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Nouvelles diverses
 M. et Mme T. couturière, rue du Faubourg-Saint-Honoré,

M. et Mme T. couturière, rue du Faubourg-Saint-Honoré, étaient partis, avant-hier soir, faire une promenade à bicyclette.

Pendant leur absence, la bonne, Clémence R. eut une idée. Elle s'empara de sept coupons de soie et de divers autres objets de valeur, en fit un paquet et se disposa à partir.

A ce moment, comme dans la scène finale des Domestiques, ou comme au deuxième acte de l'Auberge du Tohu-Bohu, rentrèrent inopinément les maîtres.

Surprise, Clémence ne perdit pas la carte.

Elle jeta son paquet dans un coin et tira son mouchoir

— Ah madame, s'écria-t-elle. Je viens de recevoir un télégramme. Mon enfant se meurt. Il faut que je parte au plus vite !

— Où est ce télégramme ? demanda le mari un peu soupçonneux.

— Je l'ai perdu. Mais laissez-moi m'en aller vite. Je serai en retard pour le train.

M. T. descendit chez la concierge. Il n'était arrivé aucun télégramme à l'adresse de la bonne. Pendant ce temps, Mme T. apercevait le paquet et y trouvait les objets volés.

Bien que Clémence ait juré, sur la tête de son enfant, qu'elle ignorait qui avait mis là ce paquet, elle a été conduite chez M. Mourgues, commissaire de police, qui l'a envoyée au Dépôt.

Le Figaro - 1er juin 1897
Séparation UN DRAME place de la République.- Le Figaro - 15 juin 1897

Un drame place de la République.

Un drame s'est passé, hier, devant le n° 1 de la place de la République.

Un sieur Vibert, âgé de quarante-sept ans, ouvrier plombier, demeurant 77, rue Julien-Lacroix, en voulait depuis longtemps, au nommé Jules Herscheng, conducteur de tramway, habitant 37, rue Carnot. Sa haine contre Herscheng provenait de ce que celui-ci était devenu, il y a deux ans, l'amant de la femme Vibert, avec laquelle il vit maritalement.

Vers trois heures de l'après-midi, Vibert passa à côté de son rival occupé, à ce moment, prés d'une plaque tournante.

— Ah ma vue te fait rire, cria le plombier. Tiens, voilà pour toi.

Et sortant un revolver de sa poche, il fit feu sur Herscheng qu'il atteignit près de l'oreille. Le gardien de la paix Kubler qui se trouvait de service à la station des tramways se précipita sur le meurtrier qu'il ne réussit qu'imparfaitement à protéger contre la fureur

de la foule qui voulait le lyncher. C'est dans un état lamentable que Vibert est arrivé au poste.

Quant à Herscheng, il a été immédiatement conduit à l'hôpital Saint-Louis. Son état est peu grave.

Le Figaro - 15 juin 1897
Séparation L'accident des Champs-Élysées.

L'accident des Champs-Élysées.

Encore un accident, qui a failli être mortel, causé par le fameux tramway des Champs-Élysées.

Vers midi, un tandem, monté par deux jeunes gens, descendait l'avenue à une allure un peu vive, lorsque le tramway de Montrouge déboucha de l'avenue de l'Alma.

Pour éviter le véhicule municipal, les tandémistes firent un crochet à gauche, mais ils se jetèrent dans une voiture qui remontait l'avenue.

Tous deux furent précipités sur le sol tandis que le cheval effrayé, se cambrait et leur labourait le visage avec ses sabots puis l’animal finit par s'abattre sur eux, les écrasant littéralement de tout son poids. On parvint à dégager les infortunés jeunes gens, MM. Émile B. et Georges B. et des agents les conduisirent dans une pharmacie de l'avenue d'Antin, où des-soins leur furent prodigués.

Les infortunés tandémistes étaient couverts de sang ; l'un d'eux avait le maxillaire inférieur brisé, et l'autre se plaignait de douleurs internes. Ils ont été reconduits en voilure à leur domicile»

Le Matin — 16 juin 1897
Séparation Les « pédards

Les « pédards »

Voici un nouveau fait qui n'est point à l'honneur de la gent bécanière (nous voulons parler des « pédards », contre lesquels une active campagne est menée en ce moment) :

Hier matin, une très vieille personne, Mme Lévistonne, âgée de soixante-dix-sept ans et demeurant 55, avenue Victor-Hugo, traversait péniblement l'avenue de la Grande-Armée quand un cycliste, lancé à toute vitesse, fondit brusquement sur elle et la renversa sur la chaussée.

