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SIXIEME ANNÉE N°4396

 

339ème jour de l'année

   


Dimanche
5
Décembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA CIRCULATION PARISIENNE

LA CIRCULATION PARISIENNE

L'ordonnance relative à la circulation dans les rues de Paris des voitures, des tramways, des automobiles et des bicyclettes vient d'être publiée par les soins de la Préfecture de police. Toutes les ordonnances relatives à la circulation des voitures dans les rues constituant un si inextricable fouillis qu'il était fort difficile aux agents de l'autorité de s'y reconnaître pour l'application des contraventions, M. Lépine avait, il y a deux ans, désigné, pour la préparation d'une ordonnance plus compréhensible, une commission comprenant un certain nombre de conseillers municipaux, de fonctionnaires, de professionnels et d'amateurs.

Cette commission avait pour mission de revoir toutes les ordonnances, d'en élaguer ce qui était suranné et de refondre en une ordonnance nouvelle les principes destinés à assurer la bonne et rapide circulation des véhicules dans les rues de Paris, circulation qui, avec l'augmentation toujours croissante des tramways, des omnibus, des voitures, des automobiles, des camions et des charrettes, menaçait de devenir prochainement à peu près impossible.

Au sujet des voitures à traction animale, les innovations de l'ordonnance préfectorale sont peu nombreuses. Comme par le passé, il est recommandé aux cochers de fiacre d'avoir des chevaux bien attelés, pas blessés, des voitures propres, sans odeur désagréable, une tenue décente, etc.

Pour les automobiles, les prescriptions de l'ordonnance sont déjà connues. Bornons nous à rappeler que ces véhicules, avant d'être admis à circuler, doivent présenter toutes les garanties désirables de sécurité et que, de même, les personnes qui les dirigent dans les rues de Paris doivent prouver qu'elles ont les aptitudes nécessaires.

En ce qui concerne la vitesse des automobiles et des trains-tramways dans les rues de Paris, l'ordonnance la fixe à vingt kilomètres au maximum. Cette vitesse sera réduite à huit kilomètres dans les traverses, aux croisements et sur les pentes.

Quant aux bicyclistes, ils doivent, comme par le passé, avoir un avertisseur et, le soir, une lanterne allumée. Ils ne peuvent former de groupes dans les rues. Il leur est interdit de couper les cortèges, les convois, les troupes et les files de jeunes écoliers qui traversent la chaussée. En cas d'embarras, ils sont tenus de mettre pied à terre. Ils sont également tenus de s'arrêter lorsqu'à leur approche des chevaux manifestent des signes de frayeur. Enfin, il leur est interdit de lutter de vitesse dans les rues.

Le Figaro — 29 août 1897

L'actualité dramatique

 Le drame de la rue Gros

Le drame de la rue Gros

Une blanchisseuse, Mlle Adèle R..., quittait ces jours-ci, à la suite d’une violente discussion, un ouvrier serrurier, Amédée P..., avec lequel elle vivait, et la jeune femme venait s’établir chez sa mère, rue Gros, à Auteuil.

Amédée P... se mettait à sa recherche, et hier, en état d’ivresse il se présentait rue Gros, chez Mlle Adèle R..., la suppliant de reprendre la vie commune.

Comme Adèle R... refusait de se rendre â ses objurgations, Amédée P... se mit à l’injurier et à la menacer de mort.

Mlle R..., qui habite au rez-de-chaussée, eut le temps de s’enfermer chez elle, mais l’ivrogne brisa la fenêtre à coups de pied. Il allait pénétrer dans la chambre, lorsqu’il perdit l’équilibre, et en tombant se blessa grièvement.

Des agents, accourus aux cris poussés par la jeune femme, transportèrent le blessé dans une pharmacie voisine où il reçut les soins que comportait son état.

Amédée P... a été envoyé â l’infirmerie du dépôt : il sera poursuivi sous l’inculpation de menaces de mort et de violation de domicile.

