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SIXIEME ANNÉE N°3597

 

271ème jour de l'année

   


Samedi
27
Septembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 VANDALES PARISIENS

VANDALES PARISIENS

UN TRAMWAY A VAPEUR
AUX CHAMPS-ÉLYSÉES

La Ville et le ministre — Les droits de l'une et le devoir de l'autre — Nouveaux tramways en perspective — Les précédents — Contrat violé

Le bouleversement des Champs-Élysées pour l'installation des rails du tramway de la Porte d'Orléans à Saint-Philippe-du-Roule ne passionne plus seulement les habitants du quartier.

Tous les Parisiens, tous les véritables amis de Paris, tous ceux qui ont souci de sa beauté, qui sont jaloux de conserver cette admirable avenue, la plus jolie du monde entier; se sont émus à l'annonce qu'un tramway, ou pour mieux dire des trains de deux, trois, quatre et même cinq voitures, allaient traverser à toute vapeur le rond-point du Cirque.

Certes, les dangers que ces convois feront courir aux voitures innombrables montant ou descendant l'avenue, dangers dont seront même menacés les enfants qui jouent sur les allées-trottoirs, comme les piétons, les promeneurs, car souvent des chevaux effrayés par le bruit des machines, par les coups de sifflet stridents, s'emporteront et pourront venir s'abattre sur les allées, ces dangers sont pour l'opposition manifestée contre le futur tramway.

Mais, sans s'arrêter à ces considérations d'ordre négligeable depuis l'extension de la manie de l'automobilisme, on peut défendre les Champs-Élysées contre le véritable acte de vandalisme décrété par le conseil municipal de Paris.

Ce que nos édiles, dans une heure d'inconscience, ont fait, le ministre des travaux publics peut fort heureusement le défaire.

C'est à tort que l'on a annoncé que l'affaire étant essentiellement municipale, le ministre ne pouvait intervenir.

Si le conseil municipal a le droit d'ouvrir toutes les lignes d'omnibus qu'il lui convient, il ne peut concéder de lignes de tramway.

Les lignes de tramways sont des voies ferrées et, à ce titre, relèvent exclusivement du ministre des travaux publics.

Qu'il s'agisse d'une voie locale ou d'une route nationale, les droits de l'État sont les mêmes.

N'est-ce pas le ministre des travaux publics qui a concédé la ligne de tramways Louvre-Vincennes, la ligne Louvre-Sèvres, celle de Boulogne, etc.-?

 

Rendons à César…

Et on serait mal fondé à prétendre qu'il s'agissait là de lignes d'intérêt intercommunal, et non de lignes essentiellement parisiennes. Car c'est encore le ministre des travaux publics qui a concédé au département de la Seine, à charge par lui de la rétrocéder à M. Loubat, la ligne de tramways de Montrouge à la gare de l'Est. Cette ligne ne sort pas de Paris. Il en est de même pour toutes les autres lignes ferrées Villette-Trocadéro, Muette-Taitbout, Bastille-Saint-Ouen, La Chapelle-Montrouge, etc., concédées par le ministre au conseil général, à charge de les rétrocéder à la Compagnie générale des omnibus.

Plus récemment, c'était encore le ministre des travaux publics qui concédait à la Société Claret le tramway de la place de la République à Romainville.

Enfin, le funiculaire de Montmartre, bien local cependant, puisqu'il aura pour mission de transporter les voyageurs de la place Cadet à l’extrémité nord de la butte Montmartre, n'a pu être concédé par la Ville, et c'est le ministre des travaux publics qui a signé une concession rapportée depuis et toujours en instance dans ses bureaux.

Ce droit est si net, si indiscutable que la Ville a dû le reconnaître dans le traité qu'elle passa le 18 juin 1860 avec la Compagnie générale des omnibus, la véritable charte sur laquelle on s'appuie pour toutes les questions de transport en commun dans Paris.

