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Nouvelles diverses
 On n'est pas plus naïf !

On n'est pas plus naïf !

Les époux G. concierges rue Lafayette, recevaient, il y a quelques jours, la visite d'un individu qui leur dit qu'ayant appris qu'ils allaient se retirer la carapagne, il venait leur proposer d'élever un enfant naturel.

— Vous serez très largement rémunérés, ajouta cet homme, et, pour que vous n'ayez aucune crainte à ce sujet, je vous remets une somme de 20,000 francs, représentée par des titres que voici.

Et il étala rapidement sous les yeux des époux G. une liasse de titres de premier ordre, assura-t-il.

— C'est pour vous une bonne fortune et vous me devez bien quelque chose. Donnez-moi 1,000 francs pour ma commission et demain je vous amènerai l'enfant, fit-il, en leur remettant les valeurs.

Les braves concierges, tout heureux de cette bonne aubaine, s'exécutèrent, se confondant en remerciements. Mais hier, ne voyant arriver ni l'homme ni l'enfant, ils pensèrent qu’ils avaient été la dupe d'un escroc. Ils ne s'étaient pas trompés. Les titres n'avaient aucune espèce de valeur.

Le Figaro — 12 juin 1897
Séparation LE « BEAU BÉRANGER »

LE « BEAU BÉRANGER »

Eugène Béranger, dit le « beau Béranger », ouvrier miroitier, demeurant, 9, impasse Montagne, avait pour maîtresse une demoiselle Louise Frein, de Choisy-le-Roy. Samedi, à la suite d'une discussion, Louise quitta son amant, en déclarant qu'il ne la reverrait plus.
Elle comptait que la journée de dimanche ne se passerait pas sans qu'il vînt la supplier de revenir, et elle se préparait à être clémente. Pas du tout Le « beau Béranger » déclara qu'il était enchanté d'être débarrassé de « son crampon ».
Furieuse, Louise revenait lundi matin, rencontrait Béranger rue Beccaria, et, après une scène de reproches, lui porta un formidable coup de tranchet dans la région du cœur. Le blessé a été porté à l'hôpital Saint-Antoine. Louise Frein a été arrêtée par M. Brunet, commissaire de police.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation ACCIDENTS

ACCIDENTS

Autrefois, c'étaient seulement les voitures de laitiers et de bouchers qui, lancées à une vitesse folle, écrasaient les passants. Maintenant les breaks et les tapissières de courses viennent à la rescousse d'une terrible façon.
Dimanche, au retour de Lonchamps, un char-à-bancs, traîné par quatre chevaux, a écrasé, place de la Concorde, une dame Lasser, qui passait avec son mari. La malheureuse est morte à l'hôpital de la Charité. Un fait du même genre s'est passé boulevard des Batignolles. Un élève du collège Chaptal a été renversé par une tapissière de courses qui passait au grand galop. L'enfant a été porté dans une pharmacie, où le docteur Vaucaire lui a donné les premiers soins après quoi, il a été conduit chez ses parents.
Ne serait-il pas utile de règlementer la marche de ces véhicules ?

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation L'art de se meubler gratuitement

L'art de se meubler gratuitement.

Deux corrects gentlemen se présentaient, il y a quelques jours, chez un marchand de meubles de la rue de Charenton, M. Hermann et exprimaient le désir de faire l'acquisition de deux mobiliers de chambre à coucher.

Après avoir examiné les marchandises contenues dans le magasin, leur choix se porta définitivement sur deux mobiliers en palissandre, de 1,800 francs chacun. Ils se retirèrent en informant le négociant que leur domestique viendrait, le lendemain, prendre livraison des meubles et le prièrent de l'accompagner muni de la facture acquittée.

Le lendemain matin, en effet, un homme se présentait de la part des deux acheteurs et chargeait les meubles dans une voiture.

Ainsi qu'il avait été convenu, M. -Hermann plaça la facture acquittée dans sa poche et se mit en route, suivi du domestique et de la voiture, pour le domicile indiqué par ses deux clients, dans le quartier de la Bourse.

Arrivé au faubourg Montmartre, le domestique, désignant un restaurant au marchand, lui dit :

— Comme je n'ai pas la clef de l'appartement de mes maîtres et qu'ils ont l'habitude de déjeuner dans cet établissement, entrons-y donc. Nous les y rencontrerions probablement, et ils nous inviteront à déjeuner.