Le Gaulois — 23 août 1897

 Accident de pêche

Accident de pêche

Deux habitants de Paris, MM. Célestin Araudel, bijoutier, rue Tiquetonne, et JosephClerc, employé au Crédit lyonnais, s'étaient rendus, avant-hier, à Villeneuve-Saint-Georges pour se livrer aux douceurs de la pêche a la ligne. Ils se trouvaient dans un bachot, vers deux heures de l'après-midi, en face du hameau des Chalets, lorsqu'ils virent arriver dans leur direction le bateau parisien n° 32, faisant le trajet de Paris à Corbeil.

C'est en vain que les deux pêcheurs, peu expérimentés dans l'art de manœuvrer une embarcation, cherchèrent à éviter le bateau à vapeur. Leur barque fut coupée en deux et les deux hommes furent précipités dans la Seine.

Grâce au courageux dévouement de deux passagers du bateau parisien, MM. Raguin et Sandoz, M. Araudel put être sauvé. Son compagnon, Clerc, fut moins heureux et ce n'est qu'après trois heures de recherches qu'on a retrouvé son cadavre.

Une enquête a été aussitôt ouverte pour établir à qui incombe la responsabilité de ce déplorable accident.

Le Figaro — 31 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 3 décembre

Vendredi
3 décembre 1897

LA QUESTION DREYFUS

BERNE, 2 décembre. -Les journaux suisses rapportent que le colonel de Schwarzkoppen eut une conversation sur l'affaire Dreyfus, aux manœuvres françaises en 1895, avec- le lieutenant-colonel Chauvet, qui y représentait la Suisse.
Dans cette conversation, l'attaché militaire allemand aurait dit au- colonel Chauvet qu'il était personnellement convaincu de l'innocence du capitaine Dreyfus.


De Londres

« Après avoir passé une quinzaine de jours au Savoy Hotel, LL. AA. RR. le duc et la duchesse d'Orléans partent aujourd'hui pour Sandringham, où ils seront les hôtes du prince et de la princesse de Galles jusqu'à vendredi. »


La reine d'Angleterre vient de faire venir au château de. Windsor un phonographe qui sera certainement un des plus curieux souvenirs historiques de ce siècle,
Ce précieux appareil est destiné à recueillir de la bouche de Her Gracious Majesty quelques messages parlés dont les générations futures pourront prendre connaissance au British Muséum qui aura la garde du phonographe.
Si l'exemple de la reine Victoria trouvait des imitateurs, la besogne des historiens du dix-neuvième siècle serait singulièrement facilitée, mais le calme des bibliothèques en pâtirait.


C'est une mode aujourd'hui de déjeuner à l'eau d'Évian, source Cachât, et de réserver le vin pour le repas du soir. Les personnes chargées d'affaires ou de soucis se trouvent particulièrement bien de ce régime qui leur laisse la tête libre, le raisonnement clair et l'esprit dispos.


Les crises successives que nous traversons ont amené les gens du monde à faire une étude sérieuse de la vie pratique. C'est à la suite de cette enquête fort intelligente que la clientèle des grands tailleurs, dont les notes s'enflent comme la grenouille de la fable, a considérablement diminué, et nous attribuons ce résultat aux efforts des maisons dont High-Life Tailor, 112, rue Richelieu, est le type accompli et qui, pour le prix invariable de 69 fr. 50, livrent des costumes aussi élégants qu'inusables.


Quand il donna l'ordre d'exécuter son roi, Cromwell n'avait pas été à la selle depuis huit jours, et les destinées de l'Angleterre eussent sans doute été tout autres si le farouche protecteur avait connu le rafraîchissant Sedlitz dosimétrique Burggraëve. Exigez le flacon carré avec le portrait du docteur et le nom du préparateur Numa Chanteaud.

sans titre 1

 4 décembre

Samedi
4 décembre 1897

L'ASSASSINAT DE LA RUE PIERRE-LE-GRAND

M. le docteur Vibert a procédé hier matin à l'examen de la blessure ayant provoqué fa mort de Marie Bigot, la femme galante assassinée rue Pierre-le-Grand.

On n'a pu connaître, à l'examen de la blessure, la nature de l'instrument qui a servi à l'assassin. L'arme a perforé la boite crânienne et pénétré sur une longueur de sept centimètres dans le cervelet.

Le rapport de M. le docteur Vibert a été transmis hier à M. le juge d'instruction Louiche. Le cadavre de Marie Bigot a été placé dans l'appareil frigorifique, en vue d'une confrontation, au cas où l'assassin serait arrêté.