Ce traité dit :

« La présente concession ne fait pas obstacle au droit que possède le gouvernement d'autoriser, soit toute autre entreprise de transport usant de la voie ordinaire, soit l'établissement de nouvelles voies ferrées s'embranchant sur celle déjà autorisée, ou toutes autres qui seraient concédées. » Le conseil municipal, d'ailleurs, ne récuse pas sérieusement ce droit au ministre des travaux publics, puisque, constamment, pour la concession Claret, comme pour le funiculaire de Belleville, comme pour celui de Montmartre, lorsqu'il heurte les intérêts de la Compagnie générale des omnibus et veut créer une nouvelle ligne ferrée, sans cette Compagnie, c'est à l'État qu'il s'adresse.

 

La place de l'Opéra.

Depuis le percement de la rue Réaumur, il est question de prolonger, jusqu'à la gare Saint-Lazare, la ligne Romainville-Place de la République, en passant par les rues Turbigo, Réaumur, du Quatre-Septembre, la place de l'Opéra et le boulevard Haussmann.

Ce projet a soulevé de légitimes susceptibilités. On craint de traverser la place de l'Opéra, les grands boulevards, de contourner l'Opéra avec un tramway mécanique. On met en avant la beauté de Paris, en même temps que les dangers que les trains feraient courir aux voitures et aux piétons. On a déjà implicitement décidé que l'on, s'arrêterait à l'extrémité de la rue du 4-Septembre.

Il est fâcheux que les mêmes raisonnements n'aient pas prévalu l'an dernier à l'Hôtel de Ville, lorsque l'on a décidé. de traverser les Champs-Élysées. En ce qui concerne les Champs-Élysées, la ville de Paris, ou mieux, son conseil municipal, a manqué aux engagements pris par lui.

Les Champs-Élysées étaient des terrains nationaux. Ils ont été cédés à la Ville par l'État, sans qu'ils fussent payés. Cette cession a été approuvée, avec ses conditions, car le conseil général de la Seine, le 8 juin 1827.

Voici les clauses de la cession qui comportent quelques obligations pour la Ville :

La concession de la jouissance entière, comme indéfinie, absolue et à perpétuité des Champs-Élysées et de la place Louis-XVI, avec toutes leurs circonstances et dépendances, etc., est acceptée par la ville de Paris, à l'effet par elle d'en disposer à ces titres avec ses produits et revenus sous les conditions qu'elle s'impose :

1° De conserver à perpétuité les lieux concédés à leur destination actuelle, sans pouvoir les, en distraire sous quelque prétexte que ce soit ;

2° D'acquitter les frais de leur surveillance et de leur entretien ;

3° De faire dans lesdites localités, des travaux d'embellissement et d'y affecter jusque concurrence d'une somme de 2,230,000 francs,

Les Champs-Élysées rapportent à la ville de Paris près de 300,000 francs par an (exactement 295,606 fr. 98) pour location de différentes concessions.

N'est-ce pas violer .le contrat intervenu entre l'État et la Ville, et qui vise l'embellissement de la promenade, et s'exposer à perdre ce bénéfice, que d'autoriser l’établissement d'un tramway ?

 

La parole au ministre.

Nous sommes convaincu que M. le ministre des travaux publics, plus soucieux des intérêts de Paris que le conseil municipal, n'autorisera pas l'ouverture de cette ligne. Il est suffisamment armé, puisque lui seul peut donner des concessions ferrées.

M. Georges Berger, qui est un véritable Parisien de Paris, a donc eu raison de prendre la défense des Champs-Élysées contre les Normands, les Bas-Bretons et les Auvergnats du conseil municipal parisien. L'honorable député du neuvième arrondissement n'aura pas de peine à démontrer au ministre qu'il a non seulement le droit, mais le devoir d'intervenir et de sauver les Champs-Élysées.

Le Matin – 13 mars 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

LE DRAME DE LA RUE DE CRIMÉE

M. Pierre Sollinger habitant 18 bis rue du Rhin, était, il y a quelques jours encore, chef cantonnier de la ville de Paris. Ses chefs, MM. Paul Hervé, conducteur des ponts et chaussées, et Louis Fleury, piqueur de la Ville, avaient, depuis quelque temps déjà, à se plaindre de son inexactitude et résolurent de sévir; et, sur un rapport de M. Paul Hervé, le chef cantonnier fut révoqué.