M. Hermann accepta. Les deux gentlemen n'étaient pas encore arrivés au restaurant. Le domestique proposa au négociant de déjeuner en les attendant. Au dessert, sous prétexte d'aller la rencontre de ses maitres, il sortit. Le naïf marchand attendit vainement son retour. L'homme avait disparu, avec la voiture et les meubles.

M. Hermann, désolé, alla porter plainte chez M. Archer, commissaire de police.

Ce magistrat a été assez heureux pour arrêter, le même soir, l'un de ces audacieux filous. Un inspecteur du commissariat, M. Maniez, retrouva la trace du véhicule et apprit ainsi que les meubles avaient été déposes dans une boutique non louée de la rue Durantin. Il se cacha dans cette boutique et, le soir, lorsqu'un des individus se présenta pour enlever la marchandise volée, il l'arrêta.

C'est un nommé Compain, demeurant 119, boulevard Voltaire. Cet individu a déjà subi plusieurs condamnations pour vols et escroqueries. Il a été impossible d'obtenir de lui la révélation du nom de ses complices.

Le Matin - 13 septembre 1897
SéparationIl n'est plus de mauvaises digestions avec les Pastilles de Vichy-État, les estomacs les plus délicats sont délivrés par ce délicieux bonbon, de leurs aigreurs et de leur lourdeur. Préparées avec le Sel Vichy-État ou sel extrait à Vichy des sources de l'État, ces Pastilles sont comme le reflet adouci de ces célèbres sources Célestins, Grande-Grille et Hôpital. Exigez donc toujours les Pastilles de Vichy-État, si supérieures aux pastilles de Vichy du commerce.Séparation Accident.

Accident

Un tondeur de chiens, du nom de V. Marie, travaillait, hier, vers deux heures, au bas du pont Solferino, lorsque son chapeau tomba à l'eau. Il se pencha pour le rattraper et perdit lui-même l'équilibre.

Le courant l'entraînait. Un ouvrier peintre, occupé aux travaux de réfection du pont, se jeta dans le fleuve et nagea vers le malheureux. Il allait le rejoindre quand des mariniers, qui n'avaient vu que la chute du peintre et croyaient à un accident, se portèrent à son secours et le saisirent pour le remonter dans leur bateau.

Avant qu'il leur eut expliqué ce qui était arrivé, Marie avait disparu. On n'a trouvé son cadavre qu'une heure après.

Le Figaro — 9 septembre 1897
Séparation Les jeunes gens s'amusent

Les jeunes gens s'amusent.

On raconte la petite aventure suivante, qui, parait-il, serait parfaitement authentique.

Une de ces nuits dernières; une discussion éclatait à propos du payement d'une note entre le patron et quatre consommateurs et leurs compagnes dans un restaurant de nuit voisin de la gare Saint-Lazare.

Des agents durent intervenir et conduisirent finalement les tapageurs devant le secrétaire de la permanence de nuit du poste de l'Opéra ils furent laissés en liberté après avoir décliné leurs noms et qualités. Un d'eux avait déclaré être M. X. juge au tribunal de la Seine.

Après leur départ, le secrétaire réfléchit que le soi-disant juge paraissait bien jeune et peu sérieux et adressa au cabinet du préfet de police un rapport spécial, à la suite duquel une enquête fut ordonnée, qui démontra que les quatre fêtards avaient donné de faux noms et de faussés qualités.

Le dossier a été transmis au parquet, et l'affaire confiée au juge même dont on avait usurpé le nom et la qualité.

Le vrai magistrat recherche les coupables et à convoqué plusieurs témoins. On dit au Palais que celui qui a donné le nom d'un juge serait le fils d'un autre magistrat, qui aurait trouvé très plaisant de compromettre un peu le collègue de son père.

Le Matin – 26 sept. 1897
Séparation UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

UN SCANDALE AU SACRÉ-CŒUR

La grand'messe, que disait hier matin, à neuf heures et. demie au Sacré-Cœur, M. le chapelain Pierre Girard, a été troublée par la manifestation violente d'un déséquilibré, nommé Barthélemy Thomas, né à Paris en 1851, et demeurant à Colombes, 10, rue Jean-Goujon.

L'abbé en était arrivé au moment de l'élévation lorsqu'un individu, vêtu misérablement d'un veston et d'un pantalon noirs, les cheveux et la barbe incultes, les yeux sortant des orbites, ayant à la main gauche un rouleau de papier, et qui s'était tenu depuis le commencement de l'office à proximité du maître-autel, se précipita sur le prêtre en bousculant les enfants de chœur, saisit le calice et le brisa sur le marbre en criant :

— En voilà assez de ces errements

M. le chapelain Girard repoussa violemment le profanateur qui s'apprêtait à lire aux fidèles un factum composé de seize pages.