On n'a toujours recueilli aucun indice et la police ne suit aucune piste.


Demandez dans tous les restaurants le « Pain Richelieu 1892 ».


DISPARITION
D'UN GARÇON DE RECETTES

M. Augustin-Frédéric Lamarre, âgé de soixante cinq ans, garçon de recettes du Comptoir d'escompte depuis plusieurs années, a disparu depuis mardi sans que les recherches faites pour le retrouver aient abouti.

Lamarre était chargé de la tournée de Villejuif et de Gentilly. Mardi, jour d'échéance, il partit à sept heures, son portefeuille bourré de soixante-cinq mille effets à toucher.

On attendit vainement son retour au Comptoir d'escompte et chez lui, à Malakoff, 7, rue d'Epinay. Retraité de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, Lamarre était d'une probité incontestable et incontestée. L'hypothèse d'un accident paraît inadmissible. On eût transporté le blessé dans un hôpital et l'administration eût été informée.

L'hypothèse d'un assassinat est donc seuls vraisemblable et c'est sur elle que porte l'enquête ouverte par la sûreté.

On parait convaincu que Lamarre a été tué dans une maison où il était allé encaisser ses effets. Il aurait disparu à Bicêtre, après avoir touché une somme de trente mille francs.

Voici le signalement de M. Lamarre taille au-dessus de la moyenne, forte corpulence, teint coloré, cheveux gris abondants, forte moustache grise, vêtements bourgeois dé couleur sombre, chapeau de feutre.


La coquille malencontreuse.

On a pu voir, sur les murs de Paris comme à la porte de toutes les mairies de France, une affiche gigantesque publiant le dernier discours prononcé par le président du Conseil, ministre de l'agriculture, dans les séances des 13-20 novembre dernier.

Ce discours relate, au milieu des ripostes des membres de l'opposition, les débats qui viennent d'avoir lieu à la Chambre des députés, sur les améliorations prochaines de la situation des agriculteurs qui produisent du blé. Or il est question d'une série de mesures qui « feront baisser le prix du blé » Mystère ! Nos agriculteurs se plaignent déjà suffisamment de ne point vendre leur blé assez cher.

Or la même affiche, placardée dans les campagnes, parle de mesures destinées à faire « hausser le prix du blé ». C'est l'imprimerie de la Chambre des députés qui est fautive. On s'est aperçu de la « coquille » au milieu du tirage de l'affiche. Un ordre venu du ministère a décidé, pour ne pas grever le budget par un nouveau tirage, que les affiches portant « baisser le prix du blé » seraient placardées dans les villes, car on ne les lit pas; les affiches sans faute ont été réservées aux campagnes, où elles sont commentées avec le plus vif intérêt par les cultivateurs.


On lit dans « le Temps »

La maison Félix Potin.

Le bruit s'était répandu à diverses reprises que la maison Félix Potin était devenue, comme d'antres entreprises parisiennes, la propriété d'une Société financière étrangère.

Les récents agrandissements de ses magasins des boulevards de Sébastopol et Malesherbes semblaient avoir rendu à ce bruit quelque consistance.

Nous avons demande aux directeurs de cette importante maison ce qu'il y avait de bien fondé dans ce bruit, qui ne laissait pas d'inquiéter ceux qui, pour l'avenir économique de notre pays, redoutent l'invasion des capitaux étrangers.

Aux bureaux de la direction générale, boulevard de Sébastopol, où nous a fait une réponse catégorique

La maison Félix Potin n'a jamais cessé d'appartenir aux enfants de M. Félix Potin père, son fondateur. »


Les crises successives que nous traversons ont amené les gens du monde à faire une étude sérieuse de la vie pratique. C'est à la suite de cette enquête fort intelligente que la clientèle des grands tailleurs, dont les notes s'enflent comme la grenouille de la fable, a considérablement diminué, et nous attribuons ce résultat aux efforts des maisons dont High-Life Tailor, 112, rue Richelieu, est le type accompli et qui, pour le prix invariable de 69 fr. 50, livrent des costumes aussi élégants qu'inusables.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Un homme parti de zéro pour n'arriver à rien n'a de merci à dire à personne.


