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SAVIEZ-VOUS QUE...

C'est en juillet 1905 que le nom de Paul Verlaine fut donné à une place sise à Paris dans le 13e arrondissement.


La retraite du 21e régiment d'infanterie coloniale qui, le 22 mars 1913, passa par les rues de Patay, Jeanne d'Arc, le boulevard de la Gare, les rues Pinel, de Campo Formio, les avenues des Gobelins et de Choisy ne donna lieu à aucun incident.


Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »

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C'est arrivé dans le 13ème

 Macabre découverte - 1893

Macabre découverte.

Le Matin - 22 mars 1893

Des enfants qui jouaient, hier, vers trois  heures, dans le fossé des fortifications, résolurent de faire une excursion dans les égouts qui traversent l'avenue de Choisy.

A peine s'y étaient-ils engagés qu'ils reculèrent frappés d'épouvante. Le cadavre d'un homme de quarante ans environ, moitié dévoré par les rats, barrait voie souterraine,

M. Siadoux, commissaire de police, informé, a commencé une enquête à l'effet d'établir si l'on se trouve en présence d'un suicide ou d'un crime.

Le cadavre de l'inconnu transporté la Morgue.


 Le meurtre de la rue Jeanne d‘Arc - 1905

Le meurtre de la rue Jeanne d‘Arc

Le Figaro — 3 septembre 1905

Un ouvrier cordonnier, Charles Trubert, âgé de quarante-cinq ans, demeurant 73, rue Jeanne-d'Arc, feignait hier soir, à onze heures, de chercher querelle à un militaire retraité, M. Paul Cezille, qui descendait l'escalier de sa maison et qui venait de dîner chez des amis. Tout à coup, après quelques mots échangés, il sortait un couteau de sa poche et en frappait le vieillard dans la région du cœur.

M. Paul Cezille tomba. Il avait été tué, sur le coup. Charles Trubert a été arrêté par M. Yendt, commissaire de police, qui a établi que M. Paul Cezille avait touché 295 francs dans la journée, et que quand on releva son cadavre, il n'avait plus que 20 francs sur lui.

Le vol serait donc le mobile du crime. Trubert a été envoyé au Dépôt ainsi que sa femme et un nommé Mouzol, qu'on suppose complices.


Une promenade dans le 13ème

 La Glacière et les Gobelins

Paris !... Mon Paris !...

La Glacière et les Gobelins (suite et fin)

par Claude BLANCHARD

Le Petit Parisien — 19 novembre 1931

À peine a-t-on perdu de vue le millepatte gigantesque sur le dos duquel rampent sans cesse les chenilles du métro, qu'on rejoint l'ancienne vallée de la Bièvre. Pris entre deux des larges tentacules que la place d'Italie projette en tous sens dans le XIIIè arrondissement, un quartier tout différent de ses voisins, fermé, oublié tout près de l'élan rectiligne des avenues, fait monter aux narines l'odeur des tanneries, le relent des peaux de Suède, tandis que la promenade épouse les sinuosités des rues tranquilles, dans une atmosphère de noblesse détrônée. La rue Croulebarbe porte le nom d'un ancien moulin à eau. Les berges de la rivière, que fréquentaient beaucoup les endimanchés du XVIIè siècle, y étaient encore visibles en 1912. Les tomates, les artichauts, les fleurs et les vignes poussaient sous le pavot des peaux qui séchaient contre le ciel. Hélas elle n'a plus rien de tout cela. Seuls les séchoirs ajourés comme les abat-son d'un clocher roman, les bâtiments de bois où ronfle le travail des tanneries, les artisans qu'on aperçoit dans les rez-de-chaussée envahis de débris de peaux pointus et frisés attestent la réalité de ces souvenirs. Partant de cette rue, le rameau sinueux de la ruelle des Gobelins va s'accrocher à la façade postérieure de la manufacture. Brûlée par l'incendie des siècles, encroûtée de scories, rapiécée de mille emplâtres, grillée sur l'eau dormante et noire de ses hautes fenêtres aux reflets bleus, décrivant sur la rue la courbe de sa chapelle incrustée de vitraux, cette bâtisse, où l'on aime à se représenter la perruque tire-bouchonnante et le sourire du peintre Mignard, qui en fut le directeur sous Louis XIV, dresse son imposante silhouette parmi cette paix laborieuse. Elle est imprégnée, dirait-on, de l'odeur du tan rouge qui monte des soupiraux, descend des resserres à cuir et que le vent mélange, sui ses toits couleur d'armure, à. des fumées grasses, à des bouffées de potasse. Son antique et immuable labeur lui donne la dignité des anciens artisans. Malheureusement, sur l'avenue des Gobelins, les temps modernes l'ont gratifiée d'une façade emphatique, sans intérêt Au-delà de ces immenses jardins, que se partage le personnel de la teinture et de la tapisserie, au fond d'un terrain vague où sont installés des cardeurs de matelas, deux maisons bâillent en montrant l'étroit gosier d'une ruelle. Dans l'encoignure, on lit un nom usé passage Moret.

