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sans titre 1

 16 novembre

Mardi
16 novembre 1897

Le Président pour tous.

Nous allons voir sur les murs de Paris, dans quelques jours, M. Félix Faure lui-même, principal sujet d'une nouvelle grande affiche en couleurs.

L'affiche, destinée à prôner naturellement les mérites d'un nouveau produit alimentaire, représente M. Félix Faure dans l'attitude d'une bonne digestion bourgeoise.

L'imprimeur, se méfiant des susceptibilités du protocole, crut devoir demander à l'Élysée une autorisation. La maison du président bien qu'il y eût un précédent cette affiche que tout Paris connaît et qui montre le chef de l'État debout, le verre en main, dégustant était disposée à faire interdire cette réclame nouvelle. Mais M. Félix Faure s'est fait apporter une épreuve il a ri de la pose que lui avait donnée l'auteur, donc il était désarmé

Il a demandé seulement que l'artiste retouchât la figure.

« Au moins, faites-moi ressemblant!» a dit le Président.


Les buveuses de sang.

Ceci n'est pas un titre sensationnel de roman feuilleton, c'est une catégorie de Parisiennes, peu nombreuses, à la vérité, qui ont failli se ressentir de la grève des abatteurs.

Le matin, on peut voir, à la première heure, une théorie de jeunes personnes, à la figure anémiée, qui bravement, sans apparence de dégoût, pénètrent dans les échaudoirs de La Villette et absorbent un verre de «  rouge liqueur » absolument comme si c'était un verre de quinquina ou de lait mousseux.

Ce breuvage peu ragoûtant, ordonné dans certains cas, par les médecins, a-t-il vraiment quelque efficacité sur la santé des personnes malades ?

La question a été souvent discutée elle n'a jamais été résolue d'une manière positive, mais tout porte à croire que le principal avantage du traitement est de forcer les jeunes personnes à un exercice quotidien et matinal !


Le président de la République a reçu, hier, entre autres visiteurs, M. Cambon, ambassadeur à Washington, et le lieutenant-colonel de Schwartzkoppen, qui quitte, comme on le sait, l'ambassade d'Allemagne.


L'hôpital Boucicaut.

Nous avons visité hier le nouvel hôpital dont nous annoncions la prochaine inauguration. Il est situé tout là-bas, à Javel, de l'autre côté du Pont Mirabeau, rue de la Convention. C'est le dernier cri de l'architecture moderne, il comprend cinq vastes corps de bâtiments construits en briques rosés. Les salles, en forme de coque de navire, sont pourvues.de chaque côté, de hautes fenêtres qui s'ouvrent sur un jardin semé d'arbustes et de parterres fleuris; les murs sont tapissés de feuilles de liège afin d'éviter l'humidité à l'extrémité de chaque salle se trouve une sorte de serre où de hauts palmiers et autres plantes vertes sont disposés avec beaucoup de goût. Les réfectoires, les salles de bains sont remarquablement agencés. Les deux grandes chambres réservées au premier étage aux employés du Bon Marché sont desservies par un ascenseur d'un type nouveau ajoutez à cela une installation électrique irréprochable, et vous aurez peut-être une idée du luxe qui a été déployé pour l'aménagement de cet hôpital modèle.


M. Félix Faure visitera, probablement aujourd'hui, accompagné du ministre du commerce, les chantiers de l'Exposition et assistera, le 1er décembre, à l'inauguration de l'hôpital Boucicaut.


Vol dans un bureau de poste

M. Chassagne, facteur des postes, demeurant, 26, rue des Mignottes, se trouvait, hier soir, dans le bureau situé, rue des Pyrénées, lorsqu'il dut s'absenter quelques secondes. Quand il revint à sa place, il s'aperçut de la disparition d'une montre d'une valeur de 200 francs qu'il avait déposée sur une planchette, près de sa chaise.


La librairie Larousse ne s'endort pas sur ses lauriers. Elle commencera après-demain samedi la publication, par fascicules à soixante centimes, d'un Atlas illustré dont on dit merveille et qui sera tout à la fois un ouvrage de luxe d'un caractère réellement artistique et un livre de fonds présentant un tableau d'ensemble absolument unique de la géographie du monde entier.


Le Palais de Cristal, 20, boulevard Montmartre, et 2, rue Drouot, est la maison de tailleur qui fournit le plus beau costume veston pour 75 fr., un superbe pardessus au prix de 65 fr., et un costume habit à 140 fr.


L'épuisement nerveux, grâce à notre vie outrancière, est l'épée de Damoclès qui nous menace tous. Ainsi s'explique la faveur du public pour les préparations capables de fortifier les nerfs, sans les irriter toutefois là est l'écueil de la plupart des remèdes La préparation la plus ancienne et la meilleure de toutes (au dire des principaux médecins), c'est le Vin Bravais, Pedro-Ximenès vieux, riche en kola, coca, guarana, théobromine et cacao, c'est-à-dire en tous principes capables de régénérer les éléments du système nerveux fatigué.

L'habitude du five o'clock est absolument ancrée en France. Mais il faut pour cela un matériel élégant. Ce matériel nous est fourni par le bi-métal cuivre au dehors, argent au dedans, aussi luxueux que possible, quoique coûtant un prix abordable pour tous et mettant à l'abri de tout accident. Aux magasins de vente, 30, boulevard des Italiens, on trouve des théières, des cafetières, de délicieux objets en tout genre qui raviront vos invités.

Le 13 juin 1897 était couru le Grand Prix de Paris. Doge a fait encaisser la forte somme aux parieurs. Quant à ceux qui ont joué Palmiste ou Flacon. Ils se sont consolés de leur culotte en prenant force « Dubonnet», mettant en pratique ce vieil adage « Quand on prend du Dubonnet on n'en saurait trop prendre. » C'est d'ailleurs de l'argent bien placé, le quinquina Dubonnet apéritif et tonique rapportant 100% d'appétit et de vigueur à ceux qui le consomment habituellement.
A TRAVERS PARIS

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