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Nouvelles diverses
 LE FEU

LE FEU

Le feu a pris, hier matin, vers trois heures, chez M. Pierre Montet, brocanteur, 38 et 40, rue de Seine, à Alfortville, Grâce à la grande quantité de marchandises diverses entassées dans les magasins de M. Montet, l'incendie, trouvant un aliment facile, s'est rapidement propagé et a pris en peu d'instants d'inquiétantes proportions. Les immeubles avoisinants étaient fort menacés par les flammes quand les pompiers de la localité et des communes voisines sont arrivés sur le lieu du sinistre. Au bout d'une heure d'efforts, les sauveteurs avaient pu circonscrite le foyer de l'incendie et tout danger était conjuré.
On n'a eu à déplorer aucun accident de personnes. Les pertes sont très importantes.

Le Figaro - 19 juin 1897

Séparation Jetée dans le fossé

Jetée dans le fossé

Des gardiens de la paix ont trouvé, hier matin, à quatre heures, dans le fossé des fortifications, en face de la rue du Château-des Rentiers, une femme Augustine Jourdan, âgée de trente-huit ans, demeurant avenue d'Italie. Cette femme a dit, d'abord, aux agents qu'elle avait fait une chute accidentelle puis, se ravisant, elle a déclaré qu'elle avait été précipitée dans le fossé par deux hommes et une femme parce qu'elle avait refusé de leur donner l'argent qu'elle avait sur elle.

La femme Jourdan qui se plaignait de vives douleurs internes a été conduite à l'hôpital Cochin.

Le Figaro - 19 juin 1897
Séparation M. Ernest C. marchand fleuriste

M. Ernest C. marchand fleuriste, demeurant rue de l'Estrapade, souffrant depuis quelque temps du cœur, se décida à aller consulter un spécialiste. Celui-ci lui fit une ordonnance 50 granules de digitale à 1/4 de milligramme chacun, à prendre à raison de quatre granules par jour.
Au lieu de se conformer de point en point aux prescriptions du docteur, M. C. pensa que sa guérison serait bien plus rapide s'il absorbait les granules tous à la fois. Cette imprudence lui a coûté la vie. Sa domestique, en venant dans sa chambre, hier matin ; l'a trouvé râlant, en proie à d'horribles souffrances. Quand le médecin, qu'on envoya chercher, arriva, le malheureux rendait le dernier soupir.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation Une femme brûlée vive

Une femme brûlée vive.

Beaucoup de femmes ont la fâcheuse coutume de se laver la chevelure avec du pétrole. Il en résulte des accidents extrêmement graves lorsque les personnes en question ne prennent pas de minutieuses précautions.

C'est ainsi que Mme veuve Rambaud-Delmothe, demeurant à Courbevoie, 7, rue Saint-Lazare, après s'être imbibé la tête de pétrole, commit' l'imprudence de s'approcher d'un bec de gaz. Aussitôt, le feu prit à sa chevelure, et la malheureuse femme, ne tarda pas à être environnée de flammes.

Aux cris qu'elle poussa, des voisins accoururent. L'un d'eux lui lança Sur la tête une couverture de lainé, avec laquelle il réussit à éteindre les flammes. Mais déjà la pauvre femme, avait été grièvement brûlée sur tout le corps.

Elle a été transportée à l'hôpital Beaujon dans un état qui laisse peu d'espoir de la sauver.

Le Matin - 13 septembre 1897
SéparationLes personnes qui possèdent des objets précieux, tels que bronzes d'art, tapisseries, meubles anciens, porcelaines de Saxe et de Sèvres, même des objets é partir du douzième siècle, trouveront é les céder au comptant et au-dessus de leur valeur en s'adressant à MM. Seligmann, 33, place Vendôme, qui se dérangeront même, s'il y a lieu.Séparation Les voleurs de grands magasins

Les voleurs de grands magasins

Un sieur Lucien Léraud, âgé de trente ans, dont l'unique profession était de pratiquer des vols dans les grands magasins, a été arrêté, hier, sur la dénonciation d'une jeune femme avec laquelle il vivait et qui était chargée de vendre le produit de ses vols. Léraud avait connu naguère Émilie Bolard et l'avait installée dans ses meubles, dans le quartier de l'IIe-Saint-Louis; mais, un beau jour, il s'était lassé de la vie commune et était parti pour ne plus revenir.

Depuis, la jeune fille abandonnée s'était mise à sa recherche. Elle le rencontrait, hier matin, rue de Rivoli, et le mettait en demeure de réintégrer son domicile.

Comme Léraud s'y refusait :

— Tu l'auras voulu Tant pis ! puisque je serai vengée.