Sollinger jura de se venger et se plaignit partout d'être la victime d'une injustice insigne. Il était, d'ailieurs, du fait de sa révocation, réduit à la misère, à soixante-deux ans.

On avertit MM. Paul Hervé et Louis Fleury des menaces que proférait contre eux leur ancien employé ils crurent que ce n'étaient là que des fanfaronnades et ne prirent aucune précaution.

Hier, les deux fonctionnaires sortaient ensemble de leurs bureaux, rue de Crimée, 220, lorsque M. Sollinger, qui les attendait, s'avança vers eux, tira de sa poche deux revolvers et, des deux armes, fit feu à plusieurs reprises, à bout portant, sur les deux hommes. M. Paul Hervé fut atteint en pleine poitrine, du côté du poumon gauche; il s'affaissa, au milieu d'une mare de sang, tandis que M. Fleury, atteint à l'aisselle gauche, s'enfuyait en criant.

A ses cris, dos passants accoururent, .qui s'emparèrent du meurtrier celui-ci, d'ailleurs, ne nt aucune résistance. Il répétait

— Justice est faite.

Au moment de son arrestation, Sollinger avait sur lui, outre les deux revolvers dont il a fait usage, une canne à épée.

— Si je les avais manqués, a-t-il déclarée je les aurais bien attrapés avec ça.

Les deux blessés ont été transportés à l'hôpital Tenon. L'état de M. Hervé est assez inquiétant la guérison de M. FIeury n'est qu'une affaire de quelques jours.

M. de Selves, préfet de la Seine, s'est rendu, hier, a l'hôpital Tenon, où il a visité ses deux employés blessés.

Le Gaulois — 22 décembre 1897

 Un gardien de la paix se trouvan

Un gardien de la paix se trouvant, avant-hier, dans le vestibule de la mairie du sixième arrondissement, vit venir à lui un homme d'une cinquantaine d'années, assez misérablement vêtu.
— Je suis le gouverneur de Paris, dit-il à l'agent, et j'ai droit, par conséquent, aux honneurs militaires.
— Dans ce cas, mon général, répliqua le gardien, qui vit de suite à qui il avait affaire, je vous prie de vouloir bien me suivre et de venir inspecter le poste de garde.
L'aliéné suivit l'agent. Pendant qu'on allait prévenir M. Lagaillarde, commissaire de police, le pauvre fou distribua des grades et des décorations à tous les agents.
Ce malheureux, un nommé Alexandre Bourbier, ouvrier maçon, sans travail et sans domicile, a été immédiatement conduit à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Le Figaro - 2 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 26 septembre

Dimanche
26 septembre 1897

Dans les tirés de Rambouillet

Rambouillet, 25 septembre – Aujourd'hui a eu lieu une chasse aux perdreaux dans les tirés de Rambouillet, offerte par M Félix Faure à MM. Hanotaux, ministre des affaires étrangères, Waldeck-Rousseau et Poirrier, sénateurs, Fanien, député, comte Potocki, MM. Latham et Rœderer.

Les invités du président de la République sont arrivés par le train de dix heures vingt-six et se sont rendus au château, où un déjeuner était servi.

La chasse, dirigée par le commandant de la Garenne et M. Leddet, a produit au tableau 83 perdreaux, 114 lapins, 14 canards et 12 faisans.

M. Hanotaux a repris le train de cinq heures dix.

Les autres invités sont restés à dîner et sont repartis dans la soirée.


LES PÊCHERIES DE BEHRIN

Londres. 25 septembre Suivant des bruits recueillis dans les cercles officiels, l'Angleterre, cédant à l'influence du Canada,. aurait à l'improviste refusé de participer à la conférence des pêcheries de Behring à Washington, le 12 octobre, sous le prétexte que la Russie et le Japon y participeront.

