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Nouvelles diverses
 Jetée dans le fossé

Jetée dans le fossé

Des gardiens de la paix ont trouvé, hier matin, à quatre heures, dans le fossé des fortifications, en face de la rue du Château-des Rentiers, une femme Augustine Jourdan, âgée de trente-huit ans, demeurant avenue d'Italie. Cette femme a dit, d'abord, aux agents qu'elle avait fait une chute accidentelle puis, se ravisant, elle a déclaré qu'elle avait été précipitée dans le fossé par deux hommes et une femme parce qu'elle avait refusé de leur donner l'argent qu'elle avait sur elle.

La femme Jourdan qui se plaignait de vives douleurs internes a été conduite à l'hôpital Cochin.

Le Figaro - 19 juin 1897
Séparation Le docteur Osip Promechlanski

Le docteur Osip Promechlanski, de nationalité russe, docteur en médecine, de passage à Paris, visitait, avant-hier après midi, l'hôtel des Invalides. Quant il sortit, avec plusieurs autres personnes, de la crypte où se trouve le tombeau de Napoléon 1er, il constata la disparition de sa montre et de sa chaîne. Le docteur ayant aperçu à quelques pas de lui un individu à mine patibulaire qui cherchait à se dissimuler dans la foule pensa, avec quelque raison peut-être, qu'il était l'auteur du vol. Il le signala aux gardiens du monument, mais ceux-ci se refusèrent à l'arrêter. M. Promechlanski courut alors avertir le concierge. Ce fut peine perdue, l'homme quitta l'hôtel par la porte donnant sur la place Vauban.
Le docteur a donc dû se contenter d'aller prévenir M. Brongniard, commissaire de police, du vol dont il venait d'être victime.

Le Figaro - 15 juin 1897

Séparation M. et Mme T. couturière, rue du Faubourg-Saint-Honoré,

M. et Mme T. couturière, rue du Faubourg-Saint-Honoré, étaient partis, avant-hier soir, faire une promenade à bicyclette.

Pendant leur absence, la bonne, Clémence R. eut une idée. Elle s'empara de sept coupons de soie et de divers autres objets de valeur, en fit un paquet et se disposa à partir.

A ce moment, comme dans la scène finale des Domestiques, ou comme au deuxième acte de l'Auberge du Tohu-Bohu, rentrèrent inopinément les maîtres.

Surprise, Clémence ne perdit pas la carte.

Elle jeta son paquet dans un coin et tira son mouchoir

— Ah madame, s'écria-t-elle. Je viens de recevoir un télégramme. Mon enfant se meurt. Il faut que je parte au plus vite !

— Où est ce télégramme ? demanda le mari un peu soupçonneux.

— Je l'ai perdu. Mais laissez-moi m'en aller vite. Je serai en retard pour le train.

M. T. descendit chez la concierge. Il n'était arrivé aucun télégramme à l'adresse de la bonne. Pendant ce temps, Mme T. apercevait le paquet et y trouvait les objets volés.

Bien que Clémence ait juré, sur la tête de son enfant, qu'elle ignorait qui avait mis là ce paquet, elle a été conduite chez M. Mourgues, commissaire de police, qui l'a envoyée au Dépôt.

Le Figaro - 1er juin 1897
Séparation Le cochon en ribotte

Le cochon en ribotte

« Saoul comme un cochon » : cette expression était jusqu'ici d'un usage très courant dans un monde où l'on se soucie fort peu des règlements édictés par le protocole. Il va falloir changer cela, et les représentants de la race porcine pourront dire maintenant, quand ils parleront d'un des leurs, connu, pour ses habitudes d'intempérance : « il se saoule comme un homme ». Écoutez plutôt cette aventure, dont un cochon est le héros lequel s'est laissé, aller à se griser comme un Polonais.

 Un marchand de couleurs de l'avenue d'Ivry fut réveillé l'autre soir par un bruit insolite qui semblait partir des caves de la maison. Nul doute : une bande de malfaiteurs s'était introduit dans les sous-sols de l'immeuble et y faisait ripaille avec le vin des locataires.

