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 2 novembre

Mardi
2 novembre 1897

Affluence considérable hier encore dans tous les cimetières de Paris.

Affluence considérable hier encore dans tous les cimetières de Paris. Voici du reste les chiffres des entrées, relevés par les soins de la Préfecture : Père-Lachaise 58,370, Montmartre 34,300, Montparnasse 45,820, Saint-Ouen (nouveau) 53,600, Saint-Ouen (ancien) 5,330, Ivry parisien 46,500, Bagneux 109,000, Pantin 104,670, Clichy-Batignolles 8,630, Bercy 3,580, Grenelle Vaugirard 1,400, Passy 4,200, Auteuil 1,872, Montmartre (rue Saint-Vincent) 630, La Chapelle (extra muros) 378, Saint-Pierre de Montmartre 2,500, La Villette (rue d'Hautpoul) 709, Charonne 355, Belleville 600. Total 482,903.


A Saint-Ouen, grande affluence à la tombe du petit Pierre, l'enfant martyr de la rue Vaneau. Un service d'ordre avait dû être établi pour permettre aux femmes qui apportaient des fleurs de s'approcher de la sépulture du pauvre petit enfant.


Grande affluence au cimetière Montparnasse, où on se pressait devant la tombe de Mme veuve Boucicaut, directrice du Bon Marché, et devant celle de Guy de Maupassant, fidèlement entretenue par la mère du grand écrivain.


UNE GRÈVE PARISIENNE

Ainsi que le Matin l'annonçait hier, Paris, va se trouver incessamment privé de beefsteaks et, en général, de viande de boucherie et de viande de porc, les citoyens qui ont la mission d'immoler, chaque jour, bœufs, moutons et cochons ayant décidé de se mettre en grève. Qui a raison en cette affaire ? Nous ne le savons guère et ne chercherons pas à le savoir, mais ce qui est certain, c'est que c'est sur notre dos, à nous autres consommateurs, que bouchers et marchandeurs vont se battre. Il en est généralement ainsi. Heureusement, du reste, qu'en ces questions d'alimentation le péril n'est pas grand et les grèves ne peuvent longtemps durer. Il y a une poussée générale qui oblige les parties à se mettre d'accord. Le salut de la patrie devient la loi suprême, et la neutralité des pouvoirs publics est difficilement observée.

La nécessité de ne pas mourir de faim fait trouver des expédients. Comme il n'est pas probable, que les bouchers et les charcutiers de Paris se soient solidarisés avec tous les bouchers de France, si l'on ne tue pas à Paris, on tuera hors de Paris; et nous recevrons de province des cargaisons de viande, sans compter qu'en pareil cas l'armée est mise à contribution pour remplacer les travailleurs libres.

Quand patrons et ouvriers verront qu'on peut, à la rigueur, se passer d'eux, ils finiront par s'arranger. Aussi bien nous avons la ressource de nous mettre au régime des végétariens les chartreux qui l'ont adopté, sont des gens fort bien portants, et ceux qui connaissent notre collaborateur Francisque Sarcey ont dû s'apercevoir que le végétarisme, dont il est l'apôtre, ne fait pas maigrir.


L'enfant à deux têtes.

On raconte que, récemment, une dame G. mettait au monde, à l'hôpital Lariboisière, un enfant à deux têtes non viable. Il ne fut pas fait de déclaration de décès, et la direction de l'hôpital avisa simplement le commissaire de police, lui demandant de donner les instructions nécessaires à l'enlèvement du petit corps.

Mais la mairie, invoquant une série d'ordonnances plus rigoureuses les unes que les autres, se refusa à prévenir les pompes funèbres parce que le décès n'avait pas été déclaré. Bref, l'affaire se compliquait extrêmement quand on apprit qu'un interne, M. Alexandre P. avait, sans s'en douter, trouvé la meilleure solution du problème il avait placé le fœtus phénomène dans un bocal rempli d'alcool.


C'est un livre singulièrement audacieux et dont on s'entretient déjà beaucoup que le nouveau roman de Paul Brulat, Le Reporter, Jamais, en effet, n'avait été étudié avec un tel souci de vérité le journalisme contemporain, ses rouages, ses dessous, son âme même. Ce n'est point là un pamphlet, mais un livre impartial, une œuvre d'histoire contemporaine où s'agitent des personnalités littéraires et politiques que chacun voudra reconnaître, et au travers duquel court une délicieuse intrigue passionnelle. Tout le monde voudra lire ce puissant roman qui jette une vive lumière sur un monde que le public ignore encore.

Les Compagnies de chemins de fer en Amérique sont menacées d'une gréve de mécaniciens. Ceux-ci seraient, au dire des médecins américains, beaucoup plus sujets au diabète que les autres professionnels, par suite de la difficulté pour eux de respirer la quantité d'oxygène nécessaire ; d'où cette altération du sang.
Les nombreux chargements d'eau de Pougues embarqués par la Compagnie transatlantique, pour New-York, sont destinés à ces victimes de la vie à toute vapeur.

M. Hanoteaux, ministre des affaires étrangères en 1897, était passionné par Richelieu.
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