Et elle appela deux gardiens de la paix et leur dit :

— Arrêtez-nous, nous sommes des voleurs !

Au commissariat du quartier de l'Arsenal, elle a énuméré tous les vols commis par Léraud.

Le Gaulois — 30 septembre 1897
Séparation LE DRAME DE JAVEL

LE DRAME DE JAVEL

L'amant qui tue le mari – Deux cyniques – Scènes de ménage – Le crime.

Un crime a été commis, avant-hier soir, rue Sainte-Lucie, dans le quartier de Javel. Un employé qui était l'amant de la femme de son patron a tué ce dernier d'un coup de couteau.

Ce tragique évènement n'a été connu qu'hier matin, l'assassin et sa complice, deux monstres de cynisme, ayant continué de vaquer paisiblement à leurs occupations après l'accomplissement de leur forfait.

Au n°13 de la rue Sainte-Lucie habitaient les époux Guillet, marchands de fruits et de légumes. Le mari, Alphonse Guillet, âgé-de trente et un ans, avait 'épousé, il y a douze ans, une demoiselle Marie Ladouce, aujourd'hui âgée de trente-quatre ans. De cette union naquirent deux enfants une petite fille Alphonsine,- âgée aujourd'hui de onze ans et un petit garçon, mort depuis trois ans.

Le commerce des époux Guillet était très prospère. Tous les jours, le mari et la femme se rendaient aux Halles, où ils achetaient en gros des légumes, qu'ils revendaient en détail au marche couvert de Grenelle; ils possédaient un cheval et une voiture, et le local qu'ils occupaient rue Sainte-Lucie était assez vaste. Il se composait d'un rez-de-chaussée, où se trouvaient la chambre à coucher, une autre chambre et une-cuisine, d'un magasin, d'une; écurie et d'une remise pour la voiture, le tout donnant sur une cour.

Les nécessités de son commerce obligeait M. Guillet à fréquenter d'une façon un peu trop assidue peut-être les débits de vin c'est la qu'il traitait ses affaires. II rentrait souvent ivre à la maison, et sa femme ne manquait, pas de lui adresser de vifs reproches. Mme Guillet avait appris, en outre, que son mari ne dédaignait pas de se commettre de temps à autre avec les bonnes du quartier.

L'année dernière, M. Guillet prit à son service un nomme Jules-Frédéric Delapierre, âgé de vingt et un ans, qui ne tarda pas à s'insinuer profondément — trop même — dans les bonnes grâces de la patronne. A partir de ce moment, le ménage Guillet devint un véritable enfer chaque jour, c'était au numéro 13 de la rue Sainte-Lucie, des scènes épouvantables qui ameutaient tout le quartier.

Le-jour de Noël, la suite d'une discussion plus violente que les autres, le patron frappa son employé d'un coup de couteau. Delapierre ne porta pas plainte.

Coup de couteau.

Samedi soir, à huit heures, le mari et l'amant se prirent de querelle, et Guillet expulsa de chez lui son employé. Delapierre parcouru la rue Sainte-Lucie, en déclarant aux voisins qu'il allait « crever » Guillet. Il tira un couteau de sa poche, l'aiguisa sur une pierre devant le débit de boissons Chèze, situé au numéro 13, le planta dans la devanture pour s'assurer de la solidité de la lame, puis il alla frapper à la- porte de son patron.

Guillet vint ouvrir. Il aperçut son employé, s'élança sur lui et essaya de le repousser sur le trottoir. Une lutte s'engagea entre les deux hommes ; mais Delapierre tira son couteau de sa poche et en porta un violent coup à la tempe gauche du marchand de légumes.

Guillet tomba à la renverse pour ne plus se relever.

La femme Guillet intervint alors la porte fut fermée, et les voisins n'entendirent plus rien.

Une fois seuls, la femme de la victime et l'assassin relevèrent le cadavre, le transportèrent dans le magasin et l'étendirent sur le lit où couchait habituellement Delapierre.

Le cadavre.

Le corps fut entouré de serviettes et de torchons, puis Delapierre sortit et se rendit dans un débit de boissons, rue Saint-Charles, où sa maîtresse ne tarda pas à aller le rejoindre. Ils burent quelques petits verres, puis achetèrent un litre de bière, qu'ils emportèrent. A. trois heures du matin, ils se rendirent, au marché de Grenelle, où ils vendirent pour près de 600 francs, de marchandises.

Mme Guillet, en partant, avait laissé la clef, de la maison à. Mme Chèze, la marchande de vin d'à côté, afin qu'elle la remit à la petite Alphonsine lorsque cette dernière reviendrait de chez son grand-père.