Le vélocipédiste tomba également. Mais, après avoir constaté d'un coup d'œil expert que sa machine n'avait aucune avarie, il remonta précipitamment en selle et fila vers le bois de Boulogne sans même daigner regarder sa victime. Mme Levistonne fut relevée quelques instants après par des gardiens de la paix, qui la reconduisirent chez elle.

La pauvre vieille dame porte une blessure profonde à la tempe droite, et son grand âge fait craindre des complications qui pourraient avoir pour elle des conséquences fatales.

Le Matin - 25 septembre 1897
SéparationA Spa l'affluence est énorme. La fameuse ville d'eaux belge, remise décidément à la mode, traverse une période de prospérité inouïe. Tout le littoral mondain est à Spa, et l'on retrouve dans les salons du Casino les clubmen les plus en vue et les plus jolies Parisiennes.Séparation Au sortir du théâtre.

Au sortir du théâtre.

Deux jeunes gens, les frères Édouard et Auguste Gaulin, assistaient, hier soir, au poulailler du théâtre Montmartre, à la représentation d'un drame noir dont les premiers actes avait paru les intéresser beaucoup. Après un entr’acte, quand ils voulurent regagner leurs places, les frères Gaulin les trouvèrent occupées par deux autres jeunes gens, qui refusèrent obstinément de se lever, s'appuyant sur le dicton populaire « Qui va à la chasse perd sa place ».

Il en résulta, naturellement, une altercation bruyante, qui retarda de quelques minutes le lever du rideau, à la grande fureur des autres spectateurs. Finalement, les deux quidam lurent expulsés, et les frères Gaulin purent se gargariser à l'aise des tirades frissonnantes du traître et des roucoulades indignées de la jeune fille persécutée.

Ils ne s'attendaient guère à retrouver à la sortie les deux spectateurs évincés. Ceux-ci les suivirent et se jetèrent sur eux au moment où ils venaient de s'engager dans la rue d'Orsel. Une lutte s'engagea, au cours de laquelle Édouard Gaulin fut frappé d'un coup de couteau en pleine poitrine. Il tomba, inanimé sur le trottoir, tandis que les deux agresseurs prenaient la fuite dans la direction du boulevard Rochechouart. Auguste Gaulin se mit à leur poursuite, en criant « A l'assassin Des gardiens de la paix se joignirent à lui, et, après une poursuite acharnée, les fuyardes étaient arrêtes avenue Trudaine.

Conduits devant M. Fédée, commissaire de police du quartier Clignancourt, ils ont dit se nommer Henri Lapin, âgé de dix-sept ans, et René Alier, âgé de seize ans. Ils ont été envoyés au Dépôt.

Édouard Gaulin est en traitement à l'hôpital Lariboisière; les médecins qui le soignent ne répondent point de sa vie.

Le Matin - 25 septembre 1897
Séparation Un concierge maître chanteur

Un concierge maître chanteur.

Une curieuse histoire de chantage nous arrive de Levallois-Perret.

M. X. est plombier dans, cette, localité sa femme tient, rue Marjolin, un petit magasin de fruiterie. Elle est aidée dans son commerce par M. René L. son beau-frère.

Le 15 du présent mois, M, L. congédiait la bonne de la maison, une gamine de seize ans à peine, Marguerite B…, laquelle apportait dans son service une rare négligence. Des idées de vengeance germèrent dans l'esprit de. la petite domestique, qui s'en fut trouver rue Julie ; à Plaisance, un rusé concierge, le père Sacharis, homme d'affaires et agent de recouvrements à ses heures.

— Pendant que j'étais à son service, M. L. a abusé de moi par la violence, dit Marguerite B. au tricoche tire-cordon. S'il ne me donne pas de l'argent, je vais déposer une plainte contre lui.

— Parfaitement, mon enfant, répondit le concierge. Je me charge de la défense de vos intérêts. Si votre ancien maître ne « casque » pas, il ira à Mazas, c'est moi qui vous le dis.

