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Nouvelles diverses
 Jalousie de femme.

Jalousie de femme.

Une femme de mœurs extrêmement légères, 1res connue à Montmartre sous le simple prénom d'Andréa, et demeurant, 36, rue Pigalle, avait commis l'imprudence de répondre aux galantes avances d'un .nommé Arthur X… exerçant une profession des plus douteuses. Cet Arthur était l'amant d'une autre femme de Montmartre, extrêmement répandue dans les sous-sols plus ou moins artistiques du quartier et qui répondait, au surnom de la Bordelaise.

La Bordelaise en question ne tarda pas à apprendre que son cher Arthur — un Arthur professionnel, -dit-on — s'était abandonné aux tendresses de l'Andréa de la rue Pigalle. La redoutable Bordelaise jura de se venger de sa rivale.

Hier soit, vers onze heures et demie, la noble dame de Bordeaux rencontrait La volage Andréa au coin de la rue Pigalle et de la rue La Rochefoucauld.

— Tu m'as pris mon amant !

— Non !

— Si. Tu vas me le payer.

Et, sur ces mots, la Bordelaise s'arma d'un couteau et en larda littéralement sa rivale.

Andréa tomba, la poitrine transpercée. Des passants mirent fin à cette scène tragique en désarmant la Bordelaise, qui fut conduite au .poste de police voisin.

Andréa été transportée à l'hôpital Lariboisière dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin – 24 juin 1897

Séparation M. et Mme T. couturière, rue du Faubourg-Saint-Honoré,

M. et Mme T. couturière, rue du Faubourg-Saint-Honoré, étaient partis, avant-hier soir, faire une promenade à bicyclette.

Pendant leur absence, la bonne, Clémence R. eut une idée. Elle s'empara de sept coupons de soie et de divers autres objets de valeur, en fit un paquet et se disposa à partir.

A ce moment, comme dans la scène finale des Domestiques, ou comme au deuxième acte de l'Auberge du Tohu-Bohu, rentrèrent inopinément les maîtres.

Surprise, Clémence ne perdit pas la carte.

Elle jeta son paquet dans un coin et tira son mouchoir

— Ah madame, s'écria-t-elle. Je viens de recevoir un télégramme. Mon enfant se meurt. Il faut que je parte au plus vite !

— Où est ce télégramme ? demanda le mari un peu soupçonneux.

— Je l'ai perdu. Mais laissez-moi m'en aller vite. Je serai en retard pour le train.

M. T. descendit chez la concierge. Il n'était arrivé aucun télégramme à l'adresse de la bonne. Pendant ce temps, Mme T. apercevait le paquet et y trouvait les objets volés.

Bien que Clémence ait juré, sur la tête de son enfant, qu'elle ignorait qui avait mis là ce paquet, elle a été conduite chez M. Mourgues, commissaire de police, qui l'a envoyée au Dépôt.

Le Figaro - 1er juin 1897
Séparation LA MISÈRE

LA MISÈRE

Les gardiens de la paix ont ramassé hier, rue du Rocher, une pauvre femme qui, depuis un instant, marchait en chancelant et qui, finalement, venait, de s'affaisser sans connaissance.
Conduite au poste et ranimée, cette malheureuse a déclaré qu'elle mourait littéralement de faim. C'est une dame Delécluse, demeurant 1, passage Chatelet (avenue de Saint-Ouen). Elle a trois enfants et est sans travail. C'est une misère navrante.
Après l'avoir réconfortée, on l'a fait reconduire à son domicile par un gardien de la paix.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation La désespérance d'un poète.

La désespérance d'un poète.

Le boulevard des Capucines retentissait, dans la nuit d'hier, des vifs éclats de voix d'un jeune homme paraissant âgé d'une vingtaine d'années. Traversant la chaussée, changeant constamment de trottoir, ses paroles incohérentes eurent vite fait d'attirer l'attention de deux gardiens de la paix de service à cet endroit. S'étant approchés, ils crurent tout d'abord avoir affaire à un joyeux noctambule, quand, tout à coup, celui-ci,- fondant en larmes, poussa ces exclamations:

— Non, c'est trop souffrir ! La désespérance s'est emparée de moi. Je suis irrémédiablement perdu !

