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Flash janvier

25 décembre

Samedi
25 décembre 1897

M. Milliard, le nouveau garde des sceaux, n'a pas voulu aller habiter l'hôtel du ministère de la justice; il a gardé son appartement particulier du faubourg Saint-Honoré et ne se rend tous les jours à la chancellerie, place Vendôme, que pour diriger son département ministériel. Ce n'est pas qu'il ait des doutes sur la longévité du cabinet; mais c'est par goût personnel.

M. Milliard n'a fait, en cela, qu'imiter plusieurs de ses collègues du cabinet, et notamment le président du Conseil. M. Méline, en effet, depuis vingt mois qu'il dirige le ministère, n'a pas cessé d'habiter son modeste appartement de la rue de Commaille.

Les ministres des affaires étrangères, des finances et des colonies ont fait de même. M. Hanotaux habite un cinquième étage de la maison sise au coin du boulevard Saint-Germain et de la rue de Bellechasse. C'est là qu'il continue à se livrer à ses études personnelles, à ses travaux de prédilection, dans les loisirs que lui laissent les affaires extérieures. M. Cochery continue à résider dans son appartement du quartier de Chaillot, et M. André Lebon continue à habiter rue de Tournon, à quelques pas du Sénat.


Les fêtes de Noël.

Voici Paris en proie à la fièvre des étrennes. On a beau dire, on a des obligations à remplir, et plus on tarde, plus on a à courir pour trouver l'étrenne rêvée, idéale.

Comprenant cela, quelques-uns de nos principaux négociants ont eu la bonne idée de laisser leurs magasins ouverts, malgré les fêtes, aujourd'hui et demain. Parmi ces intelligents nous citerons : Les magasins de céramique d'art du Grand Dépôt, rue Drouot ; Les galeries de bronzes et étains de Susse frères, place de la Bourse ; Le dépôt des jumelles Flammarion, avenue de l'Opéra ; Les galeries Goldscheider, terres cuites polychromées, bronzes, étains et marbres, à l'angle de l'avenue de l'Opéra et de la rue des Petits-Champs ; Pihan, le grand chocolatier parisien, dont les bonbons sont au-dessus de tout éloge, dont les sacs, bourses, etc., font fureur.


PETITES NOUVELLES

M. Turrel, ministre des travaux publics, qui, comme nous l'avons dit, doit inaugurer aujourd'hui la ligne de Nérac à Mont-de-Marsan, ira, ensuite, passer une huitaine de jours dans son département natal de l'Aude.


Le prince Philippe de Saxe-Cobourg;Gotha, duc de Saxe, venant de. Vienne, est arrivé à Paris hier matin.


On a exécuté, avant-hier, à Greenbero, dans la Caroline du Nord, un homme qui, au moins, n'aura pas à se plaindre des lenteurs de la justice.

Arrêté deux heures après avoir assassiné sa femme, il avouait immédiatement son crime ; dès le lendemain, il comparaissait devant la cour d'assises, qui le condamnait à mort, en une séance, et, exactement quarante-neuf heures après l'accomplissement de son crime, il passait de vie à trépas.

C'est surtout en Amérique que l'on droit trouver que les morts vont vite.


Une forêt en vente.

Le 5 janvier seront adjugés aux enchères publiques les cent quarante-neuf arbres de haute futaie spontanément poussés au long des ruines de la Cour des comptes.

Il y a là cinq acacias, deux ormes, cinquante et un érables et quatre-vingt-onze sycomore dé belle venue, représentant environ vingt-neuf mètres cubes de bois.

 

La statue en bronze de Charcot, par Falguière, vient de sortir de la fonte et sera prochainement transportée la Salpêtrière.


Ce matin, samedi, à huit heures, sera donnée, 12, boulevard Montmartre, la fête de l'arbre de Noël que M. Georges Berry. député offre tous les ans aux enfants pauvres du neuvième arrondissement.

Il y aura distribution de jouets, de vêtements, de chaussures, de surprises et de deux cents livrets de caisse d'épargne de dix francs.


Le comte Balny d'Avricourt, ministre de France au Chili, en ce moment en congé dans son château d'Avricourt, dans l'Oise, a été victime d'un accident de voiture.

En revenant de la station de Beauvraignes, un des chevaux de sa Victoria, dans laquelle avait pris place également la comtesse, cassa l'un de ses traits et s'emballa. Le cocher devenant impuissant à maîtriser son attelage, M. d'Avricourt sauta à terre pour tenter de saisir les guides, mais il fut projeté sur la chaussée, et une roue lui passa dessus. Presque en même temps, le cocher était renversé de son siège, et la voiture versait sur un tas de pierres.

Mme Balny d'Avricourt put heureusement être dégagée sans aucun mal. Quant à M. Balny d'Avricourt, il a de fortes meurtrissures aux jambes qui, sans inspirer d'inquiétudes, nécessiteront, pourtant, un assez long repos.


Pour se guérir et se préserver des rhumes, toux, bronchite, catarrhes, grippe, asthme, pour se fortifier les bronches, l'estomac et la poitrine, il suffit do prendre à chaque repas deux Gouttes Livoniennes de Trouette-Perret

Tout comme le Figaro quand il construisit son hôtel, « La New-York », compagnie d'assurances sur la vie, ouvre un concours pour les plans des bétiments qu'elle va faire élever au coin du boulevard des Italiens et de la rue Le Peletier. Ce concours part du 15 novembre ; trois prix (de 10,000, 7,000 et 5,000 francs), seront décernés aux auteurs des trois plans classés les premiers par le jury. « La New-York » veut faire grandement les choses ; elle va doter Paris, comme elle l'a fait pour plusieurs capitales d'Europe, d'un véritable monument. A Paris, la situation de l'hôtel de « La New-York » est admirable et les vrais Parisiens ne peuvent que s'en réjouir.
Le Café Riche, qui occupera une partie importante du nouvel immeuble, y retrouvera certainement son ancienne splendeur. Rien ne sera négligé pour qu'il redevienne, comme autrefois, l'un des premiers établissements de Paris.


A TRAVERS PARIS

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