Le suisse et les enfants de chœur se saisirent de lui et l'entraînaient dehors, quand on s'aperçut que le vin consacré s'était répandu sur ses vêtements. En conformité des lois de l'Église, on emmena Thomas à la sacristie et on lui enleva son veston, qui fut purifié. Pendant que s'accomplissait cette opération, l'abbé Girard prononçait des prières de réparation et continuait sa messe en se servant d'un autre calice. L'hostie n'avait été ni brisée ni souillée et, après un court instant d'émotion, tous les fidèles avaient regagné leurs chaises. La messe se termina donc au milieu d'un recueillement profond.

Des agents furent alors mandés et appréhendèrent Thomas que des fidèles houspillèrent à sa sortie de l'église.

— Je vous en supplie, messieurs les agents, implorait celui qu'on emmenait, protégez-moi, car ils vont m'écharper.

Débarrassé de cette crainte, après avoir franchi l'enceinte de la basilique, Thomas reprit toute son assurance.

Escorté par une centaine de badauds, Thomas arriva au commissariat de M. Dupuis, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières, qui procéda aussitôt à son interrogatoire.

Monsieur le commissaire, commença emphatiquement le déséquilibré, je suis l'auteur de la nouvelle doctrine vérithodiste et intégrale, ainsi que de nombreux autres systèmes destinés à empêcher le genre humain de continuer à perpétrer d'une façon calme et sereine les errements religieux dans lesquels il patauge (sic). Ma doctrine à moi est la véritable. Elle se résume en ceci: « Aimez-vous les uns les autres dans un but de vérité.- Ennemi de l'anarchie, je, vois d'un assez bon œil la' doctrine ecclésiastique qui est assez belle, mais je suis l'ennemi déclaré de l'erreur. Je veux suivre le Code qui dit « Jurez » de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »

Et Thomas continua pendant une demi- heure à déclamer ses théories toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Le commissaire a envoyé l'aliéné à l'infirmerie spéciale du Dépôt.

Entre temps, on avait informé Mgr Richard, cardinal-archevêque de Paris, de ce qui s'était passé. Sur son ordre, le Parce et le Miserere ont été chantés dans la basilique, pendant l'office de trois heures, en signe de « réconciliation ».

Le calice brisé par Thomas avait été offert aux Pères oblats par un vénérable prêtre de quatre-vingt-quinze ans, M. l'abbé Cornu, qui, malgré son grand âge, vient encore de temps en temps dire sa messe au Sacré-Cœur.

Le Figaro - 2 aout 1897
Séparation LES RECONSTITUANTS

LES RECONSTITUANTS

Les reconstituants sont les produits destinés à la conservation ou à la conquête de l'énergie, à la régénération du sang, des muscles et du système nerveux. Cette large définition implique évidemment une parfaite tolérance digestive de la médication, une intégrale assimilation des matériaux nécessaires au développement ou à la croissance des éléments anatomiques défaillants.

Le Vin Désiles, type populaire du reconstituant, a volé de bonne heure vers la célébrité, grâce surtout à ce qu'il se digère et s'assimile parfaitement, sans provoquer jamais aucune rébellion de la part des organes intestinaux. Or, les anémiques, les chlorotiques, les nerveux, les affaiblis ont à leur passif une susceptibilité toujours extrême de l'estomac et de l'intestin il faut donc savoir ménager ces organes, leur conserver la valeur vitale qui leur reste, ancre de salut des malheureux malades. Or, il suffit d'expérimenter le Vin Désiles pour se convaincre en quelques semaines de son action merveilleuse sur l'assimilation. La perte d'appétit, les digestions laborieuses s'enfuient sous le coup de fouet qu'il inflige à nos sécrétions internes. La peau la plus pâle et la plus chlorotique se recolore et s'injecte d'un sang vermeil. La vigueur musculaire, l'énergie nerveuse se traduisent par la joie de vivre et le bien-être général. Les malaises nerveux, étourdissements, insomnies, irritabilité des sens, palpitations cardiaques, vapeurs, maux de tête, lassitude, idées noires, spasmes, etc., symptomatiques de l'épuisement cérébro-spinal, trouvent en effet dans la kola, le quinquina, la coca et le phosphate de chaux les véritables antidotes habilement réunis dans le Vin Désiles du Dr A. C. ancien médecin de marine.