L'Angleterre n'aurait pas encore prévenu la Russie de ce changement d'attitude.


Saint-Petersbourg, 26 septembre. Les sphères politiques russes voient avec un profond mécontentement la résistance opposée par le Parlement hellénique à la ratification des préliminaires du traité gréco-turc.

Le rejet de ce traité, exposerait la Grèce aux plus grands dangers en rendant les puissances européennes impuissantes à la sauvegarder plus longtemps des désastreuses conséquences de son imprudente guerre avec la Turquie.


M. MELINE

M. Méline se rendra aujourd'hui à la Bresse pour faire remise à M. Rochatte d'une médaille d'or et à de vieux ouvriers des récompenses diverses.

Des sapins ont été coupés afin d'orner la place de la Bresse et de dresser un arc de triomphe. L'hôtel de ville sera décoré, la municipalité tenant à rendre hommage au président du conseil. De plus, une grande partie de la population se propose de pavoiser sur le parcours du cortège.

Un diner aura lieu chez le maire; quelques industriels y assisteront.


M. Turrel, ministre des travaux publics, venu directement de l'Aude dans le Doubs, doit présider, aujourd'hui, à Biamont, l'inauguration de la statue élevée à M. Viette, ancien député, ancien ministre.


LA FIÈVRE TYPHOIDE A SAINT-DIÉ

Saint-Dié, 25 septembre. Depuis que les deux bataillons de chasseurs sont rentrés des manœuvres, aucun nouveau cas de fièvre typhoïde ne s'est produit aux casernes, mais deux infirmiers ont contracté la maladie.

L'état de tous les malades est très satisfaisant;, on espère même aujourd'hui sauver les trois dont l'état était presque désespèré au commencement de la semaine.


Au début de la saison d'automne, l'attention du corps médical se porte sur les Thermes salins de Biarritz et sur l'hôtel de Biarritz-Salins qui les complète si heureusement. On apprécie de plus en plus les dispositions de la passerelle couverte qui met en communication les services des deux établissements.


NOUVEAU CUIRASSE ALLEMAND

Kiel, 25 septembre. Le lancement du vaisseau cuirassé destiné à remplacer le Leipzig a eu lieu aujourd'hui avec succès. Le navire a reçu le nom de Prince-de-Bismarck.

Dans le discours qu'il a prononcé à cette occasion, le contre-amiral Tirpitz a dit « Le navire portera le nom du plus grand homme d'État du siècle, nom qui se rattache d'une façon inséparable au rétablissement de l'empire allemand et dont le retentissement f:ait battre plus fort le cœur de tous les Allemands, jusque dans les pays situés bien loin au delà des mers. »


Le musée de l'armée vient de recevoir du duc de Chartres un képi que le duc d'Aumale portait lorsqu'il était gouverneur général de l'Algérie en 1847 et 1848.

Ce képi, dont le turban est très haut, est tout en drap noir; il porte la double couronne de chêne en or du général de division et est identique à celui que porte le prince dans le tableau de la Prise de la Smala, d'Horace Vernet.

sans titre 1

 27 septembre

Lundi
27 septembre 1897

Le mascaret sur la Seine

C'était hier dimanche le premier jour du mascaret sur la Seine. Bien que ce phénomène se produise chaque année et que des masses de Parisiens aillent le voir, il reste encore bien des gens qui ignorent en quoi il consiste.

On sait qu'après avoir serpenté à travers la France, sous la forme d'un fleuve d'une largeur très ordinaire, la Seine forme au bord de la mer un véritable lac, fermé sur les côtes par Le Havre au Nord et Honfleur au Midi, et qui va en se rétrécissant jusqu'à Quillebeuf. La marée apporte dans ce lac une masse d'eau qui se projette avec impétuosité vers le fond et qui, resserrée tout à coup par l'élévation et le rapprochement des rives, gonfle démesurément la rivière, se dresse en hauteur et inonde à droite et à gauche.

C'est une lame gigantesque qui marche avec la vitesse d'un cheval au galop, s'étendant d'une rive à l'autre, et bouscule tout sur son passage.