Il se leva et, lanterne en main, descendit à la cave. Dans un coin un corps recouvert d'une blouse et d'un pantalon de coutil, le chef dissimulé dans une casquette, gisait sur le sol, plaqué de larges taches rouges, du vin auquel était sans doute mêlé du sang.

Le marchand n'eut pas de peine à reconstituer dans son esprit apeuré le drame qui venait de s'accomplir. Des malandrins s’étaient introduits dans la cave, l'avaient pillée, l'ivresse s'étant emparée d'eux, une querelle n'avait pas tardé d'éclater, au cours de laquelle l'un d'eux, frappé à mort, avait été abandonné par ses compagnons.

Tout tremblant, M. X. referma la porte et courut réveiller les locataires. Quatre d'entre eux, n'écoutant que leur courage, descendirent l'escalier et, armés de triques, pénétrèrent dans la cave. A ce moment, l'homme mort soudain ressuscitât et se précipita vers la porte.

Une lutte s'engagea et le malfaiteur fut terrassé. Les quatre hommes s'élancèrent sur lui, au cours de la bagarre, ses vêtements étaient tombés et ses vainqueurs reconnurent qu'ils avaient affaire à un cochon.

Le mystérieux malfaiteur était un jeune porc, que des cambrioleurs avaient jugé plaisant d'enivrer en lui vidant force bouteilles de Champagne dans le groin.

Les malfaiteurs avaient pillé également la cave d'un marchand de vin de la maison.

L'un deux est connu. C'est un nommé Lecarrel, âgée de vingt ans, que plusieurs personnes ont vu porteur d'un sac rempli de bouteilles de vins fins, évidemment volées par lui.

Gil Blas — 26 septembre 1897
Séparation

Conseil pratique


Ne faites point le choix d'une poudre de riz, mesdames, avant d'avoir essayé la poudre de riz « La Madone », la seule poudre donnant au teint le velouté de la pèche, l'éclat des roses et préservant la peau des boutons, tâches et dartres qu'occasionnent parfois les poudres ordinaires. On trouve chez tous les parfumeurs la poudre de riz « La Madone ». Vente en gros, 26, rue d'Enghien.Séparation Un escroc

Un escroc

Nous avons tout récemment raconté plusieurs prouesses d'un jeune homme qui, se donnant comme le neveu de Son Em. le Cardinal-Archevêque de Paris avait réussi à exploiter, dans de larges proportions, la bonne foi de nombre de fidèles, de dames pieuses surtout.

Cet escroc vient encore de faire parler de lui.

Locataire d'une dame B. qui tient une maison meublée rue Geoffroy-Saint-Hilaire, il réussit à capter sa confiance. Il lui raconta qu'il était momentanément en désaccord avec son oncle le Cardinal, à propos d'un héritage assez important qui lui était échu au mois de juillet dernier. Mais il ajouta que des amis communs s'occupaient d'arranger l'affaire et qu'il venait d'être avisé d'une prochaine réconciliation. Enfin, il enjôla si bien la naïve hôtelière que celle-ci consentit à lui avancer 2,000 fr. sur son futur héritage. Une heure plus tard, l'éhonté filou avait quitté la maison pour n'y plus revenir. A l'Archevêché, où elle est allée aux renseignements, on a naturellement répondu à la pauvre Mme B. qu'elle avait été la dupe d'un escroc.

Le Figaro — 22 septembre 1897
Séparation LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V - Le Gaulois cf. 920

LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V

Tentative de meurtre et suicide

Au mois de janvier dernier, M. Brigot vendait à M. Eugène Bouly son magasin de parfumerie en gros, situé 2, rue Charles-V (quatrième arrondissement).

Son employé, M. Jacob, poussait activement Bouly à l'achat de la maison. Des pourparlers s'engagèrent et aboutirent à la vente moyennant une somme de trente mille francs.

Bouly garda comme employé et associé M. Jacob. Mais au bout de quelques mois, la maison périclita et Bouly reprochait avec véhémence à Jacob de lui avoir fait faire ce marché.

Des scènes violentes éclataient chaque jour entre les deux associés. Bouly était d'une humeur acariâtre. Il souffrait en effet d'une maladie d'estomac et songeait au suicide.