366. On espérait encore contre toute espérance, quand, le 22 septembre 1897, le bruit de la mort du général Bourbaki s'est répandu à Bayonne, y causant une douloureuse impression. Si souvent affirmée et démentie depuis quelques jours, cette nouvelle était cette fois malheureusement bien vraie.
Il n'est plus de mauvaises digestions avec les Pastilles de Vichy-État, les estomacs les plus délicats sont délivrés par ce délicieux bonbon, de leurs aigreurs et de leur lourdeur. Préparées avec le Sel Vichy-État ou sel extrait à Vichy des sources de l'État, ces Pastilles sont comme le reflet adouci de ces célèbres sources Célestins, Grande-Grille et Hôpital. Exigez donc toujours les Pastilles de Vichy-État, si supérieures aux pastilles de Vichy du commerce.
 Pourquoi les femmes vivent-elles

Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps que les hommes ?

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la statistique des centenaires pour être frappé de l'écrasante supériorité dont jouit le sexe féminin.

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 La Migration de Paris.

La Migration de Paris.

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Désespoir d'artiste

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland.

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Les économies de Jean Jollivet l'ont échappé belle

Jean Jollivet a dix-huit ans ; il exerce la profession de valet de chambre. Actuellement sans place, il flânait, avant-hier, dans le faubourg Montmartre, s'arrêtant devant les vitrines qui attiraient sa curiosité.

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 QUE PROUVERA L'ENQUÊTE ?

QUE PROUVERA L'ENQUÊTE ?

L'enquête prouvera, j'en ai ferme assurance,

Quel nul parfum grossier, nul suc adultéré

Ne se mêle aux extraits du savon de Jouvence,

Qui, sous ce nom : Congo, reste mon préféré.

Annie Monners au parfumeur Vaissier

Nouvelles à la main

 Hier soir

Hier soir, rue Le Peletier, une bonne femme à lunettes bleues, n'ayant qu'un bras, accostait les passants

— N'oubliez pas, mon bon monsieur, une pauvre femme affligée de la vue et d'un bras !

— Affligée d'un bras s'écrie S... en entendant cette requête, eh bien et moi donc qui en ai deux !

Dans un restaurant qui n

Dans un restaurant qui n’est pas de premier ordre :
— Garçon, ce perdreau empoisonne !
Le garçon, très calme :
— Tiens, c’est drôle !... J’aurais plutôt cru que c’était le saumon du monsieur d’en face !...

 Entendu à une réunion d

Entendu à une réunion d'actionnaires d'une société financière

Premier actionnaire. — A la suite du rapport qui vient de nous être présenté, le conseil d'administration est en cause. Moi, je le tiens pour dissous.

Deuxième actionnaire. — C'est encore trop cher !

Dans les couloirs d'un théâtre, un soir de première.

Dans les couloirs d'un théâtre, un soir de première. Un imprésario de province et un ex-directeur de théâtres parisiens, également réputés pour le sans-façon avec lequel ils travestissent couramment la vérité, s'entretiennent d'une affaire.
— Tenez, dit un de nos critiques en les désignant, regardez-les : pour se tromper l'un l'autre, ils sont capables de se dire la vérité !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Voici à nouveau les garçons de - APL 24 janvier 1897

Voici à nouveau les garçons de café partis en guerre pour obtenir le droit au port de la barbe, ce plus bel ornement du sexe fort.
L'aube de 1897 devait être, pour la corporation, l'heure de la délivrance, et l'époque des étrennes passée les garçons entendaient
laisser croitre à leur guise barbe et moustache.
Hélas ! ils ne touchent pas encore au terme de leur désir !
En 1891, on s'en souvient encore, un premier mouvement de révolte se produisit. Il y eut de nombreuses réunions dont une présidée par M. Marguery, président du syndicat de l'alimentation, et le restaurateur promit son dévoué concours aux garçons de café.
Dès lors, ils crurent avoir cause gagnée et trop tôt chantèrent victoire. Des clients réclamèrent le retour aux anciens usages, ne pouvant se faire à l'idée de voir leur chateaubriand servi par des visages barbus; des défections se produisirent, et les vingt mille garçons de café de Paris durent, à leur grand désespoir, raser leur moustache naissante.
L'opposition des grands cafés et des grands restaurants n'a pas voulu jusqu'à présent se laisser fléchir.
Et savez-vous quel est le motif de cette opiniâtre résistance ?
C'est M. Marguery lui-même qui va nous la donner :
— Les garçons, fait remarquer l'inventeur de la fameuse sole Sarcey, ont l'habitude de gouter aux plats qu'ils servent aux clients. Lorsqu'ils sont fraichement rasés, ils peuvent prestement s'essuyer la bouche d'un revers de main, tandis qu'avec une barbe de sapeur ou une luxuriante moustache, il est à craindre que des traces accusatrices ne viennent révéler au client l'indiscrétion commise.
Cette explication en vaut bien une autre ; elle a, dans tous les cas, l'avantage de rassurer le client contre toute tentative d'empoisonnement.
La galerie suivra avec intérêt la lutte qui vient de s'engager entre garçons et patrons, mais serait beaucoup plus disposée, croyons- nous, à donner son approbation à une autre réforme : la suppression du pourboire.