Malheur aux imprudents qui s'approcheraient trop du bord, quand le mascaret arrive. Il les entraînerait.

Quand la force du flot est secondée par le vent, le mouvement se fait sentir très avant dans le fleuve et les navires ne sont pas en sûreté, même à Caudeboc-en-Caux. A Jumièges qui marque à peu près la moitié de la route de Quillebeuf à Rouen, le mouvement est encore très sensible. Après, ce n'est plus qu'une colère qui achève de s'éteindre. Somme toute, de Quillebeuf à Tancarville, où la force du mascaret est la plus intense, et même à Caudebec où on peut l'admirer sans danger aucun, le spectacle est imposant, mystérieux, et vaut certainement le petit voyage au cours duquel on a le temps, entre l'aller et le retour, d'admirer quelques-unes des admirables basiliques de la Normandie.


Athènes, 27 septembre. Un autre point de la note des ministres des puissances invite le gouvernement grec à nommer des délégués pour la délimitation stratégique et de procéder d'accord avec les puissances en vue de l'accomplissement des conditions stipulées.
L'article 2 de l'annexe concernant l'amnistie a été annulé par une stipulation spéciale de M. Onou, ministre de Russie, le sultan ayant refusé de le ratifier.


Le phoque de Dunkerque.

Un habitant de Dunkerque, M. Dobacker, en se promenant avec son fils et des amis sur le brise-lames de la nouvelle jetée, aperçut (chose rarissime) un phoque qui prenait ses ébats sur le sable.

Cerné et capturé non sans peine, l'amphibie fut conduit au pavillon des ponts et chaussées, et, depuis, il partage agréablement son temps entre l'onde, plus ou moins agitée d'une baignoire et de fréquents repas, dont d'innombrables petits poissons forment l'invariable menu.

Il ne dit pas encore Papa ! maman !.» mais ça viendra.


Sait-on quels sont les appointements ordinaires d'une bonne, cuisinière ou autre, au pays de l'or, si couru actuellement dans les territoires de l'Alaska? Vingt dollars par jour, soit cent francs. Le fait est exact, nous pouvons le dire, car il nous est garanti par une dame qui vient d'être engagée à ces conditions, cependant avantageuses, en attendant que ses maîtres puissent voir si ses services méritent un salaire supérieur. Nous ferons d'autant plus de sincères vœux pour que la titulaire de cette place enviable reste longtemps chez ses nouveaux patrons, qu'elle est d'origine française. Mme Mathilde Schaw, de NewJersey (Pennsylvanie), est en effet la fille de M. Schœbel, savant français qui se fit un nom à Paris comme orientaliste. Tout de même, voilà ce que nos compatriotes ne trouvent pas tous les jours chez les placeurs.


Voyage ministériel

Saint-Chamond. M. Boucher, ministre du commerce, est arrivé ce matin à Saint-Chamond. Au cours des réceptions, il a remis la croix de la Légion d'honneur à M. Vial, maire de Saint-Chamond; les palmes académiques à divers fonctionnaires et instituteurs et de nombreuses médailles à d'anciens ouvriers.

Le ministre a ensuite visité l'hôpital où il a remis une médaille d'honneur à la Sœur Teillard, qui soigne des malades depuis quarante ans.

Après une visite à l'École pratique d'industrie, M. Boucher s'est rendu chez M. Briol, député, où a eu lieu un déjeuner intime. Le soir, à 7 heures, banquet de 180 couverts à l'Hôtel de Ville.


Le nombre des vélocipèdes déclarés se trouve être en 1897 de 329,816 pour toute la France. Or, ce qu'il y a de curieux c'est la proportion existant, dans la plupart des villes et départements, entre le nombre des vélocipèdes soumis à l'impôt et la consommation du quinquina Dubonnet, ce tonique apéritif bienfaisant par excellence.


Grands Magasins Dufayel.