Tout compte fait, i] devait à son prédécesseur une somme de dix-huit mille francs.

Hier, il achetait un revolver de gros calibre, et dans une longue lettre au commissaire de police du quartier de l'Arsenal, il annonçait à ce magistrat qu'il avait résolu de se tuer et le priait de prévenir de sa mort une jeune femme avec qui il entretenait des relations.

Vers deux heures de l'après-midi, Bouly prenait son revolver pour se brûler la cervelle, lorsque soudain Jacob entra dans la pièce où il se trouvait. Une dernière discussion éclate entre les deux hommes. Tout à coup, Bouly, au paroxysme de la fureur, dirigea son arme contre son associe et fit feu à trois reprises différentes.

Deux balles se perdirent. La troisième atteignit Jacob à la mâchoire inférieure.

Croyant avoir tué son adversaire, Bouly dirigea son arme contre lui-même et se logea une balle dans la tempe droite.

Transporté à l'Hôtel-Dieu, il y expirait dix minutes après son arrivée.

La blessure de M. Jacob, bien que présentant une certaine gravité, ne met pas sa vie en danger.

Le Gaulois — 2 septembre 1897
Séparation LE DÉPÔT DE SAINT ANTOINE DE PAD

LE DÉPÔT DE SAINT ANTOINE DE PADOUE

Une dame d'une soixantaine d'années, mise avec une simplicité de bon goût.se présentait, hier matin, devant le guichet du caissier de la succursale de la Banque de France, rue Monsigny.

— Monsieur, dit-elle au caissier, je viens réclamer six millions de francs déposés ici à mon nom par saint Antoine de Padoue. Veuillez, je vous prie, me compter cette somme en billets de mille francs, cela me sera plus facile pour l'emporter.

La pauvre femme a été conduite, sous un prétexte quelconque, chez M. Péchard, commissaire de police, qui l'a envoyée à l'infirmerie du Dépôt. Elle a dit se nommer Victorine Pierçon. Elle a eu, paraît-il, autrefois, une fortune importante qu’elle a perdue dans de malheureuses spéculations. Douée d'une foi ardente, elle avait tant prié le bienheureux saint de la faire rentrer en possession de son argent, a-t-elle dit au commissaire, qu'elle était persuadée que sa prière avait été exaucée.

Grande a été sa désillusion en apprenant le contraire.

Le Figaro - 22 août 1897
Séparation DOULEURS ET NÉVRALGIES

DOULEURS ET NÉVRALGIES

Il n'est pas d'affection plus rebelle et plus douloureuse que la névralgie il n'en est pas de plus répandue à l'heure qu'il est, étant donnée la diffusion toujours croissante de l'anémie et de l'arthritisme, causes primordiales des névralgies.
Il n'est pas de médicament unique contre ces affections. On ne réussit à les guérir que par un ensemble de médications. Le groupement connu partout aujourd'hui sous le nom de vin Désiles (quinquina, kola, coca, iode, phosphore, etc.) correspond précisément à la lutte rationnelle contre les affections nerveuses en général. Stimulant et régulateur de l'innervation, le vin Désiles répare les désordres de l'arthritisme, enrichit le sang, augmente la tonicité musculaire et supprime les spasmes douloureux.

Dr Alèque.

Séparation Un drame de la jalousie

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse, fit à celle-ci des remontrances qui furent assez mal accueillies.

— C'est bien, dit-il à Eugénie, je vais te surveiller et si je te trouve en défaut je te tuerai.

Il acquit sans nul doute la preuve de la trahison de sa compagne, car avant-hier, en rentrant vers minuit, il lui reprocha en termes violents sa conduite. Comme la malheureuse ne se défendait que par des injures, Moynet, exaspéré, s'arma d'un couteau qui se trouvait sur la table et en frappa sa maîtresse à coups redoublés. En voyant le sang couler des multiples blessures qu'il venait de faire à sa victime, il prit la fuite en criant dans l'escalier

— Je l'ai tuée je l'ai tuée

Des voisins se portèrent aussitôt au secours de la pauvre femme, mais tous les soins demeurèrent sans effet, elle rendit bientôt le dernier soupir.