Puis, brusquement, passant à un autre ordre d'idées, il se mit à chanter le Biniou, s’accompagnant sur une guitare imaginaire

 

Les douleurs sont des folles,

Et qui les écoute est encore plus fou…

 

Un des agents s'approcha alors :

— Venez, dit-il au pauvre fou nous allons vous mener au temple de l'or. Là, vous trouverez des richesses innombrables et le secret du vrai bonheur.

— Puissiez-vous dire la vérité ! fit le jeune homme, qui n'hésita pas à suivre ses nouvelles connaissances.

Arrivé au poste de police de la rue de Provence, il se jeta à genoux pour réciter une prière avec ferveur, puis il se mit à pleurer à nouveau, cependant qu'on l'interrogeait sur son domicile et son identité.

Ne pouvant obtenir de lui que des sons inarticulés, M. Guénin, commissaire de police, prit le parti-de le fouiller. On trouva sur lui une enveloppe au nom de Jules Morand, demeurant 4, rue de Belleville. Une mélodie signée de lui et ayant pour titre Regrets et Souffrances, était transcrite sur un petit calepin. Nous en ferons grâce à nos lecteurs.

M. Guénin a fait conduire Jules Morand à l'infirmerie spéciale du Dépôt afin qu'il y soit examiné.

Le Matin - 25 septembre 1897
SéparationOn ne saurait rêver plus aristocratique société que celle qui se presse autour des sources de Royat. Aperçu entre les buvettes, le parc et l'établissement le prince Louis de Broglie, le baron et la baronne de Maleprade, la comtesse de Moré-Pontgibaud, la comtesse d'Adhémar, le colonel et Mme Campbell, la baronne de Bressolles, H. de Lahoze, etc., etc.Séparation LES MÉFAITS DE GEGENE

LES MÉFAITS DE « GÊGÈNE »

Un bourgeois de Tours, en villégiature à Paris rentrant chez lui avec sa femme à une heure assez avancée de la nuit, fut attaqué par un malandrin qui braqua sur lui un revolver.

Il engagea une lutte avec son agresseur, appela au secours, et fut assez heureux pour se tirer de la lutte sans avoir reçu de sérieuses blessures. Cependant, il porta plainte au parquet, donna le signalement du malfaiteur et donna en particulier ce détail que sa femme avait frappé au front l'agresseur avec une ceinture dont l'agrafe avait dû lui laisser sur la peau des traces d'ecchymoses.

Ces renseignements furent transmis par le parquet de Tours à celui de Paris et le service de sûreté fut chargé de rechercher le malfaiteur que l'on avait de bonnes raisons de croire caché à Paris. Deux inspecteurs rencontrèrent, rue Petit, un individu qui leur avait déjà plusieurs fois passé par les mains.

Cet individu portait au front une ecchymose de forme ovale. Les inspecteurs le filèrent et acquirent bientôt la certitude qu'il était le malfaiteur recherché par le parquet de Tours. Ils l'arrêtèrent et le conduisirent quai des Orfèvres.

C'est un nommé Regnou, dit « Gégène de la Villette », condamné en dernier lieu à treize mois de prison pour vagabondage spécial.

Il était sorti, il y a trois mois, de Poissy.

Gil Blas — 10 septembre 1897
Séparation Tombée dans les fortifications

Tombée dans les fortifications.

Des gardiens de la paix ont trouvé, hier matin, dans le fossé des fortifications, entre la porte de Vincennes et la porte de Montreuil, le cadavre d'une femme d'une cinquantaine d'années. La malheureuse portait à la tempe droite une profonde blessure.

M. Durand, commissaire de police du quartier de Charonne, a envoyé le corps à la Morgue.

On avait d'abord pensé qu'on se trouvait en présence d'un crime, mais, d'après l'examen médical, la mort est due à une congestion cérébrale.

On pense que cette pauvre femme s'était endormie sur le talus et qu'elle a ensuite roulé dans le fossé. C'est dans sa chute qu'elle a dû se faire la blessure qui ensanglanta sa tête.