Exposition de mobiliers complets par milliers. Articles de chauffage et de ménage. Tous les jours, le cinématographe Lumière. Conférences et expériences sur les rayons X et la lorgnette humaine de Ingénieur Séguy.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 J'ouvre une parenthèse. Si vous avez un peu trop d'air, je la fermerai tout de suite.


265. Le 9 septembre 1897 était un jeudi.

Conseil pratique


Ne faites point le choix d'une poudre de riz, mesdames, avant d'avoir essayé la poudre de riz « La Madone », la seule poudre donnant au teint le velouté de la pèche, l'éclat des roses et préservant la peau des boutons, tâches et dartres qu'occasionnent parfois les poudres ordinaires. On trouve chez tous les parfumeurs la poudre de riz « La Madone ». Vente en gros, 26, rue d'Enghien.
 Un garçon de recettes disparu - la reconstitution

L'assassinat du garçon de recettes

Comme nous l'avons annoncé la reconstitution de l'assassinat du garçon de recettes Lamare a été faite, hier matin , à Gentilly.

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 Un voyage en automobile

Un voyage en automobile

par un jeune automobiliste

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Un fou criminel

Un attentat criminel a été commis hier, en plein jour, rue La Feuillade, près de la place des Victoires. Un jeune homme, le comte Guy de Malmignati, docteur en droit, qui se trouvait à Paris depuis une quinzaine de jours seulement, s'arrêtait là pour lire une des nombreuses affiches qui tapissent la muraille, quand, tout à coup, un individu armé d'un rasoir s'est approché de lui.

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Le Drame du Boulevard de Denain

Un drame intime s'est déroulé hier après-midi boulevard de Denain, près de la gare du Nord. Un remisier assez connu à la Bourse, M. Eugène Meusnier, âgé de trente-huit ans, a tiré sur sa femme trois coups de revolver, puis a tenté de se suicider. Mme Meusnier est morte.

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 MA MÈRE ME DISAIT

MA MÈRE ME DISAIT.

« Délicieux parfum, peau blanche, frais visage,

C'est le philtre d'amour qui dans le conjungo

Tient l'époux enchaîné, même le plus volage.

Tu devras ces attraits au savon du Congo.»

Une nouvelle mariée au parfumeur V. Vaissier.

Nouvelles à la main

 Mme X…

Mme X…, en dépit d'un embonpoint vraiment excessif, a de grandes prétentions à l'éternelle jeunesse.

T… le parfait gaffeur, désireux de flatter sa manie, lui disait l'autre soir :

— Je vous ai aperçue hier au Bois avec votre charmante fille... Parole, on vous prendrait pour les… trois sœurs !

 Chez le marchand de vin

Chez le marchand de vin.

— C'est drôle, on dit toujours l'union fait la force; alors pourquoi plus le patron unit l'eau à son vin, plus son vin devient faible ?

Dans le monde : — Il paraît que ce pauvre X...

Dans le monde :
— Il paraît que ce pauvre X... a épousé une femme horriblement laide?...
— Oui... mais il a obtenu des parents cinq cent mille francs de dommages-intérêts...

Fragment de conversation  — Je n

Fragment de conversation
— Je ne sais pas de sensation plus atroce que celle que vous fait éprouver le maladroit qui vous marche sur un cor.
— Surtout, appuie Chamoiseau, quand on ne s'y attend pas !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Les Hongrois ont trouvé un moyen fort original - 1897

Les Hongrois ont trouvé un moyen fort original pour honorer leurs artistes.
Les nouveaux billets de mille florins, que vient d'émettre la Banque austro-hongroise, portent comme effigie l’image du « rossignol » du Théâtre national de Budapest, de la célèbre Louise Bliagi, qui depuis tantôt vingt-cinq ans est choyée du public de la capitale hongroise. Désormais, il ne lui sera que plus doux de recevoir de ces petits billets doux de mille, où elle pourra se mirer à son aise.
Les Hongrois n'ont plus à nous envier nos « louis », ils ont leurs « louises ».