Et Sacharis fit le voyage de Levallois-Pérret.

— Vous avez commis- une faute grave, dit-il à M. L. L'heure est venue de la réparer. Sinon…

Le beau-frère du fruitier ne comprit tout d'abord rien à ce préambule il fallut que le concierge-homme d’affaires lui réclamât forme une somme de six cents francs comme prix de l'outrage brutal fait à la petite bonne pour que ses yeux se dessillassent.

— Revenez demain, dit-il Sacharis.

Et Sacharis revenait le lendemain, à l'heure convenue. Mais, sur ces entrefaites, M.L. avait informé M. Boutineau, commissaire de police, de la tentative de chantage dont il était l'objet, et, sur son conseil, il avait caché deux agents dans le magasin.

Le concierge avait à peine achevé cette phrase « Six cents francs ou la cour d'assises... » que les agents le happaient et l'entraînaient au commissariat de Levallois-Perret.

L'infortuné Sacharis médite en ce moment, dans une cellule du Dépôt, sur les dangers qu'il peut y avoir, même pour un concierge à vouloir faire chanter des gens qui ne sont point musiciens.

Le Matin – 28 septembre 1897
Séparation Coup de filet policier

Coup de filet policier

Les braconniers d'eau douce donnent, depuis quelques jours, de la besogne aux agents de l'autorité.

Hier matin, deux pêcheurs montés sur un bachot jetaient l'épervier à la hauteur du quai du Louvre. Vinrent à passer un sous-brigadier de gardiens de la paix et deux de ses hommes.

— Vite ! vite ! qu'on s'en empare susurra à l'oreille de ses subordonnés le chef, que sa grandeur attachait au rivage.

Les agents sautèrent dans une barque et appuyèrent une vigoureuse chasse aux braconniers. Mais, peu experts dans l'art de manier la rame, ils furent promptement distancés. Le bachot put aborder sans aucun risque. C'est du moins ce que pensaient les contrevenants, mais ils avaient compté sans le sous-brigadier qui, du haut du quai, surveillait les péripéties de la course. Il se présenta juste à point aux braconniers quand ils sautèrent sur la berge. L'un d'eux pût s'enfuir. L'autre, se voyant pris, n'hésita pas et lança son épervier sur l'agent. Puis il détala, laissant le sous-brigadier se débattre avec fureur sous les mailles du filet. L'agent parvint toutefois à se dégager et s'élança à la poursuite de son ennemi qu'il rejoignit rue des Prêtres-Saint-Germain. A son tour, il jeta l'épervier et le braconnier, mis ainsi dans l'impossibilité de se défendre, se laissa arrêter sans résistance.

Cet homme, qui se nomme Charles Lamoignon, a été conduit au Dépôt.

Le Figaro — 29 août 1897
Séparation TRAITEMENT DE LA CHLOROSE

TRAITEMENT DE LA CHLOROSE

La chlorose est une imperfection d'évolution qui appauvrit le sang, trouble le système nerveux et détermine une sorte d'arrêt dans les fonctions spéciales dévolues à la jeune fille.
Le fer est rarement toléré par les chlorotiques il leur engendre des crampes d'estomac, de la constipation et autres troubles digestifs. Aussi les médecins vraiment modernes préfèrent conseiller le Vin Désiles, qui ne contient pas de fer, mais qui, en revanche, abonde en reconstituants énergiques et bien supportés: kola, coca, quinquina, cacao, tannin, iode glycéro-phosphates. Loin d'échauffer, le Vin Désiles combat la constipation et les fermentations internes; il améliore la nutrition, provoque le retour régulier des règles, réveille l'énergie motrice incapable ou affaissée, réagit, en un mot, contre la torpidité du sang et la dépression des procès nutritifs.
On supprimera, en même temps, chez la jeune fille, les causes d'étiolement, les fatigues, la nourriture défectueuse et surtout l'air confiné. Où le soleil n'entre pas, le médecin entre, dit, avec raison, le proverbe oriental. La cure de la chlorose se résume ainsi : hygiène et Vin Désiles.

