dans les riches vitrines du High Life Taylor (complets 69,50).

sans titre 1
sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Dans sa volonté de supprimer les intermédiaires, il cherchait le moyen de passer directement du foin au lait sans passer par la vache.


288. En 1897, c'est Jules Claretie qui a lu le discours sur les prix de vertu en remplacement de M. Henri Melhiac, décédé.

La consommation de l'alcool à Stockholm.

M. Alphonse Humbert, dans un de ses derniers articles, raconte qu'à Stockholm, ville de plusieurs centaines de mille âmes, grâce à certains moyens intelligents, on est arrivé à enrayer, la consommation de l'alcool, si bien qu'on n'y compte pas actuellement plus de soixante-quatre cabarets, très bien tenus, où seuls sont débités les boissons et apéritifs de premier choix.
Voilà évidemment qui explique le succès qu'y obtient le Quinquina Dubonnet.
 BOUCICAUT

A L'HÔPITAL BOUCICAUT

J'ai assisté ces jours-ci à l'arrivée des premiers malades de l'hôpital Boucicaut.

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 LES SENSATIONS D'UN PENDU

Les sensations d'un pendu

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Terrible accident

Un malheureux accident, qui a causé la mort de deux personnes, est survenu, hier, soir, à sept heures et demie, rue de l'Université.
M. Charlet, qui gère un établissement de vin au numéro 127 de cette rue, faisait brûler de la paille dans les water-closets afin, disait-il, de détruire les miasmes. A quelques mètres de là, le concierge de l'immeuble, M. Lédard, âgé de quarante et un ans, et sa fille Marcelle, âgée de cinq ans, suivaient l'opération.

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Le crime de la rue Basfroi

Avant-hier, c'était un amant qui tuait sa maîtresse qu'il soupçonnait de trahison, aujourd'hui c'est un mari qui assassine l'amant de sa femme.

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 Heureux couple

Heureux couple

Un gascon s’écriait : « Sandis !

« Grâce au Congo, fleur de jeunesse,

« Laure a des charmes de déesse,

« Et moi la beauté d’Adonis. »

Jean de Tagnne au savonnier Victor Vaissier

Nouvelles à la main

 Un ancien entrepreneur de maçonn

Un ancien entrepreneur de maçonnerie, enrichi par d'heureuses spéculations foncières s'est fait construire, aux Champs-Élysées, un hôtel où il a installé sa femme et sa fille.
Ces dames, un peu dépaysées dans ce riche quartier, déplorent leur isolement, leur manque de distractions.
Nous vivons comme des recluses ! récriminent-elles.
A quoi le parvenu de répliquer, en haussant les épaules
— Je vous conseille de vous plaindre. De la réclusion sur du terrain à douze cents francs le mètre

On vient offrir à un marchand un tableau représentant Charlemagne

On vient offrir à un marchand un tableau représentant Charlemagne.
Le brocanteur le regarde dans tous les sens et finit par dire :
— Cette peinture ne me semble pas avoir grande valeur.., excepté pour quelqu’un qui serait de la famille.

Calino se pique de prononcer l'italien

Calino se pique de prononcer l'italien dans la perfection
— Savez-vous, lui demande-t-on, combien la Duse donnera de représentations ?
— Mais douze, dit-il, comme son nom l’indique !

 Ce bon Rapineau aura son portrai

Ce bon Rapineau aura son portrait en pied au prochain Salon.
— Il faut adopter, lui a dit l'artiste, une pose qui vous soit familière.
Le vieux pingre, pour donner le change, a posé avec la main à la poche !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 LE CHAT ARTIFICIEL - Parville - 1897

Le chat artificiel

Toujours l'imagination des inventeurs. Il en est un qui vient d'imaginer un chat artificiel. Parce que le chat naturel a des inconvénients et que l'on peut, en le faisant artificiel, ne lui conserver que ses qualités, celles de faire la guerre aux rats et aux souris. Le chat en chair et en os laisse quelquefois, dans les appartements, un souvenir superflu de son passage ; il est cruel pour les oiseaux et les détruit sans pitié, il vole la cuisinière et enfin... il peut devenir enragé. Ce n'est plus le cas pour le chat artificiel. Il ne dérobe rien, il ne miaule jamais, il ne mange pas les petits oiseaux ; il est fort propre et ne court jamais chez le voisin et cependant il est tout aussi efficace que son congénère pour débarrasser une maison des souris. Qu'est, ce donc que le chat artificiel ?

C'est un animal en plâtre ou en terre glaise que l'on recouvre de la peau d'un chat et qu'on laisse en société de chats pendant un certain temps. Après quoi on barbouille ses faux yeux avec du sulfure de calcium pour les rendre phosphorescents la nuit. Alors, il suffit de déposer ce félin inerte à la cave ou au grenier, partout où l'on redoute la venue des souris. L'inventeur affirme que les rongeurs, en apercevant les yeux flamboyants de leur ennemi héréditaire, en sentant la présence du chat, détalent au plus vite et que, après quelques jours de ce manège, toutes les souris changent de demeure et émigrent au loin. Ce chat industriel est vraiment un chef-d'œuvre d'ingéniosité. Il figurera sans doute à la prochaine exposition du jardin d'Acclimatation. Mais j' aurais aimé connaitre aussi l'opinion des souris sur le nouveau chat de 1897.

