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Nouvelles diverses
 Un ouvrier charpentier, nommé Émile Boulanger

Un ouvrier charpentier, nommé Émile Boulanger, âgé de cinquante-sept ans, est un socialiste enragé. Considérant comme un déshonneur de porter le même nom que le « brave général », Émile avait adressé une requête au garde des sceaux pour être autorisé changer de nom. Au ministère, on considéra avec juste raison que 'le motif invoqué ne pouvait être pris en considération et on répondit, avant-hier matin, par un refus formel.

Émile ne trouva rien de mieux que de noyer sa déception dans des flots de vin. Il rentra, le soir, ivre-mort, dans la chambre qu'il occupe rue de la Chapelle et fit tous ses préparatifs pour s'envoyer dans un monde meilleur. Il chargea jusqu'à la gueule un vieux pistolet et, se plaçant le canon de l'arme sur la poitrine, il pressa la détente.

Le coup partit, mais le pistolet qui était vieux et rouillé éclata et l'infortuné Boulanger tomba ensanglanté sur le parquet ; il n'était heureusement pour lui que légèrement blessé.

Le Figaro - 1er juin 1897
Séparation LES ROSIÈRES DE NEUILLY

LES ROSIÈRES DE NEUILLY

Pendant que se courait le Grand Prix et que, dans Paris, on s'entretenait des détails de l'attentat commis contre le Président, la ville de Neuilly couronnait ses rosières. Nous disons « ses », car il y en a deux, récompensées par deux prix différents fondés par M. Perret et Mme veuve Letort. Ils consistent en deux sommes d'argent de 200 et 500 francs.
Les titulaires pour l'année 1897 étaient Mlles Rosalie Boissier et Camille Belin. La fête, tout intime, a eu lieu à l'hôtel de ville. Vu le deuil récent de Mlle Boissier, qui a perdu son père, la somme ordinaire consacrée au banquet, 400 francs, a été, cette année, partagée entre les deux rosières.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation LA MISÈRE

LA MISÈRE

Les gardiens de la paix ont ramassé hier, rue du Rocher, une pauvre femme qui, depuis un instant, marchait en chancelant et qui, finalement, venait, de s'affaisser sans connaissance.
Conduite au poste et ranimée, cette malheureuse a déclaré qu'elle mourait littéralement de faim. C'est une dame Delécluse, demeurant 1, passage Chatelet (avenue de Saint-Ouen). Elle a trois enfants et est sans travail. C'est une misère navrante.
Après l'avoir réconfortée, on l'a fait reconduire à son domicile par un gardien de la paix.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation Les « pédards

Les « pédards »

Voici un nouveau fait qui n'est point à l'honneur de la gent bécanière (nous voulons parler des « pédards », contre lesquels une active campagne est menée en ce moment) :

Hier matin, une très vieille personne, Mme Lévistonne, âgée de soixante-dix-sept ans et demeurant 55, avenue Victor-Hugo, traversait péniblement l'avenue de la Grande-Armée quand un cycliste, lancé à toute vitesse, fondit brusquement sur elle et la renversa sur la chaussée.

Le vélocipédiste tomba également. Mais, après avoir constaté d'un coup d'œil expert que sa machine n'avait aucune avarie, il remonta précipitamment en selle et fila vers le bois de Boulogne sans même daigner regarder sa victime. Mme Levistonne fut relevée quelques instants après par des gardiens de la paix, qui la reconduisirent chez elle.

La pauvre vieille dame porte une blessure profonde à la tempe droite, et son grand âge fait craindre des complications qui pourraient avoir pour elle des conséquences fatales.

Le Matin - 25 septembre 1897
SéparationLa température est froide et pénétrante. C'est donc le moment de se munir de complets et pardessus chaudement doublés à 65.fr. sur mesure du Jockey-Club, 104 r. Richelieu. (Tél.)Séparation RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Séparation Mésaventures conjugales

Mésaventures conjugales

Il y a quelques mois, M. R... huissier dans une petite ville du Nord, prenait chez lui, en qualité de petit clerc, un de ses cousins, le jeune Amédée B. âgé de dix-sept ans. Amédée B. qui logeait chez l'huissier, disparaissait ces jours-ci, en emportant à son patron une somme de trois mille francs. M. R... ayant appris par un de ses amis que le jeune clerc avait été vu en bonne fortune dans un théâtre de Paris, résolut par respect pour sa famille de ne pas porter plainte et de retrouver lui-même son voleur.