APL 24 janvier 1897

 PAS DE NÈGRE

PAS DE NÈGRE !

Dans la marine de guerre américaine — Le premier qui ose.

New-York, 16 avril. Par câble au « Matin ».- Un nègre, fera-t-il partie de la marine de guerre américaine'? On se pose la question en ce moment.

Randall Bundy, un jeune nègre qui demeure à Cincinnati, doit, prochainement, passer ses examens à Washington pour être admis à l'École navale d'Annapoiis, où la marine de guerre américaine recrute ses officiers.

Les directeurs de l'École promettent à Bundy toute leur bienveillance; mais les cadets ne se montrent sans doute pas aussi bien disposés que leurs professeurs. Le ministre de la marine reçoit déjà, de tous les points du pays, de nombreuses protestations contre l'admission de Bundy dans le corps des officiers de la marine.

Le Matin — 17 avril 1897

 Docteur Ghirelli - Fig. 24/05/97

Nous apprenons avec plaisir que le traitement du docteur Ghirelli, dont la réussite pour la guérison des maladies de poitrine s'affirme de plus en plus, est mis tous les jours à la disposition des malades, rue de La Boëtie.
Les appareils d'inhalation fonctionnent le matin et l'après-midi et peuvent, si on le désire, être transportés ou envoyés au domicile des malades.

Le Figaro - 24 mai 1897

 L'ÉTERNEL FÉMININ - 1897

L'ÉTERNEL FÉMININ

Du Passant, dans le Figaro, à propos des femmes-avocates :
On dit que, dans certains procès, la présence d'une femme à la barre pourra être scabreuse. Quels procès ? ceux qui nécessitent le huis-clos ? Mais c'est ceux-là surtout qui sont courus par les femmes on a beau faire évacuer la salle, elles restent fermes au poste, sur leurs chaises. Elles en sont quittes pour écouter derrière leur éventail, comme au théâtre, où elles en entendent d'ailleurs d'aussi raides. Il y aura, malgré tout, des procès où la tâche de l'avocate sera difficile : ces diables d'hommes commettent parfois de ces crimes bien délicats à plaider pour une femme. Ces jours-là, on fera sortir les assistants, et le président pourra reprendre la phrase célèbre : — Maintenant que nous sommes entre hommes, vous pouvez parler, madame…
Dans bien d'autres procès, par contre, il n'y aurait qu'à gagner il être défendu par des femmes. Chaque jour, il se produit entre les deux sexes des malentendus infiniment regrettables : c'est tantôt l'homme -qui- tire un coup de revolver, tantôt la femme qui lance du vitriol. Il y aurait avantage, en cas pareils, à ce que les hommes fussent défendus par des femmes et les femmes par des hommes. Cela ferait -beaucoup pour la pacification. Les jurés se sentiraient plus à l'aise lorsqu'une jolie femme viendrait leur expliquer à la barre qu'il n'y a rien de plus légitime, pou un amant, que d'abandonner sa maîtresse ou, pour un mari, que de tromper sa femme. Ce sont toujours les hommes qui disent ces choses-là : on finit par les croire intéressés. Le jour où les femmes, à leur tour, le diront, il faudra bien qu'on l'admette !

Le Matin – 19 septembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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