Menu haut
sans titre 1

22 décembre

Mercredi
22 décembre 1897

NOTES D'UN PARISIEN

A ces funérailles d'Alphonse Daudet, qui ont été d'admirables funérailles, deux hommes, autour du char mortuaire, tenant chacun un des cordons du poêle, formaient, aujourd'hui surtout, un contraste saisissant. C'étaient M. Émile Zola et M. Édouard Drumont. Je ne prétends pas faire d'eux, en ces courtes lignes, un portrait en pied, ni même une simple esquisse.
On les connaît. Ce sont deux tempéraments de polémistes, des hommes qui se plaisent dans la bataille. Plus d'une fois, ils se sont heurtés; sur aucun point ils ne sont d'accord. Leurs idées sont toutes contraires; leurs cœurs ne sympathisent pas. Et ces deux hommes, au milieu de ce grand deuil, se dirigeaient ensemble vers le cimetière, séparés par le cercueil fleuri, par le corps inerte et glacé de celui qui fut leur ami et pour qui sont finies désormais toutes les émotions et toutes les batailles, les joies et les tristesses de la vie Si chacun d'-eux, à ce retour d'enterrement, voulait écrire ses pensées, elles seraient peut-être, cette fois, les mêmes. Sur le chemin où ils allaient côte à côte, et au bout duquel tout se termine, il n'y a place que pour des réflexions apaisées et de tristes sentiments, très doux. On se bat, on se déteste, on s'injurie et puis, un jour, en pleine lutte, une même tristesse vous impose un armistice. La disparition d'un commun ami crée autour de vous le même vide, vous fait toucher du doigt le même néant. Il faut alors, des points les plus opposés, venir se pencher sur le même cercueil. Les tombes sont les rendez-vous suprêmes, et la mort est la grande pacificatrice.

E.

Le Figaro – 21 décembre 1897


Les petites pièces de 50 centimes.

Quand feront-elles leur apparition les jolies petites pièces toutes neuves gravées par Roty ? Combien de temps se passera-t-il avant qu'on nous en rende en omnibus ?

Lundi, douze mille de ces pièces ont été livrées par la Monnaie au ministère des finances. Hier, la Monnaie a fait au Trésor une seconde livraison de 12,000 piécettes du nouveau modèle. Elles vont être envoyées aux caisses du Sénat, de la Chambre des députés et à quelques autres caisses publiques. La Monnaie gardera quelques centaines de pièces qui ont été patinées pour être remises à des personnes munies d'autorisations spéciales.

Un petit jeu tout indiqué, mesdemoiselles Faire un vœu à la première petite pièce nouvelle qui passera dans votre porte-monnaie !


Rencontré sur le boulevard beaucoup de gens à la recherche d'un cadeau original, inédit et séduisant pour offrir en étrennes à une damé. Solution du problème : Aller faubourg Saint-Honoré, chercher Au Grand Frédéric la mignonne boîte contenant une paire de bas « d'un seul brin de soie », la merveille du jour, dont toute mondaine a envie et qu'elle sera bien heureuse de recevoir comme cadeau du nouvel an.


La trêve des confiseurs n'a qu'un temps ; la trêve des dyspeptiques peut être éternelle pour ceux de ces malades qui font de la source toni-alcaline de Pougues Saint-Léger leur eau de table favorite.


La glace merveilleuse.

Pas une jolie femme ne passe devant le 38, boulevard des Italiens sans jeter un coup d'œil dans la glace monstre (elle détient le record) qui orne le nouveau Palais des Diamants de Bluze, « plus beaux que les vrais ». Boulevards des Italiens, 9, des Capucines, 35, Sébastopol, 92.


EXPOSITION D'ARTICLES D'ÉTRENNES aux Grands Magasins Dufayel, Paris et Versailles. II sera offert, demain jeudi, un étui de Suprêmes Pernot et un échantillon de Dentol à tout visiteur, à Versailles, des Grands Magasins Dufayel (maisons bleues) et, à Paris, à toute personne assistant à une séance du Cinématographe suivie de conférences et expériences sur les rayons X, au moyen de la Lorgnette humaine de l'ingénieur Séguy.

Que boire qui ne soit pas nuisible par ces chaleurs ? La bière fait transpirer, l'alcool congestionne, le café énerve, etc., etc. Or il existe une délicieuse boisson rafraichissante et tonique que tout le monde peut prendre, vieillards, femmes et enfants : c'est le quinquina Dubonnet additionné d'une cuillerée de sirop de citron et étendu d'eau fraéche. Gouttez-y et vous verrez.

Le 21 octobre 1897, la Loïe Fuller débutait aux Folies-Bergère dans ses créations nouvelles de la « danse du feu » et la « danse du lys ».
A TRAVERS PARIS

menu-bas