Dans la soirée, le cadavre a été reconnu pour être celui d'une femme Madeleine Jager, demeurant rue des Haies.

Le Matin - 13 septembre 1897
Séparation Le drame de la rue Gros

Le drame de la rue Gros

Une blanchisseuse, Mlle Adèle R..., quittait ces jours-ci, à la suite d’une violente discussion, un ouvrier serrurier, Amédée P..., avec lequel elle vivait, et la jeune femme venait s’établir chez sa mère, rue Gros, à Auteuil.

Amédée P... se mettait à sa recherche, et hier, en état d’ivresse il se présentait rue Gros, chez Mlle Adèle R..., la suppliant de reprendre la vie commune.

Comme Adèle R... refusait de se rendre â ses objurgations, Amédée P... se mit à l’injurier et à la menacer de mort.

Mlle R..., qui habite au rez-de-chaussée, eut le temps de s’enfermer chez elle, mais l’ivrogne brisa la fenêtre à coups de pied. Il allait pénétrer dans la chambre, lorsqu’il perdit l’équilibre, et en tombant se blessa grièvement.

Des agents, accourus aux cris poussés par la jeune femme, transportèrent le blessé dans une pharmacie voisine où il reçut les soins que comportait son état.

Amédée P... a été envoyé â l’infirmerie du dépôt : il sera poursuivi sous l’inculpation de menaces de mort et de violation de domicile.

Le Gaulois — 23 août 1897
Séparation Le traitement des névroses

Le traitement des névroses

La principale indication à remplir dans le traitement des névroses, c'est d'amener le calme et l'harmonie dans les centres nerveux et de diminuer l'impressionnabilité. On n'y parvient ni par les antispasmodiques ni par les narcotiques, mais plutôt par les reconstituants, qui stimulent les vibrations moléculaires et sont capables d'accélérer la nutrition ralentie.
Le vin Désiles, par sa composition complexe, répond parfaitement à ce programme de stimulation. Il augmente la contractilité musculaire, fait disparaître les troubles vasomoteurs et névralgiques, la migraine et l'insomnie, ces produits du surmenage intellectuel. Il prévient l'atrophie de la cellule nerveuse et agit énergiquement contre la dégénérescence des tissus nobles. C'est grâce surtout à ses éléments tanniques iodo-phosphatés qu'il contribue à ce relèvement de bon augure.
Grâce aux principes dynamophores qu'il renferme (kola, coca, quinquina, cacao), le vin Désiles accélère le pouls, augmente l'urée et l'acide carbonique, possède sur la sphère cérébro-médullaire une action excito-motrice en même temps qu'une action d'épargne, grâce à l'influence que possèdent les agents nervins sur le système du grand sympatique. Tonique et fébrifuge, le vin Désiles supprime les vertiges, les exagérations de l'excitabilité réflexe, empêche l'affaiblissement du muscle cardiaque et la diminution du pouvoir oxydant du sang. Or, l'on sait à quel degré les troubles de la sanguification retentissent sur le système nerveux. Ce retentissement n'a-t-il pas été résumé éloquemment dans cet axiomeantique si souvent cité Sanguis moderator nervorum (un sang riche est le meilleur calmant des nerfs) ?

Dr Cendre

Séparation Le drame de Villejuif

Le drame de Villejuif

Dans notre dernière heure nous relations, hier, le meurtre commis à Villejuif par un aliéné nommé Emile Belin sur un autre fou, Charles Pringot, sous-prétexte que celui-ci empêchait son voisin de salle de dormir.

La nouvelle de ce drame a naturellement produit une grosse emotion à la préfecture de la Seine, et l'on s'est demandé s'il n'était pas dû surtout à un défaut de surveillancede la part du personnel de l’établissement de Villejuif.

M. Lefilliâtre, ancien interne de l'asile départemental, est d'avis que la responsabilité de l'événement incombe non pas aux employés mais bien à l'administration.