La petite fille pénétra dans le logement, puis retourna chez Mme Chèze, on disant avec effroi :

— Papa est couché sur le lit de Delapierre ; il est plein de sang.

La marchande de vin se transporta dans le magasin et constata que son voisin était mort. Elle fit prévenir Mme Guillet.

La femme se refusa tout d'abord à mander un médecin.

— Mon mari a une simple attaque, dit-elle. Ça lui passera,

Enfin, devant l'insistance des voisins, elle fit avertir M. le docteur Cortot, qui constata le décès et déclara que la mort était due à la blessure que le marchand de légumes portait à la tempe gauche.

Le commissariat de police du quartier de Grenelle fut prévenu, et M. Grabherr, remplaçant M. Guilhen, en congé, vint procéder à l'arrestation de Mme Guillet.

Delapierre, qui se trouvait encore au marché, ayant appris par la rumeur publique la découverte du crime, se rendit au commissariat de la rue Saint-Charles, où il se constitua prisonnier.

Le cadavre de la victime a été transporté à la Morgue.

Pendant toute l'après-midi, une foule énorme n'a cessé de stationner devant la maison où ce drame assez étrange s'est déroulé.

Le Matin - 14 septembre 1897
Séparation UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

L'abbé en était arrivé au moment de l'élévation lorsqu'un individu, vêtu misérablement d'un veston et d'un pantalon noirs, les cheveux et la barbe incultes, les yeux sortant des orbites, ayant à la main gauche un rouleau de papier, et qui s'était tenu depuis le commencement de l'office à proximité du maître-autel, se précipita sur le prêtre en bousculant les enfants de chœur, saisit le calice et le brisa sur le marbre en criant :

— En voilà assez de ces errements

M. le chapelain Girard repoussa violemment le profanateur qui s'apprêtait à lire aux fidèles un factum composé de seize pages.

Le suisse et les enfants de chœur se saisirent de lui et l'entraînaient dehors, quand on s'aperçut que le vin consacré s'était répandu sur ses vêtements. En conformité des lois de l'Église, on emmena Thomas à la sacristie et on lui enleva son veston, qui fut purifié. Pendant que s'accomplissait cette opération, l'abbé Girard prononçait des prières de réparation et continuait sa messe en se servant d'un autre calice. L'hostie n'avait été ni brisée ni souillée et, après un court instant d'émotion, tous les fidèles avaient regagné leurs chaises. La messe se termina donc au milieu d'un recueillement profond.

Des agents furent alors mandés et appréhendèrent Thomas que des fidèles houspillèrent à sa sortie de l'église.

— Je vous en supplie, messieurs les agents, implorait celui qu'on emmenait, protégez-moi, car ils vont m'écharper.

Débarrassé de cette crainte, après avoir franchi l'enceinte de la basilique, Thomas reprit toute son assurance.

Escorté par une centaine de badauds, Thomas arriva au commissariat de M. Dupuis, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières, qui procéda aussitôt à son interrogatoire.

Monsieur le commissaire, commença emphatiquement le déséquilibré, je suis l'auteur de la nouvelle doctrine vérithodiste et intégrale, ainsi que de nombreux autres systèmes destinés à empêcher le genre humain de continuer à perpétrer d'une façon calme et sereine les errements religieux dans lesquels il patauge (sic). Ma doctrine à moi est la véritable. Elle se résume en ceci: « Aimez-vous les uns les autres dans un but de vérité.- Ennemi de l'anarchie, je, vois d'un assez bon œil la' doctrine ecclésiastique qui est assez belle, mais je suis l'ennemi déclaré de l'erreur. Je veux suivre le Code qui dit « Jurez » de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »

Et Thomas continua pendant une demi- heure à déclamer ses théories toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Le commissaire a envoyé l'aliéné à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Entre temps, on avait informé Mgr Richard, cardinal-archevêque de Paris, de ce qui s'était passé. Sur son ordre, le Parce et le Miserere ont été chantés dans la basilique, pendant l'office de trois heures, en signe de « réconciliation ».

Le calice brisé par Thomas avait été offert aux Pères oblats par un vénérable prêtre de quatre-vingt-quinze ans, M. l'abbé Cornu, qui, malgré son grand âge, vient encore de temps en temps dire sa messe au Sacré-Cœur.