Le Figaro - 2 aout 1897

 Diplomatie — 1897

Diplomatie — On vient de faire au ministère des affaires étrangères un relevé curieux c'est celui des lettres reçues ou expédiées par les bureaux du quai d'Orsay pour le service de notre politique extérieure.

Durant l'année 1896 le nombre des lettres tant reçues qu'expédiées s'est élevé à 159,161. D'après les calculs qui sont en cours, ce chiffre dépassera en 1897 le nombre de 170,000. Il y a une corrélation évidente entre le nombre des correspondances échangées et l'activité de notre action diplomatique. C'est à ce point de vue que la statistique en question est intéressante. Les 159,161 lettres correspondant à l'année 1896 se partagent en 75,053 reçues au quai d'Orsay et 84,108 expédiées par le ministère. Les lettres expédiées de Paris sont envoyées par la poste, dans le plus grand nombre des cas. Toutefois, lorsqu'elles ont un caractère confidentiel, elles sont expédiées par valise, et enfin au cas où elles constituent des documents importants, elles sont transportées par des courriers de cabinet. Durant l'année 1896 il a été envoyé 6,220 lettres par les valises diplomatiques et 3,952 par courriers de cabinet.

Le Figaro – 15 décembre 1897

 Domestiques Londres - 1897

Angleterre

On ne s'est pas ennuyé, l'autre jour, à la cour de police de Bow-Street, à Londres.
Les bonnes faisaient les frais d'une partie de l'audience, mais ces frais leur ont été remboursés. Notre confrère Montécourt nous nous donne le résumé de ces débats.
L'une, Annie Stamp, engagée par M. Pardrington et renvoyée par madame, en l'absence de son mari, assignait sa maîtresse en dommages-intérêts.
Le juge, sir John Bridge, lui a donné gain de cause.
« Certes, dit son jugement, il semble, à première vue, que le gouvernement intérieur de la maison appartienne à la femme, mais ce n'en est pas moins le mari qui est responsable de l'existence commune et qui gagne l'argent du ménage. A ce titre, il a bien le droit de s'occuper de ce qui s'y passe. Il est, dirai-je, le premier ministre et la femme n'est qu'un sous-secrétaire d'Etat. Elle n'a pas qualité pour rompre un contrat conclu par son mari, et l'engagement d'une domestique est un contrat comme un autre. Jugement et indemnité pour la plaignante. »
Une autre bonne, Margaret Dahill, avait été congédiée par Mme Franklin, sa patronne, parce qu'elle avait un policeman pour amoureux.
- Ce n'est pas là, déclare sir John, un motif suffisant pour renvoyer une domestique.
La défenderesse ne saurait émettre la prétention de n'avoir à son service que des bonnes insensibles à l'amour.
- Nullement, répond Mme Franklin. Ma dernière bonne avait pour amoureux un grenadier rouge et je n'y ai jamais trouvé à redire. Mais je ne veux pas d'un policeman.
- Préférez-vous que vos bonnes introduisent chez vous des cambrioleurs ou des pick-pockets ? Allez, madame, vous devriez encore vous estimer trop heureuse que cette jeune fille eût porté son choix sur un brave homme qui, après avoir veillé sur la sécurité publique par devoir, sera encore venu veiller sur votre domicile particulier par amour.
Et Mme Franklin a été condamnée à payer deux semaines de gages à titre de dommages-intérêts. Autant de gagné pour la dot de Margaret quand elle épousera son policeman.

APL - 3 octobre 1897

 Le mouvement féministe s'accentue - Fig. 14/01/97

Le mouvement féministe s'accentue.

Sous la présidence de Mme Pognon -un nom plein de promesses-la Ligue du droit des femmes marche, par étapes successives, à la conquête des pouvoirs publics.
Au cours .de la réunion tenue avant- hier par ces dames, M. Bauquier, député du Doubs, a annoncé que la question de l'électorat pour les femmes aux Tribunaux de commerce était inscrite à l'ordre du jour de la Chambre.
Mais, entre la coupe et les lèvres il y a souvent place pour une déception.

Le Figaro - 14 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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