Cette venelle s'étire entre les ateliers des tanneurs. Par des portes basses d'étable, on discerne, dans l'ombre, des tambours de bois qui tournent en malaxant les cuirs; des hommes étirent, sur la terre battue dans une puanteur de charnier des toques animales détrempées qu'ils jettent en paquets ruisselants sur des voitures.

— C'est pour faire des tambours, me dit un ouvrier.

— Tiens ? Des tambours Je n'y aurais pas songé.

Et comme je cherche toujours un morceau égaré de l'introuvable Bièvre, je lui demande :

— Alors, la rivière passe sous l'usine ?

— Non, dit-il, on travaille maintenant à l'eau de Seine.

Je voulais voir la rue du Champ-de-l'Alouette. Ce nom-là me tentait. La rue des Cordelières y conduit. Cette dernière fut ouverte sur les domaines d'un de ces anciens couvents dont les tribulations innombrables suivirent les aléas de l'Histoire, qui furent vendus, rachetés, morcelés et formèrent l'origine territoriale du développement de Paris. Il existe encore quelques exemples de ces communautés religieuses ayant conservé jusqu'à présent des territoires dont l'étendue surprend en plein Paris.

Des plus hauts étages de la rue Vaneau, par exemple, on aperçoit, enclavé dans la rue de Babylone, un immense potager rempli de salades et de carottes que cultivent les religieuses des Missions, à deux pas du Bon Marché.

Quelle ne fut pas ma déception ! La rue du Champ-de-l'Alouette n'a rien qui puisse être pris pour un champ et les moineaux qui sautillent sur les toits ne sont pas parvenus à me faire croire, nonobstant leur agitation perpétuelle, qu'ils pouvaient être des alouettes. Ils sont bien trop gras pour cela. Mensonge des noms qui résistent au temps. La rue du Champ-de-l'Alouette n'est qu'une rue banale dans la foule des rues. Elle fait honnêtement son métier en donnant à boire, à manger et à dormir à quelques centaines de gens qui ne lui demandent pas autre chose.

Les vieux Gobelins gardent encore le souvenir d'une fantastique histoire. La voici :

Le XIVè siècle s'achevait. Une dame, dame d'honneur de la reine Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI le fol, veuve d'un prince allemand, allait se remarier. À cette époque, un pareil événement était prétexte à des beuveries et à des mascarades insensées. Le roi, qui avait décidé, avec quelques courtisans, de figurer en troupe d'hommes sauvages, se fit mettre nu, passer tout le corps à la résine et collet sur cet enduit des débris d'étoupe. Ainsi affublés, les compères pénétrèrent dans la salle du bal traînant des chaines, poussant des cris inarticulés, lutinant les dames de la cour. La fête, éclairée par des torches, battait son plein et tout le monde se récriait sur la réussite d'une entrée aussi originale, quand une flamme s'éleva au milieu de la terreur générale. L'étoupe et la poix d'un des costumés venaient de prendre feu. Bientôt, les cinq courtisans ne furent plus qu'une flamme vivante et s'enfuirent avec des hurlements de douleur. Deux d'entre eux se jetèrent dans la Bièvre et périrent noyés; trois autres moururent atrocement brûlés. Seul Charles VI, enveloppé à temps d'un manteau, avait échappé à la catastrophe. Cette tragédie, connue depuis sous le nom du Bal des Ardents, se passa au château de la Reine-Blanche. Venez…

*
*         *

Dans la rue des Gobelins, au 17, s'ouvre une porte d'usine, brique neuve, et grille peinte en gris. Sur le seuil, un employé en blouse d'alpaga enregistre la sortie d'une voiture chargée de peaux qui s'entrechoquent avec des bruits secs. Si vous passiez par ici, quand la porte est close, vous seriez à cent lieues de vous douter de ce que vous allez voir. Au fond de la cour, entre des magasins où la plume des comptables descend sur les grands livres, il est là. Sa tour hexagonale, son donjon, ses toits en visière et ses fenêtres inégales qui creusent des trous noirs dans les murs, derrière lesquels une cheminée d'usine fume. D'aucuns trouveront sacrilège l'invasion de cette splendeur par le terre-à-terre d'une industrie. Le Marais, le Sentier sont fertiles en ce genre de contrastes.

Pour mon compte, je trouve, au contraire, dans cette collaboration intime du passé et du présent, une image qui prouve que le Paris de 1931 ne s'élève pas sur un cimetière et qu'il renaît toujours de l'enchaînement des âges.

Claude BLANCHARD

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