Il vint donc à Paris et s'aboucha avec une agence de renseignements. La femme de l'huissier s'était rendue pendant ce temps-là à Maubeuge dans sa famille.

Hier, M. R... apprenait par l'agence .de renseignements à laquelle il s'était adressé qu'on avait trouvé le gîte du jeune Amédée.

Sans perdre une minute, il se rendait au domicile indiqué rue de Turenne et frappait à la porte. Une jeune femme vint ouvrir, et quelle ne fut pas la stupéfaction de l'huissier cette femme n'était autre que sa propre femme qu'il croyait à Maubeuge Dans son indignation, il courut prévenir le commissaire de police du quartier qui a procédé à l'arrestation du jeune clerc et constaté qu'il «vivait avec sa complice Mme R... ». Le mari trompé aurait l'intention de déposer une demande de divorce.

Mme R..., qui compte  quarante printyemps, a été laissée en liberté. Son jeune cousin a été envoyé au dépôt.

Le Gaulois — 30 septembre 1897
Séparation Le crime de la rue Basfroi

Le crime de la rue Basfroi

Avant-hier, c'était un amant qui tuait sa maîtresse qu'il soupçonnait de trahison, aujourd'hui c'est un mari qui assassine l'amant de sa femme.

L'assassin se nomme Charles Jacquerey. II est âgé de trente-deux ans et travaillait en qualité de chauffeur chez MM. André et Cie, peaussiers, 87, rue Alexandre-Dumas. Il habitait avec sa femme et ses quatre enfants rue de Charonne, 147. Très bon ouvrier, mais n'ayant aucun sentiment de ses devoirs de père de famille, il ne rapportait à la maison qu'une faible partie de sa paye. Le reste, il le laissait dans les débits de vins.

Samedi dernier, il avait touché 30 francs. Quand il rentra, il n'avait plus en sa possession que 13 francs. Sa femme lui fit des reproches.

— Ah ! c'est ainsi, fit-il; eh bien au revoir.

Et il partit en remettant dans son portemonnaie les quelques francs qu'il venait de montrer, sans s'occuper si les siens n'allaient t pas mourir de faim. C'est ce qui serait peut- être arrivé, si sa femme n'était allée demander aide et secours à son parent Édouard Lauwers, qui avait quarante-cinq ans et habitait rue Basfroi, 46 ; Lauwers était ouvrier polisseur ; d'aucuns prétendent, dans le quartier mais rien n'est moins prouvé qu'il avait existé entre eux d'intimes relations avant le mariage de Jacquerey. Celui-ci avait-il eu vent de cette histoire ? On assure encore qu'il savait à quoi s'en tenir à ce sujet et, que, se bouchant les yeux pour ne rien voir, il laissait à sa femme toute liberté d'allure. Quoi qu'il en pût être, Jacquerey ne s'était montré jusqu'à présent, vis-à-vis de la mère de ses enfants, ni plus ni moins prévenant que ne le sont d'habitude les ouvriers pour lesquels le cabaret a plus d'attrait que l'intérieur familial. Il travaillait et buvait beaucoup, il ne désirait rien de plus.

Abandonnée à elle-même, la pauvre femme, entendant ses enfants crier famine, s'adressa à Lauwers à celui qui toujours s'était montré si bon, si affectueux pour elle et ses bébés. Que seraient-ils devenus sans lui ? Jacquerey ne reparaissait plus ; il s'inquiétait bien d'eux, vraiment !

Hier matin, vers cinq heures, Lauwers, avant de se rendre à son atelier, était monté chez la femme Jacquerey. Il lui apportait un peu d'argent.

Au moment où il s'en allait, la porte s'ouvrit brusquement, livrant passage à Jacquerey qui, ivre de vin et de fureur, s'élança vers sa femme en lui faisant les plus terribles menaces. Lauwers se jeta entre eux. Le malheureux a payé de sa vie sa généreuse intervention. Jacquerey sortit un couteau de sa poche et en frappa au défaut de l'épaule celui qu'à tort ou à raison il considérait comme son rival.

— Je suis blessé à mort s'écria l'ouvrier polisseur en s'adressant à la femme Jacquerey. Fuyez ! fuyez !... il vous tuera vous et vos enfants !...