HENRI DE PARVILLE.
Les annales politiques et littéraires
17 janvier 1897

 L'escroquerie au trésor caché - 1897

L'escroquerie au trésor caché

La Sûreté générale vient de prendre la peine, une fois de plus, de mettre le public en garde contre une certaine escroquerie devenue légendaire, et que l'on cultive particulièrement en Espagne. De temps en temps vous arrive de ce charmant pays une lettre chargée, fortement timbrée, aux allures pesantes et cossues, qui vous annonce qu'un trésor est caché dans quelque coin d'Andalousie, que l'on connaît l'endroit exact de la cachette, mais qu'on ne peut procéder aux fouilles qu'après des formalités préalables qui nécessitent une certaine somme d'argent.
Vous devinez le reste. Le mystérieux correspondant vous demande la somme d'argent et en échange s'engage à partage le trésor avec vous. C'est tout à fait enfantin, n'est-ce pas? J'oserai même dire parfaitement idiot; Eh bien! le nombre de gens qui s'y laissent prendre est incalculable., La somme qu'on leur demande est; d'ailleurs, minime. Une centaine de francs : pour gagner un trésor! On peut bien risquer 1 aventure. J'ai une vieille tante à qui l'on a soutiré ainsi près de 500 francs qu'elle aurait mieux fait de perdre en me les donnant. Cela n'a pas altéré sa confiance elle attend toujours ses châteaux en Espagne !
Et croyez bien qu'elle n'est pas seule en son genre. La race des gogos s'étend à l'infini. On en trouvera toujours pour toutes les bizarreries, pour toutes, les extravagances, pour toutes les opérations qui se passent dans la lune. Quoi de plus banal, de plus connu que le vol classique à l'américaine ? Il fait chaque jour, cependant, de nouvelles victimes. Le vol à l'espagnole continuera d'avoir le même succès, et toutes les circulaires de police n'y changeront rien. On peut, à la rigueur, garder les gens des sottises d'autrui on ne les garde pas de leur propre sottise !

Le Figaro - 8 sept. 1897

 Psychologie du coureur bicycliste - 1897

Psychologie du coureur bicycliste

On s'est souvent demandé à quoi pensent les jeunes filles. Voilà qu'un reporter anglais s'est avisé de savoir à quoi pouvait bien penser le coureur bicycliste pendant ses exercices. Le célèbre Michaël a répondu et, comme tout ce qui est sincère et réellement éprouvé, sa réponse est un enseignement. M. Pierre Valdagne nous la donne telle quelle : le coureur velocipédique ne pense à rien.

Quoi! direz-vous, il ne pense même pas à arriver premier? Non... même pas. Il n'y pense pas parce qu'il ne peut pas : l'effort qu'il est obligé de donner absorbe toutes ses facultés musculaires et toutes ses facultés mentales. Vraiment il ne pense à rien.

Quant à ce qu'il éprouve, c'est tout à fait particulier. Le pédalage à haute pression enlève d'abord le sens de l'ouïe. Michaël déclare qu'après quelques tours de piste, il n'entend plus rien... à peine les avertissements de ses entraîneurs. Les cris de la foule, les hourras, les encouragements de la galerie, il les perçoit lointains, comme venant à lui à travers de considérables distances. Du reste, il ne voit rien. Vers le milieu de la course, il perd conscience de la lumière du jour Il lui semble être environné de nuit ; il avance dans l'obscurité la plus dense. Et enfin l'absence complète de renseignements que nous donne le coureur sur les derniers instants de la course nous permet de croire qu'à ce moment-là il n'y a plus, absolument, que ses pieds qui vivent en lui. Il ne reprend conscience de lui-même que peu à peu et longtemps après être descendu de machine.

Ce témoignage me semble d'une capitale importance. Il établit que la gloire et le succès ne s'attachent pas exclusivement aux travaux de l'esprit, et il y a là de quoi consoler bien des gens. On a dit que lorsqu'un peuple devenait trop intellectuel, il n'était pas loin de sa décadence. Rassurons-nous ! Les sports athlétiques, et la bicyclette en particulier, retarderont cette dégringolade. Les impressions d'un coureur sur piste nous donnent sur ce point toute quiétude.

APL - 19 décembre 1897

Statistique Hebdomadaire de la Ville de Paris - 1897

Statistique Hebdomadaire
de la Ville de Paris
1897 - 45ème semaine

Le service de la statistique municipale a compté pendant la 45e semaine, 865 décès, au lieu de 847, moyenne ordinaire des semaines de novembre.
Les maladies zymotiques continuent être rares. La fièvre typhoïde n'a causé que 3 décès, la rougeole 4, la diphtérie, 3.
La diarrhée infantile n'a causé que 23 décès.
Les maladies inflammatoires des organes de la respiration ont causé 114 décès. Ce chiffre se décompose ainsi qu'il suit: bronchite aiguë, 18 décès; bronchite chronique, 23 décès; broncho-pneumonie, 23 décès; pneumonie. 50 décès.
Les autres maladies de l'appareil respiratoire ont entraîné 45 décès, dont 32 sont dus la congestion pulmonaire; en outre, 2 décès ont été attribués à la grippe.
La phtisie pulmonaire a causé 190 décès, la méningite tuberculeuse, 10 décès; la méningite simple, 16. Les tuberculoses autres que celles qui précèdent ont causé 19 décès; l'apoplexie, la paralysie et le ramollissement cérébral, 66 décès; les maladies organiques du cœur, le cancer a fait périr 68 personnes; enfin, 29 vieillards sont morts de débilité sénile.
Il y a eu 16 suicides et 22 autres morts violentes.
On a célébré à Paris 448 mariages.
On a enregistré la naissance de 1.118 enfants vivants (575 garçons et 543 filles), dont 778 légitimes et 440 illégitimes. Parmi ces derniers, 42 ont été reconnus immédiatement.

Le Petit Parisien
19 novembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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