Dr SAUDREAU

Séparation UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

L'abbé en était arrivé au moment de l'élévation lorsqu'un individu, vêtu misérablement d'un veston et d'un pantalon noirs, les cheveux et la barbe incultes, les yeux sortant des orbites, ayant à la main gauche un rouleau de papier, et qui s'était tenu depuis le commencement de l'office à proximité du maître-autel, se précipita sur le prêtre en bousculant les enfants de chœur, saisit le calice et le brisa sur le marbre en criant :

— En voilà assez de ces errements

M. le chapelain Girard repoussa violemment le profanateur qui s'apprêtait à lire aux fidèles un factum composé de seize pages.

Le suisse et les enfants de chœur se saisirent de lui et l'entraînaient dehors, quand on s'aperçut que le vin consacré s'était répandu sur ses vêtements. En conformité des lois de l'Église, on emmena Thomas à la sacristie et on lui enleva son veston, qui fut purifié. Pendant que s'accomplissait cette opération, l'abbé Girard prononçait des prières de réparation et continuait sa messe en se servant d'un autre calice. L'hostie n'avait été ni brisée ni souillée et, après un court instant d'émotion, tous les fidèles avaient regagné leurs chaises. La messe se termina donc au milieu d'un recueillement profond.

Des agents furent alors mandés et appréhendèrent Thomas que des fidèles houspillèrent à sa sortie de l'église.

— Je vous en supplie, messieurs les agents, implorait celui qu'on emmenait, protégez-moi, car ils vont m'écharper.

Débarrassé de cette crainte, après avoir franchi l'enceinte de la basilique, Thomas reprit toute son assurance.

Escorté par une centaine de badauds, Thomas arriva au commissariat de M. Dupuis, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières, qui procéda aussitôt à son interrogatoire.

Monsieur le commissaire, commença emphatiquement le déséquilibré, je suis l'auteur de la nouvelle doctrine vérithodiste et intégrale, ainsi que de nombreux autres systèmes destinés à empêcher le genre humain de continuer à perpétrer d'une façon calme et sereine les errements religieux dans lesquels il patauge (sic). Ma doctrine à moi est la véritable. Elle se résume en ceci: « Aimez-vous les uns les autres dans un but de vérité.- Ennemi de l'anarchie, je, vois d'un assez bon œil la' doctrine ecclésiastique qui est assez belle, mais je suis l'ennemi déclaré de l'erreur. Je veux suivre le Code qui dit « Jurez » de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »

Et Thomas continua pendant une demi- heure à déclamer ses théories toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Le commissaire a envoyé l'aliéné à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Entre temps, on avait informé Mgr Richard, cardinal-archevêque de Paris, de ce qui s'était passé. Sur son ordre, le Parce et le Miserere ont été chantés dans la basilique, pendant l'office de trois heures, en signe de « réconciliation ».

Le calice brisé par Thomas avait été offert aux Pères oblats par un vénérable prêtre de quatre-vingt-quinze ans, M. l'abbé Cornu, qui, malgré son grand âge, vient encore de temps en temps dire sa messe au Sacré-Cœur.

Le Figaro - 2 aout 1897
Séparation Lasse des mauvais traitements qu --- P13

Lasse des mauvais traitements que lui infligeait son mari, Henri Gros, tonnelier, rue de Tolbiac, Mme Gros avait, il y a une dizaine de jours, quitté le domicile conjugal pour se réfugier chez des amis, en banlieue. Gros alla faire une déclaration à M. Rocher, commissaire de police, qui manda Mme Gros et réussit à amener une réconciliation.

Mais la paix ne devait pas durer longtemps. Hier soir, vers sept heures, à la suite d'une nouvelle scène, Mme Gros se jetait par la fenêtre de son logement, situé au troisième étage, et se brisait les deux cuisses. Elle a été portée à l'hôpital de la Pitié.

Le Figaro - 22 août 1897
Séparation question des chapeaux au théâtre

Toujours la question des chapeaux au théâtre
M. Jules Claretie vient de recevoir des abonnés et spectateurs des loges une protestation contre les chapeaux arborés au balcon par les spectatrices.
Du fond des loges on entrevoit la scène et l'on voit des chapeaux énormes. Il serait logique que les dames ne fussent reçues au balcon que comme elles le sont à l'orchestre sans chapeaux.
On ne dit pas que les puissances s'occupent encore de la question, mais elle est posée.

Le Figaro - 27/02/97


Pastilles Poncelet
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