On envoya chercher M. Duponnois, commissaire de police, qui, tout en procédant aux premières constatations, s'empressa d'aviser le service de la Sûreté de la fuite de Moynet. Des agents se mirent de suite à sa recherche. Ils ne l'ont trouvé qu'hier matin dans un débit de vins du voisinage. Le corps de la femme Bossin a été transporté à la Morgue pour que l'autopsie en soit faite par un médecin légiste.

Le Figaro - 24 août 1897
Séparation Désespoir d'artiste

Désespoir d'artiste.

Claude Lantier, cet héroïque et navrant personnage de l'Œuvre, de Zola, que l'impuissance à réaliser ton idéal d'artiste entraîne petit à petit à la folie et pousse finalement au suicide, vient d'avoir son émule en la personne d'un jeune peintre, M. Jules Moland, descendant d'une ancienne famille française que la révocation de l'édit. de Nantes obligea à se réfugier en Autriche.

M. Jules Moland était venu à Paris, il y a environ deux ans, pour s'initier à l'art français ; il s'était installé dans un appartement luxueux, trop même, au n° 14 de la rue Gaillon.

Après avoir fréquenté le Louvre pendant plusieurs mois et étudié les maîtres des écoles picturales anciennes et modernes, il s'était jugé suffisamment sûr de lui-même pour produire à son tour une œuvre qui le «lasserait parmi les jeunes peintres actuels dont les noms reviennent le plus souvent sous la plume laudative des critiques d'art. Il se mit courageusement à la tâche, travailla d'arrache-pied des journées entières ; mais, hélas le soir venu, il était obligé de reconnaître que la couleur jetée fébrilement sur la toile était loin de réaliser l'œuvre qu'il portait en son cerveau.

Vingt fois il recommença son tableau et vingt fois il en arriva, à la pénible constatation de son impuissance. Cependant, son dernier effort ne lui avait pas paru être stérile. Pour se convaincre que cette fois, il en était arrivé à quelque chose d'exposable, il s'absenta pondant trois jours et revint devant son œuvre, pensant que l'éloignement lui permettrait de la juger non pas en artiste, mais en critique, « avec les yeux d'un autre », comme disent les peintres. Il trouva son tableau abominable, faux de tons et d'un dessin tout à fait enfantin. Alors une grande désespérance l'envahit, et, se voyant dans l'impossibilité de réaliser matériellement son œuvre idéale, il prit le parti de se donner la mort. M. Jules Moland s'étendit sur son lit, après avoir sabré à grands coups de pinceau son humiliant tableau, et il se tira une balle du revolver dans la tête. Le projectile dévia légèrement et ne lui lit pas la blessure mortelle souhaitée.

L'instinct de la conservation se manifesta- bientôt, et le jeune peintre, la tête ensanglantée, parut à la fenêtre, poussant des appels au secours. La concierge, des voisins, des passants montèrent à son appartement. Ils le trouveront assis dans un fauteuil, non loin de sa toile, affreusement barbouillée. Des soins lui furent prodigués sur place ; puis M. Jules Moland fut transporté à l'hôpital Saint-Louis.

L'état du malheureux, artiste été jugé si grave qu'on ne croit pas qu'il puisse survivre à sa blessure. L'extraction de la balle a été jugée impossible.

M. Péchard, commissaire de police du quartier Gaillon, a informé par dépêche la famille de M. Jules Moland de la tentative désespérée de cet infortuné jeune homme.

Le Matin — 26 août 1897
Séparation M

M. de Chirac, du Théâtre réaliste, donnera vendredi 9 avril, en la salle de l'Elysée-des-Beaux-Arts, une « soirée profane ». En voici le programme : 1° L'Art d'être c. 2° Les Biffins, mœurs de chiffonniers, musique de Camille Serguières 3° Les Baveux; 4° Les Dépravées, étude de mœurs mondaines; 5° Panamiste ! une page d'histoire.
Ce spectacle, étant donnée sa composition, sera rigoureusement privé, et les personnes qui désireraient y assister sont donc priées de s'inscrire à l'administration, 160, boulevard Malesherbes.

Le Figaro 2/04/97


Pastilles Poncelet
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