Dr Alèque
Séparation Terrible accident

Terrible accident.

Un malheureux accident, qui a causé la mort de deux personnes, est survenu, hier soir, à sept heures et demie, rue de l'Université.

M. Charlet, qui gère un établissement de vin au numéro 127 de cette rue, faisait brûler de la paille dans les water-closets afin, disait-il, de détruire les miasmes. A quelques mètres de là, le concierge de l'immeuble, M. Lédard, âgé de quarante et un ans, et sa fille Marcelle, âgée de cinq ans, suivaient l'opération ; ils s'étaient placés sur la trappe même qui recouvre la fosse d'aisances.

La paille flambait joyeusement et des flammèches voltigeaient dans tous les sens, quand soudain une violente explosion se produisit. La trappe de la fosse fut violemment soulevée et M. Lédard, ainsi que sa fille, tombèrent dans le trou béant et nauséabond.

Le bruit de la détonation fut entendu de très loin ; des voisins, puis des passants accoururent.

Le gardien de la paix Baurie, du septième arrondissement, qui habite l'immeuble et qui était en train de s'habiller pour aller prendre son service, se rendit en toute hâte dans la cour et se dirigea vers la fosse où déjà des voisins avaient descendu des échelles. Le gardien Baurie se hasarda dans le trou, saisit le corps de Lédard et le remonta-à l'air libre.

Hélas ! l'infortuné concierge avait été asphyxié par les gaz délétères. Son cadavre fut transporté dans la loge. Le gardien de la paix Baurie. s'évanouit à son tour. On le conduisit aussitôt dans une pharmacie, où des soins énergiques lui furent donnés, puis on le remonta chez lui.

Bientôt arrivaient rue de l'Université MM. Danjou, commissaire de police ; Kuntzler, officier de paix, et les pompiers du poste dela rue des Entrepreneurs. On dut faire évacuer l'immeuble par les curieux qui avaient envahi la cour et le couloir et qui gênaient les opérations de sauvetage.

A huit heures seulement, un sapeur descendait dans la fosse, d'où les gaz morbidiques s'étaient évaporés, et pouvait sans danger remonter le cadavre de l'infortunée petite Marcelle.

Les corps du père, et de l'enfant portent de légères blessures. La trappe de la fosse a été brisée par la violence de l'explosion.

L'émotion soulevée dans le quartier par l'accident a été d'autant plus vive qu'au début, on a cru, naturellement, à un attentat anarchiste.

L'enquête à laquelle procèdera M. Danjou, permettra de fixer les responsabilités.

Le Matin — 31 août 1897
Séparation Le drame de la rue Gros

Le drame de la rue Gros

Une blanchisseuse, Mlle Adèle R..., quittait ces jours-ci, à la suite d’une violente discussion, un ouvrier serrurier, Amédée P..., avec lequel elle vivait, et la jeune femme venait s’établir chez sa mère, rue Gros, à Auteuil.

Amédée P... se mettait à sa recherche, et hier, en état d’ivresse il se présentait rue Gros, chez Mlle Adèle R..., la suppliant de reprendre la vie commune.

Comme Adèle R... refusait de se rendre â ses objurgations, Amédée P... se mit à l’injurier et à la menacer de mort.

Mlle R..., qui habite au rez-de-chaussée, eut le temps de s’enfermer chez elle, mais l’ivrogne brisa la fenêtre à coups de pied. Il allait pénétrer dans la chambre, lorsqu’il perdit l’équilibre, et en tombant se blessa grièvement.

Des agents, accourus aux cris poussés par la jeune femme, transportèrent le blessé dans une pharmacie voisine où il reçut les soins que comportait son état.

Amédée P... a été envoyé â l’infirmerie du dépôt : il sera poursuivi sous l’inculpation de menaces de mort et de violation de domicile.

Le Gaulois — 23 août 1897
Séparation question des chapeaux au théâtre

Toujours la question des chapeaux au théâtre
M. Jules Claretie vient de recevoir des abonnés et spectateurs des loges une protestation contre les chapeaux arborés au balcon par les spectatrices.
Du fond des loges on entrevoit la scène et l'on voit des chapeaux énormes. Il serait logique que les dames ne fussent reçues au balcon que comme elles le sont à l'orchestre sans chapeaux.
On ne dit pas que les puissances s'occupent encore de la question, mais elle est posée.

Le Figaro - 27/02/97


Pastilles Poncelet
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