Et il tomba sur le parquet, pour ne plus se relever. Quelques instants plus tard, en effet, il rendait le dernier soupir à l'hôpital Saint-Antoine où on l'avait transporté.

Quant à l'assassin qui était tranquillement sorti de la maison sans que personne osât lui barrer le chemin, il a été arrêté rue Alexandre-Dumas.

M. Le Jaïn, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt, en même temps qu'il faisait transporter à la Morgue le corps de la victime.

Le Figaro — 25 août 1897
Séparation Les mauvais héritages.

Causerie du foyer - Vin Désiles


Les mauvais héritages.

On appelle ainsi les maladies constitutionnelles, celles dont nous apportons en naissance le germe héréditaire et qui, par Ia mauvaise hygiène ou les à-coups accidentels, s’accentuent et s’aggravent. Pour lutter contre la diathèse, un médicament est évidemment illusoire : ce qu’il faut, c’est un ensemble de médications longuement continué : à maladie chronique sied un traitement également chronique.
Il faut surtout refaire le sang et le système nerveux (cellule nerveuse et globule rouge). On s’adresse, pour cela, aux modificateurs métalliques, comme le fer, le phosphore et l’iode.
Il faut refaire du muscle : on y arrive par le quinquina, par le tanin, par la kola et la coca ; ces puissants incitateurs de l’énergie, appréciés de longue date par les nègres d’Afrique et par les anciens Incas.
Le Vin Désiles a l’avantage très apprécié de réunir, sous un petit volume et sous une forme agréable, toutes les médications précédentes. Aussi, son usage empêche très efficacement les complications des diathèses
Ainsi le Vin Désiles réussit très bien à calmer les manifestations nerveuses des rhumatisants et des goutteux héréditaires. En opérant, la restauration nutritive chez les diathésiques, la médication toni- stimulante qu’il représente facilite la rééquillibration du système nerveux détraqué et inharmonique et évite les récidives morbides de l’avenir.

Dr ALEVEQUE.

Séparation Un gardien de la paix se trouvan

Un gardien de la paix se trouvant, avant-hier, dans le vestibule de la mairie du sixième arrondissement, vit venir à lui un homme d'une cinquantaine d'années, assez misérablement vêtu.
— Je suis le gouverneur de Paris, dit-il à l'agent, et j'ai droit, par conséquent, aux honneurs militaires.
— Dans ce cas, mon général, répliqua le gardien, qui vit de suite à qui il avait affaire, je vous prie de vouloir bien me suivre et de venir inspecter le poste de garde.
L'aliéné suivit l'agent. Pendant qu'on allait prévenir M. Lagaillarde, commissaire de police, le pauvre fou distribua des grades et des décorations à tous les agents.
Ce malheureux, un nommé Alexandre Bourbier, ouvrier maçon, sans travail et sans domicile, a été immédiatement conduit à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Le Figaro - 2 août 1897

Séparation DRAME CONJUGAL

DRAME CONJUGAL

II y a deux ans environ, un menuisier, nommé Alfred Martinet, abandonnait sa femme et ses deux enfants pour aller vivre avec une ouvrière dont il avait fait la connaissance.

Ces jours-ci, une rupture se produisait dans le faux ménage, et Martinet, recherchant sa femme, apprit qu'elle demeurait rue de la Chapelle, 72. II s'y présenta le soir et frappa à sa porte. Ce fut un homme qui vint lui ouvrir, car sa femme lui avait donné un successeur.

Martinet réclama sa femme et ses enfants mais son remplaçant pour toute réponse le jeta à la porte.

Furieux, Martinet s'empara d'un ciseau à froid et en porta plusieurs coups au pauvre diable qui tomba baigné dans son sang. II allait pénétrer dans le logement pour frapper également sa femme, mais il en fut empêché par des voisins qui le remirent entre les mains des gardiens de la paix.

M. Demarquay, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt et a fait transporter le blessé, un peintre en bâtiments du nom d'Eugène C… à l'hôpital Lariboisière.

Le Gaulois — 28 août 1897
Séparation Mlle de Miramon

Mlle de Miramon, en se rendant de la rue de Castellane au théâtre des Nouveautés, où elle joue dans Petites Folies, a perdu un face-à-main écaille blonde avec le chiffre M en diamants et chaîne de perles.

Cent francs de récompense à qui la lui rapportera aux Nouveautés.


Pastilles Poncelet
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