Le Figaro - 2 aout 1897
Séparation DOULEURS ET NÉVRALGIES

DOULEURS ET NÉVRALGIES

Il n'est pas d'affection plus rebelle et plus douloureuse que la névralgie il n'en est pas de plus répandue à l'heure qu'il est, étant donnée la diffusion toujours croissante de l'anémie et de l'arthritisme, causes primordiales des névralgies.
Il n'est pas de médicament unique contre ces affections. On ne réussit à les guérir que par un ensemble de médications. Le groupement connu partout aujourd'hui sous le nom de vin Désiles (quinquina, kola, coca, iode, phosphore, etc.) correspond précisément à la lutte rationnelle contre les affections nerveuses en général. Stimulant et régulateur de l'innervation, le vin Désiles répare les désordres de l'arthritisme, enrichit le sang, augmente la tonicité musculaire et supprime les spasmes douloureux.

Dr Alèque.

Séparation La chassse aux morts

La chassse aux morts

Un incident plutôt macabre s'est passé, 34, boulevard de Clichy.

Une dame R… occupe, à cette adresse, un appartement au quatrième étage. Alitée depuis prés de deux mois, elle reçoit les soins du docteur X... qui venait, deux fois par jour, lui faire des injections d'un sérum quelconque. Mais ce médecin, ayant une clientèle importante à visiter, avait prié M. Tissot, pharmacien, habitant la maison, de le suppléer, partiellement du moins, dans les soins à donner à la malade.

Ces jours derniers, un individu tout de noir vêtu, comme il convient aux employés des entreprises funéraires, se présentait chez le concierge de l'immeuble, priant qu'on lui indiquât l'étage où venait de décéder Mme R…

— Mais, répondit le concierge tout interloqué, cette dame n'est pas morte ! Elle est, au contraire, en voie de guérison.

— Vous ne savez ce que vous dites, mon brave homme. Indiquez-moi l'étage, c'est tout ce que je vous demande.

— Au quatrième, puisque vous y tenez. L'homme gravit les escaliers quatre à. quatre. Le hasard voulut que ce fût M. Tissot qui le reçût.

— C'est bien ici, questionna le funèbre visiteur, qu'il y a une morte ?

— Qu'est-ce que c'est que cette mauvaise plaisanterie ? fit M. Tissot en empêchant d'entrer le visiteur

— Il n'y a pas de mauvaise plaisanterie, reprit celui-ci, et je sais ce que je dis !

Et alors il expliqua qu'appartenant à une agence de transports funèbres il avait été informé, à la mairie de Montmartre, du décès de Mme R... Il venait, en conséquence, faire ses offres de service à la famille ou, à son défaut, aux amis de la défunte.

Indigné, à bon droit, de l'extrême légèreté des employés de l'état civil et de l'incorrecte insistance du macabre courtier, M. Tissot l'engagea, en termes nets, à décamper. L'homme, un nommé P. S..., furieux de voir lui échapper l'aubaine qu'il s'était promise, se montra d'une telle inconvenance que M. Tissot se vit dans l'obligation de le faire conduire par un gardien de la paix chez M. Dupuis, commissaire de police. Là, tout s'expliqua, et l'agent funèbre fut invité à plus de circonspection à l'avenir.

Mais, hélas! L’algarade avait été malheureusement entendue de Mme R... La pauvre femme, vivement impressionnée par cette scène qui n'avait rien de folâtre, s'était évanouie et c'est à grand’ peine qu'on put lui faire reprendre connaissance.

Le Figaro – 19 août 1897
Séparation CURIEUX CAS DE FOLIE

CURIEUX CAS DE FOLIE

Une femme, âgée d’environ cinquante ans, se présentait dans la matinée aux guichets de la Banque de France, rue Monsigny.

— Je viens, dit-elle, toucher six millions que m’a légués, il y a mille ans, saint Antoine de Padoue. Payez-moi capital et intérêts en billets de banque.

— Vous ne pouvez, madame, emporter seule un pareil fardeau, lui fut-il répondu. Un de nos employés va vous aider.

L’employé a conduit la pauvre folle au commissariat de police voisin, et elle a été envoyée å l’infirmerie du dépôt.

Cette malheureuse, qui se nomme Victorine Pierçon, a eu autrefois une assez grosse fortune qu’elle a perdue dans de mauvaises spéculations.

Le Gaulois — 22 août 1897
Séparation M

M. de Chirac, du Théâtre réaliste, donnera vendredi 9 avril, en la salle de l'Elysée-des-Beaux-Arts, une « soirée profane ». En voici le programme : 1° L'Art d'être c. 2° Les Biffins, mœurs de chiffonniers, musique de Camille Serguières 3° Les Baveux; 4° Les Dépravées, étude de mœurs mondaines; 5° Panamiste ! une page d'histoire.
Ce spectacle, étant donnée sa composition, sera rigoureusement privé, et les personnes qui désireraient y assister sont donc priées de s'inscrire à l'administration, 160, boulevard Malesherbes.

Le Figaro 2/04/97


Pastilles Poncelet
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