« L'asile de Villejuif, dit-il, compte en temps ordinaire de 12 à 1,500 malades. Il est divisé en sept quartiers, plus une infirmerie. Le jour, il y a un infirmier seulement pour une quinzaine d'hospitalisés et un médecin seulement pour 5 à 600 malades. La nuit, le nombre des veilleurs est infime. L'hospice étant divisé en sept quartiers et une infirmerie, il y a un veilleur pour les quatre premiers quartiers et un veilleur pour les trois autres quartiers et l'infirmerie.

» Or chaque quartier est séparé et se compose de trois salles qui renferment chacune une cinquantaine de malades. Lorsque le veilleur est, par exemple, dans lu quartier n° 1, il est dans l'ignorance complète et il ne peut rien entendre de ce qui se passe au quartier n° 4.

» C'est ce qui s'est passé hier. Le veilleur du quartier n°7 est un très brave garçon, très actif, qui est à l'asile depuis la fondation de celui-ci. Je le connais très bien. Il'est incapable d'avoir commis une infraction dans son service. Les explications qu'il donne, sont, du reste, parfaitement plausibles. Il faisait sa tournée et se trouvait dans un quartier éloigné lorsque Belin, saisissant, je crois, des cordons de caleçon, qu'il avait pu ramasser on ne sait où, s'est jeté sur son voisin et l'a étranglé.

» En somme, la responsabilité tout entière de ce triste événement incombe à l'administration. Le service de surveillance est tout à fait insuffisant, le jour comme la nuit. Quant au service médical, il est plus qu'insuffisant, un médecin qui a cinq ou six cents malades à soigner ne pouvant absolument pas les connaître tous. »

A la préfecture de la Seine, on dit que Charles Pringot, qui était paralytique, a été tué dans l'intervalle de deux rondes et que les surveillants de nuit ne sauraient en aucune façon être rendus responsables de ce meurtre.

Le Matin — 31 août 1897
Séparation Un élève du collège Rollin

Un élève du collège Rollin, Maurice R. âgé de quatorze ans, habitant chez ses parents boulevard Barbes, n'ayant obtenu aucune nomination à la distribution des prix, avait été vivement réprimandé par son père.
Ces reproches l'affectèrent profondément, et il dit à sa mère que, si on lui en adressait encore, il se tuerait. Mme R. promit d'intervenir auprès de son mari mais celui-ci, pendant le dîner, avant-hier soir, raconta que le fils d'un de ses amis avait remporté de nombreux prix et qu'il faisait la joie de ses parents.
Il n'avait pas achevé que Maurice saisissait sur la table un couteau à découper et s'en frappait dans la région du cœur. On s'empressa auprès du pauvre enfant et on courut chercher un médecin. Le docteur a déclaré que, s'il ne survenait pas de complications, la guérison ne se ferait pas attendre.

Le Figaro - 2 août 1897

Séparation Odéon - Sarcey

Petit incident, hier, à l'Odéon. M. Francisque Sarcey y faisait une conférence sur l'Heureux Naufrage, de Plaute, lorsqu'au moment où il venait de finir une période sur ces mots appétissants « Est-ce assez fait, la scène que je viens de vous raconter ? Est-ce chic, un premier acte comme celui-là ? » des coups de sifflet se sont fait entendre. Ils partaient des galeries supérieures et du parterre, et une grande partie de la salle se leva pour protester et réclamer l'expulsion des interrupteurs. Au milieu du tapage, on percevait des apostrophes comme celle-ci, adressées au conférencier « Chantez-nous donc l'Aveugle de Bagnolet » etc. Les gardes municipaux durent intervenir pour rétablir l'ordre, et ils firent sortir du parterre l'un des interrupteurs les plus ardents, qui était le dessinateur bien connu, M. Ibels.
L'ordre revenu, M. Sarcey, qui s'était montré très calme sous l'orage, se bornant à dire « Si vous croyez avoir de l'esprit, vous vous trompez », continua sa conférence qui s'acheva, au bout d'une heure dix, dans une chaude ovation.
Il paraît que ce petit scandale est la revanche des admirateurs de M. Becque qui avait été également sifflé par les « philistins », il y a quinze jours.

Fig. 8/01/97


Pastilles Poncelet
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